Agrafil du 20 mars 2026

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Engrais : la situation au Moyen-Orient oblige Bruxelles à renforcer son futur plan d'action

« La situation au Moyen-Orient a changé la donne. Il va falloir voir à tous les niveaux ce qui peut être fait afin de réduire la facture liée aux engrais, notamment dans le cadre des futurs plans d'action sur les engrais et de la stratégie sur l'élevage », a convenu le commissaire européen à l'Agriculture Christophe Hansen, le 19 mars, à l'occasion d'un échange avec la commission de l'Agriculture du Parlement européen. Le plan d'action sur les engrais, attendu dans les prochains mois, devrait proposer à la fois des mesures structurelles (substitution de produits, agriculture de précision…) et des dispositifs de court terme. Un dialogue stratégique sur le sujet se tiendra à la mi-avril. Christophe Hansen a déjà quelques idées en tête. « Il va falloir se pencher sur les obligations de la directive Nitrates et la directive-cadre sur l'eau, notamment dans les zones les moins sensibles aux nitrates » dont les pâturages, indique-t-il. En revanche, suspendre le mécanisme d'ajustement carbone aux frontières de l'UE (MACF) – comme le réclament depuis des semaines les organisations agricoles de l'UE – n'est, selon lui, pas une solution. Une position que partagent d’ailleurs les négociateurs des principaux groupes politiques de la commission de l'Environnement du Parlement européen sur ce dossier. Alors qu’ils ont entamé, le 18 mars, l’examen de la proposition d'amendement du règlement MACF, ils se sont dit opposés à l’article 27a permettant de suspendre le MACF en cas de circonstances imprévues.

Engrais : la Chine restreint ses exportations (presse)

D'après un article de Reuters du 19 mars, la Chine restreint actuellement ses exportations d'engrais, afin de protéger son marché intérieur et de sécuriser sa production agricole, ont expliqué plusieurs sources privées à l’agence de presse. Les autorités locales n’ont pas fait d’annonce officielle sur ce sujet brûlant. Mais ce n’est pas la première fois que le pays adopte une telle attitude, ayant toujours eu pour habitude d’agir pour maintenir les prix des intrants les plus bas possible pour ses agriculteurs. L'empire du Milieu constitue un des plus gros exportateurs mondiaux d’engrais : il a exporté pour plus de 13 Md$ de marchandises l'an dernier, indique Reuters. Parmi ses clients : le Brésil, l'Indonésie, la Thaïlande, la Nouvelle-Zélande, la Malaisie ou encore l’Inde, tous d’importants producteurs de matières premières agricoles (grains, huiles, riz, élevage, horticulture, etc.). « C'est un signal important : la Chine réduit l'offre au lieu de venir au secours du marché », s'est exprimé auprès de Reuters Matthew Biggin, analyste commodités au sein du cabinet britannique BMI. L’agence de presse rappelle que les cours mondiaux de l’urée ont augmenté de 40 % par rapport à la période d’avant-guerre au Moyen-Orient, pendant que ceux sur le marché à terme chinois sont proches d’un plus haut depuis 10 ans.

Insécurité alimentaire : après l’ONU, l’OMC tire à son tour la sonnette d’alarme

Après le Programme alimentaire mondial (PAM) de l'ONU, c’est au tour de l’OMC d’alerter sur les conséquences de la guerre au Moyen Orient. Sa directrice générale Ngozi Okonjo-Iweala a déclaré devant la presse, le 19 mars à Genève, que le conflit armé en cours « menace la sécurité alimentaire mondiale ». Elle appelle ainsi à maintenir ouvertes les chaînes d'approvisionnement mondiales. « Les perturbations du transport maritime et la hausse des coûts énergétiques réduisent l'offre et augmentent les prix des engrais », a-t-elle ajouté. Reprenant les arguments de diverses organisations, notamment le CIC (Conseil international des céréales), elle a expliqué qu’une « interruption prolongée de l'approvisionnement pourrait avoir des répercussions sur l'ensemble des systèmes alimentaires, incitant les agriculteurs à réduire leur utilisation d'engrais et à planter des cultures moins gourmandes en intrants. Dans ces circonstances, il est essentiel de maintenir ouverts et prévisibles les circuits commerciaux alimentaires mondiaux, afin que les denrées alimentaires parviennent là où elles sont le plus nécessaires ». Pour rappel, le PAM avait indiqué que 45 millions de personnes supplémentaires pourraient basculer dans l'insécurité alimentaire aiguë en raison de la hausse des prix, si la guerre se prolongeait.

Céréales : le CIC envisage un repli de la production mondiale en 2026-2027

Dans son rapport mensuel du 19 mars, le CIC (Conseil international des céréales) a publié ses premières projections de production mondiale de grains pour la campagne commerciale 2026-2027. Il s’avère que celle de céréales décrocherait de manière sensible par rapport à 2025-2026, passant de 2 470 Mt à 2 417 Mt. Les récoltes de blé et de maïs connaîtraient des reculs de respectivement 23 Mt et 17 Mt annuellement, à 822 Mt et 1 303 Mt. L’origine de ce repli est à chercher du côté de la guerre au Moyen-Orient, explique l’organisme international. En cas de prolongement, qui maintiendrait et intensifierait la hausse des cours de l’énergie et des intrants, des producteurs pourraient être amenés à réduire leurs semis – spécialement en Asie et en Afrique – ainsi que leurs usages d’engrais, affectant potentiellement les rendements et la qualité des récoltes. Des pays de ces continents dépendent fortement des engrais produits dans le secteur. L’organisation rappelle que si relativement peu de grains transitent par le détroit d’Ormuz (environ 2 Mt par mois), les pays du Golfe persique s’avèrent très dépendants des importations, spécialement en riz et en blé. Par contraste, le CIC s’attend à une production mondiale record en soja, qui atteindrait 442 Mt (contre 426 Mt l’an dernier). La sole mondiale est attendue en hausse, notamment aux États-Unis.

Pommes de terre : vers un protocole de destruction de l’excès d’offre

Dans un communiqué du 17 mars, le GIPT (interprofession des pommes de terre industrielles) a annoncé travailler avec Arvalis afin d’établir un « protocole simple, sécurisé et peu coûteux pour la destruction des pommes de terre ». Malgré des orientations possibles vers l’alimentation animale ou la méthanisation, l’excès d’offre sur le marché français, estimé par l’interprofession à plusieurs centaines de milliers de tonnes, ne pourra pas être intégralement absorbé. « Il est probable que des quantités très importantes de pommes de terre ne trouveront aucun débouché », alerte le GIPT. Le protocole en question a pour finalité de « limiter les risques sanitaires liés à une gestion non contrôlée de tubercules », et de mettre à disposition des agriculteurs « des pratiques encadrées, adaptées et applicables rapidement ». Des recommandations techniques plus détaillées et destinées à la filière seront communiquées prochainement. Comme diverses organisations (dernièrement le CNIPT et le NEPG), le GIPT recommande d’être vigilant en matière de semis, rappelant que la campagne commerciale 2025-2026 a été caractérisée par une production record, cumulée à des débouchés en contraction.

UE/États-Unis : les eurodéputés valident les textes de l’accord commercial, avec des conditions

Après plusieurs semaines de blocage, les eurodéputés de la commission du Commerce international (Cominta) ont largement validé (par 29 voix pour, 9 contre et une seule abstention), le 19 mars, les propositions mettant en musique l’accord commercial UE/États-Unis conclu en juillet. Celles-ci visent notamment à faciliter l’accès au marché européen de certains produits agricoles américains. Cette validation a été rendue possible par l’ajout de garde-fous alors que les relations avec les États-Unis sont tendues. Dans le détail, les eurodéputés se sont mis d’accord sur une clause de conditionnalité (ou « Sunrise Clause ») ne rendant effectives les préférences tarifaires de l’accord qu’à partir du moment où les États-Unis respectent pleinement leurs engagements. Une clause de suspension est aussi prévue en cas de nouvelles menaces pour la sécurité ou les intérêts de l’UE, y compris envers son intégrité territoriale. Ils ont également intégré une clause de sauvegarde en cas de menaces graves pour l’industrie européenne ou de fortes perturbations sur le marché. Enfin, le texte comprend une clause de déchéance (ou « Sunset Clause ») limitée dans le temps, jusqu’au 31 mars 2028. Un vote final en séance plénière doit à présent intervenir le 26 mars.

UE-Australie : Hansen promet un quota de viande bovine en dessous des 35 000 tonnes

Alors que la conclusion des négociations commerciales entre l’UE et l’Australie apparait de plus en plus imminente, le commissaire européen à l’Agriculture Christophe Hansen a tenté, le 19 mars devant la commission de l’Agriculture du Parlement européen, d’apaiser les craintes quant aux quotas d’importation de viande bovine australienne dans l’UE, un des sujets les plus sensibles des discussions. « Ce sera en dessous des 35 000 t que mon prédécesseur était prêt à céder, mais les derniers détails ne sont pas encore négociés », a-t-il confirmé, alors que les discussions entrent dans leur dernière ligne droite. En février, l’Australian Meat Industry Council (AMIC), l’interprofession de viande australienne, exigeait un accès minimum de 50 000 t de viande bovine, tandis que l’AFP rapportait que l’UE ne souhaitait pas aller au-delà de 30 000 t/an. La Commission européenne a fait savoir, le 18 mars, que sa présidente Ursula von der Leyen se rendra en visite officielle en Australie du 23 au 25 mars, afin de « renforcer les liens avec un partenaire de confiance et partageant les mêmes valeurs dans la région indo-pacifique ». Une rencontre avec le Premier ministre australien, Anthony Albanese, est prévue à Canberra le 24 mars. En France, l’interprofession bétail et viandes Interbev a interpellé Emmanuel Macron, lui demandant dans une lettre ouverte le 19 mars d'exclure les viandes bovines et ovines des négociations.

Viande bovine brésilienne : « opérations de contrôle » de la FNB la semaine prochaine

Faute de réponse du président de la République à leur demande, faite début mars, de suspendre les importations de viande brésilienne après des révélations de la presse néerlandaise, les éleveurs de bovins viande de la FNB (association spécialisée de la FNSEA) ont annoncé, lors d'une conférence de presse le 19 mars, qu'ils allaient réaliser des « opérations de contrôle » dans les points de vente sur l'ensemble du territoire. Les opérations porteront sur l'origine brésilienne, mais le soupçon porte également sur l'origine néerlandaise, le port de Rotterdam étant un point d'arrivée majeur des importations brésiliennes. « Nous ne comprenons pas pourquoi il n'y a pas de suspension », explique le président de la FNB Patrick Bénézit. La presse néerlandaise a publié fin février les résultats d’un rapport de l’agence de sécurité sanitaire des Pays-Bas de novembre 2025 constatant que quelque 5 000 kg de viande bovine congelée brésilienne traitée à l’œstradiol 17β (une hormone utilisée notamment comme stimulateur de croissance) ont été consommés dans le pays. En réaction, la Commission européenne avait minimisé l'importance de cette découverte : « Nous parlons en réalité de 0,1 % des importations de viande en provenance du Brésil, avait expliqué l’exécutif européen. C’était donc vraiment une très petite quantité ; néanmoins, nous avons réagi en renforçant les contrôles. »

Lait : la volatilité empêche de prévoir le prix en 2026, selon Savencia

L’environnement géopolitique et économique est bien trop volatile pour pouvoir émettre une prévision quant au prix du lait en 2026, a indiqué Bertrand Salczer, d.g. de la division Dairy Europe de Savencia, le 19 mars lors de la présentation des résultats 2025. On doit faire avec une « volatilité extrême » qui est la « nouvelle norme », selon lui. Fin 2025, Savencia s'attendait plutôt à un prix en baisse en 2026, au regard de l’abondance de lait, de beurre et de poudre sur les marchés mondiaux. Le prix du lait payé par Savencia en 2025 a atteint un record à 470 €/1 000 l (509 avec les primes), en hausse de 8 % par rapport à 2024. Mais, pour janvier et février 2026, ce prix atteint 424 €/1 000 l. Savencia estime avoir été un « bon payeur » pour le lait payé en France ces dernières années, soulignant que son prix a été supérieur de 1,2 % à la cotation FranceAgriMer entre janvier 2018 et juillet 2025. Bertrand Salczer s’est déclaré « très surpris » par la hausse brutale des volumes produits dans tous les grands bassins exportateurs, y compris en France, au second semestre 2025, entraînant une « chute vertigineuse » des prix des produits industriels, sachant que la consommation n’a pas cru dans les mêmes proportions.

Fromage : les relations Savencia-Sunlait définitivement rompues

Après le rejet du pourvoi en cassation de Sunlait le 18 février, qui a mis un terme définitif à cinq ans de conflit entre Savencia et l’organisation de producteurs (OP) Sunlait, la direction de l’industriel est revenue sur ce dossier le 19 mars, à l’occasion de la présentation des résultats 2025. « Nous n’avons plus aucune relation avec Sunlait et Ouest Lait depuis un an », a précisé Bertrand Salczer, d.g. de la division Dairy Europe de Savencia. La Cour de cassation a rejeté « toutes les demandes de Sunlait et aucune faute n’a été retenue contre Savencia », a-t-il ajouté. Les ponts sont donc définitivement coupés, l’industriel ne voulant « pas reprendre la relation contractuelle ». Pour éclairer ce différend, Olivier Delaméa, le p.-d.g. de Savencia Fromage & Dairy, a indiqué : « On était lié à quelques leaders qui voulaient mener un combat pas justifié ». « Nous n'avons pas cessé de chercher le compromis, mais leurs attentes étaient hors d’atteinte », a ajouté Bertrand Salczer. Selon Savencia, aucun producteur n’a été laissé sans solution, et ceux qui voulaient continuer de livrer Savencia se sont vus proposer une solution. « La majorité des producteurs qui travaillaient avec nous via Sunlait nous livrent toujours en passant par d’autres organisations de producteurs », a-t-il souligné.

Foie gras/épicerie fine : Maïsadour projette de céder Comtesse du Barry

Questionné par Agra Presse, Maïsadour indique avoir acté fin février le lancement d'un projet de cession de Comtesse du Barry, confirmant une information du média L'Informé. Le projet est soumis aux observations des représentants du personnel jusqu’à fin mars. Comtesse du Barry commercialise, par correspondance et dans une quarantaine de boutique en France, des foies gras, du saumon fumé, du caviar, des vins et autres produits d’épicerie fine. La société centenaire de Gimont (Gers) emploie 96 salariés. Le « savoir-faire » que le groupe coopératif dit vouloir préserver, repose autant sur l’activité de ces derniers (sélection des produits, commerce, etc.) que sur celui des ateliers de Delpeyrat (société intégrée à Maïsadour Gastronomie à la fin 2025) et des éleveurs. Comtesse du Barry et sa conserverie (fermée) avaient été achetés en 2011 par la holding MVVH (Maïsadour, Vivadour et Val de Sèvre). Mais Maïsadour, éprouvé par les crises d’influenza aviaire, se réorganise. Pour sa part, Comtesse du Barry est déficitaire de près de 4 M€ pour 16,2 M€ de chiffre d’affaires, selon les chiffres Pappers de 2025. Son chiffre d’affaires a décliné de 26 % au cours des dix dernières années.

Influenza : plus qu’une zone réglementée en Pays de la Loire, en risque de faune sauvage

Selon les informations sur l’influenza aviaire diffusées le 17 mars par la chambre d’agriculture des Pays de la Loire, la dernière zone de surveillance de Loire-Atlantique a été levée le 16 mars, après celle de Vendée fin-février. Dans le Maine-et-Loire en revanche, une nouvelle zone réglementée a été définie, du fait d’un foyer déclaré début mars dans un élevage de dindes de chair à la Poitevinière (Beaupréau-en-Mauges). Il ne reste qu’une « zone infectée faune sauvage » (ZI-FS) qui s’étend à l’intégralité de la Vendée, de la Loire-Atlantique, du Maine-et-Loire et du sud de la Mayenne. Elle contraint à la mise à l’abri des canards, au bâchage des véhicules de transport de volailles, à la surveillance clinique, au dépistage virologique chez les dindes et palmipèdes prêts à engraisser, et à la vaccination complète des canards. Cette ZI-FS est justifiée par la migration (des grues en particulier). Elle sera levée le 31 mars 2026 sous réserve de situation sanitaire favorable. De son côté, la préfecture de Mayenne a appelé les particuliers à la vigilance, dans un communiqué du 4 mars, après la détection du virus dans une basse-cour de huit oies et quatre poules le 27 février, dans le sud du département.

Influenza aviaire : l’Angleterre va tester la vaccination des dindes pour six mois

Une vaccination contre l’influenza aviaire va être testée pendant six mois (de mars à août 2026) sur des dindes, en Angleterre uniquement, a annoncé le gouvernement britannique dans un communiqué le 5 mars. Cette espèce a été choisie pour sa grande sensibilité au virus, explique-t-il. À l’heure actuelle, la vaccination des volailles – en dehors de cas particuliers (zoos, etc.) – est interdite au Royaume-Uni. Mais elle représente une solution potentielle complémentaire des mesures de biosécurité afin d’éviter d’importantes dépenses récurrentes. En effet, les épizooties coûtent chaque année à l’État 174 M$ (environ 150 M€), selon le communiqué. La vétérinaire en chef du Royaume-Uni, Christine Middlemiss, déclare dans le communiqué que la stricte biosécurité restera la meilleure défense des élevages contre l’influenza aviaire. Les résultats du test en matière d’efficacité du vaccin, de durée d'immunité et de faisabilité de la surveillance viendront compléter les travaux du groupe de travail conjoint de l'industrie et des gouvernements sur la vaccination aviaire, en vue d’une recommandation finale à l'été 2026. D'après son rapport de juillet 2025, la question de rendre ou non obligatoire la vaccination se pose.

Fièvre aphteuse : un foyer sur l’île de Lesbos (Grèce), la maladie progresse à Chypre

Un foyer de fièvre aphteuse (FA) a été confirmé le 17 mars sur l’île grecque de Lesbos, indique la plateforme Épidémiosurveillance en santé animale (ESA) dans son bulletin hebdomadaire le même jour. La maladie, hautement contagieuse, a été détectée après des signes cliniques « observés sur les bovins », dans un élevage mixte comprenant également des ovins. « Le sérotypage est en cours », selon la plateforme française. Il s’agit du premier cas de fièvre aphteuse en Grèce depuis 1994, comme le rappelle le GDS Centre-Val de Loire. Le groupement de défense sanitaire note que l’île de Lesbos est « à proximité immédiate de la Turquie où la FA est endémique ». Notant la distance avec Chypre (« plus de 800 km »), également touchée, le GDS estime qu’il est « peu probable que la contamination puisse [en] provenir ». Depuis le 20 février, la République de Chypre (partie sud intégrée à l’UE) dénombre 38 foyers ; deux d’entre eux se trouvent dans une nouvelle zone au centre de l’île (Nicosie), alors que la maladie était jusque-là circonscrite autour de Larnaca (sud-est). Avant cela, « deux foyers SAT1 (sérotype 1, NDLR) auraient été détectés les 15 et 16 décembre 2025 dans des élevages de bovins » en Chypre du Nord (partie turque), rappelle la plateforme ESA, soulignant que ces cas « n’ont pas encore été déclarés par les autorités sanitaires ».

Eau : la méthode du gouvernement pour relancer le dossier des aires de captage

Dans un entretien accordé à Agra Presse le 18 mars, le délégué interministériel à l'eau en agriculture, Christophe Chassande, explique que le projet de loi d'urgence agricole, qui supprime la notion de point de prélèvement sensible, doit permettre de « casser une ambiguïté qui était liée à une mauvaise interprétation » de ce concept. « L’architecture juridique de cette feuille de route a généré cette incompréhension, parce qu'en fait, la seule chose qui existe dans les textes juridiques, c'est le concept de captage sensible », explique le haut fonctionnaire. « Tout le reste, c’est-à-dire les zones sur lesquelles on veut vraiment faire de l'action plus énergique, il était prévu d’en parler dans un guide méthodologique qui n'a aucune valeur juridique. » C'est pour cela qu'au travers de la loi d'urgence, « on ne définit plus de points de prélèvement sensibles tel que c'était prévu avant, mais on définira des points de prélèvement qu'on appelle prioritaires. On précisera que sur ces points de prélèvement prioritaires doivent être définies non seulement l'aire d'alimentation, mais aussi l'aire la plus vulnérable. » Ces secteurs pourraient couvrir 2 à 4 % de la SAU, « selon les critères qui seront retenus », prévoit-il. Quant aux mesures qui pourraient les concerner : elles devront être « obligatoires, parce qu'il ne faut pas que les efforts des uns soient annihilés par l'absence d'efforts des autres ». Elles pourront aller « de manière très ciblée » jusqu'à des « restrictions fortes ou interdictions de produits, en gardant une logique de production ».

Stockage de l’eau : le gouvernement veut mobiliser les chambres et la Banque des territoires

Le projet de loi d’urgence agricole (PLUA) prévoit de faciliter, en matière de stockage de l’eau, le développement de certains projets de territoire, très concertés, partagés par les acteurs locaux, et qui entrent dans les critères du Code de l’environnement sur l’intérêt général majeur, tel que défini par la loi Duplomb, a confirmé Christophe Chassande, délégué interministériel à l’eau en agriculture, dans un entretien accordé à Agra Presse le 18 mars. « Cela concernera les phases de concertation et la cohérence avec certaines dispositions très spécifiques prises par les Sage », précise M. Chassande. En parallèle du PLUA, pour les projets d’agriculteurs individuels, le gouvernement veut mobiliser les chambres d’agriculture pour qu'elles appuient davantage les porteurs de projet, notamment grâce à la mise en place de cellules d’appui technique dédiées. Enfin, pour les projets structurants d’aménagement du territoire, l’exécutif souhaite encourager une plus forte implication des collectivités via la maîtrise d’ouvrage publique. « Nous discutons avec la Banque des territoires pour aider les collectivités qui veulent s’engager, avec des financements de long terme » souligne M. Chassande. Le haut fonctionnaire souligne aussi que le triplement du fonds hydraulique doit contribuer à résoudre une partie des difficultés liées au financement des projets.

Stockage de l’eau : 450 retenues mises en service depuis 2020, pour des volumes modestes

Dans un entretien accordé à Agra Presse le 18 mars, le délégué interministériel à l’eau en agriculture, Christophe Chassande, dresse un bilan du développement des ouvrages de stockage de l’eau en France. Entre 2020 et 2025, un peu plus de 450 retenues ont été mises en service, pour à peu près 15 millions de mètres cubes, indique-t-il. À cela s’ajoutent 200 projets, déclarés ou autorisés mais qui n’ont pas encore été mis en service, pour 19 millions de mètres cubes supplémentaires. « On ne peut donc pas dire que rien n’est sorti de terre. Mais ce ne sont pas des volumes très importants », précise M. Chassande. Plus récemment, le Premier ministre Sébastien Lecornu a souhaité objectiver le niveau de blocage administratif des dossiers en phase d’instruction ou en amont. Résultat : trente-cinq dossiers sont bloqués ou en retard dans la phase d’instruction administrative. Parallèlement, 400 projets rencontrent des difficultés, ou ont besoin d’être consolidés, avant même leur dépôt. Parmi eux, près de la moitié des porteurs de projet évoquent des problèmes de financement. Pour une centaine, on ne recense pas de difficultés particulières, et l’enjeu est d’aider à leur formalisation. Une autre centaine rencontre des difficultés d’implantation, d’ordre réglementaire ou technique. Enfin, environ 80 retenues ont fait l’objet de contentieux, parfois de plusieurs années, qui se sont terminé, le plus souvent, par des validations, mais qui ont mis à mal l’équilibre économique du projet.

Nitrates : en Bretagne, des syndicats dénoncent la « mutation forcée » d'une fonctionnaire

Des syndicats de la Direction régionale de l’Environnement (Dreal) de Bretagne ont dénoncé le 19 mars la « mutation forcée » d’une collègue chargée du dossier des nitrates, alors que la région souffre d’une pollution des eaux liée à l’agriculture intensive. Dans une lettre ouverte adressée mercredi 18 mars à la ministre de l’Agriculture, le Syndicat national de l’environnement (SNE), la FSU, la CGT, l’Unsa et FO dénoncent « une mutation forcée », vue comme « une sanction disciplinaire déguisée » contre une agente de la Dreal, pour son « engagement » en faveur de la réglementation visant à réduire les nitrates. Les syndicats demandent l’annulation de la mutation et dénoncent « une eau de plus en plus polluée », « une démobilisation généralisée » des agents de l’État et « l’effondrement des écosystèmes ». « Cette personne essaye d’appliquer la réglementation et elle est écartée car ses positions ne conviennent pas à la profession agricole », a précisé la FSU à l’AFP. « On est sur une séquence, de notre point de vue, préoccupante, de reculs environnementaux », a ajouté le syndicat. Contactée par l’AFP, la préfecture d’Ille-et-Vilaine n’avait pas réagi jeudi 19 mars matin.

Conseil : les chambres d’agriculture veulent « se recentrer sur le développement agricole »

Chambres d’agriculture France (ex-APCA) a présenté le 19 mars son projet stratégique « Ambition 2030 » qui vise à « recentrer » son activité sur le développement agricole. Il s’agira de « réinventer » et de « retrouver la noblesse du développement agricole », selon Sébastien Windsor, président de la tête de réseau, en travaillant sur le revenu et la « résilience » des exploitations. Ce projet issu des travaux des échelons départementaux et régionaux comporte trois axes. Le premier consiste à « sécuriser les projets des agriculteurs », notamment en généralisant le conseil sur l’approche globale de l’exploitation. Le réseau s’est fixé une cible de « 1 600 conseillers référents » sur ce sujet d’ici 2030, selon le secrétaire Olivier Lebert. Le « recentrage » du conseil impliquera de « lever le pied » sur certains sujets, dont l’accompagnement réglementaire et l’optimisation des productions, selon M. Windsor. Deuxième axe : la création de valeur. Plutôt que de créer de nouvelles filières, « le plus efficace est de s’appuyer sur les filières existantes », a souligné Sébastien Windsor. Une approche qui prévaudra notamment pour le volet régional des Conférences de la souveraineté alimentaire, animé par les chambres. Enfin, le dernier axe vise à faire des chambres un « réseau efficient et reconnu ».

NGT : la Fnab et douze organisations demandent le retrait de la proposition de Bruxelles

Dans une lettre de 138 pages adressée à la Commission européenne le 21 février, puis rendue publique le 16 mars, treize organisations françaises réclament le retrait de la proposition de règlement européen sur les NGT (nouvelles techniques génomiques). Parmi elles, signalons la Fnab (producteurs bio), Synabio (fabricants bio), France nature environnement ou encore Générations futures. Les associations précisent s'être appuyées sur les informations de nombreux experts afin d'élaborer leur liste d'arguments à l'encontre de ces techniques. Par exemple, elles dénoncent des « défaillances scientifiques », conduisant selon elles à sous-estimer les risques environnementaux et sanitaires liés au NGT. Elles remettent par ailleurs en question leur durabilité, ainsi que les effets potentiellement néfastes pour la filière bio. Un chapitre de la lettre est également consacré aux brevets. Les associations reprennent un argument de certains semenciers et professionnels du secteur – à savoir un risque de surcoût, via la hausse des prix des semences –, ainsi que la potentielle multiplication de « poursuites abusives pour contrefaçon de brevet » (lire notre enquête). Ces coûts se répercuteront par ricochet sur les consommateurs finaux, et engendreront une concentration des semenciers, comme cela a été observé aux États-Unis, craignent les ONG.

Consommation : face à la guerre au Moyen-Orient, des « achats de précaution » en France

La guerre au Moyen-Orient a poussé les ménages français à des achats dits de « précaution », comme des conserves de poissons, du riz ou des pâtes, sans « toutefois bouleverser le marché global », analyse le 19 mars le cabinet Circana. « Certains aliments de fond de placard affichent de fortes hausses à l'image des farines et des féculents », écrit le cabinet dans une note hebdomadaire pour la semaine du 9 au 15 mars. La guerre au Moyen-Orient, déclenchée le 28 février avec l'attaque israélo-américaine contre l'Iran, « renforce vraisemblablement le sentiment d'incertitude déjà élevé et peut inciter certains Français à effectuer des achats de précaution », continue l'institut spécialisé dans le comportement des consommateurs. « Conserves (viande et légumes), riz, pâtes et huiles enregistrent des pics de ventes atypiques pour la période », précise Emily Mayer, directrice des études de Circana, sur LinkedIn. Les conserves de maquereaux augmentent ainsi en volume de +15,9 % sur la semaine, celles de sardines de 12,1 %, le riz de 10,2 % et les pâtes de 8,1 %. « Pas de quoi, toutefois, bouleverser le marché global », prévient-elle, les produits de grande consommation étant en croissance modérée (+0,3 %) sur la semaine, légèrement inférieure à la tendance observée depuis le début de l'année (+0,5 %).

Alimentation : pas de lien établi entre le Nutri-Score d'un produit et son prix (étude)

Le prix d'un produit alimentaire ne varie pas de manière systématique en fonction de son Nutri-Score, plus ou moins bon, constate une enquête publiée le 19 mars par Santé publique France et l’Inrae. Les auteurs ont cherché à vérifier une hypothèse relayée par les opposants au Nutri-Score selon laquelle les produits les mieux notés sont plus chers. Pour ce faire, ils se sont penchés sur près de 28 000 produits alimentaires vendus entre 2020 et 2023 sur les sites de grands distributeurs (Auchan, Carrefour, Leclerc...), incluant des marques engagées ou non dans la démarche Nutri-Score. Les résultats ne font apparaître aucune tendance générale. Si, dans certaines catégories de produits (céréales pour le petit-déjeuner, jambon blanc, produits panés, soupes de légumes, etc.), les produits les mieux notés sont plus chers, la tendance inverse est observée pour d’autres catégories (yaourts aromatisés, sauces pour les pâtes). Les auteurs notent toutefois un biais potentiel : les marques de distributeurs sont plus enclines à afficher un Nutri-Score. Or, leurs produits sont, en général, moins chers que ceux des grandes marques.

Syndicats : une figure de la lutte paysanne aux États-Unis accusée d'agressions sexuelles

Cesar Chavez, figure syndicale américaine de défense des droits des ouvriers agricoles, est accusé d’agressions sexuelles sur mineures, ainsi que de viol et harcèlement sexuel envers des femmes de son mouvement, selon une enquête du New York Times publiée le 18 mars. Mort en 1993, il est reconnu aux États-Unis pour avoir cofondé en 1962 un grand syndicat agricole américain, UFW. Sa date de naissance, le 31 mars, est un jour férié en Californie. Dans l’enquête du New York Times, deux femmes affirment avoir subi des violences sexuelles de la part de ce dernier alors qu’elles étaient mineures dans les années 1970 et que leurs parents étaient membres de l’UFW. L’une d’elles accuse le syndicaliste d’avoir commencé à la toucher de manière inappropriée quand elle avait 12 ans, lui en ayant plus de 40. Une autre femme a raconté avoir eu des relations sexuelles avec Cesar Chavez alors qu’elle avait 15 ans, un âge trop jeune pour consentir à tout rapport selon le droit californien, qui établit la majorité sexuelle à 18 ans. Pendant des années, des collaborateurs ont caché ces accusations, révèle le New York Times. Le syndicat UFW a affirmé dans un communiqué n’avoir « reçu aucune information directe », ni avoir « aucune connaissance de première main de ces accusations ». Cependant, l’organisation a annulé sa participation à une cérémonie en l’honneur de Cesar Chavez, le 31 mars, en raison « de graves accusations » qui sont « incompatibles avec les valeurs » du syndicat.

Agenda de la semaine agricole du 23 mars 2026

Lundi 23 mars
Campagne Cuisines solidaires en restauration, jusqu’au 3 avril
Salon espagnol Alimentaria à Barcelone, jusqu’au 26 mars

Mardi 24 mars
Séminaire international sur le pastoralisme, à Montpellier, jusqu'au 26
Conférence de presse du groupe Barilla, à Boulogne-Billancourt
Conférence de presse du groupe coopératif Le Gouessant
Conférence de presse du CIVB (vin de Bordeaux)
9es rencontres scientifiques du FSOV (obtention végétale)
Colloque final du plan de sortie du phosmet, organisé par Terres Inovia et l'Inrae

Mercredi 25 mars
La Coméco de l'Assemblée examine la PPL Modem sur la viticulture et les riverains
Débat à l'Assemblée sur l'application des lois dans le secteur agricole
Débat à l'Assemblée sur l'accord de libre-échange avec le Canada
Audition d' Alexandre Bompard, p.-d.g. de Carrefour, à l'Assemblée
Audition de Franck Sander, président de la CGB (betteraviers, FNSEA) à l'Assemblée
Conférence de presse de l'Uppia (conserve appertisée)
Assemblée générale de la FNPL (éleveurs laitiers, FNSEA)
Matinée export d'Intercéréales

Jeudi 26 mars
14e Conférence ministérielle de l'OMC, à Yaoundé (Cameroun), jusqu'au 29
L'Assemblée examine en plénière la PPL Modem sur la viticulture et les riverains
Conférence de presse sur la structuration de la filière nationale châtaigne, à Montpellier
Conférence de presse de Kiri (Bel)
20 ans du pôle d’Agri Sud-Ouest Innovation à Toulouse, jusqu’au 27 

Vendredi 27 mars
Rencontres des produits de montagne à Lempdes (Puy-de-Dôme)