Agrafil du 1er août 2025

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Accord UE/Etats-Unis: vins et spiritueux pas attendus dans la première liste d'exemptions

Alors que les négociateurs américains et européens poursuivent leurs discussions pour peaufiner la déclaration conjointe, attendue pour le 1er août, la Commission européenne estime que les vins et spiritueux européens ne devraient pas figurer parmi la première liste de produits exemptés de droits de douane. C’est ce qu’a indiqué le 31 juillet en conférence de presse, Olof Gill, le porte-parole de la Commission européenne en charge du Commerce. A compter du 1er août et de la publication du décret américain, ces secteurs seront donc touchés, comme d’autres produits, par le droit de douane unique de 15% que va imposer Washington. « On continue les négociations avec nos partenaires américains », précise toutefois Olof Gill. Et d’ajouter : « Notre objectif, c’est d’avoir des exemptions sur ces produits (vins, champagnes, spiritueux…) » dès que possible. L'obtention d'un accord « zéro pour zéro » est pourtant une des priorités des représentants professionnels du secteur, mais aussi de certains Etats membres, à l'image de la France, comme l'a rappelé le 30 juillet, la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, à l’issue de la rencontre avec les filières touchées par les droits de douane américains.

Accord UE/Etats-Unis : une proposition de résolution déposée à l'Assemblée

Une proposition de résolution visant à demander au gouvernement français de s'opposer à l'accord commercial entre l'UE et les Etats-Unis a été déposée à l'Assemblée par Emmanuel Maurel (groupe GDR - communistes et ultramarins). Le texte, déposé le 30 juillet et publié le lendemain, a déjà recueilli la signature d'une vingtaine de députés allant de la gauche au Modem. M. Maurel a précisé auprès de l'AFP continuer à solliciter des parlementaires pour appuyer sa démarche. Dans cette proposition de résolution, l'Assemblée invite le gouvernement à « signifier à la Commission européenne son opposition au projet d’accord économique et commercial entre l’Union européenne et les États-Unis », et à « s’opposer à ce projet » lors des prochaines réunions du Conseil européen. La proposition de résolution de M. Maurel souligne dans son exposé des motifs que l’économie française « risque d’être violemment impactée » par ce projet d'accord, « d’autant plus que la Commission s’est engagée sur des contingents d’importation supplémentaires de produits agricoles américains ». Le texte invite aussi le gouvernement à demander à la Commission européenne de « soumettre le projet d’accord à un vote à l’unanimité des États membres au Conseil, puis à un vote au Parlement européen et à une ratification par l’ensemble des Parlements des États membres ».

Bovins/DNC: un tiers des bovins vaccinés dans la zone concernée (ministère)

A l'occasion d'un point avec la presse le 31 juillet, le ministère de l'Agriculture a indiqué, qu'une dizaine de jours après le début de la campagne de vaccination contre la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), un tiers des bovins de la zone concernée avaient reçu leur dose. Cela ne signifie pas pour autant que la campagne se terminera dans une vingtaine de jours: «Nous ne pouvons pas faire de projection linéaire», indiquent les services. En effet, les vétérinaires sont encore peu intervenus dans les estives, où le rythme de vaccination promet d'être plus faible. Le ministère de l'Agriculture indique que la France n'a pas fait de nouvelle commande de doses, estimant que le volume actuel suffit à vacciner la zone réglementée en l'état. Celle-ci n'a pas évolué ces derniers jours, malgré quatre nouveaux cas, faisant grimper le nombre de foyer à 51, et le nombre d'animaux à abattre à 1000. Pour Christian Convers, secrétaire général de la Coordination rurale, le nombre d’animaux abattus s’approche plutôt de 2.000. La Confédération paysanne table elle aussi sur plus de 1.500 vaches abattues en «fin de semaine dernière», selon sa porte-parole Fanny Métrat. Le ministère a réaffirmé l'intérêt de l'abattage total, contre l'abattage partiel : «Si on n'abat pas, on n'endigue pas la maladie», expliquent les fonctionnaires, mettant en avant l'existence de formes subcliniques (sans expression de symptômes), qui peuvent constituer des réservoirs de la maladie, et de tests faux négatifs, le virus étant présent par intermittence dans le sang des animaux.

Bovins/DNC : une cagnotte lancée pour soutenir la filière fromagère en Savoie

L’Association des fromages traditionnels des Alpes savoyardes (AFTAlp) indique le 31 juillet qu'elle a ouvert une cagnotte pour soutenir la filière secouée par une épidémie de Dermatose nodulaire contagieuse (DNC). « Ces dernières semaines, le monde agricole savoyard a été durement touché » par la maladie, explique la structure regroupant éleveurs, producteurs fermiers, fromagers et affineurs. « De nombreuses exploitations ont perdu une partie - parfois la totalité - de leur troupeau. Et avec elles, ce sont aussi des fromageries, des affineurs et toute une chaîne de savoir-faire qui vacille. » Plus de 28 000 euros ont été collectés en une semaine, l’opération restant ouverte jusque fin août. 50 % des dons serviront à l’accompagnement psychologique et administratif des agriculteurs. 25 % iront dans la reconstitution des troupeaux en visant « le maintien des races locales ». 20 % seront mobilisés pour le maintien d’activité des fromageries. Enfin, 5 % de la collecte viseront à « préparer l’avenir » : « tirer les enseignements afin de comprendre collectivement ce qu’il s’est passé, comment mieux se préparer pour anticiper les (éventuelles) crises suivantes en mobilisant la communauté scientifique ».

Abattoirs : enquête à l'abattoir de Porto-Vecchio après une plainte de L214

Une enquête a été ouverte le 30 juillet par le parquet d’Ajaccio après le dépôt d’une plainte de L214 contre l’abattoir public multi-espèces de Porto-Vecchio (Corse-du-Sud). pour « sévices graves et mauvais traitements ». La gendarmerie de Porto-Vecchio enquête « à ce stade pour des manquements supposés aux règles de l’abattage et des non-conformités aux règles d’étourdissement des animaux », a précisé à l’AFP le procureur d’Ajaccio, Nicolas Septe. De son côté la préfecture a informé l’agence que ses services examineront des vidéos de L214, précisant qu’« à cette heure, l’abattoir concerné, qui fait l’objet d’un suivi régulier et d’une inspection récente », n’est visé par « aucun signalement particulier ». L’association animaliste s’appuie sur des vidéos tournées le 7 mai et le 7 juillet 2025 pour dénoncer la complicité des services de l’Etat, dont la DDPP de Corse-du-Sud, dans les pratiques d’abattages illégales et des installations non-conformes de cet établissement géré par le Syndicat mixte de l’abattage en Corse (Smac). Elle signale en particulier ces propos d'une vétérinaire à un employé : « On va faire comme ça car je comprends qu’il y a une commande qu’il faut respecter, mais ce n’est pas conforme à la réglementation ». 

Porc : Inaporc ne peut pas rendre les audits biosécurité obligatoires, en l'état du droit

Malgré la promesse faite par Marc Fesneau en 2023, l'audit de biosécurité en élevage porc Pigconnect, dont la pertinence en élevage plein air est contestée par la Confédération paysanne, n'a toujours pas été rendu obligatoire par l'interprofession « car nous n'avons pas à ce stade l'outil juridique pour le faire », explique Philippe Bizien, président d'Inaporc, qui participe à la gestion de Pigconnect via l'Association nationale sanitaire porcine (ANSP). « Les interprofessions ne peuvent pas dans le contexte juridique actuel mettre en place des pénalités puor les éleveurs qui ne respecteraient pas l'obligation. Or sans pénalité, ce système ne sera pas efficace». Dans un communiqué paru le 29 juillet, la Confédération paysanne a appelé les éleveurs de porc plein air à ne pas réaliser l'audit de biosécurité PigConnect que les éleveurs de moins de 1000 porcs sont enjoints d'effectuer, par courrier cosigné du ministère de l'Agriculture. Le syndicat attend la publication prochaine d'un outil d'aide à la décision alternatif pour la biosécurité en élevage plein air (volaille et porc), qui doit faire l'objet d'une présentation à l'automne. Questionné sur une éventuelle intégration des deux approches, la directrice de l'Inaporc Anne Richard indique que l'outil devra, au préalable, être présenté à l'ANSP.

Protéagineux : la profession confirme de bons rendements en pois

Terres Univia (interprofession), Terres Inovia (institut technique) et la FOP (producteurs d’oléoprotéagineux) rapportent, dans un communiqué du 31 juillet, de bons rendements 2025 en pois dans l’Hexagone. La productivité des variétés d’hiver, représentant 30 à 35 % des surfaces totales, s’affiche à 40-45 q/ha en moyenne. Certaines régions « ont pu parfois atteindre 60 à 70 q/ha », relate le communiqué. En pois de printemps, elle est estimée à 35-40 q/ha. Ainsi, les chiffres s’avèrent supérieurs aux dernières prévisions d’Agreste (ministère de l’Agriculture) mi-juillet, qui tablait sur un rendement moyen de 33,2 q/ha (en pois purs). L’année dernière, ils s’affichaient à 29,2 q/ha. En féveroles, les résultats sont moins bons mais restent corrects. Les rendements ressortent autour des 30-35 q/ha pour les variétés d’hiver, sachant que certains dépassent les 45 q/ha. En variété de printemps, ils s’élèvent à 25-30 q/ha. Le ministère de l'Agriculture prévoyait une productivité moyenne à 26,4 q/ha cette année (26,8 q/ha en 2024). « Avec des débouchés prometteurs et en pleine croissance, la production pourra être valorisée sur notre territoire tant en alimentation animale qu’humaine », se réjouit la profession.

Bayer: un nouvel herbicide en vue, potentiellement disponible en 2028

Alors que le blé et l'orge française font face à des difficultés croissantes de désherbage, l'agrochimiste Bayer a annoncé, dans un communiqué du 30 juillet, avoir procédé à des demandes d’autorisation de mise sur le marché (AMM) auprès des autorités européennes pour un nouvel herbicide de post-levée, qui serait disponible pour les agriculteurs européens et français en 2028, en cas de validation. Il s’agit de l’icafolin-méthyl, destiné à lutter, entre autres, contre le vulpin et le ray-grass, deux adventices problématiques en France. Il est applicable en céréales, en légumineuses, en oléagineux, en fruits à pépins et à noyaux, en noix, en vigne et en agrumes. Cette « toute nouvelle classe d’herbicide » aidera les producteurs à combattre les phénomènes de résistance, selon Mike Graham, responsable de la recherche et du développement au sein de la division Crop Science de Bayer, cité dans le communiqué. Elle les aidera également à « adopter et à maintenir des pratiques de semis direct et de travail réduit du sol qui améliorent sa santé ». Bayer espère un potentiel de vente de 750 M€. Il prévoit de lancer le produit au Brésil en 2028, puis aux États-Unis, au Canada, dans l’UE et dans d’autres régions.

ABInbev : hausse du bénéfice, malgré une baisse des volumes

Le brasseur belgo-brésilien AB Inbev, leader mondial avec ses marques Budweiser, Stella Artois et Corona, a publié le 31 juillet un bénéfice en hausse, à 1,950 milliard de dollars au deuxième trimestre 2025 (1,811 milliard durant le deuxième trimestre 2024), malgré un léger recul des volumes écoulés. AB InBev, dont le siège social est au cœur de la Belgique, a subi une baisse de 1,9% de ses volumes de boissons écoulés dans le monde d’avril à juin, par rapport à la même période de l’an dernier. Sur le seul segment des bières, la baisse a même atteint 2,2 %, mais elle a été partiellement compensée par une hausse des autres boissons. Dans un communiqué, le brasseur impute cette baisse à « la faiblesse des secteurs et la performance en Chine et au Brésil ». Et ne fait pas mention des tensions commerciales. « L’exécution rigoureuse de notre stratégie par nos équipes et partenaires nous a permis de réaliser un premier semestre solide et renforce notre confiance dans la réalisation de nos perspectives pour 2025 », s’est félicité le directeur général Michel Doukeris, cité dans un communiqué. Le géant brassicole revendique plus de 2 milliards de consommateurs de ses boissons dans 150 pays.

Bayer : le groupe mis hors de cause en France dans l’affaire d’un enfant malformé

Le tribunal de Vienne a jugé irrecevable le 31 juillet la demande des parents de Théo Grataloup, 18 ans, de lier ses malformations congénitales à l'exposition de sa mère, enceinte, au glyphosate de Bayer-Monsanto. Ces derniers avaient lancé en 2018 une action au civil pour faire reconnaître un « lien de causalité ». L'audience s'est déroulée le 3 avril devant le tribunal judiciaire de Vienne (Isère). Dans son jugement rendu en délibéré que l'AFP a pu consulter, le tribunal estime que la famille de Théo n'a pas apporté la preuve suffisante que du glyphosate a bien été utilisé par Mme Grataloup. Les déclarations de Mme Grataloup, « ne sont confortés par aucune facture, ou autres pièces, propres à établir l'achat d'un bidon de Glyper au cours de l'été 2005 qui aurait pu être utilisé au cours de l'été 2006 », écrit le tribunal. Il pointe aussi que les photographies produites par la famille d'un bidon du Glyper, utilisé par la mère de Théo et distribué par la société Novajardin, ne peuvent correspondre au produit acheté en 2005 car distribué par une autre société. Ces éléments « ne permettent de retenir avec la certitude requise que ce désherbant était du Glyper », a conclu le tribunal, reconnaissant néanmoins que Bayer/Monsanto « pouvait être considéré comme étant le producteur ». Théo Grataloup avait été le premier cas de malformation congénitale indemnisé par le fonds FIVP (victimes des pesticides), en 2023.

Acétamipride/PPL Entraves: la défense du gouvernement devant le Conseil constitutionnel

Dans ses observations déposées le 27 juillet au Conseil constitutionnel, le gouvernement défend l'idée que la réautorisation dérogatoire de l'acétamipride vient certes « limiter le droit de vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé», mais d'une manière proportionnée et pour des motifs d'intérêt général. La proportionnalité pourra être contrôlée par la justice administrative pour chacun des usages dérogatoires qui feront l'objet chacun d'un décret, souligne le gouvernement. En particulier, le fait qu'une dérogation ne soit livrée «qu’à titre exceptionnel, pour faire face à une menace grave compromettant la production agricole» pourra faire l'objet d'un «contrôle entier du juge administratif». Concernant les motifs d'intérêt général, le gouvernement avance l'objectif, qui aurait déjà été utilisé pour la loi de 2018 (dite Denormandie) sur la réautorisation des néonicotinoïdes en betterave, d'éviter «une concurrence déloyale des producteurs établis dans d’autres Etats membres de l’UE et autorisés à utiliser de telles substances». Le jugement du Conseil constitutionnel est attendu autour du 7 juillet.

Pesticides interdits : la Conf' veut les données d'inspection de la Dreal chez BASF

Réagissant à la publication d'une note de BASF le 28 juillet, la Confédération paysanne estime, dans un communiqué paru le 31 juillet, que l'agrochimiste «tente de faire passer l’interdiction du Fastac pour un simple retrait administratif», et appelle le gouvernement à «tout mettre en œuvre pour empêcher ce contournement de la loi». BASF argue que l'alpha-cyperméthrine peut continuer d'être produit sur son site de Genay au motif que son dossier de retrait ne contiendrait « aucun motif lié à l’environnement ou à la santé ». Dans le règlement de non approbation de l’alpha-cyperméthrine, la Commission estime « le demandeur » n’a pas apporté « des informations confirmatives concernant le profil toxicologique de certains métabolites » et sur « trois autres points ». Le syndicat demande la «publication de l’intégralité du rapport» de la Dreal (préfecture) concernant le contrôle du site signalé par des Faucheurs. Ces derniers assurent avoir signalé la présence de Dimpropyridaz, un autre pesticide non autorisé en Union européenne, non mentionné par la Dreal. Pour rappel, la proposition de loi Entraves étend aux substances actives elles-mêmes cette interdiction jusqu'ici réservée aux seuls produits en contenant. Elle conserve toutefois la condition que la non-approbation soit liée « à la protection de la santé humaine ou animale ou de l’environnement. »

Projets alimentaires territoriaux : trop peu de dimension sanitaire, selon France PAT

Dans une note sur les projets alimentaires territoriaux (PAT) et la santé, mise en ligne en juillet, le réseau France PAT constate que 48% des 450 projets font référence aux Contrats locaux de santé (CLS) et 48% identifient les Agences régionales de santé (ARS) comme des partenaires. Les objectifs en matière de santé publique sont encore plus faibles, déplore le réseau national, en constatant par exemple que « si l’obésité est mentionnée dans les descriptifs de 22 PAT, seuls deux d’entre eux mobilisent le taux d’obésité comme indicateur d’évaluation ». France PAT souligne que selon les nouveaux critères de labellisation de niveau 2 (en phase opérationnelle), un projet doit suivre au moins un indicateur de santé publique, comme la prévalence de maladies chroniques liées à l'alimentation (obésité, diabète), et fixer un objectif quantitatif par indicateur, comme le nombre d’actions en commun avec les CLS. Elle requiert aussi une parfaite articulation avec les CLS, ce qui suppose « une gouvernance partagée, des indicateurs communs », suggère France PAT dans la conclusion de sa présentation, et des financements pérennes.