COP28: 134 pays s’engagent à intégrer l’agriculture dans leurs plans climatiques
Plus de 130 pays ont signé la déclaration de la présidence émiratie de la COP28 sur l’agriculture durable, les systèmes alimentaires résilients et l’action climatique, en marge des négociations climatiques le 1er décembre. Les pays signataires dont la France, les Etats-Unis, le Brésil, l’Indonésie ou encore la Chine, affirment le droit à «une alimentation saine, suffisante, abordable et nutritive pour tous». Ils s’engagent à inclure l’agriculture et les systèmes alimentaires dans les Contributions déterminées à niveau national (CDN) -qui reflètent les engagements actualisés des pays dans le cadre de l’Accord de Paris sur le climat, mais aussi dans les plans nationaux d’adaptation, les stratégies de long terme et les stratégies nationales de biodiversité. Ils promettent aussi de «revoir ou orienter les politiques et les aides publiques» à l’agriculture pour encourager les pratiques qui améliorent les revenus tout en réduisant les effets sur le climat et l’environnement. Ces engagements sont pris pour 2030, mais les nations signataires promettent de faire le point sur les progrès réalisés dès l’an prochain, à la COP29. Il n'y a «aucun engagement à passer à des régimes alimentaires sains et durables, ni à réduire la surconsommation de viande produite industriellement», a noté IPES-Food, un consortium d'experts internationaux sur l'alimentation durable, fustigeant des formules vagues et l'absence d'actions ou d'objectifs concrets.
COP28: les Etats-Unis annoncent 3 milliards de dollars de contribution au Fonds vert
La vice-présidente des États-Unis, Kamala Harris, a annoncé le 2 décembre à la COP28 à Dubaï une contribution de trois milliards de dollars au Fonds vert pour le climat, rattrapant des années de non-contribution de la part du pays le plus riche du monde. «Je suis fière d'annoncer un nouvel engagement de 3 milliards de dollars au Fonds vert pour le climat, qui aide les pays en développement à investir dans la résilience, les énergies propres et les solutions fondées sur la nature», a déclaré Kamala Harris, dépêchée à la 28e conférence de l'ONU sur le changement climatique à la place du président Joe Biden. La dernière annonce de contribution de Washington, pour un montant de 3 milliards de dollars également, date de 2014 et émanait du président démocrate de l'époque, Barack Obama, alors que de nombreux autres pays ont renouvelé leur contribution entre temps. Si la promesse est tenue, après validation du Congrès, les États-Unis deviendraient le premier contributeur au fonds en valeur absolue avec 6 milliards de dollars. Mais le Royaume-Uni (5,1 milliards, selon l'ONG NRDC), l'Allemagne (4,9 milliards) et la France (4,6 milliards) contribuent bien davantage, proportionnellement à leur population.
COP28: le Brésil peut préserver sa forêt et augmenter sa production agricole, assure Lula
Le Brésil peut à la fois préserver ses forêts et augmenter sa production agricole, a déclaré le 3 décembre le président Luiz Inacio Lula da Silva à Dubaï, avant de quitter la COP28, la conférence de l'ONU sur le climat. «J'ai voulu démontrer qu'il est tout à fait possible de conserver la forêt intacte», a déclaré le dirigeant brésilien à la presse avant de partir pour Berlin, où il doit poursuivre sa tournée internationale. Ce plan d'expansion des terres cultivables «sans déforestation», doit passer par la conversion de terres de pâturage. Un investissement de 120 milliards de dollars sur dix ans est prévu, dans ce pays dont le secteur agricole est un des principaux moteurs de croissance, avec des exportations massives de produits comme la viande ou le soja. «Nous voulons convaincre, nous ne voulons pas nous disputer», a déclaré le président de gauche. Le gouvernement brésilien est arrivé à la COP28 avec deux propositions, l'une pour son pays, de réhabilitation de terres, et l'autre au plan international, de création d'un Fonds international de préservation des forêts tropicales dans 80 pays. «Nous avons aujourd'hui un programme très sérieux, qui consiste à récupérer près de 40 millions d'hectares de terres dégradées», a-t-il expliqué. «Nous allons pouvoir doubler la production. (Et) nous allons tout conserver, tout», a-t-il affirmé.
Accord UE-Mercosur: Macron se rendra en mars au Brésil
Le président français Emmanuel Macron se rendra fin mars au Brésil à la rencontre du président Lula, avec qu'il a «un très grand alignement de vues», a-t-il annoncé le 2 décembre, en indiquant que serait abordée la question de l'accord commercial UE-Mercosur. Après s'être entretenu en tête à tête lors de la COP28 à Dubaï avec Lula, M. Macron a indiqué qu'il irait au Brésil en mars 2024. «Sur la lutte contre la déforestation, une vraie politique amazonienne, sur les questions de défense, les intérêts économiques, les questions culturelles, on a un agenda bilatéral extrêmement dense et un très grand alignement de vues», a-t-il fait valoir, en saluant son homologue, un président «visionnaire» et «courageux». Selon la présidence brésilienne, cette visite aura lieu le 27 mars. Parmi les grands enjeux figure le devenir de l'accord commercial entre l'Union européenne et le Mercosur: cet accord est «complètement contradictoire» avec ce que le président Lula «est en train de faire au Brésil», a estimé M. Macron, faisant valoir qu'il «ne prend pas en compte la biodiversité et le climat». Il se résume donc à un accord «mal rapiécé», «de démantèlement de tarifs à l'ancienne». Le président français a notamment plaidé pour que cet accord "rémunère le Brésil sur sa politique forestière". "La communauté internationale et l'Union européenne doivent vous aider et donc vous donner des crédits carbone pour ne pas déforester parce que vous avez un trésor forestier au Brésil" avec l'Amazonie, a-t-il insisté.
Simplification administrative: Bruno Le Maire promet un projet de loi Pacte II début 2024
Le ministre de l'Économie Bruno Le Maire a annoncé le 30 novembre vouloir présenter début 2024 un projet de loi Pacte II pour permettre de poursuivre la simplification des normes qui entravent la croissance des entreprises (en particulier les plus petites et moyennes), y compris en agriculture. Après la première loi Pacte adoptée en 2019 et qui a permis de «beaucoup» simplifier les règles, «je veux qu'il y ait une deuxième avancée de simplification avec une loi Pacte II que je souhaite pouvoir présenter dans les premiers mois de 2024», a-t-il annoncé lors de l'évènement Impact PME, d’après l’AFP. Le texte sera notamment alimenté par les propositions soumises lors des consultations organisées dans le cadre des «Rencontres de la simplification», lancées par Bercy mi-novembre. Ces propositions peuvent être envoyées jusqu'au 29 décembre en ligne à l'adresse simplification.make.org. «Nous avons déjà 300 000 votants et des milliers de propositions. Je pense que nous aurons un demi-million de votants d'ici la fermeture du site», s'est félicité Bruno Le Maire. La démarche concerne le monde agricole, avait indiqué le locataire de Bercy début octobre au Sommet de l’élevage. Comme pour la première loi Pacte, M. Le Maire s'est dit «sûr qu'il y aura une majorité» au Parlement pour voter cette deuxième déclinaison.
Méthanisation: en Loire-Atlantique, un projet XXL rejeté par la préfecture
Le préfet de Loire-Atlantique a annoncé avoir rejeté la demande d'autorisation d'un méthaniseur géant à Corcoué-sur-Logne, l'un des plus gros projets de ce genre en France, décrié par les riverains et auquel le conseil départemental lui-même était opposé. «Ce rejet fait suite à l'enquête publique organisée du 15 mai au 15 juin», explique dans un communiqué la préfecture, qui a publié le 1er décembre sa décision sur son site internet. Si les commissaires enquêteurs avaient donné un avis favorable au projet, initié en 2019 par la coopérative d'éleveurs bovins Coop d'Herbauges (51%) et la société danoise Nature Energy (49%), les conclusions de l'enquête «ont mis en évidence une opposition importante des acteurs locaux résultant notamment d'une concertation insuffisante autour du projet.» La sécurisation des axes routiers pour permettre la circulation des camions pour alimenter le méthaniseur (près de 200 passages par jour selon le conseil départemental) était également problématique, relève la préfecture. Ce méthaniseur XXL visait à transformer près de 500.000 tonnes de matières organiques (déjections animales, résidus agricoles, céréales, etc.) par an en biogaz. En 2021, un rapport de la Commission nationale du débat public en soulignait le gigantisme, estimant qu'il était «cinq fois plus important» que le plus gros méthaniseur existant en France à l'époque.
Bovins/ovins: la FCO et la MHE continuent de progresser, de nouvelles zones touchées
La fièvre catarrhale ovine (FCO) «décime les troupeaux» d’ovins en Corse, a alerté le sénateur Jean-Jacques Panunzi lors des questions au gouvernement le 29 novembre. L’élu LR fait état d’une «mortalité élevée» («1000 brebis mortes dont 500 en une semaine»), ainsi que d’une «morbidité importante avec des pertes d’agneaux et de lait». M. Panunzi demande à l’exécutif des aides hors du régime des minimis, «inadapté» selon lui et synonyme «d’indemnisations au rabais». En raison de la réglementation européenne, «l’État n’a généralement pas vocation à prendre en charge le coût de la vaccination ni à indemniser les pertes économiques induites par cette maladie», a répondu le porte-parole du gouvernement Olivier Véran. Avec une vingtaine de cas, «l’impact sur le cheptel corse reste modéré en nombre de foyers», a-t-il fait remarquer. Depuis la résurgence du sérotype 8, devenu plus virulent, en août, la France compte «plus de 1630 foyers» de FCO, dont «près de 900 dans l’Aveyron». Par ailleurs, avec 3556 foyers au 30 novembre (dernier bilan disponible), la maladie hémorragique épizootique (MHE) poursuit sa progression dans les élevages bovins français. Après la Vendée à la mi-novembre, la maladie a récemment gagné trois nouveaux départements (Deux-Sèvres, Loire-Atlantique, Lot).
Fromages: le camembert fait un retour en force, à la faveur de l’inflation selon Lactalis
Après des années de décroissance, le marché du camembert repart à la hausse en France en 2023 (+3,8% en volume entre début janvier et fin octobre), selon des données du panéliste Circana présentées à l’occasion d’une conférence de presse du groupe Lactalis, le 30 novembre. Les ventes s’étaient effondrées entre 2008 et 2022, passant de 68 000 à 42 000 tonnes. Ce retour à la croissance est en grande partie lié au positionnement prix du camembert considéré comme «un fromage très accessible, anti-inflation», analyse le directeur général de Lactalis Fromages, François Lebreton. Un camembert est commercialisé à un prix moyen de 9,6€/kg, en dessous de la moyenne du rayon fromages qui est de 12€/kg (octobre 2023). Le camembert Président, propriété de Lactalis, profite de cette embellie (+18,8% de ventes en volume depuis le début de l’année). La marque leader (26% de parts de marché) est vendue en moyenne à 7,6€/kg. «Il est possible que le taux de croissance du marché, qui est très fort, se régule», note la directrice marketing de Lactalis Fromages Stéphanie Guilmard. Cependant, François Lebreton est «confiant» sur une poursuite de la croissance et assure que «le camembert Président contribue au développement de toutes les ventes» de la catégorie, y compris celles des camemberts AOP, par la dynamique de ses ventes.
Nitrates : ouverture d’une consultation publique d’évaluation de la directive européenne
La Commission européenne a ouvert, le 1er décembre, une consultation publique afin d’évaluer la directive sur les nitrates. Les parties prenantes ont jusqu’au 8 mars 2024 pour soumettre leur avis en répondant à un questionnaire en ligne. Bruxelles précise que l’objectif de cette consultation est de «déterminer si la directive sur les nitrates est encore adaptée aux objectifs poursuivis et si elle contribue à une agriculture durable et résiliente et à la sécurité alimentaire». Dans le détail, il s’agira d’examiner si la directive permet aux agriculteurs de s'adapter et d'accroître leur résilience dans le contexte de l'évolution des conditions climatiques et environnementales. En outre, l'évaluation analysera si la directive soutient de nouvelles pratiques agricoles, tout en promouvant suffisamment le recyclage des nutriments de différentes sources (dont le fumier transformé). Enfin, la contribution de la directive aux engagements pris au titre du cadre mondial pour la biodiversité de Kunming-Montréal sera également étudiée.
Engrais phosphatés : fin de consultation publique pour le décret abaissant le taux de cadmium
Dans une consultation publique, qui s’est achevée le 30 novembre, le ministère de l’Agriculture propose un décret pour abaisser la teneur maximale en cadmium des engrais phosphaté de 60 mg/kg à 40 mg/kg. Un taux qui reste toutefois au-dessus des recommandations de l’Anses, qui préconise que leur la concentration en cadmium de ces fertilisants soit inférieure à 20 mg/kg. «Avec ce taux-là, on ne permet pas de réduire la contamination», affirme Jean-Loup Mouysset, cancérologue et membre de Santé Environnement France, une association de professionnels médicaux qui alerte sur les méfaits de ce métal au média France Info. «On sait déjà depuis plus de trente ans que le cadmium est (…) toxique au niveau osseux, au niveau des reins, au niveau du foie. Il a un effet cancérigène sur tous les organes, notamment le pancréas. Enfin, c’est un perturbateur endocrinien, ce qui favorise les cancers comme celui de la prostate et du sein», ajoute l’oncologue. Après la cigarette, le second facteur de contamination au cadmium se trouve dans l’alimentation, explique le spécialiste de la pollution des sols à l’Inrae, Thibault Sterckeman. Problème: abaisser les taux peut exclure certaines sources d'approvisionnement. En 2018, l’Unifa (industries de la fertilisation) pointait le risque pour l’UE d’une dépendance à l’égard des engrais phosphatés de Russie, en cas de teneur limite en cadmium sous les 60 mg/kg de P2O5. En deçà de ce seuil, «un problème de dépendance» se pose vis-à-vis des approvisionnements russes, qui seuls descendent à 20 mg, expliquait le vice-président de l'Unifa Henri Boyer.
Céréales : à Dunkerque, Nord Céréales devient le «deuxième silo portuaire de France»
Dans un communiqué de presse du 1er décembre, le négociant Nord Céréales a annoncé un chiffre d'affaires de 14,9 M€ pour la campagne 2022-2023, en progression de 35%. «Nous avons réussi à exporter 2,2 millions de tonnes, malgré le contexte déstabilisant du conflit Russie-Ukraine pendant cette campagne», a déclaré Laurent Bué, président de Nord Céréales à l’occasion de l’assemblée générale du groupe implanté à Dunkerque. M. Bué précise notamment que le groupe a «stabilisé ses marchés de grand export», tels que la Chine, l’Égypte et le Maroc, propulsant ce dernier au rang de «deuxième silo portuaire de France», au regard de la moyenne des quatre dernières années. Par ailleurs, Nord Céréales a attiré de nouveaux marchés, comme le Pakistan, en montant en gamme. Malgré les 550 000t exportées fin novembre, le négociant en céréales reste prudent pour la prochaine campagne. En cause, des sorties au deuxième semestre 2023 «en recul», et «une concurrence forte avec les pays de l’est». «Gardons comme prochain objectif 2 millions de tonnes de céréales exportées pour l’exercice en cours», projette toutefois Joel Ratel, directeur de Nord Céréales. Et d’ajouter qu’en 2024-2025, le groupe souhaite «augmenter son volume d’exportation tout en développant de nouveaux débouchés, grâce à un nouveau silo 9». Prévu pour octobre 2024, ce dernier se compose de 8 cellules de 30 000 t au total, soit une capacité de stockage de 330 000 tonnes.
Réserve agricole : feu vert des États membres au soutien à la Grèce et la Slovénie
Les experts des États membres ont approuvé, lors de la réunion du comité sur l’organisation commune des marchés de l’UE du 30 novembre, le déblocage de fonds provenant de la réserve agricole pour la Grèce et la Slovénie en 2024. Le règlement d’exécution devrait être adopté mi-décembre par la Commission européenne et entrer en vigueur le lendemain de sa publication au Journal officiel de l’UE. Ce soutien, d’un montant de 51,7 millions d’euros (sur un total de 450 M€), sera accordé en faveur des agriculteurs grecs et slovènes touchés par des catastrophes naturelles (tempêtes, inondations, incendies). Quelque 43,1 M€ seront alloués à la Grèce et 8,6 M€ à la Slovénie. Les deux pays peuvent compléter ce soutien de l’UE jusqu’à 200 % avec des fonds nationaux et les paiements devront être effectués d’ici le 31 mai 2024.
Agroalimentaire: les PME et ETI demandent plus d’aides pour la décarbonation (Adepale)
L’Adepale (industrie agroalimentaire) demande plus d’aides de l’État pour soutenir les investissements des PME et ETI alimentaires, et notamment la création d’un fonds spécifique pour la décarbonation de leurs activités industrielles. L’association chiffre les besoins des 3 000 PME et ETI de l’agroalimentaire entre 10 et 15 milliards d’euros d’ici 2050 pour atteindre les objectifs de la Stratégie nationale bas carbone (SNBC). L’appui des pouvoirs publics «pourrait prendre la forme d’un fonds de soutien de 200 millions d’euros sur les trois prochaines années», suggère l’Adepale. Outre la réduction des émissions de gaz à effet de serre, l’industrie doit financer la modernisation de ses outils. «Nos entreprises n’arrivent pas à créer suffisamment de valeur à réinvestir», plaide le président de l’Adepale, Jérôme Foucault. L’association appelle le gouvernement à concrétiser la création d’un fonds public-privé de 500 millions d’euros (annoncé dans nos colonnes), comme annoncé en mars, pour soutenir les transitions dans la filière. La directrice générale de l’Adepale Karima Kaci indique également que «le gouvernement propose de travailler sur une vision de l’agroalimentaire en 2040 centrée notamment sur les PME et ETI». Contactés, les services des ministères de l’Économie et de l’Agriculture n’ont pas donné suite à nos sollicitations sur ce point.
Distribution: plusieurs offres de eprise des super et hypermarchés Casino, dont Auchan et Intermarché
Serge Papin, administrateur d'Auchan Retail International, a confirmé, le 30 novembre, l'existence d'une offre conjointe avec Les Mousquetaires/Intermarché pour racheter l'intégralité des hypermarchés et des supermarchés pas encore cédés par le distributeur en grande difficulté financière Casino, lors d’une interview sur le plateau de BFM Business. Il n'a pas donné d'information sur le prix de l'offre, ni le nombre total de magasins, ni la répartition entre les deux repreneurs. Casino a confirmé, le même jour, avoir «reçu à date des offres préliminaires indicatives de la part de plusieurs acquéreurs» pour le rachat de «périmètres différents» d'hypermarchés et de supermarchés. «Je crois que tout le monde a fait des propositions, Carrefour a dû en faire, Leclerc a dû en faire aussi», estime Serge Papin (également ex-président-directeur général de Système U). L'offre conjointe de son groupe Auchan et du groupement Les Mousquetaires/Intermarché qui concerne «l'ensemble [des magasins]», un critère «rassurant» d'un point de vue social, selon lui. «Les emplois sont gardés dans le projet» d'Auchan et d'Intermarché, affirme-t-il. Intermarché s'est déjà accordé avec Casino il y a quelques mois pour le rachat de 119 magasins, plus une soixantaine en option. Une soixantaine a changé d'enseigne début octobre.
Distribution: Serge Papin futur président non exécutif d'Auchan France (sources proches)
L'ancien patron de Système U Serge Papin doit devenir «courant 2024» président non exécutif de l'enseigne de distribution nordiste Auchan France, ont indiqué deux sources proches du dossier vendredi à l'AFP, confirmant une information du média spécialisé LSA. Interrogée par l'AFP, la direction d'Auchan n'a pas souhaité faire de commentaire. Mais deux sources proches du dossier ont confirmé que Serge Papin, qui avait dirigé Système U de 2005 à 2018 et est administrateur de Auchan Retail International depuis décembre 2022, doit prendre la présidence du conseil d'administration d'Auchan France. Interrogé jeudi soir par BFM Business sur cette éventualité, à la veille d'une assemblée générale des actionnaires de la famille Mulliez à qui appartient Auchan, Serge Papin avait répondu qu'il s'agissait d'une «possibilité». Le Vendéen de 68 ans avait expliqué en janvier à l'AFP entretenir «depuis un petit moment» de bonnes relations avec la famille Mulliez, notamment avec Barthelemy Guislain, le président de l'Association familiale Mulliez (AFM). Egalement actif dans le conseil aux entreprises, Serge Papin avait rendu en 2020 un rapport sur les relations toujours tendues entre la grande distribution et ses fournisseurs agro-industriels.