Agrafil du 30 juin 2025

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Budget de l’UE : le plan en deux étapes confirmé, incertitude autour de la Pac

Le prochain cadre financier pluriannuel de l’UE (CFP) sera bel et bien présenté en deux temps « pour garantir un processus décisionnel harmonieux et collégial et assurer une visibilité suffisante à chaque programme ». Dans une note adressée à ses directeurs généraux et chefs de service pour consultation entre les services en date du 19 juin vue par Agra, la Commission européenne prévoit donc de présenter certains éléments du prochain budget de l’UE le 16 juillet et d’autres, le 17 septembre. Toutefois, le dernier agenda prévisionnel des points prévus à l’ordre du jour des prochaines réunions de la Commission européenne mentionne plutôt le 3 septembre comme date envisagée du second paquet. Concernant la Pac, une présentation en deux temps est également dans les tuyaux, comme l’a rappelé le commissaire européen à l’Agriculture lors de la réunion des ministres le 23 juin. Les grandes lignes pourraient alors être présentées le 16 juillet, en même temps que la communication politique et les propositions législatives liées au CFP 2028-2034, tandis que les détails devraient être fournis dans un second temps, très probablement en septembre. Néanmoins, la note interne de la Commission européenne n’en fait pas état et ne mentionne d’ailleurs aucunement la Pac.

NGT : le dernier trilogue annulé, les négociations repoussées au second semestre

Sans surprise, la réunion de pourparlers en trilogue entre les institutions européennes sur le règlement libéralisant l’utilisation des nouvelles techniques de sélection génomique (NGT) prévue le 30 juin a été annulée à la demande du Parlement européen. Le dossier va donc revenir à la présidence danoise du Conseil de l’UE, qui prendra ses fonctions le 1er juillet et a fait de ce sujet une priorité. Les négociateurs n’avaient de toute façon aucun espoir d’aboutir à un accord sur ce dossier, les discussions étant au point mort au niveau technique depuis quelques semaines. Parmi les principaux points de blocage figure la question des brevets : les États membres veulent autoriser leur octroi à ces plantes, y compris celles de catégorie 1 (NGT 1), considérées comme équivalentes à des variétés issues de la sélection conventionnelle, alors que les eurodéputés le refusent. Et le Parlement s’est prononcé pour un étiquetage des NGT tout au long de la chaîne d’approvisionnement, une mesure à laquelle une majorité d’États membres sont opposés. L’eurodéputé social-démocrate Christophe Clergeau (responsable du dossier pour son groupe politique) « déplore une absence totale d’esprit de compromis sur ce texte », accusant « le Conseil et la Commission de camper sur leur position et d’ignorer la position du Parlement ».

Pac: plusieurs démissions en Grèce après des révélations d’une fraude aux aides à l’hectare

Le ministre grec des Migrations, Mavroudis Voridis, ancien ministre de l'Agriculture (2019-2021), a démissionné de son poste, le 27 juin à la suite des révélations d’une fraude présumée aux subventions de la Pac, tout en clamant son innocence. Cette démission est accompagnée de celles de Tasos Chatzivasileiou (vice-ministre des Affaires étrangères), de Dionysos Stamenitis (vice-ministre du Développement rural), de Christos Boukoros (vice-ministre de la Gouvernance numérique) et de Giorgos Stratakos (secrétaire général du ministère du Développement rural et de l'Alimentation). Le Parquet européen a récemment ouvert une enquête concernant des allégations d'utilisation abusive des fonds agricoles de l'UE. Selon celui-ci, « un nombre important de personnes » avaient obtenu des aides agricoles entre 2019 et 2022 pour des pâturages principalement en revendiquant à tort des terres publiques. Au cours des années suivantes, jusqu’en 2024, les mêmes individus ont continué à soumettre de fausses déclarations leur permettant ainsi d’activer et maintenir leurs droits au paiement.

PPL Entraves: ultimes discussions pour arracher un accord, Dive et Duplomb optimistes

A la veille de la réunion de la commission mixte paritaire (CMP) sur la proposition de loi (PPL) Entraves, le rapporteur de la commission des affaires économiques à l'Assemblée, Julien Dive (Les Républicains) se montrait optimiste. «On arrive à un accord», explique le député à Agra ce 29 juin au soir. «Nous ne sommes pas très loin d'un accord sur tous les articles», confirme l'auteur de la PPL, le sénateur LR Laurent Duplomb, sans toutefois en préciser les termes. L'autre auteur du texte, le sénateur UDI Franck Menonville décrit l'état des discussions comme «positif, et nous avons majoritairement une envie d'être utile et au niveau des attente de nos agriculteurs», explique-t-il à Agra. Il y a encore quelques jours, plusieurs articles faisaient encore l'objet de dissensus entre Julien Dive et Laurent Duplomb: acétamipride, séparation de la vente et du conseil, notamment. Ce dimanche soir, les derniers points de discussions ne concernaient plus M. Duplomb, assure Julien Dive. Mais les discussions semblent évoluer rapidement. La réunion de la CMP débutera à 14h30. Elle sera accompagnée, à l'extérieur du Sénat, par une manifestation initiée par le collectif Nourrir (Conf, Fnab, et ONG), opposé au texte. Un «banquet paysan» sera organisé à partir de 11h30, place André Honnorat, près du palais du Luxembourg. 

PPL Entraves : en Maine-et-Loire, la Conf’ a bloqué l’usine de pesticides de Phyteurop

Le matin du 27 juin, 150 militants de plusieurs ONG, dont la Confédération paysanne du Maine-et-Loire et les Soulèvements de la Terre, ont bloqué et occupé le siège de Phyteurop, à Montreuil-Bellay, également site de production de phytos. « Nous avons obtenu l'arrêt de la production pour la journée, c'est donc une journée sans fabrication de pesticides », explique la Conf’ dans un communiqué. Aucun incident n’a été rapporté. Le blocage s’est achevé à 13h « dans le calme et la convivialité », selon le syndicat, qui ajoute que « les salariés de Phyteurop (…) ont pu repartir comme convenu chez eux ». Cette action s'inscrivait dans le cadre d’une série de mobilisations organisées par la Confédération paysanne contre la proposition de loi (PPL) Entraves, prévues jusqu’au 30 juin, date de la réunion de la commission mixte paritaire sur ce texte. Un banquet sera par exemple installé rue de Tournon à Paris ce même jour. La veille (dimanche 29 juin), des prises de parole de Fanny Métrat et Stéphane Galais, porte-paroles nationaux du syndicat, devaient être organisées aux Invalides. Déposée par les sénateurs Duplomb et Menonville, la PPL prévoit notamment la réautorisation sous dérogation de l’acétamipride (insecticide), ainsi que des mesures sur le stockage de l’eau et sur les ICPE d’élevage.

OFB : les syndicats de l’OFB présentent leurs griefs et demandes à Genevard

L’intersyndicale de l’Office français de la biodiversité (OFB) annonce avoir été reçue par la ministre de l’Agriculture Annie Genevard, le 26 juin, dans un email envoyé à la presse. Dans leur déclaration lue à la ministre, les syndicats de l’OFB « condamn[ent] fermement [l’] absence de soutien » d’Annie Genevard aux agents de l’OFB dans la période de crise, alors que la Rue de Varenne partage la tutelle de l’OFB avec le ministère de la Transition écologique. Ils souhaitent qu’elle « condamne fermement toutes les manifestations violentes et dégradations envers l’OFB ». Ils lui demandent d’organiser, avec le ministère de la Transition écologique, « une réunion (…) avec les syndicats FNSEA, JA et CR, exigeant l’arrêt immédiat des agressions », et d’associer la Conf’ à cette réunion en tant que « seul syndicat à adopter une attitude responsable ». De plus, l’intersyndicale demande que « les représentants du monde agricole au conseil de l’administration de l’OFB condamnent formellement les exactions commises par leurs branches départementales, ou remettent leur démission ». Enfin, elle appelle les chambres d’agriculture à « s’engager à former et conseiller les agriculteurs sur les réglementation environnementales » avec « des moyens dédiés et des objectifs partagés ». 

Céréales : des opérateurs chinois se remettent à importer du soja argentin (presse)

D'après un article publié le 26 juin par nos confrères de Reuters, des opérateurs chinois ont conclu un accord pour l'importation de tourteaux de soja argentin pour la première fois depuis 2019. Pour rappel, la Chine avait ouvert son marché aux marchandises argentines cette année-là, après une longue période d'interdiction pour protéger son industrie locale de trituration. Plus en détail, quatre sources anonymes interrogées par l'agence de presse indiquent que des fabricants d'aliments pour animaux chinois ont procédé à un achat groupé de 30 000 t de tourteaux argentins, dont le chargement est prévu pour juillet, et la livraison en septembre, dans la province du Guangdong (sud). L'affaire se serait conclue à un prix de 360 $/t coût et fret inclus. « Il s'agit d'un test. (...) Si la cargaison passe avec succès les inspections et la quarantaine chinoises, nous prévoyons d’autres transactions », témoigne un opérateur basé à Singapour au sein d’une société internationale de commerce de soja avec la Chine, questionné par Reuters. L’empire du Milieu tente de diversifier au maximum ses sources d’approvisionnement, afin de réduire sa dépendance aux États-Unis, compte tenu du conflit commercial qui les oppose.

Céréales/meunerie : Auchan et le GIE CRC mettent fin à leur partenariat (presse)

Selon un article publié le 27 juin par nos confrères de La Dépêche-Le petit meunier (article payant), le groupe Auchan et le GIE CRC (culture raisonnée contrôlée) ont indiqué qu’ils mettaient fin à leur partenariat initié en 2018. Le distributeur utilisait de la farine émanant de la filière CRC dans ses ateliers de boulangerie-viennoiserie, à hauteur de 15 000 t par an environ, soit 70 % de ses utilisations, et 3 % des volumes totaux de la filière. Contacté par nos confrères, Erwan Loaec, chef de groupe offre-achat-métier en boulangerie-pâtisserie d'Auchan Retail, a confirmé l’information, tout en indiquant ne pas souhaiter « s’étendre sur ce désengagement », qui est « motivé par des raisons stratégiques ». Le directeur général de la filière CRC Marc Bonnet a lui aussi corroboré l’information auprès du média, sans plus de détail. Après une progression de 18 % entre 2022 et 2023, les volumes produits de farine selon le cahier des charges CRC se sont effondrés de 36,5 % entre 2023 et 2024, pour tomber à 320 000 t, un plus bas depuis 2020, rapporte l'Association nationale de la meunerie française (ANMF) dans sa dernière fiche statistique. La raison principale est la mauvaise récolte de blé CRC 2024, qui a fait suite à un bon cru en 2020, a expliqué Marc Bonnet à nos confrères.

Veaux de boucherie : « effondrement » de la production aux Pays-Bas, leader européen

« Faute de mises en place suffisantes » à l’automne dernier, « les abattages de veaux étaient en forte chute aux Pays-Bas en début d’année », rapporte l’Idele dans son bulletin Tendances du 23 juin. Au premier trimestre, la production du n°1 européen s’est effondrée de 19 % en têtes (à 293 000 veaux) et de 22 % en tonnages (à 43 000 téc). Outre la décapitalisation qui affecte toute l’UE, la Hollande a été particulièrement touchée par l’épidémie de FCO-3. Sans oublier les effets du plan gouvernemental de réduction de la production (rachat d’élevages), « avec environ 200 dossiers engagés pour le veau ». L’institut technique constate une situation « similaire chez les principaux producteurs » en UE, avec des baisses toutefois moins prononcées (-6 % en Italie, -7 % en Belgique, en têtes). En France, n°2 européen, les abattages des cinq premiers mois ont perdu 8 % en têtes et 7 % en téc en un an. Particularité française : alors que les cotations augmentent ou stagnent chez nos voisins, les cours hexagonaux « poursuivaient leur baisse saisonnière », probablement en raison de la relative résistance de la production et de la baisse de la consommation. Toutefois, « le veau français restait le mieux valorisé », note l’Idele (+73 ct€/kg de carcasse par rapport aux Pays-Bas).

Bovins : deuxième cas de dermatose nodulaire contagieuse en Italie, dans le nord

Moins d’une semaine après l’émergence de la maladie en Sardaigne, un second foyer de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) a été confirmé dans un élevage bovin du nord de l’Italie le 25 juin, annonce la plateforme française Épidémiosurveillance en santé animale (ESA). D'après une note, l’élevage concerné est situé à Porto Mantovano (Lombardie), à 120 km à l’est de Milan et à moins de 250 km de la frontière avec la France. Le bovin infecté provenait de l’élevage précédemment contaminé en Sardaigne, situé à plus de 500 km de là. La Sardaigne compte aussi un deuxième foyer confirmé, dans la commune d’Orotelli, « à proximité du premier foyer », indique la plateforme ESA. Et les experts d’ajouter que « deux autres suspicions cliniques sur les communes d’Osidda et de Bitti sont en cours d’investigation », citant la presse locale. Le 21 juin, un premier foyer avait été confirmé dans un élevage de 131 bovins ; il s’agissait de la première apparition de cette maladie en Europe depuis octobre 2017, date de son éradication après une épizootie d’ampleur dans les Balkans (7 800 foyers). Non transmissible à l’homme, la DNC est provoquée par un virus du genre Capripoxvirus, proche de ceux des varioles ovine (clavelée) et caprine, véhiculé par des mouches hématophages (stomoxes).

Porc/PPA : les nouveaux cas allemands génétiquement proches de ceux du sud de l’Italie

Selon une information de l’institut allemand Friedrich-Loeffler (FLI) publiée sur le réseau spécialisé porcin 3trois3.com, le foyer de peste porcine africaine (PPA), observé sur les sangliers en Rhénanie-du-Nord-Westphalie à la mi-juin, relève d'une nouvelle souche, génétiquement proche des virus sévissant dans le sud de l’Italie, en Calabre (pointe de la Botte), alors qu’elle diffère de manière significative des variantes déjà identifiées en Allemagne. « La comparaison internationale avec des données génomiques publiées révèle un haut degré de similarité avec les virus de la PPA détectés dans la région italienne de Calabre. Ces variantes italiennes présentent des mutations spécifiques également retrouvées dans la nouvelle variante de Rhénanie-du-Nord-Westphalie », peut-on lire. La PPA a fait un saut de 113 km vers le nord en Allemagne avec ces nouveaux cas en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, alors qu’elle se densifie dans la faune sauvage dans le sud du Land de Hesse, selon la plateforme épidémiologique ESA. Elle est réapparue chez les sangliers en Calabre le 28 avril, selon l’Adis (Commission européenne). Elle y était apparue au printemps 2023. La région ne connaît pas de cas domestiques. 

Génétique animale : Gènes Diffusion mise sur la diversification face à la décapitalisation

Le groupe de génétique animale Gènes Diffusion (coopérative et filiales regroupées dans Gènes Diffusion Immobilière et Financière) a dévoilé ses comptes consolidés pour 2024, présentant un chiffre d’affaires de 103 M€ (contre 99 M€ en 2023) et un résultat net exceptionnel de 2,8 M€ (contre 208 000 € en 2023), s’expliquant par la fusion avec Apis Diffusion. Le groupe coopératif, leader en France en génétique porcine (avec les deux tiers du marché), et n°2 en génétique bovine (1,4 million d’inséminations), est confronté « à la décapitalisation continue du cheptel bovin et porcin en France », explique son directeur général Claude Grenier. L’activité porcine a été en « nette progression sur un marché en national en recul », souligne-t-il, avec trois millions de doses vendues (+3,4 %). Tandis que la branche équine, encore modeste, a réalisé une activité « excellente », avec 1 459 juments inséminées (+1,6% en un an). Quant à la branche petits ruminants, elle affiche un chiffre d’affaires en hausse de 4 %. Dans ce contexte, Claude Grenier compte sur « le troisième pilier de l’activité, les biotechnologies, pour diversifier l’offre en proposant notamment des prestations de service en analyses et tests ».

Méthane entérique : 26 scientifiques dénoncent son calcul en Nouvelle-Zélande et Irlande

26 scientifiques alertent sur le mésusage du PRG*, le 1er juin, et accusent les gouvernements néo-zélandais et irlandais de vouloir utiliser une « astuce comptable » pour soutenir leurs industries ovine et bovine, menaçant la lutte contre le changement climatique. C’est ce qui ressort de leur lettre au Premier ministre néo-zélandais et d’interviews au Financial Times (payant). Pour rappel, cet indicateur controversé, soutenu par le Planet-score, est « sans mémoire », selon une note de La Fabrique écologique (2024), « son niveau l’année t dépend uniquement de l’écart entre t et t-1 ». Il profite aux pays riches et cheptels importants, pénalisant entre autres « les fermiers pauvres en Afrique qui tentent de nourrir une population en croissance », a déclaré au FT Drew Shindell, cosignataire. Son confrère Paul Behrens ne mâche pas ses mots : « C’est comme dire, je déverse 100 barils polluants dans cette rivière, cela détruit la vie. Si je n'en déverse que 90, je devrais être crédité pour cela. ». La lettre critique la notion de « pas de réchauffement supplémentaire » utilisée par la Nouvelle-Zélande, dans un document officiel en préparation. « Cette décision pourrait mettre en péril [ses] engagements dans le cadre de l'Accord de Paris » et créer un précédent pour les autres pays. 

Insectes : le dégoût reste le principal obstacle à la consommation (étude)

En ce qui concerne les insectes, « le principal obstacle au développement des marchés dans les pays occidentaux reste le rejet psychologique subi par les consommateurs, principalement en raison du sentiment de dégoût », peut-on lire dans une étude parue le 23 juin dans la revue Nature intitulée "Au-delà du buzz : il est peu probable que les aliments à base d'insectes réduisent sensiblement la consommation de viande". Cosignée entre autres par Corentin Biteau et Tom Bry-Chevalier, respectivement président et conseiller de l’Observatoire national de l’élevage d’insectes (Onei), l’étude met en lumière d’autres obstacles à l’entomophagie en Europe et en Amérique du Nord : l’association entre insectes et déchets dont ils se nourrissent, le risque perçu d’allergie et l’appréhension envers des aliments inconnus. Selon les auteurs, même transformés en poudre ou intégrés à des produits familiers, ces aliments séduisent peu. Abordant la question des solutions pour dépasser cet obstacle, l’étude souligne que l'éducation des consommateurs visant à accroître l'acceptation nécessiterait de grandes quantités de ressources, tandis que les solutions de remplacement à base de plantes sont mieux acceptées par les consommateurs.

Alimentation animale : très légère baisse de la production en Bretagne, selon Nutrinoë

L’organisation professionnelle Nutrinoë a relevé une très succincte baisse de la production des fabricants d'aliments pour animaux bretons entre 2023 et 2024, lors de son assemblée générale qui se tenait à Le Rheu (Ille-et-Vilaine) le 26 juin. Dans le détail, elle s’effrite de 0,69 %, à 6,78 Mt. Sur les cinq premiers mois de 2025, la tendance est semblable : la production régresse très légèrement, de 0,58 % sur un an, à 2,82 Mt. « Le quasi-retour à la stabilité des tonnages produits tient à un ralentissement des pertes de tonnages sur les aliments porc et poulet et à une bonne dynamique sur les aliments bovin et volaille ponte. En revanche, les tonnages d'aliments dinde et canards continuent de se dégrader annuellement », commente Nutrinoë. La baisse est toutefois un peu plus marquée entre mai 2024 et mai 2025, de 4,61 %, pour tomber à 552 902 t. L’organisation s’abstient de toute conclusion hâtive quant aux raisons de ce recul : « Avec un même nombre de jours ouvrés qu'en 2024, il convient de suivre l'activité des prochains mois pour faire la part des choses entre les perturbations (anticipation/report de commandes...) liées aux jours fériés du mois de mai et la dynamique/tendance à l'œuvre pour l'année en cours ».

Légumes : la truffe et les légumes de 4e gamme rejoignent Légumes de France

Légumes de France (producteurs, FNSEA) annonce les adhésions de la Fédération française des trufficulteurs (FFT) et de l’AOPn (association d'organisations des producteurs) de légumes frais destinés à l’industrie de la 4e gamme (Asso Leg 4G), dans son bulletin Direct Légumes le 26 juin. « L’adhésion à Légumes de France permettra à la FFT de renforcer ses réseaux, d’accéder à des ressources et des informations stratégiques, ainsi que de participer à la représentation collective des intérêts de la filière. Nous sommes particulièrement intéressés à travailler avec Légumes de France au sein d’Interfel (interprofession, NDLR) pour l’obtention du logo Truffe de France », a expliqué Alain Ambialet, président des trufficulteurs. La FFT regroupe 5 000 producteurs pour un volume de 75 tonnes par (dont 60 t de truffes noires d’hiver). De son côté, Asso Leg 4G est composée de 11 adhérents qui produisent 82 000 t de légumes par an, dont 70 000 t de salades. « Nous avons décidé d’adhérer à Légumes de France notamment dans le but de coopérer au travail réalisé pour le maintien ou le développement des boucliers phytosanitaires pour nos productions », souligne son président Loïc Letierce, maraîcher en région nantaise et dirigeant de la société Vendea.

Concombres : récolte 2025 attendue en hausse, malgré le recul des surfaces (Agreste)

Selon une note d'Agreste (service statistique du ministère de l’Agriculture), au 1er juin, la production française de concombres est estimée à 183 100 t pour la campagne 2025 (+7 % sur un an). Un niveau supérieur aux quatre campagnes précédentes (+3 %). Cette augmentation notable des volumes est à mettre au crédit de rendements sous serres en hausse (avec un bon état sanitaire des plantations). « La hausse de la production sous serres serait particulièrement marquée dans les Pays de la Loire (+16 % sur un an) et, dans une moindre mesure, dans le bassin Sud-Est (+4 %) », souligne Agreste. Et ce alors que les surfaces seraient en baisse de 2 % sur un an, à 1 028 ha. La baisse concernerait uniquement les surfaces sous serres. Le début de campagne a vu des cours élevés, le marché européen étant plutôt sous-approvisionné. Par la suite, en avril et mai, l’arrivée des volumes espagnols et hollandais, conjuguée à une offre hexagonale plus étoffée et une demande manquant de vigueur, a entraîné un repli progressif des cours en-dessous de ceux de l’année précédente, mais néanmoins supérieurs à la moyenne quinquennale.

Courgettes : une production attendue en baisse en raison de la météo (Agreste)

Au 1er juin, la production française de courgettes est annoncée en baisse de 9 % par rapport à l’année dernière, à 129 800 t, selon les services du ministère de l’Agriculture (Agreste). Elle serait en recul de 21 % par rapport à la moyenne 2020-2024. Les conditions météorologiques (pluie, froid, manque de luminosité) n’ont pas été favorables en ce début de campagne dans les régions Languedoc-Roussillon et Provence-Alpes-Côte d’Azur. Cela laisse présager des rendements inférieurs aux campagnes précédentes. Cette forte baisse s’inscrit néanmoins dans un contexte d’augmentation des surfaces : selon Agreste, elles seraient en augmentation sur un an, à 4 267 ha (+2 % par rapport à 2020-2024). Une hausse concentrée sur la région Languedoc-Roussillon. La météo plutôt mitigée n’a pas eu des impacts que sur la production. Elle a aussi pénalisé la consommation sur le début de campagne en mai, alourdissant le marché. Les prix ont donc été nettement inférieurs à 2024 (-31 %). Le commerce extérieur n’a pas amélioré la situation : entre janvier et avril, « les exportations (10 500 t), incluant des volumes significatifs de réexportation, sont en baisse de 7 % et les importations (74 700 t) en hausse de 6 % sur un an.

Allemagne : un Smic à 14,60 €/h en 2026, le syndicalisme agricole très critique

À partir de l'année prochaine, le salaire minimum en Allemagne augmentera en deux étapes pour atteindre un maximum de 14,60 €/h (contre 12,82 € actuellement, 8,5 € à sa création en 2015), rapporte la presse allemande le 27 juin. Lors des négociations de coalition, la CDU/CSU et le SPD s’étaient mis d'accord sur un compromis selon lequel un salaire minimum à 15 € était « réalisable ». Joachim Rukwied, président de la DBV (principal syndicat agricole), a vivement critiqué l’annonce, selon le site Land und Forst : « Cette augmentation massive du salaire minimum obligera les entreprises agricoles à abandonner les cultures à forte intensité de main-d'œuvre ». Les agriculteurs ne pourront pas résister à la pression concurrentielle au sein de l'UE, ce qui entraînera de nouvelles délocalisations de la production à l'étranger, a-t-il expliqué, réitérant sa demande d’exemption pour les travailleurs agricoles saisonniers. La DBV demande en effet que ceux-ci ne perçoivent 89 % du salaire minimum. Cette exemption se justifie par le coût de la vie moins élevé dans leur pays d'origine et serait gérable pour les entreprises, a déclaré la DBV. Récemment, le ministre de l’Agriculture allemand Alois Rainer avait indiqué travailler sur le sujet.

Egalim 4 : le projet de loi s’annonce difficile à concrétiser (ministre)

« Il y a lieu de corriger Egalim, mais il faut y travailler précautionneusement », a indiqué la ministre de l’Agriculture Annie Génevard à l’occasion de la convention de l’Ania (industries agroalimentaires), qui s’est tenue le 26 juin, laissant entendre que le projet, repoussé à l’après-2025, n’est pas encore enterré. Sa collègue des PME et de l’Artisanat Véronique Louwagie, également présente, a balayé les thèmes d’actualité. Sur les centrales d’achat européennes, les contrôles se poursuivent et la ministre de Bercy place beaucoup d’espoir dans le recours en cassation d’une centrale d’achat condamnée en appel : « Si la cassation reconnaît que le droit français s’applique, ce sera formidable ». Sur Egalim, reconnaissant des effets positifs, Véronique Louwagie estime qu’il faut des « améliorations » : apaiser le niveau de tension à l’occasion des négociations commerciales ; introduire des règles spécifiques pour les PME ; réfléchir à la durée des négociations ; et faciliter la révision des prix pour les denrées agricoles. Mais elle s’interroge sur la faisabilité d’un nouveau projet de loi compte tenu de la composition de l’Assemblée nationale et après l’expérience vécue lors du la proposition de loi sur le seuil de revente à perte +10 points (SRP+10), adoptée au printemps par un accord en commission mixte paritaire après plusieurs rebondissements.

Restauration collective : la région Aura contrainte d’imposer le repas végétarien aux lycées

Le tribunal administratif de Lyon, dans son jugement du 24 juin 2025, « enjoint à la région Auvergne-Rhône-Alpes de prendre les mesures propres à assurer la mise en œuvre de l’obligation de proposer au moins un repas végétarien hebdomadaire dans les établissements scolaires dont elle a la charge dans un délai d’un mois  », rapporte le journal Le Progrès le même jour. L’Association justice animaux en Savoie (AJAS), qui avait porté plainte contre la région en 2023 pour ne pas avoir complètement respecté cette obligation nationale, reprend les termes du jugement dans son communiqué, selon lesquels « ni la charte de la restauration scolaire de la région, ni la convention-cadre type entre la région et les établissements publics locaux d’enseignement ne font état d’une telle obligation ». Selon l’AJAS, le président de région aurait pu adresser des circulaires aux lycées dont il a la tutelle, faire adopter un règlement régional de mise en œuvre des repas végétariens dans la restauration collective, ou encore insérer l’objectif de promotion des repas végétariens dans le cahier des charge du label « La Région dans mon assiette ».

Vrac : test de trémies de produits Bel, Danone, Michaud et Lesieur dans trois grandes surfaces

Dans leur communiqué du 26 juin, les grandes marques de la coalition Défi Vrac, Bel, Danone, Famille Michaud Apiculteurs et Lesieur (Avril), annoncent que leurs produits « semi-liquides », frais ou sous température ambiante, sont distribués en vrac dans trois grandes surfaces de France : Monoprix Porte de Châtillon (Île-de-France), l’Hypermarché Intermarché de Dole (Jura), et E.Leclerc de Granville (Normandie). Ce test de consommation en situation réelle sera mené jusqu’à la fin de l’année 2025. En pratique, le consommateur se sert dans trois formats possibles de pot en verre consigné, dans lesquels il pèse son produit. « Une machine a été conçue pour s’adapter à toutes les catégories de produits crémeux et semi-liquides comme les fromages à tartiner, les desserts de fruits, mayonnaise, miel, sirop d’agave, yaourt », dit le communiqué. Un protocole HACCP rigoureux a été mis en œuvre, conjointement avec les points de vente. Cette expérimentation a été cofinancée à 70 % par Citeo dans le cadre de son appel à projets « Encore plus de réemploi ». Elle est l’aboutissement de trois ans de travail, exprime la responsable RSE de Bel sur le réseau social professionnel Linked’In.

Ministère de l'Agriculture: Philippe Helleisen intègre le CGAAER

Dans un décret du 27 juin, la ministre de l'Agriculture a nommé l'ancien directeur général de l'AGPB (producteurs de blé, FNSEA) Philippe Helleisein comme inspecteur général au CGAAER. Depuis son départ de l'AGPB courant 2024, il était administrateur de l'Etat dans l'Equipe France Simplification (Matignon). Auparavant, il avait été directeur général de l'agence des Espaces verts de la région Ile-de-France, et directeur économique et financier de l'ONF (forêts). Il aussi été conseiller budget, fiscalité, régimes sociaux de Bruno Le Maire lorsque celui-ci était ministre de l'Agriculture.

Efsa : Nikolaus Kriz nouveau directeur exécutif, après un recrutement compliqué

À la recherche d'un remplaçant à Bernard Url depuis plus d'un an, le conseil d'administration de l'Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) a nommé, le 25 juin, Nikolaus Kriz au poste de directeur exécutif, pour un mandat de cinq ans, à compter de septembre 2025. Nikolaus Kriz, chirurgien vétérinaire de formation, a rejoint l’Efsa en 2017 et est actuellement chef du département des services d’évaluation des risques. Il sera auditionné, le 14 juillet, par la commission de l’Environnement du Parlement européen. Après une première tentative infructueuse, la Commission européenne avait lancé, en septembre dernier, un nouvel appel à candidatures pour trouver le nouveau directeur de l'Efsa ; il avait été décidé de prolonger le mandat de Bernhard Url, qui expirait normalement le 1er juin 2024.

Erratum sur Limagrain et le fonds ADQ

Contrairement à ce qui était écrit dans l'Agrafil daté du 26 juin, le fonds souverain ADQ, qui est en discussion pour rentrer au capital de Limagrain Vegetable Seeds, n'est pas issu du Qatar, mais d'Abu Dhabi (Émirats arabes unis).