UE/États-Unis : Bruxelles détaille sa proposition d’accès au marché pour l'agriculture
La Commission européenne a dévoilé, le 28 août, sa proposition visant à améliorer l’accès au marché européen pour certains produits américains, première étape de la mise en œuvre des engagements de la déclaration conjointe du 21 août. Au niveau agricole, cela se va matérialiser par l’ouverture de contingents tarifaires pour certains produits non sensibles. Dans sa proposition, la Commission européenne prévoit de mettre à zéro les droits pour plusieurs produits (grains et semences, certains fruits ou jus) qui représentent un intérêt pour les États-Unis et pour lesquels les droits européens sont déjà faibles. Pour d’autres segments, Bruxelles a défini un contingent tarifaire à droit nul (10 000 t pour les yaourts, 10 000 t pour le fromage, 500 t pour les noix, 400 000 t pour les oléagineux ou encore 40 000 t pour les préparations animales). Par ailleurs, l’exécutif européen se laisse une possibilité de suspendre ces avantages si jamais les États-Unis n’appliquent pas les éléments de la déclaration conjointe ou si les contingents tarifaires risquent d’engendrer un afflux de marchandises trop important pouvant causer un dommage au secteur de l’UE concerné. La proposition va à présent devoir être validée par le Conseil de l’UE et le Parlement européen dans le cadre de la procédure législative ordinaire avant que ces réductions tarifaires entrent en vigueur.
Céréales : des stocks de blé tendre au plus haut depuis 2004-2005, selon Argus Media
Le cabinet d'analyse Argus Media (ex-Agritel) a confirmé la lourdeur attendue des stocks français de fin de campagne 2025-2026 de blé tendre, à 4 Mt, un plus haut niveau depuis 2004-2005. En juillet, FranceAgriMer se montrait un peu plus optimiste, tablant sur un peu plus de 3,8 Mt environ. Les raisons sont multiples. La production hexagonale 2025 a bien rebondi, estimée à 33,4 Mt par l'analyste, en hausse de 30 % par rapport à 2024. Mais c’est surtout l'affaiblissement des débouchés à l'export vers les pays tiers qui justifie le pessimisme ambiant. L'Algérie, client historique, boycotte le blé français depuis 2024. « Nous ne nous attendons pas à de reprise des exports vers l'Algérie cette année », commente Alexandre Willekens, analyste au sein du cabinet. De son côté, la Chine réduit drastiquement ses achats, dans un contexte macroéconomique morose. Les disponibilités mondiales sont abondantes, pesant sur les prix, et laissent peu de place, pour l’instant, à une potentielle remontée des cours en 2025-2026, à moins d’un accident climatique, géopolitique, etc. La rentabilité de bon nombre d’agriculteurs dans le monde, et spécialement en France, s’en retrouve dégradée. Argus Media prévoit un coût de production moyen du blé hexagonal 2025 à 200 €/t (248 €/t en 2024, et 175 €/t en 2021).
Pommes de terre : vers une production au plus haut depuis plus de 10 ans, selon l'UNPT
Dans un communiqué du 28 août, l'UNPT (producteurs de pommes de terre, FNSEA) s'attend à un niveau de production 2025 de pommes de terre en France inédit depuis plus de dix ans, soit 8,5 Mt, en hausse de 900 000 t par rapport à l'an dernier. Si les rendements décrochent légèrement par rapport à 2024, de 5 % (à 43 t/ha en moyenne), la hausse des surfaces justifient la progression annuelle des volumes, rappelle le syndicat. Elles s'élèvent à 197 000 ha, en hausse de 25 % par rapport à 2023. Les récoltes n'étant pas totalement achevées, les prévisions sont susceptibles de s'affiner dans les semaines à venir. L'UNPT alerte depuis plus d'un an sur un risque de surproduction national. Les prix ont d'ailleurs décroché. Le syndicat parle même de prix flirtant avec des valeurs nulles du côté du marché libre : « Les prix des variétés hâtives chutent à des niveaux proches de zéro. Accepter ces conditions, c'est nourrir une spirale destructrice et travailler à perte », prévient l'organisation. Le marché contractuel offre davantage de sécurité, mais s'avère lui aussi chahuté. Des industriels français et belges ont récemment remis en cause unilatéralement des contrats passés avec les producteurs.
Bovins/DNC : lancement d’une campagne de vaccination obligatoire en Corse
Le Cnopsav (Conseil national d’orientation de la politique sanitaire animale et végétale) a approuvé à l’unanimité la vaccination des bovins en Corse contre la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), a annoncé le ministère de l’Agriculture le 28 août. La campagne de vaccination obligatoire des quelque 39 000 bovins de l’Île de beauté démarrera le 1er septembre. Cette mesure préventive – la Corse ne compte aucun foyer – était réclamée par les professionnels en raison de la proximité avec la Sardaigne, qui compte 53 foyers. C’est dans l’île italienne qu’a été détecté le premier cas européen fin juin, et la vaccination y est moins avancée que dans l’Hexagone : environ 40 %, contre 90 % dans la zone réglementée autour des foyers français, selon le ministère. En France, le dernier bilan au 26 août fait état de 77 foyers, dans 45 élevages de Savoie, Haute-Savoie et de l’Ain, avec un rythme très ralenti ces derniers jours. 1 700 bovins ont été euthanasiés (sur un total de 263 000 dans la zone réglementée), et les services de l’État ont indemnisé pour l’heure 42 propriétaires d’animaux pour un total de 2,4 M€. « Les résultats sont là et confirment que la stratégie de lutte validée le 16 juillet en Cnopsav est la bonne », estime Annie Genevard, alors que la Confédération paysanne continue à contester le principe de l’abattage total des lots d’animaux en cas d’infection.
Œufs : le CNPO s'inquiète d'importations d'Ukraine par les distributeurs
L'interprofession des œufs (CNPO) a dénoncé le 28 août l'importation par certains distributeurs de centaines de milliers d'œufs d'Ukraine ne « respectant pas les normes de production européennes et pouvant contenir » des antibiotiques interdits, et réclamé des contrôles de conformité « renforcés ». Depuis le printemps, plusieurs lots d'œufs provenant d'Ukraine avec un code 3 (élevage en cage) ont été repérés dans différentes grandes surfaces, notamment des enseignes Carrefour et E. Leclerc. Face à l'augmentation de la consommation d'œufs, protéine animale privilégiée en période d'inflation, des tensions dans les stocks ont émergé depuis le début de l'année et certains rayons se sont vidés, parfois sous l'effet d’achats de précaution. « Les ventes ont augmenté de 5 % en volume cette année (à fin juillet) par rapport à 2024, soit environ 350 millions d'œufs en plus par rapport aux sept milliards de l'année dernière. On a été capable de répondre et de fournir la grande distribution », explique à l'AFP Yves-Marie Beaudet, président du CNPO. Soulignant le « risque sanitaire important », le CNPO appelle les autorités à renforcer les contrôles, tout en demandant à la grande distribution – dont les représentants ont quitté l’interprofession en juillet – une « réunion d'urgence » pour « remédier à cette situation de concurrence déloyale ».
Viande : l’activité d'un abattoir corse suspendue après une plainte de L214
L'abattoir de Porto-Vecchio va devoir suspendre son activité, a annoncé la préfecture de Corse-du-Sud le 28 août, un mois après une plainte pour « sévices graves et mauvais traitements » de l'association L214 qui a entraîné l'ouverture d'une enquête. Les installations de cet abattoir multi-espèces, propriété de la Collectivité de Corse et géré par le Syndicat mixte de l'abattage en Corse (Smac), « ne permettent plus de garantir une production dans le respect total des exigences réglementaires », a admis la préfecture dans un communiqué. Cette suspension, qui intervient après une mise en demeure adressée le 5 août et plusieurs réunions entre les services de l'État, l’exploitant, les représentants du monde agricole et les collectivités, « entraîne l'arrêt immédiat de toute activité d'abattage sur le site ». « La levée de cette suspension sera notamment subordonnée à la réalisation de nouveaux investissements", ajoute-t-elle, rappelant que « depuis plusieurs années, les services de l'État accompagnent le Smac pour maintenir le réseau des abattoirs publics » en Corse. Fin juillet, L214 avait diffusé des vidéos filmées dans cet abattoir, dénonçant des « dysfonctionnements graves » dans l'abattage des vaches et des veaux et dans l'abattage rituel de vaches, veaux et moutons.
Fruits et légumes : en Espagne, poivrons et myrtilles portent les exportations andalouses
Les exportations de fruits et légumes d’Andalousie ont connu un record au premier semestre 2025, avec un chiffre d’affaires de 5,05 Md€ (+11,6 %), rapporte la revue AenVerde le 22 août. C’est le meilleur chiffre depuis le début des données comparables (1995). Les poivrons et les fraises portent cette bonne performance. Les premiers ont progressé de 20,8 % par rapport à janvier-juin 2024, avec 745 M€ (14,7 % du total) ; quant à la croissance des fraises, elle atteint 8,9 %, avec 657 M€. Mais la plus grande progression se trouve du côté des myrtilles et des canneberges : leur valeur à l’export est en hausse de 24,9 % (500 M€), la plus forte parmi les dix premiers produits exportés. La progression des tomates est moins affirmée, en hausse de 4,4 % (à 495 M€). Les framboises et les mûres, avec un total de 305 M€, enregistrent une légère baisse de 1,4 %. Les exportations sont en progression dans les principaux pays clients de l’Andalousie. Ainsi, la France, seconde destination, a acheté pour 712 M€ de fruits et légumes(+11,4 %). Les augmentations sont similaires pour le premier client, l’Allemagne avec 1,60 Md€ (+11,1 %) et le troisième, les Pays-Bas (587 M€, +11,6 %).
Oliviers bio : une parcelle de 3 ha vandalisée en Normandie
Plus de 700 oliviers ont été « méticuleusement arrachés » dans une exploitation de Saint-André-de-l’Eure, en Normandie, pendant la semaine des vacances des propriétaires, a appris l’AFP le 28 août auprès de ces derniers, qui ont porté plainte. « Une enquête est en cours à la gendarmerie du chef de destruction grave », a déclaré le procureur de la République d’Évreux, Rémi Coutin, à l’agence de presse, confirmant une information du quotidien Paris Normandie. Selon le propriétaire de la parcelle vandalisée, Nicolas Bousselaire, les dégâts ont été constatés dans l’oliveraie bio après une semaine de vacances. « Les feuilles n’avaient pas une couleur normale mais quand ma femme est allée voir, elle s’est aperçue que ce n’était pas un problème dû à la sécheresse (…). Tous les pieds avaient été arrachés et mis hors du sol, au soleil », a-t-il précisé à l’AFP. « Les pieds avaient été méticuleusement arrachés » et la protection en plastique qui les entoure avait été remise en place « pour qu’on ne puisse pas le voir », estime M. Bousselaire. La parcelle de 3 ha visée par cet acte de destruction « a été arrachée en totalité, pas un olivier n’a été oublié ». En tout, 722 arbres ont été vandalisés. Deux autres parcelles, plus petites, sont intactes.
Coordination rurale : le syndicat soutient le mouvement des « Gueux »
Dans un communiqué du 28 août, la Coordination rurale « confirme son partenariat » avec le mouvement des « Gueux ». Ce dernier a été initié par l’écrivain et metteur en scène Alexandre Jardin en janvier, afin de protester contre les ZFE (zones à faibles émissions). La CR explique que ce soutien permettra de « sensibiliser l’ensemble de la société civile aux difficultés qui pèsent sur l’activité économique nationale », incluant l’agriculture. Les difficultés en question évoquées sont « la hausse des coûts de l’énergie » et « la défense du pouvoir d’achat des Français, notamment par la promotion d’une production nationale ». Le syndicat prévoit diverses actions communes avec les « Gueux ». La prochaine interviendra le 29 août, date d’inauguration de la Foire de Châlons-en-Champagne, qui accueillera le Premier ministre François Bayrou, ainsi que des membres du gouvernement, dont la ministre de l’Agriculture Annie Genevard. Une autre surviendra à Amiens, « à proximité d’une entreprise en difficulté, en soutien aux acteurs économiques locaux ». La date de cette dernière n’a pas été précisée. En revanche, la CR indique qu’elle ne participera pas à la mobilisation du 10 septembre (« Bloquons tout »).
Agenda de la semaine agricole du 1er septembre 2025
Vendredi 29 septembre
François Bayrou et Annie Genevard inaugurent la Foire de Châlons (Marne)
Mardi 2 septembre
Conférence de presse de rentrée de la FNSEA
Tournée vendanges du SGV (vignerons de Champagne), à Avize (Marne)
Délibéré d’un procès pour « faux champagne », à Reims
Conférence de presse de RAGT sur les semence de betteraves, à la Foire de Châlons
Annie Genevard inaugure le salon Innov-Agri, à Outarville (Loiret)
Mercredi 3 septembre
Conférence de presse de rentrée de la Coopération agricole
Salon Tech-Ovin, à Bellac (Haute-Vienne), jusqu'au 4
Événement de présentation du Space, à Paris
Jeudi 4 septembre
Conférence de presse de Soufflet Agriculture, à la Foire de Châlons
Congrès d’Elvéa (réseau d'OP bovins viande), en Saône-et-Loire
Congrès du Négoce agricole Centre-Atlantique (Naca), à La Rochelle
Journée des grains de la Bourse de Strasbourg
Conférence de presse pour les 60 ans du Cerafel (fruits et légumes), à Rennes
Portes ouvertes des plateformes variétales potagères en Anjou (Vegepolys)
Vendredi 5 septembre
Journée interprofessionnelle de Semae (interprofession des semences)
Samedi 6 septembre
Opération « Vergers écoresponsables ouverts » de l’ANPP (producteurs), jusqu’au 28