Agrafil du 30 avril 2025

hero

Melons charentais : vers une baisse de surfaces « inégalée » en 2025 (interprofession)

L’interprofession du melon (AIM) a publié ses prévisions de plantations de melons charentais pour la France, le Maroc et l’Espagne. Résultat : une « confirmation de la fragilisation de la filière suite à la difficile campagne 2024 » ; « une baisse inégalée de par son importance (près de -1100 ha) et sa globalité avec les trois pays touchés ». Les conditions météo printanières sont « de moins en moins anticipables depuis quatre ans » et les stratégies sont « de plus en plus difficiles à appliquer » à cause de « perturbations extérieures politiques, économiques (intrants, main-d’œuvre, foncier…) et météorologiques ». En France, les baisses concernent « des surfaces importantes concentrées sur peu d’opérateurs » ; sur le bio, « les surfaces restent stables ». Plus précisément, les prévisions de plantations en France en 2025 s’élèvent à seulement 10 240 ha (-410 ha), dont 7,5% en bio. Soit 5 700 ha dans le Sud-Est dont 480 ha de serres, 2 470 ha (-180 ha) dans le Centre-Ouest dont 10 ha de serres, et 2 070 ha (-230 ha) dans le Sud-Ouest dont 30 ha de serres. Au Maroc : 1 040 ha (-250 ha), une baisse liée aux « incertitudes politiques hivernales encadrant les conditions de plantation et à l’accès à l’eau », et en Espagne, 2 350 ha (- 400 ha), une « perte de 50% des surfaces depuis 2021 ». 

Prune : hausse potentielle de 12 à 20% des tonnages en 2025 (AOPn)

L’AOPn Prune a publié ses anticipations de récoltes de prunes, le 29 avril sur le site du salon Medfel, tablant un rebond. En 2025 en France, le potentiel s’élève à 54 à 58 000 tonnes (marché de frais), contre 48 000 t en 2024, pour une consommation des ménages estimée à environ 55 000 t (42,5% des ménages sont acheteurs, 5,7 kg par an). L’association pointe une « période gélive » et détaille les situations selon les bassins. Sud-Ouest : date d’avancement normale sur l’Américano-japonaise et l’Européenne, avec un « potentiel de récolte [de] 90% à 100% d’une année normale » et « aucun défaut à signaler ». Grand-Est : « floraison hétérogène » mais « conditions idéales de pollinisation » ; 80% du potentiel pour la Mirabelle. Sud-Est : avancement normal « avec une belle floraison mais une nouaison qui semble décevante », « bon potentiel à confirmer en fonction de la météo ». A l’occasion de cette publication, l’AOPn Prune, qui représente 230 producteurs et 55% de la production nationale sur le marché de frais, avec un potentiel de 28 à 30 000 t (80% dans le Sud-Est, 15% dans le Grand-Est et 5% dans le Sud-Est), alerte sur une « forte augmentation des charges depuis 2022 » (+30%), incluant une « explosion des charges de main-d’œuvre ». 

Fruits et légumes: en Espagne, impact limité de la méga panne d’électricité (syndicat)

L'activité dans le secteur de la production et de l'exportation de fruits et légumes est revenue à la normale le 29 avril dans la plupart des zones productrices fruits et légumes après la panne d’électricité géante qui a frappé l’Espagne le 28, rapporte la Fepex (association des exportateurs de fruits et légumes). L’impact a été limité sur les activités : il a concerné essentiellement les stations de conditionnement et les entrepôts frigorifiques, mais peu le travail directement lié à la production. Ce fut le cas sur les zones d’Alméria (où l’électricité n’a encore été que partiellement rétablie), d’Andalousie, où débute seulement la saison des fruits à noyaux et de Huelva, où la campagne de petits fruits rouges bat son plein. « Les entreprises ont eu recours à des générateurs de remplacement, ce qui a permis la reprise des opérations, et dès lundi soir, la situation était revenue à la normale », rassure l‘organisation professionnelle. En Murcie, le manque de communication a entrainé des difficultés dans le traitement des commandes, entrainant l’arrêt des opérations. Mais, Fepex indique qu’ « il n’y aura pas de problèmes majeurs avec l’approvisionnement en fruits et légumes ».

Tomate d’industrie : en Italie, la disponibilité en eau entraine retard et baisse de rendement

En Italie, alors que les producteurs entament leur cycle cultural, le contraste marqué en termes de disponibilité en eau d'une région à l'autre pourrait peser sur la production à venir, rapporte le site TomatoNews le 22 avril. Dans le nord du pays, les aquifères sont à leur niveau maximum, mais les pluies abondantes et persistantes des dernières semaines (avec des précipitations ayant atteint 130 mm, dans certaines zones) ont retardé la plantation. Mais la profession reste relativement sereine : « les plantations prévue en semaine 15 la semaine 15 sont réalisées entre 30 % et 60 % », indique Alessandro Piva, vice-président de l’organisation de producteurs Pomodoro Nord. La situation est inverse plus au Sud. La région de Basilicate est confrontée à une pénurie d'eau critique : les producteurs envisagent une diminution de 40 % des surfaces par rapport à 2024 : « Les retards dans les décisions de plantation des agriculteurs, dus à l'incertitude hydrique, pourraient compromettre l'ensemble de la campagne », indique TomatoNews. Dans la région des Pouilles, la crise hydrique actuelle devrait entraîner des baisses de rendement encore plus importantes, encore à évaluer.

Tomates : un nouveau dossier déposé pour l’extension des serres d’Isigny-le-Buat (presse)

Le projet d’extension de la méga-serre de la société hollandaise AgroCare à Isigny-le-Buat (Manche), retoqué par le préfet en novembre 2024, ferait l’objet d’une nouvelle demande, rapporte La Gazette de la Manche le 11 avril. « Nous les avons reçus en réunion, et ils nous ont clairement indiqué leur volonté de redéposer un dossier », explique Frédéric Laheurte, premier adjoint au maire d’Isigny-le-Buat, lors de la réunion du conseil municipal le 10 avril. Face à cette annonce, la commune a posé des conditions fermes : révision du projet à la baisse pour un meilleure intégration locale, « plus aucune extension » à l’avenir, prise en compte des nuisances subies par les riverains, participation financière de l’entreprise à la vie de la commune, intégration sociale du personnel. Le projet de base d’AgroCare consiste à agrandir les serres existantes, en passant de 12 à 32 ha de serres chauffées pour 2026, avec une production entre 8 000 et 13 000 t de tomates par an. Cette extension a fait l’objet d’une question écrite à la ministre de l’Agriculture déposée par Julie Ozenne, députée écologiste de l’Essonne, le 22 avril. Elle y rappelle entre autres que « les terres des serres du Buat ont été rachetées par la société hollandaise au-dessus du prix du marché, entraînant une augmentation du prix du foncier au détriment de l'installation d'agriculteurs ».

Légumes/désherbage : le laser allemand Escarda arrive en France, forte baisse de coût promise

L'entreprise française Stecomat a lancé, mi-avril, la commercialisation du laser de désherbage Escarda en France, promettant une importante réduction du coût de cette technologie très attendue par les producteurs de légumes face aux impasses en herbicides. « Nous avons déjà vendu une machine et une seconde devrait être signée dans les jours à venir », annonce Niek Jansingh, le dirigeant de l’entreprise. Appuyées sur l'intelligence artificielle, ces machines ont fait leur apparition en cultures semées (carottes, mâches) cette année, sous la bannière de l'américain Carbon Robotics (voir notre article), avec des machines qui pêchent par leur coût et leur vitesse. Avec la technologie à LED développée par Escarda, Stecomat annonce une capacité théorique de 1 800 tirs par minute et par module laser. « C’est trois fois plus rapide que le modèle actuellement présent sur le marché », chiffre le dirigeant. Il annonce également un coût de destruction par adventice dix fois moins important que la technologie de Carbon Robotics. « Nous allons pouvoir nous adresser à des fermes plus petites à partir de 30 à 40 ha », estime-t-il. Fin janvier, Stecomat avait par ailleurs ajouté à son catalogue le pulvérisateur de précision de l’entreprise allemande Farm-ING. Là aussi, les producteurs français n’avaient pour l'heure accès qu’à un seul constructeur, le suisse Ecorobotix. (Tanguy Dhelin)

Muguet : une PPL pour faciliter l’ouverture le 1er mai, les fleuristes applaudissent

La Fédération française des artisans fleuristes (FFAF) a salué le 28 avril le soutien apporté par la ministre du Travail, de la Santé et des Solidarités Catherine Vautrin, à une réforme visant à assouplir le travail le 1er mai, rapporte l’AFP. Des sénateurs centristes ont déposé une proposition de loi, soutenue par le gouvernement, pour permettre aux établissements déjà autorisés à ouvrir le dimanche de pouvoir le faire le 1er mai, visant notamment les fleuristes (et les boulangers). L’organisation professionnelle s’était élevée contre l’impossibilité de pouvoir ouvrir leur établissement avec du personnel, même si celui-ci était volontaire et rémunéré double conformément à la convention collective de la profession. « Ce premier pas législatif concrétise des années de mobilisation : nos artisans vont enfin pouvoir vivre pleinement leur 1er mai, entre tradition et respect du droit. Mais nous restons pleinement mobilisés : notre vigilance sera totale jusqu’à l’adoption définitive du texte », a précisé Farell Legendre, président de la FFAF. Catherine Vautrin a indiqué que le texte, s’il passait, ne serait applicable qu’à partir de 2026. « Le 1er mai, les patrons peuvent travailler s'ils le souhaitent, mais pour les travailleurs et les travailleuses, c'est férié, c'est chômé, c'est un conquis de la lutte », a souligné pour sa part Sophie Binet, secrétaire général de la CGT.

Alternatives végétales : une coalition de start-up pour défendre le « repas végétal »

Cinq fabricants français de similis de viande* ont annoncé le 29 avril le lancement de leur « coalition » Interveg, qui « se donne pour mission de faire du repas végétal une évidence ». Ces leaders du marché hexagonal ont défini « deux priorités stratégiques » : le « plaidoyer auprès des acteurs institutionnels », afin d’aboutir à un « cadre réglementaire favorable » ; et une « communication innovante, pour faire évoluer les habitudes alimentaires ». L’association est présidée par Nicolas Dhers, « expert en stratégie de développement durable et communication », selon sa page LinkedIn. Cet ancien de Danone et Carrefour est à l’origine de deux festivals végans. Contacté par Agra Presse, Interveg se dit « parfaitement complémentaire » de Protéines France, autre association du secteur créée en 2017. Aux côtés des start-up HappyVore et La Vie, cette dernière regroupe des poids lourds de l’agroalimentaire (Avril, Terrena, Roquette, etc.). C’est Protéines France qui a fait annuler le décret interdisant d’utiliser les dénominations animales, comme « steak », pour les produits végétaux. En France, le marché des alternatives végétales « entre en pleine phase de croissance », souligne Interveg : selon IRI, le rayon traiteur végétal a progressé de 33 % en valeur entre 2022 et 2024 (à 177 M€). * Hari&Co, Accro, HappyVore, La Vie & Swap Food

Chanvre : une biotech lance un ingrédient issu de racines produites in vitro

Dans un communiqué du 29 avril, la société spécialisée dans les biotechnologies végétales STH Biotech a annoncé la commercialisation d’un bio-ingrédient à base de racines de chanvre produites in vitro, destiné à l’industrie de la cosmétique ou pharmaceutique. L’ingrédient contient des substances actives anti-âge, et est co-développé avec Inabata France (filiale du groupe japonais Inabata). Sans OGM, pesticides ou métaux lourds, il est fabriqué en laboratoire afin d’économiser des surfaces et des ressources en eau. « Outre ces avantages écologiques, la technologie de STH garantit des coûts et des productions stables, sans variabilité saisonnière ni risque d’aléa climatique », précise l'entreprise dans le communiqué. Le processus de production est le suivant : la plantule de chanvre est mise au contact d’une bactérie, qui stimulera la production de racines, mais aussi celle des molécules d'intérêt, en modifiant le métabolisme de la plante. Les racines en question seront ensuite cultivées en bioréacteurs dans un milieu composé de sucre, de vitamines et d’eau. Sont ensuite extraites les molécules actives recherchées pour la formulation d’ingrédients vendus aux industriels.

NGT : 27 organisations agricoles de l’UE s’opposent à l’étiquetage

Alors que les pourparlers entre institutions européennes sur les nouvelles techniques de sélection génomique (NGT) débuteront le 6 mai, 27 organisations agricoles de l’UE (Copa-Cogeca, Freshfel, CEJA, Euroseeds, Croplife, etc.) expriment, dans une lettre du 29 avril, leurs « fortes inquiétudes concernant l’introduction éventuelle d’exigences d’étiquetage obligatoires et injustifiées ». Le Parlement européen (au contraire des États membres) s’est en effet prononcé pour imposer une traçabilité et un étiquetage tout au long de la chaîne alimentaire, y compris aux plantes NGT de catégorie 1 considérées comme équivalentes à des variétés conventionnelles. Un « étiquetage obligatoire nécessiterait la séparation physique des produits et des matières premières NGT à chaque étape de la chaîne d’approvisionnement, multipliant les installations de stockage et de transport, les voies de transformation et augmentant les coûts », comme cela a été le cas avec les OGM, préviennent les signataires du texte. Ils rappellent que « plus de 25 pays à travers le monde ont déjà mis en œuvre de nouvelles politiques sur les NGT » et qu’aucun « d’entre eux n’exige de traçabilité ou d’étiquetage ».

Semences : RAGT finalise l’acquisition de Deleplanque

Le groupe semencier RAGT, via sa filiale RAGT Semences, a annoncé la finalisation de l’acquisition de son concurrent Deleplanque, « incluant ses entités Strube et Van Waveren », indique un communiqué du 29 avril. Un accord entre les deux entreprises avait été annoncé en septembre 2024. « Le processus d’intégration va pouvoir commencer afin de dévoiler nos ambitions au deuxième semestre 2025 », précisent les semenciers. Le montant de la transaction n’a pas été dévoilé. L’opération donnera naissance à une structure générant 500 M€ de chiffre d'affaires, pour 1 500 salariés, 15 usines de semences (dont sept en France) et développant 65 programmes de sélection sur près de 40 espèces. Ses activités s’exerceront dans une cinquantaine de pays. La betterave sucrière sera mise à l’honneur, puisqu’elle se positionnera « dans le top 3 de nos espèces », précise Damien Robert, directeur général de la division Semences de RAGT. Pour rappel, le groupe Deleplanque avait acquis en mai 2024 l’intégralité du sélectionneur allemand Strube pour se recentrer sur le secteur des semences. Il avait, en parallèle, cédé son activité historique dans le domaine des fertilisants à Veolia Agriculture France. 

Dégâts de gibier : la FNC appelle à une mobilisation nationale le 17 mai

La fédération nationale des chasseurs (FNC) appelle à « une action coordonnée et pacifique auprès des maires le 17 mai », selon un communiqué le 29 avril. Les chasseurs sont invités à présenter à leur maire un manifeste de « 11 propositions essentielles pour l’avenir de la chasse française ». Parmi ces propositions, plusieurs concernent l’agriculture. La FNC veut « la fin du financement des dégâts de gibier par les seuls chasseurs » car, avec « environ 90 millions d’euros (M€) » d’indemnisations à payer en 2022-2023 et un nombre de chasseurs en baisse, le système actuel « arrive en bout de course ». En coulisses, la FNC rappelle que l’accord signé avec l’Etat et les organisations agricoles au salon de l’Agriculture 2023 « posait la question » d’ouvrir une réflexion sur le financement des indemnisations. La FNC souhaite aussi la « mise en place d’une police rurale de proximité, portée par les fédérations des chasseurs sous l’autorité de l’OFB ». Certaines fédérations départementales de chasse ont des « agents de développement assermentés », en mesure d’intervenir sur certaines infractions (dépôts sauvages, pollutions, braconnage), qui pourraient contribuer à « mieux mailler le territoire » alors que l’OFB « manque de moyens », explique-t-on. 

Machinisme : baisse des crédits d’aide aux Cuma, quinzaine de parlementaires mobilisés

Plus d’une quinzaine de députés et sénateurs de tous bords alertent la ministre de l’Agriculture sur la baisse des crédits d’aide aux Cuma, peut-on lire en cette fin avril au Journal officiel qui publie leurs questions. Cette coupe budgétaire, inscrite dans la loi de finances pour 2025, concerne le Dispositif national d’accompagnement des projets et des initiatives (DiNA), unique dispositif de l’Etat en faveur des coopératives d’utilisation de matériel agricole. « Les dépenses d'aide aux entreprises sont les premières affectées par ce choix austéritaire », dénonce notamment la députée RN Hélène Laporte, rappelant que l’aide aux Cuma fait partie d’une enveloppe « ramenée au niveau de 2024 (lui-même en nette diminution par rapport à 2023) ». Le DiNA prend la forme d’un conseil stratégique visant à « réaliser un état des lieux de la Cuma (gouvernance, situation économique et financière, organisation des chantiers, charges de mécanisation etc.), et proposer un plan d’actions », décrit leur fédération. Ce dispositif permet d’« aller plus loin que le partage de machines (ex : projet en lien avec la transition agroécologique, la transition énergétique, etc.) ». Plus de 600 Cuma en bénéficient chaque année, écrivent les parlementaires.

Taxes Trump: le Mexique met un terme au conflit sur l'eau avec les Etats-Unis

Le Mexique s’est engagé à livrer immédiatement de l’eau aux Etats-Unis pour régler sa dette en vertu d’un traité bilatéral de 1944, a confirmé le 29 avril la présidente, mettant un terme à un conflit ouvert entre les deux voisins. «Les départements techniques ont révisé la quantité d’eau disponible dans les barrages. Et par la suite, pour tout dire, on livre la quantité d’eau jusqu’au point où c’est possible», a déclaré la présidente mexicaine Claudia Sheinbaum lors de sa conférence de presse quotidienne. Le traité de 1944 prévoit un partage des eaux du rio Bravo (rio Grande pour les Américains) et du Colorado. Mexico doit 70% des 2.156,6 millions de m3 qu’il doit remettre par cycle de cinq ans. La raison : la sécheresse qui frappe le bassin du rio Bravo, selon les autorités mexicaines. Pour «atténuer le potentiel manque», le Mexique s’est engagé à procéder à des «transferts d’eau immédiats», et pendant la prochaine saison des pluies prévue à partir de mai, avait indiqué un communiqué du ministère des Affaires étrangères en début de semaine. Les deux pays sont tombés d’accord sur le fait qu’ils ne considèrent pas «nécessaire» la renégociation du traité de 1944. Début avril, le président américain Donald Trump a menacé le Mexique de davantage de surtaxes douanières "et peut-même de sanctions" pour obliger son voisin à remplir sa part du contrat et livre son quota d’eau.

Allemagne: Alois Rainer, boucher de formation, va devenir ministre de l’Agriculture

Le futur chancelier allemand, le conservateur Friedrich Merz, a dévoilé le 28 avril le nom des ministres de son parti – la CDU/CSU (Union chrétienne-démocrate et son alliée bavaroise l’Union chrétienne-sociale) – qui intègreront le prochain gouvernement. Et pour le poste de ministre de l’Agriculture, c’est Alois Rainer, boucher de formation, qui a été choisi à la surprise générale. Un changement radical, puisqu’il prendra la suite du vert (et végétarien) Cem Ozdemir en poste depuis 2021. Alois Rainer est bavarois, âgé de 60 ans il est président de la commission des Finances du Bundestag où il siège depuis 2013. L’accord gouvernemental de coalition conclu le 9 avril entre les Conservateurs et les sociaux-démocrates (SPD) prévoit, entre autres, un assouplissement de la législation environnementale pour l’élevage. Mais il promet également de promouvoir les protéines alternatives. Ce nouveau gouvernement allemand doit officiellement entrer en fonction le 6 mai après un vote au Bundestag.

Lait : Biolait veut passer la barre symbolique des 500 €/1 000 litres en 2025

Biolait, premier collecteur de lait biologique en France, s’est fixé pour but d’atteindre le cap des 500 €/1 000 l de lait bio pour ses producteurs d’ici la fin 2025. Cet objectif fixé lors de l’assemblée générale des 9 et 10 avril représente une hausse de 10 % du prix payé aux producteurs et en moyenne un montant de 10 600 € par ferme. Pour y arriver, Biolait a décidé en AG d’agir sur plusieurs leviers, tels que les coûts logistiques en améliorant la densité de la collecte, par exemple en définissant un volume de collecte minimum par ferme ou en intégrant de nouveaux élevages dans certaines zones contribuant à optimiser les tournées. Autres leviers : améliorer les débouchés commerciaux auprès de la distribution et de la restauration hors domicile, et obtenir un accompagnement des pouvoirs publics en ouvrant les programmes opérationnels aux organisations de producteurs de lait bio. Sur ce dernier point, Biolait attend une réponse du ministère d’ici la fin mai. Le contexte économique, marqué par une baisse de la collecte – liée aux problèmes sanitaires, aux dé-certifications, aux départs en retraite et aux arrêts de production – couplée à une hausse de la demande pourrait être favorable aux objectifs de Biolait.

Œufs : le CNPO recense les constructions de nouveaux bâtiments d’élevage

Le CNPO (interprofession de l’œuf) établit un « observatoire » des avancées de son plan de développement de l’élevage de ponte, a-t-il fait savoir le 29 avril en conférence de presse. L'interprofession a adressé fin avril un premier questionnaire aux organisations de producteurs d’œufs sur les constructions faisant l’objet d’un contrat de production, a-t-on appris le même jour auprès de la directrice du CNPO Alice Richard. L’enquête (qui préservera l’anonymat des porteurs de projets) porte essentiellement sur le type de bâtiment et le mode d’élevage, son coût de construction et le potentiel de production. Le plan de développement de la filière consiste à faire construire 300 poulaillers, soit six millions de places de pondeuses, d’ici à 2030, a précisé le vice-président Loïc Coulombel. « Une centaine de projets sont en gestation », a-t-il indiqué, sans pouvoir en dire davantage. L’interprofession souhaite atteindre au moins 101 % d’approvisionnement français afin de faire face aux besoins fluctuants en œufs coquille, en blanc et en jaune d’œuf. Ce taux d’auto-approvisionnement est actuellement 98,6 %, la consommation progressant plus vite que la production.

Œufs : le CNPO relancera les discussions sur le vaccin anti-salmonelles après l’été

L'interprofession de l’œuf (CNPO) attend, fin juin ou début juillet , l’avis de l’Anses sur une éventuelle modification des plans d’échantillonnage pour la recherche de salmonelle dans la filière ponte, a-t-on appris à une conférence de presse le 29 avril. La filière a démontré à la DGAL (ministère de l'Agriculture) que des prélèvements de poussières dans l’environnement de l’élevage pouvaient donner un résultat positif sans que l’élevage ne soit atteint. Une idée de l’interprofession serait de dispenser de ce type de prélèvement un éleveur ayant vacciné ses poules avec un vaccin vivant anti-salmonelle autorisé en 2023, selon la directrice Alice Richard. Doutant que l’État accepte de subventionner ce vaccin, le CNPO cherche en effet à alléger le plan de surveillance en cas de vaccination. Le comité a rappelé à la conférence qu’il souhaitait abaisser la prévalence à 1 % de salmonelles contre 2,5 % aujourd’hui en France. Il déplore qu’un élevage testé positivement puisse commercialiser ses œufs dans le circuit de la transformation (où la pasteurisation éliminera la bactérie), ce qui pousse à ne pas assainir des foyers. Il préfèrerait que les poules soient euthanasiées à condition que l’infection soit confirmée.

Consommation : l’inflation a été de retour dans les rayons en avril (Circana)

Après onze mois de déflation, l’inflation fait son retour sur les produits de grande consommation en avril, constate Circana dans son analyse publiée le 29 avril. Les prix de détail en grandes surfaces sont en hausse de 0,3% sur 1 an et de 0,9% sur 1 mois. Les hausses se manifestent surtout dans les rayons boissons et de l’épicerie sucrée, qui sont en hausses respectives de 4% et de 6% par rapport à avril 2024. Elles affectent plus particulièrement les produits à base de café ou de chocolat. Emily Mayer, directrice des études à Circana, commente sur le réseau Linked’In que le fait mérite d’être souligné même si, souligne-t-elle, « l'inflation globale est modérée et touche un nombre limité de catégories (40 catégories ont une inflation supérieure à 1% en avril et 12 une inflation supérieure à 5%) ». L’analyste juge qu’ « il sera intéressant de suivre dans les prochains mois si le niveau global d'inflation augmente, si le nombre de catégories concernées progresse et si ce retour de la hausse des prix vient contrarier le mieux que l'on observe sur notre secteur depuis le début d'année que ce soit en termes d'évolution des volumes et de remontée en gamme des consommateurs ».

Addendum à l'agenda de la semaine agricole du 28 avril 2025

Mercredi 30 avril
La mission flash de l’Assemblée présente ses conclusions sur la valorisation des algues qui prolifèrent