Agrafil du 20 août 2024

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Gouvernement: la nomination du Premier ministre repoussée après le 23 août

Initialement attendue autour de la mi-août, la nomination du Premier ministre (ou d’une Première ministre) est repoussée d’une semaine, après une réunion le 23 août avec les présidents des groupes politiques, a annoncé l’Élysée le 16 août. D’après un communiqué envoyé à la presse, Emmanuel Macron a invité les «présidents des groupes parlementaires de l’Assemblée nationale et du Sénat, ainsi que les chefs de partis représentés au Parlement» vendredi 23 août, pour une «série d’échanges». «La nomination d’un Premier ministre interviendra dans le prolongement de ces consultations et de leurs conclusions», précise la présidence. Par cette démarche, le président de la République veut «continuer à avancer vers la constitution d’une majorité la plus large et la plus stable possible au service du pays», selon le communiqué. Les chefs des quatre partis du Nouveau front populaire (NFP) ont indiqué qu’ils seront présents et accompagnés de Lucie Castets, leur candidate pour Matignon. «Le président ne s'y oppose évidemment pas si c'est une demande collective et que les forces politiques du NFP jugent que c'est utile pour que l'échange soit constructif», a indiqué l'entourage du chef de l'État à l'AFP. Lors d’une interview sur France 2 le 23 juillet, M. Macron avait écarté l’idée de la nommer Première ministre.

Ovins/bovins: la FCO-3 s’étend dans le nord, la Conf’ veut des aides aussi pour la FCO-8

La France compte 41 foyers confirmés du sérotype 3 de la fièvre catarrhale ovine (FCO-3), selon le dernier bilan du ministère de l’Agriculture au 14 août. Six départements sont maintenant touchés: l'Aisne, les Ardennes, la Marne, la Moselle, le Nord (où le premier cas a été découvert début août) et l'Oise. La zone régulée (150 km autour des foyers) couvre désormais une vaste bande allant du Bas-Rhin à la Seine-Maritime, en passant par la Côte-d’Or et le Loiret. Les mouvements des animaux sensibles (ovins, bovins, caprins) y sont restreints. Ailleurs en Europe, la propagation du sérotype 3 s’accélère aussi, notamment aux Pays-Bas et en Allemagne. La France a lancé une campagne de vaccination volontaire, qui a démarré le 12 août dans six régions du nord-est. Par ailleurs, les éleveurs du sud-ouest subissent une «recrudescence brutale» du sérotype 8, présent en France depuis 2017, avec «plusieurs centaines de foyers» et «des milliers de bêtes mortes», rappelle la Confédération paysanne. Dans un communiqué du 19 août, le syndicat réitère sa demande d’«un accompagnement pour tous les élevages impactés quel que soit le sérotype», notamment «l’accès et la prise en charge à 100% des vaccins pour tous les éleveurs et éleveuses qui souhaitent vacciner», ainsi que l’accès aux «indemnisations futures».

Bulletin de santé du végétal: le ministère lance un appel d’offres pour l’améliorer

Dans le cadre de la Planification écologique, le ministère de l’Agriculture a lancé le 19 août un appel d’offres visant à «renforcer les outils de modélisation ainsi que les seuils de risques utilisés» dans le Bulletin de santé du végétal (BSV), outil public d’aide à la décision envoyé gratuitement aux agriculteurs. Ouvert jusqu’au 20 septembre, il est doté de 2,7 M€, précise un communiqué. Peuvent y émarger, selon le site web du ministère, les «organismes publics ou privés» de recherche: instituts techniques, centres techniques, «établissements de l’enseignement agricole», etc. Chaque projet, d’une durée maximale de trois ans, pourra être aidé à hauteur de 300 000 € maximum. Dans le détail, l’appel à projets comporte trois axes d’amélioration pour le BSV, pour lesquels la DGAL (ministère) a présélectionné plus de 70 «couples organisme/culture». Le premier consiste à «améliorer les principaux modèles existants» (p.ex. carpocapse du pommier, septoriose du blé, mildiou de la pomme de terre). Le second vise à créer de nouveaux modèles (p.ex. Tuta absoluta sur tomate, taupins sur pommes de terre, maïs et carottes). Enfin, troisième et dernier axe: la création ou la révision de seuils de risque à partir il est recommandé d’agir (p.ex. oïdium de la vigne, Sclerotinia sur colza, chrysomèle sur maïs).

Restauration de la nature: le règlement européen est entré en vigueur

Le règlement européen sur la restauration de la nature est entré en vigueur le 18 août, quelques jours après sa parution au Journal officiel de l’UE le 29 juillet. Ce texte qui a fait l’objet d’intenses discussions prévoit la restauration d’au moins 20% des zones terrestres et de tous les écosystèmes nécessitant une restauration d’ici 2050, y compris les écosystèmes agricoles. Les États membres devront présenter des plans nationaux de restauration d’ici deux ans à la Commission européenne. Pour les écosystèmes agricoles, il faudra obtenir des tendances à la hausse pour des indicateurs comme les papillons des prairies, la part des terres agricoles présentant des caractéristiques paysagères à forte diversité, les stocks de carbone organique dans les sols, les pollinisateurs ou les oiseaux des milieux agricoles. Les texte impose aussi la restauration des tourbières, mais avec des dérogations pour les agriculteurs. Une question reste en suspens: le financement, qui inquiète particulièrement les organisations et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca). «L’élaboration des plans nationaux de restauration ne devrait pas entraîner d’obligation pour les États membres de reprogrammer un financement au titre de la Pac», précise toutefois le règlement.

Économie agricole: les défaillances d’entreprises restent à un pic en juillet

La Banque de France a publié le 16 août ses derniers chiffres sur le nombre de défaillances d’entreprises, qui restent en juillet à un pic dans le secteur Agriculture, sylviculture et pêche. Leur niveau se maintient à plus de 1380 cumulé sur les douze derniers mois. Dans le détail, l’Institut d’émission en recense 1381 (contre 1 382 en juin) entre août 2023 et juillet 2024. Un rythme supérieur à la moyenne 2010-2019 de 1359 défaillances cumulées sur douze mois. En rythme annuel, la progression du nombre de défaillances sur un an s’accélère dans le secteur, affichant +11,8% en juillet par rapport à juillet 2023, contre +10,3% en juin. Cela montre une tendance inverse par rapport à l’économie française, où «la progression du nombre de défaillances cumulé sur les douze derniers mois continue de décroître (+25,2% en juillet contre +25,6% en juin et 26,7% en mai)», selon la note. Une évolution favorable qui «concerne la plupart des secteurs de l'économie et les diverses tailles d'entreprises», précise la Banque de France. Pour rappel, les défaillances d’entreprises concernent les redressements et liquidations judiciaires. Cette définition exclut les autres procédures, notamment celles dites de sauvegarde et de conciliation.

Influenza aviaire: les États-Unis instaurent des tests sur la viande des vaches de réforme

Alors que les États-Unis subissent une épizootie inédite d’influenza aviaire chez les vaches laitières, les autorités sanitaires vont rechercher la présence du virus H5N1 dans la viande de vaches de réforme, apprend-on dans le média spécialisé The Hagstrom Report le 13 août. Ces analyses – qui démarreront le 16 septembre, selon un communiqué – porteront sur «un échantillon représentatif au niveau national», a indiqué un représentant de l’USDA (ministère de l’Agriculture) à la presse. La viande analysée ne sera pas mise sur le marché avant que les résultats ne soient connus. D’après le site web de l’USDA, des premières études sur la viande de bovins infectés par le H5N1 se sont achevées fin mai, et le ministère se dit «convaincu que l’approvisionnement en viande est sécurisé». Concernant le lait, la consommation de produits laitiers pasteurisés est réputée sûre. Toutefois, des décès de chats ont été rapportés dans des élevages infectés qui laissent suggérer «une contamination par l’ingestion de colostrum et de lait cru issu de bovins malades», indique la plateforme française ESA. Depuis le premier cas fin mars, les États-Unis ont dénombré 192 foyers dans 13 États, ainsi que quatre cas humains. Les élevages infectés peuvent demander une aide fédérale compensant les pertes de production laitière.

Saisonniers/travail illégal: les agriculteurs espagnols ne veulent plus être sanctionnés

L'Association valencienne des agriculteurs (Ava-Asaja) demande que les employeurs agricoles ne soient pas pénalisés si les immigrants irréguliers falsifient leurs contrats, rapporte le site agroinformacion.com, le 17 août. La réglementation espagnole en vigueur prévoit en effet que le travailleur qui a usurpé un numéro d'identité d'étranger (NIE) ou une photographie n’est pas poursuivi, alors que l’exploitant victime de la fraude doit payer une amende de 12 000 € pour chaque cas détecté. «Il est difficile de trouver de la main-d’œuvre, qui plus est qualifiée, en Espagne. Et il y a des moments lorsque les adhérents embauchent de bonne foi et se voient infliger des amendes, car certains travailleurs étaient en réalité des immigrants irréguliers», explique Cristobal Aguado, le président d’Ava-Asaja, qui appelle les députés espagnols à modifier la loi. Le syndicat rapporte que, l’an dernier, au moins vingt exploitants agricoles ont été sanctionnées par l’inspection du travail et de la sécurité sociale. La Guardia civil (Garde civile, gendarmerie) recommande aux entreprises qui embauchent des travailleurs non communautaires de vérifier la documentation avant de procéder à leur enregistrement, pour éviter de payer l’amende.

Serres: l’équipementier Squiban transmis à quatre fonds d’investissement

Le groupe Squiban, acteur breton des installations horticoles et maraîchères, a assuré sa transmission auprès de quatre fonds d’investissement pour accélérer son développement, indique son conseil, Adviso Partners, dans un communiqué. Les fonds en question sont Unigrains (en tant que de chef de file), Épopée Gestion, Unexo (Crédit agricole), BPI France, accompagnés de l’équipe de management de l'entreprise. Cette transmission managériale a été menée à l'occasion d'un MBO primaire (rachat par les dirigeants en place). «L’opération devrait permettre d’accélérer significativement le développement, notamment sur les métiers de la transition énergétique dans le monde agricole, mais plus largement dans la gestion des ressources et de l’énergie dans tous les secteurs», note Guillaume Dary, associé gérant Adviso Partners. Fondé en 1972 à Plougastel-Daoulas (Finistère), le groupe Squiban (70 M€ de chiffre d’affaires) est initialement spécialisé dans l’équipement de serres. Depuis 15 ans, il s’est développé dans d’autres secteurs (gestion de l’énergie, optimisation de la ressource en eau, génie climatique et électrique, intelligence artificielle, énergies renouvelables…). «Le groupe bénéficie d’un positionnement stratégique de multi-spécialiste qui offre des solutions clé-en-main à forte valeur ajoutée à une clientèle majoritairement agricole», se félicite Nicolas Mulle, directeur des participations chez Unigrains.

Légumes/fleurs: des chercheurs découvrent le gène à l’origine des aiguillons

Un consortium de scientifiques annonce avoir découvert le gène à l’origine des aiguillons («épines») chez différentes familles et genres de plantes, comme le genre Solanum (aubergines, pommes de terre, tomates) et le genre Rosa, dans une publication sur le site Science. Pour ce faire, les chercheurs ont défini une cartographie génétique par croisement de différentes espèces d’aubergines, afin de localiser la position du gène contrôlant le développement des aiguillons, qui n’avait jusqu’alors jamais été identifié. Ils ont découvert que le gène LOG est le déterminant dans le contrôle de ce développement. Il est impliqué dans la synthèse de cytokinine, une hormone végétale essentielle pour la prolifération cellulaire et pour le développement de la plante. Les chercheurs ont ensuite identifié ce gène au sein du génome d’autres espèces, dont le rosier. Ces résultats montrent l’existence d’un programme génétique commun, à l’origine d’une innovation morphologique végétale, les aiguillons, répandue et récurrente au cours de l’évolution. «Ils ouvrent la voie à l’élimination prévisible des aiguillons chez les espèces cultivées à des fins alimentaires et ornementales, grâce à l’édition du génome», espèrent les chercheurs.

À nos abonnés: possible ralentissement des parutions en période estivale

En raison du ralentissement de l'actualité en période estivale, l'Agrafil et les Agra Lives pourront être diffusés à un rythme moins soutenu jusqu'à la fin du mois d'août. En vous remerciant de votre compréhension.