Agrafil du 17 octobre 2025

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Budget de la Pac: sous pression, Bruxelles refuse de revenir sur sa proposition

La pression monte contre le projet de cadre financier pluriannuel 2028-2034 de la Commission européenne. Les organisations et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca) organiseront, le 21 octobre à Strasbourg en marge de la plénière du Parlement européen, une «action éclair face au budget inacceptable de l’UE et à l’avenir de la Pac». Elles estiment que l’agriculture a été «reléguée aux marges des priorités de la Commission, traitée, au mieux, comme une simple variable d’ajustement» et espèrent une meilleure solution «qui préserve la structure à deux piliers de la Pac». Au Parlement européen de nombreuses critiques se font entendre. Le corapporteur du dossier, l'eurodéputé roumain Siegfried Muresan du groupe PPE (droite) - principale force politique de l’hémicycle - a prévenu le 15 octobre que cette proposition «doit être réécrite» sans quoi «un rejet est inévitable». En attendant, la discussion au Parlement européen sur la répartition des compétences entre les différentes commissions pour traiter du cadre financier pluriannuel, qui était prévue le 15 octobre, a été reportée. Lors d’une intervention le 16 octobre devant le comité européen des régions, Raffaele Fitto, vice-président exécutif de la Commission européenne chargé de la Cohésion a indiqué être «ouvert à l’amélioration de la proposition.» Mais dans un communiqué publié le même jour, la Commission européenne a nié envisager de modifier sa proposition qui a été, assure-t-elle, «conçue pour répondre efficacement aux nouveaux défis de l'UE».

Étiquetage alimentaire : les socialistes européens souhaitent plus de transparence

Le groupe de socialistes et démocrates au Parlement européen (S&D) a publié, le 15 octobre, un document de position concernant la politique européenne en matière de santé. Intitulée « la santé comme priorité dans toutes les politiques », cette vision propose des éléments en matière de politique alimentaire et notamment « un cadre d’étiquetage clair, scientifique et complet à l’échelle européenne ». Le groupe S&D plaide ainsi pour une plus grande « transparence nutritionnelle » grâce à des étiquettes « fondées sur des critères scientifiques et des preuves » qui incluraient des informations concernant les contenus nutritionnels (macronutriments et calories), leur impact sur la santé humaine ainsi que la teneur en sucre, sel, graisses saturées et trans. En outre, il souhaite la mise en place d’un outil numérique offrant des informations sur la présence d’OGM et de NGT mais aussi d’un système d’étiquetage spécifique pour le bien-être animal qui serait guidé par le modèle des cinq domaines (nutrition, environnement, santé, comportement et état mental). Enfin, la principale force de gauche de l’hémicycle européen pousse pour la mise en place d’indicateurs de durabilité - comme l’empreinte carbone – pour encourager les consommateurs à faire des choix respectueux de l’environnement.

Ministère de l'Agriculture : les coupes d'effectifs par opérateur, ONF en tête (syndicats)

Dans le compte-rendu de la présentation du projet de loi de finances (PLF) 2026, qui leur a été faite le 15 octobre par le secrétariat général du ministère de l’Agriculture, les fonctionnaires du Spagri-CFDT rapportent le détail des baisses d'effectifs projetées au sein du ministère et de ses opérateurs. Ainsi, les opérateurs de la mission Aafar (agriculture, forêt) voient leurs effectifs baisser de 73 équivalents-temps plein (ETP), pour arriver à 13 219 ETP, selon la répartition suivante : ONF (forêt) -37 ETP ; ASP (paiements) -16 ETP ; Anses (agence sanitaire) -6 ETP ; IFCE (cheval) -8 ETP ; FranceAgriMer -14 ETP. Et, pour l'Agence Bio, l'Odeadom (Outre-mer), l'Infoma (formation des fonctionnaires) et l'Inao (signes d'origine et qualité), le syndicat rapporte « des baisses qui semblent plus modestes, mais qui interviennent sur des effectifs plus réduits, donc un fort impact ». Au ministère de l'Agriculture lui-même, le schéma d'emploi prévoit une réduction de 60 ETP, à 30 431. Le Spagri CFDT pointe un « risque de surcharge pour les agents restants, notamment dans les fonctions transversales (RH, finances, informatique, etc.) et donc de services rendus aux agents dégradés (retards de paie, erreurs de gestion, suivi moindre des agents, …), mais aussi aux usagers (Pac, crise, …) ».

Bovins/DNC : trois nouveaux foyers dans les Pyrénées-Orientales, zone réglementée élargie

Trois foyers de dermatose nodulaire contagieuse bovine (DNC) « ont été confirmés dans les Pyrénées-Orientales le 15 octobre », à La Bastide, Oms et Valmanya, a annoncé le ministère de l’Agriculture dans un communiqué le lendemain. Ces cas conduisent à élargir la zone réglementée établie début octobre dans le département à la suite des foyers en Espagne : celle-ci recouvre désormais l’intégralité des Pyrénées-Orientales, « ainsi qu’une partie de l’Ariège et de l’Aude ». Avant l'élargissement, elle comptait 3 000 bovins. Dans cette zone de 50 km autour des foyers, les mêmes mesures que dans les précédentes zones réglementées s’appliquent : surveillance et biosécurité renforcées, interdictions des transports d’animaux, vaccination obligatoire prise en charge par l’État. De l‘autre côté des Pyrénées, l’Espagne dénombre cinq foyers, selon la plateforme française ESA : un premier foyer avait été détecté le 1er octobre à Castelló d’Empuries (province de Gérone, Catalogne), suivi de quatre autres les jours suivants dans le même secteur. Avec ces nouveaux cas, la France compte 86 foyers (dans 54 élevages) et cinq zones réglementées : Savoies et Ain, Loire et Rhône, Pyrénées-Orientales, Jura, Ain (bilan et carte disponibles sur le site du ministère).

Bovins/DNC : un Cnopsav prévu le 17 octobre, pression pour une vaccination large

Une réunion du Cnopsav, le « Parlement du sanitaire », est prévue le 17 octobre, a indiqué le ministère de l’Agriculture le 16 octobre, confirmant une information de la Confédération paysanne. Elle se tiendra dans un contexte d’extension de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) dans l’Ain et le Jura, et alors que certains syndicats demandent une vaccination préventive large. Dans un communiqué du 14 octobre, la Coordination rurale – qui réclamait ce Cnopsav – demande d'« envisager une vaccination plus large, y compris pour les cheptels hors zones réglementées ». De son côté, la Confédération paysanne plaide pour un élargissement de la vaccination, sans obligation : dans son communiqué du 16 octobre, elle demande « l’accès à la vaccination avec suffisamment de doses pour tous les élevages, en zone réglementée comme en zone indemne ». Côté FNSEA, le secrétaire général adjoint Christophe Chambon indique à Agra Presse « attendre des réponses de la DGAL » avant de prendre position, rappelant qu’une vaccination en zone indemne bloquerait les exportations. Interrogé sur l’éventualité d’une vaccination hors zone réglementée, le cabinet d’Annie Genevard a répondu : « À ce jour, ce n’est pas envisageable ». Le 15 octobre, le ministère a fait paraître au JO un arrêté qui entérine la création de « zones de vaccination » contre la DNC : la vaccination peut être rendue obligatoire dans ces nouvelles zones, distinctes des zones réglementées.

Lait : discussions FDSEA 53-Lactalis sur les délais de règlement de sa condamnation

Après sa condamnation par le tribunal judiciaire de Laval (Mayenne) à dédommager Lactalis à la suite de dégradations réalisées au siège de la société en 2016, la FDSEA 53 a été sommée le 17 septembre de payer par voie d'huissier. Le montant se chiffre à 193 000 euros, mais Lactalis n’a pas imposé de délais pour obtenir le versement des fonds, selon la FDSEA 53. L’échéancier est en discussion actuellement entre les parties, indique-t-elle. Le montant étant particulièrement élevé au regard des ressources de la FDSEA 53, un appel à la solidarité a été lancé au sein du réseau syndical FNSEA. « Plusieurs FDSEA ont déjà répondu présente », signale la fédération départementale. Dans un communiqué diffusé début septembre, la FDSEA 53 estimait que « cette condamnation s’inscrit dans une stratégie judiciaire que nous considérons comme un acharnement de la part de Lactalis, plus préoccupée à faire taire ses fournisseurs qu’à construire un dialogue loyal et équilibré. » Les dégradations avaient eu lieu dans le contexte d’une « une crise laitière majeure » marquée par « des milliers de producteurs en grande détresse économique, et un groupe industriel qui refusait obstinément de reconnaître le juste prix du lait », indiquait la FDSEA 53.

Pernod Ricard voit ses ventes trimestrielles dévisser aux USA et en Chine

Le groupe de vins et spiritueux Pernod Ricard a vu son chiffre d'affaires reculer de 14,3% au 1er trimestre de son exercice décalé 2025/26, du fait notamment d'ajustements de stocks aux Etats-Unis et d'une demande en berne en Chine, selon un communiqué publié le 16 octobre. Ses ventes, également affectées par un effet de changes négatif et la cession d'une activité vins, se sont élevées à 2,38 Md€, et reculent de 7,6% en organique (hors effets de change et de périmètre). Le géant français des alcools entrevoit « une amélioration des tendances en chiffre d’affaires organique » à partir du deuxième semestre. En Chine, son chiffre d'affaires s'est contracté de 27% sur la période allant du 1er juillet au 30 septembre, « dans un contexte macroéconomique difficile ». Aux Etats-Unis, son premier marché, les ventes ont reculé de 16%, un mouvement amplifié par des ajustements de stocks. Mais la bonne tenue des ventes aux consommateurs est « un signal encourageant » pour la suite, indique Pernod Ricard, alors que les vins et spiritueux européens sont depuis août soumis à des droits de douane de 15% imposés par l'administration Trump. Le groupe, qui a annoncé en juin un plan de réorganisation, table sur des « mesures d’efficacité » de 1 Md€ entre 2025/26 et 2028/29.

Crise viticole : dans l’Aude, les vignerons manifestent pour un dégrèvement d'impôt

Quelque 150 vignerons et agriculteurs se sont rassemblés le 16 octobre devant le centre des finances publiques de Carcassonne afin de demander une exonération de taxe dans l'Aude, l'un des départements les « plus affectés par le changement climatique ». Le syndicat des vignerons de l'Aude, à l'origine de la mobilisation, demande un dégrèvement de la taxe sur le foncier non bâti, qui affecte « une filière à l'agonie », a expliqué à l'AFP son président Damien Onorré. Cet impôt touche un « outil de production » qui « n'a plus de rentabilité due aux faibles récoltes que l'on connaît depuis 2021 », ajoute le président du syndicat. Un dégrèvement pourrait donner « un peu de souffle à notre trésorerie », explique Jérôme Barthès, président de la FDSEA de l'Aude. A cause des fortes températures de l'été, il estime que les exploitants de l'Aude ont subi « des pertes de récoltes effectives qui vont de 20, 30 à presque 70, 80 %, suivant les secteurs et les cultures ». « On est tous désabusés », regrette Antoine, jeune agriculteur dans le Minervois, qui estime que le dégrèvement de l'impôt est réclamé depuis quelques années déjà, mais que « la moindre chose que l'on demande, il faut des années pour qu'elle soit mise en place ».

Miel : l’interprofession conteste la fiabilité de l'estimation de récolte de l’Unaf

InterApi, l’interprofession des produits de la ruche, conteste le 16 octobre l’annonce faite la veille par l’Unaf (apiculteurs professionnels et amateurs) d’une « bonne » récolte de miel en 2025. Sa propre estimation, établie avec l’Itsap (institut technique) et le réseau Ada France (associations de développement), « sera rendue publique à la fin du mois d’octobre », indique-t-elle dans un communiqué. Et de souligner la « fiabilité de la méthode » InterApi, dont l’estimation de 20 000 t en 2024 avait avoisiné celle de FranceAgriMer (21 585 t), contrairement à l’Unaf (12 000 t). Comme le syndicat, l’interprofession note une récolte « contrastée » en 2025, avec « notamment une sécheresse estivale prononcée ayant freiné les miellées dans plusieurs régions, comme celle de la lavande en Paca ». Le miel de tournesol, les miels toutes fleurs d’été seraient pénalisés. « Ces fortes disparités régionales rendent aujourd’hui toute estimation prématurée, hasardeuse », insiste InterApi. Rappelons que l’Unaf ne fait pas partie de l’interprofession, que la CR et la Conf’ ont également quittée.

Tereos va proposer de raccourcir la durée d’engagement de ses coopérateurs

Dans un communiqué du 16 octobre, le groupe coopératif Tereos a annoncé qu’il proposera, lors de sa prochaine assemblée générale qui se tiendra le 26 juin 2026, de faire évoluer la durée d’engagement de ses coopérateurs de cinq à trois ans. « Cette évolution s’appliquerait à chaque coopérateur, et selon sa date de renouvellement, à compter du 1er avril 2026 », précise le communiqué. Tereos justifie cette évolution par le contexte actuel jugé plus instable, réclamant davantage de souplesse et de réactivité face au marché : volatilité des rendements, aléas climatiques, contraintes réglementaires etc. « Cette simplification renforce également la relation entre Tereos et ses coopérateurs permettant qu’à chaque renouvellement, le volume soit ajusté, garantissant un fonctionnement au plus près des réalités », précise le groupe. Ce dernier se targue de rassembler plus de 10 000 coopérateurs dans le monde, produisant du sucre de betterave, de canne, des céréales et de la luzerne. Il dispose également de 38 sites industriels et une présence dans 14 pays.

La production de frites surgelées reprend à Clarebout (presse)

Selon un article de la Voix du Nord du 15 octobre (article payant), la production de frites surgelées dans les usines belges et françaises de Clarebout a repris, après une grève des 3 000 salariés qui avait démarré le 2 octobre dernier. Néanmoins, le climat social resterait pesant, précise le média. Pour rappel, le mouvement de grève avait été initié suite au mécontentement des employés quant au niveau de la prime versée par la direction, dans le cadre de la vente du groupe belge à l’américain Simplot durant l’été dernier. Une première proposition à hauteur de 500 €, alors que l’opération se chiffre en milliards d’euros, avait mis le feu aux poudres. La direction a ensuite relevé ce niveau le 9 octobre : 500 € nets de base, 750 € à partir de 10 ans d’ancienneté et 1 000 € à partir de 20 ans d’ancienneté. La nouvelle offre a également été refusée. Clarebout a également été pointée du doigt par les producteurs français de pomme de terre pour ses pratiques commerciales agressives, voire abusives, en revenant unilatéralement sur certains d’entre eux.

Restauration collective/nutrition : la DGS maintient la parution de l’avis de l’Anses

La DGS (ministère de la Santé) a indiqué le 15 octobre à Agra presse que l’avis de l’Anses relatif au futur guide « Recommandation nutrition » du Conseil national de la restauration collective (CNRC) « sera publié prochainement, comme prévu, concomitamment à la publication de l’arrêté » sur lequel l’agence a été consultée. La semaine dernière, les filières avaient demandé la non-parution dudit avis, estimant notamment que cette évaluation a été présentée de manière « superficielle » lors d’une réunion du groupe de travail « Nutrition ». L’agence a été saisie par les ministères de la Santé et de l’Agriculture afin « d’évaluer l’adéquation des dispositions prévues dans ce projet d’arrêté avec l’atteinte des repères alimentaires établis pour chacune des populations concernées », rappelle-t-elle. En outre, contrairement à ce qui a été indiqué dans l’Agrafil du 6 octobre 2025, l’avis de l’Anses ne prévoit donc pas de réduction de la présence des produits laitiers au sein des repas scolaires, indiquent plusieurs sources. Il existe toutefois une crainte de voir diminuer la fréquence de services des fromages dans les menus scolaires au sein du collectif, qui réunissait des filières, une fédération de nutritionniste ainsi que trois organisations de la restauration collective.

Nestlé va supprimer 16 000 postes dans le monde

Philipp Navratil, PDG de Nestlé, a annoncé le 16 octobre la suppression de 16000 postes durant les deux prochaines années. « Le monde évolue et Nestlé doit s’adapter plus rapidement », a-t-il déclaré, cité dans un communiqué. Ce programme de réduction des effectifs comprend notamment la suppression de 12000 postes de bureau dans diverses fonctions et parties du monde, « permettant de réaliser 1 milliard de francs d'économies annuelles d'ici fin 2027 », soit le double du montant prévu jusqu'à présent, détaille le communiqué. S'y ajouteront 4000 postes dans le cadre d'initiatives déjà en cours visant à accroître la productivité dans la production et la chaîne d'approvisionnement. « Nous augmentons dès aujourd'hui notre objectif d'économies à 3 milliards de francs », a ajouté le PDG, contre 2,5 milliards de francs visés auparavant. Cette annonce a été faite à l’occasion de la publication du chiffre d’affaires pour les neuf premiers mois de 2025 qui atteint 65,9 milliards de CHF, soit une diminution de 1,9%, tandis que la « croissance organique a atteint 3,3%, avec une croissance positive dans toutes les zones et toutes les activités gérées au niveau mondial », selon le communiqué.

Redevances eau : les coopératives attendent toujours le «bouclier tarifaire»

Réagissant à la présentation du projet de loi de finances (PLF) pour 2026, la Coopération agricole appelle, dans un communiqué du 16 octobre, à intégrer un «échelonnement dans le temps» et une «modulation» de la réforme des redevances eau, qui engendre de fortes hausses chez les industriels de l'agroalimentaire. Pour rappel, les redevances eau ont fait l’objet d’une révision dans le cadre de la loi de finances pour 2024, avec trois nouvelles redevances : consommation d’eau potable ; performance des réseaux d’eau potable ; redevance de performance des systèmes d’assainissement collectif. Et cette réforme a provoqué des hausses plus fortes qu'attendu, « +120 %, +150%, parfois même 400 %», indique-t-on chez La Coopération agricole. D’où l’annonce d'un « bouclier tarifaire », faite par Matignon en début d'année, pour les grands industriels de l'agroalimentaire. Le dispositif devait permettre de plafonner les montants de redevances, avec un effet dégressif sur trois ans. Mais d'une part, les simulations délivrées en juillet par l'administration concernaient peu d'entreprises, regrette-t-on chez la Coopération agricole. Et surtout cette annonce n'a jamais vu le jour, faute de projet de loi de finances rectificative (PLFR) pour 2025, et il n'apparait pas dans le PLF pour 2026, rapporte la fédération.

Lac de Caussade : à la Cour des comptes, amendes requises contre les élus CR du Lot-et-Garonne

Lors d’une audience publique à la Cour des comptes le 16 octobre, la procureure générale a requis les amendes maximales pour cinq prévenus, élus ou salarié de la chambre d’agriculture du Lot-et-Garonne, pour sept faits, notamment liés à la construction illégale de la retenue d’eau de Caussade. Il s’agit de Serge Bousquet-Cassagne (ancien président sous l’étiquette Coordination rurale), de son fils Nicolas Bousquet-Cassagne (embauché à la chambre comme comptable) et de trois autres élus membres du bureau, Patrick Franken, Christian Girardi et Didier Parel. Ils devaient répondre du préjudice causé aux comptes de la chambre : 5,7 M€ liés au lac de Caussade (construction, amendes et astreintes, mise en conformité) et 300 000 € pour un « plan de relance de l’élevage » lancé en 2019. Parmi les faits reprochés : construction du lac malgré l’annulation de l’autorisation environnementale, attribution de marchés publics à deux sociétés liées à des élus, ou encore embauche du fils de M. Bousquet-Cassagne malgré le conflit d’intérêts. Des faits «d’une extrême gravité », « réitérés et revendiqués », selon la procureure, qui a réclamé des « sanctions exemplaires » (plafonnées à 50 % du revenu annuel par le Code des juridictions financières). Les prévenus se sont défendus de tout conflit d’intérêts. Verdict attendu dans « plusieurs semaines ».

Foncier: la CR rachète une ferme liquidée, lors d'enchères rocambolesques

La Coordination rurale a acquis le 16 octobre à Agen une ferme du Lot-et-Garonne mise en liquidation judiciaire, dans le but de la restituer au petit-fils des propriétaires insolvables, au terme d’enchères rocambolesques ayant entrainé l’ouverture d’une enquête contre le syndicat agricole. La ferme, située près de Marmande a été cédée pour 115.000 euros après une série de surenchères aux allures de match de ping-pong entre l’avocat du syndicat et la représentante d’un couple d’acheteurs anonymes, visée tout au long de l’audience par une dizaine de regards inquiets d’agriculteurs, dans la salle du tribunal. «Il y a des gens qui n’ont aucun scrupule dans ce pays, qui sont prêts à détruire des familles, à virer des gens de chez eux, à assassiner les agriculteurs, c’est scandaleux», a-t-il déploré. Il avait affiché dans plusieurs médias sa volonté de dissuader d’autres candidats de se porter acquéreurs, pour la rétrocéder à Lucas Wafflart, 18 ans, élève en lycée agricole, à l’issue de ses études.

États-Unis : face à la crise agricole, le Farm Bureau pousse Washington à agir

Dans des courriers publiés le 16 octobre et adressés au président Donald Trump et au Congrès, le Farm Bureau, principal syndicat agricole des États-Unis, demande des comptes à l’administration américaine face à la crise que subit le secteur. En cause, la chute brutale des prix des récoltes depuis 2022 mais aussi le déficit commercial durant la même période ou les incertitudes persistantes avec les partenaires commerciaux, notamment la Chine qui ont accentué la volatilité du marché agricole. « À court terme, nous exhortons les dirigeants à autoriser des paiements relais pour les agriculteurs avant fin 2025 », affirme Zippy Duvall, président du Farm Bureau. Le syndicat appelle également à la conclusion d’accords commerciaux équitables et applicables, à une politique sur les biocarburants (y compris la vente d’E15 toute l’année), au rétablissement de la distribution de lait entier dans les écoles ou encore à une préférence nationale pour les fruits et légumes dans les programmes d’achat fédéraux et institutionnels. Une aide « substantielle » aux agriculteurs est promise par l’administration Trump depuis plusieurs semaines mais celle-ci se fait attendre en raison de la paralysie des services publics (ou « shutdown » en anglais).

Machinisme : les États-Unis testent des tracteurs autonomes sur les routes publiques

Selon un article du média Future Farming publié le 1er septembre, les entreprises américaines Kelly Hills Unmanned System et Sabanto (machines agricoles) travaillent avec les autorités du Kansas (département de l’agriculture, du transport et l’Université du Kansas) sur le développement de tracteurs autonomes capables de se déplacer sur les voies publiques, via le programme RAMP (Programme de Mobilité Autonome Rurale en français, NDLR). Le programme comprend un volet technique mais aussi légal, afin de s’assurer que les machines puissent circuler sur les routes en assurant la sécurité des usagers. Le déplacement entre les champs est un défi majeur pour l’agriculture. Si le projet portait ses fruits, des tracteurs pourraient circuler entre les fermes et les champs 24h/24 et 7j/7, éliminant les temps d’arrêt, réduisant la dépendance à la main-d’œuvre, faisant souvent défaut dans le monde rural, et réduisant potentiellement les accidents de circulation. Le projet pilote débutera en 2026, avec pour but de voir si le modèle peut s’étendre à l’ensemble du pays, voire s’exporter à l’international.

Accord UE/Mercosur: la Conf' reçue par le conseiller agriculture de Macron

Des représentants de la Confédération paysanne, organisateur d’une manifestation le 14 octobre à Paris contre l’accord UE-Mercosur, ont été reçus le 16 octobre par le conseiller agriculture du président Emmanuel Macron, une rencontre dont ils sont sortis «inquiets», a dit leur porte-parole à l’AFP. «On est ressortis inquiets, on sent bien qu’Emmanuel Macron est en train de retourner sa veste», a dit à l’AFP Thomas Gibert, porte-parole du troisième syndicat agricole, au terme d’une heure de rendez-vous. L’ensemble des syndicats agricoles français en appellent au président pour qu’il bloque ce traité de libre-échange, contre lequel il s’était précédemment prononcé, en l'état, avant de garder le silence depuis que Bruxelles a présenté début septembre des «clauses de sauvegarde renforcées» pour emporter l’adhésion de Paris. Selon M. Gibert, «il y a une stratégie pour nous faire avaler la pilule: on dit qu’on refuse de signer l’accord en l’état, on cherche à grappiller des clauses de sauvegarde, ou des clauses miroir sur quelques produits (pour des normes identiques, NDLR)... Mais cela ne changera en rien l’importation de quotas» de produits latino-américains.

Retrouvez votre agenda de la semaine agricole du 20 octobre 2025

Lundi 20 octobre
Les députés examinent en commission les PLF (recettes) et PLFSS, jusqu'au 23

Mardi 21 octobre
Communication de la Commission européenne sur le renouvellement générationnel en agriculture
Programme de travail de la Commission européenne pour 2026
L’Anses présente ses travaux de surveillance sur les PFAS
Audition de la DGCCRF à l'Assemblée sur les « politiques de réciprocité »
European wine day, coorganisé par la région Grand Est à Strasbourg
Action flash du Copa-Cogeca (organisations et coopératives agricoles de l'UE) contre la future Pac et le budget de l'UE

Mercredi 22 octobre
Les députés de la Coméco examinent une PPL RN sur l'étiquetage de l'origine
Conférence de presse d’associations et de syndicats sur le RSA
Conférence de presse de la FNCCR (collectivités/eau) sur ses attentes sur le chantier captages
Conférence de presse de la CGF (grossistes) sur la décarbonation
Les députés de la Coméco examinent la mission Agriculture du PLF

Jeudi 23 octobre
Colloque Ecophyto sur le partage du risque sur la chaîne de valeur, au ministère de l'Agriculture
Conférence de presse annuelle stratégique de BASF Agro

Vendredi 24 octobre
Les députés examinent en séance le PLF (recettes)