Agrafil du 16 octobre 2025

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Commission européenne: l'élevage et les pratiques commerciales au programme de 2026

Selon un projet, obtenu par Agra, de calendrier de travail de la Commission européenne pour 2026 qui devrait être présenté le 21 octobre, Bruxelles présentera sa stratégie sur l’élevage « incluant des éléments sur le bien-être animal » au second trimestre l’année prochaine. Egalement attendus au 3e trimestre: une proposition de mise à jour de la réglementation sur les pratiques commerciales déloyales, une législation sur l’économie circulaire et un paquet de simplification de la réglementation sur les énergies renouvelables. Et au 4e trimestre la Commission européenne proposera une mise à jour des réglementations sur le partage de l’effort climatique pour les secteurs non couverts par le système d'échange de quotas d'émission de l'UE (dont l’agriculture) et sur l'utilisation des terres, le changement d'affectation des terres et la foresterie (LULUCF). Au programme de 2026, sont aussi prévues des évaluations de plusieurs réglementations en place avec la possibilité de les amender par la suite sur la santé animale (2e trimestre) et les fertilisants (3e trimestre). Par contre, la révision de la législation européenne sur le bien-être des animaux d’élevage que Bruxelles prévoit normalement pour fin 2026 ne figure pas, à ce stade, dans le projet de calendrier.

Lait : Pascal Le Brun démissionne de la présidence du Cniel

Le président du Cniel (interprofession laitière) Pascal Le Brun a présenté sa démission le 15 octobre à l’occasion d’un conseil d’administration extraordinaire. Sa décision découle de « la difficulté de trouver un consensus politique au sein des différents collèges composant l’interprofession », indique-t-il dans un communiqué. Marc Delage, président du collège du commerce et de la restauration et vice-président du Cniel remplace le président démissionnaire. Par la voie d'un communiqué de la FNPL (éleveurs, FNSEA) et des Jeunes agriculteurs, le collège producteurs de l’interprofession a réagi, s'«offusquant des positions tenues et des remises en cause des écrits par la Fnil (industriels, NDLR) dans toutes les discussions interprofessionnelles (gouvernance, montants de la CVO, indicateurs économiques…) ». Et de s'interroger : « Les producteurs veulent un projet stratégique ambitieux pour accompagner tous les territoires : comment accepteraient-ils un accord et payeraient 75 % de la cotisation sans que leurs voix soient entendues, sans avancées favorables ? ». La FNPL demande un maintien du budget du Cniel et une participation accrue des industriels qui refusent cette solution, préférant une baisse du budget. Contactée, la Fnil indique qu’elle ne souhaite pas prendre la parole.

Lait : la FNPL s’inquiète d’une prochaine baisse du prix du lait

« Il y a un bruit de fond qui laisse entendre qu’il faudra baisser le prix du lait », atteste Yohann Barbe, le président de la FNPL (éleveurs, FNSEA) à Agra Presse. Une perspective à laquelle il est fermement opposé. Il estime qu’il n’y a « aucune raison de baisser le prix du lait » sachant que « les charges des éleveurs restent élevées » (indice Ipampa lait de vache à +25% vs 2020) et que « le lait produit en France est 30 à 50 euros les 1000 litres moins chers que dans les autres pays européens ». Bien que cela ne soit pas le cas en France pour l’instant, cette crainte d’un lait dévalorisé vient de la baisse des cours du beurre et de la poudre maigre liée à l’abondance de lait sur les marchés mondiaux. En France, entre début juillet et fin septembre, le beurre industriel est passé de 7500 euros à 5500 euros la tonne et la poudre maigre est passée de 2380 euros à 2170 euros entre mi-août et fin septembre », précise Jean-Marc Chaumet, économiste au Cniel. Des demandes de baisses pourraient se concrétiser à l’occasion des négociations commerciales entre industriels et fournisseurs qui débutent le 1er décembre.

Lait : en Afrique, vers une reconfiguration des modes de production laitière (rapport)

« Le continent africain fait face à des effets importants du changement climatique », lequel « constitue le principal facteur de transformation des systèmes d’élevage », indiquent les auteurs du premier Baromètre de la filière lait africaine réalisé par la fondation Farm, l’Organisation panafricaine des agriculteurs (Pafo) et l'Afdi (FNSEA, JA, APCA, CNMCCA). « La sécheresse 2020-2023 au Kenya a, par exemple, provoqué la mort de 2,6 millions d’animaux d’élevage, entraînant une chute drastique de la disponibilité en lait dans les zones pastorales. » Au Maroc, pour la même raison, la production laitière a baissé de 20 % entre 2020 et 2022. Selon le rapport, cette situation impose « une reconfiguration profonde des modes de production laitière », qui passe par l’amélioration de l’accès à l’électricité pour avoir des chaînes du froid efficaces, la résorption des conflits territoriaux entre éleveurs et cultivateurs et l’incitation des acteurs à s’organiser collectivement, notamment en organisations de producteurs. Pour y arriver, les auteurs recommandent « une action publique cohérente, des investissements responsables et une coopération internationale fondée sur des échanges justes et réciproques ».

Bovins/DNC : un nouveau foyer dans l’Ain, deux dans le Jura, près du précédent

Un nouveau foyer de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) a été confirmé le 14 octobre dans un élevage de 180 veaux à Neuville-les-Dames (Ain), a annoncé le ministère de l’Agriculture dans un communiqué le 15 octobre. Une nouvelle zone réglementée – la cinquième en France – a été mise en place dans un rayon de 50 km autour du foyer ; elle recoupe en partie deux précédentes zones, celle autour du cas dans le Jura et la première en date dans les Savoies et l’Ain. Cette nouvelle zone sera soumise à des restrictions de mouvements d’animaux, et « une campagne de vaccination obligatoire sera mise en œuvre et prise en charge par l’État », précise le ministère. Par ailleurs, deux nouveaux foyers de DNC ont été détectés dans le Jura, à Écleux, la commune où avait déjà été confirmé un foyer le 11 octobre. La France compte désormais 83 foyers (dans 51 élevages) depuis l’apparition de la maladie sur le territoire, fin juin en Savoie. Enfin, alors que le débat s’ouvre sur une éventuelle vaccination préventive, un arrêté est paru au Journal officiel le 15 octobre qui entérine la création de « zones de vaccination » contre la DNC. La vaccination peut être rendue obligatoire dans ces nouvelles zones, distinctes des zones réglementées.

Viande in-vitro : le français Gourmey rachète Vital Meat pour former Parima

La start-up française de viande in-vitro Gourmey a annoncé, dans un communiqué le 15 octobre, le rachat de sa concurrente française et filiale du groupe Grimaud, Vital Meat, sans préciser le montant de l’opération (lire l’article complet dans Agra Innovation). Ensemble, elles forment désormais Parima, qui veut être le « nouveau champion européen des protéines de culture ». Le positionnement premium de Gourmey et son foie gras cultivé vient compléter les lignées cellulaires de Vital Meat, qui vise un marché plus large avec son poulet cultivé. Gourmey acquièrt ainsi les infrastructures de son site de Nantes, équipé d’un bioréacteur de 2000 litres. Citant un contexte global propice à la consolidation avec le besoin « d’atteindre une masse critique », Étienne Duthoit, fondateur et Pdg de Vital Meat, espère que ce rachat « accélèrera notre chemin vers la rentabilité et débloque de puissants moteurs d’innovation et de croissance ». Parima détient désormais « plus de 70 demandes de brevets dans 15 familles de brevets ». Avec neuf procédures d’autorisations en cours en Europe, en Asie et en Amérique du Nord, elle pourrait devenir « la première entreprise au monde à obtenir des autorisations pour deux espèces animales, le canard et le poulet ». (Irina Lafitte, Agra Innovation)

Influenza aviaire : le niveau de risque passe de « négligeable » à « modéré »

L’arrêté élevant à « modéré » le niveau de risque en matière d’influenza aviaire est paru au Journal officiel ce 15 octobre, pour une entrée en vigueur le lendemain de sa publication, soit le 16 octobre. Il impose sur l’ensemble de la France métropolitaine les règles de surveillance et de prévention applicables à ce niveau de risque définies par l'arrêté du 25 septembre 2023. Alors que les foyers d’influenza aviaire se multiplient en Europe, la France a recensé deux cas ces derniers jours, dans une basse-cour de Seine-Maritime et dans un élevage de gibier à plumes du Pas-de-Calais. Le cas de la basse-cour a été confirmé le 14 octobre à Luneray, non loin de Dieppe, selon le communiqué de la préfecture de Seine-Maritime. Ses pintades, canards, poules et oies doivent être abattus. Celui de l’élevage de gibier à plume (48 00 faisans et perdrix) a, lui, été confirmé le 10 octobre à Pihen-lès-Guînes, au sud de Calais. La fédération des chasseurs du département précise sur son site internet que la chasse est maintenue sur la totalité de la zone réglementée (10 km autour du foyer), ainsi que le transport des appelants à condition qu’il soit limité à 30 oiseaux et que les mesures de biosécurité soient strictement respectées.

Miel : l’Unaf prévoit une « bonne » récolte 2025 mais des difficultés en Provence

L’Unaf estime que la récolte de miel 2025 va atteindre « entre 23 000t et 25 000t », selon un communiqué le 15 octobre. Le syndicat d’apiculteurs professionnels et amateurs estime que c’est « une bonne année sur le plan national » car c’est « presque le double de celle de 2024 ». Rappelons-nous que l’an passé, à la même époque, l’Unaf avait annoncé  12 000t de miel pour 2024. Un chiffre divergent des 21 585 t annoncées a posteriori par France AgriMer, dans son observatoire présenté en juillet. Au-delà de ces différences dans les chiffres, l’Unaf constate des « disparités régionales importantes » qui corroborent en certains points le constat dressé par le conditionneur Famille Michaud à la mi-septembre. Les conditions météorologiques favorables du printemps ont permis « de belles récoltes », sauf dans le Sud-Est où « quelques jours de canicule ont réduit à néant tout espoir de récolte digne de ce nom ». Ainsi, la miellée de colza a été bonne et celle d’acacia globalement très bonne. Celle de tournesol a été « médiocre en raison des très grosses chaleurs estivales ». Enfin, la récolte de lavande a été « catastrophique en Provence », sauf en de rares endroits. « Les apiculteurs sinistrés cette année, notamment les provençaux, doivent pouvoir bénéficier d’aides publiques pour empêcher la faillite d’exploitations apicoles fragilisées » déclare le président de l’Unaf, Christian Pons, cité dans le communiqué. 

Soja/huile de cuisson : Donald Trump menace Pékin d’une guerre commerciale

Alors que la Chine a drastiquement réduit ses achats de soja aux États-Unis depuis mai, « un acte économiquement hostile » pour le président américain Donald Trump, ce dernier a menacé Pékin de représailles sur les importations d’huile de cuisson, dans un message posté le 14 octobre sur son réseau social Truth Social. Cette annonce intervient au moment où le locataire de la Maison Blanche a fait connaître son intention de rencontrer Xi Jinping fin octobre en marge du sommet de l’APEC (Coopération économique Asie Pacifique) pour évoquer la question du soja. De son côté, l’empire du Milieu mise sur l’apaisement. « Il n’y a pas de gagnant dans une guerre commerciale ou une guerre des droits de douane. Elles ne servent les intérêts de personne », a indiqué Lin Jian, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères. Et d’ajouter : « Les deux parties doivent négocier afin de résoudre les problèmes, sur la base de l’égalité, du respect et des bénéfices mutuels ». Selon l’AFP, les États-Unis étaient, en 2024, le plus gros acheteur d’huile de cuisson usagée chinoise, utilisée notamment pour la production de biocarburants comme le biodiesel, avec un achat de 1,27 million de tonnes (+52 % par rapport à 2023).

Blé tendre bio : la récolte 2024 avait dévissé de moitié en volume, bonne qualité pour 2025

Lors d’une visioconférence du 15 octobre suivant le conseil spécialisé grandes cultures, FranceAgriMer (FAM) juge la qualité de la récolte de blé tendre bio 2025 comme bonne pour la panification. En revanche, aucun chiffre sur les volumes 2025 n’a pu être communiqué. Seuls ceux de 2024 sont apparus : la récolte française est estimée à 203 716 t, dont 4 238 t en conversion. Cela représente un recul de 52 % par rapport à 2023, en raison des mauvaises conditions de semis et de récolte. Quant à la qualité 2025, les poids spécifiques s’affichent 78,4 kg/hl en moyenne, sachant que 87 % des lots analysés dépassent la norme de 76 kg/hl. Les temps de chute de Hagberg sont très élevés : l’intégralité de la collecte dépasse les 240 secondes (norme à 220 secondes). La note de panification moyenne des blés s’affiche à 253/300, confirmant là aussi les bons résultats. Petit bémol : les taux de protéines reculent légèrement par rapport à l’an dernier. Le taux moyen s’élève à 10,8 %, contre 11,2 % en 2024. « Mais leur qualité est bonne », tempère Chatou Laouan Brem Boundi, chargée d'études sur la qualité des céréales.

Céréales : le dynamisme des exportations françaises allège les stocks (FranceAgrimer)

Lors d’une visioconférence du 15 octobre suivant le conseil spécialisé grandes cultures, FranceAgriMer a revu à la hausse ses projections d’exportations de céréales hexagonales 2025-2026, engendrant un repli des prévisions de stocks de fin de campagne. Plus en détail, les projections d’exports de blé tendre vers les pays de l’UE ont été rehaussées de 300 000 t environ entre septembre et octobre, à un peu plus de 7 Mt. Autre élément notable : la correction à la baisse sur la période de la collecte, de 400 000 t environ, à 30,1 Mt. La hausse des exportations, cumulée à la baisse de la collecte, engendre un décrochage de stocks prévisionnels de fin de campagne, de 800 000 t environ entre septembre et octobre, à un peu moins de 2,7 Mt. En orge, les exportations vers les pays tiers sont relevées d’un peu plus de 100 000 t d’un mois sur l’autre, à un peu plus de 3 Mt, compte tenu d’une demande dynamique. Les stocks prévisionnels 2025-2026 s’effritent d’environ 250 000 t, à 1,942 Mt. En maïs, le rythme des exportations vers l’UE s’avère élevé, passant de 4,27 à 4,56 Mt environ. Les réserves régressent de 270 000 t, à 1,95 Mt.

Fruits et légumes : fonctionnement assoupli pour les fonds de mutualisation

Le conseil spécialisé « Fruits et légumes » de FranceAgriMer, réuni fin septembre, a rendu un avis favorable sur les évolutions proposées concernant le dépôt et la présentation des programmes opérationnels (PO) par les organisations de producteurs (OP), dans le cadre de la Pac 2023-2027. En premier lieu, il est acté que les fonds de mutualisation couvrant les aléas de marché déjà créés pourront être réabondés sous deux conditions : baisse de prix d’au moins 20 % entre la période de référence et celle concernée et une compensation maximale versée au producteur correspondant à 60 % du préjudice subi. Les dépenses de réabondement pourront être accompagnées à hauteur de 50 % par les dépenses du fonds opérationnel. C’était une demande de longue date de Felcoop (coopératives). En second lieu, une nouvelle mesure concerne les conditions de sécurité au travail :  elle prend en compte des dépenses de prestations de service pour la réalisation d’une étude préalable d’évaluation des risques et des mesures de sécurité au travail (investissements matériels et immatériels, mobilisation du personnel salarié ou adhérent de l’OP). 

Travail saisonnier : une PPL pour développer l’hébergement dans les zones carencées

Dans une proposition de loi déposée le 14 octobre, le député François-Xavier Ceccoli (Droite républicaine, Haute-Corse) propose un dispositif visant à développer et pérenniser l’hébergement des travailleurs saisonniers dans les zones en difficulté, « un des points de tension majeurs dans les territoires ». L’exposé des motifs indique que le texte inscrit le logement saisonnier « dans la hiérarchie des documents d’urbanisme, libère du foncier sans compromettre les exigences environnementales, mobilise un levier financier pérenne et associe les acteurs privés ». Le texte prévoit plusieurs dispositions : introduction d’un « plan d’orientation des logements des travailleurs saisonniers » obligatoire dans les schémas de cohérence territoriale (SCoT), exonération de taxe foncière pour les propriétaires louant leur bien entre 3 et 11 mois à un saisonnier dans une zone carencée, crédit d’impôt aux entreprises investissant dans la construction ou la réhabilitation de logements dédiés… Il propose l’institution d’une « convention territoriale Saisonniers » entre les communes dans les zones carencées et l’État. Il prône la création d’un Fonds national pour le logement des saisonniers (50 M€ par an), financé en partie avec « une part du produit des amendes administratives liées aux manquements à l’objectif de réduction de l’artificialisation nette ».

Pesticides/RPD : un projet d’arrêté revoit à la hausse la dangerosité de six substances

Les ministères de l’Aménagement du territoire et de la Transition écologique ont mis en consultation publique, le 13 octobre, un projet d’arrêté modifiant la liste des substances actives soumises à la redevance pour pollution diffuses. Cette modification consiste en une mise à jour de la liste et de l’évolution des classes de dangers, au vu des récentes connaissances scientifiques émanant du règlement CLP, de l’Anses, de l’Efsa et de l’ECHA. Le projet d’arrêté prévoit d’augmenter le taux de redevance applicable pour l’herbicide S-metolachlore, et les fongicides 2 phenyl-phenol et pyraclostrobine, car ils passent en classe de danger maximum « CMR » pour cancérogènes, mutagènes, et reprotoxiques. Le fongicide à base d’acide 2,5-dichlorobenzoique 2905-69-3 fait pour la première fois l’objet d’une taxation, de niveau « EnvA », c’est-à-dire de toxicité aïgue pour le milieu aquatique. De même l’herbicide dicamba est lui aussi désormais classé « EnvA ». Enfin le régulateur mepiquat-chlorure passe de la classification EnvB à Santé A car il est « toxique en cas d’ingestion ». La consultation publique se terminera le 5 novembre. 

Conférence de l’eau : le bassin Loire-Bretagne plaide pour un renforcement des moyens

Le comité de bassin Loire-Bretagne demande une augmentation « substantielle » des moyens alloués à son agence de l’eau, dans le cadre de sa contribution à la « Conférence de l’eau dans nos territoires », adoptée le 14 octobre. Pour y parvenir, il propose par exemple la suppression du plafond de recettes et de dépenses imposé aux agences de l’eau, le renforcement de la solidarité entre bassins hydrographiques métropolitains, ou encore la révision des taux de redevances pour pollution. Le comité identifie d’autres chantiers prioritaires, dont une mobilisation collective pour réduire les risques de pollution des captages d’eau potable, dans une logique préventive. À ce titre, il souhaite promouvoir le maintien et le développement de l’agriculture biologique, ou encore la structuration des filières agricoles dans des démarches de projets alimentaires territoriaux. Adoptée « dans un très bon état d’esprit », cette synthèse « ne doit pas rester sans suite », insiste Thierry Burlot, président du comité de bassin Loire-Bretagne. D’ici la fin de l’année, les contributions issues de ces conférences territoriales, lancées en mai dernier, seront synthétisées et discutées au sein du Comité national de l’eau, avant d’être transmises au gouvernement. 

Pollinisateurs : l’UICN tire la sonnette d’alarme pour les abeilles et papillons d’Europe

L’organisation internationale de protection de la nature (UICN) a averti l’Europe des risques pour « la survie » de ses pollinisateurs, notamment des abeilles sauvages, rapporte l’AFP le 11 octobre. Cette mise en garde a été formulée à l’occasion du congrès mondial de l’UICN qui se tient jusqu’au 15 octobre à Abou Dhabi. « Près de 100 espèces supplémentaires d’abeilles sauvages en Europe ont été classées comme menacées, dans une nouvelle évaluation conduite pour la liste rouge de l’UICN des espèces menacées », a indiqué l’organisation dans un communiqué. L’UICN y place « au moins 172 des 1 928 espèces évaluées » contre 77 en 2014, par exemple l’abeille Simpanurgus phyllopodus qui est « en danger critique ». Elle précise que « plus de 20% des espèces dans des groupes comme les bourdons et les collètes » courent un risque d’extinction. De plus, « le nombre d’espèces européennes de papillons menacées a fortement augmenté, de 76% en une décennie ». Ainsi, l’espèce grand blanc de Madère (Pieris wollastoni) qui se limitait à cette île portugaise, est désormais classée comme « éteinte ».

Forêt française : la hausse de la mortalité des arbres menace son rôle de puits de carbone

La mortalité des arbres en France connaît une hausse marquée, selon les données publiées le 14 octobre par l’IGN (information forestière) dans le cadre de son inventaire forestier national (IFN). Cette évolution résulte d’une multiplication des crises sanitaires et climatiques, qui altèrent l’état des peuplements et réduisent la capacité des forêts à jouer leur rôle de puits de carbone. Et ce, malgré le reboisement continu du pays, avec une progression de la forêt progresse à un rythme moyen de 90 000 hectares par an. La surface forestière française atteint désormais 17,6 millions d’hectares, soit 32 % du territoire national, contre 16,2 millions en 2010. Cet accroissement masque toutefois une fragilisation préoccupante. Sécheresses répétées, canicules, attaques de bioagresseurs (champignons, insectes) et incendies pèsent lourdement sur la vitalité des peuplements. Entre 2015 et 2023, la mortalité annuelle a atteint en moyenne 16,7 millions de mètres cubes, soit 2,3 fois plus qu’entre 2005 et 2013. Elle a augmenté de 125 % en dix ans, les arbres morts représentant désormais environ 5 % du volume de bois sur pied. Selon l’IGN, l’optimisation du rôle de puits de carbone des forêts françaises passe désormais par un renouvellement des peuplement plus résilients et une meilleure protection contre les aléas.

Nutrition : une PPL Les Républicains pour signaler des enfants victimes de malbouffe

Dans une proposition de loi déposée le 14 octobre, la députée Les Républicains (LR) Justine Gruet propose d'ajouter au Code de l'action sociale le concept de « situation de maltraitance inconsciente », qui consiste, pour un parent ou tuteur, à exposer, « de manière répétée et non intentionnelle » son enfant à des comportements préjudiciables à sa santé physique, mentale ou sociale. La députée inclut notamment « l'alimentation manifestement déséquilibrée, inadaptée aux besoins nutritionnels de l’enfant », aux côtés de l'exposition aux écrans et de la sédentarité. Lorsque ce cas se présente par « des signes manifestes », un professionnel de santé, de l'éducation ou de la protection de l'enfance peut effectuer un signalement auprès du conseil départemental, qui peut proposer un « accompagnement », comprenant un programme de sensibilisation à la mauvaise alimentation, et un « accès facilité » à des dispositifs de soutiens, comme des « ateliers de nutrition et parentalité ».

Œnotourisme : une PPL socialiste prévoit de déroger au Code de l’urbanisme

Une proposition de loi (PPL) sur l’œnotourisme, déposée le 14 octobre à l’Assemblée par Pascale Got (socialiste, Gironde), vise à « structurer et renforcer son développement ». Des mesures de simplification et clarification de règles d’urbanisme sont notamment prévues. Selon le texte, « le maire peut autoriser l’exploitant agricole, après avis (de la CDPenaf et de la CDNPS), pour une durée maximale de cinq ans, les constructions, installations et changements de destination de bâtiments » pour l’œnotourisme, dès lors qu’ils « ne compromettent ni l’activité agricole ni l’unité paysagère et patrimoniale du site ». Une « ambiguïté juridique » est parallèlement levée. La PPL inscrit en effet l’œnotourisme « dans la catégorie des activités constituant le prolongement de l’acte de production, à l’instar de l’Italie », d’après l’exposé des motifs. Un autre volet du texte concerne la reconnaissance juridique et stratégique de l’œnotourisme, avec l’introduction d’une définition claire dans le Code du tourisme et la création d’un baromètre annuel destiné à faciliter le pilotage des politiques publiques. Le 13 juin, l’ex-ministre du Tourisme Nathalie Delattre avait dévoilé une feuille de route de l’œnotourisme, prévoyant entre autres de simplifier les normes d’urbanisme.