Fiscalité : coupe proposée dans les biocarburants, prorogation du crédit d'impôt bio
Présenté le 14 octobre en conseil des ministres, le projet de budget 2026 taille dans des niches fiscales jugées « obsolètes », notamment les biocarburants. Il prévoit ainsi la suppression du tarif particulier pour le carburant B100 et la réduction progressive de l’avantage fiscal pour le carburant E85. En revanche, le texte confirme deux dispositifs de soutien, en prorogeant la déduction pour épargne de précaution (DEP) jusqu’au 31 décembre 2028 et le crédit d’impôt en faveur de l’agriculture biologique jusqu’à 2027. Un autre ajustement permet à l’éleveur, qui subit un abattage sanitaire d’animaux reproducteurs, d’être exonéré d’impôt sur les plus-values ou profits sur stock, à condition de réinvestir l’indemnité perçue à la reconstitution du cheptel. Déjà inscrits dans le budget 2025, deux dispositifs sont précisés. L’un concerne l’application anticipée de la provision pour augmentation de la valeur des stocks de vaches laitières et allaitantes. L’autre facilite les transmissions, en prévoyant l’application au 15 février 2025 du rehaussement des seuils au-delà desquels l’exonération partielle des droits de mutation à titre gratuit est réduite (sous condition de bail rural à long terme). Les redevances des agences de l’eau sont par ailleurs aménagées : les agriculteurs qui irriguent avec de l’eau potable, faute d’alternative, ont droit à un abattement d’assiette jusqu’à 20 000 m³ par an.
Bio : première baisse historique du nombre d’exploitations au 1er semestre 2025
Le nombre d’exploitations bio a diminué durant le premier semestre 2025, selon l’Agence bio. C’est « la première fois » que le nombre d’agriculteurs sortant de la certification agriculture biologique (AB) est supérieur au nombre de nouveaux entrants. « En août 2025, on note ainsi 2 696 entrants et 2 861 sortants, soit un solde de -165 producteurs », indique l’Agence bio dans un communiqué daté du 25 septembre, à l’occasion de la présentation du baromètre du moral des agriculteurs au salon Tech&bio. Ce repli intervient après deux années marquées par un recul des surfaces cultivées en bio, avec une première baisse de 2% en 2023 et une nouvelle baisse de 2% en 2024. Malgré ces baisses de surfaces, le solde d’agriculteurs bio avait continué à augmenter de 2% en 2023, puis de 1% en 2024. Pour l’Agence bio, la reprise du marché bio observée cette année laisse espérer une inversion de la tendance « d’ici deux à trois ans », vu que c’est le pas de temps nécessaire à une exploitation pour se convertir en bio.
Biocarburants : les compagnies aériennes européennes réclament un « délai »
Les grandes compagnies aériennes européennes ont affirmé le 14 octobre qu'elles seraient forcées de demander un « délai » face à l'obligation de recourir à davantage de carburants d'origine non fossile, sauf action rapide de la Commission européenne pour en stimuler la production sur le Vieux continent. Ces transporteurs, fédérés par le groupe Airlines for Europe (A4E), avaient déjà mis en doute fin mars la faisabilité des objectifs d'incorporation de ces carburants d'aviation durable (en anglais « sustainable aviation fuels », SAF) dans les réservoirs de leurs avions à l'horizon 2030. L’UE, dans le cadre de ses efforts de décarbonation, impose qu'une partie croissante des carburants d'aviation soit issue de sources renouvelables. Fixée à 2 % depuis le début de l'année, la part de SAF doit monter à 6 % en 2030 et progressivement jusqu'à 70 % en 2050. A4E a aussi réclamé à la Commission européenne un « dialogue stratégique » avec le secteur aérien, comparable à celui noué par l'exécutif avec l'industrie automobile, qui espère de son côté un assouplissement de l'interdiction prévue en 2035 de la vente des véhicules neufs à moteur thermique.
Biocarburants : la Collective du bioéthanol s’insurge contre les coupes fiscales
Il n’a pas fallu longtemps à la filière française du bioéthanol pour réagir. Dans un communiqué du 14 octobre, la Collective du bioéthanol s’insurge contre le projet gouvernemental de supprimer les avantages fiscaux du Superéthanol-E85 (carburant contenant entre 60% et 85% d’éthanol d’origine végétal-blé, maïs, betterave…), dans le cadre du projet de loi de finances (PLF)2026. « La hausse des taxes sur le Superéthanol-E85 augmenterait le prix à la pompe de 40 à 50 centimes par litre d’E85 si elle était intégralement répercutée sur ce carburant », argue l’organisation. Dans le cas où elle serait répartie sur toutes les essences, dont l’E85, et selon les choix des distributeurs, la hausse serait de 2,3 centimes par litre d’essence, ajoute la Collective du bioéthanol. Elle rappelle que l’E85 est actuellement le carburant le moins cher, s’élevant en moyenne à seulement 0,71 €/l, à comparer avec l’essence de type super95-E10 (contenant 10% d‘éthanol), vendu à 1,68 €/l. Elle en profite également pour rappeler qu’en 2018, le mouvement des gilets jaunes avait pris corps suite à une hausse des taxes sur les carburants. « Il serait irrationnel de porter un nouveau coup au pouvoir d’achat en augmentant les taxes de l’E85, le carburant le plus français et le moins carboné pour les véhicules essence », prévient l’industrie hexagonale.
Ministère de l'Agriculture : comme attendu, Lecornu prévoit une coupe de 200 M€
Comme prévu dès juillet dans les plafonds de dépenses proposés par le gouvernement de François Bayrou, le ministère des Finances propose un budget en baisse de 200 millions d'euros (M€) pour la mission Afaar (agriculture, forêt, ruralité), indique-t-il dans son dossier de presse le 14 octobre. Le budget du ministère de l'Agriculture descend à 3,8 milliards d'euros (Md€), auxquels il faut ajouter 500 M€ de taxes affectées, qui restent inchangées. La baisse est essentiellement supportée par la ligne « Compétitivité et durabilité de l'agriculture, de l'agroalimentaire et affaires rurales », vaste enveloppe qui inclut les soutiens publics, à l'exclusion du TO-DE. Pour le ministère de l'Agriculture, il s'agirait d'une seconde baisse consécutive. En autorisations d'engagements, la mission Aafar était passée de 5,37 Md€ votés en LFI 2024 à 4,62 Md€ d'euros en 2025. Cette première baisse était intervenue après une hausse de plus de 1 Md€ pour le budget 2024 de la Rue de Varenne, dont 782 M€ étaient fléchés vers la planification écologique. Globalement, le gouvernement prévoit un effort d’une trentaine de milliards d’euros, dont 17 Md€ sur les dépenses – notamment celles de l’État qui baisseront, à l’exception de la défense (+6,7 Md€) – et près de 14 Md€ en recettes nouvelles, d’après un chiffrage du Haut conseil des finances publiques.
Sécurité sociale : Lecornu propose une extension du capital décès en agriculture
Le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2026, présenté le 14 octobre, annonce l’extension du bénéfice du capital décès aux ayants droit des non-salariés agricoles (exploitants agricole pour l'essentiel) décédés des suites d’un accident du travail ou d’une maladie professionnelle (AT-MP). Le capital capital décès existe depuis 2022 pour les familles d’agriculteurs décédés à la suite d’une maladie ou d’un accident de la vie privée. « Cette mesure participe à la convergence du régime de protection sociale des non-salariés agricoles vers le régime général de Sécurité sociale et le régime des salariés agricoles », est-il indiqué. Le gouvernement explique que cette mesure répond à un engagement du plan gouvernemental d’accompagnement des agriculteurs en détresse en améliorant l’aide apportée aux familles en cas de suicide du chef d’exploitation ou d’un membre de la famille travaillant sur l’exploitation. Globalement, le PLFSS 2026 proposé par le gouvernement Lecornu répond à un impératif de redressement des comptes sociaux. Le projet vise ainsi à ramener en 2026 le déficit (23 Md€ en 2025) à 17,4 Md€, avec pour objectif un retour à l’équilibre en 2029, et à renforcer la lutte contre la fraude.
NGT: les négociateurs européens progressent vers un accord espéré en décembre
Après plusieurs réunions techniques ces dernières semaines, les négociations en trilogue sur les nouvelles techniques de sélection génomiques (NGT) ont repris le 14 octobre. Les négociateurs du Parlement européen et du Conseil sont parvenus à se mettre d’accord sur les critères d'équivalence entre les NGT de catégorie 1 et les plantes conventionnelles. Les modifications génétiques apportées ne devront pas dépasser les 20 nucléotides (insertion ou substitution). Et à la demande du Parlement européen, ces modifications ne devront pas créer de protéine chimérique absente des espèces de sélection. Concernant les deux autres points abordés durant cette réunion de négociation, les brevets et les critères de durabilité, aucun compromis n’a pas se dégager. Toutefois, des sources estiment que sur le premier point les discussions se rapprochent d'un terrain d’entente qui doit encore être approfondi au niveau technique. Sur les critères de durabilité, les débats restent plus ouverts. Un nouveau trilogue est prévu pour la mi-novembre avant un trilogue final espéré par la présidence danoise du Conseil de l’UE en décembre afin de finaliser les négociations.
Céréales: la Suède va constituer ses premières réserves stratégiques dans le nord du pays
Les premiers stocks de céréales à utiliser en cas de guerre ou de crise vont être mis en place dans le nord de la Suède, région d’une «importance militaire stratégique», a annoncé le 14 octobre le gouvernement. Stockholm a prévu d’investir, dans le cadre de son budget 2026, 575 millions de couronnes (environ 52 millions d’euros) pour établir ces réserves. Elles seront financées par des contrats conclus entre l’Etat et les entreprises. L’Etat achètera une certaine quantité de céréales aux entreprises en question et paiera ensuite pour assurer un renouvellement continu de ces produits (stocks tournants) et ceux-ci devront toujours être disponibles, explique l’Agence suédoise de l’agriculture. L’appel d’offres sera lancé le 15 octobre dans les comtés de Norrbotten, Västerbotten, Västernorrland et Jämtland. Ces comtés dépendent aujourd’hui entièrement des transports en provenance du sud du pays pour assurer leur approvisionnement alimentaire, ce qui pourrait poser problème en cas de conflit. Le concept de «défense totale» a été réactivé par la Suède en 2015, après l’occupation l’année précédente de la Crimée par la Russie, et renforcé après l’invasion à grande échelle de l’Ukraine en 2022.
Maïs : Arvalis plus pessimiste qu'Agreste quant à la production française 2025
Lors d'une conférence de presse organisée par l'AGPM (producteurs de maïs, FNSEA) le 14 octobre à Paris, Arvalis a indiqué tabler sur une production française 2025 de maïs grain à 12,9 Mt, contre 13,5 Mt selon le dernier rapport d'Agreste (services statistiques du ministère de l'Agriculture), publié le même jour. Arvalis parie en effet sur une surface de 1,45 Mha, contre 1,545 Mha côté ministère. À l’automne 2024, les semis de céréales d'hiver se sont déroulés dans des conditions bien plus favorables que l'année précédente, rognant sur les assolements de maïs. Les prévisions de rendements sont semblables des deux côtés, attendus à 88 q/ha environ. Si les volumes régressent, les inquiétudes quant à la qualité sont bien moindres que l’année dernière, où les pluies avaient provoqué d'importantes contaminations aux mycotoxines. Quelques points d'alertes aux aflatoxines, liées à l'expansion de certains champignons en année plus sèche, sont tout de même signalés. Mais le principal point d'attention cette année est la hausse des attaques de ravageurs et des contaminations aux adventices, notamment le datura, toxique pour l'alimentation humaine, car source de contamination aux alcaloïdes. Par ailleurs, une expansion des ray-grass, originellement plus présents en céréales à paille, devient problématique cette année. L'interdiction du S-métolachlore explique l'expansion des mauvaises herbes, explique l'AGPM.
Maïs : l’accord UE-Mercosur entraînerait l’importation de l’équivalent de 3,5 Mt (syndicat)
Lors d’une conférence de presse organisée à Paris le 14 octobre, l’AGPM (producteurs de maïs, FNSEA) estime qu’une signature de l’accord de libre-échange avec le Mercosur engendrerait des importations supplémentaires de l’UE de 3,5 Mt/an de maïs équivalent. La notion de « maïs équivalent » fait référence à l’importation directe de grains, mais aussi d’autres produits qui en sont issus : bioéthanol, poulet, drêches, etc. « Nous exhortons le président Emmanuel Macron à tenir sa promesse de ne pas signer cet accord », a rappelé Franck Laborde, président de l’AGPM. Ce dernier a rappelé les contraintes que subissent les agriculteurs français et européens : normes bien plus exigeantes par rapport aux pays du Mercosur, l’Ukraine, prix en berne, coûts de production en hausse, projet MACF (engrais), etc. La signature avec le Mercosur constituerait une contrainte supplémentaire. « D’après une enquête menée par nos soins, les coûts de production en Ukraine de maïs s’élèvent à 97-99 €/t. Les chiffres sont similaires en Argentine et au Brésil, pendant que ceux en France dépassent les 200 €/t en 2025, ce qui devrait encore être le cas en 2026 », alerte Franck Laborde.
Pomme de terre/betterave: des organisations européennes demandent un plan contre les maladies vectorielles
Quatre organisations européennes des secteurs de la betterave et de la pomme de terre (Cibe, EUPPA, Europatat et VHPZ) tirent la sonnette d’alarme sur la propagation «à un rythme toujours plus rapide» des maladies vectorielles qui menacent ces cultures. Les bactéries pathogènes Candidatus Phytoplasma solani et Candidatus Arsenophonus phytopathogenicus responsables notamment du syndrome des basses richesses «peuvent entraîner des pertes massives de rendement et de qualité». Elles sont transmises par la cicadelle Pentastiridius leporinus et facilitée par le changement climatique, «les contraintes contreproductives (comme l'exigence d'une couverture végétale minimale, qui permet aux cicadelles de survivre à l'hiver) et aggravée par la perte de plusieurs outils efficaces de protection des cultures ces dernières années». Les quatre organisations exhortent donc la Commission européenne à prendre des mesures à commencer par un soutien d'urgence pour les agriculteurs touchés par des pertes de rendement liées aux cicadelles. Elles souhaitent également une augmentation des investissements dans la recherche, notamment au titre d'Horizon Europe et que l’UE n’impose plus «d'interdictions ni de restrictions sur les substances actives tant que des alternatives viables n'auront pas été développées».
UE/Mercosur : en manifestation à Paris, la Conf’ exprime un « non ferme et définitif »
La Confédération paysanne a organisé une mobilisation à Paris, le 14 octobre, contre le projet d’accord entre l’Union européenne (UE) et des pays du Mercosur, rejoint par plusieurs dizaines d’associations et collectifs. Tous les syndicats agricoles français sont fermement opposés à cet accord entre l’UE et quatre pays latino-américains du Mercosur, dont la Commission européenne a lancé début septembre le processus de ratification et à l’égard duquel la France, hier très opposée, semble depuis se montrer moins défavorable. Aux yeux de la Conf’, historiquement opposé aux traités de libre-échanges, « c’est un non ferme et définitif ». Elle appelle le président Emmanuel Macron « à tenir son engagement », rappelant que le chef de l’État avait, lors du dernier Salon de l’agriculture en février 2025, fustigé « un mauvais texte » et promis qu’il ferait « tout pour qu’il ne suive pas son chemin, pour protéger cette souveraineté alimentaire et européenne ». Pour tenter de rassurer la France, la Commission a proposé début septembre des clauses de sauvegarde « renforcées », en cas de brusque hausse des importations ou baisse des prix, avec un « suivi renforcé » des « produits sensibles ». Pour la Conf’, ni « clauses de sauvegarde », ni « clauses miroir miracles » ne sauraient garantir un rééquilibrage de cet accord.
Viande bovine : Vincent Chatelier (Inrae) relativise l’impact de l’accord UE-Mercosur
Invité à intervenir au congrès de Culture viande (abattage-découpe), le 14 octobre à Paris, l’économiste de l’Inrae Vincent Chatelier a largement relativisé l’impact potentiel de l’accord UE-Mercosur sur les marchés français et européen de la viande bovine. Tout d’abord en relevant que le contingent de 99 000 t accordé aux pays d’Amérique du sud s’étalera sur six ans, soit environ 15 000 t pour la France (l’Hexagone comptant pour 15 % de la population européenne). À titre de comparaison, la France a importé 363 000 téc en 2024, en légère baisse sur un an, selon FranceAgriMer. Dans ses prévisions à horizon 2035, la Commission européenne « ne s’attend pas à une entrée massive d’importations de viande », note encore ce spécialiste des échanges internationaux des produits animaux. Plus largement, l’UE-27 est « la zone la plus excédentaire au monde en produits animaux », grâce aux exportations de produits laitiers et de viande porcine, a-t-il rappelé. Appelant à « redonner le moral » notamment aux étudiants et futurs éleveurs, M. Chatelier a estimé que « le problème de fond, c’est de reporter aux consommateurs le prix de la viande pour faire vivre les abatteurs et les éleveurs ».
Viande bovine : au congrès de Culture viande, la décapitalisation au cœur des débats
« On n’a pas besoin d’aides, on a besoin de vaches ! » : la boutade d’Yves Fantou, président de Culture Viande, résume bien la teneur des discussions qui se sont tenues lors du congrès du syndicat de l’abattage-découpe, le 14 octobre à Paris. Au centre des débats : la décapitalisation bovine, en grande partie à l’origine des difficultés économiques du secteur. « Partout des initiatives naissent, des démarches de coopération avec les éleveurs sous différentes formes », a relevé M. Fantou, en référence notamment au développement de l’engraissement des jeunes bovins en France (lire notre enquête). Pour l’industriel breton, le « mot d’ordre » des abatteurs doit être de « sécuriser la production et préserver les savoir-faire pour garantir la souveraineté ». « L’export d’animaux vivants représente un gros tiers de la production française, on a encore des leviers » pour flécher des bovins vers la consommation hexagonale, a estimé de son côté Emmanuel Bernard, président de la section d’Interbev (interprofession). « Chaque année, entre 150 et 200 000 femelles allaitantes sont exportées pour être engraissées en Italie », a-t-il illustré, remarquant que la conformation de ces animaux pourrait correspondre aux besoins de la restauration, demandeuse de petites carcasses.
Bovins/DNC : les préparatifs avancent en vue du repeuplement dans les Savoies
Le repeuplement des bovins dans la première zone réglementée pour la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), située dans l’Ain et les Savoie, pourrait commencer le 22 octobre en l’absence de nouveau foyer, indique Cédric Laboret, président de la chambre d’agriculture Savoie Mont-blanc, à Agra Presse le 13 octobre. Environ 1 700 bovins ont été abattus dans les 78 foyers de la zone (dans 46 élevages), et leur remplacement sera progressif, voire partiel. Dans le cadre de « l’organisation collective » mise en place par les professionnels, les besoins en animaux et l’offre disponible dans les départements alentour ont été recensés – le récent foyer dans le Jura prive les éleveurs savoyards d’une partie des animaux prévus. Autre axe majeur : les animaux entrants devront être « les plus sains possible » et présenter un « pass sanitaire » qui portera sur la DNC, mais aussi sur d’autres maladies (FCO, MHE, besnoitiose, BVD, fièvre Q). Un dispositif qui devrait « permettre d’éviter la spéculation », espère M. Laboret. Le repeuplement dépendra aussi du versement des indemnisations sanitaires aux élevages foyers. « Deux premiers dossiers-tests ont été déposés la semaine dernière », indique Cédric Laboret. Dans l’intervalle, « le Crédit agricole et le Crédit mutuel proposent des prêts relais à taux zéro pendant un an », précise l’élu consulaire.
Elevage: le projet Fabulose reçoit 3,5 M€ de l'UE pour développer du cuir sans animaux
Veaux de boucherie : les éleveurs bretons peinent à accéder aux aides régionales (syndicats)
Dans un communiqué du 14 octobre, la FRSEA et les JA de Bretagne indiquent que « deux demandes déposées sur trois pour des projets en élevage de veaux de boucherie (…) ont été écartées » dans le cadre du dispositif Agri’Invest du conseil régional. Lancées en 2023, ces aides à l’investissement « sont indispensables afin d’assurer le renouvellement des générations mais aussi la poursuite de l’activité des éleveurs en place », estiment les syndicats. Et ce d’autant que la filière veaux de boucherie a été « caractérisée comme filière à enjeu de pérennité », selon eux, avec « à peine 300 élevages en Bretagne (-40 % depuis 2018) ». En raison de restrictions budgétaires, certaines aides Agri’Invest sont « soumises à l'obtention d'un contrat de transition agroécologique (CTAE) accordant des points selon le type de levier activé ». Or, « il est aujourd’hui quasiment impossible pour un éleveur spécialisé en veaux de boucherie de dépasser la cinquantaine de points » nécessaires pour voir son dossier éligible. La FRSEA et les JA en appellent à « la filière dans son intégralité » pour « trouver des solutions », comme par exemple « un dispositif Cap2ER adapté ». Faute de quoi, « l’ensemble des acteurs de l’aval, intégrateurs, abatteurs et distributeurs, devront participer financièrement s’ils veulent encore trouver du veau d’élevage breton demain ».
Influenza : arrêté de passage en risque modéré prévu le 16 octobre
Le niveau de risque d’influenza doit passer de « négligeable » à « modéré » par un arrêté ministériel à paraître le 16 octobre, apprend-on auprès du GDS (défense sanitaire) de Côte-d’Armor, averti le 13 octobre par un mail de la DDPP du département. L’administration invoque la confirmation le 10 octobre dans le Pas-de-Calais (un élevage de faisans et perdrix) et plusieurs cas détectés dans la faune sauvage, notamment dans le Morbihan et en Vendée depuis le début de la saison. Ceci implique, en vertu de l’arrêté du 25 septembre 2023 des restrictions et contraintes au transport des palmipèdes et des appelants de chasse. En zones à risques particulier (ZRP), où les conditions naturelles peuvent favoriser la contamination par la faune sauvage, les volailles doivent être rentrées dans des bâtiments fermés. En zones à risque de diffusion (ZRD) à forte concentration d’élevages, les palmipèdes doivent aussi être mis à l’abri, ou sur parcours adapté à compter de cette année (sous conditions) s’ils ont achevé leur vaccination. Aussi, la vaccination pour la campagne 2025-2026 a-t-elle débuté en priorité dans les ZRD ce début octobre. L’an dernier le risque est passé de « négligeable » à « modéré » à la mi-octobre également.
Vin : en Occitanie, lancement d’un observatoire des marchés « d’ici début 2026 »
Comme prévu en décembre dans son « contrat de filière » vitivinicole, la région Occitanie va créer un observatoire des marchés, a-t-elle annoncé le 14 octobre. « Plus de 1 M€ » lui sont consacrés, avec un lancement prévu « d’ici début 2026 », selon le communiqué. « Cet outil inédit et stratégique pour la filière, coordonné par la chambre régionale d’agriculture Occitanie, a pour objectif de mutualiser, acquérir et diffuser des données stratégiques (production, consommation, exportations, tendances de marché…) à destination des opérateurs de la filière, détaille la région. Il permettra d’identifier, en France comme à l’international, les attentes des consommateurs et d’orienter les productions régionales vers des marchés cibles porteurs. » L’idée est de collecter les informations dans les différentes bases de données existantes, d’en acquérir de nouvelles pour les centraliser, les analyser et de diffuser, « quasi en temps réel », une information commune partagée. De multiples usages sont prévus. L’observatoire permettra de « définir une stratégie par bassin, par produit, se différencier, mieux piloter le vignoble ou encore organiser une segmentation fine de l’offre indispensable au pilotage de son développement économique et de sa notoriété ».
Viticulture/intrants : BASF lance une déclinaison de son OAD Xarvio en vignes
Le chimiste allemand BASF décline le service de pilotage des intrants Xarvio Field Manager pour les producteurs de vin et de raisin de table, a-t-il annoncé le 14 octobre. Ce nouvel OAD (outil d’aide à la décision) en viticulture, « disponible en France pour la campagne 2025-2026 », s’appuie sur des modèles agronomiques « plus robustes », d’après le communiqué. Il répond à l’objectif de formuler des recommandations « au plus près de la réalité » des besoins de la plante. BASF utilise pour cela sur des modèles mécanistes, qui se concentrent sur le développement du processus (par exemple, le cycle de vie d’un pathogène ou d’un ravageur) et en prédisent l’évolution en fonction de variables externes qui l’influencent (environnement, phénologie des cultures, caractéristiques du sol…). L’outil est alors « beaucoup plus précis et robuste face au changement climatique » qu’avec les modèles statistiques, basés sur un historique de données pour produire leurs recommandations, explique le groupe. Selon BASF, plus de 130 000 agriculteurs et conseillers dans le monde ont adopté Xarvio Field Manager, ce qui représente plus de 20 millions d’hectares pilotés grâce à l’apport du numérique.
Oléagineux : Paul-Yves L’Anthoën sera le prochain gérant du groupe Avril
Dans un communiqué du 14 octobre, le groupe Avril, spécialisé dans divers secteurs, particulièrement les oléoprotéagineux, a annoncé la nomination de Paul-Yves L’Anthoën au poste de gérant. Sa prise de fonction prendra effet le 1er mars 2026. Il succèdera à Jean-Philippe Puig, en poste depuis 2012, « qui a fait part de longue date au Conseil d’Administration de sa décision de faire valoir ses droits à la retraite en 2026 », précise le communiqué. Paul-Yves L’Anthoën occupait précédemment le poste de directeur général d’Axéréal depuis 2017, poste qu’il a quitté durant l’année 2025. Il rejoindra le groupe Avril dès le 3 novembre afin d’assurer la période de transition jusqu’à mars 2026. Le futur nouveau gérant avait déjà occupé un poste de directeur d’une filiale d’Avril, à savoir sa branche nutrition animale : Sanders. Il a également exercé des postes de direction au sein de Vivescia (2006-2013) et Terrena (2013-2017). « Paul-Yves L’Anthoën continuera à développer la création de valeur du Groupe, au service de la filière des huiles et protéines et de la Ferme France », s’est exprimé dans le communiqué le président du conseil d’administration Arnaud Rousseau.
Volaille : Fabrice Caro succède à Stéphane Dahirel à la présidence du Gaevol
Fabrice Caro, éleveur de poulets lourds de 45 ans et de vaches allaitantes Salers dans le Morbihan, est depuis début octobre le nouveau président du groupement de producteurs de volailles Gaevol, partenaire de Sanders. Après plusieurs années en tant secrétaire du bureau, il succède au président-fondateur Stéphane Dahirel qui, comme annoncé depuis de nombreuses années, a tiré sa révérence aux Trente ans du groupement l’été dernier. Sur le plan syndical Fabrice Caro a fait ses armes aux JA du Morbihan et de Bretagne, portant les dossiers de la volaille et du bien-être animal, avant de venir « sur le tard » au milieu des années 2010, au syndicat national. Il accède à la présidence du Gaevol au moment où les éleveurs réclament de meilleurs prix. « Il y a eu quelques revalorisations mais c’est seulement une partie du chemin. Il en faudra d’autres, considère-t-il. C’est question de rendre l’élevage de volaille attractif, et d’avoir des installations, des fermes dynamiques, rénovées, avec une bonne capacité de production ».