Résidus de pesticides: le Parlement européen force Bruxelles à revoir sa copie
Le Parlement européen a rejeté, le 18 septembre, à une large majorité deux décisions de la Commission européenne proposant de revoir les limites maximales de résidus (LMR) de pesticides interdits dans l’UE sans les ramenées à zéro. Bruxelles va devoir revoir sa copie. En avril, les États membres avaient pourtant donné leur feu vert à ces textes qui prévoient des tolérances à l'importation – très supérieures à la limite de détection - pour le cyproconazole, le spirodiclofène, le bénomyl, le carbendazime et le thiophanate-méthyl sur des produits tels que les agrumes ou les céréales. «C’est un désaveu pour la Commission européenne» malgré la pression qu’elle exercée pour convaincre les parlementaires de ne pas soutenir ces objections, se félicite l’eurodéputé socialiste Christophe Clergeau à l’initiative de ces deux résolutions. Déjà avant les élections européenne, des propositions similaires concernant les résidus de tricyclazole sur le riz et de thiaclopride avaient été rejetées par le Parlement. Christophe Clergeau espère qu’avec ce vote encore plus net que les précédents, «la Commission européenne va changer sa logique» pour la protection de la santé des citoyens et lutter contre une concurrence pour les agriculteurs de l’UE.
Pesticides: une députée LR redépose une PPL pour autoriser l'épandage par drones
Après la défaite du député Renaissance Pascal Lavergne aux dernières législatives, le dossier de l'épandage de pesticides par drone vient d'être repris par une députée Les Républicains (Aube, LR), Valérie Bazin-Malgras, qui a déposé, le 17 septembre, une nouvelle proposition de loi pour réautoriser son usage. Le texte est beaucoup plus succinct, et au premier abord plus souple que celui de l'ex-député de Haute-Vienne, autorisant «la pulvérisation aérienne par drone prévu dans une liste définie par décret», en précisant seulement «qu’il sera nécessaire d’utiliser des buses anti‑dérives adaptées». La proposition de loi de Pascal Lavergne précisait les usages visés, notamment les vignes en pente, vignes mères de porte-greffes conduites au sol et bananeraies, et restreignait l'usage du drone à «certains produits à faible risque ou autorisés en agriculture biologique, lorsque celui-ci présente des avantages manifestes pour la santé humaine et l’environnement par rapport aux applications terrestres». La loi Egalim avait instauré une expérimentation de trois ans sur des surfaces agricoles à forte pente ou en bio qui s’est achevée en 2022. En 2023, Marc Fesneau s’était dit favorable à sa reconduction, et Agnès Pannier-Runacher avait donné son soutien au texte de Pascal Lavergne. La France a interdit les épandages aériens de pesticides depuis 2014, conformément à une directive européenne de 2009. Elle avait alors supprimé les dernières dérogations qui subsistaient pour le maïs et les bananes, le riz et la vigne.
Egalim: les ex-députés Babault et Izard veulent présenter leur rapport au futur ministre
Les anciens députés Anne-Laure Babault et Alexis Izard ont finalisé leur rapport sur les lois Egalim commandé par l’ex-premier ministre Gabriel Attal et veulent le présenter au futur ministre de l’Agriculture, a indiqué Anne-Laure Babault (Modem), le 18 septembre au Space. L’ex-parlementaire a été invitée à intervenir lors d’une conférence de presse de la FNPL (producteurs de lait, FNSEA). Le rapport contient «une trentaine de propositions», explique-t-elle. Avec une ligne directrice: «renforcer l’amont et simplifier la négociation en aval». Comme indiqué dans une note transmise en juin au gouvernement, la question de l’origine des produits y tient une place importante. Les auteurs proposent notamment «d’imposer à l’industriel de donner une visibilité sur la part de matière première française» contenue dans ses produits à son acheteur, précise Anne-Laure Babault. Selon elle, il est «évident qu’il faut mieux prendre en compte les coûts de production» de l'amont. Elle est également favorable à une date butoir dans les négociations entre les organisations de producteurs et les laiteries. Missionnés par Gabriel Attal en février, Anne-Laure Babault et Alexis Izard n’avaient pas pu remettre leur rapport avant la tenue des législatives et la démission du gouvernement.
Présidence d’Interfel : les grandes lignes du programme de Jean-Michel Delannoy
Jean-Michel Delannoy, candidat à la présidence d’Interfel a détaillé pour Agra Presse les grandes lignes qu’il présentera le 24 septembre, jour de l’élection. L’ancien président de Felcoop (coopératives) entend, s’il est élu, accompagner le travail précédemment accompli dans l’interprofession tout en voulant initier la création plusieurs «outils d’aide à la décision». Ainsi, il préconise la création d’une nouvelle commission au sein d’Interfel, dédiée génériquement au prix et à la rémunération du producteur, «un chaînon manquant à l’heure actuelle». D’une manière générale, il est partisan du renforcement des commissions de l’interprofession en trouvant des fond additionnels (abondement de l’Etat au même niveau que la CVO par exemple). Il prône aussi la création d’une certification portée par Interfel, «qui pourrait être prioritaire sur la kyrielle de certifications existantes car l’interprofession est représentative de la majorité de la consommation de fruits et légumes en France». Jean-Michel Delannoy voudrait aussi compléter le réseau des centres techniques (spécifiquement au nord de Paris). Enfin, en interne, «dans une période de turbulence et de pénurie, il s’agira aussi de faire preuve de sobriété et de rigueur» conclut-il.
Présidence d’Interfel : la «vision» proposée par Daniel Sauvaitre
Contacté par Agra Presse, Daniel Sauvaitre, président de l’ANPP (pomme/poire) et candidat à la présidence d’Interfel le 24 septembre, a évoqué la «vision» et les actions qu’il mettrait en œuvre s’il était élu. «Dans une interprofession comptant 15 familles, le président d’Interfel a un pouvoir d’initiatives et de propositions, de déceler les problèmes et de veiller à ce que le débat demeure productif», explique-t-il. Le renforcement de la production d’accords interprofessionnels participe selon lui à ce travail collectif: «Il y a une impatience des opérateurs sur certains sujets, celui de l’accumulation des cahiers des charges par exemple. Cet outil, qui va au-delà de la règlementation nationale, a prouvé son utilité» en rappelant le succès de l’accord «calibrage pommes et poires». Dans le cadre du Plan de souveraineté, il entend aussi être «à l’écoute des territoires» et de l'ensemble des métiers de la filière «afin que l’agenda soit porté par les professionnels et non par l’État. L’équilibre entre le déploiement des actions nationales dans les régions et le retour de celles-ci est important». Cette «pédagogie du réel» s’appuierait sur le travail des comités régionaux d’Interfel. Il plaide pour un CTIFL (Centre technique interprofessionnel) qui soit «une force de solutions en phase avec les besoins des entreprises face à la compétition internationale».
Petits fruits rouges : Agroberries et Berry World créent le 2e opérateur mondial
Agroberries, entreprise chilienne leader dans la production et la commercialisation de petit fruits rouges (myrtilles, fraises, framboises et mûres), a annoncé le 18 septembre l'acquisition du britannique BerryWorld Group Holdings Ltd, le plus important metteur en marché de ces fruits en Europe. Par ailleurs, Continental Grain Company (Conti), investisseur spécialisé dans l'agroalimentaire qui avait déjà investi dans Agroberries en 2022, a annoncé un nouvel apport en capital et le renouvellement de son engagement auprès de l'entreprise dans le cadre de cette opération. Outre ses implantations au Chili, Agroberries dispose d’un fort réseau de producteurs associés outre-Atlantique et de plateformes de commercialisation aux États-Unis et aux Pays-Bas. BerryWorld Group est reconnu pour son programme de développement variétal qui a produit plusieurs variétés exclusives primées et opère également dans le segment des fruits préparés. L'entreprise issue du regroupement commercialisera chaque année environ 150 000 tonnes de myrtilles, fraises, framboises et mûres, provenant d’une base de production de plus de 3 000 hectares, en plus d'un large groupe de producteurs associés dans plus de 30 pays. La nouvelle entreprise entend surfer sur la demande toujours importante pour ces fruits et sur une croissance tirée par l'introduction de nouvelles variétés premium.
Noix: nouvel accord interprofessionnel autour de la qualité des noix fraîches
Alors que débute la nouvelle campagne de la noix, Interfel a annoncé, dans un communiqué du 17 septembre, la mise en place d’un nouvel accord interprofessionnel pour la noix fraîche couvrant les campagnes 2024-2026. Parmi les principales dispositions de l’accord figurent notamment les critères de maturité nécessaires à la commercialisation de la noix fraîche, avec une obligation pour chaque lot de contenir au moins 80% de noix avec une cloison médiane interne entièrement brune. Par ailleurs, l’étiquetage doit désormais inclure des informations sur la conservation du produit – à savoir «à consommer rapidement, à entreposer de préférence au frais» ou «conservation très limitée, à entreposer de préférence au frais» – et ce pour permettre «une meilleure prise en charge du fruit». Enfin, l’accord prévoit depuis cette année une limitation de la durée de commercialisation à 15 jours après la date d'expédition. À noter que la date d’expédition sera apposée sur chaque colis afin d’aider à respecter cette durée. Selon l’interprofession des fruits et légumes, l’objectif est d’assurer à la fois «une maturité optimale lors de la récolte et une qualité irréprochable au moment de sa commercialisation», souligne l’interprofession des fruits et légumes frais.
Fleurs : le Kenya vers un record d’exportation, notamment grâce au Brexit
Selon les projections du conseil floricole kényan (KFC), le volume des exportations de fleurs coupées devrait atteindre 250 000 tonnes d’ici la fin de l’année, rapporte l’agence Ecofin le 11 septembre. Cela soulignerait une progression de 5% par rapport à 2023. Ce serait aussi un nouveau record pour la filière kényane. Déjà, sur les huit premiers mois de l’année, les exportations (200 000 t) ont représenté 84% de ce qui avait été réalisé l’année précédente (238 000 t). La rosiculture est la principale contributrice avec plus de 80% de la valeur des expéditions. Le directeur général du conseil floricole, Clement Tuzeli, explique cette bonne tenue du secteur: «Notre secteur des fleurs a enregistré d’excellentes performances pour la période de la Saint-Valentin qui représente environ 40% de nos ventes annuelles totales». De plus, après les Pays-Bas, le Royaume-Uni, qui représente le deuxième débouché du Kenya, autorise depuis avril dernier l’importation de fleurs coupées en franchise de droit sur son marché. Le Kenya est le quatrième producteur mondiale de fleurs coupées derrière les Pays-Bas (aussi pays de réexportation), la Colombie et l’Équateur : l’exportation a représenté 750 millions d’euros en 2023.
Vendanges : la Marne met en place des navettes pour les saisonniers au RSA
En partenariat avec quatre maisons de champagne, le département de la Marne a mis en place des navettes pour permettre aux allocataires du RSA de se rendre sur les lieux des vendanges, rapporte France Bleu, le 12 septembre. Depuis 2019, les bénéficiaires du RSA de la Marne, l’Alsace et l’Aube ont la possibilité de cumuler allocation et salaire de saisonnier pour les vendanges, disposition inscrite dans le cadre du plan de lutte contre la pauvreté 2019-2021. Mais ils faisaient face au problème de la mobilité, récurrent dans le travail saisonnier. Techniquement, les vendangeurs prennent cette navette le matin devant la préfecture et ils y sont ramenés le soir. Le département met aussi à la disposition des maisons de champagne participantes, un accompagnant : celui-ci est notamment chargé, en cas d'absence d'un des bénéficiaires, de trouver un remplaçant. Mis en place à titre expérimental, le dispositif, qui court jusqu’au 24 septembre, pourrait se «développer avec d’autres maisons l’an prochain» s’il fait ses preuves cette année, selon le vice-président du département, Mario Rossi qui espère du même coup faire découvrir aux bénéficiaires les «autres métiers de la vigne». 120 000 vendangeurs sont attendus pour la récolte 2024 dans le département.
Travail saisonnier agricole: une proposition de loi LR pour l'imposer aux bénéficiaires du RSA
La députée de l’Aube, Valérie Bazin-Malgras (LR) et plusieurs autres députés ont déposé le 17 septembre une proposition de loi visant à conditionner le versement du RSA à l'aide active aux vendanges et aux récoltes agricoles saisonnières. «Le travail saisonnier dans l’agriculture peut offrir des opportunités pour développer des compétences utiles, notamment la maîtrise de techniques agricoles. Cette expérience peut améliorer les chances de trouver un emploi stable dans le secteur agricole ou dans d’autres secteurs à l’avenir», est-il indiqué dans l’exposé des motifs. La PPL propose de modifier l’article L. 262-35 du code de l’action sociale et des familles. D’une part, en étendant l’obligation de contrat entre le département et le bénéficiaire «à toutes les personnes orientées vers un organisme participant au service public, y compris ceux orientés vers Pôle emploi» (jusqu’à présent pas concerné). D’autre part, en incluant le travail saisonnier agricole dans les engagements réciproques en matière d'insertion professionnelle définis dans le contrat, en ajoutant la phrase: «Ces engagements réciproques en matière d’insertion professionnelle incluent obligatoirement, en tenant compte des capacités physiques du bénéficiaire, ainsi que de sa situation personnelle et familiale, la réalisation de contrats de saisonniers dans le secteur de l’agriculture, notamment des vendanges».
Semences de betteraves: Florimond Desprez et DLF Seeds créent une joint-venture
Le groupe français Florimond Desprez et le groupe danois DLF Seeds A/S ont annoncé le 17 septembre la signature d'un accord ayant pour objectif d’unir leurs forces dans le secteur des semences de betterave sucrière, betterave fourragère et chicorée industrielle. Pour ce faire, ils ont créé une joint-venture nommée United Beet Seeds (UBS) spécialisée dans la recherche, la production, le traitement et la commercialisation des semences de ces trois espèces. L’objectif est de «renforcer leurs positions sur le marché betteravier», mais surtout de «faire face à des défis majeurs d’ordre climatique, géo-économique et réglementaire» alors que «la concurrence sur ce marché est rude» et que «l’accélération des avancées technologiques nécessite des investissements toujours plus importants», expliquent les deux entreprises semencières dans un communiqué. Basée en Belgique, United Beet Seeds va employer plus de 900 personnes dans le monde. C’est Lilian Escalon qui en prend la direction alors qu’il venait juste d’être nommé p.-d.g. de SESVanderHave (groupe Florimond Desprez) en juin 2024 avec une solide expérience dans le secteur semencier, notamment au sein de HZPC (plants de pomme de terre, Pays-Bas).
Blé tendre: exportations attendues en recul de plus d'un tiers, qualité moyenne
A l'occasion de sa réunion mensuelle, le 18 septembre, le conseil spécialisé Grandes cultures de France Agrimer, a livré de nouvelles prévisions d'exportation de la moisson française 2024 marquée par un net recul de la production de blé tendre à 25,75 millions de tonnes (Mt). En conséquence, les exportations de blé tendre sont attendues en baisse de 6,5 Mt (-39%), à 10,1 Mt. Dans la même tendance, les exportations d'orge reculeraient de 1,8 Mt à 5 Mt, et celles de blé dur de 185 000 tonnes à 770 000 tonnes. A l'inverse, les exportations de maïs grain rebondiraient de 8% à 4,5 Mt. FranceAgrimer a également livré de premières estimations de qualité des blés à l'entrée de silos, avant travail d'allotement ; il en ressort une qualité plutôt moyenne en blé tendre, et dégradée en blé dur. FranceAgrimer a également livré de premières estimations de qualité des blés à l'entrée de silos, avant travail d'allotement ; il en ressort une qualité plutôt moyenne en blé tendre, et dégradée en blé dur. Dans le détail, la teneur en protéine du blé tendre atteint 11,4% (dans la moyenne quinquennale), son poids spécifique est «très hétérogène» (35% sous 74 kg/hl, contre 10% sur la moyenne quinquennale), mais le temps de chute de Hagberg est «excellent» (99% au dessus de 240s). Pour le blé dur, la teneur en protéine atteint seulement 13,8% (45% supérieurs à 14%, contre 68% sur la moyenne quinquennale), et le poids spécifique est très hétérogène (28% supérieurs à 78kg/hl, contre 48% sur la moyenne quinquennale). Le blé dur est notamment marqué cette année par un taux élevé de moucheture (5,2%).
Produits laitiers: Beillevaire rachète trois fromageries, dont une avec Agrial
Spécialiste des produits laitiers, le groupe familial Beillevaire vient d'annoncer, par un communiqué le 17 septembre, avoir racheté trois fromageries, dont une avec l'aide d'Agrial. Il s'agit du Curé Nantais (situé à Pornic - fromage à pâte molle éponyme), de la Fromagerie de la Houssaye (Saint-Pierre-en-Auge - Pont L'Evêque AOP et Livarot AOP), ainsi que de la Fromagerie de Vinay (Isère - Saint Marcelin IGP et Saint Félicien) - pour cette dernière, il a opéré dans le cadre d'une «joint-venture évolutive» avec Agrial. «A travers ces acquisitions, le groupe Beillevaire diversifie son portefeuille produit, avec notamment l’apport de 2 nouvelles AOP», commente-t-il dans le communiqué. Fondé à Machecoul en 1980, le groupe Beillevaire commercialise déjà cinq fromages sous AOP (Brie de Meaux, Brie de Melun, Picodon, Camembert de Normandie au lait cru moulé à la louche, Chabichou du Pointou). Il réalise 100 millions de chiffre d'affaires via 600 références de produits laitiers, en transformant 30 millions de litres de lait. Ce faisant, le groupe annonce qu'il ouvre son capital à Unigrains, société d'investissement de la filière céréalière, à un niveau non précisé dans le communiqué.
Porc : plus de mille visiteurs à l’inauguration d’un élevage périurbain près de Lyon
Un éleveur de porcs de la coopérative Cirhyo, Pascal Allabouvette, a reçu ce 14 septembre plus de mille visiteurs à l’occasion de l’inauguration festive d’un bâtiment de post-sevrage de 2 000 places à Pusignan, en périphérie de Lyon, portant à 15 000 porcs charcutiers sa production annuelle. «L’acceptation de cet élevage périurbain est le résultat d’un travail de longue haleine», commente Cécile Michon, directrice de l’interprofession porcine Régionale, Interp’Aura. L’éleveur partage depuis plusieurs années avec le public les progrès de son élevage, aujourd’hui en symbiose avec la production céréalière, limitant les sources de nuisances et combinant bien-être animal et humain. Ainsi le dernier bâtiment comprend une salle de tri, des niches chaudes et un système de lavage d’air. Interp’Aura et les groupements régionaux aident les éleveurs dans la gestion de leurs dossiers environnementaux et l’interprofession fait connaître les métiers du porc auprès des institutions et du grand public. Le Conseil régional, dont le président a honoré l’inauguration, alloue 2 millions d’euros annuels à la production porcine. Le nouveau bâtiment d’1,2 million d’euros a reçu 67 500 euros de subvention de la région et du Feader et 76 000 euros de l’Ademe.
Stratégie climat : la concertation autour de la SNBC 3 prévue pour «la rentrée»
La troisième programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE 3) et la nouvelle Stratégie nationale bas carbone (SNBC 3) feront l’objet d’une concertation «à la rentrée», rapporte l’Autorité environnementale (AE) dans un avis adopté en séance le 12 septembre. Cette concertation sera suivie par une phase de consultations obligatoires dans la perspective d’adopter la PPE fin 2024 – début 2025. Concernant la SNBC 3, les travaux de modélisation se poursuivront dans l’optique d’une publication finale courant 2025. À propos du déroulé de ces étapes, l’AE alerte toutefois sur la «difficulté» que crée l’approbation de la troisième PPE avant celle de la troisième SNBC. Et de préciser que la DGEC devra veiller à ce que la PPE 3 soit juridiquement compatible avec la deuxième SNBC et cohérente avec la SNBC 3. En outre, l’AE préconise de s’appuyer sur une analyse des précédents indicateurs, ayant vocation «à rester stables», et ce pour permettre leur suivi. Autre point soulevé par l’AE, celui du recensement des enjeux prioritaires en matière d’environnement (biodiversité, gestion de la ressource en eau, limitation de l’artificialisation) pour lequel elle recommande de se référer aux avis relatifs à des programmes correspondant à la pression considérée et de s’assurer de la cohérence des choix retenus pour la SNBC et la PPE avec lesdits projets.
Nappes phréatiques : un étiage «très sévère» attendu dans plusieurs zones du Sud
Grâce aux pluies printanières et estivales, la situation des nappes phréatiques reste «très satisfaisante», avec 70 % des niveaux au-dessus des normales mensuelles, a annoncé le BRGM (Bureau de recherches géologiques et minières) dans son bulletin de situation hydrogéologique publié le 16 septembre. Une situation «beaucoup plus favorable» qu’en 2023, où 62 % des niveaux se trouvait sous les normales mensuelles au mois d’août (contre seulement 17% en août 2024). «Seules les nappes du littoral du Roussillon, du Languedoc, du Cap-Corse et du littoral oriental de Corse enregistrent des niveaux très inférieurs aux normales mensuelles», précise toutefois le BRGM, précisant que l’étiage (période de basses eaux) 2024 s’y «s’annonce très sévère». Selon Violaine Bault, hydrogéologue au BRGM, les difficultés en cours devraient «perdurer au cours des prochaines semaines au niveau des nappes qui affichent aujourd’hui des niveaux sous les normales», rapporte l’AFP. En particulier dans le Roussillon, «les niveaux sont tellement bas que même un niveau exceptionnellement humide pourrait ne pas suffire pour reconstituer les réserves», reconnait-elle. C’est pourquoi le BRGM recommande que la période de recharge 2024-2025 fasse l’objet d’une surveillance «accrue».
Stockage de l'eau : faute de gouverner, la gauche redépose une PPL pour son moratoire
Le projet de gouvernement NFP, qui incluait la mise en place par décret d'un moratoire contre les «méga-bassines» dans les trois premiers mois d'exercice, n'ayant pas vu le jour, la gauche se replie sur le Parlement. Les députés du groupe Ecologiste et Social ont déposé le 17 septembre à l’Assemblée nationale une proposition de loi (PPL) pour mettre en place un moratoire «sur la construction d’ouvrages de stockage de l’eau à usage d’irrigation agricole» et «réformant le Code de l’environnement concernant l’usage de l’eau en agriculture». Déposée par la députée des Deux-Sèvres Delphine Batho (Écologiste – Social), la PPL avait déjà été déposée à l’Assemblée nationale en décembre 2023 ; un mois seulement après le rejet d’une PPL LFI de «moratoire» contre les «méga-bassines». Le premier chapitre de cette nouvelle PPL vise à suspendre la délivrance des autorisations pour la construction de nouveaux ouvrages de stockage d’eau, mais également à abroger les autorisations délivrées pour les ouvrages dont les travaux n’ont pas commencé. Par ailleurs, il impose des conditions plus strictes pour l’utilisation des ouvrages de stockage existants, avec par exemple l’usage «exclusif» de l’eau stockée pour l’irrigation de cultures biologiques. Enfin, la PPL appelle au démantèlement des ouvrages déclarés «illégaux». Le chapitre suivant comporte plusieurs dispositions modifiant le Code de l’environnement. Il vise notamment à ce que les agences de l’eau ne puissent plus financer des ouvrages de stockage pour l’irrigation.
Environnement: FNE appelle Michel Barnier à «clarifier ses intentions»
France nature environnement (FNE) appelle le nouveau Premier Ministre Michel Barnier à «clarifier ses intentions écologiques» en particulier «en attribuant un rôle central au SGPE face à l'urgence écologique», dans un communiqué le 18 septembre. La fédération, qui regroupe «plus de 6200 associations», s’inquiète de la portée des chamboulements de son cabinet, annoncés la veille. Les pôles agriculture et environnement sont désormais distincts avec chacun un conseiller, alors qu’ils étaient précédemment réunis en un «pôle écologie, agriculture, énergie, logement et transport» ayant pour tête de file Antoine Pellion, par ailleurs secrétaire général à la planification écologique. «L’écologie ne doit plus être l'apanage d'un ministre, sinon, on l'a constaté, quel que soit son rang et son poids, il perd les arbitrages. Tous les membres du Gouvernement doivent avoir des responsabilités définies sur le sujet, et rendre compte de leurs résultats devant le Parlement», déclare le président de FNE Antoine Gatet, cité dans le communiqué.
Algues vertes: bientôt un documentaire sur les difficultés de tournage du film
Un documentaire sur les coulisses du film "Les algues vertes" de Pierre Jolivet, sorti au cinéma en juillet 2023 et adapté de la bande-dessinée documentaire d’Inès Léraud, est en préparation, selon le quotidien Ouest-France (article payant). Les difficultés rencontrées durant le tournage en Bretagne, dues à l’opposition de «certains élus», constituent «le point de départ» du documentaire. «Il y a eu des interdictions de tourner sur certaines communes, des difficultés pour accéder à l’unité de traitement des algues vertes, un éleveur de porcs qui devait accueillir une scène du film et qui, sous pression de sa coopérative, annule au dernier moment», raconte l’initiateur du projet Kristen Falc’hon. Ce journaliste au média d’investigation breton Splann souhaite poursuivre la conversation sur la pollution aux algues vertes car, malgré la lumière médiatique, le problème persiste sur les plages de la région. «Je voulais (…) interroger le pouvoir des politiques sur ces bassins-versants», explique-t-il. Une cagnotte sur Helloasso a été ouverte pour récolter au moins 8000 euros afin de financer le projet.
Installation : la région Bretagne va lancer «à l’automne» des diagnostics transmission
Deux ans après l’avoir voté, la région Bretagne va lancer «à l’automne» des diagnostics d’exploitation pour les cédants, a-t-elle annoncé à l’occasion du Space. «On va proposer des diagnostics 360°, explique à Agra Presse Arnaud Lécuyer, vice-président en charge de l’Agriculture. L’objectif est d’accroître la transmissibilité des fermes.» Cette mesure avait été adoptée fin 2022, lors du vote de la stratégie régionale en faveur de l’installation et de la transmission en agriculture. 500 diagnostics Agri Transmission étaient prévus chaque année, pour un budget de 500 000 €. Leur réalisation sera confiée à des organismes de conseil, sélectionnés en octobre parmi les centres de comptabilité, coopératives, chambres d’agriculture et autres Civam, indique Arnaud Lécuyer. «Evaluation de l’entreprise, analyse des ressources humaines, estimation de la résilience face aux évolutions climatiques, économie d’énergie... Agri Transmission permettra de livrer à l’exploitant un plan d’action pour améliorer la transmissibilité de son entreprise», selon le communiqué. La région Bretagne vise 1 000 installations aidées par an d’ici à 2028, contre 750 installations aujourd’hui dont 500 aidées.