Agrafil du 22 janvier 2026

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UE-Mercosur : Strasbourg valide la saisine de la CJUE, la ratification de l’accord bloquée

A l’issue d’un scrutin très serré (334 voix contre 324 et 11 abstentions), les eurodéputés, réunis le 21 janvier en séance plénière à Strasbourg, ont finalement donné leur feu vert à la proposition de résolution sollicitant l’avis de la Cour de justice de l’UE (CJUE) au sujet de la compatibilité de l’accord UE-Mercosur avec les traités européens, et notamment celle du mécanisme de rééquilibrage. Ils s’interrogent également sur la légalité de l'architecture du traité, découpé entre une partie politique et un volet commercial. Comme attendu, le résultat a fait apparaître des divisions en fonction de la nationalité au sein des grands partis pro-européens. Cette adoption entraîne de facto le blocage du processus de ratification au Parlement européen le temps que la Cour rende sa décision. Celle-ci devrait prendre plusieurs mois, potentiellement plus d’un an et demi. Cette saisine représente une victoire pour les opposants à l’accord commercial, notamment la FNSEA (syndicat majoritaire) qui organisait depuis la veille une manifestation devant le bâtiment du Parlement européen à Strasbourg pour soutenir la saisine de la CJUE.

UE-Mercosur: un scénario d'application provisoire tentant pour Bruxelles et Berlin

En attendant l'avis de la Cour de justice de l’UE (CJUE) au sujet de la compatibilité de l’accord UE-Mercosur avec les traités européens, Bruxelles pourrait, malgré ses réticences, être tenté d’appliquer l’accord commercial de manière provisoire si l’un des pays du Mercosur le ratifie. Conformément à leur accord interinstitutionnel, la Commission s’était pourtant engagée à ne pas le faire avant l’aval du Parlement européen sauf en cas de délai déraisonnable. Mais le sursis obtenu le 21 janvier pourrait rebattre les cartes. C’est en tout cas ce qu’espère le chancelier allemand Friedrich Merz, figure de proue des partisans au traité de libre-échange, dans un message posté après le vote sur le réseau social X : « Plus aucun retard. L'accord doit désormais être appliqué à titre provisoire ». Ce n'est pas l'avis des syndicats agricoles et de la ministre de l'Agriculture française: « Il n’y a aucune raison d’urgence qui justifierait l’application provisoire de l’accord. Cela fait un quart de siècle qu’on en parle», a réagi Annie Genevard au Sénat, lors des questions au gouvernement. Une telle application «heurterait la décision, la délibération du Parlement européen», a-t-elle estimé.

UE-Inde : von der Leyen en Inde le 27 janvier pour conclure un accord sans l’agriculture

À l’occasion d’un débat sur la souveraineté dans le contexte géopolitique actuel, le 21 janvier en séance plénière du Parlement européen, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a confirmé qu’elle se rendrait bien en Inde le 27 janvier afin de conclure un « accord inédit ». La veille, le 20 janvier, lors du Forum économique de Davos (Suisse), elle avait vanté « la création d’un marché de deux milliards de personnes qui représente près d'un quart du PIB mondial ». Et d’ajouter : « Nous avons certes encore du pain sur la planche, mais nous sommes à l'aube d'un accord commercial historique, que d'aucuns qualifient de colossal ». Pour faciliter la conclusion des discussions commerciales, les dispositions concernant l’agriculture, l’un des points d’achoppement, devraient vraisemblablement être exclues du compromis final entre l’UE et l’Inde, à l’exception de celles relatives aux vins et spiritueux.

Engrais : l'Autriche insiste pour la suspension immédiate du MACF

L’Autriche va demander, lors de la réunion des ministres de l’Agriculture de l’UE le 26 janvier à Bruxelles, la suspension immédiate du mécanisme d’ajustement aux frontières (MACF) pour les engrais. Dans un document préparé pour l’occasion, Vienne appelle aussi à une « compensation du désavantage concurrentiel de l’agriculture », à un renforcement de la transparence et du suivi du marché des engrais ainsi qu'à la suspension temporaire des droits de douane NPF (nation la plus favorisée) et des droits antidumping sur les engrais. Le commissaire européen au Commerce, Maros Sefcovic, s’est déjà engagé à ce que la suspension temporairement du MACF en cas de circonstances imprévues puisse entrer en vigueur de manière rétroactive au 1er janvier 2026 si nécessaire. Il a également promis de lever temporairement les droits de la nation la plus favorisée (NPF) restants «sur l’ammoniac, l’urée et, le cas échéant, certains autres engrais». Ce sujet des engrais est déjà inscrit à l’ordre du jour du Conseil Agriculture du 26 janvier dans le cadre d’une discussion plus large sur les annonces faites, le 7 janvier, par la Commission européenne (sur budget de la Pac et la réciprocité notamment) afin de répondre aux difficultés que traverse le secteur agricole mais surtout pour convaincre les États membres de soutenir l’accord commercial avec le Mercosur.

Pac : la Commission européenne publie les textes mettant en œuvre la simplification

La Commission européenne a publié, le 21 janvier, toute une série d’actes secondaires (délégués et d’exécution) mettant en œuvre le paquet de simplifications de la Pac validé en décembre. Les textes techniques publiés concernent notamment l’allégement des règles de bonnes conditions agricoles et environnementales (BCAE) pour les prairies permanentes (BCAE1). Ils portent également sur la suppression de l’apurement annuel des performances, l’établissement du principe d’un contrôle unique pour les agriculteurs ou encore les conditions simplifiées d’amendement des plans stratégiques nationaux. Les actes d’exécution entrent immédiatement en vigueur suite à leur publication au journal officiel de l’UE tandis que les actes délégués doivent encore recevoir le feu vert des États membres et du Parlement européen (dans un délai de deux mois au maximum).

Biogaz/biocarburant : accord députés-sénateurs pour supprimer les ZFE

Des députés et sénateurs ont annoncé avoir trouvé un accord le 20 janvier pour la suppression très controversée des zones à faibles émissions (ZFE) intégrée dans un projet de loi de simplification, qui devra encore surmonter un dernier vote à l’issue incertaine dans chaque chambre. Le texte, en gestation depuis presque deux ans, ambitionnait initialement de simplifier la vie administrative des entreprises et faciliter l’implantation de projets industriels. L’accord a été voté en CMP par la coalition gouvernementale, la droite et le Rassemblement national (10 voix contre 4). Deux ultimes scrutins sont prévus le 27 janvier à l’Assemblée et le 29 au Sénat. Pour rappel, la création des ZFE avait participé au développement de filières agricoles, telle que la méthanisation (via la production de BioGNV, carburant produit à partir de biogaz) et dans une moindre mesure, les biocarburants (à base de matières premières agricoles : betterave, colza, blé, maïs… et/ou de résidus), en restreignant la circulation des véhicules les plus polluants. Cet accord sur leur suppression est donc susceptible de freiner l’expansion de débouchés agricoles pour les bioénergies.

Redevances eau : abattement ajusté pour l’irrigation, cadre durci pour les industriels

Deux amendements à l’article 20 du projet de loi de finances (PLF) pour 2026, relatifs aux redevances des Agences de l’eau, ont été intégrés au texte par le gouvernement par dans le cadre du recours au 49.3 engagé par le Premier ministre Sébastien Lecornu le 20 janvier. Le premier modifie le régime d’abattement de l’assiette de la redevance sur la consommation d’eau potable utilisée pour l’irrigation, en abaissant le plafond de 50 000m3 à 20 000 m3 par an. Un seuil plus favorable que celui adopté en commission des finances de l’Assemblée nationale (AN) le 8 janvier, où un amendement limitait l’abattement à 5 000 m3, uniquement pour les surfaces conduites en agriculture biologique. Le second amendement supprime le dispositif permettant aux entreprises de lisser sur trois ans la hausse des redevances des agences de l’eau, issue de la réforme adoptée en loi de finances pour 2024 et entrée en vigueur au 1ᵉʳ janvier 2025. Ce mécanisme résultat d’un compromis parlementaire entre l’AN et le Sénat. Les entreprises sont désormais renvoyées à un décret annoncé lors des débats budgétaires par la ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin. « Les membres de l’Ania sont furieux de la décision du gouvernement », a indiqué le syndicat à Agra presse le 21 janvier, estimant que le bouclier tarifaire promis par l’exécutif est « inopérant ». Selon l’Ania, la hausse moyenne des redevances atteindrait 200 %.

Eau : le monde en état de « faillite hydrique », selon un rapport de l’ONU

Le monde est entré dans une ère de « faillite mondiale de l’eau », après des décennies de surexploitation, de pollution et de pressions climatiques, alerte un rapport de l’Université des Nations unies pour l’eau, l’environnement et la santé, publié le 20 janvier. Selon les auteurs, les notions de « stress hydrique » et de « crise de l’eau » ne suffisent plus à décrire les nouvelles réalités mondiales. Ces termes ont été « formulés comme des alertes concernant un avenir encore évitable », mais depuis le monde est entré dans une « nouvelle phase » et de nombreux systèmes hydriques ont été irrémédiablement dégradés, nécessitant une nouvelle classification. Pour décrire la nouvelle situation, le rapport propose plutôt le terme de « faillite hydrique », situation dans laquelle la consommation d’eau à long terme excède le renouvellement des ressources et endommage la nature si gravement que les niveaux antérieurs ne peuvent être raisonnablement rétablis. Ce phénomène se traduit par le rétrécissement des grands lacs, l’assèchement saisonnier de fleuves et la disparition massive de zones humides. Autre signe de cette pénurie hydrique : environ 70 % des principales nappes phréatiques connaissent un déclin à long terme. Les conséquences sont visibles sur tous les continents habités, même si tous les pays ne sont pas, individuellement, en situation de pénurie d’eau, a expliqué à l’AFP Kaveh Madani, scientifique environnemental et auteur du rapport.

Haies : un projet d’arrêté en consultation précise la typologie nationale

Les ministères de l’Agriculture et de la Transition écologique ont mis en consultation publique, du 16 janvier au 6 février, un projet d’arrêté fixant la typologie des haies utilisée pour l’application du régime unique de la haie. Ce texte complète un décret relatif à la gestion des haies, pris en application de loi d’orientation agricole (LOA) de mars 2025, attendu d’ici au 30 mars, date d’entrée en vigueur un guichet unique pour les projets de destruction et de replantation de haies. L’arrêté distingue trois types de haies : buissonnantes basses, arbustives et arborées. Lorsque les haies sont implantées en bordure d’un milieu en eau permanente, cette classification est complétée par la mention « ripisylve ». Selon une note de présentation de l’arrêté au public, « cette catégorisation est indispensable à l’accessibilité du dispositif par ses usagers et à l’automatisation partielle du traitement des dossiers, nécessaire pour répondre à l’ensemble des demandes ». Le dispositif suscite toutefois de vives critiques des associations environnementales et du Conseil national de protection de la nature (CNPN, un organe consultatif). Dans un avis rendu en novembre sur le projet de décret, le CNPN craint que le texte ne mette trop l’accent sur les mécanismes de compensation, au détriment de mesures visant à éviter l’arrachage ou à en réduire les effets. 

Pesticides/biodiversité : l’effet cocktail altère la santé des perdrix (étude)

Une étude publiée mi-janvier dans la revue Environmental research démontre que les mélanges de pesticides altèrent la santé des perdrix. Menée par des chercheurs des universités de La Rochelle et de Montpellier, l’étude décrit des altérations du comportement (baisse de l’activité physique, de la réactivité face au danger) et de la physiologie (indicateurs sexuel et neurologique). Pendant cinq mois, les chercheurs ont nourri 35 perdrix grises en conditions semi-naturelles (confinées, avec continuité d’air et de sol) avec des graines de céréales issues de l’agriculture conventionnelle contenant des pesticides identifiés. Dans leurs conclusions, les auteurs constatent «que les perdrix présentant des taux élevés de pesticides affichent une activité physique moindre et une intensité réduite des signaux sexuels visuels. De plus, les perdrix contaminées par des niveaux élevés de pesticides ont une réponse retardée au danger (distance de décollage plus courte).» A l’issue, les analyses de sang ont révélé la présence de pesticides non quantifiés dans les graines, ce qui démontre que les perdrix n'ont pas été contaminées exclusivement par ingestion.

Bio, pesticides: Générations futures lance un portail d’info en vue des municipales

A l’approche des élections municipales qui se tiendront le 15 mars, l’association Générations futures a lancé un outil qui facilite l’accès à l’information sur l’eau, l’alimentation et les pesticides à échelle communale. Baptisé SourceCommune.fr, il recense les informations disponibles sur six thématiques : nombre de producteurs bio et filières, proportion de bio servie dans les cantines, niveau d’utilisation de pesticides, niveau de pollution des eaux de surface, qualité de l’eau du robinet, et initiatives « sur lesquelles prendre exemple ». Pour voir ces informations, il suffit de renseigner le code postal qui intéresse. « Nous avons rassemblé en un même site de nombreuses données issues de services de l’Etat, d’organisations partenaires et de nos propres plateformes (Géophyto, Dans Mon Eau), pour permettre une consultation simple et accessible », explique Générations futures dans un communiqué le 15 janvier. Le but est de « parler et faire parler » de ces enjeux environnementaux pendant la campagne, puis de les ancrer dans l’agenda politique. Mi-décembre, Générations futures avait déjà publié un livret de recommandations destiné aux candidats aux municipales, avec ses propositions sur l’alimentation, la bio, la qualité de l’eau et les pesticides. 

Ministère de l'Agriculture : piratage de données fin 2025, mais pas «stratégiques»

Interrogé par Agra Presse, le ministère de l'Agriculture a confirmé, le 21 janvier, avoir été victime d'une cyberattaque du groupe international de hackers Lapsus$ à la fin de l'année 2025, précisant qu'elle n'a concerné « aucune information stratégique du ministère », et que l'incident a été « traité » depuis. Selon plusieurs médias spécialisés, le groupe de hackers a revendiqué, le 28 décembre, avoir dérobé et publié gratuitement en ligne 61 gigaoctets « exposant des structures critiques liées à la sécurité alimentaire et à la gestion agricole de 32 départements français ». Les archives publiées contenaient 97 210 fichiers répartis dans 1 250 dossiers, selon le média Infinity Area. Le groupe Lapsus$ est un groupe international de pirates informatiques connu pour ses cyberattaques contre diverses grandes entreprises technologiques. Par ailleurs, le 17 décembre, le hacker Indra – qui avait revendiqué quelques jours plus tôt une cyberattaque contre le ministère de l’Intérieur – a mis en ligne les « données personnelles d’environ 4 millions d’allocataires » de la Caf (septembre 2022-novembre 2025), rapporte RTL. La MSA avait assuré, dans un message sur LinkedIn le 20 décembre, que son système informatique restait « pleinement sécurisé » et qu’aucune donnée sensible n’avait été « exposée ».

Enseignement : occupation d’AgroParisTech par des étudiants, soutien de la Conf’

Le collectif d'étudiants Agro en lutte annonce l’occupation d’une partie du campus AgroParisTech à Palaiseau (Essonne), depuis le 20 janvier, pour dénoncer des « fuites en avant productivistes ». Cette action, d’une « cinquantaine d’étudiants » soutenus par la Confédération paysanne, porte comme slogans « Stop UE/Mercosur et abattage total », « Pour une agroécologie forte », « Stop cogestion entre la FNSEA et le gouvernement », d’après les messages sur son compte Instagram. Objectif : « changer la composition du conseil d’administration » et « refondre radicalement le cursus » de l’école d’ingénieurs. Agro en lutte demande l’intégration au conseil d'administration de « représentants de structures portant un projet d’agroécologie forte, en rupture avec le modèle agro-industriel dominant ». Il réclame la fin des partenariats financiers avec « des entreprises de l’agro-industrie qui participent à la disparition des paysans, augmentent la dépendance aux intrants ». Enfin, le collectif veut une « rupture » dans la gestion de la ferme expérimentale de Grignon. Son souhait est que le site soit « à l’avant-garde de pratiques agroécologiques, d’un modèle de ferme transmissible et autonome ».

Distribution : le belge Colruyt quitte la France et supprime 700 emplois

Le distributeur belge Colruyt va supprimer plus de 700 emplois en France, dont environ 600 dans la région de Dole (Jura), dans le cadre de la cession imminente de 100 de ses 105 magasins français à quatre autres enseignes de supermarchés, a appris l'AFP le 20 janvier de sources concordantes. Les syndicats UNSA et CGT évoquent, eux, le chiffre de 705 suppressions d'emplois. L'enseigne belge implantée en France depuis 1996, essentiellement dans le quart nord-est, va céder 81 magasins à Intermarché (ITM), 14 à Leclerc, 3 à Carrefour et 2 à Super U. Si cette cession permet d'offrir une « poursuite d'activité à 2080 salariés, les sites logistiques, n'ont pas trouvé de repreneur à ce stade », a indiqué à l'AFP un porte-parole de l'entreprise. En avril dernier, Colruyt Retail France évoquait des « conditions difficiles sur le marché français très concurrentiel de la distribution alimentaire », soulignant que « malgré d'importants efforts sur la rentabilité de ses activités françaises, les résultats escomptés n'(avaient) pas été atteints ».

Relations commerciales : les propositions de Palazzi (Casino) pour les améliorer

Philippe Palazzi, directeur général du groupe Casino (Monoprix, Naturalia, Vival, Spar), a livré ses pistes d’améliorations des relations entre fournisseurs et distributeurs à l’occasion d’une audition devant la Commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale le 21 janvier. Il s’est montré favorable à la suppression de la date du 1er mars pour avoir signé tous les contrats entre fournisseurs et distributeurs, afin de parvenir à des « négociations apaisées ». Il propose de prendre exemple sur les marques de distributeurs dont la négociation se fait tout au long de l’ année. Concernant Egalim, il s’est prononcé pour la suppression de l’option 3 qui permet à un industriel de s’affranchir de la transparence au sujet de la matière première agricole (MPA). Une option souvent réservée aux grands industriels qui peuvent assumer son coût de certification. Il souhaite obliger les producteurs et les transformateurs à négocier le coût de cette MPA avant la négociation transformateur-distributeur. C’est la seule solution « pour pouvoir sanctuariser la MPA ». Au sujet de l’origine des produits alimentaires, Philippe Palazzi a indiqué que toutes les MDD de son groupe porteraient à terme l’étiquetage Origin’Info, sachant que déjà 300 produits MDD l’ont adopté.

Cognac : l’interprofession adopte un plan d’arrachage financé par une surprime

Le Bureau national interprofessionnel du cognac (BNIC) a annoncé le 21 janvier l’adoption d’un plan d’arrachage incluant un autofinancement complémentaire à l’aide nationale. Il prévoit « une prime de 6 000 €/ha en complément de la prime nationale FranceAgriMer de 4 000 €/ha aux viticulteurs qui l’auront demandée et obtenue », selon un communiqué. Le dispositif est « porté par la famille de la viticulture », autrement dit une Cotisation volontaire obligatoire (CVO) devra être versée par les producteurs, explique à Agra Presse le président de l’Union générale des viticulteurs pour l'AOC Cognac (UGVC) Anthony Brun. « Cette prime complémentaire filière sera valable uniquement sur les cépages cognac (ugni blanc, colombard, folle blanche, montils, sémillon, folignan, NDLR) et uniquement pour de l’arrachage définitif », ajoute le communiqué. La filière cognac, « plombée » par des sanctions antidumping chinoises en riposte à une initiative de l’UE, avait écrit à Bruxelles et Paris pour réclamer une prime d’arrachage « en lien avec le préjudice subi », indiquait l’AFP le 9 octobre. « Cette démarche n’a pu aboutir mais reste d’actualité », nous indique Anthony Brun. Par ailleurs, le BNIC a voté le 21 janvier « la reconduction pour 2026 d’un rendement annuel cognac de 7,65 hl AP/ha, malgré un contexte de marché qui continue de fortement se dégrader ».

Chanvre : le gouvernement renonce au droit d'accise sur les fleurs, l'AFPC soulagée

Dans le cadre de l'examen du projet de loi de finances (PLF) pour 2026, l’AFPC (représentant les producteurs de cannabinoïdes) a fait part, dans un communiqué du 21 janvier, de son « soulagement majeur » suite au choix du gouvernement de supprimer, dans sa version votée par 49-3, l’article qui prévoyait la mise en place d’un droit d’accise sur les fleurs de chanvre ainsi que l’instauration d’un monopole de distribution au profit des buralistes. « Ces mesures, totalement insoutenables pour les professionnels de la filière, auraient entraîné la disparition pure et simple de la filière agricole française du chanvre bien-être », commente l'association, qui rappelle le contexte difficile subi par le secteur, frappé de plein fouet par « la concurrence étrangère low cost massive, représentant près de 80 % du marché en 2025 », et émanant essentiellement d’Amérique du Sud. L’AFPC appelle « désormais l’État à engager un travail constructif avec les représentants de la filière afin d’élaborer un cadre d’encadrement clair, équilibré et pérenne ».

Fruits rouges : en Espagne, le froid retarde le début de la saison 2025/2026

La récolte des fraises à Huelva, principale région productrice d’Espagne, pour la saison 2025/2026 a commencé avec des quantités hebdomadaires plus faibles qu'anticipé, affectée par la météo depuis mi-décembre, selon l'Observatoire des prix et des marchés du gouvernement régional d'Andalousie. Les basses températures et le faible ensoleillement ont retardé la maturation des fruits, freinant ainsi le démarrage de la campagne. Selon l'Observatoire, au cours des dernières semaines de 2025 et des deux premières semaines de 2026, seulement 1 % du volume total estimé pour l'ensemble de la saison des fraises a été commercialisé (tout comme pour les myrtilles). «Cette situation a eu des répercussions sur la disponibilité des fraises de Huelva sur les marchés nationaux et internationaux», note-t-il. En revanche, l’offre limitée entraîne, presque mécaniquement, des prix à la production en hausse, supérieurs aux valeurs des deux saisons précédentes. Par ailleurs, concernant les framboises, actuellement en transition entre deux récoltes, l’Observatoire indique qu’environ 31 % du volume prévu avait été commercialisé mi-janvier, à des prix supérieurs à la moyenne des quatre dernières années. Le secteur espère que l'amélioration des conditions climatiques permettra une reprise des volumes dans les semaines à venir.

Lait infantile : Lactalis rappelle des lots, Singapour bloque des produits Danone

Lactalis a annoncé le 21 janvier procéder à un rappel de six lots de lait infantile de la marque Picot en France, en raison de la « présence potentielle » de céréulide, substance d'origine bactérienne susceptible de provoquer diarrhées et vomissements. « C'est un fournisseur international qui propose de l'ARA », un oméga rentrant dans la composition de certains laits infantiles, qui est concerné, a précisé Lactalis, ajoutant que 18 pays seraient visés par des rappels. Si les premières analyses ont « donné des résultats conformes », les analyses complémentaires « menées sur le produit reconstitué (c’est-à-dire le biberon préparé) » ont « révélé la présence de céréulide », ce qui conduit Lactalis, « par précaution », à procéder à ce rappel, précise l’industriel. Danone, de son côté, a indiqué le 21 janvier le blocage à la demande de Singapour de lait infantile Dumex. « L'ensemble des contrôles réalisés confirme que nos produits sont sûrs et pleinement conformes aux réglementations internationales et locales applicables. Aucune irrégularité ni non-conformité en lien avec Bacillus cereus (une bactérie, ndlr) ou avec les bonnes pratiques de fabrication (Good Manufacturing Practices) n'a été identifiée », ajoute Danone.

Bovins/DNC : la FNB veut éviter le « saupoudrage » des aides économiques

Alors qu’Annie Genevard a récemment annoncé une nouvelle enveloppe d’aides économiques de 11 M€ face à la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), les éleveurs de bovins viande de la FNB (FNSEA) mettent en garde le 21 janvier contre un risque de « saupoudrage ». « Nous refusons un saupoudrage mal fagoté qui ne génèrera que des insatisfactions », prévient le syndicat dans un communiqué. Annoncée le 9 janvier, cette deuxième tranche de 11 M€ doit venir en aide aux éleveurs dont les animaux sont bloqués dans les zones réglementées ou vaccinales contre la DNC (Auvergne-Rhône-Alpes, Bourgogne-Franche-Comté et Sud-Ouest). « Certains éleveurs ont pu vendre des animaux avant le blocage, nous avons demandé au ministère que les crédits soient fléchés vers ceux qui ont des animaux réellement bloqués », précise Patrick Bénézit, le président de la FNB, à Agra Presse. L’association spécialisée de la FNSEA estime les besoins à « environ 80 000 à 100 000 broutards de 4 à 16 mois ». Depuis plusieurs mois, la FNB demande une « compensation de trois euros par jour par broutard » correspondant à l’alimentation des animaux. Pour rappel, le 16 décembre 2025, une première tranche de 11 M€ avait été annoncée par Sébastien Lecornu, visant les « petits » élevages les plus en difficulté.

Coopératives: Noriap veut se diversifier en poulet du quotidien, agneau et broutard

La coopérative Noriap, dont les activités d’élevage sont principalement le lait, les volailles labels ou certifiées et l’œuf alternatif (notamment Cocorette), lance une palette de diversification multi-espèces aux agriculteurs des Hauts-de-France et de Normandie, adhérents ou non. Une réponse aux limites à l’agrandissement et aux aléas climatiques ainsi qu’une contribution à la régénération des sols, explique Gaël Peslerbe, directeur de Novial (branche régionale alimentation animale). « Novial devient un acteur du poulet du quotidien », déclare Jean-Loup Stérin, directeur commercial. Derrière une « dizaine de prospects », il perçoit un important potentiel de développement d’élevages autour des abattoirs, notamment celui de LDC. Du côté des ruminants, le fabricant d’aliments Yséo s’appuie sur un partenariat avec la coopérative EMC2 pour monter en 2026 les « premiers ateliers de 200 à 250 brebis qui valoriseront les couverts végétaux ainsi que des bâtiments vides par l'arrêt de la production laitière », informe le directeur Jérôme Delmotte. Et par ailleurs, en relation avec Bigard, le groupe va mettre en place des « nurseries » pour transformer des petits veaux croisés en jeunes broutards de trois mois. 

Evènementiel : le président du Sia veut discuter avec les autres présidents de salons

À l'occasion d'une conférence de presse le 21 janvier, le président du Salon de l'agriculture (Sia), Jérôme Despey, a fait part de son souhait de discuter avec les présidents des autres salons agricoles incluant des animaux d'élevage. Alors que la venue des bovins a été annulée quelques semaines avant l'ouverture de la prochaine édition du Sia pour cause de dermatose nodulaire contagieuse (DNC), le viticulteur de la FNSEA souhaite d'abord discuter de protocole sanitaire. Pour rappel, la DGAL (ministère de l'Agriculture) avait donné son accord à la venue des bovins du salon, mais les organismes de race y ont finalement renoncé, par précaution et « solidarité » avec les éleveurs touchés. Jérôme Despey veut travailler sur des manières de « vivre avec les épizooties ». Par ailleurs, le président du Sia, qui souhaite développer la présence des professionnels sur son évènement, veut aussi travailler à des « complémentarités » avec les autres salons, « pour ne pas avoir de concurrence » et pour « garder des salons professionnels qui ne nous échappent pas ». Interrogé sur le nouvel échec récent de la relance du Sima (salon du machinisme), Jérôme Despey indique par ailleurs être en discussion avec Axema (fabricants), l'un des organisateurs du salon.

Manifestations : un policier blessé lors des actions à Strasbourg le 20 janvier

Un policier a été grièvement blessé à l'œil mardi 20 janvier lors d'échauffourées avec des agriculteurs qui ont manifesté en masse devant le Parlement européen contre l'accord avec le Mercosur et restent mobilisés mercredi 21. « Aujourd'hui à Strasbourg, un policier de la CRS (...) engagé sur le dispositif encadrant la mobilisation des agriculteurs a été blessé très gravement à l'œil. Je pense à lui ce soir », a déclaré le ministre de l'Intérieur Laurent Nunez mardi en fin de soirée sur son compte X. Sur le même réseau social, le syndicat Alliance Police nationale a montré des images d'un CRS évacué par ses collègues « après avoir été violemment pris à partie lors de la mobilisation agricole ». Quelque 5 500 agriculteurs, français, mais aussi italiens, belges ou encore polonais, avaient rejoint le Parlement mardi 20 janvier, parfois en tracteur. Dans l'après-midi, l'ambiance s'était tendue, des manifestants jetant des fumigènes, des bouteilles et des fruits vers les CRS, qui ont répliqué à coups de grenades lacrymogènes. Les agriculteurs restent mobilisés mercredi 21, alors que les députés européens doivent décider de saisir ou non la Cour de justice de l'Union européenne (UE) sur la validité de l'accord avec le Mercosur, signé samedi 17 janvier au Paraguay.