Présidence de l’UE : l’agriculture parmi les principales priorités de la Hongrie
La Hongrie, qui assurera la présidence tournante du Conseil de l’UE à compter du 1er juillet, a dévoilé le 18 juin, son programme de travail pour le second semestre 2024. L’agriculture y figure en bonne place puisque le secteur fait partie des sept grandes priorités définies par Budapest avec pour leitmotiv «une politique agricole de l’UE orientée vers les agriculteurs». Concrètement, ils promettent de prendre «une position ferme au niveau international» sur le principe de réciprocité et de lancer un débat sur le rôle et l’efficacité des paiements directs et du développement rural dans l’amélioration de la compétitivité des agriculteurs. Après la finalisation des travaux du dialogue stratégique sur l'avenir de l'agriculture, des conclusions sur la Pac post-2027 sont prévues. La question de la gestion des crises devrait également être abordée alors qu’un échange de vues sera organisé sur la manière dont la nouvelle architecture verte de la Pac actuelle contribue à une agriculture durable. La Hongrie assure également qu’elle va poursuivre les négociations sur les propositions législatives en cours (semences, NBT, bien-être des animaux durant le transport) mais aussi sur celles attendues (modification du règlement OCM, règlement sur l’application transfrontalière des pratiques commerciales déloyales). La réunion informelle des ministres de l’Agriculture se déroulera les 9 et 10 septembre à Budapest.
Législatives: les cinq propositions agricoles de Julien Dive pour Les Républicains
Dans une «lettre aux agriculteurs» (à télécharger ici), qu'il a partagée auprès des collègues candidats de son parti, l'ex-député de l'Aisne Julien Dive, tête de file agricole du groupe Les Républicains à l'Assemblée, fait cinq propositions pour le secteur: «vous redonner la maîtrise des prix en les indexant sur les coûts de production; réautoriser en France certains produits utilisés en Europe, comme l’acétamipride; réformer la fiscalité et la socialisation des bénéfices agricoles pour les aligner sur le régime de l’impôt sur les sociétés, car ce sont des bénéfices d'entreprise et non des revenus personnels; supprimer les droits de succession.» L'agriculture n'apparaî pas dans les principaux axes mis en avant par le parti LR durant la campagne, axée autour des comptes publics, de la sécurité et du pouvoir d'achat. Au titre de son bilan à l'Assemblée depuis 2022, Julien Dive présente cinq dispositions: la loi Dive de 2023 sur la revalorisation des retraites agricoles, qui doit encore entrer en vigueur; «le blocage du Ceta» – autrement dit le rejet de la ratification de l'accord au Sénat au printemps; la «création d'une dépénalisation pour l'entretien agricole», c'est-à-dire l'introduction d'un principe de «présomption de non-intentionnalité» dans la loi d'orientation agricole (LOA); la «suppression des risques de contentieux» (réduction des délais de recours) et l'«adaptabilité des haies aux réalités de chaque département», également prévues dans la LOA.
Législatives: le Modef «salue» la création du NFP, la question de l'appel au vote en débat
À quelques jours des législatives, le Modef «salue» la création du Nouveau Front Populaire (NFP), dans un communiqué le 18 juin. Contacté par Agra Presse, Frédéric Mazer, vice-président, rappelle «qu’historiquement le syndicat ne donne pas de consigne de vote pour un parti à ses adhérents». Cependant, le bureau national doit se réunir ce vendredi 21 juin et la question sera à l'ordre du jour. Dans son communiqué, le Modef présente ses revendications, autour d'un «nouveau cycle de progrès social». On notera la prise en charge à 100 % des congés pour les agriculteurs à 25 jours, la création d’un service de remplacement agricole public (congé maternité, accident, maladie) et des «prix agricoles minimums rémunérateurs garantis par l’État». Le Modef plaide aussi pour un changement de mode de gouvernance de la MSA «afin qu'elle puisse pleinement assurer sa mission auprès des agricultrices, des agriculteurs, de leur famille et de leurs salariés». Plus largement, il prône la dissociation allocations familiales/cotisations sociales, l’abrogation de la réforme des retraites, une pension minimum au Smic, un taux de pension de réversion à 74% …
Cercles de réflexion: Agriculture Stratégies dévoile quatre partenaires et trois premiers projets
Récemment relancé par une nouvelle équipe et un nouvel actionnariat, le cercle de réflexion Agriculture Stratégies a présenté, lors d'une conférence de presse le 19 juin, ses premiers partenaires (adhérents et experts) et ses premiers projets. Les Jeunes agriculteurs, l'enseigne Lidl, la région Bretagne et l'entreprise agroalimentaire Rians sont les premiers adhérents, auxquels il faut ajouter trois «experts associés»: Olivier Dauvers, journaliste spécialisé dans la grande distribution; Serge Zaka, agroclimatologue; et Arthur Portier, d'Agritel. En matière d'actionnariat, les trois associés sont, depuis quelques mois, sa directrice générale Alessandra Kirsch, l'ancien député Jean-Baptiste Moreau – qui pourrait lâcher le porte-parolat du cercle de réflexion en cas d'élection aux prochaines législatives; et Bernard Ader, ancien vice-président de la Cogeca (Jacques Carles, le fondateur, n'est plus actionnaire). À l'issue d'un premier comité d'orientation stratégique, ce même-jour, trois projets ont été validés: d'ici trois mois, «repenser la création et le partage de la valeur» dans les filières agricoles; et à plus long terme (2025, voire 2026), un travail sur «les conditions de la souveraineté alimentaire durable», ainsi que sur la future Politique agricole commune.
Versement des aides: pas de tracteurs FNSEA et JA dans les rues, mais des actions symboliques
Interrogé le 18 juin par l'AFP sur l'ultimatum fixé à l'État par le syndicalisme majoritaire de verser les aides bio et les MAEC avant le 15 juin, le président de la FNSEA Arnaud Rousseau indique qu'il n'envisage pas «à ce stade» de faire descendre les tracteurs dans les rues, mais prévient que le syndicat «fera le point à l'automne». Dans un communiqué paru le 7 juin, la FNSEA et les JA avaient annoncé qu'ils appelleraient leurs réseaux «à la mobilisation» à partir du 17 juin s'ils n'observaient pas une «régularisation totale et définitive» des versements des MAEC et des aides à l'agriculture biologique d'ici le 15 juin – elles sont habituellement versées au 15 mars. Des actions ont été menées dans quelques régions. En Nouvelle-Aquitaine, les JA et la FNSEA ont tenu une conférence de presse le 17 juin devant les locaux de l'ASP à Limoges, suivie d'une rencontre avec les représentants de la Draaf et de l'ASP en région. Et d'annoncer, dans un communiqué, des actions symboliques: «décrochage des plaques présentes à l’entrée de ces établissements». Dans les Pyrénées-Atlantiques, la FDSEA et les JA étaient reçus le 18 juin par la préfection. Dans le Loiret, un point presse se tenait devant la DDT (préfecture) le 19 juin.
Poules pondeuses: le CNPO veut une aide publique pour le vaccin contre la salmonelle
Dans le cadre de son «plan de filière» présenté le 18 juin, l’interprofession des œufs (CNPO) demande à l’État un accompagnement financier pour «développer la prévention» contre les salmonelles, «en particulier en permettant le déploiement de la vaccination». «Nous sommes parvenus à un plancher de 2,5% [d’élevages touchés chaque année], mais nous n’arrivons pas à aller plus bas», a expliqué son président Yves-Marie Beaudet en conférence de presse. Cet éleveur des Côtes-d’Armor note que «les pays européens qui vaccinent arrivent à 1%» (Allemagne, Italie, Pologne). «On ne comprend pas la réticence de l’État français, alors que la vaccination peut être cofinancée par l’Europe», déplore-t-il. L’interprofession évalue le coût des vaccins vivants, autorisés début 2023, à 25 centimes d’euros par poule. La France comptait presque 53 millions de poules pondeuses en 2022, selon Eurostat. «Moins de salmonelles, c’est plus d’œufs produits et moins de dépenses publiques pour indemniser les éleveurs touchés», fait aussi valoir Loïc Coulombel, vice-président du CNPO. L’interprofession a mis en place en 1999 une charte sanitaire afin de lutter contre ces bactéries qui peuvent provoquer diarrhées et fièvres typhoïdes.
Œufs: amorcée début 2024, la baisse des prix en rayons va se poursuivre (CNPO)
Dans le sillon du recul des prix de l’alimentation animale, les prix de vente des œufs en magasins ont reculé de 0,3% sur les quatre premiers mois de 2024, par rapport à la même période de 2023, a annoncé le CNPO (interprofession) le 18 juin. La baisse est particulièrement prononcée pour les œufs plein air (-1,5%). «Il va encore y avoir des baisses», a assuré le président du CNPO Yves-Marie Beaudet lors d’une conférence de presse, promettant de «faire pression sur les derniers metteurs en marché». Dans le contexte d’inflation et de consommation en berne pour toutes les autres protéines animales, l’œuf met en avant son statut de «produit anti-crise». Ses prix de vente en magasins avaient pourtant augmenté de 28% en 2023. Mais les derniers mois ont été marqués par «une baisse conséquente des prix de l’alimentation animale», premier poste des coûts de production en élevage, selon M. Beaudet. La «mise en application d’Egalim» dans la filière des œufs, très largement contractualisée, a permis de répercuter une partie de la baisse. Côté production, remise de l’épizootie d’influenza aviaire de début 2023, la France a retrouvé son rang de premier producteur européen, avec 14,9 milliards d’œufs l’année dernière (+4%/2022).
Influenza aviaire: vers une reconduction de la stratégie vaccinale en 2024-2025
Réuni le 18 juin, le Comité de pilotage (Copil) sur la vaccination contre l’influenza aviaire devrait proposer de reconduire à l’identique en 2024-2025 la stratégie vaccinale appliquée l’année dernière, a appris Agra Presse. Si cette décision se confirme, une nouvelle campagne de vaccination démarrera en octobre, ciblant de manière obligatoire et toute l’année l’ensemble des canards dans les élevages de plus de 250 têtes (à l’exception des reproducteurs destinés à l’export). En revanche, les arbitrages sur l’accompagnement financier n’auraient pas encore été rendus, car ils nécessitent des négociations budgétaires au sein du gouvernement. Au sein du Copil – qui réunit professionnels et pouvoirs publics –, «il y a une volonté partagée de baisser les factures par centre de coût», avance-t-on au Cicar (interprofession des canards de chair). La filière souhaite réduire le coût global de la vaccination et maintenir la prise en charge par l’État à 85%. La décision ministérielle pourrait être annoncée lors d’une réunion du Cnopsav (Conseil national d'orientation de la politique animale et végétale) début juillet. Le Cicar espère que le sujet sera bouclé «avant les élections», car «les négociations commerciales pour les fêtes de fin d’année sont déjà en retard: les canards sont en place, mais on ne connaît pas le reste à charge de la vaccination pour les éleveurs.»
Santé animale: les dépenses publiques «n’ont cessé d’augmenter» depuis 2016 (étude)
Dans une étude commandée par le ministère de l’Agriculture, des chercheurs de l’école vétérinaire de Toulouse se sont penchés sur l’évaluation des coûts des maladies réglementées et des effets de la loi européenne de santé animale (LSA, 2016). «Le déploiement de la LSA doit pouvoir se fonder sur une concertation entre pouvoirs publics et représentants des parties prenantes, et demande de mieux définir la marche à suivre pour chaque filière», indique leur rapport, rendu public le 17 juin. La nouvelle réglementation a entraîné un «changement de paradigme» dans la gestion des maladies réglementées en «responsabilisant» davantage les professionnels, est-il expliqué. De fait, les parties prenantes ont pu percevoir «un désengagement de l’État», mais «cette perception ne se traduit pas en matière financière», peut-on lire. «Les dépenses publiques n’ont cessé d’augmenter au cours des dernières années» pour la gestion des maladies animales, poursuit le rapport. Pour l’influenza aviaire, par exemple, «alors que les coûts pesant sur la filière sont similaires entre les épizooties 2016-2017 et 2020-2021, l’engagement financier de l’État a lui, été augmenté de 650%». Afin de fluidifier les échanges, le rapport préconise notamment un «système d’information» partagé sur les «coûts sanitaires» et la désignation d’un référent «Loi Santé animale» par le gouvernement.
Échalote: retrait du catalogue européen de deux variétés contestées par les bretons
Les producteurs d’échalotes traditionnelles Prince de Bretagne se félicitent du retrait des variétés Innovator et Davidor du catalogue commun des espèces potagères officialisée au Journal Officiel de la commission européenne du 7 juin dernier, expliquent-ils dans un communiqué le 19 juin. Cela conclut un combat de plusieurs années des producteurs bretons pour différencier échalote et variétés similaires se rapprochant plutôt de l’oignon. «Les pouvoirs publics et politiques, français et européens, étaient alertés depuis des années sur le non-respect des règles de 2006 permettant de différencier échalotes et oignons, explique Prince de Bretagne dans son communiqué. Plus qu’une victoire, la suppression officielle de ces deux variétés du catalogue est une reconnaissance de la concurrence déloyale dont l’échalote traditionnelle faisait l’objet». Mais, pour Marc Keranguéven, président du Cerafel, le combat n’est pas encore terminé: «La commission européenne est en train d’étudier les textes car les Pays Bas ont des autorisations provisoires de vente de ces produits en tant qu'échalotes ; alors qu’officiellement ils ne sont ni une échalote ni un oignon !» En attendant, les producteurs Prince de Bretagne demandent que ces produits ne soient plus commercialisés en tant qu’échalotes, «seul signal fort pour arrêter cette tromperie».
Saisonniers: en Italie, décès d'un travailleur indien abandonné avec un bras tranché
Un Indien travailleur saisonnier dans l'agriculture près de Rome est décédé le 19 juin, deux jours après avoir été abandonné par son employeur avec un bras tranché à la suite d'un accident du travail. «Le travailleur agricole indien qui avait subi un grave accident (...) et avait été abandonné dans des conditions très graves, est décédé», a déclaré le 19 juin la ministre du Travail Marina Calderone devant des députés, dénonçant «un acte de barbarie», outre le fait que l'homme d'une trentaine d'années «travaillait sans avoir un contrat en règle». «Nous réclamons vérité et justice» pour la mort de Satnam Singh, a écrit le 19 juin dans un communiqué Cecilia Guerra, une responsable du Parti démocrate (PD, centre-gauche), dénonçant «la violence des conditions dans lesquelles M. Singh était contraint de travailler». Une enquête a été ouverte pour omission de secours et homicide involontaire. La région de Latina est une région à vocation agricole où travaillent un grand nombre d'immigrés, dont beaucoup d'Indiens.
Lait/coopérative: Jean-Michel Javelle est le nouveau président de Sodiaal
Jean-Michel Javelle a été élu à la présidence de Sodiaal par le conseil d’administration, le 19 juin, annonce un communiqué de la première coopérative laitière française. Éleveur laitier dans la Loire, il est membre du bureau de Sodiaal depuis quatorze ans et occupait, jusqu’à son élection à la présidence, le poste de vice-président. Le président de région Bretagne-est de la coopérative, Patrice Binet, est élu vice-président. Jean-Michel Javelle succède à Damien Lacombe qui quitte la présidence après dix années de mandat, marquées notamment par la réintégration de Yoplait au sein de Sodiaal.
Syndicalisme: Arnold Puech D’Alissac réélu président de l'Organisation mondiale des agriculteurs
Le Français Arnold Puech D’Alissac (FNSEA) a été réélu président de l’Organisation mondiale des agriculteurs (OMA), annonce le syndicat majoritaire dans un communiqué le 19 juin. Il s'agit de son second mandat de deux ans. En 2022, il avait remplacé Theo de Jager (Afrique du Sud). Arnold Puech D’Alissac occupait depuis 2020 le poste de vice-président de l’OMA.