GNR : aides reconduites jusqu'en août, pas de réouverture des négociations commerciales
A l'occasion d'une conférence de presse du gouvernement le 21 mai, la ministre de l'Energie, Maud Bregeon, a annoncé que les aides à l'achat de gazole non routier (GNR), de 15ct/l, sont reconduites jusqu'en août. Concernant le prix des engrais, le ministre de l'Economie Roland Lescure a renvoyé le secteur au plan récemment présenté par Bruxelles, dont les montants doivent encore être précisés d'ici l'été. Le gouvernement n'a pas précisé le financement des aides. Il n'a pas non plus fait le lumière sur le sort des reliquats d'aides à la bio non consommées pour 2025, 2026 et 2027, estimés à 100 M€/an, et convoités par Bercy. Enfin le ministre du Commerce, Serge Papin, a indiqué que le gouvernement n'appelle toujours pas à la réouverture des négociations commerciales, renvoyant les opérateurs aux clauses de révision des prix. Dans un communiqué paru le 20 mai, la FNSEA avait demandé une réouverture des négociations commerciales en raison de la flambée des prix du GNR et des engrais. Dans un communiqué le 21 mai, la Coordination rurale a dénoncé le plan présenté par Bruxelles, dont les fonds vont, selon le syndicat, «surtout de servir indirectement à soutenir les fabricants et fournisseurs d’engrais, sans régler le problème de fond», qui est «celui de l’indépendance et l’autonomie alimentaire».
Biogaz/biocarburant : le Conseil constitutionnel censure la suppression des ZFE
Le Conseil constitutionnel a censuré le 21 mai la suppression des zones à faibles émissions (ZFE), estimant que cette mesure intégrée dans la loi de «simplification» était trop éloignée du texte initial. Initiées en 2019, étendues en 2021, ces zones avaient favorisé le développement du BioGNV et des biocarburants. Elles entendent limiter les émissions de particules fines, responsables de maladies respiratoires et de décès, en interdisant certains véhicules en fonction des vignettes Crit’Air. Mais dans toutes les formations politiques, y compris celles qui y sont favorables, on juge la mesure mal ficelée ou insuffisamment accompagnée, et potentiellement génératrice d’injustice pour certains ménages ne pouvant changer de véhicule. Le Conseil ne s’est pas prononcé sur la constitutionnalité de leur suppression en tant que telle, mais a invoqué une «jurisprudence constante», qui prévoit qu’il censure toute mesure introduite par amendement qui n’a pas de lien suffisant avec une disposition du texte initial ("cavalier législatif"). Et il a estimé que la suppression des ZFE, absente du texte initial, ne rentrait donc pas dans les clous. L’association Respire a salué «une victoire pour la santé» appelant toutefois à des ZFE plus «justes et efficaces» et à une relance des aides pour aider à changer de véhicule.
Foncier/Zan : le Conseil constitutionnel censure l'assouplissement par la loi de simplification
Le Conseil constitutionnel a censuré le 21 mai l'assouplissement des règles contre l’artificialisation des sols (ZAN), estimant que cette mesure intégrée dans la loi de "simplification" était trop éloignée du texte initial. Cette réforme qui divisait le camp gouvernemental était portée devant les Sages par les socialistes, les écologistes, et, chose rare, par 70 députés du camp gouvernemental et de Liot. Profitant de l’article facilitant l’implantation de centres de données ("datacenters"), LR et RN avaient fait approuver un assouplissement des contraintes pesant à ce titre sur les collectivités. La mesure leur aurait permis de dépasser jusqu’à 20% leur quota de surfaces aménageables. Mais le Conseil a jugé qu’il s’agissait d’un «cavalier législatif». Après la décision, la ministre de la Transition écologique Monique Barbut a souligné que les ZFE étaient «essentielles pour lutter contre la pollution de l’air dans nos villes». Et l’association Respire a salué «une victoire pour la santé», appelant toutefois à des ZFE plus «justes et efficaces» et à une relance des aides pour aider à changer de véhicule. Le patron des députés MoDem Marc Fesneau, co-signataire d’un recours, a estimé «regrettable qu’il faille faire appel au Conseil constitutionnel pour rappeler les règles».
Foncier : l’inflation s’est tassée pour les terres et près en 2025, les vignes plongent encore
Le marché du foncier agricole a globalement confirmé en 2025 les tendances de prix des années précédentes, selon une présentation le 21 mai par la FNSafer. En hausse « mesurée », les terres et prés libres s’affichent à 6 460 €/ha (+0,9 %), soit une inflation contenue par rapport à 2024 (+3,2 %). Les zones de grandes cultures grimpent à 8 150 €/ha (+4,2 %), portées par de meilleures récoltes. Tandis qu’en élevage bovin, à 4 740 €/ha (-1 %), les prix reculent « dans une conjoncture toujours porteuse pour la viande mais baissière en fin d’année pour le lait ». Une quatrième augmentation consécutive est observée pour les terres et prés loués, à 5 350 €/ha (+2,5 %). De leur côté, les vignes AOP plongent encore, à 171 400 €/ha (-2,9 %). Cette tendance cache des situations encore plus variées qu’en 2024. La baisse des prix s’accentue dans les bassins Sud-Ouest (-28,1 %) et Bordeaux-Aquitaine (-23,8 %), la quasi-totalité des appellations girondines subissant un décrochage. À l’inverse, la hausse se poursuit en Bourgogne-Beaujolais-Savoie-Jura (+3,9 %), soutenue par la Côte-d’Or et les meilleurs terroirs de Champagne. Une stabilité est notée en Languedoc-Roussillon (-0,2 %). Enfin, la crise s’accentue dans le Cognac. Cela fait chuter de moitié le prix des vignes à eaux-de-vie AOP, à 23 200 €/ha (-54,5 %).
Foncier : la « consommation masquée » est repartie à la hausse l’an dernier
Si le marché de l’artificialisation a continué de ralentir l’an dernier, celui de la « consommation masquée » est reparti à la hausse, a indiqué le 21 mai la FNSafer. La courbe des surfaces marque « une remontée en 2025 » pour les biens repris à fin de détournement d’usage, selon Loïc Jegouzo, du service Etudes, veille et prospective. 28 400 ha correspondent ainsi à une « consommation masquée », soit des terres qui sortent de la sphère agricole pour le loisir, du stockage informel, ou dans une stratégie de spéculation. Après un pic lors de années Covid (à plus de 40 000 ha), leur niveau n’avait cessé de baisser. « Ce marché concerne surtout les petites parcelles, contribuant au mitage de l’espace rural », a-t-il souligné, 80 % des surfaces étant inférieures à 1 ha. Autre élément notable, 49 % des transactions portent sur des biens bâtis. La FNSafer note en parallèle le nouveau plancher atteint par l’artificialisation, à 8 500 ha (-16,6 %) en 2025. Cela englobe les terres agricoles destinées à la construction, aux infrastructures, aux carrières et aux espaces liés aux déchets et stockage. Leurs surfaces annuelles ont été divisées par deux en quatre ans. Un effet de l’objectif Zan (zéro artificialisation nette), inscrit dans la loi Climat et Résilience de 2021.
Relations commerciales : un rapport sénatorial demande plus de transparence
Après six mois de travaux, et près de 200 responsables auditionnés, la commission d’enquête sénatoriale sur les marges des industriels et des distributeurs a dévoilé son rapport le 21 mai. La rapporteur Antoinette Guhl (écologiste) et la présidente de la commission Anne-Catherine Loisier (centriste) émettent 24 recommandations, dont plusieurs portent sur la transparence en rendant obligatoire « l’affichage des marges sur les produits non transformés, en priorité les fruits et légumes, voire sur les produits transformés labellisés (bio, AOP, Label rouge) », en rendant publique, chaque année, « la comparaison entre l’évolution des prix de vente aux consommateurs et celle des tarifs négociés avec les fournisseurs » ou encore en faisant apparaître la part de matière première agricole française lorsqu’un transformateur a recours à l’option 3. Le rapport préconise aussi d’encadrer le recours aux centrales d’achat européennes en excluant de leur champ les entreprises dont les produits intègrent au moins 80 % de matière première agricole française ou qui produisent et vendent majoritairement en France. Autres recommandations : imposer aux distributeurs une déclaration annuelle des flux financiers avec les centrales d’achats et de services européennes et rendre publique les montants des marges arrière.
«Projets d'avenir» : les députés renoncent à les élever au rang d'intérêt public majeur
Lors de l’examen du projet de loi d’urgence agricole (LUA) le 20 mai en séance publique, les députés ont renoncé à l’élévation des projets d'avenir au rang d'intérêt public majeur. Ils ont adopté, avec les avis de sagesse du rapporteur et favorable du gouvernement des amendements, écologistes, socialistes, LFI, EPR et Liot supprimant cette distinction votée en commission. « Une telle présomption apparaît excessive au regard du droit de l’environnement, dans la mesure où elle reviendrait à conférer un avantage juridique automatique à une catégorie de projets sans appréciation au cas par cas de leurs impacts et de leur intérêt public, selon l’exposé socialiste. Elle est susceptible de fragiliser la cohérence du régime de protection des espèces et des habitats, ainsi que la sécurité juridique des autorisations environnementales. » Lors des débats, la ministre Annie Genevard a également soulevé le « risque de contentieux constitutionnel ». « On va peut-être un peu trop loin », a estimé le rapporteur Julien Dive (Les Républicains). Déjà le 5 mai en commission des Affaires économiques, il s’était opposé à la disposition émanant d’Horizons : « Vous allez vous heurter à un risque de contentieux au regard du droit européen, notamment la directive (sur la conservation des) habitats » naturels, avait-il dit.
Elevage: LCA demande un soutien public pour inciter les banques à prêter aux éleveurs
Au déjeuner de presse annuel du pôle animal de LCA (coopération agricole), le 13 mai, Bruno Colin, président du pôle et de la filière bovin-viande, a émis le souhait d’un système financier incitant les banques à faire des avances de trésorerie et à soutenir l’investissement en élevage. Ce soutien public, a-t-il indiqué à Agra Presse le 21 mai, pourrait prendre la forme d’une caution solidaire des pouvoirs publics, d’un fonds de garantie ou d’un livret d’épargne. Les besoins ont en effet fortement augmenté ces dernières années, a-t-il expliqué, que ce soit pour l’achat d’animaux (surtout en bovins) ou pour la modernisation ou la construction de bâtiments (surtout en porcs et volailles). Il estimait que les coopératives ne pouvaient faire beaucoup plus d’efforts d’accompagnement. « Rien que dans la filière bovine, les coopératives ont avancé plus de 140 millions d’euros à leurs adhérents en 2025, 10% de plus qu’en 2024 », a-t-il précisé. En production bovine, il s’agit d’acheter des broutards à engraisser dont le prix a plus que doublé depuis deux-trois ans, de renouveler les cheptels et de soutenir l’installation.
Pesticides : comme en 2018, les députés adoptent une clause miroir française générale
Dans soirée du 20 mai, les voix combinées des députés RN, LFI et écologistes ont réécrit de façon bien plus stricte un article de la loi d’urgence agricole, en interdisant toute importation de denrée produite avec un pesticide prohibé en France, la ministre alertant contre une rédaction contraire au droit européen. «Vous allez créer une forme de faux espoir auprès des consommateurs, puisque c’est rigoureusement interdit dans un marché unique. Et ça ne tiendra pas trois jours devant un juge», a répliqué la ministre de l’Agriculture Annie Genevard, tentant une suspension de séance pour convaincre suffisamment d’élus. En vain. Le PS s’est aussi largement opposé à une mesure «qui défie la règle européenne" et "n’aura aucune efficience», selon le député Dominique Potier. Malgré cet appui, la quarantaine de parlementaires du camp gouvernemental n’a pas fait le poids face aux quelque 50 RN, 19 Insoumis, et 6 écologistes qui ont fait adopter l’amendement LFI. Ce n'est pas la première fois que l'Assemblée adopte une clause miroir générale. Adopté en 2018 en pleine polémique sur les accords de libre-échange (UE-Mercosur, Ceta), l’article 44 de la loi Egalim entendait déjà imposer qu’aucune denrée entrant sur le sol français ne soit cultivée avec des produits interdits en UE. Mais ce texte est resté jusqu’ici lettre morte, car il relève d’une compétence européenne.
Stockage de l’eau : l'Assemblée propose de limiter à six mois le jugement des recours
Dans le cadre de l’examen du projet de loi d’urgence agricole à l’Assemblée nationale, un amendement présenté par Jean-René Cazeneuve (EPR, Gers) a été adopté le 21 mai qui vise à compléter le régime dérogatoire issu de l’article 5 en y adjoignant un délai de six mois pour le jugement en première instance des recours formés contre les autorisations d’ouvrages de stockage d’eau agricole relevant d'un projet territorial de gestion de l’eau (PTGE). « Un recours abusif ou dilatoire ne doit pas pouvoir geler un projet pendant plusieurs années alors même que les besoins en eau des exploitations s'aggravent sous l'effet du changement climatique », souligne M. Cazeneuve dans l’exposé sommaire de l’amendement. La rapporteure Nathalie Coggia a toutefois émis un avis défavorable, précisant qu’un délai de jugement « imposé au juge administratif nécessiterait une articulation avec le régime général des délais du code de la justice administrative ainsi qu’une consultation du Conseil d’État ». Même avis de la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, qui a rappelé que le décret du 21 avril 2026 prévoit déjà un régime contentieux « adapté et accéléré » avec un délai de jugement de dix mois, « pertinent et proportionné aux enjeux », applicable aux ouvrages de stockage de l’eau à finalité agricole, inscrits ou non dans un PTGE. L'article 5 a été adopté par les députés.
CBD : les organisations professionnelles préparent un recours au Conseil d'Etat
A l'occasion d'une conférence de presse, le 21 mai, les industriels de l'Uivec (filière CBD) ont annoncé leur intention, si les discussions en cours avec le gouvernement achoppaient, de lancer avec deux autres syndicats sectoriels un recours au Conseil d'Etat contre le plan de contrôle des produits alimentaires contenu du CBD présenté le 15 avril par la DGAL (ministère de l'Agriculture). L'administration sanitaire a annoncé il y a un mois son intention d'interdire les produits alimentaires contenant du CBD à partir du 15 mai. «Sauf retournement de situation de dernière minute, les organisations professionnelles vont attaquer la décision en référé, potentiellement début juin», a indiqué le président de l'Uivec Ludovic Rachou. Sur la forme, l'union des fabricants dénonce «un revirement unilatéral, sans concertation, et assorti d'un mois de délai seulement». Sur le fond, ils continuent de dénoncer une confusion entre le CBD extrait de plantes et le CBD synthétique, selon eux seul responsables d'intoxications. Dans une lettre ouverte à la ministre de l'Agriculture, la Confédération paysanne demande également que le gouvernement renonce à cette mesure, soulignant l'implication de «plus de 1 500 fermes» dans cette filière. Une réunion entre le ministère de l'Agriculture et les professionnels est prévue très prochainement, selon l'Uivec.
Horticulture: Dümmen Orange et Syngenta Flowers fusionnent leurs activités mondiales
Le néerlandais Dümmen Orange et Syngenta Flowers ont signé un accord pour former une nouvelle entreprise (joint-venture) de sélection et multiplication de plantes ornementales, est-il annoncé dans un communiqué de presse le 20 mai. La nouvelle entreprise, dont le nom n’est pas encore arrêté, réunira les gammes complémentaires des deux sociétés, combinant l'expertise de Dümmen Orange en fleurs coupées et le leadership de Syngenta Flowers en matière de variétés issues de semence, ainsi que les gammes d’annuelles, vivaces et plantes en pot que les deux sociétés ont développées au fil des décennies. Les capacités R&D, les processus de production et les réseaux commerciaux seront intégrés à la nouvelle structure. « Cette association apporte l’envergure nécessaire en sélection et en production pour répondre aux clients du monde entier, en leur offrant les technologies éprouvées et la qualité sur lesquelles les producteurs comptent. Dümmen Orange et Syngenta Flowers sont des entreprises qui bénéficient d'une solide expérience et d'un héritage important dans l'histoire de la sélection florale », a déclaré Mark Schermer. Les conseils d'administration des deux sociétés ont officiellement approuvé l'accord dont la finalisation est soumise à l’obtention des autorisations réglementaires nécessaires.
Horticulture : les Etats-Unis restreignent l’importation de plants de rosiers face au Rs R3bv2
Le Service d'inspection de la santé animale et végétale (APHIS) du Département de l'agriculture des États-Unis (USDA) a annoncé le 20 mai modifier les conditions d’importation de rosiers destinés à la plantation, afin de prévenir l'introduction de la bactérie Ralstonia solanacearum Race 3 biovar 2 (Rs R3bv2) aux États-Unis. Conformément à l’arrêté fédéral, les plants peuvent continuer d'être importés, sous quarantaine post-entrée, en provenance du Danemark, de France, d'Allemagne, des Pays-Bas et du Royaume-Uni, « uniquement s'ils ont été produits dans un lieu de production ou un site de production exempt de RsR3bv2 et certifié par leur organisme national de protection des végétaux ». Après leur entrée aux États-Unis, toutes les exigences standard en matière de quarantaine post-entrée restent applicables. En provenance du Canada, l'importation est maintenue uniquement si toutes les parties de la plante (y compris le porte-greffe et le matériel de greffage) ont été cultivées exclusivement au Canada ou aux États-Unis. La bactérie est aussi active sur pomme de terre, tomate, poivron et aubergine et provoque le flétrissement du géranium.
Carottes : la charte de l’AOPn reconnue Certification environnementale de niveau 2
Dans un communiqué de presse le 21mai, l’AOPn Carottes et Radis de France annonce que sa Charte de production de carottes vient d’être reconnue officiellement au titre de la Certification environnementale de niveau 2 (CE2). La certification s'appuie sur une obligation de moyen et valide la mise en place de pratiques techniques à faible impact environnemental selon 25 points de contrôle et un référentiel de 16 exigences. La CE2 est éligible à l'objectif Egalim d'approvisionnement durable et de qualité des cantines jusqu'à fin 2026. L’AOpn a présenté sa demande auprès de la Commission nationale de la certification environnementale le 13 mai . « Le sérieux, l’engagement et la volonté d’amélioration des pratiques des producteurs et conditionneurs ont été reconnus par le ministère de l‘Agriculture, » se félicite l’AOPn. La filière carotte s’est fédérée en 2017 autour de cette démarche collective. Pour mémoire, la production de carottes française est estimée à 368 000 tonnes pour la campagne 2025-2026 selon les prévisions des services du ministère de l’agriculture (Agreste). Elle est en hausse de 3 % par rapport à la campagne précédente et supérieure de 9 % à la moyenne 2020-2024.
Légumes : aux Pays-Bas, les OP investissent dans l'entreprise de numérique GreenlinQdata
La Fédération néerlandaise des OP fruits et légumes (FVO) annonce avoir acquis, depuis le début du mois de mai 2026, GreenlinQdata, entreprise spécialisée dans les systèmes d’information pour les entrepreneurs agricoles et horticoles. FVO en était actionnaire depuis 2024. Grâce à cette acquisition, la fédération renforce la position de GreenlinQdata en tant que plateforme sectorielle. Cela permet aux agriculteurs et aux OP de définir conjointement des normes uniformes pour le système de suivi des fruits et légumes actuellement en développement, tout comme les applications et l’utilisation des données au sein de la chaîne d’approvisionnement. « Le volume de données que nous collectons au sein de notre secteur augmente, tout comme leur importance. Il est essentiel que nous déterminions nous-mêmes comment ces données sont déployées et partagées. Cette acquisition nous permet de garantir que le secteur garde le contrôle et de poursuivre la construction d’une plateforme de données uniforme et pérenne », explique David Markowski, p.-d.g. de The Greenery. FVO regroupe cinq organisations de producteurs : Growers United, Harvest House, Oxin Growers, The Greenery et ZON, qui représentent 90 % des surfaces cultivées en légumes aux Pays-Bas.
Asperges : en Andalousie, volumes en forte hausse sur la campagne 2025
La production d'asperges en Andalousie (76 % de la production nationale) a connu une nette reprise en 2025, atteignant 50 606 tonnes, soit une hausse de 38 % par rapport à 2024, indique une note des services économiques de la Junta le 21 mai. La superficie totale cultivée a légèrement diminué par rapport à la saison précédente pour atteindre 9485 hectares et le rendement moyen s'est établi à 5 335 kg/ha. Après plusieurs années de stabilité, les prix à la production des asperges vertes ont progressé atteignant leur plus haut niveau sur la période 2021-2025 à 2 ,92 €/kg (contre 2,48 €/kg en 2024). Ce niveau représente une augmentation de 17 % par rapport à la saison précédente et de 20 % par rapport à la moyenne des quatre saisons précédentes. Les prix dans les centres de conditionnement ont également atteint leur plus haut niveau - 4,88 €/g contre 4,31 €/kg - une hausse de 13 % par rapport à la saison précédente et de 11 % par rapport aux quatre saisons précédentes. 95 % des exportations d’asperges andalouses sont destinées à l’Union européenne, l’Allemagne (34 %), la France (22 %) et la Pologne (12 %) étant les principaux marchés. Si les volumes exportés sont restés stable aux environ de 55 000 tonnes, la valeur a elle bondi passant de 72 M€ à 83 M€ en un an.
Complémentaires retraites/santé : très bon millésime 2025 pour Agrica
Dans un communiqué de presse le 21 mai, le groupe Agrica annonce des résultats 2025 en progression, avec un chiffre d’affaires en hausse de 9 % à 989 M€, notamment pour les activités de prévoyance. « Cette croissance repose sur un millésime commercial exceptionnel marqué par l’intégration de nouveaux clients majeurs, une croissance organique soutenue de nos portefeuilles et des ajustements tarifaires ciblés qui compensant la hausse structurelle du coût des prestations, notamment en santé », indique le groupe dans son communiqué. À noter le développement de la retraite supplémentaire des non-cadres ; le cap symbolique des 90 000 adhésions a été franchi pour plus de 265 000 salariés cotisants. Le résultat est en progression à 34 M€ (contre 12 M€ en 2024). La solvabilité du groupe s’établit à 269 %, en progression de 33 points par rapport à l’an dernier.
Négoce : Frédéric Gaudin nommé président de NégoA
Dans un communiqué paru le 21 mai, NégoA (entreprises de négoce) annonce l’élection de Frédéric Gaudin, 45 ans, dirigeant du groupe GN Solutions et négociant en Bretagne, à la présidence de son conseil d’administration. Il succède à Antoine Pissier, après neuf ans de mandat.
Agenda de la semaine agricole du 25 mai 2026
Vendredi 22 mai
8e Sommet UE-Mexique (signature de l'accord commercial modernisé)
Mardi 26 mai
Conseil des ministres de l’Agriculture, à Bruxelles
Suite de l'examen du projet de loi d'urgence agricole à l'Assemblée
Congrès annuel de l'AGPB (producteurs de blé, FNSEA), à Nancy
Journée d'étude sur les éleveurs et le climat, à Dijon
Visite de presse chez Idena (nutrition animale) sur les actifs botaniques
Mercredi 27 mai
Comité de l’agriculture de l’OMC, à Genève
Les députés de la coméco examinent de la PPL écologiste sur le cadmium
Conférence de presse des JA sur leur congrès
Présentation des résultats annuels et perspectives de LDC (volaille)
Visite en immersion virtuelle de la ferme expérimentale d'AgroParisTech
Jeudi 28 mai
Congrès annuel de NégoA Centre Atlantique (négoces), à Cognac
Conférence de presse annuelle de Tereos
Conférence de presse Axema (machinisme)
Colloque à l'Assemblée nationale sur les aliments ultra-transformés (LFI - Les Ecologistes)
Voyage de presse Rians (Triballat), dans le Cher
Vendredi 29 mai
Assemblée générale de l’association Phyto-Victimes, à Gauriac (Gironde)
Inauguration et visite presse du site industriel d'Intact, à Baule (Loiret)
50 ans de La Ferme des Bordes, à Jeu-les-Bois (Indre)
Samedi 30 mai
Assemblée générale de l’OABA (bien-être animal)
Agroalimentaire : des études pointent la nocivité de certains additifs
Trois études publiées dans les revues médicales Diabetes Care, European Journal of Epidemiology et European Heart Journal par l’équipe de recherche en épidémiologie nutritionnelle (Cress-EREN), rattachée notamment à l’Inserm et l’Inrae, renforcent les connaissances sur les effets délétères des additifs dans l'alimentation. Menés auprès de plus de 100 000 participants de la cohorte NutriNet-Santé, suivis depuis 2009, ces travaux suggèrent que les personnes les plus fortement exposées à certains colorants alimentaires (E100 et E199), comparativement aux personnes les moins exposées, présentent un risque accru de diabète de type 2 (+ 38 %), de cancer (+ 14 %) et plus particulièrement de cancer du sein (+21 % et +32 % post-ménopause). L’étude montre également les personnes les plus exposées à certains conservateurs et antioxydants, notamment le sorbate de potassium (E202) et l’acide citrique (E330), présentent un risque accru d’hypertension (+ 24 %) et de maladies cardiovasculaires (+ 16 %) par rapport aux personnes les moins exposés. Si ces études ne prouvent pas à elles seules un lien de cause à effet, elles s’ajoutent à un large corpus attestant de la nocivité des aliments ultra-transformés pour la santé, rappelle l’épidémiologiste Mathilde Touvier, directrice de recherche à l’Inserm et coordinatrice des travaux, à l’AFP.