Agrafil du 21 mai 2026

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UE/Etats-Unis : accord des colégislateurs européens sur les textes de l’accord commercial

Sous pression après les menaces par Donald Trump d’imposer de nouvelles surtaxes, les colégislateurs européens sont finalement parvenus, le 19 mai à l’issue de leur troisième trilogue, à un compromis sur les textes mettant en musique l’accord transatlantique conclu en juillet à Turnberry (Ecosse). Dans le détail, en échange du maintien à 15% du taux de droits de douane américains sur ses exportations, l’UE va faciliter l’accès au marché européen de certains produits industriels et agricoles des Etats-Unis. Toutefois, le Parlement européen a réussi, moyennant plusieurs concessions, à intégrer un ensemble de clauses de protection additionnelles qui ont longtemps été le point d'achoppement des discussions. Un mécanisme de suspension renforcé est inclus si Washington ne respecte pas les engagements pris dans la déclaration commune ou s’ils perturbent les relations commerciales avec l'UE. Il peut également être déclenché s'il existe des indices suffisants laissant présager de telles actions à l'avenir. Le texte comprend également une clause de déchéance (ou « Sunset Clause ») limitée dans le temps, jusqu’au 31 décembre 2029 (contre le 31 mars 2028 dans la position initiale de Strasbourg). La clause de conditionnalité (ou « Sunrise Clause ») a, elle, été abandonnée. Enfin, un mécanisme de sauvegarde est prévu dans le cas où préférences tarifaires accordées aux États-Unis entraînent une hausse des importations susceptible de porter gravement atteinte à l'industrie de l'UE, notamment au secteur agricole. Les textes doivent à présent être formellement validés par les colégislateurs avant d'être publiés au Journal officiel de l'UE et d'entrer en vigueur.

Etiquetage de l'origine : France, Autriche et Italie insistent pour aller plus loin

La France, l’Autriche et l’Italie demanderont une nouvelle fois, lors de la réunion du Conseil Agriculture du 26 mai, à la Commission européenne de présenter une modification de la règlement sur l’information alimentaire des consommateurs (FIC) afin de renforcer l'étiquetage obligatoire du pays d'origine à l'échelle de l'UE et de l'étendre au plus grand nombre possible de produits alimentaires. «Une telle mesure permettrait aux consommateurs de prendre des décisions d'achat éclairées, renforcerait la position des agriculteurs européens dans la chaîne d'approvisionnement alimentaire et favoriserait une concurrence loyale en rendant les conditions de production plus transparentes», justifient ces pays dans une note préparée pour l'occasion. plusieurs autres délégations devraient soutenir l’initiative (Suède, Grèce, Espagne, Finlande, Roumanie). Déjà au mois de janvier, lors de la réunion du Conseil des ministres à Bruxelles, plusieurs de ces pays avaient appelé de la Commission européenne à présenter «dans les meilleurs délais» une proposition en ce sens «en précisant les pays d’origine lorsque cela n’entraîne pas de complication trop importante». Mais certains s’étaient montrés réticents préférant se limiter à une mention «UE/hors UE».

Royaume-Uni : le gouvernement envisagerait de plafonner certains prix alimentaires

Pour lutter contre l’inflation grandissante liée au conflit au Moyen-Orient, le gouvernement britannique souhaite demander aux principaux supermarchés de l’île de plafonner de manière volontaire les prix de certaines denrées alimentaires (notamment le lait, les œufs ou le pain) en échange d’un allègement de certaines réglementations, rapporte le 19 mai le The Financial Times ainsi que plusieurs autres médias britanniques. Une éventualité qui a été particulièrement critiquée par le British Retail Consortium (BRC), organisation représentant les intérêts des supermarchés britanniques. Depuis, le gouvernement travailliste, qui doit présenter très prochainement des mesures de soutien au pouvoir d'achat face aux hausses des prix, a pris ses distances et démenti l’information. « Ce n'est pas une question que nous envisageons », a ainsi déclaré le 20 mai, le ministre des Finances, Dan Tomlinson, sur la chaine de télévision Sky News. Et d’ajouter : « Nous examinons plutôt l'ensemble de l'économie afin de déterminer les différentes façons d'aider les ménages ».

Relations commerciales : le projet gouvernemental de réforme de la clause de révision

Dans un amendement au projet de loi d'urgence agricole, dont l'examen en séance publique a commencé à l'Assemblée le 19 mai, le gouvernement propose une réforme de la clause de révision des prix, constatant qu'elle est souvent négociée dans de mauvaises conditions lors des négociations commerciales, ne permettant pas son activation effective. L'exécutif propose donc que le fournisseur puisse choisir d’intégrer dès l’envoi de ses conditions générales de vente (CGV), une clause de révision dont les paramètres ne sont pas négociables, à la hausse et à la baisse. Cette clause serait ainsi «extraite du champ de la négociation annuelle». Selon le gouvernement, «le risque que ces clauses soient fixées à des niveaux sans lien avec la réalité de l’évolution du coût de la MPA est quasi-inexistant» car cela rendrait les produits du fournisseur «moins compétitifs», et que «le distributeur peut faire usage de son droit de refuser les conditions générales de vente qui lui sont transmises.» Autre argument: cette clause doit s’appliquer selon les mêmes modalités et paramètres à tous les clients du fournisseur, ce qui doit rassurer le distributeur sur le risque d'être «dépositionné» par rapport à la concurrence.

GNR/engrais : la FNSEA demande la réouverture des négociations commerciales

La FNSEA a demandé la « réouverture immédiate des négociations commerciales » entre industriels et distributeurs, pour prendre en compte la « flambée des coûts » du gaz, du carburant et des engrais depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. « Les agriculteurs font face à une succession de crises sanitaires, réglementaires, économiques et climatiques qui fragilisent profondément les exploitations agricoles », rappelle la fédération dans un communiqué. La quasi-fermeture du détroit d’Ormuz, par lequel transite habituellement environ 20 % des hydrocarbures et 30 % des engrais mondiaux, a conduit à une hausse brutale des coûts de production dans les fermes. La FNSEA « appelle donc à une réouverture rapide des négociations commerciales afin que la hausse des coûts de production agricole se traduise concrètement par une revalorisation du prix payé aux producteurs ». La grande distribution est hostile à une réouverture de ces négociations, tandis que les industriels de l’agroalimentaire plaident pour une répercussion rapide de ses hausses de coûts dans un contexte inédit. De son côté, le gouvernement temporise, appelant au dialogue entre acteurs pour répercuter les hausses « au cas par cas ».

Conflit au Moyen-Orient : la FAO alerte sur le risque « choc systémique agroalimentaire »

L’organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) met en garde, dans un podcast publié le 20 mai, contre le risque de « choc systémique dans le secteur agroalimentaire » susceptible de déclencher une grave crise mondiale des prix alimentaires d’ici six à douze mois que fait peser la fermeture prolongée du détroit d’Ormuz. Le moment est venu de « commencer à réfléchir sérieusement à la manière d’accroître la capacité d’absorption des pays, de renforcer leur résilience face à cet étranglement, afin de minimiser les impacts potentiels », insiste l’économiste en chef de la FAO, Máximo Torero, alors que la fenêtre pour prendre des mesures préventives se referme rapidement. Pour faire face à ce risque, l’organisation onusienne a présenté une série de recommandations politiques à court, moyen et long terme comme la création de routes maritimes alternatives, l’élargissement de l’accès à un crédit abordable pour les agriculteurs, la constitution de réserves régionales ou encore le renforcement des capacités de stockage.

Installation : en Pays de la Loire, la région lance un nouveau prêt à taux zéro

La région Pays de la Loire lance un prêt à taux zéro dédié à l’installation des jeunes éleveurs, a-t-elle annoncé le 20 mai. Son montant est de 25 000 euros, remboursable sur cinq ans, d’après un communiqué. Le prêt s’adresse « exclusivement aux porteurs de projets s’installant dans le secteur de l'élevage en Pays de la Loire, pour consolider leur apport financier en plus de la Dotation jeunes agriculteurs » (DJA). Il est distribué par le Crédit Mutuel, le Crédit Agricole et la Banque Populaire Grand Ouest. La région assure une « prise en charge des intérêts jusqu’à 3,5 % ». Ce nouveau prêt, baptisé AgriBoost Elevage, complète un autre dispositif visant l’installation des agriculteurs de plus de 40 ans. AgriBoost 40+, proposé depuis 2024 par la région, est un prêt d’honneur de 35 000 euros, « à taux zéro et sans garantie ». Lancé en partenariat avec Bpifrance et géré par Initiative Pays de la Loire, il est remboursable sur cinq ans au maximum et avec un différé possible jusqu’à 18 mois. Parmi ses conditions : ne jamais avoir bénéficié d'une DJA, être âgé d’au minimum 41 ans et de moins de 49 ans.

Stockage de l’eau/zones humide : le gouvernement revient à la charge dans la loi d'urgence

Dans un amendement à la loi d'urgence agricole dont l'examen en séance publique a débuté le 19 mai à l'Assemblée, le gouvernement revient à la charge sur l'assouplissement des prescriptions techniques applicables aux plans d’eau de moins d’un hectare en zone humide, pour lequel son arrêté du 3 juillet 2024 avait été censuré par le Conseil d'Etat. Selon le gouvernement, la plus haute juridiction administrative avait jugé que les dispositions prises par l'arrêté «ne pouvaient relever que du domaine de la loi». L'amendement déposé «en tire donc les conséquences, en prévoyant dans le code de l’environnement une base légale permettant de mettre en œuvre la politique de déblocage de projets.» Pour rappel, un arrêté de juin 2021 impose, pour implanter un plan d’eau en zone humide, de remplir trois conditions cumulatives : justifier d’un intérêt général majeur ou de bénéfices supérieurs à ceux liés à la préservation du milieu ; démontrer l’absence de solutions de remplacement plus favorables pour l’environnement ; et prévoir des mesures de réduction et de compensation des effets du projet.

Reliquats bio : réunion interministérielle non conclusive, calendrier inconnu

Après plusieurs semaines d'attente et plusieurs reports, une réunion interministérielle s'est finalement tenue le 19 mai pour décider du sort des reliquats d'aides à la bio non consommées pour 2025, 2026 et 2027, estimée à 100 millions d’euros (M€) par an, mais elle n'a pas été conclusive, selon une source proche du dossier, et le calendrier d'arbitrage n'est pas connu. Le 12 mai, la ministre de l'Agriculture a annoncé la destination d'une première partie de l'enveloppe : 40 M€ sont d'ores et déjà fléchés vers les Mesures agroenvironnementales (MAEC), qui doivent faire la part belle aux zones intermédiaires et à l'agriculture. À l'occasion de l'assemblée générale de la FNSEA, le 2 avril, la ministre de l'Agriculture avait fait part de son souhait que la « majorité » du budget pour 2025, 2026 et 2027 aille aux aides à l'investissement, et le reste aux zones intermédiaires et à la bio. Mais Bercy souhaiterait mettre la main sur ces fonds européens, pour réaliser des économies sur le budget de l'État. Une solution intermédiaire pourrait être de flécher une partie des fonds restants vers des mesures de soutien contre la flambée des prix du GNR et des engrais. M. Lecornu doit tenir jeudi 20 mai une conférence de presse sur les conséquences économiques du conflit en Iran. Il présentera à cette occasion un « nouveau paquet » d’aides pour le mois de juin destinées aux secteurs les plus touchés, comme l’agriculture.

Bio/équitable : chiffre d’affaires en hausse de 27% pour Bio Equitable France

Le label Bio Equitable en France a vu son chiffre d’affaires augmenter de 27% sur un an, selon un communiqué le 20 mai. Il franchit le « cap symbolique » des 200 millions d’euros (M€) avec « plus de 207 millions d’euros de ventes consommateurs en 2025 ». La croissance est portée par les ventes de viande (+22% à 60M€), de fruits et légumes (+73%, 60M€) et de produits laitiers (+10%, 34%€). Le label, qui mise à la fois sur le bio et une « juste rémunération des agriculteurs », continue donc sa progression après un hausse de 30% de son chiffre d’affaires en 2024. « Le commerce équitable origine France apparaît comme une véritable solution d’avenir pour nos agriculteurs. Il leur permet de gagner en visibilité économique, d’investir dans leurs exploitations et d’accompagner la transition agroécologique des territoires » estime son directeur Vincent Rousselet, cité dans le communiqué. Bio Equitable France embarque 5000 fermes et 130 filières labellisées. Il garantit « 100 % de références fabriquées dans l’hexagone avec des produits agricoles français, cultivés de manière durable ».

Saisonniers : deux personnes condamnées pour exploitation de travailleurs étrangers

Le tribunal correctionnel de Montauban (Tarn-et-Garonne) a condamné le 19 mai deux personnes à des peines de prison avec sursis pour avoir fait venir des travailleurs illégaux du Maroc entre 2023 et 2025 pour exercer dans le secteur agricole, rapporte l’AFP. Elles ont été reconnues coupables d’escroquerie, fraude sociale et travail dissimulé à Montauban et Montalzat. Elles écopent aussi de cinq ans d’interdiction d’exercer toute activité professionnelle en lien avec l’agriculture. Les deux personnes condamnées devront en outre verser 776 000 euros à la MSA, partie civile dans ce dossier. Elles étaient poursuivies pour avoir fait venir des saisonniers marocains à qui elles faisaient payer 10 000 euros sans leur garantir de salaire ni de papiers. Leur société de services récupérait la main d’œuvre, qu'elle exploitait ensuite pour différentes tâches, et ne déclarait aucun des revenus qu’elle percevait. D’après l’enquête menée par les enquêteurs de l’antenne toulousaine de l’OLTIM (Office de Lutte contre le Trafic Illicite de Migrants), 278 ouvriers agricoles ont été victimes d’un système «d’exploitation de la misère humaine», selon les termes du procureur. Seuls deux d’entre eux ont déposé plainte et ils se verront verser 10 000 euros au titre du préjudice moral et matériel et 600 euros pour les frais d’avocat.

Cuir : Louis Vuitton planche sur une démarche d'« élevage régénératif »

À l'occasion d'une table ronde organisée par le cabinet de conseil Apexagri le 20 mai, la responsable Développement filières matières de Louis Vuitton (groupe LVMH), Guilaine Ipert, a indiqué que la marque de sacs de luxe planchait actuellement sur une démarche d’« élevage régénératif », avec pour ambition de l'appliquer à l'ensemble de son approvisionnement en cuir. Le projet a commencé il y a trois ans, par un état des lieux des pratiques des fournisseurs dans le monde entier. Une définition a été produite et validée par des experts externes. « Contrairement à l'agriculture régénérative, il n'existait pas de définition, donc nous avons créé notre propre grille, en ajoutant par exemple des éléments liés à l'alimentation animale et au bien-être animal », a-t-elle expliqué. Sur cette base, 200 fermes ont été auditées pour mesurer les efforts à réaliser, et des discussions débutent avec les fournisseurs pour faire évoluer les pratiques. Les changements seront très différents selon les pays et types d'élevage : bien-être animal en veau de boucherie, couverts végétaux et lutte contre la déforestation pour l'alimentation animale. La marque Louis Vuitton ne communique pas sur les mètres carrés de cuir qu'elle achète chaque année ; ils représentent plusieurs dizaines de milliers d'animaux, indique seulement Guilaine Ipert. L'approvisionnement est majoritairement originaire d'Europe, dont une partie de France.

Viande bovine : dernier avertissement de la FNB, en opération « stickage » à Paris

Devant la récente baisse des cours des bovins viande, des élus du bureau de la FNB (FNSEA) ont organisé le 19 mai une action de « stickage » dans un supermarché parisien, une forme de dernier avertissement avant d’éventuels « blocages d’abattoirs ». Selon un communiqué, les éleveurs ont apposé des autocollants proclamant « Les abatteurs tuent l’élevage ! » sur des produits pour dénoncer les « baisses de prix extrêmement brutales imposées par les abatteurs ». « En quelques semaines seulement, les éleveurs ont vu la valeur de leurs animaux s’effondrer, avec des pertes allant de 200 à 350 € par bovin », déplore le syndicat. Des baisses « injustifiées au regard des fondamentaux du marché », selon lui. « La mobilisation ne s’arrêtera pas là », prévient la FNB, qui appelle les sections bovines départementales à « multiplier les opérations de stickage dans toute la France ». Tout en menaçant de « blocages d’abattoirs si cette situation devait perdurer ». En Haute-Vienne par exemple, la FDSEA a annoncé une opération de contrôle de l’origine des aliments mercredi 20 mai, élargissant le mot d’ordre aux autres productions animales (lait, ovins). Fin avril, la FNB avait promis de premières actions ponctuelles et exhorté les éleveurs à ne pas accepter les baisses de prix.

Lait : l’Idele prudente sur l'évolution de la collecte au 2nd semestre

« Une hausse de la collecte de lait en France est probable sur les sept premiers mois de 2026, mais il y a une incertitude sur le reste de l’année au cours de laquelle elle pourrait être freinée », a expliqué Christine Goscianski, économiste à l’Idele, à l’occasion d’une présentation lors de la Journée grand angle lait le 20 mai. Parmi les facteurs pouvant faire évoluer la collecte, l’Idele cite les coûts de production qui sont sous pression à cause de la hausse du GNR, des engrais azotés, des bâches en plastique et du transport des aliments pour le bétail, en conséquence de la guerre au Moyen-Orient. Le climat entre en ligne de compte : après des fourrages abondants en 2025, le début de 2026 est plus incertain avec un mois d’avril très sec et le retour des précipitations début mai. Enfin, la dimension sanitaire est à prendre au sérieux après les vagues de FCO et de DNC subies en 2025 et qui appellent à la « vigilance ». L’Idele a aussi travaillé sur deux scénarios afin de mesurer l’impact de la guerre au Moyen-Orient sur les coûts de production des exploitations (systèmes spécialisés de plaine). Ces coûts pourraient augmenter de 7 à 22 euros les 1000 litres, essentiellement à cause du carburant, en fonction d’une évolution de la situation vers une « détente progressive » ou des « tensions durables ».

Lait : lacunes de l'Etat et des industriels dans l'affaire des laits infantiles (rapport)

« La crise des laits infantiles révèle certaines lacunes qui doivent impérativement être prises en compte à l'avenir », selon un rapport parlementaire dévoilé le 19 mai. Cette affaire avait débuté en décembre 2025 avec le rappel par Nestlé, puis d’autres industriels de lots de lots à cause de la présence potentielle de céréulide. Le rapport des députées Mathilde Hignet (LFI-NFP) député Michel Lauzzana (Renaissance), s’interroge sur le délai fin décembre de six jours pris par Nestlé pour informer l’Etat de la contamination. Et sur la « réalité des contrôles mis en place" par le fournisseur. Il déplore les « moyens limités des autorités de contrôle » qui conduisent « à se reposer, de manière croissante, sur les auto-contrôles mis en place par les industriels ». Autre « lacune » identifiée : la réactivité des autorités sanitaires, alors qu'il s'est écoulé « plus d'un mois » entre le début de l'alerte alimentaire et le déclenchement de l'alerte sanitaire. Dans la perspective de crises futures, les rapporteurs préconisent de renforcer « les critères de référencement » des matières entrant dans la composition, et les contrôles indépendants, à faire financer par les industriels, revoir la liste des substances réglementées par l'Union européenne et étudier « la possibilité d'y intégrer la toxine céréulide ».

Porc/PPA : le marché philippin se rouvre aux viandes et abats d’Espagne

Le ministère philippin de l’Agriculture a annoncé la réouverture immédiate des frontières aux viandes, peaux et abats de porc en provenance d’Espagne dans un communiqué du 15 mai, reconnaissant l’absence de risque d’importer la Peste porcine africaine (PPA), ce qui devrait ce faisant assouplir le marché domestique. Cette décision découle de la reconnaissance du plan de régionalisation de l’Union européenne ainsi que celui de l’Espagne et du protocole établi entre Manille et Madrid. La réouverture aux produits d’Espagne doit conduire, selon le communiqué, à sécuriser l’approvisionnement du pays et à modérer les prix de détail « alors que les Philippines reconstituent leur cheptel porcin après des années de PPA ». L’Espagne, est-il rappelé, compte parmi les plus importants exportateurs mondiaux de viande porcine et est depuis longtemps un fournisseur agréé des Philippines. Les Philippines avaient suspendu ses importations en provenance d’Espagne quand la région de Barcelone avait été atteinte par la PPA à la fin 2025.

Porc : l’élevage allemand perdrait 11 millions d'euros par semaine (presse)

Selon un article du journal agricole allemand Top Agrar (payant) d’avril dont Team France Export s’est fait l’écho le 20 mai, l’amélioration des prix du porc de ce printemps ne suffit pas à rétablir la rentabilité des élevages, qui perdraient au niveau national 11 millions d’euros par semaine du fait de la différence entre coûts de production à l’engraissement et prix de vente. Les engraisseurs spécialisés sont les plus touchés, avec une perte moyenne évaluée à près de 17 euros par animal début avril. Les éleveurs de truie sont plus favorisés, selon le journal qui précise que l’observation a porté sur des bâtiments déjà amortis. Le marché allemand a subi la pression d’excédents au début du printemps. Cependant, d’après le rapport hebdomadaire du MPF (marché du porc français) du 11 au 17 mai, ces excédents se résorbent, sauf dans certaines régions, et « les échanges sont plus fluides et le sud du pays évoque même un commerce dynamique ». Le MPF rapporte un prix de base du porc vif stable à 1,60 €/kg en Allemagne. « Le marché de la viande demeure prudent : la météo fraîche limite les ventes de produits pour grillades et les baisses du porc ne se répercutent que partiellement sur la viande », mentionne-t-il.

Œufs: la production retrouve son niveau pré-influenza, sans rattraper la consommation

La production française d’œufs « retrouve un niveau comparable à celui d’avant la crise IAHP (2022-2023) » sans toutefois rattraper la consommation, selon l’observatoire économique des filières animales Abcis (bureau d’étude des instituts techniques). Ainsi, la production a progressé de 3,7 % au premier trimestre 2026 et la consommation de 6,2 % par rapport au premier trimestre 2025. En 2026, la filière devrait continuer à se remettre de plusieurs mois de tensions et de pénuries, « mais les enjeux liés à la sortie de l’élevage en cage, notamment à l’approche des échéances d’engagements de la GMS, pourraient continuer à peser sur l’offre », analyse Abcis. Le bureau d’études rappelle que la transition vers des systèmes alternatifs à la cage aménagée (au sol ou en plein air) implique des arrêts temporaires d’élevages et une fois les travaux de conversion réalisés, une perte de capacité est observée. « Un effort accru de construction de nouvelles places d’élevage sera nécessaire pour compenser les capacités perdues et répondre à la demande », conclut-il. L’interprofession CNPO table sur la poursuite de la croissance de la consommation et la construction de 575 poulaillers d’ici à 2035.

Santé animale : l’Omsa lance un forum public-privé pour favoriser la vaccination

À l’occasion de sa 93e session générale, l’Organisation mondiale de la santé animale (Omsa) a lancé le 19 mai le Forum Prevent une « plateforme publique-privée de cinq ans destinée à renforcer la prévention contre les maladies animales, principalement à travers des stratégies de vaccination renforcées ». Selon un communiqué, le Forum regroupera des « gouvernements, fabricants de vaccins, régulateurs, groupes de producteurs, vétérinaires professionnels, donateurs et organisation intergouvernementales ». Il se réunira à un rythme annuel, et sa première « session technique mondiale » se tiendra en octobre. Après cette première réunion, les partenaires plancheront sur une déclaration établissant « une vision globale pour dépasser les barrières à la vaccination animale ». Dans le détail, les travaux du Forum Prevent s’articuleront autour de sept axes : planification, procédures réglementaires, impact économique, accès aux vaccins, équité, stratégies nationale et commerce. Comme le relève l’Omsa dans son communiqué, malgré la multiplication des maladies animales, qui provoquent des pertes de plus de 300 Md$ par an, « les taux de vaccination pour les maladies animales les plus notables restent bien en dessous de 20 % ».

Huile de palme : le gouvernement indonésien va renforcer l’encadrement de ses exportations

Le président indonésien Prabowo Subianto a annoncé le 20 mai devant le Parlement de son pays, un renforcement des contrôles de l'Etat sur les exportations de matières premières (dont l’huile de palme) en raison des difficultés économiques engendrées par le conflit au Moyen-Orient. Dans le détail, les ventes de toutes les ressources naturelles, comme l’huile de palme, devront, après une période de transition de trois mois, être effectuées par des entreprises d’État désignées par le gouvernement. Pour le président indonésien, la mise en place de cette règlementation devrait permettre d’optimiser les recettes fiscales de l’État mais également de « renforcer la supervision et le suivi et d’éradiquer les pratiques de sous-facturation (...) ainsi que la fuite des capitaux issus des recettes d’exportation ». L’Indonésie figure parmi les premiers exportateurs mondiaux d’huile de palme mais Prabowo Subianto affirme que l’État est privé de recettes en raison notamment de la corruption. Une nouvelle réglementation qui « a le potentiel de modifier fondamentalement la structure du commerce national de l’huile de palme et d’ouvrir la voie aux monopoles commerciaux », a déploré, de son côté, l’Association des organisations de producteurs d’huile de palme d’Indonésie (POPSI).

Ail : en Espagne, surfaces stables en 2026, inquiétude face à la concurrence extra UE

L'Office espagnol de l'ail indique une légère augmentation des surfaces cultivées en ail est attendue, avec environ 24 404 hectares semés, soit une hausse de près de 2 % par rapport à l'année dernière, mais encore loin des 30 000 hectares de 2022, rapporte la revue Mercados. Les communautés autonomes de Madrid, la Castille-et-León et l'Andalousie ont enregistré les plus fortes augmentations de surfaces plantées, respectivement de 49 %, 8 % et 6 %. La Castille-La Manche reste stable et l'Estrémadure devrait connaître une légère baisse de 4 %. Concernant la nouvelle récolte, les prévisions sont globalement bonnes, tant en quantité qu'en qualité, dans toutes les zones de production, même si les conditions météorologiques seront déterminantes. D’ailleurs, il a été indiqué la baisse anticipée de la couverture d'assurance, avec 4,6 % d'hectares assurés en moins cette saison malgré la légère augmentation des surfaces cultivées. L’inquiétude des producteurs porte surtout sur la perte de compétitivité de l’origine Espagne : entre 2021 et 2025, les ventes d’ail ont connu un déclin continu sur l’Union européenne (-17 %) alors que les importations des pays tiers progressaient de 122 % sur cinq ans. Avec surtout l’origine égyptienne, devenue deuxième fournisseur en 2025 (19 555 tonnes) derrière la Chine (54 679 tonnes)  

Fruits/francisation : la FNPFruit dénonce des pratiques « trompeuses » en Ardèche

Dans un communiqué du 18 mai, les producteurs de fruits de la FNPF (producteurs de fruits, FNSEA) dénoncent « avec la plus grande fermeté » des pratiques de « francisation », pratique qui consiste à étiqueter « origine France » des denrées qui proviennent d’un autre pays, observées dans un Intermarché de Saint-Andéol (Ardèche). Selon l’organisation, des fruits importés y étaient présentés de manière à laisser croire à une origine française. Des arboriculteurs ardéchois sont intervenus pour signaler cette présentation « trompeuse », mais le chef de rayon aurait refusé de modifier malgré leur avertissement, selon la FNPFruits. « Jouer avec l’origine des produits, c’est tromper les consommateurs et pénaliser directement les producteurs français, soumis à des cahiers des charges parmi les plus stricts au monde en matière sanitaire, environnementale et sociale », souligne l’organisation. Elle demande la mise en conformité immédiate du rayon concerné ainsi qu’un renforcement des contrôles et sanctions contre ces pratiques. « Le respect de l’origine n’est pas une option », insiste-telle. En avril 2025, l’État avait renouvelé son objectif de 10 000 contrôles afin de lutter contre la francisation des fruits et légumes, après qu’en 2024, ces opérations ont donné lieu à 560 amendes administratives et procédures pénales.

Cese : Catherine Lion prend la présidence du groupe Agriculture

L'ancienne directrice de la FNSEA, Catherine Lion a été nommée le 20 mai présidente du groupe Agriculture du Conseil économique, social et environnemental (Cese). Elle succède à Henri Bies-Péré, président du groupe de presse Réussir et ancien vice-président de la FNSEA. Par ailleurs, l'ancien président de la chambre d'agriculture de Nouvelle Aquitaine, Luc Servant, a été nommé secrétaire du Cese.

Betterave sucrière : Guillaume Gandon élu président de la Cibe

A l'issue de son assemblée générale à Bruxelles la CIBE (confédération des betteraviers européens) a élu à sa présidence de Guillaume Gandon pour les deux prochaines années, succédant à Marcel Jehaes, annonce le syndicat dans un communiqué du 20 mai. Agriculteur à Chery-les-Pouilly (Aisne) depuis 1994, il cultive de la betterave sucrière, mais aussi du blé, de l’orge de printemps, du colza et des légumes industriels. Il est par ailleurs vice-président de la Confédération des planteurs de betteraves (CGB, FNSEA) et, depuis 2022, vice-président de l’Association mondiale des producteurs de betteraves et de canne à sucre (AMPBCS). « Mon objectif, en tant que président de la CIBE, est de reconstruire une véritable politique sucrière européenne », déclare-t-il, cité dans le communiqué.

Alimentation animale : Nicolas Coudry-Mesny, nouveau président de la Fefac

A l'issue de sa 71e assemblée générale organisée à Bucarest le 19 mai, la Fefac (fabricants d'aliments européens) a annoncé, dans un communiqué le lendemain, l'élection à sa présidence de Nicolas Coudry-Mesny pour un mandat de 3 ans. Il succède à Pedro Luis Cordero Castillo. Président d’Eurofac (représentant l'industrie française au sein de la Fefac) et vice-président de la Fefac depuis 2021, il est également responsable des achats au sein de Sud-Ouest Aliments (Soal). Nicolas Coudry-Mesny déclare dans le communiqué que son élection se déroule dans un contexte « sans précédent, caractérisé par la fin de l’ordre commercial mondial fondé sur des règles, résultant des tensions géopolitiques et de la politique du pouvoir brut qui impactent profondément la résilience et la compétitivité de la chaîne de valeur européenne de l’élevage et de l’aquaculture. »

Agroalimentaire : une nouvelle directrice générale de la catégorie Food chez Nestlé France

Dans un communiqué paru le 20 mai, Nestlé France annonce que Camille Falguière a été nommé directrice générale de la catégorie Food. Depuis 2023, elle occupait la fonction de directrice générale marketing corporate France. Camille Falguière a démarré sa carrière chez Nestlé en 2008. Elle rejoint la Division Dairy en 2015 avant d’être promue en 2019 au poste de Directrice Générale Dairy Espagne.