Jeunes agriculteurs : les éléments de la stratégie de Bruxelles
La Commission européenne va présenter, le 21 octobre, sa stratégie sur le renouvellement générationnel en agriculture. Selon un projet obtenu par Agra, Bruxelles envisage trois niveaux d’action (la Pac, les autres politiques de l’UE et le niveau national) avec comme objectif de doubler la part des jeunes agriculteurs d’ici 2040 (actuellement à 12%) principalement via des mesures incitatives et des recommandations. Parmi les dispositions déjà prévues dans la proposition de réforme de la Pac, l’exécutif européen insiste plus particulièrement sur le doublement de la part des paiements directs dédiés aux jeunes agriculteurs passant de 3% à 6% (qui n'est qu'une recommandation) et la création de stratégies nationales sur le renouvellement générationnel. Concrètement, la stratégie se concentrerait sur cinq axes: l’accès aux financements (triplement du niveau maximal de soutien de la Pac à l’installation, taux de soutien à l’investissement accru jusqu’à 85%), l’accès aux connaissances (création d’un Erasmus pour les jeunes entrepreneurs), l’accès au foncier (création d’un observatoire européen des sols, simplification des règles et des soutiens ciblés pour faciliter la transmission précoce), l’amélioration des conditions de vie en zone rurale (financement d’un service de remplacement dans les exploitations) ainsi que la succession et les retraites. Sur ce dernier point, Bruxelles confirme ainsi sa volonté de voir les agriculteurs prenant leur retraite ne plus percevoir de paiements directs d’ici 2032.
Bioéconomie: Farm Europe s'inquiète des orientations de la future stratégie de l'UE
Alors que la Commission européenne est en train de finaliser, pour une présentation le 12 novembre, une stratégie sur la bioéconomie, le cercle de réflexion Farm Europe s’inquiète de certaines faiblesses dans les premières pistes explorées par Bruxelles. Dans une lettre, adressée le 17 octobre à la commissaire européenne à l’Environnement, Farm Europe s’oppose notamment à l’imposition du «principe de cascade» (hiérarchisation des usages des matières premières agricoles) jugé «techniquement infondé» et décorrélé du marché. Le think tank prévient également que différencier arbitrairement les bioproduits entre «ceux bien établis et ceux à fort potentiel méconnaît le fragile équilibre économique des différentes filières» dans lesquelles, bien souvent, les produits «les plus avancés sont développés en s'appuyant sur les acquis des produits existants». Il est donc demandé à l’exécutif européen de reconnaître «l’intensification durable de la production agricole comme primordiale pour développer la bioéconomie européenne», et de garantir des conditions de concurrence équitables vis-à-vis des importations de matières premières ou de produits déjà transformés.
Agroécologie : le réseau Le Lierre demande un « choix politique » qui embarque l’aval
Le réseau écologiste Le Lierre (hauts fonctionnaires, cadres de la fonction publique) a publié, le 16 octobre, un recueil de contributions de scientifiques et d’experts pour « dépasser les idées reçues » sur l’agroécologie. Selon les auteurs, la transition vers des systèmes agroécologiques est « un impératif majeur, incontournable et nécessaire » car ce sont « les meilleurs garants de la sécurité alimentaire ». Cette dernière « dépend moins de notre capacité à produire plus que de notre capacité à distribuer équitablement les productions, et à maintenir (les) agroécosystèmes fonctionnels », affirment-ils. Ils estiment que les transitions agroécologiques sont « possibles techniquement » mais que « d’importantes transformations » sont nécessaires du côté amont, mais aussi du côté aval des filières. Il faut « des politiques publiques dédiées », assènent-ils. « L’effort de finance publique n’est pas aussi grand que ce qui peut être imaginé, à condition que l’on redistribue différemment les financements actuels alloués aux mondes agricoles et alimentaire », indiquent les auteurs qui attribuent en partie « la colère d’une partie du monde agricole » au sentiment d’être « dans un système profondément inéquitable ».
Céréales : des semis précoces, dans de très bonnes conditions
Au 17 octobre, le réseau d’observation Céré’Obs de FranceAgriMer fait état du bon avancement des semis des céréales d’hiver. Dans la semaine du 7 au 13 octobre, le pourcentage des parcelles de blé tendre semées est passé de 5 à 27 %, contre à peine 10 % il y a un an à la même date. Une avance confirmée par Jean-Luc Lespinas, responsable du service agronomie de la Cavac. Pour la coopérative vendéenne, « entre 30 et 40 % des parcelles sont déjà semées : jusqu’à 60 % dans les terres de bocage alors qu’en plaine, les implantations n’ont pas démarré. Même si les créneaux de semis sont un peu précoces par rapport à nos préconisations – plutôt autour du 20-25 octobre -, les agriculteurs ont profité de conditions climatiques très propices pour démarrer. La portance des sols était, elle aussi, excellente. Le retour des pluies devrait calmer un peu l’ardeur des semis ce qui est plutôt très bien. » Les semis précoces sont plus sensibles au risque pucerons et donc, à la JNO. « La seule solution est désormais de renforcer la surveillance des parcelles, dès le stade 1 à 2 feuilles, d’autant que les températures restent très douces. » Autre point de vigilance : la gestion des graminées qui elle aussi est plus compliquée avec des levées précoces. (Anne Gilet)
Blé tendre : production 2025 attendue comme la troisième plus élevée en Australie (presse)
Selon un article de l’agence Reuters du 20 octobre (repris par le média Business Recorder), qui a interrogé un groupe d’analystes, la production australienne de blé tendre 2025 est attendue comme la troisième plus élevée de son histoire. En moyenne, les attentes s’élèvent à 35,7 Mt, en hausse de 0,5 Mt par rapport à une précédente enquête réalisée courant septembre. La raison principale est le relèvement des perspectives de production dans la zone ouest du pays. Au total, les conditions de cultures seraient particulièrement bonnes dans l’Etat de l'Australie Occidentale, mais aussi dans le nord de celui de la Nouvelle Galles du Sud et le Queensland. Toutefois, un déficit hydrique persiste dans d’autres comme dans l’Etat de l'Australie Méridionale, celui de Victoria et dans le sud de celui de la Nouvelle Galles du Sud. Cette nouvelle est un élément baissier de plus sur les marchés des grains, subissant déjà largement l’abondance des disponibilités mondiales. L’Australie représente l’un des plus importants producteurs et exportateurs mondiaux. Par ailleurs, la production d’orge est espérée à 15 Mt, ce qui constituerait un record, et celle de canola à 6,5 Mt en moyenne, un niveau lui aussi historiquement élevé.
Le néerlandais First Dutch ne rachètera finalement pas l'allemand Cefetra
Dans un communiqué du 19 octobre, le groupe allemand BayWa a annoncé que la compagnie First Dutch Group (spécialisée, entre autres, dans les biocarburants) ne rachètera pas sa filiale néerlandaise dédiée au négoce de matières premières agricoles (céréales, huiles etc.) Cefetra, n’ayant pu réunir les fonds nécessaires dans les délais impartis. BayWa se réserve le droit de réclamer des frais de compensation à First Dutch Group. En juin, le groupe allemand avait pourtant annoncé la conclusion de l’affaire, qui avait même reçu l’aval de la Commission européenne en septembre. BayWa annonce être en discussion avec de nouveaux investisseurs, dont l’identité n’a pas été divulguée, sur les bases du précédent accord. Les nouveaux acquéreurs utiliseraient leurs fonds propres pour financer l’affaire. La négociation de rachat s’était conclue le 10 juin dernier à hauteur de 125 M€. Le conseil d’administration de BayWa espère achever la cession de Cefetra durant le dernier trimestre 2025. La vente de sa branche de négoce de matières premières agricoles s’intègre dans une plus vaste stratégie de réduction massive de son endettement, suite à la hausse des taux d’intérêt, renchérissant son coût.
Pas de remise en cause des contrats tripartites chez Lidl France
Malgré sa nouvelle stratégie lancée en fin d'année dernière, après le départ de Michel Biero, pour «regagner» son «image-prix», Lidl France « poursuit les partenariats déjà mis en place y compris pour les 5 000 contrats en tripartites et sera de nouveau présente au Salon de l'agriculture (Sia) en 2026 pour la 11e année consécutive », a indiqué à Agra Presse la société de communication de l’enseigne allemande en France. Les récentes manifestations de la FNSEA et des JA sur les importations jugées déloyales n'ont pas épargné les magasins Lidl. L'allemand a été désigné en 2025 comme le distributeur le moins cher de France par une enquête menée en février 2025 par UFC-Que-Choisir et Linéaires, rapporte la communicante. Après avoir communiqué début 2025 sur sa gamme premiers prix, Lidl mise depuis la rentrée sur une campagne de baisse des tarifs («les prix sacrés») sur des «produits de première nécessité» comme la baguette, passée de 35 à 29 centimes, une initiative dénoncée notamment par la Confédération nationale de la boulangerie-pâtisserie française.
Standing Ovation et Bel réussissent le passage à l'échelle industrielle
Standing Ovation et le groupe Bel ont annoncé le 20 octobre qu’ils ont réussi le passage à l’échelle industrielle de la production d’une protéine de lait issue de la fermentation de précision. « Après une phase d'optimisation, les premiers cycles de production industrielle ont démontré l'efficacité du procédé breveté de Standing Ovation à grande échelle », expliquent les deux sociétés dans un communiqué. Cette technologie offre « une alternative durable aux filières traditionnelles » et « un modèle de valorisation en circuit fermé », estiment-elles. Sans indiquer de volumes de caséines déjà produits, ni de calendrier pour une utilisation industrielle par de Bel, Standing Ovation indique qu’il se projette désormais vers « la montée en puissance progressive de la production pour une commercialisation élargie » et « l'accompagnement d'autres acteurs de la filière laitière vers cette démarche de valorisation circulaire et bas-carbone ». Standing Ovation fondée en 2020 et pilotée aujourd’hui par Yves Chardonnens prévoit de commercialiser sa protéine phare Advanced Casein aux États-Unis en 2026, après obtention des autorisations réglementaires. En 2022, le groupe Bel a acquis une part du capital de la société dont la caséine in vitro pourrait lui offrir une alternative aux caséines traditionnelles.
Produits tripiers : Bensidoun va favoriser leur présence sur ses marchés forains
Le président des Tripiers détaillants de France, Alexandre Le Gall, annonce sur Linked’in avoir signé le 16 octobre un partenariat entre son syndicat et le groupe Bensidoun, important gestionnaire de marchés forains d’Ile-de-France. « Ce partenariat vise à favoriser la présence des tripiers sur nos marchés, en leur proposant des emplacements adaptés et en facilitant leur installation », indique-t-il. Contacté au téléphone par Agra Presse, Alexandre Le Gall précise que Tripiers détaillants de France cherche à faire naître des vocations dans le cadre de l’école de la Boucherie et qu’il offre aux professionnels une formation une formation agréée Qualiopi par l’Afnor. Le groupe Bensidoun est notamment concessionnaire de près de quarante marchés forains à Paris. Alexandre Le Gall souligne qu’il développe aussi à l’international le concept « French Markets ». De source Tripiers de France, dont Tripiers détaillants fait partie, les magasins de produits tripiers ont quasiment disparu. De ce fait, les marchés forains constituent le principal circuit de distribution de quelque 25 000 tonnes annuelles de produits tripiers. Les 230 000 tonnes produites en France (toutes espèces confondues) sont entièrement consommées, essentiellement en restauration.
L'abattoir de Saint-Céré (Lot) est fermé pour trois mois
L’abattoir multi-espèces de Saint-Céré dans le Lot a été fermé pour trois mois le 16 octobre du fait du retrait de son agrément provisoire, mais les éleveurs usagers espèrent qu’il pourra rouvrir avant la fin de cette période, apprend-on auprès de la FDSEA et des JA du département. Dans un communiqué du 16 octobre, les présidents des deux syndicats rapportent que la préfète du Lot a reconnu la veille en réunion « le travail conséquent réalisé par l’ensemble des acteurs » au cours des dix jours précédents, et que « des efforts importants ont été fournis pour répondre aux exigences et préparer la relance de l’activité ». « Aujourd’hui, les constats sont posés, les pistes de travail sont écrites. Il faut désormais passer à l’action », encouragent les élus. « Des contacts ont également été pris avec le Syndicat national des abattoirs de France afin de recueillir leur expertise », précisent-ils. La préfecture du Lot avait enjoint par notification du 27 septembre l’abattoir de suspendre son activité porcine, essentielle à l’équilibre économique de cette Société d'économie mixte. La Force d’intervention nationale des abattoirs (Fina) avait relevé des non-conformités.
Sécheresse : en Corse, l'Odarc s'intéresse aux générateurs d'eau atmosphérique
Alors que la Haute Corse vient d’être placée en vigilance sécheresse, l’entreprise Genaq a présenté, le 17 octobre à Vescovato, des générateurs d’eau atmosphérique aux représentants de la chambre d’agriculture et à des éleveurs de l’île. Face à des tarifs jugés élevés par des éleveurs présents, l’Odarc (développement agricole et rural de Corse) étudie la possibilité d’accorder à ces équipements les mêmes niveaux d’aides (entre 50 et 80 %) qu’à d’autres dispositifs, rapporte le média Ici. Le principe est simple : produire de l’eau à partir de l’air. Concrètement, les générateurs aspirent l’air ambiant à l’aide d’un ventilateur, puis le filtrent afin d’en éliminer les impuretés. L’air ainsi purifié est ensuite dirigé vers une chambre de condensation où, grâce à un échange thermique, il est refroidi jusqu’à atteindre une valeur inférieur au point de rosée, seuil à partir duquel la vapeur d’eau se condense. Cette transformation produit des gouttelettes d’eau qui s’écoulent naturellement, par gravité, dans un réservoir propre et traité. À noter, que l’eau recueillie subit plusieurs étapes de purification complémentaires (filtres à sédiments, ultrafiltration, charbon actif et minéralisation) afin d’être propre à la consommation. Cette technologie a toutefois un prix : 33 000 euros minimum pour un appareil qui produit 500 litres d’eau par jour ; de 160 000 à 200 000 euros pour 5 000 litres par jour, rapporte la presse locale.
Les ventes de la marque PME+ en forte hausse depuis un an
Les ventes en grandes surfaces de produits alimentaires de marques portant le label PME+, label RSE de Feef (PME fournisseurs de la grande distribution), sont en forte hausse au cours des 12 dernier mois à fin juin 2025, à +6,7% en valeur et +6,6% en nombre de produits par rapport à la même période de 2024. Ces données ont été diffusées par la Feef (PME fournisseurs de la grande distribution) et sont fournies Circana. Sur les 12 derniers mois, le chiffre d’affaires cumulé des produits labellisés PME+ atteint « 4,8 milliards d’euros en sortie de caisse, soit un chiffre d’affaires additionnel de 327 millions d’euros sur la période », souligne la Feef. Ces chiffres sont à rapprocher des ventes de produits alimentaires issus de PME non labellisées qui progressent moins, à +3,7%, et de celles des grandes marques en hausse de 1,5% (chiffres sur un an arrêtés à fin août). Le référentiel PME+, issu de l'Iso 26000 adapté aux PME-ETI, prévoit notamment la mise en oeuvre d’un « programme de protection de l'environnement, de la biodiversité et de prévention des pollutions » sur les sites et implantations, et la promotion et de « l'éco-conception des produits et services » et « la réduction de leurs impacts environnementaux. » Aujourd’hui, 257 entreprises sont labellisées, représentant environ 100 000 produits.
Sécurité sanitaire : bientôt un nouveau directeur général pour l’Anses
Les candidats à la direction générale de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) ont jusqu’au 8 novembre pour envoyer leur candidature, conformément à l’avis de vacance publié au JO le 9 octobre. Interrogé, l’Anses a indiqué que la date de nomination du prochain dirigeant de l’Anses n’est pas encore connue. Cependant le mandat du directeur général actuel, Benoît Vallet, « court jusqu’au 15 novembre ». D’après l’avis, les candidats seront auditionnés par « une commission mise en place par les ministères de tutelle de l’agence », soit les ministères de l’Ecologie, de l’Agriculture, de la Santé et du Travail. A l’issue, le candidat retenu sera auditionné par l’Assemblée nationale et le Sénat. Il sera ensuite nommé par décret du Président de la République, pour un mandat de trois ans. Au-delà des compétences attendues listées dans l’avis, les candidats doivent remplir une déclaration publique d’intérêt. Avant son arrivée le 15 novembre 2022, Benoît Vallet était directeur général de l’Agence régional de Santé des Hauts-de-France.
Huile d’olive : Olivier Nasles (FNSEA) élu à la tête du groupe de travail du Copa-Cogeca
Le Français Olivier Nasles de la FNSEA a été élu, le 17 octobre, président du groupe de travail huile d’olive du Copa-Cogeca (organisations et coopératives agricoles de l’UE), organe sectoriel chargé de préparer la prise de décision au sein du principal lobby agricole de l’UE. Jusqu’à présent vice-président, il remplace à cette fonction le Portugais Fernando do Rosário qui avait été élu en 2023. Le Grec Vasileios Pyrgiotis (Gaia Epicheirein) devient vice-président. « Au cours de ce mandat, la nouvelle présidence s'attaquera aux nombreuses menaces qui pèsent sur le secteur : changement climatique, environnement commercial difficile et incertitude budgétaire au sein de l'UE », précise le Copa-Cogeca dans son communiqué.