Agrafil du 22 juin 2026

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Présidence de l’UE : la Pac priorité numéro 1 de l’Irlande pour le second semestre

L’Irlande, qui occupera à compter du 1er juillet la présidence du Conseil de l’UE, a récemment publié son programme de travail pour le second semestre de 2026. Au niveau du Conseil Agriculture, l’accent devrait être mis sur les discussions autour de la future Pac post 2027 avec comme objectif de définir un « cadre commun pour une agriculture compétitive et durable ». Dublin souhaite également faire avancer les travaux sur la simplification et parvenir à un accord avec le Parlement européen sur l’omnibus « sécurité alimentaire ». En outre, elle place la question de l’élevage au cœur de son programme de travail alors que Bruxelles doit présenter sa stratégie le 1er juillet. Ce sera d'ailleurs le sujet de la réunion informelle des ministres de l'Agriculture qui se déroulera du 6 au 8 septembre à Dublin. De plus, une attention particulière sera accordée au renouvellement générationnel, en particulier chez les agricultrices, et à l’innovation en se concentrant sur la bioéconomie. Comme ses prédécesseurs, l’Irlande tiendra des débats récurrents sur la situation des marchés agricoles (en se focalisant notamment sur le plan engrais) et les questions liées au commerce international. Enfin, elle compte faire évoluer la proposition et la feuille de route de la Commission européenne sur le bio. Les réunions du Conseil Agriculture se tiendront les 13 juillet, 28 et 29 septembre, 26 et 27 octobre, 23 novembre, 14 et 15 décembre. 

Engrais : à La Pallice, à peine 5 % des achats réalisés à date pour les prochains semis

« En moyenne, les autres années, mi-juin, près de 35 % des achats de fertilisants azotés sont déjà réalisés pour la prochaine campagne, rappelle Sébastien Hamon, directeur pôle solides à la Sica Atlantique. Au 19 juin, nous n’en sommes qu’à 5 %. Le marché reste illisible dans un contexte géopolitique chahuté. » Si la promesse d’un accord entre l’Iran et les États-Unis, et la réouverture du détroit d’Ormuz, a déjà fait reculer le prix du pétrole, et par ricochet celui de la solution azotée de près de 300 € la tonne en quelques heures (le pic des 700 € avait été dépassé), l’incertitude reste totale pour les prochaines semaines et donc, pour les implantations à l’automne. Face à des coûts de production en forte hausse pour les céréales, la jachère pourrait gagner des hectares, notamment dans les zones de polyculture-élevage et de viticulture. Mais si le prix des engrais continuait à baisser, certains agriculteurs pourraient, au dernier moment, ajuster leur assolement et conserver la sole initialement prévue pour le blé tendre notamment. « Et dans ce cas, pas de souci, nous mettrons en place la logistique nécessaire pour livrer dans les temps nos clients », insiste-t-il. (Anne Gilet)

Engrais : la PPL sur l’autonomie stratégique de la France rejetée en Commission

La proposition de loi (PPL), présentée par les députés UDR Vincent Trébuchet et Éric Ciotti, « permettant d’assurer l’autonomie stratégique de la France pour la production décarbonée d’engrais azotés » a été rejetée par la commission du développement durable le 17 juin. L’article unique de la PPL a été rejeté par 21 voix, contre seulement 17 en sa faveur. Le Modem et Horizons ont voté contre. Constituée d’un article unique, elle devait « instituer une présomption de raison impérative d’intérêt public majeur (RIIPM) » pour les projets d'usines d'engrais décarbonés, a rappelé le rapporteur de la loi Vincent Trébuchet. Plusieurs arguments en défaveur du texte ont été émis, notamment à l’encontre du principe de RIIPM. Le Modem a renvoyé vers les travaux en cours dans le projet de loi d'urgence. Horizon a critiqué « une régression environnementale pour un gain symbolique et fragile». Le groupe PS a expliqué que la PPL permettrait de « déroger au principe de protection des espèces et habitats », qui sont autant d'éléments naturels qui favorisent le développement de « méthodes agroécologiques ». Le groupe PS estime par ailleurs que relocalisation de la production d’engrais azotés en France supposerait le recours à « d’importantes disponibilités d’énergie décarbonée, que nous n’avons pas ». Le texte sera examiné en séance publique dans sa version initiale avec une proposition de rejet de la Commission, a indiqué la présidente de cette dernière Sandrine Le Feur (LREM).

Moissons 2026 : premiers échos à la Bourse de la Rochelle

La Bourse de la Rochelle, organisée le 19 juin, fut l’occasion pour les différents opérateurs de la filière céréalière d’échanger sur les premiers échos de la moisson. Une récolte, jugée par tous très précoce, « pleine d’espoir », notamment sur le plan de la qualité. « Les PS s’annoncent très bons et nous pouvons espérer des taux de protéines à 11,5, voire 12, confie Frédéric Guillemin directeur pôle blés chez Soufflet Négoce. Une qualité qui devrait permettre de renouer avec certains clients meuniers, notamment pour le grand export : pour rappel, l’an passé, nous avions difficilement atteint 11. » Côté rendement en revanche, c’est pour l’heure la déception chez les OS de Charente-Maritime interrogés : « 20 quintaux de moins que l’an passé pour le blé », « nous serons dans la moyenne très basse des cinq dernières années », « grosse déception notamment dans les petites terres »... Le premier bilan de la récolte des orges et des colzas semble, en revanche, un peu meilleur. Mais déjà, les yeux se tournent vers les maïs et les tournesols, malmenés par le manque d’eau et les fortes chaleurs. Tous craignent des rendements en forte baisse alors que dans la région, les arrêtés préfectoraux se multiplient pour stopper ou limiter l’irrigation. (Anne Gilet)

Céréales : les conditions de cultures se dégradent légèrement (FranceAgriMer)

Dans son bulletin hebdomadaire Céré’Obs du 19 juin, FranceAgriMer (FAM) signale une légère détérioration des conditions de cultures de céréales françaises. Sur la semaine allant du 9 au 15 juin, le taux de cultures de blé tendre se développant dans des conditions bonnes à très bonnes passe de 77 % à 76 % par rapport à la semaine antérieure (68 % en 2025 sur la même période). Des analystes privés rapportent de premières coupes dans l’Ouest ces derniers jours. En orge d’hiver, le taux passe de 75 % à 73 % (64 % l’an dernier à pareille époque). Les récoltes sont faites à 4 % selon FAM (1 % en 2025, 3 % en moyenne lors des cinq dernières années), alors que les mêmes analystes évoquent un taux supérieur cette semaine. Rien d’illogique, l’organisme publique affichant des chiffres datant de la semaine précédente. En orge de printemps, le taux s’effrite de 1 % d’une semaine sur l’autre, à 67 % (idem en 2025 à la même époque). En blé dur, il est stable à 64 %, contre 71 % en 2025. Là aussi, des professionnels évoquent de premières coupes réalisées, spécialement dans le Sud. En maïs, 84 % des cultures se développent dans des conditions bonnes à très bonnes, contre 86 % la semaine passée, et 83 % en 2025 à période identique.

Export de céréales: à la Pallice, retour à un «chargement correct» en 2025/26

À l’occasion de la bourse de la Rochelle du 19 juin, Vincent Poudevigne, directeur général du groupe Sica Atlantique est revenu sur la campagne export de céréales de 2025/26. « Avec 2,1 millions de tonnes chargées, soit + 30 % en un an, nous avons renoué avec un chargement correct, explique-t-il. Le blé tendre s’attribue la moitié de ces volumes, les orges 30 %, le maïs 10 % et le blé dur 6 %. » Principales destinations : l’Afrique de l’Ouest (725 000 t, soit près de 72 % des volumes totaux de blé tendre) avec en tête Maroc, Côte d’Ivoire, Sénégal et Mauritanie. Suivent la Chine (200 000 t), l’Arabie Saoudite (200 000 t), l’Espagne et le Portugal (150 000 t à eux deux) et le Royaume-Uni (83 000 t). Du côté de Soufflet Négoce, également implanté sur le port via Socomac, l’export de grains est passé de 1,3 à 1,6 Mt en un an, dont 750 000 t de blé tendre, 400 000 t d’orge fourragère, 280 000 t de maïs et 111 000 t d’orge de brasserie : 55 % de ces tonnages partent vers le grand export et 45 % en Europe. Les deux opérateurs soulignent la nette augmentation du pré-acheminement ferroviaire : 30 % des volumes pour Socomac et près de 40 % pour la Sica. En cause ? « Le manque de chauffeurs de camions, la volonté pour les opérateurs de verdir leur activité... et des contrats attractifs », souligne Frédéric Guillemin, directeur pôle blés chez Soufflet Négoce. (Anne Gilet)

Lin : Valorex veut augmenter de 40% ses volumes de graines d'ici 2030

Dans un communiqué paru le 21 juin, l'entreprise Valorex annonce qu'elle ambitionne d'augmenter de 40% ses volumes de transformation de graines de lin, pour atteindre 100 000 tonnes par an d'ici 2030, soit 15 000 hectares supplémentaires. Créée en 1993 à Combourtillé (35), l’entreprise Valorex est spécialiste de la cuisson de graines oléagineuses et protéagineuses pour l’alimentation animale et humaine. L'entreprise est à l'origine d'une méthode pour réduire les émissions de gaz à effet de serre appelée Eco-Méthane. En 2024, dix entreprises de nutrition animale (dont Unéal ou Tromelin) ont annoncé qu'elles s'engageaient, avec Valorex, à réduire ensemble de 250 tonnes leurs émissions de méthane entérique sur l'année 2024. Elles devaient valoriser, auprès de 380 éleveurs, la méthodologie Eco-méthane, d'ores et déjà labellisée «bas carbone», qui consiste à enrichir en acides alpha-linoléniques (ALA) les rations des vaches laitières, et dont la performance climatique est mesurée par le taux d'acides gras dans le lait. 

Vigne : 430 précandidatures et 4400 hectares proposés à la Foncière viticole en Gironde

Les vignerons bordelais ont formalisé quelques 430 pré-candidatures en vue de céder 4.400 hectares de « terres nues issues de l'arrachage de vignes » à la nouvelle foncière viticole de Gironde, dispositif inédit doté de 20 M€ pour restructurer ce vignoble en crise, ont annoncé le 19 juin les autorités. La préfecture de Gironde et la région Nouvelle-Aquitaine ont salué dans un communiqué le « réel succès » de l'appel à manifestation d'intérêt (AMI) de la « Foncière d'avenir ». « Les raisons principales de l'inscription à l'AMI sont le départ à la retraite, la réduction d'activité et la cessation d'activité hors départ à la retraite », selon le communiqué. En revanche, l’initiateur du projet Dominique Techer est bien plus mesuré. « C'est mitigé, il n'y a pas une claire conscience de la gravité de la situation. Toutes les institutions n'ont pas osé s'engager franchement », a-t-il réagi auprès de l’AFP. Le faible nombre de candidatures est « en décalage par rapport à la situation économique », relève-t-il, même s'il concède que ces ventes seront « des bouées de sauvetage » pour certains viticulteurs. La « Foncière d'avenir » doit soutenir les prix des terres, donner de l'air aux viticulteurs et favoriser la diversification du territoire girondin, trop centré sur la vigne. Un comité de pilotage de la foncière est programmé le 7 juillet.

Viande bovine : la Chine impose 55% de droit de douane sur les importations australiennes

Depuis le 20 juin, la Chine impose un droit de douane de 55% sur les importations de viande bovine en provenance d’Australie en raison du dépassement des volumes autorisés au sein de son contingent tarifaire annuel. En raison des difficultés économiques de son secteur, l’empire du Milieu a, en effet, mis en place depuis le 1er janvier une mesure de sauvegarde permettant de limiter les importations de viande bovine sur son territoire en provenance de ses principaux partenaires grâce à un quota. En 2026, l’Australie s’est donc vue attribuée un contingent tarifaire dont le volume s’établissait à 205 000 t. Volumen qu’elle a officiellement dépassé le 19 juin. « Atteindre 100 % du quota est une étape majeure et lourde de conséquences, avec des répercussions immédiates pour les exportateurs australiens », a réagi Tim Ryan, p.d-g. du Conseil australien de l’industrie de la viande (AMIC). Et d’ajouter : « Un tarif douanier de cette ampleur va perturber gravement les flux commerciaux vers l'un de nos marchés les plus importants et aura des conséquences la capacité des consommateurs chinois à accéder à du bœuf australien sûr et fiable ».

Lait : collecte « inédite » et prix en hausse à Isigny Sainte-Mère en 2025

La coopérative Isigny Sainte-Mère (Calvados) annonce une collecte de lait de vache 2025 en progression de 4,35% par rapport à 2024, à 284 millions de litres, « un niveau inédit dans l’histoire de notre coopérative », selon le rapport annuel 2025 publié fin mai. Le prix de base du lait conventionnel a progressé, passant de 502,82 à 530,64 euros/1000 litres, et de 533,77 à 550,79 euros/1000 litres tous compléments inclus. La collecte de lait bio est en hausse de +7,64% sur l’année à 14,3 millions de litres. Le prix de base a progressé passant de 530,85 à 555,52 euros/1000 litres. Cette collecte 2025, dont la hausse est supérieure à la moyenne nationale établie à +2,2%, s’est déroulée dans « un contexte exigeant » marqué par « plusieurs crises sanitaires affectant le monde de l’élevage, au premier rang desquelles la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) », mais les 590 éleveurs de la coopérative représentant 380 fermes « n’ont pas été directement impactés ». En revanche, « la fièvre catarrhale ovine (FCO) aura, quant à elle, pénalisé certaines de nos exploitations sans avoir d’impact sur la collecte de la coopérative. »

Lait : CA « historique » d’Isigny Sainte-Mère, en hausse de 21% en 2025

La coopérative Isigny Sainte-Mère (Calvados) a réalisé un chiffre d’affaires « historique » de 661 millions d’euros en 2025, en hausse de 21% par rapport à 2024, selon son dernier rapport annuel publié fin mai. La rentabilité progresse aussi fortement avec un EBE atteignant 58,3 millions (31,1 millions en 2024). Ce résultat s’explique par des ventes de produits frais en hausse de 3,38%, mais surtout par un rebond des ventes de poudres de lait infantiles qui représentent plus de la moitié de l’activité d’Isigny Sainte-Mère. « Après le repli significatif observé en 2024, l’activité a connu un redressement marqué. Nos clients historiques, notamment notre partenaire H&H, ont globalement renforcé leurs niveaux de commandes, générant une activité soutenue et continue », peut-on lire. Pour mémoire, l’année 2024 avait été marquée par un trou d’air pour les ventes de la coopératives (-14,6% de chiffre d’affaires et -20,1% de tonnage de poudre al lait infantile) notamment à cause d’un marché chinois marqué par une natalité en berne et l’obligation faite par les autorités chinoises de réenregistrer les formules de lait infantile. La Chine est un débouché important pour la poudre infantile de la coopérative qui compte comme associé non-coopérateur le groupe agroalimentaire H&H, basé à Hong Kong.

Œufs : le CNPO a exempté l’aval de cotisation, contre le vote de la Conf'

Dans un communiqué du 18 juin, la Confédération paysanne déplore que le comité interprofessionnel de l’œuf CNPO ait décidé en assemblée générale le 16 juin de « faire reposer l’intégralité de la cotisation interprofessionnelle sur les propriétaires de poules pondeuses, sans contribution de l’aval de la filière ». Le syndicat souligne qu’il a été le seul à s’être opposé à « cette hausse de plus de 40% de la cotisation à l’interprofession ». Selon la précision donnée à Agra Presse, elle passe de 1,89 euro par 100 poules à 2,70 euros. « Le cours de l’œuf élevé a pu faire passer la pilule auprès des éleveurs industriels », suppose Nina Lejeune, secrétaire nationale. Dans son communiqué la Confédération souligne que les éleveurs supportent déjà le coût de l’ovosexage. Dès lors, « la répercussion de ces coûts supplémentaires reste très incertaine dans de nombreux cas (ex : producteurs et productrices sans contrat ; élevages pratiquant les circuits courts ; etc.) », craint-elle. Elle prévoit l’augmentation des coûts consécutive à la crise pétrolière. Et sur le fond, elle voit dans un financement exclusif par la production une « injustice » et « un dangereux précédent pour toutes les autres interprofessions ».

Influenza aviaire: H5 en Australie, tous les continents désormais touchés

Un premier cas de souche contagieuse de grippe aviaire H5 a été détecté en Australie, a annoncé le 20 juin le gouvernement, ce qui signifie que la maladie s’est désormais propagée à tous les continents. La souche a été découverte chez un oiseau marin migrateur, un labbe brun, dans une région reculée de l’Australie-Occidentale, et confirmée par l’agence scientifique nationale, a déclaré la ministre de l’Agriculture Julie Collins au cours d’une conférence de presse à Canberra. Des échantillons prélevés sur un autre oiseau malade, un pétrel géant, ont également donné un résultat positif présumé. «Bien que décevant, ce résultat n’est pas inattendu, compte tenu de la propagation mondiale de la grippe aviaire de souche H5», a commenté la ministre. «Je peux confirmer qu’il n’y a toujours aucun signe de mortalité massive à l’heure actuelle, ni aucun signe d’infection chez la volaille», a-t-elle ajouté. «Nous savions tous que nous ne pourrions pas rester à l’abri de la grippe aviaire éternellement». La souche H5 a provoqué des maladies graves et des taux de mortalité élevés chez les volailles, les oiseaux sauvages et les mammifères touchés à travers le monde. Les mammifères marins ont également été infectés, et des cas ont été détectés chez d’autres animaux tels que les chats, les chèvres, les alpagas et les porcs.

Algues vertes : l’Etat condamné en appel pour la baie de Saint-Brieuc (presse)

La cour administrative d’appel de Nantes a une nouvelle fois condamné l’État pour le préjudice écologique causé par la prolifération des algues vertes en baie de Saint-Brieuc (Côtes d’Armor), a rapporté le 16 juin Ici Armorique. Dans sa décision, la juridiction lui ordonne de « réparer le préjudice écologique » et « de prévenir l’aggravation des dommages » dans un délai de six mois. Durant ce même délai, l’État doit prendre des mesures pour « réduire significativement le surplus de déversement d’azote dans les masses d’eau superficielles dans la baie de Saint-Brieuc ». Cette décision confirme le jugement rendu en juillet 2023 par le tribunal administratif de Rennes (Ille-et-Vilaine), qui avait déjà condamné l’État pour le préjudice écologique liées aux marées vertes et avait accordé quatre mois au préfet des Côtes-d’Armor pour prendre des mesures afin de permettre une réduction des algues vertes. Le ministère de la Transition écologique avait alors fait appel de cette décision. Dans son délibéré, la cour d’appel administrative estime que « depuis le début des années 1970, la prolifération des algues dites 'vertes' sur le littoral breton et notamment dans la baie de Saint-Brieuc, a des effets dévastateurs sur les écosystèmes marins, particulièrement ceux présents en eaux peu profondes ».

Environnement: avocats et ONG demandent en justice l'annulation d'un décret de simplification

Le Syndicat des avocats de France (SAF) et plus de 30 organisations, dont la Confédération paysanne, demandent en justice l’annulation d’un décret gouvernemental visant à simplifier les contentieux environnementaux autour de projets notamment agricoles, jugeant qu’il s’agit d’un «détricotage» du droit de l’environnement qui prive les citoyens de recours «essentiels». Un recours sur le fond et en référé ont été déposés devant le Conseil d’Etat pour demander «la suspension sans délai et l’annulation» du décret paru le 21 avril 2026, ont indiqué les requérants dans un communiqué. Le décret prévoit notamment de réduire à 10 mois l'examen juridique et de les confier directement aux cours administratives d’appel, supprimant ainsi les juridictions de première instance. Son application est prévue à compter du 1er juillet. Le texte «retire aux associations et aux juges la possibilité de traiter correctement les contentieux environnementaux dans l’espoir de voir perdurer certains projets» à fort impact environnemental comme des installations photovoltaïques au sol, des agrandissements d’élevage ou des méga-bassines, néfastes pour l’environnement, a dit Auriane Quilan, juriste chez Notre affaire à tous lors d’une conférence de presse.

Chlordécone: un avocat demande à Lecornu et Genevard de renoncer à un pourvoi

Un avocat, partie civile dans le scandale sanitaire du chlordécone, demande au Premier ministre Sébastien Lecornu et à la ministre de l'Agriculture Annie Genevard d'éteindre le pourvoi de l'Etat de 2025 contre l'obligation d'indemnisation de victimes, selon un courrier dont a eu connaissance le 19 juin l'AFP. Me Christophe Lèguevaques demande au chef du gouvernement et à la ministre de «bien vouloir donner instruction aux ministres concernés et/ou à l'avocat de l'Etat» de «se désister du pourvoi formé contre l'arrêt de la cour administrative d'appel de Paris du 11 mars 2025». L'Etat doit indemniser les victimes du chlordécone démontrant un préjudice moral d'anxiété avéré, avait tranché en mars 2025 la cour administrative d'appel de Paris. Cette juridiction avait été saisie par près de 1 300 plaignants de Martinique et Guadeloupe, mais seules une dizaine de victimes avaient été reconnues comme pouvant prétendre à cette indemnisation. En mai 2025, l'Etat a déposé un pourvoi devant le Conseil d'Etat. Or, il y a quelques jours, "a été promulguée, en votre nom et au nom du gouvernement, la loi visant à reconnaître la responsabilité de l'Etat et à indemniser les victimes du chlordécone", rappelle l'avocat. Le «même Etat reconnaît d'une main ce qu'il conteste de l'autre», note encore ce conseil dans sa lettre recommandée. «Cette contradiction n'est pas une subtilité de procédure: elle oppose la parole de la République à l'action de son administration», écrit-il encore. «Pas de commentaire» de Matignon, sollicité par l'AFP, qui renvoie vers le ministère de l'Agriculture.

Eau : les chambres d’agriculture émettent à nouveau des «réserves» sur les Sdage

Réunies en conseil d’administration le 17 juin à Paris, les chambres d’agriculture ont adopté une motion exprimant de « sérieuses réserves », déjà exprimées en conférence de presse le 22 avril, sur l'élaboration des Schémas directeurs d’aménagement et de gestion des eaux (Sdage) 2028-2033. Elles dénoncent un calendrier trop « contraint », une concertation « insuffisante » avec le monde agricole ainsi qu’une « complexité accrue » des documents. Selon elles, plusieurs projets de Sdage seraient « déconnectés » des réalités économiques, climatiques et techniques des exploitations, en raison notamment d’une approche trop centrée sur la réduction des consommations d’eau. Chambre d'agriculture France souligne à cet égard que le plan Eau présenté par le gouvernement en mars 2023 vise une stabilisation des prélèvements agricoles à l’horizon 2030. Elles demandent en conséquence un allongement des calendriers d'élaboration, un renforcement de la concertation avec les acteurs agricoles et une simplification des documents. Elles plaident en outre pour une évaluation systématique des effets socio-économiques des mesures proposées, un rééquilibrage de la gouvernance des instances de bassin en faveur du monde agricole. Enfin, elles souhaitent que le stockage de l’eau soit davantage reconnu comme un levier d’adaptation au changement climatique, et appellent à des politiques publiques favorisant l'investissement dans les infrastructures hydrauliques. 

Restauration collective : vers un rejet de la PPL ciottiste fixant un plancher de produits locaux

À l'occasion de son examen en commission des Affaires économiques le 19 juin, les députés ont rejeté la proposition de loi ciottiste imposant à la restauration collective publique un taux minimum d'approvisionnement en produits locaux (dans un rayon de 250 km), pour lesquels elle relève par ailleurs le montant plancher de mise en concurrence (de 60 000 à 100 000 euros). Seul le groupe Rassemblement national (RN) a soutenu le texte. La députée Renaissance Anne-Sophie Ronceret a critiqué un texte «inapplicable et incohérent vis-à-vis des objectifs Egalim» ; le choix de fixer «un seuil uniforme appliqué partout de la même manière» place, selon elle, les hôpitaux publics face à des «risques de rupture d'approvisionnement». Le député socialiste Dominique Potier a critiqué un texte «démagogique car il méconnaît le droit européen et repose sur une forme de promesse non tenable», et un risque de « s'approvisionner localement au mépris des conditions sociales et environnementales». Le député Les Républicains (LR) Julien Dive s'est interrogé sur l'absence de propositions d'amendements du groupe ciottiste au projet de loi d'urgence agricole, dont l'article 4 comprend un volet dédié à l'approvisionnement de la restauration collective. Enfin le député Sylvain Carrière (France insoumise) a estimé que les amendements sur l'approvisionnement national qu'il a déposés au projet de loi d'urgence sont plus ambitieux ; il a regretté que la proposition de loi ciottiste ne fixe «aucun critère sur les façons de produire».