Bovins/DNC : pas d’évolution sur l’abattage, recherche « complémentaire » confiée au Cirad
Après deux réunions, la cellule de dialogue scientifique sur le protocole sanitaire contre la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) a rendu ses conclusions, indique le ministère de l’Agriculture dans un communiqué le 23 décembre. Verdict : « Concernant la stratégie de dépeuplement, les scientifiques considèrent qu’en l’état des connaissances et de la situation, le protocole ne peut être revu ». Installée par Annie Genevard le 15 décembre, cette cellule a rassemblé des scientifiques et des représentants des éleveurs pour évaluer les propositions d’évolution formulées par la profession en Occitanie. Et ce alors que le principe d’abattage total des lots d’animaux infectés suscite une forte opposition de certains éleveurs et des syndicats minoritaires, à l’origine d’un mouvement de colère à l’échelle nationale. « Comme le recommande la cellule », la ministre de l’Agriculture a demandé des recherches complémentaires au Cirad : il s’agit d’une « analyse de risques complémentaire sur le cas particulier d’une zone ayant atteint l’immunité vaccinale ». Le centre de recherche est appelé à constituer, « avec un consortium d’experts scientifiques d’institutions reconnues en matière de santé animale, une méthodologie et un calendrier de travail ». Une recherche qui semble donc s’inscrire dans le moyen ou le long terme.
Bovins/DNC : un tiers des bovins vaccinés dans la zone élargie des Pyrénées
Au 23 décembre, plus d’un tiers (33,9 %) des 750 000 bovins de la zone de vaccination élargie du Sud-Ouest ont été vaccinés contre la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), apprend-on sur le site internet du ministère de l’Agriculture, mis à jour quotidiennement. En particulier, la campagne est achevée dans les Pyrénées-Orientales, en zone réglementée depuis octobre. Elle est aussi bien avancée en Ariège (66 %, sur un total de 72 000 bovins à vacciner), où elle a démarré plus tôt que dans les huit autres départements restants de la zone ; l’ensemble des animaux ariégeois doivent être vaccinés avant le 31 décembre, a promis le gouvernement. La vaccination est aussi bien entamée dans deux autres départements en zones réglementées (comptant un foyer) : 54 % dans les Hautes-Pyrénées et 31 % en Haute-Garonne. L’Aude, dernier département à avoir déclaré un foyer, affiche un taux de de vaccination de 8,5 %. Dans les Pyrénées-Atlantiques (plus gros cheptel bovin de la zone avec presque 203 000 têtes), plus d’un quart des animaux sont vaccinés. Second département avec 121 000 têtes, le Tarn, inclus dans un deuxième temps, est à moins de 8 % d’animaux vaccinés. La campagne a commencé le 15 décembre, et le gouvernement compte l’achever en un mois. Sur le plan sanitaire, la situation est inchangée et la France compte 114 foyers.
Lait : parution du décret créant le programme opérationnel pour le lait bio
Le décret n°2025-1259 du 19 décembre concrétisant la création d’un programme opérationnel (PO) pour le lait biologique est paru au Journal officiel du 23 décembre. Il permet aux associations d'organisations de producteurs (AOP) et aux organisations de producteurs (OP) non reconnues, mais ayant déposé une demande de reconnaissance dans le secteur du lait auprès du ministre chargé de l'Agriculture, de déposer un PO dans le secteur du lait bio pour 2026 et 2027. Ce PO permet de financer de très nombreuses actions en communication, formation, R&D, sécurité sanitaire, santé au travail ou encore commercialisation. La structuration des OP, notamment les plus petites, va être facilitée par ces fonds. Il est doté de 5 M€ en 2026 et de 7 M€ en 2027. La création de ce programme opérationnel avait été annoncée en juillet par la ministre de l’Agriculture, et saluée par les OP qui l’avaient demandée, Biolait, Eurial Bio et APLB Seine et Loire, représentant ensemble environ 70 % du lait bio produit en France. « L’ouverture des PO aux producteurs de lait bio va permettre de structurer la filière du lait bio qui est en crise », soulignait alors Philippe Marquet, président de Biolait, auprès d'Agra Presse.
Lait : Savencia s’attend à un prix du lait en baisse en 2026
« Nous nous attendons à un prix du lait en baisse en 2026 par rapport à 2025 en raison du contexte de forte production mondiale, du ralentissement de la demande dans plusieurs pays européens, dont la France, et des cours du beurre qui se sont effondrés ces derniers mois, à -30 % sur le dernier semestre », a déclaré à Agra Presse, Sophie Godet Morisseau, directrice générale Savencia ressources laitières, au sujet de l’accord conclu cette année entre l’AOP France MilkBoard (FMB) et Savencia. Ce contexte pèse sur les prix proposés par les laiteries, qui anticipent une baisse continue des produits industriels. « En 2025, le prix payé sur les 11 premiers mois est de 505 €, soit 7 % de plus qu’en 2024. L’augmentation est de 40 % les 4quatre dernières années. C’est un prix du lait particulièrement haut, qui maintenant limite la demande des consommateurs sur les produits finis », souligne Sophie Godet Morisseau. Savencia rappelle aussi que « les coûts de production des éleveurs français ont beaucoup augmenté en 2022, et depuis, ils baissent doucement ». Troisième collecteur de lait en France, avec 3,6 milliards de litres par an, Savencia s’est mis d’accord avec FMB pour maintenir en 2026 le même volume de lait qu’en 2025, soit 100 millions de litres.
Influenza aviaire : l’incidence en élevage se tasse, la pression diminuant en Europe
Dans son bulletin hebdomadaire du 23 décembre, la plateforme française ESA confirme un tassement des cas d’influenza aviaire sur le « front nord » de l’épizootie en Europe. En Allemagne, pays qui recense le plus d’élevages touchés cette année, huit nouveaux foyers ont été détectés entre le 15 et le 21 décembre, contre plus de 30 au plus fort de l’épizootie, à la mi-novembre. Pour autant, les détections y demeurent élevées en faune sauvage (227, majoritairement des palmipèdes et autres espèces aquatiques telles que les grues, hérons, etc.). La France connaît aussi un tassement de l’apparition de nouveaux foyers depuis début-décembre. D’après le point du ministère de l’Agriculture au 22 décembre, l’Hexagone compte 102 foyers en élevage et 12 dans des basse-cours. Les détections se poursuivent en Zone à risque de diffusion (ZRD) dans l’Ouest, autour de la Vendée, et de premiers foyers sont apparus au cours de la quinzaine dans le Finistère, le Loir-et-Cher, la Somme, les Landes et le Calvados. Dans la faune sauvage, sept nouveaux cas ont été déclarés dans la semaine, répartis dans la moitié nord, dans l’Ain, la région Grand Est (bernaches du Canada, étourneau sansonnet et merle noir), le Pas-de-Calais (cygne tuberculé) et le Maine-et-Loire (cygne tuberculé).
Ovins : léger rebond du prix de la laine française, toujours difficile à valoriser
Dans un contexte de « déclin mondial du cheptel ovin », le prix moyen pondéré (PMP, toutes catégories confondues) des laines françaises exportées a progressé de 7 % sur un an entre janvier et septembre 2025, observe l’Institut de l’élevage dans son bulletin Tendances publié le 18 décembre. Le rebond est plus marqué pour les origines britannique (+15 %) et irlandaise (+16 %), tandis que le prix recule de 3 % pour l’Australie, premier exportateur mondial. En valeur absolue, les prix restent largement supérieurs pour l’origine australienne, tournée vers la qualité textile, à 4,88 €/kg (PMP), quand les cotations plafonnent à 1,12 €/kg en France, 0,95 €/kg en Irlande et 2,74 €/kg au Royaume-Uni. Ce raffermissement du marché mondial trouve sa source dans la raréfaction de l’offre et l’engouement des consommateurs pour la laine. Une tendance qui ne modifie pas les fondamentaux dans l’Hexagone : dans les élevages, « le prix de la laine récoltée ne permet pas de couvrir les coûts de la tonte, estimés autour de 2 € par brebis pour près de 2 kg de laine récoltés », constate l’Idele. Faute de débouché industriel local et de qualité suffisamment rémunératrice, les laines françaises sont majoritairement exportées dans des marchés de dégagement peu valorisants, comme les rembourrages de matelas. [lire notre enquête]
Nitrates : la Commission publie la nouvelle dérogation accordée à l’Irlande
La Commission a publié, le 22 décembre, le règlement délégué qui prolonge de trois ans la dérogation à la directive Nitrates accordée à l’Irlande. Cette prolongation commencera le 1er janvier 2026. Cette décision fait suite à un vote à l’unanimité en comité d’experts à Bruxelles, le 9 novembre. La dérogation dont bénéficie l’Irlande depuis 2007 devait expirer à la fin de cette année, la Commission ayant refusé, en 2023, de la prolonger. Elle permet aux éleveurs irlandais d’épandre jusqu’à 250 kg/ha d’azote organique alors que le plafond prévu par la directive n’est que de 170 kg/ha. Le règlement délégué prolonge de trois ans cette exemption, laquelle est toutefois conditionnée à des améliorations de la qualité de l'eau, avec des limites plus strictes dans certaines zones. À partir de 2028, le taux annuel maximal de fertilisation des prairies par des engrais chimiques sera réduit de 5 % pour les exploitations bénéficiant d'une dérogation dans quatre bassins versants. Des zones tampons plus larges y seront également mises en place. Une augmentation des capacités de stockage des eaux usées et du lisier dans les exploitations laitières va également être imposée à partir du 1er octobre 2028.
Viande in vitro : le néerlandais Meatable cesse son activité
Le fonds britannique Agronomics a annoncé le 19 décembre que la société de viande in vitro Meatable, dont il est actionnaire, cesse son activité. Meatable « n’a pas pu obtenir de financement continu ni des actionnaires existants ni de nouveaux investisseurs ». « À l’issue d’un examen approfondi des options stratégiques, le conseil d’administration et les actionnaires ont conclu qu’un arrêt ordonné des activités était la voie la plus appropriée. La liquidation de Meatable sera menée conformément aux procédures légales de dissolution applicables », écrit Agronomics dans un communiqué. « À ce jour, Agronomics a investi un total de 7,9 millions de livres sterling dans Meatable, qui était évaluée à 11,9 millions de livres sterling avant cette annonce et qui sera désormais dépréciée à zéro », précise Agronomics. Les sociétés actives dans la viande in vitro font actuellement face à des difficultés de financement, à l’image de Believer Meats, qui a cessé son activité en décembre. En France, les deux seules sociétés actives sur ce marché se sont rapprochées en octobre : Goumey, spécialiste du foie gras in vitro a fait l’acquisition de Vital Meat, producteur de poulet cultivé, filiale du groupe de génétique animale Grimaud, pour former une nouvelle entité nommée Parima.
Pesticides/RPD : le taux de redevance augmente pour six substances (JO)
L’arrêté mettant à jour la liste de substances phytopharmaceutiques soumis à la redevance pour pollutions diffuses (RPD) est paru le 23 décembre au Journal officiel (JO). La dangerosité de six substances est revue à la hausse, comme cela était prévu avant la consultation publique achevée le 5 novembre. L’herbicide S-métolachlore et les fongicides 2 phényl-phénol et pyraclostrobine passent en classe de danger maximum « CMR » (cancérogènes, mutagènes et reprotoxiques). Le fongicide à base de méthyl-2,5-dichlorobenzoate (ou acide 2,5-dichlorobenzoïque) fait l’objet, pour la première fois, d’une taxation de niveau « EnvA » pour sa toxicité aigüe ou chronique pour le milieu aquatique. L’herbicide dicamba passe également en catégorie « EnvA ». Enfin, le régulateur mepiquat-chlorure passe de la classification EnvB à Santé A, car il est « toxique en cas d’ingestion ». Les taux de redevances sont relevés en conséquence pour ces substances, soit : 9 €/kg pour les substances classées CMR ; 5,1 €/kg pour celles classées Santé A ; et 3 €/kg pour celles classées EnvA. La RPD est redevable par les distributeurs de phytopharmaceutiques et semences et par les agriculteurs achetant ces produits à l’étranger. Ces dispositions entreront en vigueur le 1er janvier.
Crise viticole : dans le Bordelais, olives et asperges en tête des reconversions (région)
Dans le cadre du plan d’arrachage des vignes mis en place pour lutter contre la crise viticole, la région Nouvelle-Aquitaine a « accompagné 45 projets de réorientation » (pour 1,4 M€ d’aides), annonce-t-elle dans un communiqué le 22 décembre. La « grande majorité » de ces projets porte sur les productions végétales, avec 14 projets d’implantation d’oliviers, dix en asperges, ainsi que 15 projets de production de fruits (kiwis, noisettes, fraises, agrumes, prunes) et de luzerne. Six projets portent sur les productions animales (bovins viande, poules pondeuses). À travers ce guichet ouvert jusqu’au 31 décembre, l’exécutif régional finance les « investissements d’implantation de cultures pérennes », plusieurs types de matériel (abris froids, récupération d’eau, bâtiments d’élevage, etc.), ainsi que les « investissements liés à la transformation et commercialisation ». Pour rappel, ce dispositif intervient en complément de l’État et du CIVB (interprofession), qui « ont financé l’arrachage de 18 000 ha de vignes dans le bordelais à des fins de renaturation ou de diversification ». Au niveau national, près de 27 000 ha ont déjà été arrachés et un second plan a été annoncé le 24 novembre, pour 130 M€ (dont 70 M€ en 2026).
MSA : 50 000 adhérents concertés pour lancer des chantiers de simplification
Dans un communiqué du 22 décembre, la caisse centrale de la MSA annonce que 54 471 adhérents ont participé à sa concertation « Construisons une MSA +Simple », qui vise à impliquer les usagers dans « la construction de services et démarches simplifiés qui correspondent à leurs besoins ». Les résultats de cette démarche « viendront alimenter plusieurs chantiers structurants », ajoute la Mutualité sociale agricole : refonte de l’espace privé sur le site msa.fr ; amélioration de l’accueil et de la relation usagers ; « réduction et simplification des formalités » ; anticipation des droits ; ou encore « développement de nouveaux services ». La Sécu agricole présentera les résultats et « les premières mesures concrètes qui en découlent » au prochain Salon de l’agriculture (du 21 février au 1er mars 2026, à Paris), avant « un déploiement progressif dans les mois suivants ». Parmi les participants à la concertation « Construisons +Simple » (ouverte sur le site make.org entre le 3 novembre et 19 décembre), 50,3 % étaient des hommes et 49,7 % des femmes. 80 % d’entre eux ont complété le parcours destiné aux particuliers, contre 20 % pour le parcours Professionnels, selon la CCMSA.
Nématode du pin : le gouvernement annonce des aides pour la filière bois et forêt
Dans un communiqué du 23 décembre, les ministères de l’Agriculture et de la Transition écologique annoncent un soutien à la filière bois et forêt affectée par le nématode du pin. La ministre de l’Agriculture Annie Genevard s’engage au « déblocage d’une enveloppe permettant la prise en charge des coûts induits directement par la mise en œuvre des mesures de lutte obligatoire », d’après le communiqué. Interrogé sur le montant, le cabinet de la ministre répond que « le montant va dépendre des surcoûts dont les professionnels feront état », et que « le montant total dépendra aussi si de nouveaux foyers seront découverts ». « Dans tous les cas, l’État répondra présent », assure l’équipe d’Annie Genevard. De plus, le ministère de l’Écologie s’engage à faire évoluer le dispositif d’aide au renouvellement forestier France Nation Verte pour « prendre en charge les coûts de reconstitution des peuplements à hauteur de 90 % », selon le communiqué. Interrogé sur le calendrier, le cabinet de Monique Barbut indique que « cela dépendra du budget ». Pour rappel, un premier foyer de nématode du pin, a priori « ponctuel », a été détecté début novembre dans le massif forestier des Landes. Ont été établis une « zone infestée » de 500 m de rayon, dans laquelle tous les végétaux sensibles doivent être abattus avant le 31 décembre. Des mesures spécifiques sont prévues pour la zone tampon de 20 km autour.
À nos abonnés : possible ralentissement des parutions
En raison du ralentissement de l'actualité lors des fêtes de fin d'année, l'Agrafil, l'Agra Business et les Agra Lives pourront être diffusés à un rythme légèrement moins soutenu jusqu'à la fin de l'année. En vous remerciant de votre compréhension.