Agrafil du 24 février 2025

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Elections allemandes : lourde défaite du SPD, conséquences attendues en agriculture

Les premières estimations des résultats des élections fédérales allemandes anticipées, ce 23 février, confirment la défaite du parti social-démocrate (SPD) et la percée de l'AfD (extrême droite). Le camp conservateur (CDU/CSU) est actuellement largement en tête des sondages, avec 29% (+4,9pts), suivi de l’AfD, avec 19,5% (+9,1pts) puis du Parti social-démocrate (SPD) du chancelier Olaf Scholz avec seulement 16% des intentions de vote (-9,7pts), devant les Verts (13,5%). Annoncés à 4,9%, les libéraux du FDP, qui ont entraîné la chute du gouvernement actuel en le quittant, ne devraient même pas atteindre le seuil minimal de 5%. Les Conversateurs devraient former une coalition avec les sociaux-démocrates et peut-être un troisième parti. Un résultat qui devrait signer le retour d'un ministre de l’Agriculture issu des rangs de la CSU/CDU en remplacement du Vert Cem Ozdemir actuellement en poste. Lors des précédentes élections en 2021, il avait fallu un peu plus de deux mois pour que le gouvernement (issu d’une coalition entre le SPD, les Verts et les libéraux du FDP) prenne ses fonctions. Au niveau de l'UE, les premières conséquences de ce changement de majorité devraient se faire sentir sur les orientations du futur budget européen. Mais cela pourrait aussi faire bouger les lignes sur un dossier comme les nouvelles techniques génomiques (NGT) si celui n'est pas réglé d'ici là, l'Allemagne faisant partie des Etats membres les plus réticents à la proposition de déréglementation mise sur la table par Bruxelles.

Prêts garantis par l'Etat: premier prêt long terme octroyé à un agriculteur

A l'occasion du Salon de l'agriculture le 23 février, le ministère de l'Agriculture et BPIFrance ont signé une convention qui permet le lancement de la seconde partie, dédiée aux «difficultés structurelles», du dispositif de prêts garantis annoncé début 2025, durant les mobilisations agricoles. Il s'agit de prêts de long terme, de douze ans maximum, assortis d'une garantie de BPI France, à un niveau de couverture de 70% du montant du prêt, dont le coût sera remboursé par l'Etat. Le montant des prêts est plafonné à 200 000 euros. La première partie du dispositif est lancée depuis plusieurs semaines, qui est destinée aux agriculteurs qui «traversent des difficultés conjoncturelles». Il consiste en des prêts bonifiés à moyen terme (deux à trois ans) plafonnés à 50 000 € par exploitation: «grâce à un effort partagé entre la banque prêteuse et l’État», leur taux d’intérêt sera au maximum de 1,75% pour 24 mois et de 2,35% pour 36 mois.

Lait : la FNPL demande le rehaussement des seuils ICPE pour les élevages bovins

A l’occasion d’un point presse de la FNPL (Fédération nationale des producteurs de lait) organisé le 23 février lors du Salon de l'agriculture, son président Yohann Barbe, entouré de plusieurs responsables de la fédération a demandé un allègement des contraintes environnementales pesant sur les élevages de bovins laitiers. Plus précisément, la FNPL souhaite que le seuil de 150 vaches pour lequel il faut enregistrer l’exploitation comme installation classée pour la protection de l'environnement (ICPE) soit relevé à 400 vaches. Elle demande que le seuil de 400 vaches qui entraine aujourd’hui une demande d’autorisation ICPE soit lui aussi rehaussé, sans indiquer précisément quel serait le seuil souhaité. Elle propose aussi qu’une souplesse de 15% soit mise en place pour ce qui concerne les seuils pratiqués afin que l’éleveur soit alerté et puisse anticiper les franchissements de seuils. Cette revendication s’appuie sur le coût d’un dossier ICPE évalué par la FNPL à 15000 euros pour l’éleveur, une charge qui vient s’ajouter, selon la fédération, à des coûts de production qui restent élevés notamment pour l’énergie et les équipements.

Lait/négociations commerciales : «inquiétude grandissante» des éleveurs de la FNPL

Le président de la FNPL (producteurs de lait, FNSEA), Yohann Barbe, a fait part de «l’inquiétude grandissante» de son organisation alors que les négociations commerciales entrent dans leur phase finale (fin prévue le 1er mars). Lors d’un point presse à l’occasion du Salon de l'agriculture le 23 février, il a déploré l’attitude des centrales d’achat de la grande distribution qui souhaitent réduire l’offre de produits laitiers en rayons au détriment des produits issus des PME et porteurs d’AOP. Refusant que les producteurs et les consommateurs ne soient des variables d’ajustement, la FNPL demande «une négociation amont clôturée avant de négocier le tarif avec la grande distribution» et «des indicateurs de référence non discutables par les parties qui correspondent au mix produits des entreprises». Pour appuyer sa revendication, la FNPL pointe du doigt les charges toujours élevées pour les producteurs. Yohann Barbe indique que la tendance est d’ailleurs à une baisse des revenus des producteurs en 2024 par rapport à 2023, anticipant ainsi les données devant être dévoilées en mars par l’Idele.

Cognac et armagnac  : sanctionnées par la Chine, les filières en appellent à Bayrou

Les filières cognac et armagnac affirment perdre 50 M€ par mois depuis l'instauration à l'automne de sanctions antidumping par la Chine, l'un de leurs principaux marchés, et appellent François Bayrou à agir en urgence. Toutes les exportations européennes de brandys sont, depuis le 11 octobre, soumises à une caution bancaire par les douanes chinoises. Prises par Pékin en réponse à une procédure similaire de l'UE sur ses véhicules électriques, «ces mesures punitives ont déjà entraîné une baisse de 50% de nos expéditions chaque mois», avancent dans un communiqué commun les deux interprofessions. De plus, le cognac est «exclu» du circuit duty free en Chine. «Il faut absolument que le Premier ministre se déplace en Chine, comme le président de la République s'y est engagé», demande le BNIC. «C'est un dossier entièrement politique qui ne peut être résolu que politiquement». Des échanges directs ont eu lieu ces derniers mois avec l'Elysée et différents ministères, mais aucune porte de sortie ne semble se dessiner pour le moment. Le retour à la Maison Blanche de Donald Trump, qui mène une politique commerciale agressive, à coups de taxes douanières, fait encore planer un peu plus d'incertitude sur le cognac et l'armagnac.