Agrafil du 20 juin 2025

hero

Présidence de l’UE : le Danemark dévoile son programme pour le second semestre 2025

Le Danemark, qui doit prendre les rênes du Conseil de l’UE à partir du 1er juillet, a dévoilé le 19 juin son programme de travail pour le prochain semestre. Au niveau agricole, Copenhague va principalement se concentrer sur la simplification et l'amélioration de la réglementation dans le cadre des politiques agricoles de l’UE. À ce titre, il cherchera à finaliser les négociations concernant le premier paquet de simplification de la Pac et lancera une discussion plus large au Conseil sur ce sujet. Le Danemark devrait également entamer le travail préparatoire aux négociations sur la Pac. Par ailleurs, l’innovation sera aussi au cœur du mandat. La future présidence va tenter de conclure les discussions avec le Parlement européen sur les nouvelles techniques génomiques, le matériel forestier de reproduction et d'avancer celles sur le matériel végétal de reproduction. La présidence se concentrera, en outre, sur un potentiel plan d'action commun de l'UE pour les aliments d'origine végétale et la stratégie commune de l'UE en matière de protéines. Enfin, elle va placer le bien-être des animaux et la santé animale et végétale au centre de son agenda. Le premier Conseil Agriculture sous présidence danoise se déroulera le 14 juillet.

Budget de la Pac : le Copa-Cogeca vivement opposé aux plans de Bruxelles

Le Copa-Cogeca (organisations et coopératives agricoles de l'UE) a lancé le 19 juin une pétition clamant que « la sécurité européenne commence par la sécurité alimentaire » et donc par un budget conséquent pour la Pac avant de discuter de détails. À l’approche de la présentation par la Commission européenne des propositions sur le futur cadre financier pluriannuel, en même temps que celles sur la Pac, prévues le 16 juillet, Lennart Nilsson, président de la Cogeca (coopératives), craint une dissolution de la Pac dans des fonds nationaux, ce qui irait à l’encontre des recommandations du dialogue stratégique sur l’agriculture. Après le mouvement de colère agricole de 2023-2024, « la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen nous a dit que l’agriculture était au cœur de l’UE. Elle nous a fait des promesses, c’est le moment de les tenir », a-t-il indiqué en conférence de presse. Pour le Copa-Cogeca, les plans nationaux envisagés par Bruxelles risquent de créer une agriculture à deux vitesses dans l’UE. Autre revendication : « Cesser de mettre la charrue avant les bœufs », et donc présenter d’abord le budget, puis, dans un second temps, après consultation, la réforme de la Pac. Si ces revendications ne sont pas entendues, « les tracteurs sont prêts ! », prévient Massimiliano Giansanti, président du Copa.

UE/Mercosur : le Copa-Cogeca veut des mesures contraignantes, pas une déclaration politique

Alors que la présentation de l’accord de libre-échange UE/Mercosur au Conseil de l’UE semble imminente, les organisations et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca) rappellent leur ferme opposition. À l’occasion d’une conférence de presse le 19 juin, la secrétaire générale du Copa-Cogeca, Elli Tsiforou, a affirmé que le lobby agricole attendait des mesures contraignantes sur les clauses de sauvegarde et non une simple déclaration politique. En effet, l’ajout d’une annexe mentionnant des mesures de sauvegarde sur l’agriculture est l’une des hypothèses évoquées afin d’obtenir l’assentiment des États membres au Conseil de l’UE. De son côté, le président du Copa, l’italien Massimiliano Giansanti (Confagricoltura), a insisté sur le manque de réciprocité des normes de production entre l’UE et les pays du Mercosur, rendant l’accord impossible à accepter pour les agriculteurs. « Dans notre histoire (du Copa-Cogeca, NDLR), c’est le seul accord de libre-échange qui suscite l’opposition unanime des membres », a précisé Elli Tsiforou. Au-delà du contenu, la question du cadre juridique qui sera choisi par la Commission européenne représente un enjeu majeur pour l’organisation.

Énergie : l'Assemblée vote un moratoire sur les éoliennes et le photovoltaïque

L'Assemblée nationale a approuvé le 19 juin un moratoire sur le développement de nouvelles installations éoliennes et photovoltaïques, une décision vivement critiquée par le gouvernement consécutive à un vote conjoint de la droite et de l'extrême droite face au reste de l'hémicycle. Cet amendement du député Jérôme Nury (DR) a été adopté lors de l'examen de la proposition de loi Gremillet sur le futur énergétique de la France, qui se poursuit jusqu'au vendredi 20 juin. Face aux bancs dégarnis de la gauche et des groupes du bloc central (EPR, Horizons, Modem), les voix de la droite et de l'alliance d'extrême droite RN-UDR l'ont emporté, comme le rapporte l'AFP. Le rapporteur du texte Antoine Armand (EPR) a demandé une suspension de séance après le vote, déplorant dans cette décision une « catastrophe économique et industrielle » et en imputant la responsabilité à la droite. « C'est dévastateur », a commenté plus tard le ministre de l'Industrie Marc Ferracci, pointant un vote « parfaitement irresponsable ». « Chacun assumera ses responsabilités. Le gouvernement assumera les siennes jusqu'à la fin de ce texte, dans le respect de nos procédures démocratiques », a-t-il poursuivi, rappelant que l'examen du texte n'était « pas terminé ». Un vote solennel sur le texte est prévu mardi 24 juin.

Énergie : l'Assemblée nationale approuve un objectif de production des renouvelables

L'Assemblée nationale a approuvé le 19 juin un objectif de production d'énergie renouvelable pour 2030, dans le cadre de l'examen de la proposition de loi Gremillet sur le futur énergétique de la France, qui se poursuit jusqu'au lendemain. Avec un avis de sagesse du rapporteur et du gouvernement, les députés ont approuvé un amendement socialiste, puis l'article auquel il se rattachait, prévoyant que sur les 560 TWh d'électricité décarbonée qui devront être produits en 2030, « au moins 200 » devront être « issus de sources renouvelables ». Le texte, qui fixe comme objectif de porter la part d'énergie décarbonée à 58 % au moins de la consommation finale brute d'énergie en 2030, ne précisait initialement pas la part laissée au renouvelable, au grand dam de la gauche, pour qui le risque était d'augmenter encore celle du nucléaire. La gauche a regretté que les amendements suivants visant à donner des objectifs chiffrés par filière (éolien, hydraulique, solaire, etc.) n'aient pas été retenus. Marc Ferracci, ministre de l'Industrie, a dit, lui, préférer ne pas inscrire d'objectifs chiffrés dans la loi, pour « garder la possibilité d'ajuster ces objectifs en fonction de l'évolution des techniques industrielles, (...) des consommations, (...) du marché ».

Paquet Vin : les Vingt-sept s’accordent sur leur position en vue des négociations

Les experts agricoles des États membres ont validé, le 19 juin, leur mandat de négociations concernant le paquet de mesures visant à renforcer la compétitivité et la résilience du secteur vitivinicole de l'UE qui se fonde sur les recommandations du groupe de haut niveau de décembre. Le Conseil propose ainsi de remplacer la dénomination « faible teneur en alcool » du texte par la mention « peu alcoolisé ». Concernant le sans alcool, il souhaite que la mention « 0,0 % » soit ajoutée si le titre alcoométrique ne dépasse pas 0,05 %. Les États membres suggèrent aussi d’exempter les vins destinés à l’exportation de l’obligation d’indiquer la liste des ingrédients et la déclaration nutritionnelle sur l’étiquette afin de faciliter les exportations. Par ailleurs, ils proposent d’augmenter le taux de soutien aux mesures de promotion dans les pays tiers ou de mener des actions de soutien dans le cadre des plans stratégiques de la Pac afin de prévenir la propagation de la flavescence dorée. Le Conseil de l’UE va devoir à présent se mettre d’accord avec le Parlement européen, qui vient tout juste d’entamer ses travaux avec la publication de son projet de rapport le 17 juin. Un premier débat devrait avoir lieu lors de la réunion de la commission de l’Agriculture (Comagri) le 30 juin, et le vote est espéré pour le 5 novembre.

Vin : une coopérative du Sancerre rachète un domaine du Languedoc, « une première »

La Cave de Sancerre, coopérative du Centre-Val de Loire, a annoncé le 19 juin le rachat du Domaine de Petit Roubié, affaire familiale basée dans le Languedoc. « Ce rachat s’inscrit dans une envie de crier à tout le monde : il y a des choses qui vont bien dans le vignoble français », a déclaré en conférence de presse le d.g. Vincent Creton. Les vins blancs concernés, d’appellations sancerre et picpoul de Pinet, sont en pleine forme, d’après lui. Souhaitant opérer une croissance externe, la Cave de Sancerre (chiffre d’affaires de 15,1 M€) manquait d’opportunité dans son bassin de production. Le Domaine de Petit Roubié (chiffre d’affaires de 3 M€) était, lui, à vendre, son propriétaire Olivier Azan ayant l’âge de la retraite. Tous deux vont démarrer leur union à la fin du mois. L’opération constitue une « première », vu qu’elle touche deux régions viticoles. Élément facilitateur, la coopérative et l’entreprise familiale ont « les mêmes marchés et souvent les mêmes clients » : en France, les cavistes Nicolas et Vins Richard ; en Angleterre, le distributeur en restauration Enotria&Coe ; aux États-Unis, Total Wine. La Cave de Sancerre se dit ouverte à d’autres acquisitions. « Critère numéro un : être vu comme une référence dans le vin blanc en France », pose Vincent Creton. L’autre condition est que la cible soit rentable.

PFAS : contamination « généralisée » des aliments, selon Générations futures

Deux poissons sur trois, 40 % des œufs et un quart des laits contiennent au moins un des quatre « polluants éternels » (PFAS) concernés par une limite réglementaire dans certaines denrées alimentaires, affirme Générations futures, qui dénonce une « contamination généralisée » des aliments. L’ONG souligne les difficultés rencontrées pour rassembler les données, puisque seule une poignée de ces très nombreux produits chimiques per- et polyfluoroalkylées (PFAS) doivent être contrôlés dans les aliments. Elle ajoute que « seuls huit pays ont transmis des données » à l'Efsa pour 2023. Dans son étude publiée le 19 juin, Générations futures analyse donc les données de l’Allemagne, du Danemark, des Pays-Bas et de la France – pays en retard sur les trois premiers et dont les données, limitées à certaines denrées, font que la contamination globale est « sous-estimée ». Résultat : « 69 % des poissons, 55 % des abats, 55 % des mollusques, 39 % des œufs, 27 % des crustacés, 23 % des laits et 14 % des viandes contiennent au moins l’un des quatre PFAS réglementés » par l’UE, qui a établi les teneurs maximales pour « seulement » quatre substances (PFOS, PFOA, PFHxS, PFNA) dans ces produits.

PFAS : Générations futures dénonce une réglementation « inadéquate » dans l'alimentaire

« L’alimentation est identifiée [par l’Efsa] comme la principale source d’exposition aux PFAS pour la population », mais les données sur la teneur des denrées en PFAS manquent cruellement et la réglementation est « dépassée et inadéquate pour protéger la santé des consommateurs », puisqu’elle n’aboutit qu’à « très peu » de retraits du marché, dénonce Générations futures dans un communiqué le 19 juin. L’Efsa a établi « la dose hebdomadaire tolérable pour la somme des quatre PFAS réglementés à 4,4 ng/kg de poids corporel par semaine », mais les limites réglementaires « ne permettent pas de rester en dessous », poursuit l’ONG. Un enfant de quatre ans, en mangeant un œuf « à la limite de conformité », consommerait ainsi « 140 % de la quantité tolérable » de PFAS pour toute une semaine d’alimentation. « La consommation de 500 g de viande à la limite de conformité correspond à deux fois et demi la quantité hebdomadaire tolérable pour un adulte de 60 kg. »

Comptes de l'agriculture : sur 40 ans, l'élevage a stagné, le végétal prospéré (Insee)

Dans une synthèse des Comptes de l'agriculture portant sur les 40 dernières années, publiée le 19 juin, l'Insee calcule que le chiffre d'affaires des productions animales françaises a stagné entre les périodes 1980-1984 et 2022-2024 (+2,8 %), tandis que les productions végétales prospéraient (+36 %). Derrière ces grandes tendances, des évolutions très contrastées : le chiffre d'affaires du vin a progressé de 25 %, mais les volumes de vin ont chuté de 34,4 % (à 42,9 millions d'hectolitres), tandis que les prix étaient presque multipliés par trois. Les ventes de céréales progressent de 30 %, avec des prix qui ont légèrement augmenté (+10 %), tout comme les volumes (+40,9 %) – malgré des surfaces en baisse au profit des oléoprotéagineux. Dans les filières animales, le chiffre d'affaires des volailles est en hausse (+78 %), tout comme celui des porcins (+40 %) et des œufs, alors que les ventes de lait étaient stables (+0 %), et les bovins s'érodaient (-18 %), tout comme le veau (-57 %) et les ovins et caprins (-60 %). À noter que la filière volaille est sur une tendance baissière depuis le début des années 90, et la fin de son « âge d'or ». En quelques années, la filière a subi les conséquences de la fin des farines animales, des restitutions à l'exportation, et plus récemment de l'influenza aviaire.

Comptes de l'agriculture : essor de la délégation et de l'investissement depuis 40 ans

Depuis quarante ans, les services à l'agriculture (essentiellement des travaux agricoles) ont vu leur chiffre d'affaires auprès des agriculteurs français progresser de 92,7 %, alors que celui de la ferme France n'augmentait que de 22,6 %, selon les chiffres de l'Insee publiés le 19 juin. Entre 1980-1984 et 2020-2024, les prix de ces services ont, quant à eux, plus que doublé (+132 %), soit une augmentation légèrement plus rapide que ceux de l'ensemble des biens et services, tous secteurs confondus (+112,1 %), et deux fois plus rapide que ceux de la production agricole (+61 %). Les ventes de services agricoles atteignent ainsi 6,4 milliards d'euros (Md€), soit un peu plus que l'ensemble des ventes de légumes frais, plantes et fleurs (6 Md€) ou que les volailles et œufs (5,5 Md€). Près des trois quarts des travaux sont assurés par des ETA (72,1 %), 17,3 % par des agriculteurs, et 10,6 % par des Cuma. Sur la même période, l'agriculture a mobilisé davantage de capital (aux dépens du travail), avec un taux d'investissement qui est passé de 21,6 % à 30,4 %. Sur les dernières années, l'investissement était consacré à 53,6 % à l'achat de machines agricoles, 21,2 % aux bâtiments.

Cerise : une récolte en « nette amélioration » comparée aux précédentes (AOPn)

En cerises, « après plusieurs années très déficitaires, la récolte 2025 est estimée à 80 % du potentiel des vergers français », annonce l’AOPn Cerises de France le 19 juin dans un communiqué. « C’est un niveau satisfaisant qui marque une amélioration nette par rapport aux années précédentes, sans pour autant retrouver encore les sommets historiques. » Cette année, la production est attendue autour de 33 000 t, en hausse de 5 % sur un an et de 12 % par rapport à la moyenne 2020-2024, d’après les dernières données d’Agreste (ministère), arrêtées au 1er juin. Plus précisément, environ 25 000 t de cerises de bouche et 7 800 t de cerises pour l’industrie. Mais l’AOPn reste vigilante face à la météo, le « maintien de conditions favorables » étant « déterminant » pour la concrétisation des prévisions. Les producteurs espèrent de la cerise française « sur les étals jusqu’à la fin du mois de juillet ». Ils relèvent des prix « relativement stables », des volumes « bien présents dans l’ensemble des bassins » et une « bonne fluidité d’approvisionnement ». Côté calendrier, ils notent « un décalage d’environ une semaine » par rapport à l’an passé. La « phase centrale » est en cours, avec un « point médian au niveau national » atteint vers « la mi-juin ».

Redevances eau : le gouvernement planche sur un guichet d’aide pour l'agroalimentaire

Les ministères de l’Agriculture, de la Transition écologique et de l’Industrie se seraient « accordés pour privilégier la piste d’un guichet d’aide afin d’atténuer l’impact de la hausse des redevances sur l’eau pour les entreprises de l’agroalimentaire », selon des informations révélées par nos confrères de Contexte, le 18 juin. Contacté par Agra Presse, le cabinet d’Annie Genevard a indiqué que « la mesure est en concertation entre les différents ministères concernés pour aboutir à un arbitrage définitif », tandis que le ministère de la Transition écologique évoque un « arbitrage en cours ». Il s’agirait, comme l’explique Contexte, de « permettre aux entreprises d’obtenir un soutien sur présentation de factures attestant des hausses subies », avec une entrée en vigueur « avant l’examen du budget 2026 ». D’après le média, les deux autres options auparavant sur la table étaient fiscale et budgétaire, respectivement un « bouclier tarifaire avec un plafonnement immédiat » et un moyen de « lisser, mieux répartir les augmentations constatées ».

Œuf : la Conf' et la CR intègrent le CNPO, Yves-Marie Beaudet réélu président

L’assemblée générale du CNPO ce 18 juin a vu l’élargissement de l’interprofession de l’œuf à sept nouvelles organisations, ainsi que le remplacement du vice-président Loïc Coulombel par un autre représentant du conditionnement et de la transformation, Loïc Thomas ; le président Yves-Marie Beaudet a, quant à lui, été réélu. L’élargissement de l’interprofession a été acté « afin d’en améliorer la représentativité tant à l’amont qu’à l’aval », explique l'interprofession dans un communiqué le  19 juin. Les sept nouvelles organisations sont la Coordination rurale, la Confédération paysanne, l’UGPVB (groupements bretons), la Coopération agricole – section aviculture, l’AOPV (OP volailles), le Synalaf (volailles Label rouge et bio) et Restau’co (restauration collective). L'éleveur Yves-Marie Beaudet, 55 ans, représentant de la CFA (aviculteurs, FNSEA), exercera ces trois prochaines années son mandat de président aux côtés du vice-président Loïc Thomas, représentant du Snipo (industriels).

Viande in vitro : feu vert pour de la caille en Australie et en Nouvelle-Zélande

La start-up australienne Vow, qui a mis au point un produit de viande in vitro, a obtenu une autorisation de mise sur le marché des autorités sanitaires d’Australie et de Nouvelle-Zélande le 18 juin. Cette autorisation porte seulement sur la caille japonaise (Coturnix japonica) in vitro en tant qu’ingrédient, et en indiquant sur les emballages « cultivé à partir de cellules ». « La demande de Vow Group Pty Ltd visait à obtenir l'autorisation d'utiliser des cellules de caille cultivées en combinaison avec d'autres ingrédients » pour fabriquer des produits préparés, indique Food Standards Australia New Zealand (FSANZ). « Notre évaluation a conclu que le produit est propre à la consommation humaine et ne présente aucun risque toxicologique, nutritionnel ou allergène », peut-on lire. Cette nouvelle autorisation intervient alors que Vow a déjà été autorisé à commercialiser son ingrédient à Singapour. Vow a levé depuis son lancement 55 M$, mais a éprouvé des difficultés pour boucler son dernier tour de financement. La société a annoncé en janvier le licenciement de 25 salariés, représentant 30 % de son effectif.

Santé animale : un premier groupe de vétérinaires ruraux rejoint le syndicat Syngev

Le groupe de vétérinaires ruraux Chêne vert a annoncé son adhésion au Syngev (syndicat des groupes d’établissements vétérinaires), devenant son premier membre spécialisé en élevage, apprend-on dans un communiqué le 12 juin. Chêne vert rassemble « plus de 60 vétérinaires implantés sur 12 sites » en Bretagne, Pays de la Loire et Nouvelle-Aquitaine. Le groupe est actif en porcs, vaches laitières, volailles et veaux de boucherie. Il devient le neuvième membre du Syngev (970 établissements), qui regroupait jusque-là des groupes d’établissements « urbains » (animaux de compagnie) ou mixtes. Par cette adhésion, Chêne vert entend « défendre et promouvoir » le modèle des groupes vétérinaires, tout en insistant sur « l’enjeu de continuité des soins et d’accompagnement des éleveurs sur le terrain », indique Ferdinand Launay, porte-parole et vétérinaire associé du groupe. De son côté, le président du Syngev Jacques Bonin souligne que Chêne vert présente « de vrais atouts pour faire avancer des sujets concrets comme le maillage territorial ou la continuité des soins ». Ces dernières années, le secteur a été marqué par de nombreux rachats de cabinets par des groupes d’investissement, dont plusieurs membres du Syngev. Une pratique encadrée par la réglementation française, mais récemment contestée par la Commission européenne.

Climat : dans les Alpes, le réchauffement pourrait doubler les pluies estivales (étude)

Les pluies torrentielles estivales de courte durée seront plus fréquentes et plus intenses à l’avenir dans les régions alpines, en raison du réchauffement de la planète, estime le 19 juin une étude des universités de Lausanne (Unil, Suisse) et de Padoue (UNIPD, Italie). En effet, l'analyse des précipitations estivales des années passées a permis de prédire que, avec une augmentation de 2°C, « les Alpes pourraient connaître deux fois plus de pluies torrentielles en été », indique l’Unil dans un communiqué. « Avec un tel réchauffement, un orage intense actuellement prévu une fois par 50 ans serait dès lors susceptible de se produire une fois par 25 ans dans le futur », ajoute la faculté. Selon les chercheurs, « l’air chaud retient plus d’humidité (environ 7 % de plus par degré), et intensifie l’activité orageuse ». Or, le milieu alpin se réchauffe « plus rapidement que la moyenne mondiale ». De plus, « l’arrivée soudaine et massive de grands volumes d’eau peut excéder la capacité d’absorption des sols », et « déclencher des crues soudaines et des coulées de débris, causant des dommages aux infrastructures », met en garde Nadav Peleg (Unil), premier auteur. Les chercheurs recommandent de « préparer les systèmes de gestion des eaux en milieu urbain et les autres infrastructures ».

Climat : une dizaine d'indicateurs dans le rouge à travers le monde (étude)

GES, niveau de la mer ou seuil de 1,5°C de réchauffement : une dizaine d'indicateurs climatiques clé sont dans le rouge, alertent une soixantaine de chercheurs de renom, dans une vaste étude mondiale, parue le 19 juin dans la revue Earth System Science Data. Ces scientifiques provenant de 17 pays s'appuient sur les méthodes du Giec, auquel la plupart appartiennent ou ont appartenu. « Le réchauffement d'origine humaine a augmenté à un rythme sans précédent dans les mesures instrumentales, atteignant 0,27°C par décennie sur 2015-2024 », concluent-ils. Pour 2024, le réchauffement observé par rapport à l'ère pré-industrielle a atteint 1,52°C, dont 1,36°C attribuable à la seule activité humaine. L'écart résiduel est du à la variabilité naturelle du climat, à commencer par le phénomène El Niño. Les émissions de GES ont atteint un nouveau record en 2024, à 53 milliards de tonnes de CO2 chaque année en moyenne sur la dernière décennie. Les particules polluantes dans l'air, qui ont un effet refroidissant, ont par ailleurs diminué. « On ne doit pas tomber dans la fatalité », a réagi le 19 juin la ministre de la Transition écologique sur France Inter. Interrogé par l'AFP, l'auteur principal de l'étude, Piers Forster, estime, lui, que « tout va dans la mauvaise direction ».

Fleurs et végétaux : un marché porté par le vieillissement des Français (étude)

Le vieillissement de la population française pourrait profiter à la filière horticole compte tenu du taux de pénétration important des fleurs et végétaux chez les plus âgés, souligne une récente étude de l’interprofession horticole Valhor et de FranceAgriMer. En effet, le panel Kantar constate que 66 % des 65-74 ans ont acheté au moins un végétal dans l'année, contre 43 % chez les 20-59 %. « Dans l’hypothèse [où] ces taux de pénétration restent stables d’ici 2030 et 2040, en les appliquant aux projections de population de l’Insee, le nombre d’individus acheteurs de végétaux devrait croître de 5 % », explique l’interprofession. Cette projection doit cependant être prise avec précaution, compte tenu de l’évolution de la présentation des végétaux et des comportements de consommation : « Le vieillissement démographique pourrait alors accentuer la tendance au vieillissement du consommateur, à condition d’une offre de végétaux mais aussi de prestations de service adaptée aux 75 ans et plus », conclut Valhor. Ces prévisions sont aussi à prendre avec des pincettes vu le contexte actuel de la consommation française, plutôt orientée à la baisse. En 2024, les volumes achetés ont reculé de 2 % et de 3 % en valeur, confirmant une tendance baissière depuis 2019.

Fleurs : la protée, fleur nationale d’Afrique du Sud, en danger d’extinction

Selon l'Institut national sud-africain pour la biodiversité (SANBI), la production de protées, une fleur emblématique des montagnes du Cap, serait menacée, rapporte l’AFP le 19 juin. L'institut pointe comme causes une agriculture invasive, la prolifération d’espèces exotiques et des feux de forêt de plus en plus destructeurs. Près de la moitié des 353 variétés de protées sud-africaines seraient déjà en danger d'extinction. Nigel Barker, professeur en sciences végétales à l’université de Pretoria, souligne que, avec un climat de plus en plus chaud et sec, « de nombreuses espèces, dont l'aire de répartition naturelle est si restreinte, disparaîtront probablement. La seule solution sera de les cultiver dans des serres ou des fermes où l'on contrôle l'irrigation. » En 2024, l’Afrique du Sud a exporté dix millions de fleurs pour un chiffre d’affaires de 13 M€, selon l'organisation Cape Flora. La protée demeure une fleur de niche en France. Elle est un peu produite en Corse et dans le sud-est, mais le marché est surtout approvisionné par l’Afrique du Sud, le Zimbabwe et le Kenya. On la trouve de plus en plus chez les fleuristes spécialisés, pour les bouquets haut de gamme et l’art floral, mais rarement en GMS ou chez les fleuristes traditionnels.

Produits laitiers : Patrick Falconnier réélu président de Syndifrais pour un 3e mandat

Patrick Falconnier a été réélu président de Syndifrais, le syndicat professionnel des fabricants de produits laitiers frais, à l’occasion de son assemblé générale tenue le 11 juin. Patrick Falconnier entame donc son troisième mandat à la tête de Syndifrais, pour une durée de trois ans. Il est directeur général d’Eurial Ultra-frais (Agrial) depuis 2012. Deux vice-présidents ont été également élus : Anne-Gaëlle Lannic, directrice générale de Lactalis Nestlé Ultra-frais France, et Olivier Rudaux, directeur général de Novandie, également trésorier de Syndifrais.

Agenda de la semaine agricole du 23 juin 2025

Vendredi 20 juin
Convention de l'ANMF (meuniers)

Lundi 23 juin
Conseil des ministres de l'Agriculture de l'UE, à Luxembourg (Pac, semences, commerce, viande artificielle, transport animal...), jusqu'au 24
L'Assemblée examine la PPL sur la mise en place d’un registre national des cancers

Mardi 24 juin
Convention interne des chambres d'agriculture, jusqu'au 25
Visioconférence Afterres sur les risques
Conférence-débat de l'Itab (bio) autour de la future Pac
Audition à l'Assemblée du ministre de l’Industrie et de l'énergie 
Conférence de presse de Mousline (pomme de terre)
Baromètre de la consommation responsable par Greenflex et l’Ademe
Visioconférence sur les haies et les PSE de l’Inter-Onvar
Conférence de presse des sections avicoles FNSEA du Grand Ouest

Mercredi 25 juin
Journée des OP, organisée par France OP Lait
Rencontres nationales de l’eau publique à l’Assemblée
Congrès international de la poire à Hasselt (Belgique), jusqu’au 26
Conférence de presse d'Innoval (conseil élevage)
Conférence de presse annuelle de Le Gouessant
Congrès annuel de Verdir (production horticole) à Brest, jusqu’au 26

Jeudi 26 juin
Convention de l'Ania, à Malakoff
Conférence de presse CCFD-Terre solidaire sur l'export français
Journée de la Communication agricole 2025
Assemblée générale de Nutrinoë
Déjeuner de presse sur les 60 ans de Limagrain