Agrafil du 23 juillet 2025

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Biodiversité: le CGAAER publie un rapport distinct de l'IGEDD et de l'IGF, après des divergences

Destinée à préciser un calcul qui avait déjà été fait il y a deux ans, la mission ministérielle inter-inspection sur «l'évaluation des moyens publics et pratiques dommageables à la biodiversité» a fait l'objet - cas très rare - d'un double rapport. En retard en raison de divergences dans la livraison de leur rapport de mission, les six auteurs de l'IGF (ministère de l'Economie) et de l'IGEDD (ministère de la Transition écologique) ne sont pas parvenus pas à s'accorder avec les deux auteurs du CGAAER (ministère de l'Agriculture) - dont la toute récente inspectrice Alessandra Kirsch, ex-directrice du cercle de réflexion Agriculture stratégies. Publiés respectivement le 18 et le 22 juillet, les rapports de l'IGF et de l'IGEDD, et du CGAAER contiennent donc une «note de divergence» actant une différence de méthodologie, qui n'a pas pu être «surmontée malgré un effort collectif important». La divergence a porté sur plusieurs points, indiquent les auteurs : la définition d'une «subvention dommageable» et les scénarios de référence (dits contrefactuels) servant à les évaluer (sans aide publique pour le CGAAER, atteinte des objectifs des politiques publiques pour l'IGF et le CGEDD). Selon l'IGF et le CGEDD, des divergences sont aussi apparues sur effets sur la biodiversité de certaines subventions.

Biodiversité: écarts de chiffres entre les rapports d'inspection, expliqués par les indicateurs

Dans leurs rapports séparés sur «l'évaluation des moyens publics et pratiques dommageables à la biodiversité», le CGAAER (ministère de l'Agriculture) et l'IGEDD (Transition écologique) et l'IGF (Finances) livrent des chiffrages différents, qui s'expliquent en grande partie par la méthodologie et les indicateurs, le périmètre d'étude étant quant à lui comparable, entre 31 et 32 milliards d'euros. Le CGAAER estime que 1,3 Md€ de subventions seulement, essentiellement les défiscalisations de carburants, sont «dommageables». Mais il ne considère que celles qui le seraient de manière avérée, voire «tranchée, par rapport une situation théorique de référence «sans subvention». De son côté, l'IGF et l'IGEDD recense 8,3 Md€ de concours publics «à approfondir en priorité car finançant potentiellement des pratiques dommageables à la biodiversité», dont deux tiers des fonds européens, la moitié des dépenses fiscales. Considérant qu'«aucune étude n’évalue l’impact d’une absence totale d’aides publiques», l'IGF et l'IGEDD effectuent leur calcul par rapport à un scénario d'atteinte des objectifs de la Stratégie nationale biodiversité (SNB), pour «permettre la réorientation d’aides publiques dont l’efficacité est questionnée au regard de leurs résultats». Dans un premier rapport en 2022, l'IGF et le CGEDD avaient estimé à 9,6 milliards d'euros les subventions agricoles «dommageables» à la biodiversité.

Biodiversité: les inspections se rejoignent largement sur les recommandations

Dans leurs rapports séparés sur «l'évaluation des moyens publics et pratiques dommageables à la biodiversité», le CGAAER (ministère de l'Agriculture) et l'IGEDD (Transition écologique) et l'IGF (Finances) proposent, malgré des chiffrages différents, des recommandations quasiment identiques. Les trois inspections proposent de réformer les écorégimes, d'une part en augmentant le bonus dédié à l'agriculture biologique - ce qui a été récemment fait à partir des reliquats d'aide à la conversion - et en renforçant les conditions d'accès au niveau supérieur, ou en créant un niveau intermédiaire entre bio et supérieur. D'autres options sont évoquées, comme la création de nouveaux bonus, tels que «couverture des sols», «prairies permanentes», ou «autonomie fourragère». Le deuxième volant de mesures concerne les conditionnalités de la Pac. Les deux rapports proposent de reconsidérer les assouplissements récemment apportés à la conditionnalité. Par exemple, la dérogation à la BCAE 7 (rotation des cultures) devrait être «circonscrite à l’obligation annuelle et n’être accordée que de façon exceptionnelle». Les rapports plaident pour renforcer les moyens des Maec, quitte à transférer des fonds du 1er vers le 2nd pilier, et transformer certaines MAEC en PSE avec «obligation de résultats». Parmi les divergences aperçues: l'IGF et l'IGEDD proposent d'étudier le retour de l'aide au maintien en bio, pas le CGAAER.

PPL Entraves: Attal souhaite que le gouvernement saisisse l'Anses, Pannier-Runacher favorable

Gabriel Attal a souhaité le 22 juillet, après une pétition record contre la loi agricole Duplomb, que le gouvernement saisisse l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) afin qu'elle donne son avis sur le texte, proposition soutenue par la ministre de la Transition écologique. «Mon souhait, c'est que ce débat puisse être orienté avant tout par la science. L'Anses doit pouvoir, à la demande du gouvernement je l'espère, produire un avis» qui servirait de «boussole», a déclaré le patron du parti présidentiel Renaissance et chef de file des députés macronistes. Il s'exprimait lors d'une conférence de presse sur les propositions de son parti en matière d'écologie et d'économie. Dans la soirée, la ministre de la Transition écologique Agnès Pannier-Runacher, elle-même favorable à la tenue d'un débat parlementaire sur la loi controversée, a appuyé une telle proposition de «faire appel à l’Anses» et aux «autorités scientifiques», afin «de permettre de sortir des postures politiques dans un sens comme dans l'autre». «La science n'a pas vocation à se substituer au politique, mais elle peut utilement l'éclairer», a-t-elle souligné dans un message transmis à la presse. Le succès de la pétition lancée par une étudiante, qui avait atteint près de 1,5 million de signatures lundi soir, «montre bien évidemment qu'il y a un malaise chez une partie des Français» et «c'est très bien si ce débat peut se tenir à la rentrée parlementaire», a par ailleurs souligné M. Attal.

PPL Entraves : les groupes NFP promettent des textes d'«abrogation» à la rentrée

La gauche et les écologistes ont promis le 21 juillet de maintenir la pression à l’automne autour de l’abrogation de la proposition de loi Entraves, même si ce ne sera pas lors du débat parlementaire provoqué par la pétition qui a rassemblée 1,5 millions de signatures contre le texte. «C'est une lutte qui ne fait que commencer», a prévenu la députée écologiste Sandrine Rousseau. «Lors des prochaines niches parlementaires (journées réservées aux textes des groupes politiques, NDLR), chaque groupe du Nouveau Front populaire aura comme texte l'abrogation» de cette loi, a-t-elle assuré. Les socialistes ont confirmé vouloir porter «à la rentrée une proposition de loi abrogeant les graves reculs de la loi Duplomb». De son côté, Marine Le Pen a déclaré ce lundi 21 juillet être favorable à la tenue d’un débat au Parlement suite au succès de la pétition. Elle a dénoncé dans le même temps «la propagande des gauches» sur le sujet. La ministre de l’Agriculture Annie Genevard a assuré, quant à elle, que le gouvernement était «pleinement disponible» pour y participer et la présidente de l’Assemblée, Yaël Braun-Pivet (Renaissance), s’est dite «favorable» à son organisation.

Lait : les producteurs claquent la porte du bureau du Criel Alpes Massif Central

Sujet de tension croissant dans la filière (voir notre enquête), la mise en place d’un indicateur de la matière grasse et de la matière protéique du lait a échoué à l’échelle de la région Alpes Massif Central à cause de l’absence d’accord entre les collèges producteurs et industriels du Criel, l’interprofession régionale. « Le collège producteur du Criel Alpes Massif Central (interprofession régionale) a quitté le Bureau de l’interprofession réuni ce lundi 21 juillet à Feurs », indique un communiqué commun de la FNSEA et des Jeunes agriculteurs (JA), daté du 21 juillet. Selon les producteurs, une motion visant à acter la création d’un indicateur régional de valorisation de la matière utile du lait fondé sur le mix produit régional, devait se concrétiser, mais « l’attitude inacceptable du collège Fnil (Fédération nationale de l’industrie laitière) » a fait échouer cette démarche pourtant initiée par les industriels. Les producteurs reprochent à la Fnil une « obstruction systématique de toute tentative d’avancée collective ». Les producteurs affirment vouloir « poursuivre le travail collectif, mais avec des partenaires fiables, cohérents, et réellement animés par l’intérêt général de la filière laitière régionale » sans quitter l’interprofession régionale.

Elevage : les effets de plafonds de densité d'animaux sur le cheptel de l'UE (étude)

Dans un article publié dans le numéro de mai 2025 d’Agricultural Systems, des chercheurs du Centre commun de recherche de la Commission européenne étudient des scénarios de plafonnement de la densité d'animaux d'élevage en UE qui aboutissent à une réduction nette du cheptel européen, entre -3,4 % et -15,6 %. Les chercheurs ont réalisé une modélisation des effets d’un plafonnement de la densité du cheptel sur les productions animales en prenant en compte deux seuils de densité : 2 unités de gros bétail/ha, correspondant à la directive Nitrates de 1991, et 1,4 unités de gros bétail /ha, utilisé dans des mesures agro-environnementales. « L'impact est plus important pour les granivores que pour les animaux d’élevage pâturant », notent les auteurs. Autres conséquences : une baisse de la production de céréales car moins d’animaux à nourrir, une réduction des excédents d’azote de 4 à 10 %, mais une augmentation de l’utilisation du phosphore et du potassium, car moins de fumier. Et une baisse des émissions de gaz à effet de serre de 2 à 9%, mais une part importante de cette réduction pourrait être compensée par une hausse des émissions dans les pays tiers.

Elevage : le fumier, important réservoir de gènes résistants aux antibiotiques (étude)

« Le fumier d’élevage constitue un important réservoir de gènes de résistance aux antibiotiques, dont certains peuvent potentiellement être transférés à des bactéries pathogènes pour l’humain », souligne une étude menée par l’Université d’État du Michigan (MSU) et publiée dans Science Advances le 27 juin. La présence de ces gènes trouve son origine dans l’usage excessif des antibiotiques pour soigner les animaux ou stimuler leur croissance.L’étude menée sur 14 ans constitue « le sondage le plus complet à ce jour concernant les gènes de résistance issus du bétail. L’équipe a analysé plus de 4 000 échantillons de fumier de porcs, de poulets et de bovins provenant de 26 pays », peut-on lire. Parmi eux, l’étude distingue les États-Unis, premier producteur mondial de bœuf, qui présentent une abondance et une diversité particulièrement élevées de gènes résistants dans le fumier bovin. La Chine, premier producteur mondial de porc, affiche quant à elle les niveaux les plus élevés de résistance bactérienne dans le fumier porcin. L’étude démontre par ailleurs que les gènes résistants circulent entre les pays via le commerce, les voyages et les processus naturels. 

Maïs/tournesol : nette révision à la baisse des prévisions de rendement dans l’UE

Selon son rapport mensuel publié dans la soirée du 21 juillet, l'observatoire des cultures européennes, Mars, service détaché de la Commission européenne, a nettement revu à la baisse ses prévisions de rendement moyen de maïs et de tournesol au niveau de l'UE par rapport au mois de juin. Elles passent de 7,46 t/ha à 7,18 t/ha pour la graine jaune, et de 2,11 t/ha à 1,94 t/ha concernant la plante oléagineuse. La justification : le déficit de pluie observé en ce début d'été a fortement dégradé le potentiel des cultures, spécialement dans le sud-est de l'Europe. La Roumanie, la Hongrie et la Bulgarie, importants bassins de production et exportateurs, ont été touchées. Des pays importateurs, tels que l'Italie et le sud de l'Espagne, ont également souffert, mais dans une moindre mesure. Toutefois, la projection de rendement reste, pour le moment, supérieure au résultat de l'an dernier en maïs, qui s'élevait à 7,1 t/ha. En tournesol, la productivité moyenne s'affichait à 2,02 t/ha en 2024. La France voit également son potentiel affecté. Le rendement moyen en maïs passe de 9,15 t/ha à 8,9 t/ha (9,3 t/ha en 2024), et de 2,32 t/ha à 2,3 t/ha en tournesol.

Maïs : l’Ukraine pourrait produire près de 30 Mt en 2025, selon l’UGA

D’après une note du cabinet d’analyse ukrainien Ukragroconsult du 21 juillet, reprenant une information d’AgroPortal, l’Association ukrainienne des grains (UGA - représentant producteurs et exportateurs de grains locaux) table sur une production nationale 2025 de maïs à 29,26 Mt, si la météo se montre clémente, contre 25,94 Mt l’an dernier. Les exportations pour la campagne commerciale 2025-2026 devraient naturellement grimper par rapport à 2024-2025, passant de 21,4 Mt à 24 Mt. « Le maïs se présente très bien dans les champs, il n’y a pas de risque aujourd’hui. La seule inquiétude est que la récolte pourrait être retardée en raison des conditions météorologiques. Si certaines exploitations récolteront dès septembre, cette année, la moisson commencera réellement probablement fin septembre, début octobre », a déclaré le président de l'association Mykola Gorbachev. L’Ukraine représente un concurrent majeur de l’Hexagone concernant les exportations de maïs vers les pays de l’UE. Tous grains confondus, l’UGA table sur une production ukrainienne 2025 à 83 Mt, en progression de 4 Mt par rapport à 2024. Les expéditions pourraient atteindre 50 Mt en 2025-2026, en hausse de 3,3 Mt par rapport à 2024-2025, d’après la même source.

Maïs : Arvalis prévoit de premiers ensilages assez précoces, dès la mi-août

Dans un communiqué du 22 juillet, Arvalis table sur de premiers chantiers d’ensilage de maïs à la mi-août en France, soit une date assez précoce. En effet, les cultures se trouvent dans un stade de développement avancé. « Depuis début mai, les cumuls de températures enregistrés sont excédentaires par rapport à la normale sur l’ensemble du territoire hexagonal », signale l’organisme. Plus en détail, les premières récoltes devraient débuter dans « les Pays de la Loire, le Poitou-Charentes, le Limousin, en Rhône-Alpes et à l’est du Bassin Parisien/Champagne-Ardenne ». Une autre mise à jour de ces prévisions est attendue début août. L’institut technique tempère néanmoins ses projections, qui ne peuvent « représenter l’ensemble des situations agronomiques, notamment pour les parcelles semées plus tardivement ». Pour rappel, Arvalis avait déjà alerté le 9 juillet sur la précocité des floraisons des plantes. En plus des températures élevées cumulées au printemps et au début de l’été, les conditions d’emblavement avaient été bien plus favorables que l’an dernier, qui avait souffert d’intenses pluies.

Sucre/maïs : Coca-Cola conserve le maïs, mais lance une boisson au sucre de canne

Dans un article du média américain The Wall Street Journal paru le 22 juillet, le géant de l’agroalimentaire Coca-Cola a confirmé qu'il allait lancer une nouvelle boisson à base de sucre de canne, tout en continuant à utiliser du sirop de maïs dans d’autres breuvages, moins onéreux mais également plus nocif pour la santé. Pour rappel, cette annonce fait suite à un message publié le 16 juillet sur les réseaux sociaux par le président états-unien Donald Trump, qui affirmait avoir persuadé l'entreprise de remplacer le sirop de maïs par le sucre de canne dans la fabrication de ses boissons. Le dirigeant du groupe James Quincey a déclaré, lors d'une conférence téléphonique, que la boisson à base de sucre de canne « serait une option durable pour les consommateurs ». Il a fait remarquer que Coca-Cola l’utilisait déjà dans d’autres de ses produits vendus aux États-Unis, comme la limonade ou le café. Bien que la consommation de sucre aux États-Unis dépasse la production nationale de sucre de canne rapporte le média, James Quincey a indiqué que Coca-Cola disposait d'une offre en matière première suffisante pour lancer la gamme. « Au fil du temps, si la demande augmente, davantage d'hectares seront plantés », a ajouté le dirigeant.

Biocarburant : les transporteurs routiers fulminent contre l'étude de la DGE

Dans un communiqué du 22 juillet, le syndicat des transporteurs routiers (FNTR) dénonce « les conclusions hâtives et partiales » de l’étude élaborée le 10 juillet par la DGE (direction générale des entreprises, ministère de l’économie), en collaboration avec d’autres administrations. Pour rappel, l’étude considère que les biocarburants de type B100 (biodiesel contenant 100 % d’huile végétale) et HVO (huile végétale hydrotraitée) ne disposent d’aucun réel potentiel décarbonant à l’échappement des poids lourds par rapport à l’emploi de diesel traditionnel. La FNTR juge que la DGE a fait preuve « d’un parti pris manifeste » pour l’électrique, « en contradiction avec les réalités industrielles, économiques et opérationnelles vécues » par les entreprises de transport routier de marchandises. Elle argue que les qualités environnementales du B100 et du HVO ont été reconnues par l’État, avec l’attribution de la vignette Crit’Air 1 aux véhicules les utilisant. La fédération explique par ailleurs qu’une étude pilotée par l’Ademe est attendue fin 2025, et vise à prioriser l’usage des biocarburants dans le secteur des transports. « Ce travail souligne que si une hiérarchisation est envisagée, c’est bien parce que ces carburants présentent un intérêt environnemental avéré ».

Biocarburants aéronautiques : Global Bioenergies rapporte quatre offres de reprise

Dans un communiqué du 21 juillet, le producteur de biocarburants aéronautiques Global Bioenergies déclare que quatre offres de reprise d’activités et d’actifs ont été déposées dans le cadre du processus de pré-pack cession mis en place le 3 juin. La date limite de remise des offres était fixée au 18 juillet. Les quatre offres reçues, encore à un stade préliminaire, peuvent encore évoluer, et contiennent des conditions suspensives qui devront être levées d’ici l’audience d’examen, qui devrait se tenir en septembre ou en octobre au tribunal de commerce d’Evry. Pour rappel, Global Bioenergies prévoyait en juin 2023 la construction d’une usine de biocarburants aéronautiques à horizon 2028. Mais l’entreprise n’est pas parvenue à financer son projet, en raison de dettes significatives. Le communiqué rappelle qu'aucune proposition portant sur le rachat des actions n’a été soumise. « La valeur des actions deviendra donc nulle lors de la liquidation de la société qui suivra la potentielle cession des actifs », précise Global Bioenergies. 

Riz : au Japon, les prix ont doublé en un an, avec des conséquences politiques

Alors que l’inflation a ralenti plus qu'attendu en juin au Japon, les prix du riz ont, eux, doublé en un an (+99.2% entre juin 2024 et juin 2025). C’est ce que révèle des données publiées le 18 juillet par le gouvernement japonais et rapportées par l’AFP. Une flambée des prix qui se poursuit malgré les actions mises en place par le gouvernement japonais comme le déblocage d’une partie des stocks stratégiques de riz. La récolte 2023 (consommée l’an dernier) avait été pénalisée par des chaleurs record, tandis que la demande de riz était, elle, gonflée en 2024 par des achats paniques à la suite d’un avertissement des autorités sur un possible « mégaséisme », par le renchérissement des aliments importés et un tourisme record. Surtout, des négociants stockaient du riz pour muscler leurs profits à terme, selon les experts rapportés par l’AFP. Et cette crise du riz devient également un enjeu politique. Elle fut notamment un des sujets de la campagne électorale des élections sénatoriales du 20 juillet. Ces dernières ont vu la coalition de l’actuel premier ministre japonais, Shigeru Ishiba, perdre sa majorité absolue, quelques mois après avoir perdu celle à la chambre basse du parlement japonais.

Budget de la Pac : les Régions de France s'inquiètent d'un «affaiblissement»

« La proposition budgétaire de la Commission est une provocation », s’alarme dans un communiqué du 21 juillet les Régions de France. Comme beaucoup d’autres institutions elles déplorent « l’affaiblissement sans précédent pour cette politique fondatrice de l’UE » dont le budget est en baisse d’environ 21 %. « En tenant compte du niveau élevé de l’inflation ces dernières années, il s’agirait même d’une baisse en termes réels d’environ 40 % du budget », soulignent-elles. Les Régions dénoncent également l’intégration de la Pac « dans un grand fonds « fourre-tout » dont la finalité ne semble être que de camoufler cette baisse énorme ». Autre inquiétude : la renationalisation de la Pac « qui devient à chaque réforme de moins en moins commune ». Les Régions de France promettent de faire des propositions dans les semaines à venir.

Vin : l’Anev (élus de vigne et du vin) rejoint le réseau européen Recevin

L’Anev, l’association nationale des élus de la vigne et du vin, a annoncé, le 16 juillet, avoir rejoint depuis la mi-juin le réseau européen Recevin. Ce réseau, créé en 2000, fédère plus de 800 villes européennes du vin dans onze Etats européens (Allemagne, Autriche, Bulgarie, Slovénie, Espagne, France, Grèce, Hongrie, Italie, Portugal et Serbie). Son objectif est de défendre les intérêts des territoires viticoles par des échanges d’expériences et de faire de la représentation auprès des instances européennes. Jean-Jacques Bolzan, adjoint au maire de Toulouse et administrateur de l’Anev, représentera l’association au sein de cette structure européenne. « Rejoindre Recevin, c’est ouvrir un espace de dialogue précieux entre territoires viticoles européens », a-t-il indiqué. Et d’ajouter que « face aux grands enjeux de demain – climat, attractivité touristique, préservation des paysages – les échanges d’expériences sont essentiels ». Cette adhésion s’inscrit dans la stratégie de l’Anev afin de « mieux faire entendre la voix des élus des territoires viticoles, en France comme en Europe ».

Elections chambre: en Lot-et-Garonne, Karine Duc, de la CR, à la tête de la chambre

Karine Duc, viticultrice et coprésidente de la Coordination rurale (CR) du Lot-et-Garonne, a été élue le 22 juillet à la tête de la chambre d’agriculture du département, contrôlée depuis deux décennies par son syndicat, après une série de démissions. Aucune raison officielle n’a été donnée pour expliquer le départ soudain fin juin de son prédécesseur Patrick Franken, quelques mois seulement après son élection en février, ni celui quelques jours plus tôt de la directrice générale ainsi que d’un administrateur. Des médias pointent des «divergences» avec Serge Bousquet-Cassagne, figure historique de la CR47, connu pour ses actions coup de poing et qui a dirigé la chambre pendant plus de dix ans. Proche de M. Bousquet-Cassagne, Karine Duc s’était illustrée lors des manifestations agricoles de 2024, en devenant l’un des visages et porte-voix de la colère paysanne. En conférence de presse ce 22 juillet, elle a évoqué sur la problématique de l’eau, estimant que les réserves pour l’irrigation «vont devoir se multiplier» et que «le lac de Caussade ne sera peut-être plus un sujet». Enfin, la nouvelle présidente s’est engagée à ce que «nos prochains budgets intègrent les recommandations de monsieur le préfet», après un courrier de ce dernier fin juin refusant d’approuver le compte financier de l’instance pour l’année 2024, en raison d’erreurs de saisie dans les documents fournis.