Agrafil du 25 mars 2025

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Influenza aviaire : premier cas au monde sur un mouton, au Royaume-Uni (ministère)

Un cas d’influenza aviaire hautement pathogène (virus H5N1) a été confirmé sur un mouton dans le Yorkshire, dans le nord de l’Angleterre, a annoncé le gouvernement britannique dans un communiqué le 24 mars. Il s’agit du premier cas au monde sur cette espèce, selon le Département à l’environnement, à l’alimentation et aux affaires rurales (Defra). La contamination a été détectée après « plusieurs tests positifs sur le lait », dans le cadre de la surveillance de routine menée dans les élevages déjà atteints par l’influenza sur des volailles. Comme le rappelle le Defra, les autorités britanniques ont instauré ce suivi des autres espèces animales à la suite de l’épizootie chez les vaches laitières aux États-Unis – qui a causé un premier décès humain outre-Atlantique. Le mouton infecté dans le Yorkshire a été abattu « pour permettre des tests approfondis ». Aucune autre contamination n’a été observée dans l’élevage concerné. « Le risque pour l’élevage [au Royaume-Uni] reste faible », estime Christine Middlemiss, la chef des services vétérinaires britanniques (CVO), citée dans le communiqué. Elle appelle toutefois les éleveurs à la vigilance (surveillance des signes cliniques de l’influenza aviaire, maintien de la biosécurité).

Fièvre aphteuse : l’Allemagne à nouveau indemne grâce à l’isolation du foyer berlinois

L’Omsa (Organisation mondiale de la santé animale) a rendu à l’Allemagne son statut de pays indemne de fièvre aphteuse « à l’exception d’une zone restreinte limitée », informe un communiqué de presse de l’institut allemand Friedrich-Loeffler (recherche fédérale sur la santé animale) daté du 13 mars. Sa décision intervient deux mois après un cas – resté unique – de fièvre aphteuse dans un élevage de buffles détecté le 9 janvier dans le Brandebourg, à proximité de Berlin. Le délai imposé par l’Omsa pour recouvrer le statut indemne est ordinairement de trois mois sans nouveau cas. La décision de l’organisation mondiale « doit être considérée comme un succès et une reconnaissance de la lutte très efficace menée par toutes les autorités concernées contre l’épidémie de fièvre aphteuse », se félicite l’institut dans le communiqué. Il souligne cependant que la levée des restrictions commerciales par les pays tiers ayant fermé leurs frontières depuis janvier peut prendre du temps. Il s’agit notamment du Royaume-Uni et de la Corée du Sud. Début janvier, les cours du porc avaient décroché sous l’effet de l’annonce de la réapparition de la fièvre aphteuse, et s’étaient stabilisés deux semaines après.

Porc : première hausse au marché de Plérin depuis l’été 2024, le MPF optimiste

Dans son rapport hebdomadaire publié le 24 mars, le Marché du porc français (MPF) signale la première augmentation du cours depuis la mi-juillet 2024. Le cours est monté à 1,683 €/kg à la séance du jeudi 20 mars et s'est maintenu ce lundi 24 mars, alors qu’il campait à 1,680 €/kg depuis début février. « Les vendeurs ont adopté une position très ferme afin de signifier aux acheteurs qu’ils attendaient des propositions à la hausse », est-il relaté. Le nombre de porcs invendus a été en conséquence plus élevé, mais la hausse du cours, quoique modérée, « arrive suffisamment tôt pour espérer une plus nette progression avant que les jours fériés d’avril et de mai ne viennent perturber ce nouvel équilibre », est-il écrit. Ce rebond participe d’une tendance haussière qui s’affirme en Europe, dans le sillage de l’Espagne, un marché demandeur où « les importations de porcs se maintiennent à des niveaux historiquement élevés ». En France, les volumes d’abattage de la zone Uniporc suivent une tendance constante depuis trois semaines (aux alentours de 355 000 porcs) et l’orientation des poids à la baisse serait un signe que « le marché semble s’orienter progressivement vers un manque d’offre », est-il analysé.

Bovins : Britanny Ferries reprend le transport en vif depuis l’Irlande, les ONG vent debout

Selon les informations d'Agriland, la compagnie Britanny Ferries a repris son activité de transport d’animaux vifs entre l’Irlande et la France à partir du mois de mars, à la veille du pic de naissances dans les élevages irlandais. Le ferry Cotentin embarquera des animaux au port de Rosslare (Sud-Est) et les emmènera jusqu’à Cherbourg. Trente ans après avoir arrêté cette activité, Britanny Ferries deviendra le troisième opérateur de transport d’animaux sur cette ligne, avec Irish Ferries et Stena Line. Dans un contexte de manque d’offre en Europe, les exportations irlandaises de bovins pour l’engraissement ont augmenté de 31 % en un an sur les sept premières semaines de 2025 (à 25 500 têtes), selon Agriland. Une tendance qui masque des évolutions contrastées, nuance le média irlandais : en hausse de 79 % pour les « animaux sevrés » (broutards), en recul de de 9 % pour les veaux. De leur côté, 120 personnalités, emmenées par plusieurs associations de protection animale (L214, CIWF, etc.), condamnent la décision de Britanny Ferries. « Il est prouvé scientifiquement que les animaux transportés sur de longues distances souffrent de températures extrêmes, de peur, de stress, de privation de repos, de nourriture ou d'eau », rappellent-elles dans une lettre ouverte.

Guerre commerciale : décision américaine sur les alcools reportée au 14 avril (industrie)

Le report de l’entrée en vigueur des rétorsions sur les produits américains (dont les bourbons), annoncé le 20 mars par le commissaire européen au Commerce Maros Sefcovic, devrait entraîner un ajournement jusqu’au 14 avril de la décision américaine concernant les taxes de 200% sur les boissons alcoolisées promises par le président Donald Trump. C’est ce qu’indique, le 20 mars, l’US Wine Trade Alliance (USWTA, commerçants américains) dans une note à l’attention de ses membres. « Il s'agit d'un premier pas dans la bonne direction pour apaiser les tensions », a réagi l’association professionnelle, qui espère, à présent, que ce délai permettra aux parties de négocier une solution amiable. « Les droits de douane sur le vin sont néfastes pour l'Amérique », ajoute le président de l’USWTA Ben Aneff, qui estime, en outre, qu’ils constituent « un faible levier pour influencer les changements politiques ». Parallèlement, le commissaire européen au Commerce Maros Sefcovic se rendait, le 24 mars, aux États-Unis pour poursuivre le dialogue avec ses homologues, Howard Lutnick et Jamieson Greer.

Vin : la Commission européenne publiera son paquet de mesures le 28 mars

Initialement prévu pour le début du mois d’avril, le paquet de mesures de la Commission européenne pour le secteur vitivinicole sera finalement dévoilé le 28 mars. Cette date a été confirmée par le commissaire européen à l’Agriculture, Christophe Hansen, à l’occasion de la réunion du Conseil des ministres de l’Agriculture de l’UE, le 24 mars à Bruxelles. « Comme promis, on a travaillé rapidement pour proposer des mesures permettant de soutenir le secteur et d’aider les producteurs à gérer leur production de manière plus efficace et plus flexible », s'est félicité le Luxembourgeois en conférence de presse. Et d’ajouter : « Le secteur vitivinicole doit s’adapter à une réalité changeante de plus en plus complexe et saisir les occasions qui se présentent à lui ». Selon un premier projet de texte, en circulation début mars et obtenu par Agra Presse, la Commission européenne devrait reprendre les principales recommandations du groupe à haut niveau sur le vin, qui a rendu ses conclusions en décembre.

Vin/aléas climatiques : les détails sur une enveloppe de 9 M€ d'aides pour les jeunes viticulteurs

Lors de son déplacement viticole le 20 mars en Gironde, Annie Genevard a détaillé une enveloppe, non dépensée dans le cadre de l'arrachage de vigne, pour aider les jeunes viticulteurs ayant subi de mauvaises récoltes liées aux aléas climatiques. « Sur les 10 millions restants qui n'ont pas été consommés pour l'arrachage, 9 millions vont être consacrés aux jeunes viticulteurs qui éprouvent des difficultés particulières afin qu'ils puissent être épaulés sous la forme de subventions », a-t-elle déclaré. Cette aide avait été évoquée une première fois lors du Salon de l'agriculture fin février. Une enveloppe de 120 M€ d'aide à l'arrachage de vignes mis en place mi-octobre afin de résorber la surproduction, avait été approuvée par Bruxelles et n'a pas été totalement dépensée ; 9 M€ iront aux agriculteurs de moins de 40 ans, installés depuis moins de cinq ans et ayant subi des pertes en 2024. Pourront aussi prétendre à une subvention ceux qui prévoient ou subissent des difficultés financières en raison des pertes sur les cinq dernières années ; 1 M€ d'euros ira aux pépiniéristes, eux aussi en crise et essentiels pour soutenir la filière, a précisé à l'AFP le ministère, ajoutant que les détails restaient à déterminer.

Vin : des tests pour repérer l’oïdium grâce à des chiens de détection

La société savante American Chemical Society (ACS), basée aux États-Unis, a fait état le 23 mars de tests concernant l’utilisation de chiens de détection pour lutter contre l’oïdium sur la vigne. Une équipe de chercheurs de l'université Texas Tech s’intéresse aux composés organiques volatils (COV) émis par la plante infectée par le champignon responsable de la maladie. « Les premiers résultats de comparaisons entre des raisins sains et des raisins infectés par des champignons ont révélé que les odeurs émises par les feuilles saines contiennent davantage de composés odorants acides que celles des feuilles malades », selon le communiqué. Reste à analyser la composition chimique des vapeurs émises par les feuilles à différents stades de l'infection. Une autre étape sera de tester la réaction des chiens détecteurs face à quelques molécules clés. « L'objectif ultime est de passer du diagnostic visuel des moisissures au diagnostic olfactif comme référence absolue », explique la responsable de l’étude Paola Prada-Tiedemann, professeure de sciences forensiques à l'université Texas Tech.

Pac post 2027 : les Vingt-sept insistent sur le budget et demandent du concret

Une Pac post-2027 disposant d’un budget distinct, bien financée, et reposant sur deux piliers. C’est ce que tous les ministres de l’Agriculture de l’UE, ou presque, ont demandé lors du débat qu’ils ont eu le 24 mars à Bruxelles sur la Vision pour l’agriculture et l’alimentation, présentée mi-février par la Commission européenne. Les Vingt-sept ont aussi appelé le commissaire européen Christophe Hansen à concrétiser la multitude de promesses que contient cette Vision. Celui-ci a précisé quelques éléments sur son calendrier de travail pour les prochains mois. Il présentera un premier paquet de simplifications de la Pac « fin avril-début mai » – et non pas début avril comme initialement annoncé. Un second paquet, qui s’attaquera, lui, de manière plus transversale aux contraintes environnementales dans l’ensemble des réglementations de l’UE, est attendu pour la fin d’année. Et le commissaire transmettra dans les prochaines semaines aux ministres de l’UE un échéancier plus détaillé des initiatives prévues, notamment les stratégies sur le renouvellement des générations, l’élevage, les protéines végétales ou encore la réciprocité des normes.

Biogaz : Bruxelles autorise la revente pour les installations financées par la Pac

La Commission européenne a présenté le 24 mars, en comité d’experts, une exemption pour les agriculteurs leur permettant de revendre leur biogaz même quand ils ont reçu des financements de la Pac pour leurs investissements dans des installations de méthanisation. « Cette clarification importante permettra aux agriculteurs de mieux tirer profit de leur production énergétique » en supprimant un des principaux « goulets d'étranglement à la production de biogaz au niveau des exploitations », a indiqué le commissaire européen à l’Agriculture Christophe Hansen aux ministres des Vingt-sept, réunis le 24 mars à Bruxelles. Jusqu’à présent, les agriculteurs qui avaient bénéficié d’aides des fonds du développement rural pour la construction d’installation de production de biogaz n’avaient pas le droit de revendre leur excès de production, sans quoi les soutiens accordés étaient considérés comme des aides d’État (au titre du règlement d'exemption par catégorie pour l'agriculture, ABER). Avec les nouvelles clarifications juridiques apportées, les États membres pourront finalement, dans le cadre du règlement général d'exemption par catégorie (GBER), financer jusqu’à 65 % des investissements engagés par les agriculteurs (contre 80 % dans le cadre du règlement ABER).

Santé : pas d’aliments à base de soja en restauration collective, préconise l’Anses

« Le soja étant la principale source d’isoflavones, l’Anses recommande de ne pas servir d’aliments à base de soja en restauration collective pour éviter une surconsommation », indique un communiqué de l’agence sanitaire, qui a publié le 24 mars des travaux évaluant le risque sanitaire lié à ces molécules phytoœstrogènes. Parmi les produits qui en contiennent, on trouve par exemple des desserts, yaourts, boissons, steaks végétaux, tofus, biscuits apéritifs... L’Anses a établi deux valeurs toxicologiques de référence (VTR) par ingestion « à partir d’effets toxiques affectant le système reproducteur » : une pour la population générale (0,02 mg/kg de poids de corps/jour), une autre pour les femmes enceintes et en âge de procréer ainsi que les enfants prépubères (0,01 mg/kg de poids de corps/jour). Résultat : 76 % des enfants de 3 à 5 ans consommant ces aliments dépassent la VTR, de même que 53 % des filles de 11 à 17 ans, 47 % des hommes de 18 ans et plus, ainsi que des femmes de 18 à 50 ans. Par ailleurs, l’Anses recommande aux industriels et aux producteurs de « mettre en œuvre des techniques agronomiques et des procédés de fabrication permettant de produire des aliments en maîtrisant les teneurs en isoflavones ».

Semences : la distribution du catalogue de Saaten-Union confiée à Asur Plant Breeding

À compter du 1er juillet 2025, la distribution de l’ensemble du portefeuille variétal de Saaten-Union sera confiée à Asur Plant Breeding, membre du groupe semencier allemand. Finie donc la collaboration avec Deleplanque, actée en septembre 2021 sous la bannière « Réseau Deleplanque-Saaten-Union », place à l’entité « Asur-groupe Saaten-Union ». Cette « évolution majeure dans l’organisation » se fera en France, mais aussi en Espagne, Italie, Portugal, Belgique et Luxembourg. Asur Plant Breeding y commercialisera ses propres obtentions mais aussi tout le catalogue des produits de Saaten-Union, à savoir des céréales de printemps (dont l'orge Sting), des oléoprotéagineux (dont les féveroles Synergy et Callas), ainsi que de multiples plantes multi-services. Ce changement de périmètre d’activités d’Asur Plant Breeding s’accompagnera d’une adaptation de l’organigramme dont les modalités seront précisées mi-juin. Implanté à Estrées-Saint-Denis (Oise), Asur Plant Breeding sélectionne des blés tendres (hybrides et lignées) et des orges d’hiver lignées ; ses actionnaires sont quatre sélectionneurs du groupe Saaten-Union, et trois coopératives françaises (Cérésia, Cavac et Terre Atlantique). L’entreprise compte aujourd’hui 35 salariés, mais verra son effectif passer à 55 cet été. De la sélection à la mise en marché, les équipes profiteront de synergies amplifiées et facilitées par une implantation commune sur le site de l'Oise. (Anne Gilet)

Colza/porc : le Canada attaque les taxes chinoises devant l’OMC

Le Canada a demandé, le 24 mars, l’ouverture de consultations à l'OMC concernant les mesures chinoises sur les importations de certains produits agricoles et de la mer, une nouvelle étape dans le conflit commercial entre les deux parties. Depuis le 20 mars, l’empire du Milieu impose, en effet, un droit ad valorem de 100 % sur l'huile de canola, les tourteaux et les pois en provenance du Canada, ainsi qu'un droit ad valorem de 25 % à l'importation de certains produits de la mer et produits du porc canadiens, en réponse aux mesures d’Ottawa sur les véhicules électriques. Selon le Canada, ces mesures sont incompatibles avec les obligations incombant à la Chine en vertu de diverses dispositions de l'Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (Gatt) de 1994 et du Mémorandum d'accord sur le règlement des différends. Ces consultations offrent aux parties impliquées l’opportunité de débattre de la question et de parvenir une solution d’un commun accord satisfaisante sans engager une procédure. Si, dans un délai de soixante jours, elles n’ont pas permis de résoudre le différend, le plaignant peut alors demander l’établissement d’un groupe spécial, marquant le début de la phase juridictionnelle de la procédure.

Nutrition/climat : consultation publique « cette semaine » pour la Snanc, selon Matignon

Où en est la Snanc (Stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat), dont la mise en consultation est attendue incessamment ? D’après le média Contexte, « les derniers arbitrages » ont été rendus le 20 mars « lors d’une réunion entre les différents pôles du cabinet du Premier ministre », et il a été décidé de « maintenir une recommandation de limitation de la consommation de viande et de charcuterie, notamment importée, mais sans fixer d’objectif chiffré ». Contactés par Agra Presse, les services de Matignon n'ont pas confirmé cette information, déclarant simplement : « Nous souhaitons lancer la consultation du public cette semaine sur la base d’une version validée par le cabinet du Premier ministre ». De son côté, le cabinet d’Annie Genevard indique n’avoir relevé « aucune avancée », dans l’attente d’un retour de Matignon « pour savoir ce que contiendra in fine la stratégie ». Pour rappel, une version de travail de la Snanc, dévoilée par Contexte en novembre, évoquait l’objectif de la SNBC (Stratégie nationale bas carbone) de réduction de la consommation de viande de « -12 % de viande hors volaille et -4 % de volaille ». Interrogée par Agra Presse le 24 mars, Christiane Lambert, présidente de la Fict (industriels de la charcuterie ), estime que des objectifs chiffrés seraient « stigmatisants ».

Stockage du carbone : les acteurs veulent mieux valoriser les co-bénéfices (baromètre)

L’association Climate Agriculture Alliance (fondée en 2022) a présenté, le 19 mars à Bruxelles, son premier baromètre européen du « carbon farming » (stockage agricole du carbone), réalisé pro-bono par Greenflex (TotalEnergies), pour analyser les tendances, les pratiques ou encore les défis du marché du carbone des sols. Bilan : avec ses 21 membres actifs (dont FarmLEAP, Gaïago, Agoterra, Soil Capital, MyEasyFarm et Carbone Farmers) à travers 20 pays européens, l’Alliance accompagne plus de 28 000 agriculteurs (un triplement en deux ans) sur plus de 8,3 Mha. Si la dynamique est bien réelle, le baromètre souligne aussi les défis à relever, parmi lesquels la nécessité de garantir l’absence de double comptage des parcelles, qui constitue un enjeu de crédibilité du marché. « C’est pour cela que la Climate Agriculture Alliance a mis en place l’outil Farmvault », un registre unique et confidentiel (3 500 fermes inscrites), indique Élise Bourmeau, directrice conseil chez Greenflex. Autre enjeu qui ressort du baromètre : « Mesurer et valoriser économiquement les co-bénéfices du " carbon farming ", poursuit-elle, comme la préservation des sols, de la ressource en eau et de la biodiversité ou les impacts socio-économiques. »

Dégâts de gibier : en congrès, la FNC valide l’idée de non-paiement des petits dossiers

Réunie en congrès à Avignon le 19 mars, la Fédération nationale des chasseurs (FNC) a voté « à 100 % » une motion sur le dossier des dégâts de gibier. « Il a été validé l’idée d’un non-paiement des petits dossiers pour la saison 2025-2026 voire la remise en cause de l’accord si la somme prévue dans le plan d’accompagnement devait être encore réduite », résume son président Willy Schraen dans une actualité sur le site web de la FNC. Dans son discours aux congressistes le lendemain du vote, Willy Schraen explique que cette motion fait « suite à l’amputation d’une partie de la somme prévue dans le plan d’accompagnement (5 M€ en 2024 et 5 M€ en 2025) » de la FNC par l’Etat. Le président des chasseurs estime qu’il est « nécessaire de poursuivre les réflexions en vue d’une réforme globale et durable du financement des indemnisations aux agriculteurs », car les montants sont « élevés, atteignant environ 90 millions d’euros en 2022-2023, après avoir dépassé les 100 millions d’euros en 2021-2022 ». « Si rien n’est fait, nous allons vers une chasse réservée à une élite financière, et surtout, tout droit vers une banqueroute de nos fédérations », prévient-il. Willy Schraen a annoncé vouloir « avancer d’un point de vue législatif sur ce dossier crucial », ce pourquoi il « ne manquer[a] pas » d’utiliser la motion comme argument.

Foncier/autoroute A69 : l'État fait appel de l'arrêt du chantier

L'État a annoncé le 24 mars avoir fait appel de la décision du tribunal administratif de Toulouse, qui avait ordonné le 27 février l'arrêt du chantier de l'autoroute Castres-Toulouse (A69), contestée par des mouvements écologistes et dont la mise en service était prévue fin 2025. Il a, « dans le même temps, demandé le sursis à exécution de cette décision afin de permettre la reprise rapide des travaux », selon une déclaration du ministère des Transports transmise à l'AFP. Alors qu'une déclaration d'utilité publique avait été émise en 2023, la justice administrative a annulé l'autorisation environnementale délivrée par l'État, estimant qu'il n'y avait pas de Raison impérative d'intérêt public majeur (RIIPM) justifiant les atteintes à l'environnement occasionnées par le chantier. Outre l'appel, des députés et sénateurs du Tarn partisans de l'autoroute explorent la voie parlementaire pour contourner, via une proposition de loi, la décision de la justice administrative et obtenir au plus vite la reprise du chantier. Le député DVD Philippe Bonnecarrère a évoqué une « loi de validation de l'autoroute » dans laquelle « nous nous contentons de dire que l'autoroute Castres-Toulouse répond à une raison impérative d'intérêt public majeur (RIIPM) ».

Vin : le français Samuel Masse nouveau président des vignerons indépendants européens

Le français Samuel Masse a été élu, le 24 mars, président de la confédération européennes des vignerons indépendants (CEVI) à l’occasion de l’assemblée générale de l’organisation à Castiglione in Teverina, en Italie. Jusqu’à présent vice-président de la CEVI, ce vigneron bio de l’Hérault remplace l’italienne Matilde Poggi, qui était en place depuis un peu moins de quatre ans. Avant les vignerons indépendants, Samuel Masse avait été, entre janvier et juin 2021, un éphémère président intérimaire des jeunes agriculteurs européens (Ceja), à la suite de la démission du belge Jannes Maes avant d’être lui-même remplacé par l’italienne Diana Lenzi. Le paquet de mesures sur le vin, le prochain budget de la Pac et l’élargissement de la CEVI devraient être les principaux sujets au cœur de son mandat.