Agrafil du 26 mars 2025

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Guerre en Ukraine: Washington soutient les exigences agricoles russes en mer Noire

Dans un communiqué publié le 25 mars à l’issue de discussions bilatérales avec la Russie et l'Ukraine à Ryad (Arabie Saoudite), l’administration américaine du Président Donald Trump a annoncé avoir convenu avec ses homologues russes et ukrainiens « de garantir une navigation sûre, d’éliminer le recours à la force et d’empêcher l’utilisation de navires commerciaux à des fins militaires dans la mer Noire ». Dans cette perspective, Washington s’engage également à aider Moscou à rétablir son accès au marché mondial des exportations de produits agricoles et d’engrais. Rien de tel avec Kiev. L’assouplissement des restrictions sur ses exportations agricoles était une des conditions préalables de la Russie à un accord. Au cœur des discussions, le ministre des Affaires étrangères russe, Sergueï Lavrov, a notamment réclamé des « garanties claires » qui « peuvent être uniquement le résultat d'un ordre de Washington » au président ukrainien Volodymyr Zelensky, pour arriver à un accord sur la navigation commerciale en mer Noire, selon l'AFP. En outre, le chef de la diplomatie russe aurait demandé que personne n'essaie « d'écarter » la Russie du marché mondial des engrais et des céréales, en référence aux sanctions occidentales.

PPL Agrivoltaïsme : le rapporteur propose de doubler à 10 MWc le plafond par exploitation

Dans le cadre de l’examen de la proposition de loi (PPL) Agrivoltaïsme le 26 mars en commission, le rapporteur démocrate Pascal Lecamp propose de doubler à 10 MWc (contre 5 MWc inscrit dans le texte) la puissance maximale par exploitation. Le plafond initialement prévu risque de « menacer l’équilibre économique de certains projets agrivoltaïques, ou les inciter à se concentrer autour des postes sources, au détriment d’une répartition territoriale plus équilibrée », selon l’exposé. L’amendement, examiné le 26 mars, relève la puissance maximale à 10 MW crête par exploitant, mais en l’associant à un autre plafond qui limite la parcelle agricole concernée à un maximum de 30 % de la SAU. Les parcelles viticoles ou arboricoles sont exemptées de cette dernière limite « car il serait absurde de cantonner les services attendus des modules solaires (protection contre la grêle, le vent ou l’excès de soleil par exemple) à une partie seulement de ce type d’exploitation ». L’amendement prévoit aussi la possibilité pour les CDPenaf de moduler ces plafonds à la baisse, en fonction des cultures, des procédés techniques et des implantations géographiques.

Foncier : un observatoire des friches lancé par la Safer Paca avec la région et le Cerema

La Safer Paca lance, avec la région Sud et l’établissement public Cerema, un observatoire pour la revalorisation des friches urbaines et agricoles, a-t-elle annoncé le 25 mars. Il s’agit d’« outiller les collectivités locales » face aux exigences de sobriété foncière fixées par la loi Climat et résilience de 2021, selon un communiqué. « La mobilisation des friches est un enjeu crucial pour réduire la consommation d'espaces naturels, agricoles et forestiers, et pour atteindre l'objectif de zéro artificialisation nette d'ici 2050 », souligne la Safer. L’Observatoire régional des friches urbaines et agricoles vise à faciliter leur inventaire, caractérisation et valorisation. Un travail qui va s’appuyer sur Open friche map, une application mobile collaborative développée par la Safer Paca. « Depuis 2019, plus de 30 000 hectares de friches agricoles ont été recensés sur l'ensemble de la région », selon le communiqué. Open friche map permet aussi d’inventorier les friches urbaines. L’outil va alimenter l’inventaire national Cartofriches. Au-delà de la collecte des données de terrain, une animation de l’observatoire régional est prévue afin d’« accompagner les collectivités dans l’élaboration de leurs stratégies foncières ».

Corse: le directeur des territoires de Haute-Corse agressé dans son bureau à Bastia

Le directeur départemental des territoires (DDT) de Haute-Corse a été agressé le 25 mars lors d'un rendez-vous concernant les aides agricoles européennes et son agresseur présumé, un éleveur bovin d'Asco (Haute-Corse), a été placé en garde à vue, a-t-on appris de sources concordantes. «À la suite de l'agression du directeur départemental des territoires, une enquête a été ouverte du chef de violence volontaire aggravée et une personne a été interpellée, placée en garde à vue et est actuellement entendue par les services de police», a indiqué à l'AFP le procureur de la République de Bastia, Jean-Philippe Navarre. Une plainte sera déposée dans les prochaines heures par le Préfet de la Haute-Corse», a réagi le préfet de Haute-Corse, Michel Prosic, en apportant «son soutien à M. le Directeur, à ses proches, ainsi qu'à l'ensemble des agents de la DDT» pour qui une cellule d'urgence médico-psychologique a été activée. Les portes de la DDT «seront closes mercredi», «en signe de solidarité», indiquent plusieurs organisations syndicales de fonctionnaires. L'agresseur présumé est un éleveur bovin d'Asco (Haute-Corse) âgé de 26 ans, a précisé à l'AFP une source proche du dossier. Ses parents avaient été condamnés en 2019 a de la prison avec sursis et des amendes pour escroquerie aux subventions agricoles entre janvier 2013 et 2015.

OFB: dans la Manche, une vidéo humouristique de JA fait polémique, parquet saisi

Le syndicat Jeunes agriculteurs de la Manche a mis en ligne une vidéo «humouristique» mettant en scène le meurtre d’un agent de l’Office français de la biodiversité (OFB), rapporte Médiapart le 24 mars (article payant). La vidéo, d’abord présentée en assemblée générale, a été postée sur les réseaux sociaux avant d'être retirée quelques heures plus tard. «Cette vidéo est très révélatrice de l’incompréhension d’une partie des agriculteurs du rôle et des missions de l’OFB» a réagi le secrétaire national adjoint de la CGT-Environnement, Sylvain Michel. Il a estimé «irresponsable» de «banaliser ou ironiser sur la violence envers un agent de l’Etat», alors que l’OFB essuie depuis plus d’un an des violences verbales et physiques du monde agricole. Sur Facebook, le syndicat départemental a souligné le caractère «humouristique» du clip, affirmant n’avoir «en aucun cas» voulu appeler à la violence contre les agents de l’Etat, et évoquant «la liberté d’expression». Le parquet de Cherbourg s’est saisi de l’affaire, pour déterminer «s’il convient de procéder à l’ouverture d’une enquête des chefs d’outrage et actes d’intimidation », à précisé le magistrat au média d’investigation.

OFB: des «fiches pédagogiques» sur les contrôles à problèmes bientôt dévoilées

L’Office français de la biodiversité a mis au point «7 fiches pédagogiques» pour faciliter les contrôles, apprend-t-on auprès l’OFB le 25 mars. Ce lot de fiches est l’une des 10 mesures de sortie de crise proposées par l’OFB et validées par le Premier ministre, précise l’OFB. Ces mesures doivent être dévoilées lors d’un déplacement conjoint des ministres de l’Agriculture et de la Transition écologique, à une date pas encore fixée. Les fiches portent sur «les contrôles qui posent le plus souvent problème» a indiqué le directeur général de l’OFB, Olivier Thibault, auditionné par les sénateurs de la commission d’enquête sur les agences de l’Etat, le 25 mars. «Je peux vous citer la taille des haies (…), le curage de cours d’eau, le traitement (…) des arbres vis-à-vis des pollinisateurs, les grands prédateurs », a-t-il détaillé. Il a ajouté que l’OFB a «testé» la création d’un guichet unique sur la réglementation concernant les haies et que «par exemple dans la Manche (…), ça marche très bien». L’idée de créer un «guichet unique» en DDT sur une thématique environnementale forte est proposée dans un rapport du CGAAER publié le 19 mars, à l’issue d’une mission "flash" sur les relations entre l’OFB et les agriculteurs. 

Glyphosate : Bayer condamné à verser 2,1 milliards de dollars à un plaignant (presse)

Le géant allemand de l’agrochimie Bayer, qui avait racheté Monsanto en 2018, a été condamné le 21 mars par un tribunal américain (Etat de Géorgie) à verser 2,1 milliards de dollar (Md$), soit 1,9 milliards d’euros (M€), à un plaignant atteint d’un cancer qu’il attribue au Roundup, contenant du glyphosate, rapporte la presse généraliste. L’amende comprend 2 Md$ de dommages et intérêts punitifs, et 65 M$ de dommages et intérêts compensatoires. Le groupe Bayer a indiqué qu’il allait faire appel de cette décision. Depuis le rachat de Monsanto, la société allemande a dû débourser environ 10 Md$ dans des affaires de cancer liées au désherbant, sachant que des dizaines de milliers d’autres attendent encore d’être résolues. L’entité a d’ailleurs réservé 5,9 Md$ pour les frais de justices en lien avec ces affaires, et a averti les législateurs états-uniens qu’elle pourrait mettre en terme aux ventes de Roundup si elle n’était pas mieux protégée par la justice. Le 24 mars, le cours du géant allemand chutait à la Bourse de Francfort, le marché enregistrant la décision du tribunal états-unien.

Tomate : les producteurs marocains nient la signature d’un accord avec les Français (presse)

Les producteurs marocains de tomates nient avoir conclu un accord avec les producteurs français sur la saisonnalité en marge du dernier Salon de l’agriculture, rapporte le site d’information marocain Bladi le 24 mars. L’Association marocaine des producteurs exportateurs de fruits et légumes (Apefel) s’étonne de la médiatisation faite autour d’un accord devant être signé au salon international de l'agriculture de Meknès en avril prochain. Si la rencontre de Paris entre producteurs marocains et français et l'idée d'un rapprochement professionnel sont actés, l’Apefel considère que les Français « sont allés trop loin en proposant l'arrêt pur et simple des exportations de tomates marocaines entre avril et octobre». Les discussions se seraient limitées à la possibilité d'échanges périodiques de données (surfaces, volumes et prévisions d'exportation) et un travail commun sur les problèmes phytosanitaires. Khalid Saidi, président de l'Apefel a déclaré : « D'un point de vue économique, nous ne pouvons accepter un accord qui porterait un coup fatal à la filière tomate au Maroc. Une telle entente serait contraire aux accords commerciaux entre le Maroc et l'Union européenne, ainsi qu'aux règles de l'OMC et au droit de la concurrence ».

Tomate/Maroc : pas de « fraude fiscale » selon Hansen, malgré les accusations espagnoles

Christophe Hansen, Commissaire européen à l’agriculture et à l’alimentation a affirmé «  qu’il Il n’y avait pas de fraude fiscale concernant les importations de tomates marocaines sur le marché communautaire », en réponse à l’eurodéputée espagnole du Groupe du Parti populaire européen, Carmen Crespo, selon l’agence Ecofin reprenant des informations du média espagnol El Economista le 22 mars. Se fondant sur des affirmations du COAG, principal syndicat agricole du pays, l’eurodéputée avançait que les exportateurs marocains auraient dû verser « 71,7 millions d’euros en droits », en raison des dépassements de quotas entre 2019 et 2024. Les producteurs espagnols estiment qu’un volume de près de 230 000 tonnes de tomates supplémentaires aurait été introduit chaque année sur la période s’ajoutant au contingent de 285 000 tonnes autorisé par l’Accord UE-Maroc de 2012. S’il reconnaît que les volumes expédiés vers l’UE ont dépassé le contingent, M. Hansen souligne néanmoins que les autorités douanières ont collecté 81 millions d’euros de droits de douane sur les importations de tomates fraîches marocaines entre 2019 et 2024. « Sur cette base, la Commission n’a détecté aucune évasion fiscale », conclut-il.

Légumes/agriculture verticale : le pionnier américain Plenty dépose le bilan

Plenty Unlimited Inc., une entreprise américaine pionnière dans l’agriculture verticale créée en 2014, s’est placée sous le chapitre 11 de la loi sur les faillites le 23 mars, rapporte Les Echos le 25 mars. Cette décision s'accompagne d'un plan soutenu par des prêteurs (Soft Bank, One Madison Group) visant à lever des capitaux ou à vendre l'entreprise. L’entreprise aurait obtenu un financement de 20,7 millions de dollars sous forme d’un prêt accordé aux sociétés en restructuration sous le régime du Chapitre 1, qui permettrait de préserver le site de production de fraises en Virginie (celui de Californie a fermé en 2023) et un centre de R&D en science végétale au Wyoming. Daniel Malech, p.-d.g. par intérim, a évoqué des « facteurs macroéconomiques » pour expliquer la faillite, comme des coûts de production trop importants par rapport à l’agriculture traditionnelle, rendant le produit trop cher, et l’impact du prix de l’énergie. Selon Bloomberg, la société avait déjà obtenu un prêt relais de 8,6 millions de dollars pour préparer une éventuelle restructuration. Plenty s’ajoute à la liste des entreprises d’agriculture verticale ayant trébuché aux Etats-Unis (Bower Farming en 2024, AppHarvest en 2023) et en Europe comme l’allemand Infarm ou le français Jungle.

Ail : French Black Garlic veut créer une chaîne de valeur autour des tiges

Centré sur la valorisation des tiges d’ail, le projet French Black Garlic a lancé une campagne de financement participatif sur Miimosa, le 21 mars. « Grâce à un procédé de fermentation unique, inspiré de celui de l’ail noir, ces tiges habituellement délaissées deviennent un ingrédient inédit aux applications multiples dans l’agroalimentaire, la nutrition et la gastronomie », indique un communiqué. Le porteur du projet, David Ferrer (fondateur de l’entreprise Santé Bio Europe, spécialisée dans les compléments alimentaires naturels et l’ail noir) cite comme usages possibles : des ingrédients pour infusions, farines, condiments et sirops, des « extraits fonctionnels » pour les compléments alimentaires, avec également des applications dans les cosmétiques, l’agriculture (fertilisants enrichis) ou l’alimentation animale. « L’objectif n’est pas de commercialiser directement ces dérivés, indique-t-il sur Miimosa, mais de structurer une nouvelle filière en proposant cette matière première aux industriels. » Le premier palier de la collecte cible 5 000 € pour « lancer les premières recherches scientifiques » et le cinquième et dernier palier vise 30 000 € pour « accélérer la recherche et préparer l’industrialisation ». 

Fleurs : forte chute des importations européennes de bulbes en 2024

En 2024, les importations européennes de bulbes d'orchidées, de jacinthes, de narcisses et de tulipes ont baissé drastiquement, à 4,7 millions d'euros, contre 30,9 millions d'euros en 2022, rapporte le service de statistique européen Eurostats le 23 mars. Dans le même temps, les exportations ont légèrement reculé, passant de 100,6 millions d'euros en 2022 à 98,9 millions d'euros en 2024. Les Pays-Bas restent le principal exportateur avec un chiffre d’affaires de 82 millions d'euros, soit 83 % du total des exportations. Les autres principaux exportateurs ont tous des parts inférieures à 10 % : Pologne (9 %), Belgique (4 %), Allemagne et Danemark (1 %). Les données montrent que la Suisse a été le principal partenaire de l'UE, important pour 39,4 millions d'euros (40 % du total). Parmi les autres importateurs clés figurent le Royaume-Uni (15 %), la Norvège (10 %), le Kirghizistan (7 %) et l'Ukraine (6 %). L'UE a également exporté pour 30,1 millions d'euros d'autres bulbes, tubercules, racines tubéreuses, griffes et rhizomes, en croissance ou en fleurs, les Pays-Bas étant également le principal exportateur dans cette catégorie (17,9 millions d'euros, soit 59 % du total).

Vin : Carrefour s’engage auprès des Vignerons de Buzet, coopérative en difficulté

Maison Johanès Boubée, filiale vins du groupe Carrefour, a annoncé avoir signé un contrat avec la coopérative Les Vignerons de Buzet. Carrefour s’engage pour trois ans à acquérir des volumes annuels de plusieurs milliers d’hectolitres. Le vin AOP servira chaque année à la fabrication d’environ 400 000 bouteilles et 55 000 Bag-in-box (cubis de trois litres) de vin rouge et rosé. Ces vins seront commercialisés sous la marque La Cave d’Augustin Florent, marque distributeur de Carrefour. Le groupe Vignerons de Buzet, situé dans le Lot-et-Garonne, a été placé en procédure de sauvegarde en juin 2024, à sa demande, dans un contexte économique très défavorable à la filière. Malgré un chiffre d’affaires d’environ 20 M€, le groupe, qui comprend 160 viticulteurs et 90 salariés, a accumulé un endettement à plus de 35 M€. Carrefour s’est également engagé à commercialiser la gamme de vins « Soutenons Nos Vignerons », une initiative portée par Grands Chais de France et ses caves partenaires pour améliorer la rémunération des viticulteurs. La gamme comprend cinq Appellations d’Origine Protégée issues de caves coopératives : Buzet, Bergerac, Bordeaux, Côtes du Rhône, Corbières. (Elena Blum)

Élevage et lignes à haute tension: RTE condamné face à un éleveur en Cour de cassation

La Cour de cassation a rejeté le 13 mars le pourvoi de RTE (Réseau de transport de l’électricité, filiale d’EDF) qui attaquait la décision du 17 octobre 2023 de la Cour d’appel de Caen dans le cadre de l’affaire l’opposant à Dominique Vauprès, éleveur de vaches laitières dans la Manche. RTE, qui a épuisé ses voies de recours, devra lui verser 458 337 euros au titre du préjudice d'exploitation causé par une ligne à très haute tension (THT). « Ayant constaté des troubles du comportement et une explosion des mammites chez ses vaches avec baisse de la production laitière, dont l'origine infectieuse, alimentaire ou zootechnique n'a pu être confirmée, il (l’éleveur, NDLR) a fait intervenir en 2005 un géobiologue qui a constaté la présence de courant de quelques milliampères dans la terre et dans les tubulures de la salle de traite », peut-on lire dans l’exposé du litige devant la Cour d’appel de Caen. Or « ni le changement d'éclairage, ni la réalisation de liaisons équiponentielles, ni les travaux entrepris à la suite des investigations du Groupe Permanent de Sécurité Électrique dans le cadre d'une expertise technique, n'ont permis d'améliorer la situation ». Celle-ci est revenue à la normale seulement lorsque l’éleveur a déménagé son activité. D’autres affaires concernant des troubles aux élevages et des installations électriques (lignes basses tensions, éoliennes, panneaux photovoltaïques) sont devant la Justice.

Bien-être animal: le CGAAER recommande l'étiquetage pour imposer la réciprocité aux importations

Mettre en place un étiquetage européen, faire évoluer le droit du commerce international, intégrer des clauses miroirs dans les futurs accords de libre-échange: tels sont les moyens identifiés par le CGAAER (ministère de l'Agriculture) pour imposer les normes de l’UE en matière de bien-être animal aux importations de pays tiers. L’étiquetage doit être un moyen pour le consommateur d’identifier l’origine des produits et de faire un choix éclairé, souligne le rapport publié le 24 mars, mais qui date en réalité de mars 2023. Le CGAAER recommande donc de décourager le foisonnement d’étiquettes «en fixant un cadre qui soit à la fois simple, le plus objectif possible et accessible» s’inspirant de l’étiquetage des œufs: A (bio), B (plein-air), C (accès à un parcours), D (bâtiment), E (cages). Le commissaire européen à la Santé et au Bien-être animal, Oliver Varhelyi, qui doit présenter une révision de la législation en 2026 s’est engagé à y faire figurer des dispositions pour assurer la réciprocité des normes en la matière et un système d’étiquetage volontaire. D’autres pistes explorées par le CGAEER dans son rapport sont d’ores et déjà obsolètes soit parce que les dossiers en question ont été depuis abandonnés (comme la directive sur les systèmes alimentaires durables) soit parce qu’ils ont été finalisés (accord commercial avec le Mercosur).

PPA : les industriels ukrainiens de la viande réclament le vaccin vietnamien

L’association ukrainienne des industriels de la viande se dit très favorable à une vaccination des porcs contre la peste porcine africaine (PPA) dans un texte diffusé le 21 mars sur le site Pig333.com. Elle alerte que plus de la moitié de la population porcine nationale est à risque, et estime une perte potentielle allant jusqu’à un milliard d’euros. Elle demande d’urgence aux autorités d’approuver le vaccin vietnamien Avac et déplore que les éleveurs soient réticents à la vaccination contre la PPA tant qu’un vaccin n’aura pas été validé par des autorités vétérinaires internationales reconnues. L'association suggère de mettre à l’essai le vaccin existant afin d’en mesurer les avantages et inconvénients, mettant dans la balance la nécessité de « sauver l’élevage de porcs en Ukraine ». Dans le bulletin de la plateforme française Épidémiosurveillance en santé animale (ESA) du 18 mars sont recensés en Ukraine 62 foyers domestiques et 18 cas sauvages de PPA. À ce titre, les industriels ukrainiens dénoncent des ventes illégales de porcs infectés. Les pays voisins sont davantage touchés relativement à leur superficie : la Moldavie avec 33 foyers et 4 cas sauvages, et la Roumanie avec 231 foyers et 170 cas sauvages.

Élevage : une start-up planche sur un test rapide pour les infections respiratoires

Dans un communiqué du 25 mars, le Carnot France futur élevage* annonce la naissance de la start-up Nawu diagnostics, qui travaille sur un outil de diagnostic rapide des infections respiratoires en élevage, avec l’objectif d’une commercialisation en 2027. Il s’agit d’un « dispositif portable et autonome » qui collecte les aérosols (expirés par les animaux ou présents dans l’air ambiant) sur une membrane et les analyse directement. La start-up promet un résultat en « 30 minutes, contre 48 à 72 h pour une analyse classique » (prélèvement par un vétérinaire et analyse en laboratoire). D’après son site web, l’entreprise envisage trois applications : diagnostic direct d’un animal, prévention (analyse d’un groupe d’animaux arrivant dans l’élevage) et suivi (analyse périodique de l’air ambiant). D’après le communiqué, Nawu diagnostics « prévoit de lancer son premier produit fin 2027 », en bovins (détection de « sept à huit pathogènes »), avant « d'étendre son offre aux filières aviaires et porcines ». La start-up espère ensuite aboutir à des applications chez l'être humain. Selon Nawu diagnostics, les maladies respiratoires causent des pertes « estimées à 576 M€ par an en Europe dans l'élevage bovin ». * Réseau de neuf instituts de recherche et laboratoires universitaires

Produits laitiers frais : retour de la croissance en 2024, craintes pour 2025

En 2024, le marché des produits laitiers frais (PLF) en grande distribution a progressé en volume (1,773 million de tonnes, +1,2% par rapport à 2023) et en valeur (6,05 milliards d’euros, +1,6%), a annoncé Syndifrais dans un communiqué le 25 mars, s'appuyant sur une étude Circana pour le Cniel. L’organisation professionnelle des PLF note une évolution continue en faveur des marques de distributeurs (MDD) qui représentent désormais plus d’un achat sur deux en volume (50,8%, contre 49% en 2023). En termes de produits, tous les segments progressent : les yaourts et fromages frais restent prédominants avec 53,1% des volumes (942 00 tonnes, +0,3%), suivis des desserts frais, des fromages frais et de la crème fraîche. Bien que les ventes du début d’année 2025 se poursuivent selon la même dynamique qu’en 2024, Syndifrais redoute que plusieurs phénomènes (résurgence de la fièvre aphteuse, perturbations à l’importation de tourteaux de soja non déforesté et décapitalisation du cheptel laitier en France et en Allemagne) aient un impact sur les cours des matières premières laitières. « Le manque de matière grasse laitière est particulièrement sensible », note l’organisation professionnelle, qui souligne la flambée actuelle des ingrédients non laitiers comme le cacao très utilisé pour les desserts laitiers.

Cantines scolaires / nutrition : la révision de l’arrêté de 2011 avance enfin

Nouvelle étape vers la révision, attendue depuis 2022, de l’arrêté de 2011 encadrant la qualité nutritionnelle des repas servis en restauration scolaire. Selon nos informations, la dernière version du texte a été mise au point en février par les ministères de la Santé et de l’Alimentation, et va être soumise à l’Anses pour avis, après quoi le texte pourra être rediscuté vers le mois de juillet, puis publié. Sur le fond, il y aurait peu de changements en comparaison de l’arrêté de 2011. Comme le rapportait Agra en avril 2024, les parties prenantes du groupe de travail « Nutrition » du CNRC, le Conseil national de la restauration collective (représentants des filières, des collectivités, de la restauration collective, ONG environnementales), impliqué dans la formulation de recommandations, avaient des avis divergents sur les portions et la fréquence de consommation des produits animaux (lait et viande), et le gouvernement devait arbitrer en interministériel. Pour rappel, l’arrêté de 2011 prévoit notamment que les déjeuners et dîners comprennent, pour 20 repas successifs, «au moins 4 repas avec, en plat protidique, des viandes non hachées de bœuf, veau, agneau ou des abats de boucherie.

Alimentation : en commission, les députés proposent de supprimer l'Oqali

À l'occasion de l'examen du projet de loi Simplification en commission spéciale le 24 mars, les députés ont adopté un amendement Les Républicains (LR) proposant la suppression de l'Observatoire de l'alimentation (Oqali), considéré comme « doublon administratif en matière de recherche sur l’alimentation ». L'Oqali a été créé en février 2008 sous l'autorité conjointe de l'Inrae et de l'Anses. Pour les députés LR, sa suppression permet d'« ajouter de la clarté au fonctionnement de ces institutions », considérant que l'Anses et Oqali « occupent des prérogatives similaires », car « les deux entités sont chargées de la communication des risques sur les produits alimentaires, et à ce titre produisent de la recherche en la matière ». Selon le site de l'Anses, les missions de l'Oqali sont d'« assembler et analyser les données nutritionnelles et socio-économiques des produits transformés ; suivre l’évolution de la qualité nutritionnelle de l’offre alimentaire y compris de façon rétrospective; éclairer et évaluer les interventions publiques (et privées) en vue d’une amélioration continue de l’offre alimentaire ; donner des supports à des démarches concertées entre les pouvoirs publics et les entreprises : chartes d’engagements de progrès nutritionnel, accords collectifs... et suivre leur mise en application ».

Enseignement agricole : à cours de subventions, les établissements privés « en danger »

Lors des questions au gouvernement le 25 mars à l’Assemblée nationale, Jean-Pierre Bataille (Liot, Nord) a alerté sur une baisse des subventions aux établissements d’enseignement agricole privé, qui les met « en danger ». « Sans ajustement de subventions, un bon nombre d’établissements (…) pourraient faire face à terme à des risques de fermeture ou de cessation de paiement », a déclaré le député. Le protocole 2022-2026 avec l’Etat les prive de 25 % de subventions, soit un manque à gagner de 35 à 40 millions d’euros, d’après lui. Un recours gracieux est engagé par le Cneap, qui fédère l’enseignement agricole privé. « J’ai accédé à leur demande de convocation d’une commission de conciliation », a répondu Annie Genevard. Cette baisse des subventions s’inscrit dans un contexte d’« effort budgétaire » réclamé à tous les ministères, selon elle. Toutefois, la « non-couverture des dépenses » des établissements agricoles privés est « un sujet qui n’est pas réglé depuis des décennies », a insisté la ministre. Et d’affirmer son « engagement plein et entier pour être au côté de l’enseignement agricole privé ».

Décarbonation: priorité déclarée de 81% des industries agroalimentaires bretonnes (étude)

L’industrie agroalimentaire bretonne est mobilisée pour la décarbonation de ses activités, qui se poursuivra seulement si les entreprises sont compétitives et collaborent avec l’ensemble des parties prenantes, notamment l'amont agricole. Telle est la conclusion d’une étude menée entre juin et décembre 2024 par l’Association bretonne des entreprises agroalimentaires (Abea) portant sur 173 sites. Selon cette étude rendue publique le 25 mars, 81% des entreprises sondées identifient la décarbonation comme une priorité stratégique et 79% ont un membre du comité de direction spécifiquement chargé des enjeux environnementaux. « L’enjeu incontournable est aujourd’hui celui du travail avec l’amont agricole » pour la décarbonation en raison du poids des matières premières agricoles en termes d’émissions (82,9% des émissions de gaz à effets de serre chez les industries agroalimentaires bretonnes). Les auteurs de l’étude identifient d’autres leviers à mettre en place comme les achats locaux, la sobriété énergétique, les énergies renouvelables et la logistique (optimisation du chargement, mutualisation du transport, biocarburants et électrification).

Forêts : en commission, les députés suppriment le Conseil national de la forêt et du bois

À l'occasion de l'examen du projet de loi Simplification en commission spéciale le 24 mars, les députés ont adopté un amendement du rapporteur Christophe Naegelen (Liot) proposant la suppression du Conseil national de la forêt et du bois, soulignant une trop faible activité, que trahissent « son absence de coût de fonctionnement et le nombre limité » de réunions. Selon le député, ce conseil « ne s’est pas réuni en 2021 », et seulement « à deux reprises entre 2022 et 2023 ». Selon lui, la suppression de ce conseil « éviterait un doublon avec d’autres instances plus opérationnelles, comme l’Office national des forêts ou les commissions locales de gestion forestière ». Pour rappel, le Conseil national de la forêt et du bois concourt à l'élaboration et à l'évaluation des politiques publiques forestières. Il comprend une soixantaine de membres, dont des membres de l'administration, des organisations professionnelles ou d'associations environnementales.

Allemagne: un agriculteur renonce à devenir ministre après une action militante

Le chef de file des agriculteurs de Bavière, favori des conservateurs pour devenir ministre au sein du prochain gouvernement allemand, a renoncé le 25 mars à briguer le poste après l'intrusion de militants pro-animaux dans sa ferme. Sa femme et un employé ont eu «peur pour leur intégrité physique et leur vie» au cours de cette action menée le 24 mars, a affirmé Günther Felssner, chef de l'Association des agriculteurs de Bavière, le lendemain à Munich. Selon cet homme de 58 ans, les militants de l'organisation Animal Rebellion sont montés sur le toit, où ils ont allumé des fumigènes. Alertée, la police locale a dit avoir trouvé sur place douze militants qui ont escaladé l'étable et accroché une banderole portant l'inscription suivante: «pas d'exploitant animalier comme ministre de l'agriculture». Dans un communiqué, Animal Rebellion a assumé l'action. Une militante, Scarlett Treml, accuse Günther Felssner de «nier les faits scientifiques» et d'«inciter les gens à consommer des produits pour lesquels des millions d'êtres vivants sont exploités quotidiennement et tués cruellement». Dès la campagne électorale, Markus Söder avait désigné le chef des agriculteurs bavarois comme futur ministre. Mais deux pétitions contre la nomination de M. Felssner avaient déjà recueilli plusieurs centaines de milliers de signatures. Ses détracteurs lui reprochent de considérer les pesticides comme inoffensifs et l'élevage d'animaux comme climatiquement neutre.

Courtage de céréales : Thibault Guilbert, nouveau président de la FFSCM

Thibault Guilbert, courtier en céréales au sein de la société Intercourtage, a été élu président de la Fédération Française des Syndicats de Courtiers en Marchandises (FFSCM) le 22 mars, lors de son assemblée générale à Paris. Il remplace Xavier Durand-Viel, président de la société Plantureux et Associés, en exercice depuis 2013. Par ailleurs, Franck Duvivier, directeur des Etablissements Jacques Peltier, a été élu secrétaire général de la FFSCM, remplaçant Xavier Haas, en poste depuis 2014, et courtier chez Comigrains. Autre nouveauté : Edward-Hugues de Saint-Denis, courtier de Plantureux et Associés, est élu président du syndicat des courtiers de céréales (adhérent de la FFSCM), en lieu et place de Dimitri Convert, en poste depuis 2017, et courtier du cabinet éponyme. La nouvelle direction s’attellera notamment à poursuivre sa mission de défense et de promotion du métier de courtier. « Il y en aura toujours besoin », a lancé Xavier Durand-Viel lors de l’assemblée générale. Le désormais ancien président a rappelé les difficultés de la campagne commerciale 2024-2025 de céréales, à savoir « les mauvaises récoltes, engendrant divers problèmes de qualité » : poids spécifiques faibles, mycotoxine dans les maïs, etc. Dans ce contexte, les courtiers ont eu « un rôle de conseiller indispensable auprès des coopératives dans l’exécution des contrats », pointe l’ancien président.