Commission européenne: la simplification et le revenu, priorités du futur commissaire à l'Agriculture
Simplifier les obligations auxquelles sont soumis les agriculteurs, renforcer leur position dans la chaine d’approvisionnement alimentaire et assurer un revenu suffisant aux agriculteurs, Tels sont – sans surprise – dans les grandes lignes les grands engagements que prend le commissaire européen désigné à l’Agriculture, Christophe Hansen, dans ses réponses écrites aux questions que lui a adressé le Parlement européen. Le Luxembourgeois insiste également sur renouvellement des générations et le soutien aux jeunes agriculteurs. «Veiller à ce que l’agriculture soit une activité viable et attractive dans plusieurs décennies sera le principe central de mon approche de la politique agricole», affirme-t-il. Il indique qu’il veillera à ce que les soutiens de la Pac aillent vers ceux «qui en ont le plus besoin, notamment les petits exploitants, et qu’ils fournissent «des incitations pour les services écosystémiques». Mais «plutôt que de nouvelles propositions législatives» sur l’environnement il estime que «nous pouvons atteindre nos objectifs en mettant mieux en œuvre et en appliquant la législation existante tout en utilisant des incitations et de nouveaux outils basés sur le marché pour promouvoir le changement». Christophe Hansen, qui multiplie ces derniers jours les rencontres avec des eurodéputés, aura l’occasion de préciser ces réponses, et d’aborder d’autres sujets, lors de son audition devant la commission de l’Agriculture qui se tiendra dans la soirée du 4 novembre.
Bien-être animal et pesticides: le commissaire désigné à la Santé se veut prudent
Le commissaire désigné à la Santé et au bien-être animal, Olivér Varhelyi, promet dans les réponses écrites qu’il vient d’adresser au Parlement européen en vue de son audition de tenir compte «des préoccupations concernant la compétitivité des agriculteurs européens» lorsqu’il présentera une «modernisation des règles relatives aux normes de bien-être animal». «Je suis fermement convaincu que la compétitivité de l’agriculture européenne doit être préservée», écrit-il. Et d’ajouter que «l’approche du bien-être des animaux d’élevage doit être équilibrée, prendre en compte les critères socio-économiques et la compétitivité et s’appuyer sur des preuves solides». Sur la question des pesticides, il se montre également prudent. Il s’engage seulement à ouvrir un dialogue avec les parties prenantes «pour examiner comment améliorer la mise en œuvre de la directive sur l’utilisation durable des pesticides» et évaluer avec les États membres comment elle est mise en œuvre sur le terrain, «avant de décider de la meilleure voie à suivre». Le Hongrois Olivér Varhelyi, membre du parti Fidesz de Victor Orban, est l’un des candidats à la prochaine Commission européenne les plus controversé. Il sera auditionné par les commissions parlementaires de l’Environnement et de l’Agriculture dans la soirée du 6 novembre.
Blé: la Russie fixe de nouveau un prix plancher officieux et durcit ses règles d'exportation
Selon plusieurs sources de marché, la Russie a fixé un prix plancher officieux de 250 $/t de blé pour ses exportations, décision qui n'a pas été confirmée par le ministère de l'Agriculture. C'est sensiblement plus que le cours actuel à la Bourse de Moscou, soit 220 $. «Ils ont déjà fait ça avant et le marché a appris que ce n'est pas parce qu'ils donnent un prix qu'ils vont le respecter», commente Jon Scheve, de Superior Feed Ingredients. En mars 2023, un prix minimum, là encore non officiel, avait été rapporté à 275 $/t en Fob. «Cela avait fait perdre des ventes aux Russes», rappelle Damien Vercambre, «parce que sur les appels d'offres officiels, les opérateurs [russes] s'alignaient au prix plancher et les concurrents se mettaient juste en-dessous.» Par ailleurs, le ministère russe de l'Agriculture a décidé de restreindre aux seuls exportateurs nationaux la possibilité de vendre du blé de cette origine à l'étranger, écartant ainsi les intermédiaires. Tous les acteurs agricoles étrangers qui étaient présents dans le pays s'en sont retirés depuis l'invasion de l'Ukraine, mais certains continuaient à charger dans les ports de la mer Noire. «Il y avait peut-être des opérateurs internationaux qui avaient du blé en Russie et qui ont dû le larguer», suggère ainsi Damien Vercambre, provoquant un afflux de céréales sur le marché, de nature à peser sur les cours.
Blé: la Russie tente de relancer son projet de marché agricole des Brics
Avant le sommet de Kazan (Russie), qui se déroulait du 23 au 24 octobre, le Kremlin a tenté, selon l'agence Reuters, de relancer son projet de marché agricole des Brics, qui renforcerait les échanges entre les pays membres. Parmi ces nations figurent certains grands importateurs de blé mondiaux, comme la Chine, le Brésil ou l'Égypte. L'idée avait déjà été soumise fin juin, les Brics la soutenant officiellement, sans que ce partenariat ne se concrétise. «C'est une des grandes inconnues sur le marché du blé», a pointé Michael Zuzolo, de Global Commodity Analytics and Consulting. «La Russie est-elle en train de créer un nouveau canal d'échanges bilatéraux?» «La crainte, c'est que les relations qu'ils (les Russes, NDLR) cherchent à développer ne se substituent aux appels d'offres et soient plus opaques», soulève l'analyste, au risque de léser les grands exportateurs qui n'en font pas partie, notamment Europe et États-Unis. «Pour l'instant, on ne voit pas ces discussions déboucher, donc l'inquiétude s'estompe», selon Michael Zuzolo.
Semences : l’Etat condamné pour manque d’action sur la traçabilité des VRTH
Dans une décision rendue le 23 octobre, le Conseil d’Etat condamne l’Etat pour manque d’encadrement des variétés rendues tolérantes aux herbicides (VRTH) issues de la mutagénèse. Il lui reproche de ne pas avoir respecté l’injonction d’adopter «des mesures permettant d’assurer la traçabilité (de leur usage) jusqu’à l’utilisation finale des cultures», suite à son jugement du 8 novembre 2021. L’Etat est ainsi condamné à verser 50 000 euros d’astreinte, dont 5 000 euros répartis entre plusieurs organisations incluant la Confédération paysanne et 22 500 euros chacun à l’OFB et l’Anses. Le 8 novembre 2021, le Conseil d’Etat avait demandé d’accélérer l’application des mesures d’évaluation des risques et d’encadrement de la culture des VRTH. La juridiction administrative suprême reconnaît, dans sa décision du 23 octobre, le plan mis en œuvre par l’Etat «à la seule exception des actions nécessaires pour améliorer la traçabilité des semences VRTH jusqu’à leur utilisation finale». Par ailleurs, le Conseil d’Etat enjoint le Premier ministre de modifier, «dans un délai de quatre mois», le code de l’Environnement afin de préciser la liste des techniques permettant l’obtention d’organismes génétiquement modifiés.
Sucre: craintes d'une hausse de taxe en 2025, l'Ania rue dans les brancards
Réagissant à l'information de nos confrères de Contexte selon laquelle l'un des deux directeurs de cabinet adjoints du Premier ministre serait «très allant» sur les hausses de taxes comportementales, notamment la taxe soda, l'Ania (industrie agroalimentaire) a publié un communiqué, le 23 octobre, pour demander au gouvernement de «protéger l’agroalimentaire de toutes taxes supplémentaires». Dans le cadre de l'examen du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS), le rapporteur général a notamment déposé un amendement visant à «renchérir le coût des boissons très sucrées pour le consommateur et à le désinciter à les acheter et à encourager les producteurs». L'Ania conteste la «vocation de santé publique» de cette mesure et rappelle les difficultés récentes du secteur (Covid, guerre en Ukraine, guerre des prix). Dans un rapport publié au printemps, l'Anses a observé une diminution des teneurs moyennes pondérées de sucres de 7% entre 2013 et 2019 dans les boissons sans alcool. L'agence estime que cette baisse peut être due à la taxe soda en place depuis 2012, même si l'hypothèse restait à confirmer par «des analyses complémentaires plus causales que ce qui peut être fait dans cette étude descriptive». En juin, le député Modem du Rhône Cyrille Isaac-Sibille avait déposé une proposition de loi visant à augmenter la taxe soda et l'étendre aux sucres ajoutés dans les produits ultra-transformés.
Ministère de l'Agriculture: les conditions du rapporteur Fugit pour adopter le budget 2025
À l'occasion de l'examen pour avis de la partie dépenses du projet de loi de finances (PLF) pour 2025, le député EPR (anciennement Renaissance) Jean-Luc Fugit a présenté à la commission des Affaires économiques le 23 octobre les trois conditions auxquelles il accepterait d'adopter le budget de la mission Aafar (ministère de l'Agriculture). Première condition: retrouver «à horizon de trois ans» un niveau de dépenses de 1 Mrd€ pour la planification écologique, autrement dit le niveau atteint lors du PLF 2024. Deuxième réserve posée par le député du Rhône, un département qui compte une majorité d’exploitations produisant du vin, des fruits, des légumes ou fleurs: les crédits alloués au plan souveraineté Fruits et légumes doivent être «sanctuarisés; dans un amendement, il a demandé à cette fin une hausse de 35 M€ des crédits alloués à ce dispositif. Enfin, Jean-Luc Fugit demande à l'État de renoncer à la baisse du plafond d'emploi de l'ONF – dans sa copie, le gouvernement lui fait supporter l'essentiel de la centaine d'équivalent temps pleins supprimés au sein du ministère de l'Agriculture. Le député a par ailleurs fait des propositions pour limiter de 35 M€ la baisse prévue du Pacte pour la haie (de 110 M€ à 30 M€) et demandé une «sécurisation» du budget du Parsada (anticipation des impasses en pesticides), partie intégrante du plan Ecophyto, dont les moyens sont prévus en baisse (de 250 M€ à 160 M€).
Alimentation animale: mouvement social dans le port de Saint-Nazaire, risque de rupture en soja
La préfecture de Loire-Atlantique annonce, dans un communiqué du 23 octobre, une perturbation des activités du port de Saint-Nazaire du fait d’un mouvement social au sein de la société de remorquage Boluda. Les matières agricoles sont directement affectées et en premier lieu, les importations de matière azotée dont le soja pour l’alimentation du bétail. Sans retour à la normale avant le 23 octobre, la préfecture évoque une rupture d’approvisionnement en compléments azotés pour les élevages hors sol dès le 25 octobre. Voire, si le mouvement se prolonge, «un risque de mortalité des animaux concernés, notamment dans un contexte actuellement marqué par un faible niveau des réserves fourragères lié aux intempéries des derniers mois». Pour éviter un défaut d’approvisionnement, Fabrice Rigoulet, préfet de Loire-Atlantique, a pris un arrêté de réquisition de trois officiers de l’entreprise Boluda pour assurer une activité minimum à partir du 23 octobre. Selon la préfecture, l’usine Cargill de trituration de tournesol située à Montoir-de-Bretagne est également affectée pour son approvisionnement. L’arrêté de réquisition devrait permettre d’éviter l’arrêt de l’outil industriel. Les exportations de céréales au départ du port ligérien vers l’Asie et le Maghreb sont également à l’arrêt, mais n’étant pas considérées comme prioritaires, elles ne bénéficieront pas de l’activité minimum. (Tanguy Dhelin)
Élevage: le rapporteur Fugit veut augmenter de 150 M€ le budget de la lutte contre les maladies
À l'occasion de l'examen pour avis de la partie dépenses du projet de loi de finances (PLF) pour 2025, le député EPR (anciennement Renaissance) Jean-Luc Fugit a présenté à la commission des Affaires économiques le 23 octobre les grandes lignes de son rapport thématique sur les politiques sanitaires dans le monde de l'élevage, plaidant pour «un État stratège» et une hausse substantielle des moyens alloués par le ministère de l'Agriculture, y compris à l'Anses. Pour ce faire, le rapporteur a déposé un amendement plaidant pour une hausse de 150 millions d'euros (M€)de la ligne budgétaire «Sécurité et qualité sanitaires de l'alimentation». Le texte prévoit que cette somme serait prélevée sur la ligne de dépense générale «Conduite et pilotage des politiques de l’agriculture», mais invite le gouvernement «à les rétablir au cours de la discussion». Dans le détail, ces fonds permettraient la prise en charge de «70% du coût de la vaccination contre l'influenza aviaire (environ 90 M€)», «du coût de la vaccination d'un million de bovins contre la MHE (environ 10 M€)», «du coût de la vaccination contre la FCO-3 (environ 30 M€)», «de 70% du coût de la vaccination contre la FCO 8 dont la prise en charge n'est pas prévue par le gouvernement à ce stade, mais pour laquelle un accompagnement devrait être prévu (provision de 20 M€)».
Élevage/FCO: la région Grand Est annonce 9,5 M€ d’«aides d’urgence»
Dans un communiqué du 23 octobre, le conseil régional du Grand Est annonce des «aides d’urgence» d’un total de 9,5 millions d’euros (M€) afin de «soutenir ses agriculteurs face aux crises climatiques et sanitaires», en particulier les éleveurs. Au sein de ce plan en trois volets (soumis au vote en commission permanente en novembre), l’enveloppe la plus importante (6,9 M€) viendra soutenir les investissements des «exploitations les plus fragiles». L’exécutif régional promet de verser «avant la fin de l’année» cette aide forfaitaire de 5000 € (recapitalisation du cheptel, réorientation d’atelier, mise en culture). Parmi les 1380 bénéficiaires de cette aide, 1180 seront des jeunes éleveurs «installés avec les aides à l’installation depuis 2020»; les 200 autres sont des exploitants en difficulté identifiés avec les cellules REAGIR. Le second volet vise les élevages touchés par la fièvre catarrhale ovine (FCO), particulièrement nombreux en Grand Est, avec 100 000 € pour le «testage de la fertilité des animaux reproducteurs». Enfin, la région met en place un «fonds de garantie bancaire» de 2,5 M€, qui permettra de «couvrir une enveloppe de prêts entre 40 et 50 M€»; il pourra être mobilisé pour «tout projet de création, reprise ou développement d’exploitation, ainsi qu’en cas de besoin en fonds de roulement».
Porc : Danish Crown lance une prime pour trouver 250 000 porcs supplémentaires (presse)
Danish Crown lance une offre de primes aux éleveurs qui élèveront davantage de porcs charcutiers pour l’exercice 2024-2025 (d’octobre à septembre) afin d’augmenter l’abattage d’au moins 250 000 porcs, rapporte la presse anglophone spécialisée le 23 octobre. L’éleveur peut espérer jusqu’à 80 centimes de couronnes danoises par kg supplémentaire, soit environ 10 centimes d’euros. Le géant danois du porc leur offre une double prime, comme l’explique le site d’informations sur les filières viandes (anglophone) Euromeat News. La première prime est attribuée à la double condition de livrer un nombre de porcs supérieur à celui de l’exercice 2023-2024 et de la moyenne des cinq années précédentes. La seconde est attribuée pour une simple augmentation par rapport au nombre de porcs livrés en 2023-2024 allant jusqu’à 10 000 porcs supplémentaires ou jusqu’à 20% d’augmentation. Le vice-président de la coopérative argumente qu’une meilleure activité des abattoirs se traduira par une meilleure rétribution des adhérents. Le prix payé aux producteurs danois a été légèrement au-dessus d’1,60 euros/kg au cours de la semaine 42 (du 14 au 20 octobre), peut-on voir sur le site de l’Ifip.
Porc et volaille: la vaccination contre la grippe reste faible chez les éleveurs
Fruits: sortie du redressement judiciaire pour le confiturier Lucien Georgelin
Le tribunal de commerce d'Agen a validé le 23 octobre la sortie du redressement judiciaire de la société mère du groupe Lucien Georgelin, numéro 2 de la confiture en France, a appris l'AFP le 23 octobre auprès de l'avocat de l'entreprise. «Le tribunal de commerce a homologué le plan d'apurement de la dette qui court sur dix ans», a précisé Me Christophe Dejean à une correspondante de l'AFP. L'avocat mentionne un passif s'élevant au départ à «68 M€ qui pourrait être ramené à 35 M€ suite aux contestations de créances toujours en cours». Le site de Virazeil compte 203 salariés. Le plan d'apurement de la dette de 6 M€ de la deuxième société du groupe, la SAS Georgelin branche céréales, installée à Villeneuve-sur-Lot et elle aussi placée en redressement judiciaire en juillet 2023, sera quant à lui présenté au tribunal de commerce le 19 novembre, a indiqué Me Dejean. Ce n'est qu'au terme de la procédure collective que les deux entités juridiques pourront fusionner, comme cela a été acté stratégiquement, et que l'outil de production de l'usine de Villeneuve-sur-Lot sera rapatrié à Virazeil avec les employés. Les deux bâtiments de la branche céréales seront alors vendus, ce qui est déjà en cours pour l'un d'eux. Le groupe Lucien Georgelin avait terminé l'année 2023 avec un chiffre d'affaire de 76 M€, conforme à ses prévisions.
Vin: le Languedoc-Roussillon veut essayer d'améliorer ses prix à l'export
Aide au développement: la Banque mondiale va doubler son soutien à l'agriculture d'ici 2030
La Banque mondiale (BM) va doubler ses financements en faveur du secteur agricole afin de les porter à 9 milliards de dollars annuels d'ici à 2030, a annoncé le 23 octobre son président Ajay Banga. Ces fonds doivent permettre de soutenir le secteur agricole en aidant notamment au développement d'une véritable industrie agroalimentaire dans les pays en développement, de manière à pouvoir faire face aux besoins alimentaires grandissants, du fait de l'augmentation de la population mondiale. «Cette évolution stratégique est rendue possible par le travail que nous avons réalisé ces 16 derniers mois afin de devenir une institution plus simple, plus coordonnée, meilleure», a déclaré M. Banga lors d'un discours dans le cadre des réunions annuelles du Fonds monétaire international (FMI) et de la BM. «Cela nous permet de passer d'un effort fragmenté à une constellation de solutions qui vont des questions de production et de logistique à l'entreposage des denrées alimentaires, avec au centre de nos préoccupations les petites exploitations et les organisations de production», a-t-il ajouté. La Banque souhaite travailler autour de quatre axes majeurs, qui vont de l'adaptation du secteur agricole aux conséquences du réchauffement climatique au développement de coopératives agricoles par les fermiers locaux, en passant notamment par un meilleur accès aux financements privés.