Agrafil du 23 octobre 2025

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Agroéquipement : report du salon AgriSima 2026 à 2027, voire 2028

Dans un communiqué paru le 22 octobre, les coorganisateurs du salon AgriSima (ex-Sima), Frédéric Bondoux, dirigeant de Profield Events Group, et Damien Dubrulle, président d'Axema (syndicat des constructeurs de machines agricoles) ont annoncé que l’édition 2026 d'AgriSima n'aura pas lieu, avec un report à 2027, voire 2028. L’évènement devait se dérouler au Parc des expositions de Paris-Nord Villepinte (Seine-Saint-Denis) du 22 au 25 février prochain. La raison du report : les grands tractoristes n’ont pas souhaité y participer, arguant de plusieurs barrières, rapportent les organisateurs : « incertitudes rencontrées dans nos développements en Amérique du Nord, le blocage de nos activités en Europe de l’Est, l’instabilité politique actuelle en France et le ralentissement des investissements en France». Or leur présence conditionnait la venue de nombreux autres exposants du secteur du machinisme. De plus, l'absence de ces majors rend difficile la mobilisation des réseaux de distribution et des agriculteurs. L'AgriSima devait ouvrir ses portes en même temps que le SIA (salon international de l’agriculture), afin de créer une « grande semaine de l’agriculture » à Paris. Pour rappel, l’édition 2024 avait déjà été annulée. 

Coordination rurale : Véronique Le Floc’h est candidate à sa succession

Dans un communiqué du 22 octobre, l’actuelle présidente de la Coordination rurale (CR) Véronique Le Floc’h a annoncé sa candidature à sa propre succession, dont les élections se tiendront les 18 et 19 novembre prochains lors du congrès du syndicat à Auch. Elle fera donc face à Bertrand Venteau, président de la chambre d’agriculture de la Haute-Vienne. Véronique Le Floc’h souhaite « poursuivre l’évolution du syndicat pour consolider sa position d’acteur incontournable du monde agricole dans le débat public, reconnu comme tel par les décideurs français et européens, dans un esprit d’indépendance et d’autonomie ». Elle ajoute qu’elle sera « particulièrement attentive à revitaliser la synergie avec les élus des 11 chambres d’agriculture » prises par la Coordination Rurale lors des élections en janvier dernier. Elle entend par ailleurs  « renforcer la dynamique engagée issue des territoires, tant sur le plan syndical que réformiste », via diverses solutions : protester contre les traités de libre-échange tel que le Mercosur, travailler sur les sujets en lien avec la MSA, les aléas sanitaires etc.

HVE: vers une extinction du crédit d'impôt, alors que le nombre de fermes plafonne

Alors qu'il avait été reconduit d'un an dans le projet de loi de finances (PLF) pour 2025, le crédit d'impôt HVE (haute valeur environnementale) ne figurait pas dans le projet de budget du gouvernement Lecornu pour 2026. Et les débats budgétaires qui débutent ne semblent pas tendre vers son prolongement. A l'occasion de l'examen du PLL 2026 en commission des Finances le 21 octobre, les députés ont rejeté plusieurs amendements de la droite et du centre proposant de le reconduire d'un an. Ce coup d'arrêt interviendrait alors que la HVE est l'objet d'un lent désamour des professionnels, faute de valorisation (voir notre enquête en mars). Comme attendu, le ministère a annoncé cet été que le nombre d’exploitations certifiées HVE avait diminué pour la première fois de l’histoire au deuxième semestre 2024. Le ministère relèvait « une diminution observée pour la première fois entre le 1er juillet 2024 et le 1er janvier 2025 (-2 825 exploitations) ». Cette baisse concordait avec la fin de la période de transition pour satisfaire aux exigences du nouveau référentiel HVE (version 4), entré en vigueur le 1er janvier 2023. Depuis le 1er janvier 2025, le nombre d’exploitations certifiées HVE a ré-augmenté à 39 738 exploitations certifiées au 1er juillet, soit presque le niveau atteint il y a un an. Une tendance qui confirme le « plateau » décrit par les professionnels dans notre enquête. 

Pesticides/PFAS : l’Anses propose une stratégie pour améliorer la surveillance

Dans un avis résultant de deux rapports présentés à la presse, le 21 octobre, l’Anses fait plusieurs recommandations pour améliorer la surveillance des composés per- et poly-fluoroalkylés (PFAS), aussi appelés « polluants éternels ». Après avoir analysé « près de deux millions de données » disponibles de biosurveillance humaine et sur différents « compartiments » (alimentation, milieux aquatiques, eaux…), l’Anses a identifié des trous dans la raquette. « Ce qui nous a frappé, c’est qu’il y a peu voire pas de données pour certains compartiments, notamment le compartiment air, sol et poussières, et pour l’exposition professionnelle », a exposé Céline Druet, directrice adjointe à l'évaluation des risques. Ensuite, après avoir croisé les données disponibles sur l’occurrence et la toxicité et catégorisé ainsi 247 PFAS, l’Anses propose une stratégie de surveillance en trois types : surveillance « pérenne » pour les substances « les plus préoccupantes et récurrentes » ; surveillance « exploratoire » pour les autres ; et surveillance « localisée » pour des situations « particulières ». A l’issue de ces travaux, l’Anses propose d’intégrer l’acide trifluoroacétique (TFA) à la surveillance « pérenne » des eaux destinées à la consommation humaine. Elle recommande aussi d’intégrer le TFA à la surveillance « exploratoire » de tous les produits alimentaires. 

Pollution de l'eau: les communes évoquent «un renversement» des responsabilités

L’État «renverse la chaîne de responsabilité» au détriment des communes en matière de préservation de la ressource en eau, a estimé le 22 octobre une fédération de collectivités, en pleine concertation sur la protection des captages. «Plus ça va, plus on voit l’État (...) renverser la chaîne de responsabilité», a déclaré à l’AFP Régis Taisne, chef du département cycle de l’eau à la FNCCR, une fédération de collectivités qui représente, pour la gestion de l’eau, une population totale de plus de 51 millions d’habitants, lors d’un entretien en marge d’une conférence de presse sur l’eau potable. «La collectivité qui se retrouve responsable à la fin pour les captages» d’eau (...) «n’a aucun levier pour interdire à une entreprise un rejet, (...) n’a aucun levier sauf à la fin, essayer d’indemniser les agriculteurs pour essayer d’améliorer les pratiques, (...) et puis traiter et assumer la responsabilité finale vis-à-vis de l’usager», a déclaré M. Taisne. Une prise de position comme un écho aux déclarations des maires de villages des Ardennes et de la Meuse, qui se disent «abandonnés» par l’État, après la découverte l’été dernier de taux record de «polluants éternels» dans l’eau du robinet.

Redevance eau/PLF 2026 : les plafonds progressifs rejetés en commission

Lors de l’examen du projet de loi de finances (PLF) pour 2026 en commission des Finances, les députés ont rejeté, le 22 octobre, deux amendements visant à atténuer les effets de la réforme des redevances des agences de l’eau, entrée en vigueur début 2025, pour les entreprises les plus affectées, notamment agroalimentaires. Le premier, défendu par le député Guillaume Kasbarian (EPR), proposait d’étaler sur cinq ans la hausse des redevances afin de « corriger les effets brutaux » de la réforme de 2024. Selon lui, certaines entreprises ont vu leurs redevances « exploser, parfois doubler, voire tripler », malgré une réduction de 42 % de leurs prélèvements d’eau depuis 1990. Le second, présenté par le député Charles de Courson (Liot), avec l’avis favorable du rapporteur Philippe Juvin (DR), visait à réintroduire des plafonds progressifs de volumes d’eau potable, débutant à 50 000 m3 en 2026, soit huit fois plus que le plafond antérieur, puis relevé progressivement jusqu’en 2030. « Cela permettra aux entreprises de l’agroalimentaire (…) d’absorber cette augmentation très importante progressivement dans un contexte économique particulièrement tendu », a soutenu M. de Courson. Ce bouclier tarifaire annoncé par Matignon en début d’année, qui devait plafonner les montants des redevances pendant trois ans afin d’amortir la réforme pour les industriels de l’agroalimentaire, n’a toujours pas vu le jour, regrette la Coopération agricole.

Ministère de l'Agriculture : en Coméco, les députés appellent à une hausse du budget

À l'occasion de l'examen pour avis de la mission Afaar (agriculture/forêt) par la commission des affaires économiques, le 22 octobre, les députés ont appelé, dans une salle souvent clairsemée, à une hausse des budgets du ministère de l'Agriculture dans le projet de loi de finances pour 2026. La gauche et certains députés LREM ont appelé le gouvernement à «lever le gage», autrement dit à permettre des dépenses supplémentaires. De nombreux amendements d'appel de la gauche et du centre ont été adoptés d'augmentation budgétaire (bio, fruits et légumes, haie, installation, PAT, fermes Dephy...), financés sur des budgets généraux (Compétitivité et durabilité de l'agriculture) ou du TODE. On aura même vu un amendement du député Taupiac (Liot) de refléchage de l'enveloppe d'aides bio non utilisées cette année (estimée à environ 150 M€) financé par l'enveloppe du TO-DE, alors qu'il n'appelais aucune dépense supplémentaire. Une majorité semble se dégager autour du bio : «Mettons nous d'accord d'ici la séance pour acter d'un soutien à la bio sans déshabiller le TODE», a proposé le député UDI Thierry Benoit (Ille-et-Vilaine). Le député Fugit (LREM) a de son côté fait voté des amendements hausse des budgets pour le Plan souveraineté fruits et légumes  (+75 M€), le Pacte pour la haie (+50 M€)  et le programme Aita (transmission installation,+16 M€), touchés par des baisses de financements depuis deux ans.

Etats-Unis : malgré le blocage budgétaire, Washington va libérer les aides agricoles

Malgré la paralysie des services publics (ou « shutdown » en anglais), que l’administration Trump met sur le dos de ses adversaires politiques du Parti démocrate, Washington s’apprête à débloquer 3 milliards de dollars de fonds agricoles. « A compter de jeudi (le 23 octobre, N.D.L.R.), l'USDA reprendra les activités principales de l'Agence des services agricoles, notamment les services essentiels liés au traitement des prêts agricoles, aux paiements des programmes de couverture des risques agricoles (ARC) et de couverture des pertes de prix (PLC) ainsi que d'autres programmes », a précisé sur le réseau social X la secrétaire à l’Agriculture, Brooke Rollins. Une annonce saluée par les organisations agricoles notamment les producteurs de sorgho et de coton. Il faut dire que le secteur agricole américain, qui a massivement voté pour Donald Trump, connaît actuellement des difficultés économiques en raison, notamment, des conflits commerciaux déclenchés par la Maison Blanche. L'administration Trump devait initialement annoncer début octobre un plan d'aide destiné à soutenir les agriculteurs mais celui-ci a finalement dû être reporté à cause du blocage budgétaire.

Pac : en Grèce, vaste coup de filet dans l'affaire des fraudes aux aides agricoles

La police grecque a annoncé, le 22 octobre, avoir arrêté au moins 37 personnes en lien avec la vaste fraude aux subventions agricoles à Athènes, Thessalonique, en Crète et dans d’autres régions. « Les autorités policières ont procédé à des dizaines d’arrestations dans le cadre du scandale de l’Opekepe (l’Agence grecque des aides de la politique agricole commune), à la suite d’une vaste opération menée dans plusieurs régions de Grèce », ont ainsi précisé les forces de l’ordre helléniques. Et 43 autres personnes sont actuellement recherchées. Le ministre grec de l’Agriculture, Costas Tsiaras, a confirmé, le 26 mai, la découverte d’une fraude présumée aux subventions de la Pac distribuées par l’Opekepe. « Un nombre important de personnes » avaient ainsi obtenu des aides agricoles entre 2019 et 2022 en revendiquant à tort des terres publiques comme des pâturages déclarés sur des sites archéologiques, des oliveraies sur le terrain d’un aéroport militaire ou des plantations de bananes sur le mont Olympe. Selon l'AFP, l’enquête préliminaire du Parquet européen a permis d'identifier 324 personnes comme bénéficiaires des subventions, causant un préjudice estimé à plus de 19,6 millions d’euros au budget de l'UE.

Importations ukrainiennes: trois pays frontaliers veulent une sauvegarde renforcée

Dans une lettre du 17 octobre adressée aux commissaires européens au Commerce (Maros Sefcovic) et à l’Agriculture (Christophe Hansen), une coalition de trois ministres de l’Agriculture (Hongrie, Roumanie et Slovaquie) demande à Bruxelles un renforcement des mesures de sauvegarde dans les accords commerciaux, et celui avec l’Ukraine en particulier. Ces représentants de pays limitrophes de l’Ukraine estiment que des « mesures de protection spéciales » destinées aux Etats membres frontaliers sont nécessaires. Dans le détail, ils souhaitent que Bruxelles mette en place des sauvegardes régionales applicables de manière automatique pour les produits agricoles les plus sensibles dès le déclenchement des seuils individuels par Etat membre. Les volumes seraient calculés sur les flux commerciaux pré-conflit entre chaque Etat membre et l’Ukraine. Enfin, ils plaident également pour la mise en œuvre d’un fonds de compensation des pertes agricoles « en raison des importations excessives d’Ukraine dans le futur ». Ces Etats membres auront l’occasion de présenter leur demande lors de la réunion des ministres de l’Agriculture prévue le 27 octobre à Luxembourg.

Protéines de pois : Bruxelles soumet les importations chinoises à enregistrement

Dans le cadre de l'enquête antidumping ouverte en août, la Commission européenne soumet, par un règlement d’exécution publié au Journal officiel de l’UE le 22 octobre, les importations de protéines de pois originaire de Chine à enregistrement. Celui-ci prendra fin neuf mois après son entrée en vigueur. Cette étape est cruciale dans l’hypothèse où les conclusions de l’enquête aboutiraient à l’institution de droits antidumping afin de percevoir rétroactivement ces sanctions sur les importations enregistrées. L’exécutif européen avait décidé d’ouvrir cette enquête à la suite du dépôt de plainte, le 15 juillet, d’une « coalition ad hoc des producteurs européens de protéines de pois » représentant plus de 25% de la production totale de l'UE. Celle-ci fait valoir l’existence de distorsions significatives de la part des produits chinois entraînant un préjudice pour l’industrie de l’UE. Les marges de dumping seraient, selon la coalition, comprises entre 41% et 123% et le niveau d’élimination du préjudice se situerait entre 60% et 118% au cours de la période allant du 1er janvier au 30 décembre 2024.

Baisse des ventes d’Heineken au troisième trimestre

Le brasseur néerlandais Heineken a annoncé le 22 octobre une baisse de ses ventes de bière au troisième trimestre, plombées par un fort recul en Europe et en Amérique. « La volatilité macroéconomique a persisté comme prévu et s'est accentuée au troisième trimestre, créant un environnement difficile et entraînant des résultats mitigés », a déclaré Dolf van den Brink, directeur général du groupe, cité dans un communiqué. Les volumes de bière vendus ont atteint sur la période 59,0 millions d'hectolitres, contre 61,9 au troisième trimestre 2024. Heineken a également enregistré une baisse de 3% de son chiffre d'affaires net trimestriel, à 7,3 milliards d'euros. Le groupe a évoqué des « pressions inflationnistes » et des « tendances du secteur » défavorables. L'entreprise table sur une hausse de son bénéfice d'exploitation comprise entre 4 et 8 %. « Compte tenu du trimestre difficile que nous venons de traverser et sur la base de notre évaluation actuelle de la demande à court terme des consommateurs, nous prévoyons une légère baisse du volume pour l'année 2025 », a ajouté le brasseur. 

DNC/bovins: Genevard annonce la levée de la zone réglementée dans les Savoie

A l'occasion des questions au gouvernement le 22 octobre, la ministre de l'Agriculture Annie Genevard a annoncé la levée de la zone réglementée au titre de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) dans les Savoie. «Aujourd'hui est un beau jour car nous venons de lever la zone réglementée sur les Savoie après trois mois d'effort constant», a-t-elle déclaré dans l'Hémicycle. La Savoie et la Haute-Savoie ont été les premiers départements français touchés par la maladie, cumulant 76 foyers, sur les 88 détectés sur tout le territoire. L'annonce intervient six jours après qu'elle a instauré, jusqu'au 5 novembre, plusieurs mesures de restriction de mouvements : une « interdiction de toute sortie de bovins du territoire métropolitain », Interdiction de tout rassemblement « festif » (concours, foires, salons, etc.) de bovins sur tout le territoire métropolitain ; une interdiction, dans l’ensemble des régions comprenant une zone réglementée – à savoir l’Auvergne-Rhône-Alpes, la Bourgogne-Franche-Comté et l’Occitanie – des marchés de bovins destinés à l’élevage.

Le français Nutropy lève 7 M€ pour préparer l'industrialisation de sa caséine in-vitro

La start-up Nutropy a annoncé le 23 octobre une levée de fonds de 7 M€. Cette levée, très majoritairement en capital, a été réalisée auprès d’investisseurs historiques et nouveaux : les fonds Big Pi Ventures et Zero Carbon Capital, qui ont mené l’opération, accompagnés par Beta Lab, Wyngate, la fromagerie Paul Dischamp, les sociétés d'investissement Desai Ventures et PVS Investments ainsi qu’Axel Johnson, via sa branche Novax. Le soutien financier public vient notamment de Bpifrance. Ce financement va permettre à la société de produire ses premiers lots de protéines laitières, des caséines, obtenus par fermentation de précision. Les caséines de Nutropy sont mises au point sans recours à des ingrédients issus des animaux et sont identiques aux protéines laitières issues du lait. « Cette mise à l’échelle industrielle va permettre de fournir des lots aux industriels afin qu’ils réalisent leurs tests », explique Nathalie Rolland, p.-d.g. de la société hébergée au Genopole d’Evry (Essonne). Avant tout développement commercial, Nutropy devra obtenir l’autorisation de mise sur le marché de cette nouvelle caséine. Un dossier pourrait être déposé auprès de l’Efsa à brève échéance.

Parima se rapproche d’une commercialisation de son foie gras in-vitro en Océanie

Le spécialiste français de la viande in-vitro Parima, né du récent rachat de Vital Meat par Gourmey, a annoncé le 17 octobre avoir franchi une étape réglementaire vers la commercialisation de sa viande de canard in-vitro en Australie et en Nouvelle-Zélande (lire l’article dans Agra Innovation). Selon le Food Standards Australia New Zealand (FSANZ), équivalent de l’Efsa en Europe, le dossier de Gourmey est examiné depuis début octobre 2025 au cours d’une procédure qui comportera notamment une consultation publique. Si aucun problème n’est soulevé, Parima pourrait obtenir le feu vert pour les deux pays dès la fin août 2026. L’entreprise française deviendrait alors la seconde à commercialiser de la viande in vitro en Australie et en Nouvelle-Zélande, après l’australienne Vow, qui propose notamment un foie gras de caille du Japon in-vitro. Parima espère commercialiser sa viande in vitro sous la marque Gourmey, pour une utilisation dans diverses préparations, dont du foie gras in-vitro et du pâté in-vitro. (Irina Lafitte, Agra Innovation)

Influenza : le département des Landes paie à nouveau une dose en canards gras

Le conseil départemental des Landes a voté le 17 octobre la prise en charge de la troisième dose de vaccination anti-influenza aviaire pour les canards à foie gras via son fonds d’urgence sanitaire et climatique, rapporte le média local Annonces landaises le 20 octobre. Dominique Degos, vice-présidente à l’agriculture des Landes rapporte au journal que l’État a baissé sa participation à la campagne globale 2025-2026 « sans intégrer cette troisième dose pour les animaux de plus de 12 semaines d’élevage, ce qui impacte les éleveurs en Label rouge, fermiers et indépendants qui doivent en assumer directement les frais. » C’est un motif supplémentaire de participation du département qui avait déjà financé la troisième dose de la campagne précédente. L’élue a précisé qu’au dernier trimestre 2025, 420 000 animaux étaient concernés par cette dernière dose, pour un coût de 40 centimes par canard. « On est très attaché à nos filières de qualité et on veut les protéger au maximum », a justifié le président du conseil départemental Xavier Fortinon, cité dans l’annonce.

Saisonniers : Paris-Saclay lance une expérience inédite pour le logement (presse)

L’association Terre et Cité, qui œuvre pour préserver et valoriser les terres agricoles du plateau de Saclay a lancé, en lien avec les élus locaux, une expérimentation de création de logements sociaux pour les salariés agricoles, rapporte Les Echos le 16 octobre (article payant). Une première en France. Mené avec le bailleur social I3F à Palaiseau, le projet prévoit quatre appartements pour agriculteurs dans un ensemble neuf. Aux Loges-en-Josas, deux autres logements sont en préparation. « Avec des salaires proches du SMIC, les travailleurs agricoles ne parviennent pas à se loger correctement sur le plateau. Conséquence : des difficultés de recrutement et un turnover important pouvant menacer l'équilibre économique des exploitations » explique Dorian Spaak, coordinateur de l'association Terre et Cité, à nos confrères. En quinze ans, le nombre de fermes sur le plateau est passé de 13 à 27 entrainant une augmentation de celui de salariés (180 équivalents temps plein).  Cela ne s’est pas fait sans peine : « Flécher un logement social pour des agriculteurs n'est pas prévu par les textes. Nous avons dû élaborer des conventions avec la MSA, la Safer, la région et les bailleurs », rappelle Caroline Doucerain, présidente de Terre et Cité et maire (LR) des Loges-en-Josas, citée par Les Echos.

Etiquetage de l'origine : la PPL «d'appel» du RN adoptée en Coméco

Portée par Hélène Laporte (RN) comme un texte «d'appel», la proposition de loi (PPL)  visant à renforcer l’étiquetage de l’origine des denrées alimentaires a été adoptée après plusieurs amendements en commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale le 22 octobre. A l’occasion des prises de parole, dans une salle clairsemée, les députés Droite républicaine, RN et Groupe démocrate se sont montrés favorables à son adoption. Le texte prévoit que l’origine soit clairement indiquée pour les ingrédients jouant un rôle essentiel dans la composition ou la perception du produit final et pour tout ingrédient représentant 10 % ou plus de la composition d’un produit. Cette disposition entre en conflit avec la réglementation européenne, et plus précisément avec le règlement Inco en cours de discussion, comme l’a fait remarquer la députée Olivia Grégoire (Ensemble pour la République). Dans ces conditions, ce texte est plutôt une « PPL d’appel » qu’Hélène Laporte voudrait voir portée par le gouvernement français pour peser sur Bruxelles. Autres dispositions prévues : proscription de tout signe évoquant une origine française sur un produit transformé si son ingrédient primaire n’est pas français, et obligation d’étiquetage lorsqu’un produit importé a été obtenu à l’aide de produits non autorisés par la réglementation européenne, ou sans respecter ses exigences de traçabilité.

GMS : le député Travert travaille à une taxe sur la publicité comparative

A l'occasion de l'examen du projet de loi de finances (PLF) pour 2026 le 22 octobre, le député LREM de la Manche et président de la commission des affaires économiques, Stéphane Travert,, a indiqué qu'il travaillait actuellement à une taxe sur la publicité comparative, dont les produits abonderaient un fonds dédié à la «souveraineté» alimentaire, autrement dit à soutenir des filières agricoles françaises. Il a indiqué que deux milliards d'euros étaient dépensés par les distributeurs chaque année pour la publicité comparative. Il n'a pas précisé le montant de l'enveloppe visé, ni le véhicule législatif qu'il souhaitait utiliser : « Nous y travaillons, je cherche à le faire au plus vite», a-t-il indiqué à Agra presse. La Coopération agricole a demandé au printemps l'interdiction de la publicité comparative à l'échelle européenne. La publicité comparative est autorisée en France depuis 2008 à la suite de la transposition d’une directive européenne sur les pratiques commerciales déloyales. « La publicité comparative, surtout utilisée par les enseignes de la grande distribution qui se livrent à une guerre des prix, nuit à l’image des produits agricoles et agroalimentaires en les dévalorisant », expliquait alors Thibault Bussonnière, directeur adjoint de la communication de la Coopération agricole.

Biocarburants : l’aviation augmente peu à peu sa consommation dans l’UE

En 2024, 0,6% du carburant d’aviation fourni dans les aéroports de l’UE était du carburant d’aviation durable (SAF), soit l’équivalent de 193 kilotonnes, selon un premier rapport annuel sur la législation ReFuelEU Aviation adoptée en 2023, publié par l’Agence européenne de la sécurité aérienne (AESA) le 22 octobre. Pour 2025, l’objectif obligatoire fixé par la législation est de 2%. L’AESA estime que l’UE est en bonne voie pour atteindre l’objectif global de mélange obligatoire de SAF de 6% d’ici 2030. La quasi-totalité des SAF était constituée de biocarburants, produits en grande majorité à partir d’huiles de cuisson usagées (81%), et de graisses animales (17%). Quelque 69% des matières premières provenaient de pays tiers: la Chine (38%) et la Malaisie (12%) fournissant la majeure partie des produits. La Finlande était le principal contributeur de l’UE (10%). Dans de nombreux cas, les matières premières importées sont raffinées en SAF dans des installations situées dans l’UE. Toutefois, l’UE a quand même importé 80 kt de SAF en 2024, soit plus de 41% de l’approvisionnement total déclaré dans l’UE, «ce qui témoigne de l’importance persistante des importations malgré la croissance des capacités de production européennes», souligne l’AESA. Enfin, le prix moyen des SAF en 2024 était de 2 085€/tonne contre 734€/tonne pour le kérosène conventionnel.

Biocarburants : les grossistes s'inquiètent de la possible hausse du prix du B100

Au cours d’une conférence de presse le 22 octobre sur la décarbonation du commerce de gros, la CGF (Grossistes de France) a exprimé son besoin d’un mix énergétique pluriel, tout en présentant d’ambitieux objectifs d’électrification de ses flottes. La confédération des grossistes s’inquiète en particulier d’une possible augmentation de la fiscalité sur le gazole B100 dans le cadre du PLF26. Les professionnels visent à l’horizon 2030 d’importants pourcentages de véhicules électriques : 15 à 25% de poids lourds selon les secteurs, 20 à 40% d’utilitaires et 25 à 50% de voitures, contre respectivement 0,5%, 1,5% et 12% en 2024. La CGF espère pour cela lever des contraintes à l’électromobilité. Elle a mis en avant le manque d’autonomie pour les « gros rouleurs » ou le manque de bornes publiques en ville, qui entraîne le recours à un nombre supérieur de véhicules, les coûts importants des véhicules électriques et des bornes de recharge rapides, ainsi que des exclusions assurantielles à la pose de panneaux photovoltaïques sur des entrepôts. Les grossistes veulent se décarboner dans un « cadre clair alliant réalisme et progressivité » en pouvant compter sur des prix de vente et de rachat d’électricité et sur une fiscalité adaptée aux capacités d’investissement. 

Vols en exploitations : deux Moldaves condamnés pour des vols de GPS agricoles

Deux Moldaves ont été condamnés le 21 octobre à deux ans et demi de prison ferme dans la Marne pour les vols de 24 GPS agricoles dans plusieurs départements (Marne, Pas-de-Calais, Haute-Garonne, Tarn-et-Garonne). Ils avaient été interpellés le 14 octobre en Occitanie dans le cadre d’une enquête préliminaire de la section de recherches de Reims. Le préjudice global est estimé à plusieurs centaines de milliers d’euros, a précisé la gendarmerie. Les auteurs, qui ont également écopé d’une interdiction du territoire français de deux ans, ciblaient des exploitations agricoles isolées et opéraient de nuit. Ces vols de GPS agricoles, qui sont ensuite revendus au marché noir en Europe de l’Est, sont devenus fréquents en France, selon la gendarmerie nationale. Il y a « une progression inquiétante de ce type de criminalité », qui affecte aussi d’autres pays de l’Union européenne. Ces vols touchent essentiellement des régions céréalières, et plusieurs groupes criminels d’Europe de l’Est sont à l’œuvre sur ce segment, selon un enquêteur de la gendarmerie interrogé par l’AFP.

Communication : Ludovic Massacret, nouveau président d'Agridemain

Ludovic Massacret, agriculteur en Charente, succède à Basile Faucheux, à la présidence d Agridemain, indique l'association dans un communiqué le 22 octobre. Créée en février 2016, la plateforme a pour objectif principal de communiquer auprès du grand public, autour de quatre axes : «démystifier les clichés sur les activités agricoles ; promouvoir une agriculture nourricière, innovante et moderne ; réaffirmer les atouts stratégiques du secteur agricole français ; rassembler tous ceux qui partagent une vision commune de l’agriculture vertueuse, performante et au cœur de l’Europe.» En 2018, elle s’appuyait sur une communauté de 271 agriculteurs au rôle d’« ambassadeurs ».