Grains: baisse de la production mondiale en 2022-23, effondrement des stocks (CIC)
Dans un contexte de guerre en Ukraine, le Conseil international des céréales (CIC) a publié le 21 avril ses premières estimations pour 2022-23, montrant une baisse de la production et un effondrement des stocks mondiaux de grains. Son rapport mensuel indique un recul «prononcé» de la production mondiale de grains, «inférieure de près de 1% en glissement annuel, à 2275 Mt. Alors que la croissance de la consommation devrait être plus lente que la moyenne, les stocks de fin de campagne devraient fortement baisser» à 581 Mt (contre 608 Mt en 2021-22). Dans le détail, la production de grains (-13 Mt) comprend des réductions pour le maïs (-13 Mt), le sorgho (-2 Mt) et le blé (-1 Mt), mais des hausses pour l'orge (+2 Mt) et l'avoine (+2 Mt). «Malgré les prévisions de croissance inférieure à la moyenne pour les utilisations fourragères et alimentaires, liée à des prix potentiellement élevés et au rationnement de la demande qui en résulte, la consommation mondiale devrait atteindre un nouveau sommet. À 581 Mt fin 2022-23, les stocks mondiaux devraient être inférieurs de 26 Mt d'une année sur l'autre, principalement à cause de contractions en maïs et blé.»
Salariés des chambres: vers des réformes «point par point» au lieu d'un nouveau statut
Alors qu'une refonte globale du statut des salariés des chambres d'agriculture était initialement envisagée, «nous allons négocier point par point avec la commission nationale paritaire» pour «améliorer les conditions d'emploi», indique le président de l'APCA (tête de réseau), Sébastien Windsor, le 21 avril. La réforme globale du statut nécessite que le gouvernement prenne une ordonnance au plus tard le 8 juin, soit 18 mois après la promulgation de la loi Asap du 7 décembre 2020. «Nous n'attendons plus cette ordonnance, on est hors délai», déclare Sébastien Windsor à Agra Presse. Pour lancer des réformes ponctuelles, l'APCA s'appuie sur une ordonnance parue au JO le 21 avril, qui lui confie la définition de la «politique générale du réseau en matière de gestion des personnels des chambres» et «l'harmonisation nationale des conditions d'emploi». Parmi les sujets qui seront discutés, selon M. Windsor: «favoriser la mobilité entre les chambres, proposer des conditions plus modernes, du télétravail, une rémunération sur objectifs». Le but étant de «moderniser notre RH pour être plus attractifs vis à vis des jeunes notamment et conserver les talents». «Ces éléments de modernisation sont aussi attendus par le personnel», note le président de l'APCA, qui souhaite «avancer dans le dialogue social pour que tout le monde s'y retrouve».
Influenza: mesures renforcées en Dordogne face à une situation toujours «évolutive»
La préfecture de Dordogne a annoncé le 20 avril de nouvelles mesures de dépeuplement préventif autour des foyers d'influenza aviaire, afin de freiner l'épizootie qui cause des dégâts dans cet important bassin de production de foie gras. «Toutes les volailles présentes doivent être abattues préventivement» dans un rayon de 1 km autour des foyers et des sites sensibles, indique la préfecture dans un communiqué. Dans un rayon de 3 km, ce sont tous les palmipèdes qui doivent être abattus. Quant aux canards prêts à gaver, ils doivent être abattus dans un rayon de 5 km, voire 10 km «en fonction d’une analyse des risques». Par dérogation, les élevages dits « autarciques » situés entre 3 et 10 km d'un foyer ne « feront pas l’objet d’abattage préventif mais leur environnement fera l’objet d’une obligation de surveillance ». Par ailleurs, «la "zone réglementée supplémentaire" est prolongée de six jours, avec maintien de l’interdiction d’entrée de volailles vivantes au sein de cette zone», ajoute la préfecture. Ce secteur couvrant 371 communes devait être levé le 19 avril. Mais lors d'un «nouveau point de situation avec l’interprofession» le 20 avril, les participants ont constaté que l'épizootie «reste très évolutive en Dordogne». À cette date, le département comptait 38 foyers, tandis que le Lot voisin en comptait 36. Plus à l'est, la maladie est arrivée en Aveyron (deux cas); aucun nouveau foyer n'a été recensé en Corrèze (trois cas) ni dans le Cantal (quatre cas).
Lait cellulaire: une start-up israélienne obtient un brevet aux États-Unis
La start-up israélienne Wilk (anciennement Biomilk) a obtenu récemment un brevet aux États-Unis «pour ses méthodes et technologies de recherche» entrant dans la fabrication de son lait in vitro à partir de cellules mammaires, peut-on lire dans un article du Times of Israël daté du 19 avril. Une première étape vers l’entrée sur le marché américain des similis de lait animal et maternel cultivés par l'entreprise. Ce brevet permet à Wilk de protéger sa propriété intellectuelle et ses procédés. Elle souhaite désormais poursuivre le développement de sa technologie et mettre au point un processus pour augmenter ses volumes de production, indique le média israélien. La société vise une mise sur le marché de son lait animal, intégré dans la composition de fromages et de yaourts, à l’horizon 2024. «Pour développer du lait humain, cela sera certainement plus long», précise son d.g. Tomer Aizen au Times of Israël. L’entreprise israélienne entre en concurrence directe sur le sol américain avec Biomilq, une start-up de Caroline du Nord. Cette dernière revendique avoir été la première entreprise au monde à être parvenue à fabriquer du lait humain grâce à la culture cellulaire, en juin 2021. Elle espère entrer sur le marché d’ici quatre ans.
Inflation: la Fict (charcutiers industriels) demande un geste aux distributeurs
La guerre en Ukraine ainsi que les crises sanitaires dans les élevages provoquent «une inflation des coûts de production insoutenable pour les entreprises françaises de charcuterie-traiteur, qu’elles transforment du porc, de la volaille ou du bœuf», prévient la Fict (charcutiers industriels) dans un communiqué le 21 avril. Comme le rappelle la fédération, le cours du porc au cadran a augmenté de 35% depuis 2022, tout comme les prix de la viande, ainsi que les coûts des autres postes dont les emballages, le transport et l’énergie. Autant d’augmentations qui, estiment les charcutiers, doivent être prises en compte par les distributeurs. La Fict appelle donc à «une application rapide et concrète» de la charte d’engagement signée entre fournisseurs et distributeurs fin mars sous l’égide des ministères de l’Économie et de l’Agriculture. «La prise en compte dans les contrats avec les distributeurs des surcoûts subis par les entreprises de charcuterie est essentielle pour sauvegarder notre filière», insiste Bernard Vallat, président de la Fict.
Vin: le congrès de la Cnaoc sur le thème de l’innovation dans les AOC
Le congrès de la Cnaoc (Confédération des AOC viticoles) se tiendra le 28 avril en Provence sur le thème de l’innovation dans les AOC. L’objectif est de savoir comment rendre l’innovation plus accessible dans les cahiers des charges des appellations. Un sujet qui touche à la place de l’expérimentation des nouveaux cépages dans les appellations et qui donne lieu à des débats dans la profession. Ce sujet assez large couvrira aussi bien l’intégration des Vifa (variétés d’intérêt à fin d’adaptation) dans les AOC que l’innovation technique à la vigne et au chai sous tous ses aspects (techniques de culture et de vinification), ou encore l’innovation numérique (robots, stations météorologiques). L’adaptation au changement climatique, qui a fait l’objet d’une présentation de la filière à Julien Denormandie le 26 août 2021, est un volet important de ce thème, entre autres avec l’irrigation face au stress hydrique, l’enherbement, la plantation de haies.
Salades en sachet: CA en croissance pour Florette, notamment en Food service
En conférence de presse le 21 avril, le leader français de la salade en sachet Florette (groupe Agrial) a annoncé un chiffre d’affaires (CA) de 232 millions d’euros (M€) en 2021, soit une croissance de 7% par rapport à l’an passé. Après une «année blanche en 2020 et 2021» à cause de la Covid-19, la branche Food service «a retrouvé de la couleur» avec un CA en hausse de 25% sur un an (à 65 M€), a indiqué le directeur général de Florette France, Pierre Méliet. La progression de l’activité en GMS est plus mesurée, avec une hausse des ventes de 2% (167 M€). Cette croissance de Florette en GMS s’inscrit dans un contexte général où les produits apéro et fraîche découpe ont le vent en poupe, alors que le segment des salades en sachet est en repli (-2,7% de CA, selon des données nationales Nielsen). «On est convaincu qu’il nous faut moderniser l’offre 4e gamme en salade. C’est une catégorie de produits qui existe depuis à peu près 35 ans. On a besoin de la booster, de la faire encore plus aimer par les consommateurs», a déclaré M. Méliet. Florette est aussi «en train de développer une marque employeur» et «un plan climat» pour diviser par deux ses émissions de gaz à effet de serre d'ici 2035. Deux actions menées de concert avec Agrial, a précisé le dirigeant.
Emploi agricole: des difficultés de recrutement persistantes en 2022, selon la FNSEA
Malgré une «dynamique positive» dans la création d’emplois en agriculture, la FNSEA s’inquiète des «risques de pénuries à venir de main-d’œuvre», dans un communiqué le 21 avril. S’appuyant sur l’enquête annuelle Besoin de main-d’œuvre (BMO) de Pôle emploi et sur le baromètre de son propre Observatoire emploi-formation, la FNSEA souligne que le nombre de projets de recrutement s’élève à «257 400» en 2022. Soit,une baisse de 6,7% en un an. De plus, le secteur «poursuit sa progression dans la création d’emploi permanents avec 6100 postes de plus qu’il y a un an dans des métiers variés (ouvrier agricole, responsable de cultures, ingénieur agronome, maraîcher...)», se réjouit le syndicat majoritaire. Pour autant, la moitié des projets de recrutements sont jugés «difficiles» par les employeurs. Sans surprise, les filières viticoles et arboricoles – très gourmandes en main-d'œuvre – sont les plus en recherche de candidats avec «120 000 postes à pourvoir». Par ailleurs, le métier «d’agriculteur salarié et ouvrier agricole» est «le cinquième (…) le plus recherché» avec «75 000 projets de recrutement», selon une infographie complémentaire de la FNSEA.
Élevage: des organismes de conseil s’allient en Centre-Val de Loire et en Normandie
La chambre d’agriculture d’Eure-et-Loir et deux anciens services de contrôle laitier, Touraine Conseil Élevage (Indre-et-Loire) et Elvup (Orne), officialisent leur partenariat au sein de la structure Union Élevage, ont annoncé leurs représentants en conférence de presse le 21 avril. Cette collaboration, en test depuis un an, repose sur une «mise en commun des moyens» afin de «répondre aux demandes de tous les éleveurs de la zone». Elle se matérialise par des échanges de personnel. Concrètement, la chambre d’agriculture peut faire intervenir un conseiller de Touraine Conseil Élevage ou d’Elvup chez un éleveur, et inversement. L’agriculteur ne traitera qu’avec un seul interlocuteur. Il paiera la chambre pour le service, qui, elle, se verra facturer l’intervention par l’employeur du conseiller. «Chacun amène des experts de son domaine», explique le directeur de la chambre d’agriculture d’Eure-et-Loir, Didier Agez. En plus du conseil sur la production, la chambre est compétente dans des domaines comme la transformation à la ferme ou la Haute valeur environnementale (HVE), illustre-t-il. Union Élevage accompagnera 1880 éleveurs dans trois filières: bovins lait, bovins viande et caprins.
Porc: plus de 33 000 t stockées dans le cadre du régime d'aide de l'UE
Depuis que le dispositif d’aide au stockage privé de viande porcine a été annoncé le 23 mars, 33 484 t ont été stockées dans ce cadre dans l’UE, indique la Commission européenne le 21 avril. Seize États membres ont eu recours à ce régime, les principaux étant les Pays-Bas (29%), le Danemark (23%), l’Espagne (19%), l’Allemagne (14%) et la Pologne (4%). Les périodes de stockage représentent principalement deux mois (19 306 t) et trois mois (9 630 t). Le dispositif proposé par Bruxelles, dans le cadre de son paquet de mesures visant à soutenir le secteur agricole de l’UE face aux conséquences l’invasion de l’Ukraine par la Russie, prévoit des aides d’un montant variable selon les morceaux concernés et la durée du stockage (270 €/t pour les demi-carcasses stockées 60 jours, 423 €/t pour les jambons stockés 150 jours par exemple). Les demandes peuvent être déposées jusqu’au 29 avril.
Les lauréats 2022 du Prix de la dynamique agricole
La Banque populaire vient de dévoiler, dans un communiqué le 21 avril, les noms des quatre lauréats de la 30e édition de son Prix national de la dynamique agricole, qui distingue «des exploitants agricoles, performants et innovants». Ce sont des pisciculteurs, Anouck et Maxime Sarton (Pisciculture des Écrins, Hautes-Alpes) qui l'emportent dans la catégorie Création d'entreprise. Le prix de la Performance entrepreneuriale revient à Mickaël Pont et Mathieu Guyomard (SCEA Le pépin et la plume, Finistère), pour le développement d'ateliers fraises bio, poules pondeuses et vaches laitières. La catégorie Performance technique récompense la famille Pouteau (Gaec de l'Hommeau, Mayenne) pour leur exploitation de polyculture-élevage (lait). Enfin, Annette et Erwann Le Négrate (Gaec Domaine du Piechal, Alpes-Maritimes) gagnent dans la catégorie Valorisation et innovation, pour leur atelier de transformation d'olives AOP.
Agenda de la semaine agricole du 25 avril
Lundi 25 avril
Conférence de presse d'Amazon sur ses boutiques de producteurs
Mardi 26 avril
Conférence sur «les portes de la perception animale» par le Muséum d'histoire naturelle de Bourges
Mercredi 27 avril
Salon Medfel, jusqu'au 28 avril (fruits et légumes, Perpignan)
Conférence de presse de la Compagnie des amandes (au Medfel)
Prévisions de production de la filière melon (au Medfel)
Conférence sur le label bas carbone en fruits et légumes (au Medfel)
Jeudi 28 avril
Congrès de la Cnaoc (vins AOC)
Conférences Syrpa/Afja sur les matières premières agricoles et le stockage de carbone
Conférence de presse de Crédit agricole assurance (projet RSE)
Prévisions de production de la filière pêche-nectarine (au Medefl)
Vendredi 29 avril
Assemblée générale de France Brebis Laitière, à Toulouse