Agrafil du 27 novembre 2024

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UE/Mercosur : large consensus à l’Assemblée nationale contre l’accord de libre-échange

Comme prévu, l’Assemblée nationale a massivement rejeté (par 484 voix contre 70) le 26 novembre les négociations de l’accord de libre-échange entre l’UE et le Mercosur. Très attendu, le débat en amont a été l’occasion pour les parlementaires d’exprimer leurs désidératas vis-à-vis des pourparlers en cours. Dans leurs discours introductifs, Annie Genevard, ministre de l’Agriculture, et Sophie Primas, en charge du Commerce extérieur, ont rappelé la position du gouvernement. La France est «pleinement, résolument» en désaccord à le traité commercial «tel que la Commission (européenne) l'envisage», a répété Annie Genevard tout en rappelant qu’il s’agit d’une «opposition non pas par dogmatisme mais par pragmatisme». La France souhaite notamment l’ajout de mesures miroirs et de contrôle pour défendre le modèle agricole français, garantir le respect normes européennes et les conditions d’une concurrence loyale. «Fermeté n’est pas fermeture», indique ainsi Sophie Primas. A gauche et dans les rangs du RN, des craintes ont toutefois été exprimées quant au fait que l’opposition de la France en l’état (et non définitive) soit insuffisante. Au Parlement européen, les eurodéputés de la commission du commerce international échangeront le 3 décembre sur le sujet.

UE/Mercosur: le premier ministre polonais s’oppose lui aussi à l’accord commercial

Après l’Autriche et les Pays-Bas, la France se trouve un nouvel allié dans sa lutte contre l’accord commercial UE-Mercosur. A l’occasion d’une réunion de son gouvernement le 26 novembre, le premier ministre polonais Donald Tusk, par ailleurs ancien président du Conseil européen, a confirmé que son pays s’oppose «dans les termes actuelles» à l’accord de libre-échange entre l’UE et le Mercosur, notamment en matière agricole. Il faut dire qu’à l’instar des Français, les agriculteurs polonais ont entamé des mouvements de protestation. Ils ont ainsi bloqué le 23 novembre un important poste frontalier avec l'Ukraine, à Medyka, pour s’opposer à la politique du gouvernement mais également dénoncer l'accord UE-Mercosur. Ce mouvement avait été lancé aussi «en signe de solidarité avec les agriculteurs occidentaux», avait alors déclaré à l'AFP Roman Kondrow qui dirige l'organisation «La campagne dupée». Venu à leur rencontre, le ministre de l’Agriculture Czseslaw Siekierski avait alors pris des engagements en échange d’une suspension des blocages jusqu’au 10 décembre. «Annoncé dimanche - fait mardi!» s’est-il ainsi réjoui dans un message de réaction sur le réseau social X. Une décision polonaise dont s'est félicitée Annie Genevard, le 26 novembre, lors du débat sur l'accord à l'Assemblée nationale.

Viande/Mercosur: Carrefour fait son mea culpa au Brésil

Face à la levée de boucliers au Brésil à l'annonce des magasins Carrefour de ne pas vendre en France de viande en provenance du Mercosur, le PDG du groupe Alexandre Bompard, a présenté ses «excuses» au gouvernement brésilien évoquant des problèmes de «communication». «Si la communication de Carrefour en France a causé une confusion et a été interprétée comme une remise en cause de notre partenariat avec l'agriculture brésilienne, nous nous en excusons», a écrit M. Bompard dans une lettre adressée au ministre de l'Agriculture du Brésil, Carlos Favaro, que l'AFP a consultée. «Nous savons que l'agriculture brésilienne fournit une viande [qui se caractérise par] sa haute qualité, son respect des normes et sa saveur», a-t-il ajouté. L'enjeu est de taille pour le groupe français, qui réalise près d'un quart de son chiffre d'affaires au Brésil et s'est retrouvé visé par des appels au boycott. «L'incident est clos», a déclaré par la suite à Brasilia le ministre Favaro, évoquant une «attitude intempestive du PDG de Carrefour» qui a été «rectifiée à temps». «Il s'est rétracté sur le point le plus important, quand il dit que le Brésil respecte les normes», a souligné M. Favaro. Dans un communiqué destiné à ses actionnaires, le groupe Carrefour Brésil a indiqué que «le calendrier de livraisons des produits de viande bovine avait été repris et [que] l'entreprise espérait la normalisation de l'approvisionnement d'ici les prochains jours».

Manifestations: préfets et OFB portent plainte pour dégradations dans le Sud-Ouest

Les préfets du Lot-et-Garonne et des Landes ont porté plainte pour des dégradations commises lors de mobilisations d'agriculteurs la semaine dernière, tout comme l’OFB en Creuse, a appris l’AFP le 25 novembre. La procédure marque une inflexion de la part du préfet du Lot-et-Garonne Daniel Barnier, qui avait décidé de ne pas saisir la justice en février, après de précédentes actions à Agen de la Coordination rurale. Cette fois, le 25 novembre, «la préfecture de Lot-et-Garonne a déposé plainte pour la dégradation des portails de la DDT, de la DDETSPP et de la cité administrative» lors de nouvelles actions menées à Agen la semaine dernière par la Coordination rurale, a indiqué le préfet à l'AFP. Il l'a fait «conformément aux consignes reçues du ministre de l'Intérieur, recommandant l'accompagnement des manifestations dans le respect de la liberté de manifester, mais la plus grande fermeté dès lors qu'elles engendreraient des atteintes aux biens». La préfecture des Landes a également confirmé à l'AFP le dépôt d'une plainte le 21 novembre pour un incendie volontaire la veille dans l'enceinte de la DDTM lors d'une action de la Coordination rurale. En Creuse, l'OFB a déposé deux plaintes à la suite des incidents intervenus le 19 novembre lors d'une action de la CR dans ses locaux, au cours de laquelle une porte avait été brisée et plusieurs pièces saccagées.

Manifestations: Jérôme Bayle alerte sur un monde agricole «en train de se diviser»

Figure de proue de la mobilisation agricole de l'hiver 2023-2024, l'éleveur occitan Jérôme Bayle, invité le 26 novembre à l'Assemblée nationale, a appelé les députés à voter contre l’accord de libre-échange UE/Mercosur, qui menace la «survie» d'un monde agricole «en train de se diviser». «Cet accord sera la goutte d'eau qui fera exploser la colère des électeurs français si le chef de l'État ne prend pas des dispositions fortes avec l'appui des députés français», a déclaré M. Bayle, invité par les députés Marie Pochon (écologiste) et Loïc Kervran (Horizons) à quelques heures d'un débat suivi d'un vote dans l’hémicycle. Comme le rapporte l'AFP, cet éleveur asyndiqué a regretté la surenchère entre les syndicats majoritaires FNSEA/JA et la Coordination rurale, qui se livrent une concurrence féroce dans la rue et par déclarations interposées, avant les élections des chambres d’agriculture de janvier 2025. «Dans le désespoir, il y a des gens qui veulent récupérer les mouvements, et le monde agricole est en train de se diviser au lieu de se fédérer», a-t-il ajouté. M. Bayle a appelé les responsables politiques à dialoguer avec des «petits agriculteurs», un groupe dont il se réclame, et dont la voix n'est pas suffisamment portée par des syndicats «en campagne politique», a-t-il estimé.

Manifestations: 660 agriculteurs mobilisés à la mi-journée, la CR au Parlement européen

Alors que certains départements étaient déjà mobilisés la veille, quelque 660 agriculteurs menaient une vingtaine d'actions dans 15 départements le 26 novembre à la mi-journée, selon le dernier bilan des autorités, rapporte l’AFP. Le même jour, les députés débattaient de l’accord UE/Mercosur, mais cette semaine le mot d’ordre dépassait la seule opposition à l’accord de libre-échange pour englober la dénonciation des «entraves» à l’activité agricole. À Strasbourg, une cinquantaine de tracteurs d'agriculteurs de la Coordination rurale ont été bloqués par les forces de l'ordre à environ 1 km du Parlement européen. Déplorant d'être bloqués dans la ville, les manifestants de la CR ont accueilli les eurodéputés venus à leur rencontre, dont Marion Maréchal (extrême droite), Manon Aubry (LFI) ou encore Nicolas Bay (RN). Parmi les autres actions notables: des rassemblements à Rouen, Laon, Lille, Perpignan, un barrage filtrant à Poitiers et des opérations sur des plateformes logistiques de supermarchés comme à Saint-Quentin-Fallavier, dans l’Isère. La FNSEA et les JA, qui ont annoncé des mobilisations jusqu’au jeudi 28 novembre, ont indiqué à la presse, en début de semaine, que «la quasi-totalité des départements prévoit d’entrer en action d’ici les prochains jours».

Aides Pac: hausse des recours au «droit à l'erreur», 98,5% des avances versées (ASP)

Interrogé par Agra presse sur les incidences des pluies récurrentes en 2024 sur les recours au «droit à l'erreur», l'Agence de services et de paiement (ASP) a dressé, le 26 novembre, un état des lieux du versement des avances d'aides Pac. Pour rappel, le principe du «droit à l'erreur» permet aux exploitants, grâce au Système de suivi des surfaces en temps réel (SSTR), de corriger leur déclaration jusqu'au 20 septembre. Ces modifications, qui peuvent entrainer des retards dans le versement des avances, sont initiées par l'exploitant ou d'administration. L'ASP indique que 60 000 demandes de modifications ont été déposées par les exploitants (contre 50 000 l'an passé), mais ne précise pas le nombre de modifications initiées par l'administration - dans ce cas, la FNSEA demande que les exploitants se voient tout de même verser les avances. Au 16 octobre, 93% des agriculteurs avaient reçu les premiers paiements de l'avance des aides directes et de l'ICHN, - «dans des délais extrêmement contraints» en raison du «droit à l'erreur», souligne l'ASP - soit 9 points de plus que l'an dernier, première année de mise en oeuvre de ce dispositif. A date, 98,5% des dossiers ont été payés, rapporte l'agence, et le paiement du solde de décembre est «en cours de préparation.

Cotisations: budget de la Sécu adopté au Sénat, quelques ajouts en suspens

Les sénateurs ont adopté le 26 novembre le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2025, à 202 voix pour et 109 contre. Le texte va désormais partir en commission paritaire mixte (CMP) qui se réunira le  27 novembre, et pourrait être ensuite l'objet d'un 49.3 du gouvernement. Côté retraites agricoles, un amendement du gouvernement a précisé le calendrier de la réforme a été adopté. L'exécutif a aussi été à la manœuvre pour durcir la taxe sur les boissons à sucres ajoutés. Il a soutenu l’amendement visant à garantir que la majoration de l’indemnisation pour déficit fonctionnel permanent soit versée sous forme de capital, sur demande de la victime dans les cas où la faute inexcusable de l’employeur est reconnue. Quelques ajouts ont été faits contre l'avis du gouvernement, ou avec avis de sagesse. C’est le cas du TO-DE dont l’éligibilité a été étendue aux coopératives agricoles de fruits et légumes, avec avis de sagesse du gouvernement. Contre son avis, le Sénat a adopté l’exonération des cotisations sociales sur les revenus des non-salariés agricoles issus des activités de location de meublés de tourisme, mais aussi l’expérimentation d'un calcul des cotisations selon une assiette provisoire. Ce fut aussi le cas pour le report au 1er janvier 2026 de l’opposabilité du Bulletin officiel de la sécurité sociale aux organismes chargés du recouvrement des cotisations et contributions de sécurité sociale, pour le régime agricole.

Pesticides: l’IFT national moyen «ne baisse toujours pas», selon Solagro

A l’occasion de la 3è mise à jour de sa carte des indices de traitement (IFT) de pesticides, baptisée Adonis et déclinée à échelle communale, le cabinet Solagro estime que l’objectif de réduction de l’usage des pesticides en France est un «échec», dans un communiqué le 26 novembre. L’incorporation des dernières données disponibles, datant de 2022, montre que «en trois ans, l’IFT moyen national mesuré dans Adonis ne baisse toujours pas et passe de 2,36 à 2,37», indique Solagro. Ceci, «malgré une légère augmentation des surfaces cultivées agriculture biologique (+1,1%)». Derrière cette moyenne nationale de l’IFT, le cabinet d’ingénierie et de conseil constate «des évolutions contrastées» selon les départements. L’IFT moyen augmente de plus de 10% dans l’Indre, le Cher, l’Indre-et-Loire et le Cantal. A l’inverse, il baisse de plus de 10% en Côte-d’Or, Haute-Marne, Meuse, Dordogne, Lot-et-Garonne, Alpes-Maritimes, Lozère et Corse du sud. En outre, les enquêtes "Pratiques culturales" révèlent qu’entre 2017 et 2021, «les IFT moyens du soja, du lin oléagineux, de la féverole, du tournesol et du pois ont été réduits (de -22% à -7%)», analyse Solagro. En revanche, «l’IFT moyen de la pomme de terre et celui de la betterave a augmenté respectivement de +18% et +22%». 

Eau potable/pesticides: les élus locaux demandent des actions «à très court terme»

Face à la «pollution massive des zones de captages d'eau», les élus locaux ont réclamé mardi des actions «à très court terme» à l'État, après un rapport interministériel alarmant sur les pollutions aux pesticides. Ce rapport, réalisé par les inspections des ministères de la Santé, de la Transition écologique et de l'Agriculture, en date de juin 2024 et révélé mi-novembre, a pointé «l'échec global de la préservation de la qualité des ressources en eau pour ce qui concerne les pesticides», malgré quelques progrès localisés. «Demain, pourra-t-on encore boire de l'eau potable non polluée en France?» s'interrogent les élus de la FNCCR, une fédération qui représente, pour la gestion de l'eau, plus de 500 collectivités ou groupements et une population totale de plus de 51 millions d'habitants. «Face à cette dégradation qui s'accélère et se généralise», elle demande notamment à l'État de «sanctuariser les aires d'alimentation de captages», avec une «trajectoire d'arrêt» de l'utilisation des pesticides et engrais de synthèse et de «décupler l'accompagnement technique et financier à la transition agroécologique pour réduire l'usage des pesticides», aides européennes à l'appui. Les élus demandent une augmentation de la redevance pour pollutions diffuses sur les produits phytopharmaceutiques et son élargissement aux micropolluants, ainsi qu'aux médicaments et cosmétiques.

Grandes cultures/carbone: feuille de route de filière à 2030, sous-jacents non précisés

En pleine consultation publique de la troisième version de la Stratégie nationale bas carbone (SNBC), les deux interprofessions des grandes cultures, Intercéréales et Terres Univia (huiles et protéines), ont présenté, à l'occasion d'une conférence de presse le 26 novembre, leur «feuille de route carbone», comme requis par la loi Énergie climat de 2019. Les deux filières visent une réduction de 20% des émissions de l'amont agricole par rapport à 2015, et de 24% pour les industries de 1re et 2e transformation par rapport à 2021. Selon le projet de SNBC, l’agriculture française – toutes filières confondues – doit réduire ses émissions de 25% entre 1990 et 2030, et de 9,5% entre 2022 et 2030. De nombreux leviers d'action ont été cités par les filières, similaires à ceux généralement avancés par le gouvernement (génétique, engrais décarbonés, haies, énergie des machines...), mais sans préciser de chiffrage pour chacun d'entre eux. Les trajectoires ont été conçues comme «techniquement et économiquement réalisables, et cohérentes avec le marché», et fixées pour «prioriser la souveraineté alimentaire, énergétique et protéique de la France, et la production de biomasse», a expliqué Christoph Büren, élu référent sur le carbone chez Intercéréales. Toutefois, le coût associé et le financement n'ont pas encore été calculés, ont expliqué les représentants, qui appellent l'État à accompagner la filière.

Céréales: en raison de la moisson, l'interprofession va ralentir les recherches des instituts

En marge de la conférence de presse de présentation de la feuille de route carbone des filières grandes cultures le 26 novembre, le représentant d'Intercéréales Christoph Büren a indiqué à Agra Presse que les financements de l'interprofession seraient bien touchés par la faible récolte française de cette année, les cotisations étant assises sur les volumes des opérateurs. La principale incidence sera un ralentissement des recherches conduites par les instituts techniques, a-t-il expliqué. Les montants n'ont pas été précisés. La Cotisation volontaire obligatoire (CVO) d'Intercereales est prélevée «sur le volume de céréales vendues par l’agriculteur, sur le volume collecté par l’organisme stockeur et sur le volume transformé en farine par le meunier», rappelle l'interprofession sur son site internet. Pour l'ensemble des céréales à paille (blé, orge, seigle, avoine, triticale et riz), la production française 2024 était estimée, en octobre par le ministère de l'Agriculture, à 38 millions de tonnes (Mt), soit un recul de 24% par rapport à la moyenne 2019-2023. En incluant le maïs et le sorgho grain, la récolte atteint 53,6 Mt et la baisse est limitée à 16,9% en comparaison de la moyenne quinquennale.

Lin: NatUp s’attend à une correction sévère du prix de la fibre

«En 2024, la récolte de lin fibre a été exceptionnelle tant en qualité qu’en quantité, a confié Patrick Aps, directeur général de NatUp, lors d'une conférence de presse le 25 novembre. Et ce dans un contexte de prix très élevés, tirés par une demande de la Chine supérieure à l’offre. Mais, depuis quelques semaines, ce pays, client principal de la France sur ce marché, est moins demandeur. Nous nous attendons donc à une correction sévère du prix de la fibre dans les mois à venir.» L’activité lin de NatUp est intégrée dans le pôle fibres, aux 25 M€ de chiffre d’affaires (+11 % en un an). Il s’articule autour de trois structures, engagées dans le «made in France»: EcoTechnilin (composites en fibres de lin et chanvre), Lemaitre Demeestere (tisseur) et French Filature (filature). Le groupe possède également une usine en Pologne, à Tichy, dont la capacité de production a été doublée cet été: ce site fabrique des composites, notamment pour le secteur de l’automobile. Dans un contexte de baisse des ventes de voitures et de difficultés du marché textile, les équipes du pôle fibres de NatUp innovent et cherchent de nouveaux débouchés. Un exemple? «Nous testons actuellement le chanvre, avec un nouveau produit, le premier fil de chanvre français», confie-t-il. (Anne Gilet)

Biomasse : Horizom va planter 350 hectares de bambou dans l’Indre d'ici 2025

Par un communiqué le 25 novembre, Horizom, entreprise française spécialisée dans la culture du bambou, annonce la plantation de 350 hectares dans l’Indre d’ici à 2025, ce qui constituera la plus grande bambouseraie de France. Dès 2030, elle devrait permettre de produire chaque année 10 000 tonnes de bambou. Une centaine d’hectares sont d’ores et déjà plantés. «Entre la séquestration du carbone dans la plantation, le stockage de CO2 dans les matériaux produits et la substitution de matériaux fortement carbonés par des matériaux à faible empreinte, ce sont 1 000 tCO2/ha qui seront captées sur 30 ans. C'est l'équivalent de l'empreinte carbone annuelle de 40 000 personnes, soit la population de la ville voisine de Châteauroux», assure Dimitri Guyot, cofondateur et directeur technique d’Horizom. Les broyats de bambou pourront être valorisés sur de nombreux marchés en forte croissance tels que les biomatériaux, la biochimie, la bioénergie. «Le bambou récolté et commercialisé permet de générer des rendements à partir de la 5ème année de culture, et de dégager un excédent brut d’exploitation (EBE) annuel atteignant 2 500 € par hectare dès la 8ème année», souligne Christophe Downey, cofondateur et directeur général d’Horizom. Quatre emplois à plein temps seront créés pour la gestion quotidienne de l’exploitation, ainsi que de 15 à 20 emplois saisonniers recrutés localement pour la plantation.

Prix du lait: Savencia et Sunlait entrent en «médiation privée» pour deux mois

La laiterie Savencia et l’association d’organisation de producteurs (AOP) Sunlait ont commencé une «médiation privée» pour une durée de «deux mois, avec peut-être une pause pendant les fêtes de fin d’année», a expliqué le vice-président de Sunlait, Landry Rivière à Agra Presse, confirmant une information du média Contexte. Le médiateur, choisi par les deux parties, est l’ancien président du tribunal de commerce de Paris, Frank Gentin. «Nous voulons trouver un accord équilibré pour les deux parties», indique Landry Rivière. L’accord-cadre régissant les relations entre Savencia et Sunlait est arrivé à échéance le 1er novembre. La collecte se poursuit sur la base des contrats d’application signés individuellement par les producteurs, conformément à un avis publié par le médiateur des relations commerciales agricoles, Thierry Dahan. Ce dernier considère que la laiterie peut continuer de collecter les producteurs dont le contrat individuel est toujours «en cours de validité» malgré la fin de l’accord avec leur organisation de producteurs. Il recommande que la laiterie fixe tous les mois «un prix non discriminatoire par rapport à celui dont bénéficient les autres producteurs de la laiterie placés dans des conditions d’exploitation équivalentes» en termes de zone géographique et de qualité du lait.

Lait: L214 épingle un élevage de 160 vaches en Haute-Marne livrant la fromagerie Ermitage

L’association abolitionniste L214 révèle, le 26 novembre, des images montrant, selon elle, des «dysfonctionnements» dans un élevage laitier de 160 vaches à Leschères-sur-le-Blaiseron en Haute-Marne. L’association dénonce des pratiques entrainant des «souffrances supplémentaires pour les animaux»: absence d’accès à l’extérieur et de «zone de couchage propre et paillée», sols «souillés et glissants», «coups de bâton», etc. Dans un communiqué, L214 explique avoir «alerté les services vétérinaires de la préfecture de la Haute-Marne». Selon l’association, l’élevage livre son lait à la coopérative Ermitage. L214 demande à la laiterie de «rompre son contrat avec cet élevage». Elle indique avoir envoyé un signalement à la DGCCRF (Répression des fraudes) «au sujet de la communication trompeuse de la fromagerie Ermitage». En effet, celle-ci est axée sur le pâturage. Or, dans l’élevage visé, «les vaches sont enfermées dans des bâtiments insalubres, sans aucun accès à l’extérieur», dénonce L214. D’après le communiqué de l’association, le responsable de l’exploitation serait maire de la commune de Leschères-sur-le-Blaiseron et membre du conseil d’administration de la FDSEA. 

Viandes : l’abattoir d’Auch se diversifie en porc, ovins et caprins

Spécialisé dans l'abattage de bovins (capacité de 4000 tec), l'abattoir d'Auch vient de mettre une nouvelle chaîne d'abattage de 500 tec en phase de test, qui doit lui permettre de se diversifier en porcins, ovins et caprins, rapporte la presse régionale. L’unique abattoir du département, fragilisé par le départ de son apporteur principal, Bigard, a vu son tonnage tomber à 2 800 tec pour les 9 premiers mois de 2024, rapporte la préfecture à l'issue d’une réunion technique début octobre. Lors de cette réunion, Bernard Pensivy, président du Grand Auch, a appelé les éleveurs du territoire à l’utiliser et a salué «l’implication de la coopérative Vivadour, sa filiale Vignasse-et-Donney, et ses partenaires Maison Jucla et Gers Distribution». Le plan de développement présenté en février 2024 prévoit la diversification et la montée de la capacité d’abattage de bovins à 5 500 tec. L’établissement, propriété de l’agglomération depuis 2015, est géré par Alliance Abattoir Auch-Gers (3A-Gers). Cette société y consacre 1,7 million d’euros d’investissements, financés sur fonds propres avec le soutien de tous les échelons de collectivités publiques.

Volailles de chair: la hausse de consommation s’accélère en 2024 (interprofession)

Sur les neuf premiers mois de 2024, la consommation de viande de volaille des Français a progressé de 10,2% en un an, augmentant plus vite qu’avant la période Covid (+13,8% par rapport à 2019), a indiqué l’interprofession Anvol le 26 novembre. En 2023, les ventes avaient augmenté de 3,6% sur l’ensemble de l’année (en magasins et RHD). Cette demande croissante est toujours alimentée notamment par l’import, qui gagne 3,8% en volume début 2024, pour le poulet (+3,4% en 2023). À noter la forte hausse (+15,3%) des produits élaborés, troisième catégorie de produits importée derrière les filets et les cuisses. Après plusieurs années d’influenza aviaire, la production française confirme sa reprise (+14,7% en un an sur les neuf premiers mois de 2024), avec un «rebond très marqué pour les canards» (+55%), dont la production avait été très pénalisée par la maladie. Après deux années à souffrir de l’inflation, les marchés des volailles Label rouge et bio «semblent se stabiliser depuis deux mois», a affirmé Bernard Tauzia, président du Synalaf (volailles label), en conférence de presse. Sur les neuf premiers mois de 2024, les mises en place en élevages accusent tout de même un recul de 4% pour le Label rouge et de 1% pour le bio (en un an).

Porc: les industriels de la charcuterie ont besoin de hausses

Les industriels de la charcuterie de la Fict constatent que leur situation économique ne s’améliore pas et considèrent que des hausses tarifaires s’imposent pour 2025, pour maintenir à flot des PME et reprendre les investissements. La fédération a rappelé cette nécessité ce 26 novembre, en célébrant les 100 ans de la fédération. «30% des entreprises sont dans le rouge», a rappelé la présidente Christiane Lambert en conférence de presse avant le rassemblement d’industriels, en grande majorité des PME. La Fict a dénombré 27 défaillances en 2023. En dépit d’une certaine résistance due aux capitaux propres familiaux, Christiane Lambert a affirmé que «passer des hausses sera déterminant» dans les négociations commerciales pour 2025. Et la Fict de présenter quelques cumuls à date de hausses de coûts par rapport à 2021: 43% sur le porc (sur les dix premiers mois de 2024), 48% sur l’électricité et 19% sur les emballages plastique (sur neuf mois), 13% depuis deux ans pour le Smic. La Fict s’alarme de l’augmentation des incapacités à payer mesurée par la Banque de France au premier semestre 2024 et de la baisse du taux d’investissement de 33% en 2023 selon une étude réalisée pour le secteur par la même institution.

Porc/bien-être animal: moins de caudophagie sur sol plein ou caillebotis partiel (rapport)

L’élevage porcin sur sol plein, parce qu’il permet le paillage, favorise les comportements naturels et réduit les risques de caudophagie, confirme le Centre national de référence pour le bien-être animal (CNR BEA) dans une synthèse bibliographique sur les avantages et inconvénients des différents types de sols. Le CNR BEA a rendu le 22 novembre son avis, un an après sa saisine par quatre organisations de défense des animaux d’élevage*. Il en ressort, entre autres, que si les sols alternatifs au caillebotis intégral nécessitent une meilleure gestion de la ventilation et plus de surfaces disponibles, ils permettent de réguler les comportements et en particulier la caudophagie. Les experts reconnaissent toutefois que le caillebotis intégral reste le type de sol majoritaire aujourd’hui en France, et que le changement de sol ne va pas de soi. Aussi le document présente-t-il différentes possibilités d’amélioration du bien-être des porcs quel que soit le type de sol. Il mentionne à cet égard les obligations découlant de la directive 2008/120/CE «établissant les normes minimales relatives à la protection des porcs», dont celle de réduire le recours à la caudectomie systématique.
*CIWF, Welfarm, OABA et LFDA

Réseaux sociaux: une viticultrice à la tête de FranceAgriTwittos

Viticultrice et pépiniériste dans le Sud-Ouest, Christine Point-Garion a été nommée présidente de FranceAgriTwittos, rapporte, dans un communiqué paru le 25 novembre, l'association qui fédère des «agriculteurs, professionnels du secteur agricole et citoyens curieux» actifs sur les réseaux sociaux. Créée en 2017, la structure s'est donnée pour vocation de «communiquer positivement sur l’agriculture». Christine Point-Garion succède à Denis Beauchamp.