Titres-restaurant : le projet du gouvernement, un fonds d'aide alimentaire prévu
La ministre du Commerce et des PME Véronique Louwagie a présenté le 26 juin son projet de réforme des titres-restaurant, qui doit être débattue avant fin 2026, mais dont la forme (projet ou proposition de loi) n’est pas encore arrêtée. Pour inciter à la consommation, il ne sera plus possible de prolonger la validité des titres au-delà d’un an. Le plafond quotidien, fixé à 25 euros, reste inchangé, mais l’utilisation sera possible tous les jours de la semaine, y compris le dimanche, sauf les jours fériés, et dans toute la France (aujourd’hui, elle est limitée aux départements limitrophes du lieu de travail). La dématérialisation est prévue pour 2027. La réforme prévoit aussi d’interdire les remises de fin d’année, procédé commercial qui consiste à vendre à bas prix des titres-restaurant aux employeurs, ce qui engendre en compensation des commissions plus hautes sur les commerçants. Autre mesure : la ministre compte récupérer les titres gelés, des sommes non utilisées quand un salarié quitte son entreprise, évaluées autour d’une dizaine de millions d’euros, pour les aiguiller vers un fonds d’aide alimentaire. Pour permettre les dons avec la dématérialisation, le gouvernement souhaite également obliger les émetteurs à prévoir sur leurs applications un espace réservé aux dons associatifs.
Nutrition/climat : viande, publicité ou Nutri-Score, l’avis du CNTE sur la Snanc
Dans son avis sur la Snanc (stratégie alimentation nutrition climat) publié le 26 juin, le Conseil national de la transition écologique (CNTE) aboutit à des « compromis », commente à Agra Presse une source associative au sein de l’instance. C’est le cas sur la réduction de la consommation de viande. Le CNTE ne recommande pas de fixer un objectif chiffré (la Snanc n’en contient pas), cependant il « souligne l’importance d’une alimentation (…) dans le respect des recommandations alimentaires du PNNS ». Pour rappel, ce Plan nutrition santé recommande de limiter la consommation de viande, hors-volaille, à 500g par semaine et de charcuterie à 150g. Côté marketing, le CNTE recommande « un travail spécifique sur la publicité », « voire de la réglementer sous certaines conditions et selon les supports », s’agissant des « produits à consommer avec modération au regard de leur impact » (santé, environnement). Il cite l’audiovisuel mais aussi les « espaces publics urbains et ruraux », « arrêts de bus », « panneaux », « vitrines »… L’avis acte « des désaccords entre les membres du CNTE » sur le Nutri-Score, notamment sur le fait de le rendre obligatoire ou non. L’avis a obtenu 39 votes « pour », deux abstentions (Amis de la Terre, Union des entreprises de proximité), zéro vote « contre ». Une dizaine de membres « n’ont pas pris part au vote » dont JA, la Fédération de la pêche (FNPF) ou la LPO.
Sécheresse : restrictions d'usages agricoles dans plusieurs départements (presse)
D'après le service Vigie Eau du gouvernement, les préfets de trois départements (Loiret, Ardennes et Pyrénées orientales) ont déclarés, au 26 juin, certaines zones géographiques en « situation de crise » au regard du manque d'eau. Dans le Loiret, « les prélèvements agricoles en cours d’eau et nappes d’accompagnement sont interdits ainsi que les prélèvements en eau souterraine du samedi 8h au lundi 8h et le prélèvement dans le complexe aquifère de Beauce », rapportent nos confrères de Réussir. Les « prélèvements agricoles sont interdits » dans les zones en crise des Pyrénées-Orientales, à certaines exceptions (p.ex. abreuvement, retenues déconnectées du cours d'eau en période d'étiage »), explique Réussir. Par ailleurs, huit départements sont déclarés en alerte renforcée, avec des restrictions diverses concernant les usages agricoles, 14 départements sont en alerte et 24 en vigilance.
Eau : en 2050, 88% de l’Hexagone en « tension modérée ou sévère en été » (étude)
Le Haut-commissariat à la stratégie et au plan (HCSP) a publié, le 25 juin, une analyse sur l’eau, où il confronte la demande théorique aux ressources projetées en 2050 (voir la note et le document de travail). A l'horizon 2050, « sans inflexion des tendances actuelles », « 88 % du territoire hexagonal pourraient être en situation de tension modérée ou sévère en été en matière de prélèvements », prévoient les auteurs. Des restrictions d’usage (agriculture, industrie, particuliers) « seraient alors probables sur la quasi-totalité du territoire, comme en 2022 », une année très sèche. En guise de comparaison, le HCSP rappelle que début septembre 2022, « les mesures de restriction effectives » via « des arrêtés sécheresse » s’appliquaient à « 86 % du territoire hexagonal ». Si la France ne modifie pas sa gestion de l'eau, ou s'en tient aux dernières mesures mises en œuvre, alors en août, « près de 90% des bassins versants sont touchés par une dégradation de la situation hydrique entre 2020 et 2050 », a chiffré la coautrice Hélène Arambourou ; dans le scénario de rupture (société sobre en eau), cette dégradation « survient dans environ la moitié des bassins versants ». Avec une politique « de rupture », la part du territoire en tension hydrique descendrait à 64 % (au lieu de 88%).
Cabinets de conseil : Solagro projette de séparer juridiquement ses activités
Dans son rapport d'activité 2024 diffusé le 26 juin, le cabinet de conseil Solagro annonce un « processus de réorganisation » lancé à l'été 2024 qui pourrait aboutir en 2026 à la séparation de ses activités en plusieurs entités. « La croissance de l'organisation (52 salariés et salariées fin 2024) et la diversité croissante de ses activités rendent [leur] articulation de plus en plus difficile à maintenir dans un cadre statutaire unique », peut-on lire. L'objectif est de « distinguer deux volets aujourd'hui imbriqués », pour créer d'abord deux entités d'ici la fin de l'année : une association indépendante nommée Afterres, « qui portera l'ensemble des missions non concurrentielles d'intérêt général : animation de réseau, diffusion, plaidoyer, prospective, outils pédagogiques... » ; et une coopérative (Scic) nommée Solagro, qui regroupera les activités « d'ingénierie, d'études, d'accompagnement technique, et l'ensemble des prestations réalisées dans un cadre concurrentiel ». À horizon 2026, Solagro envisage aussi la filialisation de son activité d'ingénierie en méthanisation pour lui donner davantage de « capacité de croissance ». Le personnel actuel serait salarié par un groupement d'employeurs qui le mettrait à disposition des différentes entités.
Reliquats d'aides bio : un CSO et un Comité État-Régions convoqués le 1er juillet
La date circulait depuis plusieurs semaines, mais les invitations ont enfin été reçues par les parties prenantes : un conseil supérieur d'orientation (CSO) et un Comité État-Régions est organisé le 1er juillet par le ministère de l'Agriculture. L'ordre du jour du CSO sera la mise à jour du plan stratégique national (PSN), la déclinaison française de la Pac ; l'enveloppe de reliquats d'aides bio, estimée à 257 millions d'euros (M€) non consommés en 2023 et 2024, devrait être au centre des discussions. La ministre a déjà annoncé que 50 M€ seraient alloués aux aides à l'investissement, et qu'une autre partie – dont le montant n'est pas connu – revaloriserait les éco-régimes bio. Elle a aussi promis que plus de 55 M€ abonderaient l’enveloppe de l’aide complémentaire au revenu des jeunes agriculteurs. La déclinaison nationale du paquet européen de Simplification pourrait également être évoquée. Quant au Comité État-Régions, il portera sur les aspects budgétaires de la réforme de la Pac post-2027, alors que le cadre financier pluriannuel (CFP) de l'Union européenne doit être présenté le 16 juin.
Machinisme : Bruxelles simplifie ses prescriptions en matière de freinage
Dans un règlement délégué publié au Journal officiel de l’UE le 12 juin, la Commission européenne simplifie la législation de l’UE concernant les prescriptions en matière de freinage pour les véhicules agricoles et forestiers. Dans les faits, il est désormais possible pour les tracteurs équipés d’une double ligne hydraulique de freinage d’être attelés à des outils en simple ligne. Bruxelles justifie sa décision par le fait qu’« un nombre important de véhicules tractés sont encore utilisés avec des attelages à simple ligne ». Elle ajoute des dispositions techniques afin de « prévenir les accidents provoqués par des systèmes de freinage mal reliés » mais également « de garantir le bon fonctionnement des véhicules tractés équipés d’un système à simple ligne lorsqu’ils sont attelés à des tracteurs dotés de deux conduites de commande ». Le nouveau texte rappelle que « l’immatriculation ou la mise en service de tracteurs neufs équipés de systèmes de freinage uniquement compatibles avec des liaisons hydrauliques du type à une seule conduite » est interdite depuis le 1er janvier 2025. Plusieurs autres problèmes de conformités ont émergé ces derniers mois, soulignaient nos confrères de la France agricole dans un article le 5 juin.
Légumes/restauration : la filière pousse Global Gap dans les objectifs Egalim
Légumes de France devrait rencontrer en juillet Virginie Bernois, la nouvelle conseillère d'Annie Genevard en charge des filières végétales, a appris Agra Presse le 26 juin. Principal dossier à l'ordre du jour : les certifications environnementales de niveau 2 et 3 (HVE) – dont la quatrième version récemment validée pourrait faire sortir « 70 % des exploitations maraîchères du référentiel ». Dans un courrier envoyé à la conseillère, qu’Agra Presse a pu consulter, le syndicat prend acte qu'il n'est plus possible de faire évoluer cette quatrième version de la HVE, qui permet d'accéder au niveau supérieur des éco-régimes. « Le cabinet nous a confirmé (...) que tout retour en arrière était impossible », est-il indiqué. Reste le dossier des objectifs d'approvisionnement Egalim (restauration collective), dans lesquels figure le niveau 2 de la certification environnementale, jusqu'en 2027, date à laquelle il doit être remplacé par la HVE. La filière est à la manœuvre pour limiter les impacts. D'un côté, l'interprofession Interfel pousse pour un report de cette date. De l'autre, Légumes de France voudrait qu'ensuite la HVE soit remplacée par une certification privée comme Global Gap, largement développée dans les OP et les coopératives légumières, à la HVE. En attendant, le syndicat propose aussi que Global Gap soit déclaré équivalent au niveau 2 de la certification environnementale.
Fleurs/1er mai : la PPL assouplissant le Code du travail approuvée en commission
La commission des Affaires sociales du Sénat a approuvé le 25 juin la proposition de loi visant à permettre à certains salariés de travailler le jour de la fête du Travail, rapporte le site Public Sénat. Il s’agit d'une forte demande des fleuristes et des boulangers. « Originellement, je ne pensais pas que nous aurions à légiférer sur ça. Je pensais qu’une simple circulaire de la ministre aurait suffi, mais il s’avère que, juridiquement, ça n’est pas le cas », explique le sénateur centriste du Nord Olivier Henno, rapporteur de ce texte. Un amendement reconnaissant la spécificité du 1er mai comme jour férié chômé a été introduit dans la PPL, pour « ne pas risquer une ouverture généralisée de tous les commerces ». Le rapporteur a tenu à faire entrer dans le texte la liste des commerces concernés par cette dérogation : outre les fleuristes et les boulangeries, les jardineries y sont ajoutées. La gauche a reproché au texte de « vouloir transformer le 1er mai en une sorte de dimanche, les dérogations au repos hebdomadaire obligatoire étant plus souples que pour la fête du Travail ». La proposition de loi sera débattue en séance publique le 3 juillet.
Lait : « AG éclair » au Cniel, selon la FNPL, « classique » selon l’interprofession
Le Cniel a tenu son assemblée générale le 26 juin, a-t-on appris auprès de l’interprofession laitière, confirmant une information de la FNPL (producteurs de lait, FNSEA). Dans un communiqué du même jour, le syndicat pointe « une AG éclair qui évite les sujets ». La réunion a duré « 30 minutes pour valider le budget », une brièveté qui reflète selon la FNPL « l'impossibilité de se mettre d'accord sur un projet stratégique ». Contacté par Agra Presse, le Cniel précise qu’il s’agissait d’une « AG statutaire annuelle, d’une durée classique par rapport aux autres AG de l’interprofession ». À cette occasion ont bien été approuvés, « à l’unanimité », le rapport d’activité et les comptes 2024, « conformément à l’ordre du jour envoyé le 13 juin ». Le Cniel ajoute que « l’AG n’a pas été suivie d’un conseil d’administration » et que « les sujets interprofessionnels en cours – et notamment la finalisation du projet stratégique triennal 2026-2027 – seront discutés lors des prochaines instances interprofessionnelles ». Depuis plusieurs mois, les relations sont tendues au sein de l’interprofession : les discussions autour des indicateurs de prix beurre-poudre sont toujours à l’arrêt. Fin 2024, c’était le dossier des indicateurs de coût de production qui bloquait ; un différend qui s’est résolu en janvier.
Lait : 75 % des éleveurs déclarent se prélèver moins de 2 000 €/mois (étude)
Selon une étude publiée par le réseau coopératif Innoval (génétique), les éleveurs laitiers sont 75 % à déclarer se prélever moins de 2 000 €/mois (par UTH, unité de travail humain) dont 45 % moins de 1 500 €/mois. Cette enquête titrée Organiser le travail pour mieux en vivre, à laquelle ont pris part plus de 1720 répondants éleveurs bovins laitiers, allaitants et caprins (dont 50% spécialisés en bovins laitiers) début 2025, montre aussi que 25 % déclarent se prélever plus de 2 000 € dont 5 % plus de 3 000 €. Ceux ayant une autre activité d’élevage sur l’exploitation déclarent des revenus plus élevés tandis que les éleveurs allaitants sont plus représentés dans les prélèvements inférieurs à 1 500 €. La fluctuation des cours des produits et la hausse des charges sont identifiées comme les premiers facteurs d’incertitude pour 86 % des répondants. Les aléas apparaissent comme le second défi, notamment les aléas climatiques pour 57 % des répondants. « Ce chiffre a plus que doublé en deux ans (cité par 26 % des répondants en 2023), signe d’une prise de conscience forte de la part des éleveurs, en première ligne face au dérèglement climatique », commentent les auteurs.
ICPE Élevage : la Conf' dénonce « l'opacité » de la consultation par les ministères
Réagissant à la présentation par des services du ministère de la Transition écologique, le 23 juin, d'une première version de leur projet de réécriture de l'article 3 dédié aux installations classées (ICPE), qui vise à sortir l'élevage du régime du « droit commun », la Confédération paysanne regrette, dans un communiqué le 26 juin, de n'y avoir pas été invitée, et dénonce « une opacité à tous les étages ». En effet, parmi les professionnels présents, seules la FNSEA, certaines de ses associations spécialisées, les chambres d'agriculture et la Coopération agricole, étaient représentées, selon les professionnels interrogés, mais pas les syndicats agricoles minoritaires. Or, pour la Conf', « sur de tels sujets, la loi oblige les ministères à consulter l'ensemble des organisation syndicales agricoles représentatives ». Et de dénoncer « un passage en force sur un sujet important et complexe qui engage l'avenir des éleveurs et éleveuses ». La Conf' rappelle qu'elle n'est pas favorable au relèvement des seuils ICPE, qui ne va, selon elle, « pas favoriser le renouvellement des générations, ni améliorer le revenu à partir de prix garantis, et pas plus permettre l'accès à des abattoirs relocalisés ».
Biocarburants : ABF menace de fermer la plus grande usine du Royaume-Uni (presse)
Le groupe britannique ABF (Associated Britsh Food) a annoncé qu’il pourrait fermer la plus grande usine d’Angleterre de production de bioéthanol (à partir de blé notamment) avant le 13 septembre (correspondant à la clôture de son année fiscale) s’il n’obtenait pas de soutien de la part des autorités, indique le média Reuters dans un article du 26 juin. Le nouvel accord de libre-échange conclut avec le Royaume-Uni est pointé du doigt par l’industriel, qui supprime les droits de douanes de 19 % sur l’éthanol états-unien, dans la limite d'un quota de 1,4 milliard de litres, ce qui représente la totalité du marché britannique de l'éthanol, soulève le média. Le groupe britannique a précisé qu'il allait entamer « des consultations avec ses salariés en vue d'une fermeture ordonnée de son usine, tout en poursuivant les discussions avec le gouvernement, qui se serait désormais engagé à trouver une solution durable », peut-on lire dans l’article. En termes de soutien, ABF réclame l’augmentation du taux d’incorporation d’éthanol dans l'essence britannique de 10 % à 15 %, et de soutenir le développement du carburant d'aviation durable. Il demande également une aide financière temporaire allant jusqu’à 150 millions de livres sterling.
Céréales/analyses : Auréa (Arvalis) cède sa branche environnement et se recentre sur l’agricole
Dans un communiqué du 26 juin, le groupe d’analyses Auréa AgroSciences (filiale d’Arvalis) annonce qu’il « cède sa branche Environnement au groupe Carso » pour se recentrer sur ses « activités historiques » dans le secteur agricole. Deux sites sont concernés : Canéjan (Gironde), pour la microbiologie dans les produits organiques ; et La Rochelle (Charente-Maritime), pour les boues, la méthanisation, les matières fertilisantes et les eaux. À partir du 1er juillet, ils seront réunis « sous la nouvelle entité Lanae Laboratoire (Laboratoire d’analyses Nouvelle-Aquitaine Environnement) », précise Carso sur LinkedIn. L’opération « marque un réalignement stratégique pour Auréa AgroSciences », indique l’entreprise, qui « conserve ses activités historiques » (analyses de terre, reliquats d’azote, analyses de végétaux et supports de culture, prélèvement et expertise agronomique). Après la cession, Auréa (140 salariés, 17 M€ de CA) comprend deux laboratoires, à Ardon (Loiret) et Blanquefort (Gironde), ainsi qu’un site support à La Membrolle-sur-Choisille (Indre-et-Loire). Avec 50 % de parts de marché, l’entreprise se revendique « leader français des analyses agronomiques et agro-environnementales ». Quant au groupe Carso (2 500 salariés, 230 M€ de CA), il se pose comme « leader en France des prestations analytiques » dans de nombreux domaines.
Céréales/semences : Limagrain projette d’investir 200 M€ dans ses activités locales
Lors de la conférence de presse des 60 ans de Limagrain à Paris le 26 juin, le directeur général Sébastien Chauffaut a indiqué que le groupe coopératif et semencier basé dans le Puy-de-Dôme prévoyait « un d'investissement de 200 M€ sur le territoire ». Plus en détail, les 200 M€ comprennent des investissements à hauteur « de 60 M€ déjà validés par le conseil d’administration », précise le dirigeant, portant sur la reconstruction de deux installations, pour 30 M€ chacune, sur la zone agro-industrielle d’Ennezat. La première concerne un silo de stockage de maïs. L’autre porte sur un magasin automatisé pour le stockage de semences. Les travaux des deux sites ont débuté durant la fin de l’année 2024, pour une date d’entrée en service prévue en juin 2026. Un autre projet concerne l’usine de production de semences d’Ennezat, et sera financé grâce aux 140 M€ restants. « Il s’agit d’un projet de construction d’une nouvelle usine afin de remplacer celle créée au début des années 70. Il est en cours d’étude à ce stade », explique par mail Sébastien Chauffaut.
Semences : Limagrain craint pour l’avenir du crédit d’impôt recherche
Lors de la conférence de presse des 60 ans du groupe semencier et agroalimentaire Limagrain à Paris le 26 juin, le directeur général Sébastien Chauffaut a fait part de son inquiétude au sujet d’une éventuelle réduction du crédit d’impôt recherche (CIR). « Je ne pense pas que le gouvernement en arriverait là, mais une suppression totale du dispositif nous coûterait environ 35 M€ », a-t-il déclaré. Le dirigeant a indiqué avoir obtenu des informations, la veille, faisant état « de sénateurs LR qui seraient ouverts à une logique de réduction du CIR ». Sébastien Chauffaut a rappelé que le budget recherche et développement de Limagrain « s’élève en 2024-2025 à 320 M€. Une réduction voire une suppression du CIR aurait des effets significatifs sur nos activités ». Ainsi, le groupe semencier et agroalimentaire appelle à le maintenir. « Nous ne nions pas qu’il y ait probablement des mauvaises utilisations ou des abus. Mais cela ne doit pas nuire à ceux qui en font bon usage », plaide le directeur général. Il rappelle par ailleurs que l’entreprise fait face à des concurrents internationaux (Syngenta, Corteva etc.) massivement soutenus par leurs états. Limagrain emploie environ 2 200 chercheurs, dont 700 sur le territoire français.
Commerce international : la dépendance de la France s’accroit, pointe CCFD Terre Solidaire
Dans son Observatoire de la souveraineté alimentaire présenté en conférence de presse le 26 juin, l'association CCFD Terre Solidaire montre, que la dépendance alimentaire de la France s’accroît à l’égard des pays tiers tandis que les exportations françaises compromettent la souveraineté de pays les moins avancés (PMA). « Entre 2000 et 2019, nos importations agricoles et alimentaires ont doublé, passant de 28 à 56 Md Euros », peut-on lire dans la synthèse du rapport. Le Maroc apparaît comme le principal pays en développement (PED) fournisseur de la France en valeur (1,8 Md d’euros en 2024). La tomate d’exportation marocaine, qui assure 76% des importations françaises selon le rapport, « fait une concurrence déloyale aux agriculteurs marocains en termes de ressources et de financements », a dénoncé Badia Aarab représentante de la Fédération nationale du secteur agricole du Maroc. Du côté des exportations françaises, le Sénégal est mis en avant. C’est le principal PMA client de la France, qui lui a acheté en 2024 pour 263 millions d’euros produits (notamment des céréales et produits laitiers). Des achats qui maintiennent ce pays en « situation de dépendance ».
Vin : Marine Descombe élue présidente de l’interprofession des vins de France
L’Anivin de France (interprofession des vins de France) annonce l’élection de la vigneronne Marine Descombe (36 ans) à sa tête. C’est « la première femme et la plus jeune » présidente de l’association, souligne le 21 juin un post sur le réseau social LinkedIn. Elle remplace Serge Tintané, selon la règle d’alternance entre familles de la production et du négoce. Marine Descombe était déjà membre du conseil d'administration et présidente de la commission Publi-promotion. Cette diplômée de Kedge Business School a rejoint en 2013 l'entreprise familiale, qui a fait l’acquisition du Château de Pougelon (Beaujolais) et du Domaine Passy le Clou (Chablis). L’Anivin de France revendique plus de 900 membres, incluant caves, maisons et vignerons indépendants.
Grande distribution : départ de Layla Rahhou, d.g. de la FCD
Layla Rahhou, déléguée générale de la Fédération du commerce et de la distribution (FCD) va quitter ses fonctions cet été, a-t-elle indiqué à l'AFP le 26 juin. Elle va « se consacrer à d'autres projets professionnels », fait-elle savoir dans un message transmis à l'AFP. Nommée en avril 2024 déléguée générale de la FCD, organisation présidée par Alexandre Bompard, p.-d.g. de Carrefour, Layla Rahhou ne sera restée qu'un peu plus d'un an à ce poste, où elle avait succédé à Jacques Creyssel, délégué général de la fédération pendant plus de 13 ans. En tout, elle aura passé cinq ans au sein de la fédération patronale, où elle occupait auparavant le poste de directrice des affaires publiques. La FCD représente l'ensemble de la grande distribution alimentaire, notamment depuis l'adhésion en 2024 des enseignes d'indépendants E. Leclerc et Les Mousquetaires/Intermarché, respectivement numéro un et trois du secteur.
Précision au sujet de l’apport total
Dans l’Agrafil daté du 26 juin, il est indiqué par erreur que « les éleveurs laitiers adhérents d’une OP (organisation de producteurs) doivent apporter tout leur lait au transformateur ». Or, cet apport total du lait doit être fait à l’OP et non au transformateur.
Agenda de la semaine agricole du 30 juin 2025
Lundi 30 juin
Commission mixte paritaire (CMP) concernant la PPL Entraves
Assemblée générale de la fédération nationale des artisans fleuristes
Visioconférence du projet Colocavo (logement des veaux laitiers), par l'Idele
Mardi 1er juillet
Début de la présidence danoise du Conseil de l'UE
7e rapport annuel du Haut Conseil pour le climat
Conférence du Haut commissariat au plan sur le « choc hydrique à 2050 »
Conseil supérieur d'orientation et Comité État-Régions (reliquats aides bio de la Pac)
Débat territorial sur l'élevage par la chambre d'agriculture de Bretagne, à Brest
Visioconférence du ministère de l'Agriculture sur le revenu des agriculteurs
Jeudi 3 juillet
Assemblée générale du Snia (nutrition animale)
Congrès des Vignerons coopérateurs
Conférence semestrielle du Sedima (distributeurs de machines)
Examen de la PPL sur le travail le 1er mai au Sénat
Atelier Refaur « Agriculture urbaine et PAT » à Cergy (Val d’Oise)
Visioconférence du RMT Travail en agriculture sur le handicap
Matinale « Agriculture régénératrice et coopératives », à la Maison du lait
Séminaire « Santé des sols » de l’Areflh (fruits et légumes) et du CNRS, à Bordeaux
La Banque de France et la région Bretagne présentent une étude sur l'agroalimentaire breton
Vendredi 4 juillet
Journées d'été des Amis de la Conf' (Deux-Sèvres), jusqu'à dimanche
Conférence UniLaSalle/Agridées sur le changement climatique et les exploitations agricoles, à Beauvais