Pac : les Vingt-sept toujours aussi remontés contre la structure juridique de la réforme
Lors de la réunion du Conseil Agriculture le 27 octobre à Luxembourg, les 17 ministres de l’Agriculture qui demandent à la Commission européenne de regrouper l’ensemble des dispositions de la future Pac dans un même acte juridique afin de garantir la cohérence des règles ont adressé leurs critiques directement au commissaire européen Christophe Hansen. Celui-ci s’est toutefois contenté d’indiquer qu’il en avait pris « bonne note » et s’est engagé à « en tenir compte dans les négociations à venir afin de garantir que la Pac demeure un outil solide et efficace de soutien à l'agriculture européenne ». Le ministre tchèque de l’Agriculture a prévenu qu’il ne souhaitait pas aller plus en avant dans les discussions sur la Pac tant que les sujets du budget et de la structure juridique de la proposition ne seraient pas réglés. Son homologue espagnol a, lui, estimé que ce n’est qu’une fois que les chefs d’État et de gouvernement de l’UE auront commencé à discuter du dossier (lors de leur réunion des 18 et 19 décembre à Bruxelles) que les débats pourront réellement débuter. Pourtant, Christophe Hansen souhaite lancer les discussions avec les ministres de l’Agriculture sans attendre de décision sur le budget. Il a indiqué que ses services allaient prendre contact avec chaque État membre à partir du 1er janvier pour commencer à préparer les recommandations (autre sujet de préoccupation des Vingt-sept) que Bruxelles leur adressera pour orienter les futurs plans stratégiques.
Pac : sans elle, la production agricole de l'UE diminuerait de 11 % (étude)
Alors que les discussions sur la future Pac démarrent juste, le Centre commun de recherche (JRC, Commission européenne) a publié le 27 octobre un travail comparant trois scénarios théoriques pour l’avenir de cette politique : l’absence totale de Pac, une Pac axée sur la productivité et l’innovation, ou une autre concentrée sur les question d’environnement et de climat. Premier constat : sans Pac la production agricole de l’UE chuterait (-11 %), affectant en particulier les plus petites exploitations, les revenus reculeraient (-5 %) avec, en parallèle, un intensification des productions. Le scénario qui oriente le soutien de la Pac vers des interventions sur l'environnement et le climat permettrait, lui, des gains considérables en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre (-1,7 %) ou de la pollution azotée (-2 %), mais la production agricole diminuerait de 4 % ; les prix alimentaires augmenteraient de même que les importations. Et, « en réduisant sa propre production, l’UE pourrait déplacer la demande vers des régions du monde où l’agriculture est moins efficace en carbone », soulignent les auteurs. Ils semblent pencher, dans une certaine mesure, pour le scénario « productivité et innovation » qui a certes un impact environnemental non négligeable (+0,5 % d’émissions de GES, +1,4 % d'excédent d'azote, diminution de la diversité des cultures), mais se traduirait par une augmentation de 2,7 % de la production agricole dans tous les secteurs, une baisse des prix alimentaires et une amélioration des performances commerciales.
Importations ukrainiennes : la révision de l’accord commercial entrera en vigueur le 29 octobre
La révision de l’accord d’association entre l’UE et l’Ukraine entrera en vigueur le 29 octobre. Après le Conseil de l'UE, le comité d'association UE/Ukraine dans sa configuration « Commerce » a en effet formellement adopté, le 14 octobre, les nouvelles dispositions sur le commerce des produits agroalimentaires. Un accord révisé qui « apportera la prévisibilité nécessaire au secteur agricole et rendra également inutiles les mesures unilatérales », a indiqué le commissaire européen à l’Agriculture, Christophe Hansen, le 27 octobre, en marge du Conseil Agriculture de Luxembourg. Celui-ci évoquait les embargos sur les importations ukrainiennes de céréales imposés par certains États membres frontaliers. Ces derniers (Hongrie, Roumanie et Slovaquie) ont d’ailleurs présenté, à l’occasion de cette réunion, une demande de renforcement des mesures de sauvegarde dans l’accord avec l’Ukraine semblable à celui proposé dans le traité avec le Mercosur. Ces États membres pointent notamment le manque de réciprocité en matière de normes et craignent un alignement trop progressif. Bruxelles devrait adopter début novembre son paquet « Élargissement 2025 » ainsi que sa communication sur le suivi de la politique de pré-adhésion incluant un examen de l'adaptation des politiques européennes, dont la Pac, à l'élargissement.
Déforestation : les ministres de l'Agriculture de l'UE et le Coceral insistent pour un report
Une majorité des ministres de l’Agriculture réunis le 27 octobre à Luxembourg a demandé à la Commission européenne de reporter d’une année supplémentaire l’entrée en vigueur du règlement pour lutter contre la déforestation. Le 23 octobre, l’exécutif européen avait pourtant préféré – contrairement à ce qu’il avait annoncé un mois auparavant – proposer des simplifications exemptant une grande partie des petits opérateurs, sans report du texte pour les autres entreprises. Le Coceral (représentant le secteur européen du commerce de grain) souhaite aussi un report. Dans un communiqué du 27 octobre, il estime qu’il s’agit de la « seule solution viable pour éviter des pénuries d'approvisionnement en 2026 et préserver la compétitivité des industries et des consommateurs de l'UE ». Pour le Coceral, le changement de position de la Commission a « semé la confusion sur le marché (…) rendant difficile pour les opérateurs de respecter l'échéance de mise en conformité du 31 décembre 2025 », ce qui pourrait entraîner « de graves perturbations de la chaîne d'approvisionnement » pour les industries européennes de l'alimentation animale et de la viande. La proposition de la Commission est entre les mains des colégislateurs qui vont devoir très rapidement trouver un compromis sur le sujet pour que les simplifications (ou éventuellement le report) entre en vigueur dès le 30 décembre 2025.
PLFSS 2026/cotisations sociales : la commission propose de tester le calcul sur l’année en cours
Le 27 octobre, dans le cadre de l’examen du PLFSS 2026 (financement de la Sécurité sociale) à l’Assemblée nationale, la commission des Affaires sociales a voté à l’unanimité l’expérimentation d’un système de cotisations sociales basé sur les revenus de l’année en cours pour les exploitants agricoles affiliés à la MSA. Actuellement, elles sont calculées sur la base des revenus des années précédentes N-1 ou triennal. La commission a voté un amendement de Charles de Courson (Liot) : « Cette réforme permettrait d’adapter les cotisations aux réalités économiques des agriculteurs et de sécuriser leur trésorerie, tout en garantissant le financement de la protection sociale agricole ». Un décret fixerait le délai minimal dans lequel les chefs d’exploitation ou d’entreprise doivent formuler cette option préalablement à sa prise d’effet, sa durée minimale de validité et les conditions de sa reconduction et de sa dénonciation. Les chefs d’exploitation ou d’entreprise agricole ayant dénoncé l’option ne pourraient pas la réexercer dans un délai de six ans. L’amendement été sous-amendé par le rapporteur général Thibault Bazin, afin que la disposition soit, pour l'heure, expérimentée sur deux années à partir du 1er janvier 2027, sans se substituer au dispositif en place (N-1 ou triennal).
PLFSS 2026/conjoints collaborateurs : exonération fiscale votée en commission
Durant la première matinée de lecture du PLFSS 2026 (financement de la Sécurité sociale) en commission des Affaires sociales le 27 octobre, les députés ont voté un amendement du rapporteur général Thomas Bazin concernant le statut de conjoint collaborateur. Il entend accélérer le basculement de ce statut, modifié par la loi « Chassaigne 2 » en 2022 et ne pouvant être conservé plus de cinq ans, vers celui de chef d’exploitation ou d’entreprise agricole. L’amendement voté propose de leur octroyer le bénéfice de l’exonération de cotisations sociales applicables aux jeunes agriculteurs, sans que la condition d’âge inhérente au dispositif ne s’applique. En revanche, elle ne s’appliquerait « qu’à la condition que les conjoints collaborateurs concernés justifient bien d’une durée d’affiliation de cinq années sous ce statut, qu’ils fassent le choix d’exercer en tant que chef d’exploitation ou d’entreprise agricole à titre principal ou exclusif et qu’ils s’engagent à conserver ce statut pendant au moins cinq ans », explique l’exposé des motifs. Au 1er janvier 2027, près de 10 000 personnes seront concernées.
Jeunes agriculteurs : une stratégie saluée par les Vingt-sept en dépit de sensibilités
Les États membres ont assez largement salué, le 27 octobre à l’occasion de la réunion des ministres de l’Agriculture de l’UE à Luxembourg, la stratégie de la Commission européenne pour le renouvellement générationnel en agriculture publiée le 21 octobre. Une thématique qui revêt un enjeu d’avenir pour l’ensemble des délégations. Mais, déjà, certaines dispositions du texte font débat. C’est le cas notamment de la recommandation de doublement de la part des paiements directs dédiés aux jeunes agriculteurs dans la Pac, de 3 % à 6 %. Une mesure trop ambitieuse pour certains États membres (Slovaquie, Slovénie, Lettonie ou encore République tchèque), alors que d’autres (Pays-Bas ou Bulgarie) la saluent. Pour la Lituanie, cet objectif n’est pas réalisable et se fera au détriment d’autres secteurs. De son côté, la France considère que ce seuil doit être fixé par les colégislateurs et non de manière unilatérale par la Commission européenne. Parmi les autres sujets sensibles évoqués par les ministres : la question des paiements directs accordés aux agriculteurs prenant leur retraite et la nécessité d’une Pac post-2027 forte dotée d’un budget adéquat.
Agrivoltaïsme/vin : vers une interdiction pour l'AOC côtes-du Rhône
Une nouvelle étape est franchie vers l’interdiction de l’agrivoltaïsme dans le vignoble AOC des côtes-du-Rhône, a appris le 27 octobre Agra Presse, confirmant une information du média Vitisphere. « C’est validé par l’Inao », affirme Laurent Jeanneteau, directeur du syndicat des vignerons des Côtes du Rhône. Sceptique à l’égard de l’agrivoltaïsme, l’ODG (organisme de défense et de gestion) avait déposé une demande d’interdiction auprès de l’établissement public. « Le comité national des appellations d'origine viticoles de l’Inao l’a validée en septembre », d’après lui. Une clause-type permet maintenant d’interdire l’agrivoltaïsme au sein de l’appellation. « Il nous appartient de l’intégrer dans le cahier des charges du côtes-du-Rhône et du côtes-du-Rhône-villages pour une mise en œuvre dès 2026 », poursuit Laurent Jeanneteau, ajoutant que « les crus de côtes-du-Rhône vont vraisemblablement emboîter le pas ». L’ODG avance deux raisons principales à sa démarche. « L’agrivoltaïsme n’a pas de résultats assez probants en termes de rendement et de qualité des raisins. Manque encore des données sur une période longue. C’est aussi une question d’image. Comment travailler dans l’œnotourisme avec des panneaux solaires au cœur de notre vignoble ? »
Foie gras : les distributeurs prudents pour les fêtes, les marques espèrent du réassort
Selon un acteur de la filière foie gras cité dans un article des Echos le 23 octobre, les distributeurs en ont commandé pour la fin d’année 15 à 40 % de moins qu’en 2024, selon les entreprises, alors que la production s’est rétablie. Interrogée par Agra Presse, la directrice du Cifog (interprofession), Marie-Pierre Pé, dit avoir eu connaissance de ces indications fournies par les marques. Elle explique la frilosité des distributeurs en 2025 par le fait qu’ils n’avaient pas tout vendu à la fin 2024. Chaque enseigne avait commandé davantage en septembre 2024, car, analyse-t-elle, « l’offre restait fébrile en 2024 », bien que s’étant remise de l’influenza aviaire. Finalement, « tout a été écoulé en janvier 2025 », assure-t-elle, arguant de la tendance à multiplier les occasions de consommer jusqu’à l’Épiphanie. Aussi les marques espèrent-elles des demandes de réassorts pour décembre 2025. La production a presque retrouvé en 2024 son niveau de 2020 avec 15 779 t, un volume qui devrait rester stable en 2025, a exposé le Cifog en conférence de presse le 14 octobre. Elle avait atteint le plancher de 8 865 t en 2022 (moitié moins qu’en 2018 et 2019).
Influenza aviaire : plus de 2,6 millions de poules pondeuses victimes en Espagne (Itavi)
Dans sa lettre d’information diffusée le 27 octobre, l’Itavi (institut de l’aviculture) rapporte que 2,6 millions de poules pondeuses ont été victimes de l’influenza aviaire en Espagne entre le 1er juillet et le 20 octobre 2025, et prévoit une rétraction de l’offre européenne d’œufs dans les prochains mois. L’Espagne est le troisième producteur d’œufs et le cinquième exportateur en Europe ; la moitié de ses exportations étant destinée au marché français. « La région d’Olmedo est particulièrement touchée, avec six foyers recensés dans de grands élevages de poules pondeuses. Rien que dans cette région, deux millions de poules sont concernées », précise l’institut français. Les poules pondeuses font partie des 4,8 millions de volailles d’Europe victimes depuis le 1er juillet. L’Itavi constate que le virus circule activement dans la faune sauvage, notamment en Europe de l’Ouest, et que les foyers de cet automne sont davantage concentrés à l’Ouest de l’UE qu’en 2024. Alors que, durant l’hiver 2024-2025, des pays d’Europe de l’Est comme la Pologne et la Hongrie avaient été durement frappés, les pays orientaux le sont en 2025 à des niveaux bien inférieurs.
La filiale industrielle de La Trinitaine (biscuits) placée en redressement judiciaire
Dans un message posté le 22 octobre sur le réseau social LinkedIn, le groupe breton La Trinitaine annonce l'ouverture d'une procédure de redressement judiciaire pour sa filiale industrielle. « Cette décision difficile mais nécessaire vise à protéger nos équipes et nos activités, dans un contexte économique particulièrement tendu », explique le groupe. La filiale industrielle de La Trinitaine est « spécialisée dans la fabrication de pâtisseries industrielles principalement destinées aux GMS (grandes et moyennes surfaces, NDLR) françaises et internationales », commentent nos confrères de LSA. Les produits sous MDD (marque de distributeur, NDLR) représentent en effet 90 % des volumes produits par l’usine de Saint-Philibert, dans le Morbihan. » Selon les Echos, la seconde branche, Trinitaine distribution, qui commercialise, dans ses 48 boutiques, les produits de biscuiterie (galettes, palets bretons, petits-beurre...) et des produits de fabricants partenaires (bols bretons, alcools, souvenirs…) grâce à un réseau de 48 boutiques, fait quant à elle l'objet d'une procédure de sauvegarde. L'objectif est de préserver cette structure, « saine financièrement », d'une possible « contamination liée aux difficultés de la filiale industrielle », a indiqué le dirigeant Yann Petit, à nos confrères, qui rapportent des difficultés similaires en 2018.
Ferrero obtient le feu vert de Bruxelles pour racheter le fabricant français du Carambar
Dans un communiqué paru le 27 octobre, la Commission européenne indique avoir approuvé, au titre du droit de la concurrence, l'acquisition de la société française CPK (Carambar, Poulain, Krema) par le groupe Ferrero. Le fonds Eurazeo, principal actionnaire de CPK, avait annoncé en juillet l’entrée en discussions exclusives avec Ferrero pour cette opération. Dans le détail, l'opération concerne la holding européenne de Ferrara Candy, une société de confiserie de sucre de premier plan aux États-Unis, elle-même filiale de Ferrero, a expliqué le fonds d’investissement français. Ferrera Candy commercialise plusieurs marques de bonbons, parmi lesquelles les haricots multicolores de Jelly Belly ou les bonbons protéiformes et acidulés de Nerds. Eurazeo avait précisé à l’AFP être « largement majoritaire » au capital de CPK sans toutefois préciser à quel niveau. Créée en 2017 à la suite du rachat de 14 marques au groupe américain Mondelez, CPK est un groupe français opérant dans le bonbon, le chocolat au lait et des marques françaises de chocolat, qui emploie plus de 900 personnes et détient trois sites de production et un atelier en France. En acquérant Lamy Lutti en 2018, CPK avait aussi mis la main sur les bonbons Arlequin, outre les licences des Pastilles Vichy, des chewing-gums Malabar et des Rochers Suchard.
Le projet de rachat de Bakkavor inquiète l'anti-trust britannique
À la suite d’inquiétudes pour le marché des sauces réfrigérées, l'autorité de la concurrence britannique (CMA) a indiqué, le 27 octobre, qu'elle allait poursuivre ses travaux sur le projet de rachat du spécialiste des plats cuisinés britannique Bakkavor par son concurrent Greencore son concurrent, pour 1,2 Md£. « La CMA a décidé, sur la base des éléments dont elle dispose actuellement, que cette fusion pourrait entraîner une diminution substantielle de la concurrence sur un ou plusieurs marchés du Royaume-Uni », déclare-t-elle dans un communiqué. L'institution s'inquiète plus particulièrement des effets sur le marché des sauces réfrigérées. Greencore a réalisé un chiffre d’affaires de 1,8 Md£ en 2024 et indique préparer chaque année 748 millions de sandwichs et plats à emporter. La société emploie 13 300 salariés dans 35 sites industriels au Royaume-Uni. Bakkavor, de son côté, a réalisé un chiffre d’affaires de 2,3 Md£ en 2024, à 85 % sur le marché britannique, et emploie 18 000 salariés. L'activité française de Bakkavor avait été rachetée par Agrial en 2012.
Salades en sachet : face à la concurrence, la filière italienne va se constituer en AOP (presse)
Les organisations de producteurs italiens de salades de quatrième gamme ont décidé de se constituer en AOP dans quelques mois, rapporte le site internet Fruitbook le 24 octobre. Le mouvement a été accéléré par l’inquiétude des opérateurs transalpins vis-à-vis de la politique d’acquisition de l’américain Taylor Farms en Europe. Celui-ci a récemment repris les activités allemandes du français Bonduelle et, « en Italie, des négociations seraient en cours avec au moins deux opérateurs historique, et un changement de propriétaire semble imminent ». Les opérateurs italiens craignent que le géant américain (6 Md€ de chiffre d’affaires), « porté par ses bénéfices à l'étranger », ne mette en œuvre « des politiques commerciales très agressives et à bas prix pour conquérir le marché italien ». Celui-ci, même s’il représente un milliard d’euros en ventes annuelles, peine à être rentable depuis des années. Un des premiers travaux de la nouvelle AOP pourrait être un travail collaboratif avec l’Ismea (Autorité italienne de sécurité des aliments) sur l’évaluation des coûts tout au long de la chaine d’approvisionnement. « Cela permettra d'établir des orientations sur les prix minimum à ne pas être dépasser afin de ne pas enfreindre le décret législatif n°198/2021 contre les pratiques déloyales » explique Fruitbook.