Fruits et légumes : la Commission veut rendre l’origine plus visible sur les emballages
L’indication du pays d’origine devra être plus visible que tout autres indications sur les emballages et étiquettes, selon le règlement délégué de la Commission Européenne du 16 août et son annexe (publiés le 21) concernant les normes de commercialisation des fruits et légumes. Pratiquement, les caractères indiquant l’origine devraient être plus grands que ceux des autres indications. Par ailleurs, concernant les mélanges de différents produits dans un même emballage, la Commission prévoit des dispositions «moins strictes que celles prévues par les normes de commercialisation, étant donné que l’étiquetage des mélanges est plus complexe et que leur application risque d’entraver la commercialisation de ces produits». Si les produits contenus dans un mélange sont originaires de plusieurs États membres ou pays tiers, les mentions «UE», «hors UE» ou «UE et hors UE» peuvent être utilisés. La Commission répond aux inquiétudes de la filière concernant les produits de 4ème gamme: «la 4e gamme peut bénéficier de la simplification accordée pour les mélanges de différents produits. Elle n’est soumise à aucune autre norme de commercialisation générale ou spécifique, à l’exception de l’indication de l’origine», explique la Commission. Ce règlement sera applicable à partir du 1er janvier 2025. Le Conseil de l’UE et le Parlement européen ont deux mois pour formuler de possibles objections.
Fruits et légumes : l'Espagne peine à trouver des marchés vers les pays tiers non-européens
En quête de nouveaux marchés depuis plusieurs années, l'Espagne a vu ses exportations de fruits et légumes vers les pays tiers non-européens fortement chuter sur le premier trimestre 2023. Ces flux s'amenuisent de 18% sur un an, à 212 millions d'euros et 37% en volume, à 147 000 tonnes, selon les douanes espagnoles et Fepex (association des exportateurs de fruits et légumes). Les reculs sont sensibles sur les Emirats arabes Unis (-54%, à 10 275 tonnes), le Canada (-53%, à 17 752 tonnes) et le Brésil (-13%, à 14 449 tonnes). Ces destinations ne représentent que 2% du total des exportations de fruits et légumes espagnols (17% pour l'ensemble des pays tiers). En regard, les volumes vers l'Union européenne en représentent 83% et progressent. Ils ont augmenté de 8% en valeur, à 8 millions € mais diminué de 7% en volume, à 5,2 millions de tonnes, sur le premier trimestre 2023. Plusieurs raisons avancées par la Fepex: potentiels à l’export moindre à cause de phénomènes météorologiques défavorables en production, perte de compétitivité (coûts de production en hausse), concurrence étrangère croissante. «La consolidation d'une tendance caractérisée par la baisse des exportations et la croissance des importations est inquiétante», note la Fepex pour qui «la nécessité de renforcer les mesures de diversification des marchés» demeure indispensable.
Bananes : la Commission européenne revoit certaines normes de commercialisation
Le règlement délégué de la Commission Européenne du 16 août (publié le 21) concernant les normes de commercialisation des fruits et légumes propose de faire évoluer ces dernières concernant la banane. Cela concerne essentiellement la banane en vert (non mûri). La Commission européenne considère que les normes doivent être alignées sur celles du Codex Alimentarius (normes FAO/OMS) et étendues à un nombre plus important de variétés. Par exemple, elle considère nécessaire de supprimer le minimum de quatre doigts par main de bananes prévu par le même Codex Alimentarius. Cette position s’intègre dans la lutte contre le gaspillage alimentaire et les pertes alimentaires dans le cadre de la stratégie «De la ferme à la table». Une autre modification a été introduite visant à simplifier la norme de commercialisation pour les bananes produites dans des «zones climatiques défavorisées»: Madère, Açores, Algarve (Portugal), Canaries (Espagne) Crète, Laconie (Grèce) et Chypre. Même si certaines bananes n'atteignent pas la longueur minimale prévue par la norme internationale, leur commercialisation devrait être autorisée. Concernant les bananes mûres, la Commission européenne considère que l'étiquetage de l'origine est «pertinent et nécessaire». Le Conseil de l’UE et le Parlement européen ont deux mois pour formuler de possibles objections.
Porc: le marché australien ouvert aux viandes porcines françaises (abatteurs)
Dans un communiqué paru le 24 août, les abatteurs français (Culture viande) annoncent que le marché australien est ouvert, depuis ce jour, aux viandes porcines françaises, ce qui n'avait jusqu'ici jamais été le cas. «Après de longues années d’échanges et discussions les autorités australiennes ont validé le protocole et le certificat sanitaire d’exportation proposés par la France», indique l'organisation professionnelle. Et de préciser que d'autres grands pays producteurs européens avaient déjà obtenu ce feu vert depuis de longues années : Danemark, Belgique, Pays-Bas, Espagne. Le marché australien représente 200 000 tonnes de viande porcine par an, dont les principaux fournisseurs sont le Danemark (55 000 tonnes), les Pays-Bas (50 000 tonnes) et les Etats-Unis (35 000 t). «La France est dès aujourd’hui déterminée à assurer une partie des besoins australiens, les contacts commerciaux sont déjà engagés en ce sens», annoncent les abatteurs. Pour approvisionner le marché, les viandes doivent remplir plusieurs critères, notamment qu'elles «proviennent d’établissements avec abattoir et atelier de découpe attenant» ; et qu'elles «soient essentiellement destinées à être transformées à l’arrivée en Australie.»
Inflation alimentaire: le gouvernement recevra «la semaine prochaine» distributeurs et industriels
«Nous réunirons la semaine prochaine les distributeurs et industriels pour faire un nouveau point sur la lutte contre la vie chère», a annoncé le ministre de l'Economie Bruno Le Maire le 24 août, alors que les prix sont loin de baisser dans les supermarchés. «J'avais indiqué que l'inflation commencerait à ralentir à l'été 2023. Nous y sommes», a assuré le ministre lors d'un discours de rentrée, à Alex en Haute-Savoie. «Les chiffres de l'Insee confirment que l'inflation a commencé à ralentir cet été». «Pour autant, il y a loin de la vérité des chiffres à la réalité du portefeuille et du quotidien. Avec la ministre Olivia Grégoire, nous réunirons la semaine prochaine les distributeurs et industriels pour faire un nouveau point sur la lutte contre la vie chère", a-t-il fait savoir. La date du rendez-vous n'est pas encore connue. L'Institut national de la statistique a mesuré la flambée des prix dans l'alimentaire à 12,7% sur un an en juillet, une forte hausse toutefois moindre qu'en juin (+13,7% sur un an). Une réduction du niveau d'inflation n'est pas une baisse de prix mais une moindre hausse. En outre les prix avaient déjà commencé à s'apprécier il y a un an. Au total sur deux ans, l'inflation dans les grandes surfaces est supérieure à 21%, rappelait jeudi le média spécialisé LSA associé au panéliste Circana.
Blé : «la domination russe va perdurer» sur le marché mondial (Agritel)
Le marché mondial du blé connaît une «domination russe», rendue «nécessaire» par les faibles disponibilités des autres grands exportateurs en 2023-24, a souligné le 24 août la société de conseil Agritel. «La domination russe va perdurer, a déclaré le chef analyste Alexandre Marie, lors d’une conférence de presse. Elle est nécessaire, vu l’équilibre précaire du marché» du blé à l’échelle internationale. La Russie dispose d’une offre abondante sur l’actuelle campagne, proche du record de l’an dernier avec une production de 87,5 Mt de blé et un stock de 17,4 Mt. Ses exportations sont attendues à 49 Mt, du jamais vu. Cela représente environ un quart du commerce mondial, d’après Agritel. Le leadership du blé russe est accentué par une baisse de production des huit principaux exportateurs mondiaux, à 374,7 Mt (-23 Mt sur un an). Autre élément de «fragilité» du marché, selon Alexandre Marie, l’origine mer Noire pèse environ 40% du commerce international de blé. «Le risque géopolitique est majeur» dans cette zone, théâtre de la guerre entre Russie et Ukraine. La mer Noire voit 31% de ses capacités d’export à l’arrêt, 54% à risque, d’après Agritel.
Climat: les puits de carbone d'Europe de l’Est se rétrécissent notamment par l’agriculture
L’absorption nette de carbone du secteur LULUCF (affectation des terres, foresterie) en Europe de l’Est a baissé d’environ 52% sur la période 2010-2019, selon une étude publiée le 3 juillet dans le journal scientifique Communications Earth & Environnement (Nature). L’Est de l’Europe -dont la Russie- représente 78% du puits de carbone de la biomasse aérienne du Vieux continent (environ 0,41 gigatonne de carbone par an). Si la baisse de l’humidité du sol (en lien avec le changement climatique) est un facteur majeur, l’utilisation et la gestion des terres expliquent aussi ce rétrécissement du puits de carbone. L’étude pointe «un effet de saturation» de la repousse de végétation ligneuse (bois, forêt) sur d’anciennes terres agricoles, abandonnées depuis la fin de l’URSS. Cet effet a deux causes possibles, explique la chercheuse Karina Winkler à Agra Presse: le fait que les forêts vieillissantes stockent naturellement moins de carbone que les forêts émergentes; et le fait que certaines terres abandonnées, encore officiellement agricoles, ont pu être re-cultivées. A cet «effet de saturation» s’ajoutent la hausse de la récolte de bois notamment en Russie, et les sécheresse en forêt plus fréquentes.
Agenda de la semaine agricole du 28 août 2023
Mardi 29 août
Congrès des économistes agricoles européens, à Rennes, jusqu'à vendredi
Conférence de presse du Space (salon de l'élevage), à Rennes
Conférence de presse d'Innoval (conseil et génétique en élevage), près de Rennes
Mercredi 30 août
Conférence de presse du Snia (alimentation animale)
Jeudi 31 août
Conférence de presse de Chambres d'agriculture France
Lancement de la campagne française de pomme et poire
Vendredi 1er septembre
Foire de Châlons, jusqu'au 11 septembre