Agrafil du 27 juin 2024

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NBT: la présidence belge abandonne le dossier

La présidence belge du Conseil de l’UE a finalement renoncé, le 26 juin, à obtenir un accord des Etats membres sur la proposition de règlement relative aux nouvelles techniques de sélection génomique (NBT). Un dernier compromis avait été préparé pour tenter de convaincre la Pologne de soutenir le texte et ainsi obtenir une majorité qualifiée. Malgré l’ajout de dispositions visant à interdire la brevetabilité des plantes NBT y compris de catégorie 1 (pouvant être considérées comme équivalentes à des semences conventionnelles), cela n’a pas suffi. La Belgique proposait aussi que ces plantes bénéficient d’un statut provisoire autorisant leur dissémination volontaire dans l'environnement afin de pouvoir mener des essais sur le terrain. Faute d'accord,  elle a enlevé le sujet de l’agenda de la réunion des ambassadeurs de l’UE. Le dossier va maintenant être transmis à la Hongrie qui prendra la présidence du Conseil de l’UE à partir du 1er juillet. Mais celle-ci ne semble pas avoir l’intention de faire progresser les discussions.

Législatives: les chambres s'inquiètent pour l'agriculture après le scrutin

À l'occasion d'une conférence de presse le 26 juin, le président des chambres d'agriculture, Sébastien Windsor, s'est inquiété de ne pas voir l'agriculture figurer dans les priorités des programmes des élections législatives, et lors des premiers débats publics, orientés sécurité, pouvoir d'achat, ou santé. Il craint d'«éventuelles coupes budgétaires» pour son réseau, et un calendrier parlementaire défavorable à l'agriculture. «Les candidats ont ouvert la boite à dépenses, et il peut être facile de baisser les dépenses sur une petit secteur comme l'agriculture», redoute le Normand, qui porte notamment une demande de revalorisation de la taxe affectée aux chambres d'agriculture. Côté calendrier, «le risque est que l'agriculture passe en dessous de la pile» au Parlement, explique la directrice générale, Isabelle Chmitelin. C'est notamment le cas du projet de loi d'orientation agricole (LOA), pour lequel le réseau craint «au mieux un embouteillage, au pire un refus»: «Le texte devra revenir à l'Assemblée, et la première fois, il n'était passé qu'à une trentaine de voix...», se souvient Sébastien Windsor, qui appelle les députés à «ne pas être déceptifs» face à des agriculteurs «en attente». Le réseau attendait également une loi sur la séparation de la vente et du conseil – notamment pour revenir sur les restrictions liées aux élus de chambre. Le véhicule semble loin.

Élections chambres: le temps presse pour faire paraître les règles du scrutin

À l'occasion d'une conférence de presse le 27 juin, le président de Chambres d'agriculture France, Sébastien Windsor, a indiqué que le gouvernement devait faire paraître les textes réglementaires relatifs aux élections des chambres d'agriculture avant les législatives, au risque de problèmes juridiques. «Il faut au moins six mois de délai de prévenance», a-t-il indiqué, en vue d'un scrutin prévu le 31 janvier. L'affichage par les préfets des listes électorales révisées doit notamment être réalisé avant le 22 juillet. Selon les informations des professionnels, le texte a été examiné par le Conseil d'État cette semaine et devrait paraître la semaine prochaine. Sur le fond, rien ne filtre. Sont attendues de possibles réformes sur le mode de scrutin, les règles de financement des syndicats, ou encore la composition du corps électoral. En novembre 2023, les syndicats minoritaires ont dénoncé un projet de réforme qui réduirait leur financement public issu du résultat des élections (règles de calcul plus favorables aux listes arrivant en tête). Il n'en sera pas question dans ces textes, mais le réseau consulaire porte également une demande de revalorisation des indemnités des présidents de chambre d'agriculture: «Les frais de remplacement ne sont plus couverts par les montants actuels», indique-t-on.

Chambres d'agriculture: la convention avec l'OFB attendra encore plusieurs dossiers

À l'occasion d'une conférence de presse le 26 juin, le président des chambres d'agriculture, Sébastien Windsor, a indiqué que la convention que l'Office français de la biodiversité (OFB) entendait signer avec le réseau consulaire attendra «l'atterrissage» de plusieurs dossiers, comme ceux des haies ou du curage des fossés – dont le décret doit bientôt être appliqué par les agriculteurs, sous l'égide de l'OFB. «Le sujet du désarmement est aussi un sujet bien sûr», a-t-il ajouté. À deux reprises cet hiver, le gouvernement a communiqué sur le sujet sans l'aval des chambres. En février, le ministre de la Transition écologique avait annoncé qu'un accord était en cours de finalisation. Et les chambres avaient alors indiqué que la question du port d'arme restait notamment à régler. Puis en mars, Matignon avait annoncé la signature, en promettant que les agents de police de l’OFB arboreraient «un port d’arme discret». Le gouvernement fut aussitôt démenti par le président des chambres d'agriculture, qui attendait toujours «des conditions de contrôle moins oppressantes et stressantes, et surtout, ne plaçant pas l’agriculteur dans un traitement similaire à [celui] d’un délinquant». Un sujet sur lequel le ministre de l'Agriculture avait fait des concessions dans le cadre de la LOA.

Pesticides/clauses miroirs: recours d’un candidat de gauche, soutenu par la CR

La Coordination rurale (CR) soutient le recours sur les fruits et légumes importés du candidat du Nouveau Front populaire, Charles Culioli (Aisne), rapporte l’AFP le 26 juin. Le jeune avocat a déposé, début juin, un recours devant le tribunal administratif de Paris pour forcer le gouvernement à bannir l’importation de fruits et légumes traités avec des pesticides interdits dans l’Union européenne. Une mesure prévue par l’article 44 de la loi Egalim 1, mais rarement respectée. Il avait formulé cette demande au gouvernement en début d’année en créant l’association Justice pour nos agriculteurs, mais l’exécutif s’est abstenu de répondre. Cette procédure a reçu le soutien de la CR qui prévoit de se joindre au recours dans les jours à venir. Son secrétaire général Christian Convers était présent au tribunal, aux côtés du candidat aux législatives, pour déposer des «pièces à conviction» : deux oranges et un pot de miel. «On met l'Etat face à ses responsabilités» a-t-il indiqué, en estimant que le sujet «est autant de droite que de gauche». Cette lutte «est totalement transpartisane», a abondé Charles Culioli. 

Biostimulants : le français Gaïago se relance avec le soutien de Vol-V

La société bretonne spécialiste de la revitalisation des sols Gaïago (près de 6 M€ de chiffre d’affaires en 2023) accueille un «actionnaire de référence» à son capital, a-t-elle annoncé le 26 juin 2024. Il s’agit du fonds d’entrepreneurs Vol-V, tourné vers la transition énergétique et écologique. «Nous investissons 5 M€ à l’occasion de l’augmentation de capital de Gaïago, mais nous ne le faisons pas seuls puisque nous sommes accompagnés dans cette opération par les investisseurs historiques et les dirigeants de la société», explique Arnaud Guyot, directeur général de Vol-V. Cette augmentation de capital prend place dans le cadre du plan de continuation de l’entreprise validé le 21 juin 2024. «Gaïago s’était doté d’un plan d’expansion très ambitieux, mais les ventes ne se sont pas confirmées aussi rapidement que prévu, à cause de la crise du Covid-19 et de la guerre en Ukraine, mais aussi du temps nécessaire au référencement des produits», explique Arnaud Guyot. Outre l’apport de fonds, Gaïago a mis en place un plan de départs concernant moins de 10 salariés, afin de ramener l’effectif à 40 collaborateurs. Le retour à l’équilibre des compte de la société est prévu d’ici deux ans. (Cyril Bonnel)

Lait: pas d’accord sur la nouvelle présidence du Cniel à l’issue de l’assemblée générale

Les quatre collèges de l’interprofession laitière (Cniel) ne sont pas parvenus à un accord sur la succession de Thierry Roquefeuil (FNPL) à la présidence du Cniel, à l’issue de l’assemblée générale de l’interprofession laitière, le 26 juin. La décision doit être prise à l’unanimité par les vice-présidents représentant les collèges. Or, deux candidats ont brigué la présidence: Pascal Le Brun pour la coopération (Agrial) et Marie-Andrée Luherne pour les producteurs (FNPL). Les noms des quatre présidents de collège sont connus: Marie-Andrée Luherne pour les producteurs, Pascal Le Brun pour les coopératives, François-Xavier Huard (Fnil) pour les industriels privés et Marc Delage (FCD) pour la distribution, le commerce et la restauration collective. Président du Cniel depuis onze ans, Thierry Roquefeuil a quitté ses fonctions le 26 juin. Un accord sur sa succession pourrait être trouvé d’ici la fin du prochain séminaire de l’interprofession, les 2 et 3 juillet. La vacance de la présidence n’entraîne pas de blocage au Cniel, puisque «le président de l’interprofession n’a pas de droit de vote, contrairement aux quatre vice-présidents», explique la directrice Caroline Helleisen Errant. Dans le cas où un vice-président est élu à la présidence de l’interprofession, il doit céder son siège à une autre personne pour assurer la présidence du collège. 

Lait: la moitié des éleveurs «veulent plus de temps pour eux sans réduire leur revenu»

D’après les résultats de l’observatoire du groupe coopératif Innoval (génétique et conseil en élevage), présentés le 26 juin, 50% des éleveurs interrogés (plus de 800 répondants) ont expliqué vouloir «plus de temps pour eux sans réduire leur revenu» et 77% souhaitent «diminuer leur temps d’astreinte». «La réduction du temps d’astreinte (tâches quotidiennes, ndlr) est prioritaire par rapport à la réduction du temps de travail périodique (tâches saisonnières, ndlr)», observe Bastien Gires, directeur marketing et technique d’Innoval. Cela se traduit par un recours au service de remplacement et à l’embauche pour 40% des éleveurs cherchant à réduire leur temps de travail. Les autres investissent dans du matériel comme des robots d’alimentation, de traite et des logiciels (38% des réponses) ou délèguent les tâches, s’entraident entre voisins (17%). Trois profils se dégagent de l’étude: les éleveurs individuels spécialisés (en milieu de carrière, plus tournés vers la délégation pour gagner du temps), les structures familiales (plus âgés et perfectionnistes, ils «ne comptent pas leurs heures et demandent peu d’aides») et les collectifs structurés (des jeunes qui planifient plus le travail, investissent et embauchent). «On passe de l’exploitant agricole à l’entrepreneur agricole, on le voit clairement dans les profils», souligne Bastien Gires. 

Légumes : le belge BelOrta et le hollandais The Greenery vont se constituer en AOP

Deux coopératives de premier plan, The Greenery aux Pays-Bas et BelOrta en Belgique, ont annoncé avoir signé le 21 juin une déclaration d'intention visant à la création d’une association d’organisations de producteurs multinationale, dans un communiqué de presse. L’objectif est de réaliser des économies d’échelle, de renforcer la disponibilité des produits, d’augmenter la valeur ajoutée pour les producteurs et de peser encore plus sur le marché européen: «Cette collaboration offre un certain nombre d'opportunités de croissance dans la culture et les ventes et un accès plus large aux marchés européens», confirme Marc Smets, président de BelOrta. La collaboration portera aussi sur l’innovation variétale, l’optimisation logistique, le développement de gammes ou encore la numérisation de l’activité. Les deux parties prenantes soulignent aussi que leur proximité géographique leur permettrait de garantir la disponibilité des produits dans des conditions météorologiques changeantes. BelOrta regroupe plus de 1 200 producteurs et réalise un chiffre d'affaires annuel d'environ 626 millions d'euros. De son côté, The Greenery s’appuie sur un réseau de 150 producteurs affiliés pour un chiffre d'affaires total annuel de 743 millions d'euros.

Tomate: vers une déferlante de concentrés chinois en UE, s’inquiète l’Italien Mutti

L’entreprise italienne Mutti, basée à Parme et leader sur le marché européen de la conserve et autres produits transformés à base de tomate, s’inquiète de la possible concurrence chinoise à court terme, rapporte le quotidien Les Echos le 25 juin. La Chine devrait, selon des estimations concordantes, devenir «la championne de la tomate dans le monde cette année avec des volumes en hausse de 22% à 11 millions de tonnes», rapporte-t-il. Mais la consommation intérieure ne devrait pouvoir absorber que 20% de ces volumes. «Tout le reste va inonder les places à l'exportation», croit savoir Francesco Mutti, patron de la société éponyme. Le plus inquiétant [est] le risque de déferlement du concentré de tomate chinois en Europe et son effet dépresseur sur les prix». Selon lui, la Chine aurait très largement investi dans l'achat de machines destinées à la transformation de la tomate, espérant ainsi profiter de prix de la matière première attractifs et de la hausse de la demande mondiale. Face à cela, l’entreprise italienne entend renforcer sa capacité industrielle en investissant 100 M€ pour augmenter ses moyens de production de 20%. Cela appuiera aussi sa politique d’internationalisation, les marchés hors Italie représentant la moitié de son activité. L’an dernier, le chiffre d’affaires assuré dans l’hexagone par Mutti a atteint 71,5 millions d’euros  (56,1 M€ en 2022).

Plats transformés : les industriels pourront choisir entre trois versions du logo Origin’info

De couleur bleue ou noire, le logo officiel Origin’Info a été dévoilé le 25 juin au cours d’une conférence de presse du collectif En vérité. Les industriels qui l’adopteront auront le choix entre trois versions: la première indiquera simplement le nom de la matière première agricole et le nom du pays ; la deuxième inclura aussi le pays de la transformation du produit ; et la troisième, sous forme de camembert indiquera la proportion de chaque ingrédient (au minimum 3) ainsi que son origine géographique. L’emplacement du logo sur l’emballage a été laissé au libre choix de l’industriel. «L’année prochaine, nous ferons une étude pour voir lequel de ces trois indicateurs impacte le plus les consommateurs», a indiqué le président d’En Vérité, David Garbous. Laurent Beteille, conseiller d’Olivia Grégoire, ministre déléguée au commerce, a rappelé les règles du jeu : pour pouvoir afficher Origin’Info, il faut qu’une des matières premières soit d’origine France et qu’une des étapes de transformation soit absolument réalisée en France. Les industriels volontaires ont désormais trois mois pour afficher le logo Origin’Info sur leur emballage ou un QR Code avec la mention «Origin’Info» renvoyant à leur site Internet. Laurent Beteille a également promis une clause de revoyure dans un an pour améliorer le logo si besoin.

MSA : les cinq orientations de la caisse centrale à horizon 2030

En assemblée générale le 25 juin à Lille, les élus de la MSA ont approuvé à 85% le plan stratégique MSA 2030 qui doit définir les ambitions du régime agricole pour la période 2026-2030 . «Il sera le socle sur lequel nous nous appuierons pour porter les actions de la MSA. Je suis convaincu de la pertinence de la réelle valeur ajoutée de son guichet unique “augmenté“ pour une relation personnalisée», a expliqué Jean-François Fruttero, président de la caisse centrale de la MSA. Le plan stratégique comporte cinq grandes orientations : effort de simplification et d’adaptation de l’offre de protection sociale, soutien aux transformations des agricultures (bien-être au travail), accompagnement des territoires ruraux et fragiles, mobilisation des savoir-faire humains, développement d’innovations sociales pour préparer l’avenir. Affirmant que la MSA doit rester un service public de référence, sur le réseau X, Jean-François Fruttero a précisé: «Il est essentiel de consolider le mandat qui nous est confié par le code rural, de prioriser les actions sur les territoires et de renforcer les partenariats avec d'autres acteurs. Les prochaines élections MSA et négociations de la COG seront cruciales pour soutenir ces ambitions et le mandat 2025-2030.»

Méthanisation et air: pas de danger pour la santé humaine, selon Atmo France

Une étude d’Atmo France (associations de surveillance de la qualité de l’air) démontre que les teneurs en ammoniac et hydrogène sulfuré près de 12 unités de méthanisation ne présentent pas de risque pour la santé humaine, selon un communiqué le 25 juin. Baptisé Aqametha, l’étude a été menée au niveau des zones habitées pendant deux campagnes de 14 jours, entre juin et octobre 2022 et 2023, avec des échantillonneurs passifs. Il apparaît que les concentrations sont «plus élevées en limite de propriété» et qu’elles «décroissent rapidement avec la distance». Concernant l’ammoniac, les valeurs «sont inférieures à la valeur toxicologique de référence de l’Anses (500 μg/m3 sur 1 an)». Concernant l’hydrogène sulfurée, elles «sont inférieures à la valeur guide sanitaire de l’Organisation mondiale de la santé2 (150 μg/m3 sur 24 heures)». L’étude révèle aussi que l’intensité des mauvaises odeurs «diminue rapidement» avec la distance, dans un rayon de 230m. Au-delà, jusqu’à 2 300m, une réduction accrue des odeurs «varie en fonction de l’installation». 

Agrivoltaïsme: le Vatican veut une centrale pour être autonome en électricité

Le pape François a ordonné la création d'une centrale agrivoltaïque près de Rome destinée à assurer la totalité de l'alimentation électrique de la Cité du Vatican, qui a affiché sa volonté d'atteindre la neutralité carbone. Dans une lettre en forme de "motu proprio" (lettre à l'initiative du pape), publiée le 26 juin, le jésuite argentin ordonne l'implantation d'un «système agrivoltaïque dans la zone extraterritoriale de Santa Maria di Galeria», située au nord-ouest de la capitale italienne. «Nous devons opérer une transition vers un modèle de développement durable qui réduit les émissions des gaz à effet de serre dans l'atmosphère, pour atteindre l'objectif de neutralité climatique», écrit le pape en soulignant le rôle de l'énergie solaire. L'énergie produite permettra l'approvisionnement du centre de transmission de Radio Vatican situé sur place, mais aussi la subsistance énergétique complète de la Cité-Etat, ajoute François dans cette lettre datée du 21 juin et intitulée "Fratello Sole" (Frère soleil). Le Vatican n'a pas précisé à quelle date cette installation serait opérationnelle.

Moisson: Intercéréales lance un site grand public pour monter dans des moiss-batt'

Dans un communiqué paru le 26 juin, Intercéréales (interprofession) a annoncé avoir lancé un site Internet, Moissonneuse.fr, pour permettre au grand public de «monter dans une moissonneuse-batteuse». Pour ce faire, tout un chacun peut s’inscrire pour venir à la rencontre de l’un de ses 140 adhérents, dans toute la France. Pour Jean-François Loiseau, président d’Intercéréales, cette initiative «doit renforcer les liens entre les Français et le monde agricole.»