Agrafil du 29 août 2024

hero

FCO: Marc Fesneau sur le terrain le 30 août en Saône-et-Loire, annonces attendues

«Le ministre se rendra ce vendredi [30 août] fin de matinée en Saône-et-Loire sur une exploitation sur la thématique de la fièvre catarrhale ovine» (FCO), a indiqué le cabinet de Marc Fesneau à la presse le 28 août. Selon nos informations, le ministre de l’Agriculture pourrait faire des annonces à cette occasion. Alors que la France est simultanément confrontée à la FCO-3 et à la FCO-8, presque tous les syndicats agricoles ont officiellement demandé la prise en charge de la vaccination contre les deux sérotypes de la maladie, ainsi que des indemnisations des pertes. Le binôme FNSEA-JA, la Confédération paysanne et le Modef ont publié des communiqués dans ce sens. Une demande également formulée dans un courrier de la Coordination rurale du Gers, où 12 foyers de FCO-8 ont été détectés au 23 août, selon La Dépêche du midi. Pour l’heure, les pouvoirs publics prennent en charge les doses de vaccins (ovins et bovins) pour la seule FCO-3, dans une «zone de vaccination volontaire» comprenant six régions du nord-est. Arrivé début août en France, le sérotype 3 s’étend rapidement. De son côté, la FCO-8 est présente en France depuis 2007, et le vaccin contre ce sérotype est à la charge des éleveurs.

Accord UE/Mercosur: reprise des discussions les 5 et 6 septembre à Brasilia

Les pourparlers en vue de la conclusion d’un accord entre l’UE et le Mercosur vont reprendre les 5 et 6 septembre à Brasilia (Brésil). Olof Gill, porte-parole de la Commission européenne, a confirmé le 28 août qu'une réunion entre les négociateurs en chef doit avoir lieu à cette occasion. Bruxelles ajoute qu’elle continuera à «veiller à ce que l'accord permette d'atteindre les objectifs de l'UE en matière de développement durable, tout en respectant les sensibilités de l'UE dans le secteur agricole». Proche d’une conclusion en décembre 2023, les discussions entre les parties avaient fini par achopper en raison des réticences du gouvernement argentin à s’engager avant l’investiture de l’ultralibéral Javier Milei au poste de président. Le mouvement de protestation agricole en Europe, début 2024, puis le scrutin européen de juin ont fini par reporter l’échéance. Récemment, le président italien Sergio Mattarella a déclaré, le 15 juillet à l’occasion d’une visite d’État au Brésil, «qu’il est essentiel de parvenir rapidement» à un accord entre les deux blocs, qu’il qualifie de «décision historique».

Engrais: un eurodéputé dénonce l'influence des lobbies pour empêcher une interdiction

L’eurodéputé de la Gauche (LFI) Anthony Smith interpelle, dans une question écrite du 20 aout, la Commission européenne à la suite de la publication d’un article (payant) de Mediapart qui révèle que le «commissaire au Marché intérieur, Thierry Breton, aurait enterré l’interdiction du cyanamide de calcium, un engrais chimique à usage agricole» sous pression des lobbies du secteur. Malgré un avis de l’Agence européenne des produits chimique (ECHA) en 2021, appelant à interdire la production de cette substance sur le sol de l’Union européenne, «du fait des risques engendrés sur le vivant», «le vote des représentants des États membres au sein du comité REACH quant à cette interdiction, qui aurait dû se tenir le 14 décembre 2022, n’a finalement pas eu lieu», déplore le parlementaire, qui dénonce le poids des groupes d’influence au sein de l’UE. Il demande à la Commission européenne de remettre à l’ordre du jour du comité REACH l’interdiction du cyanamide de calcium. Et le député européen de conclure que «cette affaire illustre le poids des groupes d’influence au sein de l’Union européenne et leur dangerosité – pour l’environnement et la santé des citoyens des États membres».

Vin: dans le Bordelais, une petite récolte attendue sur fond d’arrachage

Les vendanges ont débuté dans le Bordelais, avec le lancement récent de la récolte des raisins destinés au crémant, pour une production globale attendue «faible» cette année dans le premier vignoble AOC de France. «La récolte sera faible», en raison de la baisse volontaire de la surface cultivée et des dégâts causés par les maladies liées aux pluies, selon le CIVB (interprofession). En crise de surproduction depuis des années, la filière s'est résignée à arracher une partie de ses vignes, en partie avec des compensations financières, afin de redresser les prix et d'éviter la propagation des maladies depuis les parcelles laissées à l'abandon. Dans ce contexte économique et sanitaire fragile, l'État, sur demande de la profession, est monté au créneau en proposant des amendes jusqu'à 5000 €/ha pour les parcelles laissées en friches afin d'inciter à l'arrachage sanitaire. Quatre procédures sont en cours contre des propriétés ayant laissé des vignes en friches, selon la préfecture, qui lancera de nouveaux contrôles après les vendanges. Selon le CIVB, «entre 10 000 et 15 000 ha» (dont 9 000 dans le cadre d'un programme subventionné), soit environ 10% du vignoble (103 000 ha en 2023), devraient être supprimés d'ici la fin de l'année.

Protection des IG: aux États-Unis, «une avancée juridique majeure», salue la filière cognac

Le Bureau national interprofessionnel du cognac (BNIC) a salué le 28 août «une avancée juridique majeure» qui va «renforcer la protection des produits sous IG» (identification géographique), comme le cognac, sur le marché américain». Résultat d’un jugement de la cour d’appel américaine, «les IG protégées en tant que «marques de certification» aux USA ont désormais le même niveau de protection que les marques classiques», selon un communiqué. La décision «clarifie» les critères permettant de définir leur renommée et d’apprécier le risque de confusion ou d’affaiblissement par rapport à une autre marque. Elle s’inscrit dans le cadre d’une action lancée en 2020 contre l’enregistrement de la marque «Cologne & Cognac Entertainment», un label de musique indépendant. Le BNIC et l’Inao avaient fait appel d’un jugement selon lequel l’utilisation du terme «cognac» par cette marque ne portait pas atteinte à l’appellation. Ils avaient reçu le soutien d’«une dizaine de groupes et associations» de producteurs ou titulaires de marques de certification américaines, dont la Scotch Whisky Association.

Fruits et légumes: des tomates Bleu-Blanc-Cœur en 2025, en attendant les fruits rouges

Bleu-Blanc-Cœur prévoit de commercialiser ses premières tomates labellisées en 2025, a appris Agra Presse. Une dizaine de producteurs de la coopérative Océane, travaillant sur sol vivant, sont engagés dans la démarche. «Depuis 2023, avec l’université de Rennes et notre conseil scientifique, nous avons travaillé à évaluer le bénéfice santé d’une tomate cultivée ainsi. Nous avons découvert qu’elle avait un niveau d’antioxydants 20% supérieur à une tomate cultivée sur substrat», explique Nathalie Kerhoas, présidente (depuis mai) de la SCIC Bleu-Blanc-Cœur. L’année 2024 a été dédiée à la validation du processus. Un projet similaire a été engagé autour des petits fruits rouges (framboises, myrtilles) en collaboration avec l’association Demain la Terre, partenaire de Bleu-Blanc-Cœur depuis 2018, au sein du Collectif de la troisième voie: «Nous sommes cette année en phase exploratoire avec Fruit rouges & Co, adhérent de Demain la Terre», précise Nathalie Kerhoas. Des contacts ont aussi été pris avec des producteurs de noix. Bleu-Blanc-Cœur, surtout présent en viandes et produits laitiers, avait déjà proposé de la mâche et des épinards labellisés en 2020.

Porc: Smithfield Foods se sépare de sa branche européenne

L’industriel américain du porc Smithfield Foods s’est séparé de sa branche européenne, Morliny Foods, informe un communiqué mis en ligne le 27 août. Ainsi, Smithfield et Morliny deviennent deux filiales distinctes du géant chinois du porc, WH Group, dont le siège est à Hongkong. Le communiqué décrit deux dynamiques différentes: sur le marché européen, «plus fragmenté» que le marché américain, Morliny Foods fournit des viandes fraîches de porc et de volaille, et de la viande préemballée, à partir de Pologne, Roumanie, Slovaquie, Hongrie, Espagne et du Royaume-Uni. Selon son p.-d.g. Luis Cerdan, s’exprimant dans le communiqué, l'entreprise va gagner en agilité et développer une «stratégie ciblée sur le marché européen», et devrait accélérer ses possibilités de croissance. Sur le marché américain, Smithfield jouit d’un portefeuille de marques reconnues, souligne le communiqué, optimise ses coûts de production en viande porcine, développe les produits conditionnés à valeur ajoutée et investit. Le journal néerlandais Boerderij souligne que Smithfield Foods vise une introduction en bourse (à New-York ou au Nasdaq, selon Forbes en juillet 2024). (Smithfield Foods: chiffre d’affaires de 19 Md$ en 2023)

Installation: le réseau Initiative Pays de la Loire lance un fonds pour les plus de 40 ans

Le réseau Initiative Pays de la Loire lancera officiellement le 5 septembre un fonds pour l’installation d’agriculteurs âgés de plus de 40 ans. Il s’agit d’un prêt d’honneur, conçu par la région avec la banque publique d’investissement BPI France. Doté de 1,4 M€ pour 2024, le dispositif baptisé AgriBoost 40+ sera accessible «dès le deuxième semestre 2024 sur les cinq départements» de la région, selon un communiqué diffusé le 3 juillet. Le montant du prêt, à taux zéro et sans garantie, peut atteindre 35 000 € avec un remboursement sur cinq ans maximum et un différé jusqu’à 18 mois. Pour en bénéficier, il faut s’installer comme chef d’exploitation à titre principal, fournir une étude d’installation, avoir entre 41 ans et 48 ans. «Les agriculteurs de plus de 40 ans représentent aujourd’hui une part de plus en plus importante des nouveaux installés, souvent en deuxième partie de carrière professionnelle, souligne Initiative Pays de la Loire. AgriBoost 40+ apporte désormais un soutien à ce public qui ne correspondait pas aux critères d'âge de la Dotation jeunes agriculteurs.» En plus du financement, le réseau propose un accompagnement pour aider chaque candidat à définir son projet, élaborer un business plan et trouver des partenaires.

Horticulture: les exportations espagnoles progressent, la France premier marché

Les exportations espagnoles de fleurs et de plantes ont augmenté de 16,4% en valeur, pour atteindre 448 M€ sur le premier semestre 2024 (par rapport à la même période de 2023), rapporte la Fepex (exportateurs de fruits et légumes espagnols) le 22 août. La progression est très marquée pour les fleurs coupées avec +25,2% (à 48,7 M€), un segment porté par les ventes de roses (+35%) et d'œillets (+19,4%). Les exportations de plantes ont augmenté de 15,2%, pour atteindre 366,3 M€, surtout des plantes d'extérieur (+16,2%) et des arbres/arbustes (+15%). La France demeure le premier marché des fleurs et plantes espagnoles: les expéditions vers l'Hexagone ont progressé de 13% (à 132,7 M€) sur la période. En seconde position, les Pays-Bas, fortement ré-exportateurs, ont importé 8% de produits en plus (à près de 80 M€). Globalement, les exportations espagnoles vers le marché européen ont atteint 395 M€ (+15%). Pour la Fepex, le Vieux continent «constitue une opportunité de développement pour le secteur espagnol en raison de l'énorme potentiel de croissance dont il dispose, et constitue également une réelle alternative de diversification pour les producteurs de légumes qui peuvent ainsi élargir leur gamme». La Communauté valencienne continue d’être la première région exportatrice espagnole au premier semestre, en progression de 15%.

Riz: plus de diversité génétique et de résistance chez les variétés traditionnelles (étude)

Une étude parue le 14 août dans la revue Current Biology montre que les variétés traditionnelles de riz présentent une plus grande diversité génétique que les variétés modernes, ce qui leur confère une meilleure résistance aux maladies. Les chercheurs du laboratoire international Plantomix* ont étudié, chez neuf variétés traditionnelles et onze modernes, la diversité des récepteurs NLR, qui interviennent dans la réponse immunitaire à la pyriculariose (brunissure du riz). Leur conclusion: «Neuf plants individuels d’une variété traditionnelle peuvent posséder autant de diversité de NLR que ce qui peut être trouvé parmi des milliards d’individus d’une variété japonica moderne». D’après les chercheurs, «la sélection équilibrée [pratiquée pour les variétés anciennes] contribue significativement à la forte diversité en NLR». Associée à des méthodes de culture extensives (peu d’apports d’azote), cette diversité accrue pourrait expliquer que, contrairement aux lignées modernes, «les variétés de riz locales présentent rarement des pertes sévères dues à la maladie», comme observé dans les rizières en terrasses de Yuanyang (sud-ouest de la Chine). «La conservation des variétés traditionnelles est donc cruciale pour assurer la sécurité alimentaire», conclut l’étude.
* Inrae, Cirad, Chine et Royaume-Uni