Lait : Pékin impose des surtaxes définitives de 7,4 à 11,7 % sur les importations de l’UE
Après le porc et le cognac, le ministère chinois du Commerce a décidé de mettre en place des droits définitifs dans le cadre de son enquête antisubventions à l’encontre de certains produits laitiers européens, indique Eucolait (association européenne du commerce des produits laitiers) dans un communiqué publié le 2 février. Le niveau de ces surtaxes varie entre 7,4 % et 11,7 % en fonction des entreprises et de leur degré de coopération à l’enquête. Les entreprises coopérantes non échantillonnées individuellement seront, elles, soumises à un droit de 9,5 %. Si les montants représentent une baisse significative par rapport à ceux qui s’appliquaient provisoirement depuis décembre (de 21,9 % à 42,7 %), « les droits annoncés […] continueront à nuire à la compétitivité de l'UE sur le marché chinois », regrette Eucolait. De leur côté, les organisations et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca) appellent à présent les institutions européennes à trouver une solution diplomatique dans une situation de marché difficile. En réponse aux sanctions de Bruxelles sur les véhicules électriques, Pékin mène depuis août 2024 une enquête sur des pratiques commerciales de l'UE jugées déloyales concernant certains produits laitiers importés, visant notamment certains dispositifs de la Pac.
Lait/Conférence souveraineté : la filière demande aides publiques et de simplification
Dans le cadre des Conférences de la souveraineté alimentaire lancées par la ministre de l’Agriculture Annie Genevard en décembre, l'interprofession laitière a fait part de ses attentes. Selon un document de synthèse du Cniel consulté par Agra, la filière veut des « investissements nationaux et régionaux plus dynamiques et ciblés, notamment des aides éligibles par site » et « un grand plan d’investissement public » pour s’engager dans la transition de la production et de la transformation. Pour l’interprofession, un soutien public est nécessaire pour adapter les bâtiments et le stockage de fourrages, moderniser les sites de transformation et mettre en œuvre la dématérialisation des passeports bovins et la généralisation des boucles électroniques. Sur l’administratif, la filière veut « un allègement de la charge administrative et une réduction drastique des délais d'instruction (ICPE, permis de construire, gestion de l'eau, etc.) », ainsi que le rejet de la création d’un cadre règlementaire relatif au transport des animaux vivants. Il faut aussi « œuvrer à l’application harmonisée des règles européennes actuelles ». Autre demande : maintenir les bovins en dehors du champ d’application de la directive IED, dans le cadre de la révision de la règlementation attendue pour 2026.
Lait/Conférences souveraineté : le Cniel veut renforcer « l’information à l’alimentation »
Le Cniel (interprofession laitière) a fait part de ses recommandations dans le cadre des Conférences de la souveraineté alimentaire, lancées en décembre par la ministre de l’Agriculture Annie Genevard. En matière de communication envers le grand public, l’interprofession recommande de « déployer à grande échelle et de manière ambitieuse auprès de tout public une information à l’alimentation et au bien manger, avec des moyens proportionnés ». Il est préconisé notamment de maintenir les recommandations de santé publique à deux produits laitiers par jour (trois pour les populations sensibles, enfants et personnes âgées), tout en renforçant la prise en compte de certaines populations spécifiques dont les besoins nutritionnels ne sont pas satisfaits (p.ex. : calcium, protéines, etc.). Le Cniel souhaite aussi clarifier l’articulation entre la Stratégie nationale alimentation nutrition climat (Snanc), le Programme national pour l’alimentation (PNA) et le Programme national nutrition santé (PNNS). En octobre 2025, le Cniel faisait partie des organisations professionnelles opposées à la publication d’un avis de l’Anses ne prévoyant plus la présence d’un produit laitier pour la quasi-totalité des repas scolaires.
Lait infantile : Popote et Vitagermine rappellent des lots après de nouveaux seuils de céréulide
Des lots de lait infantile premier âge des marques Popote et Babybio (Vitagermine) ont été rappelés par les fabricants le 2 février. Ces rappels sont la conséquence de la décision du ministère de l’Agriculture d’imposer un seuil limite plus strict pour la toxine céréulide à l’ensemble des fabricants français de lait infantile. La présence potentielle de cette toxine est responsable de rappels de boîtes de lait dans plus de 60 pays. Vitagermine précise avoir, durant le week-end, « mené des investigations pour s'assurer que l'ensemble des produits respectent ce nouveau seuil. Elles ont permis d'identifier trois lots de lait infantile premier âge » qui étaient « conformes à la norme en vigueur jusqu'à la semaine dernière », mais doivent désormais être retirés du marché. De son côté, l'Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) a établi le 2 février des doses de référence maximum pour cette toxine. L'Efsa a indiqué qu'une concentration supérieure à 0,054 μg/l de céréulide dans les laits pour nourrissons ou supérieure à 0,1 μg dans les laits pour deuxième âge « pourrait entraîner un dépassement des niveaux de sécurité ».
UE-Australie : les négociations pourraient s’accélérer en février, des craintes sur la viande
Après le Mercosur et l'Inde, l'UE pourrait reprendre ses pourparlers commerciaux avec l'Australie au cours du mois de février, en vue de finaliser un accord. C’est ce qu'a laissé entendre le ministre australien au Commerce, Don Farrell, dans un entretien accordé le 27 janvier à Skynews. « Nous n’en sommes pas loin », a-t-il affirmé, « mais certains points importants, notamment le volume de viande australienne exportée vers l’UE et les conditions d’exportation de ce bœuf vers l’Europe, restent à régler ». Une perspective qui n'enchante guère les organisations et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca). « Toute pression supplémentaire sur ces marchés risque de compromettre la production, l'investissement et la viabilité à long terme de l'agriculture européenne dans ces secteurs », avance l’association dans un message posté le 30 janvier sur le réseau social X. Les négociations commerciales entre l’UE et l’Australie ont achoppé en octobre 2023 à Osaka (Japon) en raison de l’agriculture. À l’époque déjà, des demandes australiennes de dernière minute visant à accroître les volumes d’importation de viande rouge avaient eu raison des pourparlers.
Ovins/caprins : la CR demande un « stock stratégique » de vaccins contre la clavelée
Dans un communiqué du 30 janvier, la section ovine de la Coordination rurale appelle l’État à constituer un « stock stratégique » de vaccins contre la clavelée, une maladie exotique qui touche les ovins et caprins. Bien que cette maladie soit absente des élevages français, la CR veut être « capable d’intervenir dès les premiers cas » si besoin. Le syndicat exige aussi « une veille sanitaire renforcée immédiate, aux frontières comme sur le territoire ». « Nous refusons de revivre un scénario identique à celui de la FCO » (fièvre catarrhale ovine), martèle la Coordination rurale, estimant que « l’impréparation de l’État [face à cette maladie] a conduit à une crise sanitaire et économique majeure ». La France est « indemne de clavelée depuis 1964 », rappelle la CR, mais la maladie est présente en Europe, avec plus de 1 700 cas depuis le 1er juillet 2025. Selon la plateforme française ESA, la Grèce est le premier pays touché (1 500 foyers), suivie par la Roumanie, la Bulgarie et la Serbie. Provoquée par un virus de la famille des Capripoxvirus, la clavelée touche les ovins et caprins, mais pas les humains. Contagieuse et potentiellement mortelle (jusqu’à 80 % pour les agneaux), elle est classée en catégorie A par la réglementation européenne (éradication obligatoire et immédiate).
Elevage/ICPE: les décrets sont signés et à paraître le 6 février (Genevard)
A l'occasion des premières Assises du déclin agricole, au Sénat le 2 février, la ministre de l'Agriculture a indiqué que les décrets relatives aux relatifs aux installations classées pour l’environnement (ICPE) ont été signés ce weekend et devraient paraître au Journal officiel le 3 février. Annie Genevard n'a pas précisé si les textes avaient subi des modifications substantielles suite à la consultation publique lancée en septembre. Les textes découlent de la loi d’orientation agricole du 24 mars et de la loi Entraves du 11 août 2025. Le premier projet de décret relève le plafond de la procédure de déclaration pour les élevages bovins. Dans la version mise en consultation, le plafond passe à 500 animaux (au lieu de 400) pour les veaux de boucherie et bovins à l’engraissement, et il passe à 200 animaux (au lieu de 150) pour les vaches laitières. De plus, il crée un régime d’enregistrement pour certains élevages de volailles et de porcs qui relèvera de la directive sur les émissions industrielles (IED). Seront soumis à autorisation « les seuls élevages relevant de la directive sur l’évaluation environnementale systématique des projets ». Le deuxième projet de décret porte sur la procédure d’autorisation environnementale. Il doit préciser notamment que la demande de remplacer une permanence par une réunion publique doit avoir lieu « avant l’ouverture de la phase d’examen et de consultation », et que le commissaire enquêteur doit en informer le préfet.
Insectes : Ynsect a reçu 148 M€ de fonds publics depuis 2021 (presse)
Les financements publics au profit d’Ynsect, producteur d'insectes transformés en farines liquidé en décembre, ont atteint 148 millions d’euros (M€) depuis 2012, a appris l'AFP le 29 janvier auprès du ministère de l'Économie et des finances. Parmi ces subsides, « au titre du programme d'investissements d'avenir (PIA) et France 2030, environ 8 M€ de subventions et 76 M€ en fonds propres et obligations convertibles », précise cette source. « Le projet reposait sur une technologie de rupture, avec des risques techniques, industriels et financiers élevés dès le départ », dit cette source, plaidant que « le soutien public avait une logique stratégique claire : souveraineté alimentaire, innovation industrielle et transition écologique ». Pour expliquer l'échec du projet, le ministère cite des « difficultés techniques et industrielles », l'impact du Covid-19 ou de la flambée des coûts de l'énergie après l'invasion russe de l'Ukraine. Nicolas Dufourcq, directeur général de la banque publique d'investissement BPI France qui a participé au financement d’Ynsect, a estimé en décembre que la construction à Poulainville, dans la Somme, d'un important site industriel avait été une erreur. D’autres spécialistes du secteur estiment que les débouchés de la farine d'insectes ont été trop souvent surestimés.
Acétamipride : Duplomb a déposé une proposition de loi, avec quatre sénateurs
Quelques mois après la censure des articles de la loi Entraves par le Conseil constitutionnel, le sénateur Les Républicains (LR) Laurent Duplomb a indiqué le 2 février, lors des premières Assises de la lutte contre le déclin agricole, avoir déposé une proposition de loi sur la réautorisation de l'acétamipride et du flupyradifurone. Le texte comportera trois articles, a-t-il annoncé : le premier doit permettre pour trois ans d’enrober la graine de betterave avec du flupyradifurone ; le second ouvre pour un an la pulvérisation des cultures annuelles telles que la betterave avec l'acétamipride et la flupyradifurone ; l'article 3 réautorise pour trois ans, sur la noisettes, la pomme et la cerise, la pulvérisation avec l'acétamipride et la flupyradifurone. Le texte sera cosigné par les sénateurs Frank Menonville (UDI), Vincent Louault (Horizons), Bernard Buis (LREM), Henri Cabanel (Parti socialiste). Le président du Sénat, Gérard Larcher, a indiqué qu'il transmettra le texte au Conseil d'État. Interrogé par Agra Presse, le député LR Julien Dive a indiqué que l'initiative était « louable », mais ne semble toujours pas convaincu sur le plan juridique. Pour l'ancien rapporteur de la PPL Entraves, la censure du Conseil constitutionnel était due à la nature du véhicule législatif ; il continue de pousser pour l'inscription de la réautorisation de l'acétamipride dans un projet de loi, et non une proposition de loi. Le gouvernement doit arbitrer prochainement l'inscription de cette mesure dans la future loi d'urgence.
Fruits: les recours contre les clauses de sauvegarde au Conseil d'Etat le 6 février
Les recours des importateurs de fruits et légumes au Conseil d’État contre les arrêtés suspendant les importations de denrées alimentaires contenant des pesticides interdits devraient être étudiés le vendredi 6 février, a appris Agra Presse. « Les recours ont été déposés le 30 janvier et le référé-suspension sera étudié le 6 [février] dans l’attente du jugement au fond », confirme Philippe Pons, président de la Chambre syndicale des importateurs de fruits et légumes français (CSIF). La mise en œuvre effective des clauses de sauvegarde a déjà des effets sur l’activité des importateurs. « La grande distribution demande encore plus de garanties, qui se concrétisent par une augmentation des analyses sur les cinq molécules visées par les arrêtés. Des menaces sur les contrats d’approvisionnement ont aussi été remarquées », explique Philippe Pons. Du côté des pays fournisseurs, certains contrats sur 2026 semblent d’ores et déjà remis en cause. Et, pour eux, c’est l’incompréhension qui prime : « Leur première réaction est de souligner qu’il n’existe pas de production dédiée spécifiquement au marché français. Ils suivent des normes internationales reconnues, comme Global GAP et des cahiers des charges privés de la distribution internationale », conclut le président de la CSIF.
Muguet/1er-mai : la loi assouplissant le Code du travail de retour à l’Assemblée le 10 avril
Le 2 février, Farrel Legendre, président de la Fédération nationale des artisans fleuristes, a confirmé à Agra Presse avoir échangé avec les services de Matignon au sujet de la réinscription à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale de la proposition de loi (PPL) permettant aux salariés de certains établissements et services de travailler le 1er mai. Dans un message publié sur LinkedIn le 31 janvier, la fédération indique qu’elle pourrait être intégrée dans la niche parlementaire du groupe parlementaire Ensemble (macroniste) le 10 avril. « Nous avons sollicité le cabinet du Premier ministre et celui de Gabriel Attal pour une rencontre. L’ordre de passage de la proposition de loi ce jour-là sera déterminant », explique Farell Legendre. Tout ne sera pas terminé pour autant, loin de là, le texte devant être voté par l’hémicycle. « À 20 jours du 1er mai, il faudra que le décret d’application soit promulgué dans la foulée d’un vote favorable de la loi », espère le président de la fédération. Le texte avait été adopté par le Sénat en première lecture le 3 juillet 2025, puis présenté aux députés dans le cadre de la journée parlementaire du groupe Les Républicains, le 22 janvier, mais pas discuté faute de temps.
Colza : Avril officialise le rachat de l'usine de trituration Champlor, près de Verdun
Dans un communiqué du 2 février, le groupe Avril, via son bras industriel Saipol, a confirmé le rachat de l’usine de trituration de graines de colza de Champlor, basée à Baleycourt, près de Verdun (Meuse), et appartenant au groupe Valtris. Le montant de la transaction n’a pas été dévoilé. Le site est doté d’une capacité annuelle de trituration d’environ 400 000 t de graines de colza, soit presque 10 % de la production française (4,6 Mt produites en 2025, selon Agreste). Il est également doté d’une installation de raffinage, permettant la production d’huile alimentaire et de biodiesel. Les 86 collaborateurs employés par l’installation seront tous conservés, précise le service communication du groupe Avril, contacté par Agra Presse. Pour rappel, un accord de rachat avait déjà été annoncé en juillet 2025. Restait à convaincre les autorités de la concurrence et les instances représentatives du personnel concerné. « Implantée au cœur de l'un des principaux bassins de culture du colza en France, cette unité permet à Avril de sécuriser et pérenniser la transformation des graines françaises dans leurs bassins de production », peut-on lire dans le communiqué.
Macron reçoit les syndicats agricoles pour préparer le Salon de l'agriculture
Comme chaque année, Emmanuel Macron a reçu le 2 février les syndicats agricoles à l’Elysée à moins de trois semaines du Salon de l’agriculture, a appris l’AFP de sources concordantes. Le président, qui ira aussi mardi à Vesoul, en Haute-Saône, pour dire son soutien aux agriculteurs, a vu les syndicats "pour les écouter" et évoquer "leur vision de l’avenir", a rapporté une source gouvernementale. «Un échange plutôt correct, courtois. Mais qui manque d’ambition», a résumé auprès de l’AFP Hervé Lapie, le secrétaire général de la FNSEA. «C’est utile dans l’enjeu européen et international parce qu’on sait que le président de la République, sur le futur budget de la politique agricole commune, ça peut être lui qui va arracher ce budget. Et, il nous a dit qu’il ferait le job et qu’il allait s’investir sur le sujet», a-t-il aussi dit. «Il ne nous a rien dit de nouveau, c’était décevant, il n’a pas de vision claire de l’agriculture», a affirmé pour sa part à l’AFP Stéphane Galais, porte-parole de la Confédération paysanne. Les dirigeants de la Coordination rurale étaient également présents à l’Elysée, ainsi que la ministre de l’Agriculture Annie Genevard. Le président a aussi «demandé d’agir auprès des organismes de sélection des races bovines pour qu’il y ait des vaches au Salon de l’agriculture», a déclaré le porte-parole de la Confédération paysanne.
Exploitations agricoles : sept fermes sur dix situées dans « l’agriculture du milieu » (étude)
Une étude de la Draaf Auvergne-Rhône-Alpes et de VetAgro Sup, publiée en décembre par le Centre d’études et de prospective (ministère de l’Agriculture), propose une typologie des exploitations définissant « huit profils de projet d’agriculture ». 72 % des fermes ont « une démarche d’entrepreneuriat collectif, au sein de filières agroalimentaires auxquelles elles fournissent des matières premières agricoles ». Leurs profils correspondent à une « agriculture du milieu », selon les auteurs : « trop petites pour être compétitives sur les marchés de matières premières, et trop grandes et trop génériques pour vendre sur les marchés de vente directe ». Elles regroupent notamment des exploitations engagées dans des filières longues en élevage, grandes cultures et viticulture. Cette agriculture à « entrepreneuriat collectif en filière longue » est positionnée entre deux autres logiques entrepreneuriales. D’un côté, de très petites structures de production (9 %), qui maximisent la valorisation de leurs produits différenciés en vente directe. De l’autre, l’agriculture de firme (18 %) : soit de grandes exploitations recourant au salariat, engagées dans une stratégie de compétitivité hors coûts en viticulture de caveau notamment ; soit de grandes exploitations céréalières ou porcines qui produisent des matières premières et des services agricoles dans une logique de compétitivité-coûts.
Cercles de réflexion : l'Institut Cantillon lance un «observatoire du déclin agricole»
Créé par le lobbyiste Antoine Boulay, l'institut Cantillon (cercle de réflexion) a lancé, le 2 février, avec le parrainage du sénateur Les Républicains (LR) Laurent Duplomb, un «observatoire du déclin agricole et de l'autosuffisance», dont l'évènement de lancement (les «premières assises du déclin agricole») s'est déroulé en présence de la ministre de l'Agriculture Annie Genevard. Ancien conseiller de Stéphane Le Foll lorsqu'il était ministre de l'Agriculture, ex-directeur des relations institutionnelles et des médias de Bpifrance puis de la BRED, Antoine Boulay présidera cet observatoire, dont la mission est de «s'adresser au grand public» pour lever «une situation de blocage culturel et politique autour de l'agriculture», a-t-il expliqué devant un parterre de responsables professionnels agricoles. Un appel pour «refaire de la France une grande nation agricole» a été lancé, plaidant pour «l'interdiction des surtranspositions», «l'interdiction d'importer des produits moins-disants», et «la mise en place d'un débat national sur les moyens pour la France de redevenir une grande puissance agricole, sans renoncer à l'environnement». Ces assises et cet appel, accompagné d'un sondage, sont «la première initiative de cette plateforme pour contribuer au débat et trouver des solutions», a expliqué Antoine Boulay. L'ancien fonctionnaire revendique le terme d'autosuffisance comme «la capacité à se nourrir, notamment en cas de conflit de grande intensité», pas «au sens d'autarcie mais pour que la ferme France se tienne debout».
Eau : une PPL Liot pour inscrire l’accès à l’eau potable dans la Constitution
Le député Stéphane Viry (Liot, Vosges) a déposé fin janvier une proposition de loi (PPL) visant à inscrire la « préservation des ressources naturelles en eau » dans la Constitution, « afin d’assurer une eau potable en quantité et en qualité suffisantes pour les générations futures ». L'article unique de la PPL propose d’insérer dans l’article 1 de la Constitution la phrase suivante : « La République veille à un usage raisonné des ressources naturelles en eau ». L’élu justifie cette mesure par « l'augmentation des besoins, dans le contexte notamment du changement climatique, et les pressions croissantes liées à l’aménagement du territoire ». Deux évolutions qui « imposent », selon lui, « d’accroître la vigilance apportée aux ressources en eau souterraine disponibles ou mobilisables dans le futur ». Pour M. Viry, « les ressources en eau douce destinées à la consommation humaine, constituent un patrimoine indispensable à notre survie ». Il appelle donc à « collectivement travailler à des solutions durables afin de préserver cette ressource ». Et de rappeler que le droit « à l’eau et à l’assainissement » est « absent de la législation française », alors qu’il a été reconnu comme essentiel par une résolution des Nations unies du 28 juillet 2010.
Alimentation : en Allemagne, des marques abandonnent la nouvelle version du Nutri-Score
Alors que la nouvelle version du Nutri-Score doit désormais être appliquée en Allemagne depuis janvier, de nombreux industriels de l’agroalimentaire y ont décidé de ne plus afficher cet étiquetage nutritionnel sur leurs produits, révèle Foodwatch Allemagne dans un communiqué le 29 janvier. Cette décision intervient après une évolution des critères de calcul, annoncée dès 2022, dans le prolongement des recommandations d'un comité scientifique d'experts en nutrition pour adapter l'outil aux dernières avancées scientifiques. La nouvelle méthode pénalise davantage le sucre, le sel, ou encore les édulcorants. Introduit sur une base volontaire en 2020, le Nutri-Score figurait sur environ 40 % des produits alimentaires vendus en Allemagne en 2022, selon le quotidien Die Frankfurter Allgemeine Zeitung. Depuis 2023, 33 fabricants ont toutefois retiré cet étiquetage de tous leurs produits, quand d’autres ont cessé de l’afficher uniquement sur certains produits. Foodwatch dénonce une pratique de « cherry-score », consistant à ne conserver le Nutri-Score que sur les produits bien notés et à le retirer sur ceux moins bien classés. À titre d’exemple, Danone a retiré le Nutri-Score de marques comme Alpro ou Actimel, tout en le maintenant sur Activia ou Dany. Afin d’éviter ces retraits, l’association appelle le ministre fédéral de l’Agriculture, Alois Rainer, à rendre le Nutri-Score obligatoire en Allemagne.
Grossistes en fruits et légumes : Didier Marques démissionne, nouvelle gouvernance (syndicat)
Dans un communiqué de presse du 2 février, l’Union nationale des grossistes en fruits et légumes (UNCGFL) annonce l’arrivée d’un nouveau président, Olivier Feno Feydel, administrateur du syndicat et directeur général Réseau de Vivalya (groupement coopératif de grossistes). Il succède à Didier Marques qui démissionné ce même jour : il était président depuis 2020 (deux mandats de trois ans). « Il s’agit d’une décision mûrement réfléchie au service du bien collectif », a-t-il précisé, estimant ne pas être en mesure de consacrer le temps requis par la nouvelle dynamique engagée dans la défense de la profession. Celle-ci implique « un engagement renforcé de la gouvernance, dans le pilotage de la feuille de route stratégique, dans l’animation de la vie statutaire et les relations institutionnelles », précise l’UNCGFL. Parallèlement, le syndicat annonce l’arrivée, le même jour, d’Hermione Chombard de Lauwe au poste de déléguée générale, en remplacement de Frederic Stéphani. Titulaire d’un master en transports internationaux, elle est connue pour être la co-fondatrice en 2020, du Conseil national pour la résilience alimentaire, qu’elle a dirigé jusqu’en 2026.
Addendum à l'agenda de la semaine agricole du 2 février 2026
Mercredi 4 février
Les députés de la Coméco examinent la PPL visant à interdire les engrais contenant du cadmium