Bovins/MHE: la campagne de vaccination prolongée d’un mois, jusqu’au 31 janvier (JO)
Un arrêté paru au Journal officiel le 20 décembre prolonge la campagne publique de vaccination contre la maladie hémorragique épizootique (MHE) jusqu’au 31 janvier, soit un mois de plus que la date initialement prévue par un précédent texte. Dans le cadre de cette campagne de vaccination volontaire, les éleveurs de bovins de 21 départements en bordure de la zone régulée (de la Manche aux Bouches-du-Rhône, en passant par l’Allier) peuvent vacciner leurs animaux, la MHE étant présente dans la moitié sud-ouest de l’Hexagone. Cette stratégie dite de la «bande tampon» vise à empêcher l’extension de la maladie. En dehors de cette zone, les éleveurs peuvent aussi vacciner, mais à leurs frais. L’État finance deux millions de doses, un stock qui permet de vacciner un million d’animaux. Les pouvoirs publics prennent aussi en charge «la rétribution des vétérinaires pour la prescription et la délivrance des doses, ainsi que la remontée des informations à l’administration», rappelle le ministère de l’Agriculture sur son site web. Le vaccin utilisé est l’Hepizovac, qui a décroché une autorisation temporaire d’utilisation (ATU) début août 2024 et permet l’exportation des animaux. Selon le dernier bilan au 26 décembre, la France compte 3538 foyers de MHE depuis le 1er juin.
Porc: la PPA s’est densifiée en Allemagne non loin de la frontière française
Entre les 23 et 29 décembre, les cas de sangliers touchés par la peste porcine africaine (PPA) se sont densifiés dans le sud du Land de Hesse, rapporte la plateforme Épidémiosurveillance en santé animale dans son bulletin hebdomadaire paru le 31 décembre. Ainsi, 42 nouveaux cas sauvages ont été repérés dans la province de Bergstraße, dont plusieurs cas dans la commune de Lampertheim, située le long du Rhin, à environ 70 km de la frontière avec la France. Ce Land concentre la grande majorité des cas sauvages en Allemagne (total mensuel de 112 cas au cours des quatre semaines s’achevant le 22 décembre). Pour rappel, un foyer domestique avait été déclaré à la mi-août à 60 km de la frontière. Cet élevage de trois suidés était situé à 19 km du cas sauvage le plus proche. L’épidémie ne semble donc pas se rapprocher de la France. Quant au front sud-est, dix nouveaux cas sauvages ont été déclarés au cours de ces sept jours dans le nord de l’Italie. Un nombre limité par rapport aux 1109 cas détectés dans cette zone (Émilie-Romagne, Lombardie, Piémont et Toscane) depuis le début de l’année. L’incidence diminue fortement depuis le mois de juillet 2024 dans le nord de l’Italie. La distance avec la frontière française reste de 55 km.
Loup/ours: dépôt simplifié et paiement accéléré pour l’aide aux moyens de protection
Les éleveurs d’ovins et de caprins soumis à un risque de prédation par le loup ou l’ours peuvent déposer leur demande d’aide aux moyens de protection pour 2025, pour laquelle le dépôt est simplifié et le versement accéléré, selon un communiqué du ministère de l’Agriculture du 27 décembre. Le dispositif repose sur un appel à projets annuel qui sera clos le 31 juillet à minuit. Cofinancée par l’UE et l’État, cette aide vise à compenser «les surcoûts induits par les changements de pratiques» (gardiennage, chiens de protection, clôtures électrifiées, études et accompagnement). Après une réflexion menée avec les éleveurs, le ministère et l’ASP (Agence de services et de paiement), «plus d’une dizaine de pièces justificatives seront retirées des justificatifs à fournir par le demandeur». La Rue de Varenne ajoute que des «améliorations» ont été apportées à l’outil Safran (dépôt des dossiers) et qu’une hotline a été ouverte par l’ASP (09 74 99 74 41). Concernant le paiement, «les demandes de solde pour la prise en charge des chiens de protection et les investissements matériels peuvent être déposées dès que la dépense a été effectuée», indique le ministère (à condition de remplir le critère de durée minimale de présence dans les cercles de prédation). Une évolution qui «permettra de ne pas attendre la fin de l’année pour déposer une demande de paiement».
Fruits et légumes: exportations espagnoles en hausse en 2024, craintes pour 2025
Les exportations de fruits et légumes espagnoles en 2024 devraient augmenter de 6% en valeur par rapport à 2023, selon les prévisions de la Fepex (exportateurs) basées sur les données officielles de janvier à octobre et sur une estimation pour les mois de novembre et décembre. La facturation totale dépasserait les 18 Md€. Le tonnage est également orienté à la hausse d'environ 8% pour dépasser les 12 Mt. Parallèlement, les importations ont augmenté de 6,5% en volume, totalisant 3,6 Mt, avec une valeur doublant pratiquement sur la période par rapport à celle de l’an passé (+12%, pour atteindre 4,087 Md€). La filière espagnole demeure néanmoins inquiète concernant l’année 2025. Certains facteurs devraient continuer à peser sur la capacité exportatrice de l’Espagne: ressource en eau, coût de la main-d’œuvre (jusqu’à 45% du coût global), réduction des solutions phytosanitaires. Alors que certains pays tiers exportateurs sur l’Union européenne ne rencontrent moins ce type de problèmes: «Face à la menace croissante que représentent les pays clairement exportateurs orientés vers le marché de l'UE, comme le Maroc ou certains membres du Mercosur, des mesures concrètes doivent être proposées pour améliorer la compétitivité, parmi lesquelles la réduction du fardeau de la bureaucratie et l’hyper réglementation», considère la Fepex.
Fruits et légumes/pesticides: l’Afis dénonce le dernier rapport de Générations futures
Dans un communiqué du 20 décembre, l’Association française pour l’information scientifique (Afis) dénonce le rapport publié le 17 décembre par l’association Générations futures concernant les résidus de pesticides dans les fruits et légumes. «En ne mettant en avant que la seule présence de traces de pesticides sans s’intéresser à la concentration, et en limitant l’étude aux seuls aliments non bio, le message des auteurs de l’étude est qu’il est dangereux de consommer des fruits et légumes non bio», estime-t-elle. L’Afis dénonce «l’instrumentalisation de ces peurs à des fins de promotion d’une filière économique, promotion faite en présentant les produits des filières concurrentes comme dangereux pour les consommateurs». Évoquant les productions bio et conventionnelles, l'association considère que «les deux filières ont leur place et correspondent à des attentes différentes des consommateurs et produisent toutes deux des fruits et légumes d’excellente qualité sanitaire». Elle rappelle par ailleurs que Générations futures «reçoit des financements des entreprises de [la filière bio] (Biocoop, Bjorg, Léa Nature, Naturalia, Nutergia, etc.)» et que la campagne initiée par l'ONG «s’inscrit dans un contexte de baisse du chiffre d’affaires de l’industrie du bio depuis 2020».
Consommation: plus de produits festifs achetés en fin d’année 2024, mais moins de bulles
Selon une étude sur les achats de produits festifs en fin d’année réalisée par Circana pour la FCD (grande distribution), les ventes de foie gras a bondi de 31,1% en valeur et de 33,2% en volume sur un an (23-28 décembre). Les poissons fumés (saumon et truite) ont progressé de 10,1% en valeur et de 6,2% en volume. Les achats ont en revanche reculé pour les champagnes (-6% en valeur et -7,8% en volume) et les vins effervescents (-6% en valeur et -5,6% en volume). Les achats de foie gras ont à peine moins progressé en valeur qu’en volume. Ils ont profité de l’offre plus généreuse annoncée par le comité interprofessionnel (Cifog) après une saison festive 2023 plombée par l’influenza aviaire. Les achats de saumon et de truite fumée ont davantage progressé en valeur qu’en volume, signe de prix de détail plus élevés. Selon le communiqué de la FCD, cela traduit «leur popularité dans les menus festifs». Quant aux champagnes et vins mousseux, la FCD ne donne aucun commentaire. Mais globalement, les achats de produits festifs ont progressé de 11,3% en valeur et de 8,3% en volume, ce qui témoigne selon les distributeurs d’une «bonne dynamique des produits festifs». Une performance «notamment portée par les hypermarchés», précise la FCD.
Horticulture: l’Astredhor démarre deux projets européens en janvier
L’Astredhor (centre technique de la filière horticulture) démarre deux projets européens soutenus par le programme Interreg NWE qui finance des projets innovants pour une transition écologique et territoriale en Europe du Nord-Ouest; axés sur le développement d’une production plus résiliente et responsable, a-t-il annoncé sur LinkedIn fin décembre. Le premier, baptisé «BioBoost» vise à s’attaquer aux obstacles à l’adoption de la bioponie (culture de plantes hors-sol à l’aide d’une solution nutritive organique et biologique), en impliquant tous les acteurs de la chaîne de valeur. Il mettra en œuvre cette pratique par l'intermédiaire de 11 installations pilotes (Allemagne, Belgique, France, Italie et Pays-Bas), avec l’objectif d’une réplication et d’un déploiement ultérieurs. Le second, «HydroSoilWise», porté par Viaveerda (centre de recherches belge flamand) vise à développer une boîte à outils innovante pour les producteurs qui rassemblera diverses techniques agissant sur la matière organique des sols, la réduction de l'érosion et l'utilisation rationnelle de l'eau.
Agriculture urbaine: l’Inrae mets en place une UMT dédiée aux fermes professionnelles
L’Inrae a annoncé début décembre la création d’une nouvelle Unité mixte technologique (UMT) dédiée aux fermes urbaines professionnelles, baptisée UMT FUP. Elle aura pour objectif de les accompagner dans leur développement durable et de les aider à s'adapter aux enjeux écologiques et sociétaux. Elle sera portée par l'institut des professionnels du végétal (Astredhor) et co-pilotée par l’UMR SadApt (Inrae, AgroParisTech, université Paris-Saclay), en partenariat avec l’Itavi (institut technique de l'aviculture) et l’École nationale supérieure de paysage. Quatre axes de travail ont été choisis: fonctionnalités éco-sociologiques des fermes urbaines professionnelles; ancrage dans l’économie circulaire; modèles économiques et gouvernance; adaptation des modèles de production végétale et animale. «Les fermes urbaines professionnelles sont des structures intégrées au cœur des villes, contribuant au système alimentaire urbain sur des productions ciblées, mais aussi et surtout, jouant un rôle dans la régulation thermique, la gestion des ressources, la préservation de la biodiversité et la sensibilisation des citadins à l’alimentation durable», justifie l’Inrae.
Agenda de la semaine agricole du 6 janvier 2025
Mardi 7 janvier
Assemblée générale du CNIPT (pommes de terre), à Paris
Les députés de la Coméco examinent le projet de loi d’urgence pour Mayotte (jusqu’au 8)
Début officiel de la campagne pour les élections des chambres d’agriculture
Mercredi 8 janvier
Vœux à la presse de la Confédération paysanne
Jeudi 9 janvier
Conférence de presse de Générations futures sur l’outil Géophyto (achats de pesticides)
Conférence de presse de Notre affaire à tous (dépôt d’un recours contre les décrets d’applications de la loi Industrie verte)
A nos abonnés: possible ralentissement des parutions
En raison du ralentissement de l'actualité lors des fêtes de fin d'année, l'Agrafil, Agra Business et les Agra Lives pourront être diffusés à un rythme légèrement moins soutenu jusqu'à la fin de l'année. En vous remerciant de votre compréhension.