UE/Mercosur: feu vert de Bruxelles au lancement du processus de ratification...
Comme prévu, la Commission européenne a donné son feu vert, le 3 septembre lors d’une réunion du Collège des commissaires, au projet d’accord controversé entre l’UE et le Mercosur. Cette adoption lance à présent officiellement le processus de ratification. Très attendue sur la question de l’architecture juridique, Bruxelles a finalement choisi le même schéma que celui utilisé pour la modernisation de l’accord d’association UE/Chili signé en 2023. Celle-ci prendra la forme d’un accord de partenariat global et d’un accord commercial intérimaire avec pour objectif une mise en œuvre plus rapide des dispositions commerciales qui suscitent des inquiétudes dans le secteur agricole. Au niveau juridique, l’accord commercial intérimaire, contrairement à celui de partenariat global, ne nécessite pas la ratification individuelle des États membres. Celui-ci pourra donc entrer en vigueur après avoir obtenu la validation du Conseil de l’UE à la majorité qualifiée (55 % des États membres représentant 65 % de la population de l’UE) puis le consentement du Parlement européen à la majorité simple. « L’architecture juridique est alignée sur les traités », précise un haut fonctionnaire européen alors que certains eurodéputés envisagent de saisir la Cour de justice de l’UE sur cette question. Avec cette nouvelle étape, la balle est à présent dans le camp des Etats membres et des eurodéputés. De son côté, la Commission européenne reste confiant quant à la possibilité de signer l’accord d’ici la fin de l’année.
UE/Mercosur : …avec un instrument sur les sauvegardes pour rassurer les oppositions
Parallèlement au lancement du processus de ratification de l’accord de partenariat UE/Mercosur, la Commission européenne a également annoncé le 3 septembre, la présentation d’un acte juridique spécifique distinct ayant pour but de rendre opérationnelles les dispositions en matière de sauvegarde pour les produits les plus sensibles. Ce texte, qui devra être traduit sous forme législative et adopté selon la procédure ordinaire, est un engagement politique de la Commission européenne en réponse aux préoccupations exprimées par le secteur agricole et certains Etats membres comme la France. Concrètement, elle s’engage à superviser les marchés pour les produits les plus sensibles et à fournir tous les six mois un rapport sur la situation au Conseil de l’UE et au Parlement européen. En outre, Bruxelles s’engage à agir plus rapidement concernant le déclenchement des mesures de sauvegarde. Un texte qui a été salué par Paris. La porte-parole du gouvernement, Sophie Primas, s’est d’ailleurs réjouie que l’UE « ait entendu les réserves » françaises tout en reconnaissant avoir « besoin d’analyser cette clause de sauvegarde ». Au-delà des sauvegardes, la Commission européenne considère avoir mis en œuvre « ceinture et bretelles » pour préserver le secteur agricole, citant notamment le filet de sécurité de 6,3 milliards d’euros (doublement de la réserve agricole) prévu dans la proposition de cadre financier pluriannuel 2028-2034 et l’alignement des normes de production compris dans la Vision pour l'agriculture et l'alimentation.
UE/Mercosur : le début du processus de ratification suscite des réactions contrastées
Malgré les tentatives de l’exécutif européen pour rassurer, l’annonce de l’adoption de l’accord commercial UE/Mercosur, le 3 septembre, a recueilli des réactions contrastées tant chez les représentants professionnels de l’agroalimentaire que chez les Etats membres ou les eurodéputés. Si le Copa-Cogeca (syndicat majoritaire européen) avait prévenu en amont quant au « passage en force politique » de la Commission européenne sur ce sujet, il a été rejoint par la Cibe (betteraviers européens) qui appelle au rejet de l’accord. A contrario, le secteur européen des boissons alcoolisées, SpiritsEUROPE (spiritueux) et le CEEV (entreprises vins), particulièrement touchés par les surtaxes américaines, voient en ce traité une opportunité d’étendre leurs marchés. Parmi les Etats membres, si la position de la France sur ce sujet pourrait être amenée à évoluer, l’Espagne (en faveur) et la Pologne (contre) maintiennent les leurs. Au Parlement européen, l’appartenance à un groupe politique n’est pas un gage de réaction uniforme. C’est notamment le cas chez les centristes de Renew où le Français Pascal Canfin et le Belge Yvan Verougstraete évoquent la possibilité d’un recours juridique contre l’accord, au même titre que la Française Manon Aubry (la Gauche), tandis que leur groupe politique salue le début du processus de ratification formelle.
UE/Mercosur : réserves françaises entendues, selon Genevard, syndicats en colère
Suite à l’annonce le 3 septembre de la Commission européenne de présenter l’accord commercial UE-Mercosur – assorti de clauses de sauvegarde - le gouvernement s'est félicité que les réserves françaises aient été entendues. Toutefois la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, se montre un peu moins enthousiaste même si elle admet que la Commission a « tenu compte des intérêts des agriculteurs français » en incluant « à l’initiative de la France » une clause de sauvegarde renforcée « pour protéger nos filières sensibles ». « Notre position reste ferme, la défense de notre agriculture n’est pas négociable », prévient Annie Genevard. Elle indique que les « garanties nouvelles » devront « être pleinement opérationnelles, applicables sur le terrain », mais aussi « accompagnées de mesures-miroir et d’un véritable renforcement des contrôles sanitaires et phytosanitaires ». « Le combat continue », promet-elle. De son côté, les syndicats agricoles ont tous dénoncé l'accord. La FNSEA et les JA le qualifient de « toxique », la CGB (betteraviers) estime que «Bruxelles souffle sur les braises de la colère des betteraviers». La Confédération paysanne participera le 4 septembre à une manifestation organisée devant le Parlement européen à Bruxelles contre l'accord.
UE/Mexique : la Commission européenne ouvre la voie à la ratification de l’accord commercial
Presque neuf mois après avoir définitivement bouclé les pourparlers, le Collège des commissaires européens a validé, le 3 septembre en même temps que l’accord UE/Mercosur, la modernisation de l’accord entre l’UE et le Mexique. Là encore, la Commission européenne a décidé de diviser l’architecture juridique de l’accord entre un accord global modernisé et un accord commercial intérimaire afin d’appliquer plus rapidement les concessions commerciales. Ce dernier entrera en vigueur après le feu vert du Conseil de l’UE à la majorité qualifiée, puis l’assentiment du Parlement européen à la majorité simple. Dans le détail, l’exécutif européen précise que ce nouvel accord permettra de « supprimer les droits de douane prohibitifs restants sur les exportations agroalimentaires de l'UE vers le Mexique », citant notamment le fromage, la volaille, le porc, les pommes ou encore le vin. De son côté, le Mexique a également obtenu des contingents tarifaires pour certains produits agroalimentaires dont les volumes ont finalement été revus à la baisse. Bruxelles espère être en mesure de signer cet accord modernisé au début de l’année 2026.
Pac : les socialistes européens veulent des aides ciblées et des outils de gestion des marchés
Le groupe social-démocrate (S&D) au Parlement européen a publié, le 3 septembre, sa position sur la future Pac plaidant pour une sortie progressive des paiements à l’hectare et des outils de gestion des marchés renforcés. Les eurodéputés Christophe Clergeau (France), Dario Nardella (Italie) et Tiemo Wölken (Allemagne), qui ont coordonné ce travail, estiment que le budget de la Pac doit être « considérablement accru » et s’opposent à sa fusion dans un fonds unique. Par contre, ils se montrent favorables au rapprochement des écorégimes avec les mesures agroenvironnementales du second pilier à condition qu’une part budgétaire d'au moins 30 % y soit consacrée. Le groupe S&D demande également un plafonnement des paiements directs (entre 75.000 et 95.000 € par bénéficiaire) et une dégressivité avec des flexibilités (pour les coopératives par exemple). Autre proposition, élargir la boîte à outils de gestion des marchés et des risques avec : la fixation de seuils d'excédents prédéfinis qui, une fois dépassé, offre la possibilité aux organisations de producteurs de coordonner les volumes de production ; des stocks stratégiques mobilisables en quelques semaines pour stabiliser les prix et garantir l’approvisionnement ; et un système de réassurance à l’échelle de l’UE.
Pesticides/biodiversité : en appel, l’Etat condamné à être plus strict sur les AMM
La cour administrative d’appel de Paris a condamné l’Etat à revoir ses protocoles d’autorisation de mise en marché (AMM) des pesticides, dans un arrêt rendu le 3 septembre. La cour estime que l’Anses « a commis une faute » en n’évaluant pas les produits phytopharmaceutiques « au vu du dernier état des connaissances scientifiques », explique-t-elle dans un communiqué. Suivant les recommandations de la rapporteure publique le 6 juin dans le cadre de l’affaire Justice pour le vivant, la cour « ordonne à l’Etat » de « mettre en oeuvre une évaluation conforme aux exigences requises, en particulier s’agissant des espèces non ciblées, c’est-à-dire à celles qui ne sont pas visées par le produit ». Elle ordonne aussi à l’Etat « de procéder, dans un délai de vingt-quatre mois, à un réexamen des autorisations de mise sur le marché déjà délivrées » pour celles qui n’auraient pas été conformes à ces exigences. Enfin, elle « enjoint » l’Etat « d’établir dans les six mois un calendrier de révision des AMM concernées ». Peu après l’annonce les cinq associations requérantes (Notre affaire à tous, Pollinis, Biodiversité sous nos pieds, Anper-Tos, Aspa) se sont réjoui de cette « nouvelle victoire historique ». Elles appellent l’Etat à « ne pas se pourvoir en cassation » et à mettre en œuvre « immédiatement » certaines mesures
Coopératives : LCA veut créer un fonds obligataire de 300 M€ pour les coopératives
À l'occasion de sa conférence de presse de rentrée le 3 septembre, la Coopération agricole (LCA) a annoncé le lancement d'un fonds obligataire intitulé Coopagri destiné à financer les coopératives agricoles. Le gestionnaire sera la filiale du Crédit agricole Idia, qui a pour mission de lever 300 millions d'euros (M€), auprès d'investisseurs institutionnels. Alternative à l'augmentation de capital ou à la dette bancaire, ces obligations auront une durée de 8 à 12 ans, et seront proposées, comme des quasi-fonds propres, à des coopératives dont le chiffre d'affaires est compris entre 50 M€ et 1,5 Md€. En parallèle, le fonds d'investissement dans l'agroalimentaire, promis en 2023 dans nos colonnes par le ministre de l'Industrie Roland Lescure, arrive, après deux ans « de tergiversation » en phase de mise en œuvre, a indiqué le président de LCA, Dominique Chargé. La contribution de 200 M€ de BPI France a été sanctuarisée au printemps, et une entreprise gestionnaire a été récemment choisie qui doit aussi réaliser une levée de fonds de 300 M€ auprès de bailleurs privés, pour atteindre la somme de 500 M€ promise par le ministre. L'objectif était de « financer de la croissance organique, notamment à l’export, ou des opérations de fusion-acquisition, en intervenant par des fonds propres dans le capital des entreprises ».
Syndicats: la Confédération paysanne se joindra au mouvement du 10 septembre
La Confédération paysanne, a annoncé le 3 septembre son intention de participer au mouvement de colère multisectoriel prévu le 10 septembre, contrairement à sa rivale la FNSEA. Au terme d’un été marqué par les sécheresses et les maladies animales, «on attend toujours des réponses concrètes aux colères agricoles», au besoin «simplement de vivre dignement de notre métier», a expliqué son porte-parole Thomas Gibert lors de la conférence de presse de rentrée du syndicat à Paris. «C’est pour cela que l’on se sent entièrement légitime à participer à ce mouvement, en convergence avec l’ensemble des colères qui s’agrègent autour de cette date du 10 septembre (...) Nous serons présents et on va clairement appeler à rejoindre les mobilisations et à en organiser», a-t-il ajouté. L’appel "Bloquons tout" le 10 septembre est né sur les réseaux sociaux, et les autorités attendent des actions diverses sur tout le territoire. La FNSEA, 1er syndicat agricole, a indiqué qu’il n’y participerait pas, pour éviter une "récupération politique", annonçant plutôt une mobilisation "cet automne", aux formes à définir, sur ses propres revendications.
Syndicats : pour sa rentrée, la Conf’ critique l'assurance récolte et la gestion de la DNC
Alors que la France a connu un été marqué la sécheresse et les incendies, la Confédération paysanne (Conf’) a dénoncé « l’échec » de la réforme de l’assurance récolte de 2022, en conférence de presse le 3 septembre. Selon le syndicat, seules 18,3 % des fermes étaient couvertes par un contrat multirisque climatique en 2024, et la tendance devrait encore reculer en 2025. « De nombreuses filières ne sont pas couvertes, de même que certains dégâts tels que les incendies dans l’Aude, alors qu’ils sont la conséquence du changement climatique », souligne Thomas Gibert, l’un des trois porte-paroles du syndicat. Face à ce constat, la Conf’ a appelé, à nouveau, à créer un fonds mutuel et solidaire, financé par l’ensemble de la chaîne agro-alimentaire. Après l’épisode de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) des bovins, la Conf’ a également critiqué la gestion des crises sanitaires qui touchent l’élevage. Elle réclamait notamment la mise en place d’une quarantaine renforcée et de l’abattage partiel, accusant le gouvernement de refus de « concertation avec tous les partenaires agricoles ». Le syndicat a aussi défendu une nouvelle politique de l’eau, réaffirmant son opposition aux « mégabassines ». « Nous avons besoin d’une meilleure répartition de l’eau, en donnant la priorité à l’abreuvement des animaux ainsi qu’à la production de fruits et légumes », précise M. Gibert.
Budget 2026 : Rousseau propose de « regarder » le Casdar et ses fonds non « octroyés »
Dans le cadre de l’élaboration du budget 2026 de l’État – pour lequel François Bayrou a fixé un objectif de 44 Md€ d’économies, dont 200 M€ pour la mission Agriculture –, le président de la FNSEA a proposé, le 2 septembre, de « regarder » le Casdar (compte d’affectation spéciale pour le développement agricole et rural), qui dispose selon lui de « moyens qui ne sont pas octroyés ». Le syndicat majoritaire passe actuellement en revue, « avec les pouvoirs publics », les postes de dépenses concernant l’agriculture qui pourraient faire l’objet d'économies. Évoquant le Casdar, M. Rousseau a déclaré : « Il faut qu’on regarde ce qui est possible et ce qui n’est pas possible, sachant qu’il y a un certain nombre de moyens qui ne sont pas octroyés ». Le Casdar finance des projets de recherche et développement mis en œuvre par divers organismes (chambres d’agriculture, instituts techniques, etc.). Il est alimenté par une taxe sur le chiffre d’affaires des agriculteurs. En 2023 et 2024, celle-ci a permis de lever environ 150 M€ par an. Or, selon un amendement de deux députés Horizons au PLF 2025, « les recettes dépassent systématiquement la prévision de collecte » indiquée dans les projets de loi de finances (de 24 M€ en 2023 et de 7,6 M€ en 2024).
Biocarburants : Shell abandonne la construction d'une usine aux Pays-Bas
Le géant britannique des hydrocarbures Shell a annoncé le 3 septembre abandonner la construction d'une usine de biocarburants aux Pays-Bas, entamée en 2022, jugeant le projet « pas suffisamment compétitif », au moment où le groupe recentre ses activités sur le pétrole et le gaz pour doper ses bénéfices. « En évaluant la dynamique des marchés et le coût d’achèvement, il est apparu clairement que le projet ne serait pas suffisamment compétitif », a expliqué Machteld de Haan, présidente de la division « Downstream, Renewables and Energy Solutions », la branche énergies renouvelables du groupe, citée dans un communiqué. Shell avait suspendu en juillet 2024 la construction de cette usine basée à Rotterdam, qui devait produire à terme 820.000 tonnes de biocarburants par an. Ce projet était l'un des plus importants du genre en Europe. L'usine de Rotterdam devait notamment produire du carburant d'aviation durable, produit à partir d'huiles usagées, de résidus de bois ou d'algues, qui est utilisable en complément du kérosène (jusqu'à 50%) dans les avions actuels. « Nous continuons à croire que les molécules bas carbone, y compris les biocarburants, seront à la base du système énergétique du futur », a affirmé Mme de Haan, jugeant son entreprise « en première ligne dans ce secteur ».
Betterave : des prévisions de rendements «corrects», selon Cristal Union
Dans un communiqué du 3 septembre, Cristal Union a indiqué prévoir « des rendements corrects » en betterave sur sa zone d’influence, sans toutefois donner de chiffre précis. « Après des semis précoces et une belle levée dès le printemps, les betteraves ont bénéficié de conditions climatiques favorables à leur croissance », relate l’industriel. L’alternance de pluies et de chaleur durant l’été a également été globalement bénéfique pour les plantes. Les feuilles ont pu ainsi se développer, permettant une bonne photosynthèse, « clé de la richesse en sucre des betteraves ». La cercosporiose a par ailleurs pu être bien contrôlée, grâce au climat moins humide que l’an dernier. En revanche, Cristal Union déplore des dégâts de la jaunisse, qui « aura un impact certain sur les rendements, mais ses effets précis sont encore difficiles à estimer ». La CGB (syndicat de producteurs) alertait sur les infestations de pucerons en juillet dernier, vecteurs de la maladie, et justifiant son soutien à la PPL Entraves, réautorisant l’acétamipride sous condition. Les usines de Cristal Union vont démarrer tout au long du mois de septembre. Celle de Fontaine-le-Dun démarre le 3 septembre. La dernière, celle d’Erstein se mettra en route le 23 septembre.
Pomme de terre : les industriels estiment que «la contractualisation ne recule pas»
Accusés par l’UNPT (producteurs de pomme de terre, FNSEA) d’avoir, pour certains, unilatéralement revu à la baisse leurs contrats, les transformateurs ont rétorqué, le 3 septembre dans un communiqué, que «non la contractualisation ne recule pas», appelant à «consolider les acquis, et garantir le respect des engagements mutuels». La fédération a par ailleurs tenu à tempérer les conséquences de la chute des prix de la pomme de terre observée sur le marché libre (non contractualisé) sur les revenus des producteurs. « Le marché "libre" spéculatif est donc en forte baisse. Pour autant, les volumes réellement échangés à prix bas sont négligeables et ne reflètent pas le prix moyen payé au producteur via les contrats », expliquent les industriels. La fédération indique que « plus de 80 % des volumes ont été engagés par des contrats de pré-saison entre producteurs et industriels (…) comme chaque année ». Elle confirme néanmoins que la progression de la sole hexagonale 2025 dépasse les besoins contractés par les producteurs avec les industriels. La FNTPT ajoute que la demande s’effrite : « les ventes alimentaires semblent avoir marqué le pas durant l’été, traduisant un ralentissement de la consommation sur l’ensemble des segments ». Elle espère un redémarrage du marché via le rebond de la demande en surgelés, sachant que la France fait face à une forte concurrence.
Grains: les sécheresses seraient deux à quatre fois plus fréquentes à +2°C (étude)
Dans une étude publiée le 3 septembre dans la revue Science Advances, des chercheurs canadiens ont évalué les variations de rendements de maïs, soja et sorgho induites par le changement climatique. Avec des modèles mathématiques, ils ont compilé des relevés météorologiques et des images satellite sur la température ambiante et l’humidité des sols, mais aussi des données sur les rendements de trois cultures vivrières répandues: maïs, soja et sorgho. Selon leurs calculs, avec chaque degré supplémentaire la variabilité des rendements de ces trois céréales d’une année sur l’autre augmente de 7,1% pour le maïs, de 19,4% pour le soja et de 9,8% pour le sorgho. Principal moteur de ces fluctuations plus fréquentes: l’impact combiné de l’augmentation de la température moyenne, de la variabilité des températures et de la sécheresse. Ces facteurs se conjuguent dans un cercle vicieux où la chaleur assèche les sols, ce qui aggrave les canicules, tandis que le réchauffement climatique accentue le processus. Selon les calculs des chercheurs, avec un réchauffement de 2°C par rapport aux conditions actuelles, les épisodes de très mauvaises récoltes centennales pourraient survenir tous les 25 ans pour le soja, tous les 49 ans pour le maïs et tous les 54 ans pour le sorgho.
Champagne/saisonniers : deux hôtels surpeuplés fermés, ouverture d’une enquête
Une enquête a été ouverte pour « travail dissimulé » et « habitat indigne » à la suite de la fermeture de deux hôtels hébergeant plus de 150 vendangeurs bulgares et polonais participant aux récoltes en Champagne, a appris l’AFP auprès de la procureure de Châlons-en-Champagne, le 3 septembre. Situés à Vitry-le-François (Marne), les deux hôtels ont été contraints à la fermeture à la suite de contrôles montrant qu’ils étaient surpeuplés, a indiqué la préfecture de la Marne à l’AFP, confirmant une information du quotidien l’Union. Employés par deux sociétés de prestation de services françaises distinctes, les vendangeurs travaillaient dans des exploitations à Avenay-Val-d’Or pour les Bulgares et dans le sud du vignoble champenois pour les Polonais, a précisé le maire PS de Vitry-le-François, Jean-Pierre Bouquet. « Les investigations menées par la brigade de gendarmerie de Vitry-le-François avec l’appui de l’inspection du travail sont en cours, mais aucune audition ou mise en cause n’ont été réalisées », a précisé la procureure de Châlons-en-Champagne. En juillet, trois personnes ont été condamnées à de la prison ferme pour avoir exploité et hébergé dans des conditions indignes une cinquantaine de travailleurs saisonniers.
Fruits : Sofruileg veut participer à la croissance du kiwi jaune, 50 ha l'an prochain
Le 16 septembre prochain se tiendra à Montardon (64) une journée professionnelle d’observation des premières plantations d’une nouvelle variété de kiwi à chair jaune : Haegeum. Hybride obtenu par un centre de recherche en Corée du Sud, porté en France en exclusivité par Sofruileg (obtenteur appartenant à 100% à la SCAAP Kiwifruits de France, l’un des opérateurs leaders du kiwi en France) qui gère les droits de plantation et les licences pour l’ensemble du marché européen, Haegeum veut prendre part à la croissance du segment jaune dans la catégorie kiwi. En France, « dix hectares sont installés, une cinquantaine sont prévus l’an prochain », informe François Lafitte, président de Sofruileg. Le lancement commercial, sous la marque Oscar Gold, est prévu à partir de 2026. Objectif européen : 1 000 ha d’installation en dix ans. Pour l’heure, la variété est en essai en Italie, en Grèce, au Portugal et en Espagne. « On aimerait créer rapidement un réseau européen dans une logique de club, avoir des partenaires qui puissent développer auprès de producteurs locaux dans chaque pays » précise François Lafitte. (Florence Rabut)
Influenza : les filières espèrent récupérer 10 M€ d’économie de surveillance
Les filières de canard à foie gras et de chair espèrent bénéficier de 10 millions d’euros sur les économies promises (sur une campagne complète) par un nouveau plan de surveillance des canards vaccinés, en attente de l’agrément européen. La recherche du virus se limiterait aux canards trouvés morts alors qu’elle inclue aujourd’hui des individus vivants saisis au hasard, moins susceptibles de porter le virus, selon l’explication à Agra Presse de Marie Laborde, directrice adjointe du Cifog (interprofession foie gras) en charge du sanitaire. Ce meilleur ciblage permettrait de « réduire significativement le nombre de prélèvements et d’analyses à réaliser », déduit-elle. La ministre de l'Agriculture est favorable à une restitution d’une partie des économies réalisées sur la surveillance par les services de l’Etat, indique Jean-Michel Schaeffer, président d’Anvol (interprofession des volailles de chair) dans son édito du bulletin Interfilières du 29 août. « On estime que l'économie serait telle qu'il faudrait que l'Etat compense à hauteur d'environ 10 millions [au profit des filières] pour respecter son engagement de 40% de contribution », avance Marie Laborde dans un SMS. L’Etat doit en effet couvrir 40% des plus de 90 Meur estimés de la prochaine campagne.
Lait : Candia annonce 200 M€ d’investissement d’ici 2030 dans la «durabilité»
Candia, marque de lait de consommation de la coopérative Sodiaal, annonce le 4 septembre le lancement d’une « nouvelle plateforme d’engagements en matière de durabilité » nommée Laitvidence. Ces engagements seront soutenus par un plan d’investissements de 200 M€ d’ici 2030 pour moderniser son outil industriel, réduire son empreinte environnementale et continuer d’innover. Cette plateforme entend agir plus particulièrement sur la nutrition en réduisant la teneur en sucres ajoutés de certains produits. Par exemple, la gamme Candy’Up passe de 5,5% de sucres ajoutés en 2018 à 3,5% en 2028. Les investissements Candia serviront aussi à réduire l’empreinte environnementale de son activité : « - 20% d’émissions carbone par litre de lait à la ferme d’ici 2030, - 30% sur ses sites industriels, - 40% de consommation d’eau dans ses usines », précise la marque. Candia vise aussi d’ici 2030 que tous ses emballages soient recyclables, « avec des films contenant au moins 50% de plastique recyclé et des bouteilles intégrant jusqu’à 30% de plastique recyclé certifié. » Autre destination de son plan de 200 M€ : le soutien aux éleveurs valorisés à travers des démarches comme Candia aide les Jeunes agriculteurs ou des produits tels que Grand Lait Frais pour le lait de montagne ou Grand Lait Bio.
Prairies : sécheresse et chaleur freinent la pousse de l’herbe en août (Agreste)
Entre manque d’eau, fortes chaleurs et canicules, « en août 2025, l’herbe pousse au ralenti », résume Agreste dans une note de conjoncture parue le 29 août. Depuis le début de la campagne, la pousse cumulée « est désormais déficitaire de 23 % par rapport à la normale » (1989-2018), selon les simulations arrêtées au 20 août pour les « prairies temporaires et permanentes productives ». D’après le service statistique du ministère de l’Agriculture, après un printemps favorable, « la pousse est déficitaire de 60 % sur les trois derniers mois au niveau national ». Or, les mois de juin, juillet et août « assurent normalement 41 % de la pousse annuelle ». Autre élément d’inquiétude : « La quasi-totalité du territoire est déficitaire depuis le début de la campagne », note Agreste, avec des reculs de rendement observés dans une large bande allant du Sud-Ouest au Nord-Est. Les régions les plus touchées ? Hauts-de-France, Pays de la Loire et Île-de-France, qui affichent des chutes de plus de 30 % par rapport à la moyenne ; suivies de Centre-Val de Loire, Grand Est, Normandie, Bourgogne-Franche-Comté et Bretagne, avec des baisses supérieures à 20 %. Seules la région Paca et l’extrémité occidentale du Finistère affichent des pousses excédentaires.
Enseignement supérieur: Jérôme Zlatoff prend les rênes d’Agrivia, union Isara-Isema
Après un changement de présidence actée en mars dernier, Agrivia (union des écoles d’ingénieurs et agrobusiness Isara et Isema) change de direction générale, avec la prise en fonction de Jérôme Zlatoff au 1er septembre. Son objectif ? « Former la génération qui réinventera l’agriculture et l’alimentation de demain ». Une nouvelle étape marquée par le départ en retraite du prédécesseur Pascal Désamais, qui dirigeait l’école d’ingénieur depuis 2009, après en avoir été directeur du développement. Changement de style avec Jérôme Zlatoff, ingénieur agronome et « entrepreneur dans l’âme », qui s’est imposé par plusieurs initiatives : création de l’incubateur Foodshaker et cofondation de l’accélérateur de start-ups Le Zesteur, le pilotage d’Ici Agrifood fédérant quelque 200 start-up et 28 partenaires autour de l’innovation à impact, et l’accompagnement à l’innovation de start-ups, PME et grands groupes. « Dans un monde en mutation, chaque talent formé à Agrivia doit devenir un acteur de changement. Ce sont leurs trajectoires qui dessineront l’avenir de l’agriculture et de l’alimentation » ambitionne Jérôme Zlatoff. (Florence Rabut)