Agrafil du 31 octobre 2025

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Bovins/DNC : Genevard annonce la reprise anticipée de l’export « dès le 1er novembre »

Comme pressenti, le ministère de l’Agriculture a annoncé le 30 octobre la levée anticipée, « dès le 1er novembre », de l’interdiction d’exporter des bovins vivants en raison de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC). Une mesure initialement prévue jusqu’au 4 novembre inclus. Cette reprise de l’export s’accompagne d’une « surveillance renforcée des rassemblements bovins ». D’une part, jusqu’au 16 novembre inclus, « tous les centres de rassemblement français devront notifier sous 24 heures par les outils de saisie habituels tous les mouvements de bovins ». D’autre part, jusqu’au 4 novembre, les centres de rassemblement situés en « zone réglementée supplémentaire » (régions Aura, BFC et Occitanie) devront déclarer leur reprise d’activité auprès de la préfecture ; ils devront ensuite « fonctionner sous la supervision d’un vétérinaire désigné par le représentant du centre ». Selon la Rue de Varenne, le blocage des exports a permis de « stabiliser la situation sanitaire », car « aucun nouveau foyer de DNC n’a été déclaré en dehors des zones réglementées ». De son côté, saluant une « décision juste et nécessaire », la FNB (éleveurs de bovins viande, FNSEA) appelle dans un communiqué à la « reconduction des prix d’avant blocage », tout en exhortant la ministre à obtenir « rapidement des accords bilatéraux » pour faciliter l’exportation des animaux issus des zones règlementées.

Influenza aviaire : en Allemagne, le syndicat des aviculteurs demande un confinement

Face à la flambée d’influenza aviaire en Allemagne, l’association allemande de l’aviculture (ZDG) demande dans un communiqué le 24 octobre un renforcement rapide des mesures de biosécurité en élevage à l’échelon national. Son président Hans-Peter Goldnick s’exprime dans la presse sur la vulnérabilité des élevages de dindes et de poules pondeuses en plein air, particulièrement touchées par l’épizootie. Il souhaite que les élevages en plein air ou bio puissent conserver leurs labels si leurs volailles sont temporairement confinées. Ceux-ci représentent 30 % de la production d’œufs, ce qui fait redouter aux éleveurs une pénurie et une forte augmentation des prix à la consommation. Le syndicat se félicite aussi dans son communiqué de la collaboration entre les Länder et le gouvernement fédéral, ainsi que de la prise en compte de la valeur marchande des volailles sacrifiées dans les foyers. Dans son point d’information du 30 octobre, l’institut (FLI) Friedrich-Loeffler signale 20 nouveaux cas en élevage depuis le 23 octobre – ce qui double le nombre recensé jusqu’alors –, ainsi que 184 détections du virus dans la faune sauvage, en particulier les grues migratrices cette année.

Les adhérents de Fonterra approuvent la cession partielle à Lactalis

Les agriculteurs de la coopérative laitière néo-zélandaise Fonterra ont voté le 30 octobre en faveur de la cession d'une partie de ses activités à l'international au français Lactalis, une décision qualifiée de « pure folie » par le ministre des Affaires étrangères du pays océanien. Le vote s'est déroulé lors d'une réunion virtuelle dans la matinée, avec quelque 88,5 % des suffrages exprimés en faveur de la vente d'activités « Produits de grande consommation » et mondiales de Fonterra, a indiqué la coopérative dans un communiqué. La cession se chiffre à 4,2 Md$ NZ (quelque 2,1 Md€) et l'accord porte sur des marques comme Anchor, Mainland ou encore Kapiti. Le président de Fonterra, Peter McBride, a déclaré que la coopérative était ravie d'avoir reçu un « mandat fort » de la part des adhérents agriculteurs. « Nous pourrons concentrer l'énergie et les efforts de Fonterra sur ce que nous faisons le mieux. Nous aurons une activité simplifiée et plus ciblée, dont la valeur ne peut être surestimée », a-t-il affirmé. Annoncé en août, l'accord devrait être conclu au premier semestre 2026, selon Fonterra, sous réserve des autorisations réglementaires et du processus de séparation des activités de consommation du reste de la coopérative.

Budget de l’UE/Pac : une majorité d’eurodéputés exigent une nouvelle base de négociations

Dans le cadre des discussions sur le budget de l’UE après 2027, quatre groupes d’eurodéputés ont demandé le 30 octobre que la Commission soumette une « proposition amendée pour démarrer les négociations » dans laquelle la Pac serait sortie des « Plans de partenariats nationaux et régionaux ». Les groupes en question (PPE, SD, Renew et Verts) regroupent 452 députés, soit presque les deux tiers du Parlement européen. Dans leur courrier à Ursula von der Leyen, ils réclament des « politiques spécifiques » notamment pour l’agriculture et la cohésion, assorties d’« enveloppes financières distinctes » et de « réglementations spécifiques » (ce qui induit un « cadre législatif dédié » pour la Pac). Concernant l’agriculture, la proposition actuelle de Bruxelles « fausse le marché unique européen, ainsi que les règles de concurrence équitables », estiment les parlementaires, déplorant aussi une « réduction substantielle en termes réels » du budget de la Pac. Dans un rapport adopté en mai, le Parlement européen avait déjà demandé « un budget accru et spécifique » pour la Pac, tout en s’opposant à son intégration au sein d‘un fonds unique pour chaque État membre, ou « plan national ».

Pac : pas d'incidence de la décision de la CJUE sur la BCAE 7, estime le collectif Nourrir

La décision de la Cour de justice européenne (CJUE) du 29 octobre, qui invalide le refus de Commission européenne de réexaminer l'ensemble de la déclinaison française de la Pac, le Plan stratégique national (PSN), en raison d'une mauvaise mise en œuvre de la BCAE 7 (rotation des cultures), ne devrait pas avoir d'incidence, indique Mathieu Courgeau, co-président du collectif Nourrir, à l'origine de la saisine. « C'est la version 2023 du PSN qui a été attaquée, qui a beaucoup évolué depuis. La Commission l'avait assouplie à la suite des manifestations agricoles. C'est tout de même une victoire, cela interroge sur les relations entre les États membres et la Commission européenne, et sur sa capacité à faire appliquer la Pac ». La mise en œuvre de la BCAE 7 avait fait partie des points durs de la négociation du PSN entre la France et Bruxelles en 2022. Elle a été assouplie par Bruxelles au printemps 2024. Toutefois, dans leurs rapports séparés sur « l'évaluation des moyens publics et pratiques dommageables à la biodiversité », le CGAAER (ministère de l'Agriculture) d’un côté, ainsi que l'IGEDD (Transition écologique) et l'IGF (Finances) de l’autre, proposaient en juillet que la dérogation à la BCAE 7 (rotation des cultures) soit « circonscrite à l’obligation annuelle » et ne soit « accordée que de façon exceptionnelle ».

UE-Ukraine : les filières européennes toujours inquiètes malgré la révision de l’accord

Dans un communiqué commun du 30 octobre, le Copa-Cogeca (organisations et coopératives européennes) et les filières concernées (maïs, poulet, betterave-sucre, éthanol, etc.) ont fait part d’inquiétudes persistantes quant à l’accord de libre-échange UE-Ukraine révisé le 29 octobre. S’ils reconnaissent les efforts entrepris et des progrès, « les concessions dans de nombreux secteurs sensibles sont importantes ». La hausse des quotas pour le sucre (+398 %), le miel (+483 %), les œufs (+200 %), le maïs (+54 %), la volaille (+33 %), le blé tendre (+30 %), l'orge (+29 %), l'alcool éthylique (+25 %) « posera des défis significatifs », sachant qu’un potentiel accord avec le Mercosur pourrait encore aggraver la situation. Autre crainte : les clauses de sauvegarde. Les filières saluent leur renforcement, mais elles restent « sceptiques quant à leur efficacité pratique en raison du manque d'automaticité et de critères clairs pour son déclenchement ». Elles appellent à la mise en place « d'un système robuste et automatique de surveillance des importations des produits les plus sensibles » et à des contrôles sur le terrain », permettant l’instauration d’une « stricte traçabilité par la Commission européenne ».

États-Unis/Chine : Pékin promet d'acheter 12 Mt de soja américain, selon Trump

Le président américain Donald Trump a qualifié le 30 octobre de « grand succès » son entretien avec son homologue chinois Xi Jinping en Corée du Sud, qui a débouché notamment sur des accords concernant le fentanyl et les terres rares. Washington impose depuis mars une surtaxe douanière de 20 % sur de nombreux produits chinois en représailles au contrôle jugé insuffisant de la Chine sur le trafic de fentanyl et d'autres opioïdes vers les États-Unis – ce que conteste Pékin. Mais, après l'entretien, Donald Trump a annoncé que cette surtaxe serait abaissée à 10 %, ramenant ainsi les droits de douane sur les produits chinois à 47 % en moyenne. Les deux puissances prévoient aussi de prolonger d'un an la trêve sur les droits de douane punitifs exorbitants dont elles avaient frappé leurs produits respectifs au plus fort de la crise commerciale. Comme pressenti, la Chine s'est engagée à acheter « cette saison » 12 millions de tonnes de soja américain, selon le ministre des Finances de Donald Trump, Scott Bessent, sur Fox Business. En représailles aux droits de douane américains, la Chine avait imposé ses propres taxes sur les produits agricoles américains et suspendu ses importations de soja des États-Unis, au profit d'autres pays producteurs (Brésil, Argentine...). La Chine avait absorbé en 2024 plus de la moitié des exportations américaines de soja (27 Mt, pour un total de 12,6 Md$, selon les données du ministère américain de l'Agriculture).

Gestion de l’eau : l’autorité préfectorale suspend les études HMUC dans la Vienne

Les représentants de plusieurs organisations professionnelles agricoles de la Vienne* ont annoncé avoir obtenu la suspension des études HMUC (hydrologie, milieux, usages, climat), après une rencontre avec la préfète coordinatrice du bassin Loire-Bretagne, Sophie Brocas, le 29 octobre. Selon eux, l’autorité préfectorale de bassin s’est engagée à ne signer aucun arrêté tant que ces études n’intègreront pas de volet socio-économique. « Il est primordial que soient respectées la loi d’orientation agricole, qui consacre l’agriculture comme d’intérêt général majeur, et la loi Duplomb, qui permet l’inscription de l’intégration des études socio-économiques dans le Code de l’environnement », indiquent les organisations dans leur communiqué commun. Parallèlement, elles ont annoncé avoir obtenu le lancement d’un plan d’action en agriculture pour accompagner l’adaptation au changement climatique, notamment en matière de stockage de l’eau. Cette annonce intervient après une manifestation des irrigants de la Vienne, qui avaient bloqué les accès routiers du parc du Futuroscope, le 24 octobre, pour protester contre la validation du rapport HMUC du bassin du Clain. À la suite des engagements pris par Mme Brocas, la mobilisation d’Orléans, prévue pour le week-end de la Toussaint, a quant à elle été annulée.
* Adiv (irrigants), chambre d’agriculture, CR, FDSEA et JA

Remaniement : retour de l'« agroalimentaire » dans l'intitulé du ministère de l'Agriculture

Dans les décrets relatifs aux attributions des ministres parus le 30 octobre au JO, Annie Genevard voit l'intitulé de sa fonction allongé du terme « agroalimentaire », devenant ainsi ministre de l'Agriculture, de l'agroalimentaire et de la souveraineté alimentaire. Dans les faits, peu de changements. Elle disposait déjà de la direction générale des entreprises pour l'exercice de ses attributions dans le domaine de l'agroalimentaire. Aucun service n'est créé, une seule prérogative est ajoutée, celle de « la politique de contrôles à l'importation des produits agricoles et des denrées alimentaires », assurée « conjointement avec le ministre de l'Action et des comptes publics ». Et, pour ce faire, elle dispose de la direction générale des douanes et des droits indirects. « C'est une clarification et un message, indique-t-on à Matignon : la production, la transformation, l'alimentation. Tout y est. » Sous Stéphane Travert, Didier Guillaume et Julien Denormandie, le ministère était celui de l'Agriculture et de l'alimentation. Il devient en 2022 le ministère de l'Agriculture et de la souveraineté alimentaire avec Marc Fesneau. À l'arrivée d'Annie Genevard en 2024, la forêt a été ajoutée à l'intitulé, avant d'en disparaitre avec le transfert de cette compétence vers le ministère de la Transition écologique, en janvier 2025.

Cotisations sociales : avis « critique mais constructif » de la MSA sur le PLFSS 2026

Le conseil d’administration de la MSA a rendu un avis « critique mais constructif » sur le PLFSS 2026 (financement de la sécurité sociale), selon un communiqué de presse du 29 octobre. Les élus de la MSA saluent l’article 4 du projet de loi sur quatre points : simplification pour les caisses de MSA du paiement prioritaire de leurs créances de cotisations ; allongement du délai dans lequel celles-ci peuvent déclarer à titre définitif leurs créances provisionnelles ; alignement du régime agricole sur le régime général (règles de remise automatique de certaines créances en cas d’ouverture d’une procédure collective) ; et faculté donnée aux directeurs de caisses de mandater les commissions des chefs de service financiers pour la prise des sûretés et des garanties pour leurs créances. La MSA alerte cependant « sur les risques liés à la réduction du champ de l’exonération ACRE (création/reprise d'entreprise) et la fin de l’exonération de cotisations sociales salariales en faveur des apprentis qui pourraient avoir des effets négatifs sur l’installation des agriculteurs ». La MSA se félicite par ailleurs de la prestation de capital décès aux exploitants non-salariés, de la création du congé supplémentaire de naissance, de l’égalité de traitement parentalité entre hommes et femmes et de la réforme du cumul emploi retraite.

Oil'ive Green veut faire émerger une filière oléicole industrielle dans le Sud-Ouest

Une filière oléicole industrielle est en train de voir le jour dans le Sud-Ouest de la France. L’entreprise audoise Oil’ive Green a noué un partenariat avec la chambre d’agriculture de Charente pour développer 3 000 ha d’oliveraies en haies fruitières, rapportent Les Échos le 20 octobre. Alors que la France importe 95 % de sa consommation, Yannick Masmondet, ancien viticulteur et président d’Oil’ive Green, entend bâtir une filière capable du produire du volume, un modèle distinct des neuf AOP provençales existantes. Créée en mars 2023, la jeune filière a piloté dès juillet 2025 la mise en place d’une organisation professionnelle, Olives Avenir, qui compte déjà 500 ha sous contrat auprès d’arboriculteurs partenaires dans 13 départements du Sud-Ouest. « Avec le changement climatique, la Charente et plus largement le Sud-Ouest apparaissent comme des territoires prometteurs pour l’oléiculture », précise l’entreprise sur son site. D’ici 2028, l’entreprise prévoit une filière complète avec la construction d’un moulin de trituration à Barbezieux-Saint-Hilaire et la production de plants assurée par le pépiniériste charentais MPVC. Oil’ive Green cible « la grande distribution et le Maroc ». Dans le royaume chérifien, où la production est en baisse en raison des sécheresses, Olives Avenir a signé en avril un accord avec le Comader (confédération des interprofessions), marquant « une étape clef » pour l’avenir de la filière française.

Fruits et légumes : Chine, Espagne et Pays-Bas premiers exportateurs mondiaux

La Chine, l'Espagne et les Pays-Bas sont les premiers pays exportateurs de fruits et légumes, selon les données des Nations unies sur le commerce international, rapporte la Fepex (exportateurs espagnols) sur son site internet. Sur les 148 Mt exportés globalement en 2024 (+2% par rapport à 2023), l’empire du Milieu a écoulé 13,4 Mt de fruits et légumes, l’Espagne 12 Mt et les Pays-Bas 11,4 Mt. Les trois pays ont tous amélioré leurs performances par rapport à 2023. Les exportations chinoises ont progressé de 20 %, celles de l’Espagne de 9 % et celles des Pays-Bas de 18 % (principalement grâce à la réexportation de produits d'autres pays). Le Mexique prend le quatrième rang avec 11,3 Mt, soit une baisse de 6 % par rapport à 2023. L'Équateur est à la cinquième place avec 6,5 Mt exportées en 2024. Suivent ensuite les États-Unis (6,2 Mt), la Turquie (4,4 Mt) et le Guatemala (4,3 Mt).

Méthane : la France et la Barbade appellent à engager le « combat » contre les émissions

Le président de la République français Emmanuel Macron et la Première ministre de la Barbade Mia Mottley ont appelé le 30 octobre à réduire les émissions de méthane, un « combat essentiel » dans la lutte contre le réchauffement climatique. « Il faut aller très vite et très fort », a soutenu M. Macron lors d’une sessions consacrée aux dix ans de l’Accord de Paris au Forum de la paix à Paris (une série de réunions dédiées à la gouvernance mondiale). Il faut « activer le frein du méthane », a renchéri Mme Mottley. Ce combat peut être mené par une coalition où « nous pouvons récupérer les États-Unis avec nous », a estimé le président français. « Il est compatible avec l’agenda de plusieurs pays qui ont pu émettre des doutes à propos du reste de l’agenda climatique », a-t-il dit. En amont de la conférence des partes (Cop30) sur le climat à Belém (Brésil) du 10 au 21 novembre, la France insiste pour que la question soit classée au rang des priorités, alors qu’aujourd’hui un tiers du réchauffement climatique est attribué au méthane. Extrêmement émetteur, ce gaz provient principalement de l’agriculture, notamment l’élevage, de l’exploitation de combustibles fossiles, ainsi que de la décomposition de déchets entreposés dans des décharges.

Climat : le financement de l'adaptation toujours à la traîne, selon l'ONU

Le financement public de l'adaptation aux conséquences du changement climatique devrait être multiplié par plus de 12 d'ici 2035 pour répondre aux besoins des pays en développement, avertit un rapport de l’ONU publié le 29 octobre. Pour 2025, les objectifs fixés ne seront d’ailleurs pas atteints. « Les effets du changement climatique s’accélèrent. Pourtant, les financements pour l’adaptation ne suivent pas », a déclaré Antonio Guterres, secrétaire général de l’ONU, dans son message relatif au rapport. Les efforts d’adaptation aux effets de plus en plus dangereux et coûteux du changement climatique – de la construction de digues de protection contre la mer à la plantation de cultures résistantes à la sécheresse – « ne sont pas un coût, c’est une bouée de sauvetage », souligne M. Guterres. Selon ce rapport (Adaptation Gap Report), les fonds publics consacrés à l’adaptation étaient de 26 Md$ en 2023, soit 2 Md$ de moins qu’en 2022. À ce rythme, l'objectif établi lors de la Cop26 de Glasgow de doubler, entre 2019 et 2025, les investissements publics des pays riches consacrés à l'adaptation des nations les plus pauvres « ne sera atteint », estime le rapport publié 15 jours avant la COP30 de Belem. Selon l’ONU, les besoins de financement de l'adaptation des pays en développement dépasseront 310 Md$ d'ici 2035, soit 12 fois les montants actuels.

Alimentation : des associations veulent 100 aliments à prix coûtant, malgré l’interdiction

Dans un communiqué commun du 30 octobre, trois associations (Familles rurales, Secours populaire français et Foodwatch) « exigent » que la commercialisation à prix coûtant de 100 aliments recommandés par le PNNS (programme national nutrition Santé) soit rendue obligatoire en grande distribution. Elles annoncent le lancement d'une pétition revendiquant cette mesure, qui sera adressée aux ministres Roland Lescure (Économie) et Serge Papin (Commerce). Ce faisant, elles réitèrent leur dénonciation des « marges abusives sur des produits essentiels pour la santé, comme les fruits et légumes ». Relayant l’information sur LinkedIn , la nutritionniste Clélia Bianchi, fondatrice de l’association Alim’Mater, souligne que, si la vente à prix coûtant n’est pour l’instant pas autorisée par la loi Egalim, les décideurs politiques doivent s’engager pour l’accès à une alimentation plus saine et plus durable. La liste proposée comprend 37 produits classés dans la catégorie « à augmenter » selon le PNNS (fruits et légumes sous diverses formes, fruits à coque, légumineuses), 35 produits classés « aller vers » (céréaliers, laitiers, huiles, poisson), ainsi que des produits de base comme les œufs et le beurre. Le bio y est bien représenté.

Fait divers : son exploitation en liquidation, un agriculteur abat son voisin et se tue

Un agriculteur de 64 ans a tué l'un de ses voisins, le 27 octobre, avant de mettre fin à ses jours en se jetant sous un train, à Courcoury, près de Saintes (Charente-Maritime), a indiqué l’AFP. Selon les premiers éléments de l'enquête, la victime, âgée de 42 ans, a été « abattue en plein champ à coup de fusil », alors qu’il avait été appelé pour aider à débloquer un bovin pris dans un cornadis, décrit le procureur de la République à Saintes, Benjamin Alla. Le mis en cause, « dont l'exploitation était en liquidation judiciaire, était visé par ailleurs par une enquête préliminaire conduite des chefs de banqueroute par détournement d'actif, travail dissimulé et tromperie sur la nature, la qualité substantielle, l'origine ou la quantité d'une marchandise », poursuit-il. Il semblerait que l’agriculteur aurait pu considérer que son voisin l’avait dénoncé. Or, cette enquête pénale avait été ouverte « non pas sur dénonciation mais bien à l'initiative du parquet de Saintes », sur la base d'un signalement des services vétérinaires, selon Benjamin Alla. Le sexagénaire s'est ensuite jeté sous un TER, dans la commune de Montils, et est décédé. Une enquête pour assassinat a été ouverte et confiée à la brigade des recherches de la gendarmerie de Saintes.

Benjamin Lammert réélu président de Terres Univia (interprofession des oléoprotéagineux)

Dans un communiqué du 30 octobre, l’interprofession Terres Univia (huiles et protéines végétales) a annoncé la réélection, « à l’unanimité » , de Benjamin Lammert comme président pour les trois prochaines années. Les autres membres du bureau ont également été reconduits. Agriculteur en Alsace, produisant, entre autres, du soja, Benjamin Lammert entame donc son deuxième mandat. Il est également président de la Fop (producteurs d’oléagineux et de protéagineux, FNSEA) depuis mai 2023.

Instituts techniques : venu de l’Itab, Émeric Pillet nommé directeur général de l’Idele

L’ancien directeur de l’Itab Émeric Pillet deviendra directeur général de l’Idele à partir du 3 novembre, a annoncé l’Institut de l’élevage dans un communiqué le 30 octobre. Ce diplômé de l’Ensaia de Nancy et de l’Institut Agro Dijon dirigeait l’institut technique de l’agriculture bio depuis 2022 ; il y a « conduit une dynamique de restructuration et de reconnaissance scientifique », selon le communiqué de l’Idele. D'après sa page LinkedIn, son parcours a notamment été marqué par de nombreuses expériences dans l’administration déconcentrée en Occitanie (DDT du Lot-et-Garonne, Draaf, lycées agricoles dans le Gers). Cet ingénieur de 49 ans a aussi travaillé à l’APCA (chambres d’agriculture). M. Pillet succède à Joël Merceron, qui a dirigé l’Institut de l’élevage depuis 2010. À l’Itab, c’est Raphaël Lebeau qui a pris sa succession à la mi-octobre.

Agenda de la semaine agricole du 3 novembre 2025

Vendredi 31 octobre
Les députés reprennent l’examen en séance publique du PLF 2026 (première partie), jusqu’au 4

Lundi 3 novembre
Conférence de presse de Légumes de France sur son congrès
Retour sur le congrès mondial de l'UICN (biodiversité), par l'AJE (journalistes de l’environnement)
Congrès mondial de la luzerne, à Reims, jusqu’au 6
Soufflet lance son programme Performances (agriculture régénératrice)
Conférence de presse de la FRSEA Bretagne sur la prévention des accidents de travail en tracteur

Mardi 4 novembre
Vote solennel du PLF 2026 (première partie) à l’Assemblée
Les députés examinent le PLFSS 2026 (financement de la sécurité sociale) en séance publique, jusqu’au 12
Les députés de la Coméco auditionnent plusieurs eurodéputés sur les sujets agricoles
Conférence de presse de NégoA (négoces agricoles) sur la certification RSE
Visioconférence de Planet Score sur l'affichage environnemental et la biodiversité
Forum annuel de l’Areflh (fruits et légumes), à Bruxelles
Conférence de presse de l’ANMF (meuniers) et de France Travail
Colloque de Terres Inovia sur les légumineuses
Colloque de restitution de l’expérimentation sur la biosécurité en élevage plein air (Fadear)

Mercredi 5 novembre
Les députés de la Coméco examinent le rapport sur la pétition contre la loi Entraves
Matinale de la Coopération agricole (coopératives) sur l’agrivotaïsme
Audition de la ministre de la Transition écologique en commission au Sénat
Convention annuelle de la Coopération agricole Nutrition animale, à Bruxelles
10e anniversaire du RMT Alimentation locale, à Rennes (jusqu’au 6)
Conférence de l’Union mondiale des marchés de gros, à Bruxelles (jusqu’au 7)
Comité national de l'agriculture biologique de l'Inao
Conférence de presse de l’UFS (semenciers)
Conférence de presse sur les résultats de Sécalia (méthanisation)

Jeudi 6 novembre
Congrès de Régions de France
Salon du Made in France, à Paris, jusqu’au 9
Conférence de presse de Quideos (outils de couverture des prix en grains)
Journée de l’Inao sur la protection des indications géographiques
Rencontres annuelles et conférence de presse d’Agri-Éthique (commerce équitable)
L'Idele présente les premiers résultats du projet Colocavo (logement collectif des veaux laitiers)
Journée volailles de chair de l’Itavi, en Ille-et-Vilaine

Vendredi 7 novembre
Colloque de l'Anev (élus) sur l'œnotourisme, à Toulouse

Dimanche 9 novembre
Salon Agritechnica, à Hanovre (jusqu’au 15)

Erratum sur BASF France

Contrairement à ce qui était écrit dans l’Agrafil daté du 23 octobre, la baisse du chiffre d’affaires de BASF France ne concernait que le segment protection des grandes cultures, et non les plantes en général. Par ailleurs, le chiffre d’affaires passe de 1,68 Md€ à 1,66 Md€ (et non de 1,68 M€ à 1,66 M€).