Stockage d'engrais: vers une mission d’inspection pour un possible «accompagnement»
Suite à la publication des textes abaissant les seuils de déclaration ICPE (Installations classées pour l'environnement) pour le stockage des ammonitrates, le ministère de la Transition écologique devrait lancer une mission d’inspection dédiée aux conséquences des nouvelles dispositions, indique le cabinet de Barbara Pompili. «Nous demanderons à nos services d’examiner dans quelles mesures les filières ont besoin d’un accompagnement, qui pourrait passer par des aides», détaille l'entourage de la ministre le 28 janvier. Et de rappeler que la nouvelle réglementation ne concerne que les ammonitrates à «haut dosage». «Les coopératives pourront conserver le même volume de stockage en passant à des ammonitrates de moyen dosage», souligne-t-on, soit des ammonitrates avec un taux d’azote inférieur à 28%. Le cabinet rappelle aussi que le texte accorde trois ans et demi aux installations pour se mettre progressivement en conformité. «Les prescriptions que nous imposons le plus tôt sont celles qui n’exigent pas de travaux particuliers», comme la séparation des tas, la présence d’extincteurs ou le nettoyage des sites. Suite aux incidents dans le port de Beyrouth, «l’enjeu était de répondre à un risque sérieux qui porte atteinte à la vie des personnes», rappelle-t-on.
Stockage d'engrais : signal «extrêmement négatif» à l’approche de la présidentielle (OPA)
FNSEA, Coopération agricole, FNA, Unifa, mais également CGB, Fop ou encore AGPB et AGPM : autour du syndicalisme majoritaire, tous les maillons de la filière agricole dénoncent dans un communiqué du 28 janvier «un signal extrêmement négatif à l’approche des échéances électorales du printemps» face à la révision des seuils de déclaration ICPE (Installations classées pour l'environnement) pour le stockage des engrais. «L’arbitrage que le Premier ministre s’apprête à prendre n’a aucun sens», s’agacent les organisations. Dans le texte soumis à consultation le 27 janvier, le seuil de déclaration ICPE serait abaissé de 250 à 150 tonnes, entraînant «des investissements supplémentaires conséquents évalués entre 80 et 120.000€ par exploitation agricole» selon les organisations. La pandémie, rappellent-elles, «a rendu particulièrement difficile les livraisons d’engrais». Or en cette fin février, les épandages de printemps se rapprochent et «le nouveau cadre réglementaire rendrait intenable un approvisionnement correct des producteurs». Le texte en consultation, tranchent-elles, représente «un énième arbitrage réglementaire sans fondement scientifique».
Porc: des éleveurs bloquent des hypermarchés, un plan attendu ce lundi
Des éleveurs bretons ont bloqué le 29 janvier l'accès de plusieurs hypermarchés des Côtes-d'Armor pour réclamer une hausse des prix payés à la production, dans le cadre des négociations commerciales annuelles entre la grande distribution et ses fournisseurs, a constaté un photographe de l'AFP. Des dizaines de tracteurs positionnés sur des ronds-points et sur la quatre-voies de Saint-Brieuc, où une déviation a été mise en place, empêchaient samedi l'accès au magasin Carrefour de Langueux. Une petite centaine d'éleveurs étaient présents et des palettes ont été brûlées sur le parking. «L'installation, un rêve de gosse qui s'envole», pouvait-on lire sur une banderole. Dans l'enceinte du magasin, les manifestants ont vidé certains rayons de produits contenant du porc «d'origine UE», remplissant de nombreux charriots. Dans l'après-midi, le directeur des achats de viande de Carrefour, qui s'est rendu sur place, a signé une charte d'engagement. Les éleveurs ont poursuivi leur action devant le Leclerc de Lamballe, où les gendarmes sont brièvement intervenus, faisant usage de gaz lacrymogènes. Le préfet des Côtes-d'Armor, qui est venu à la rencontre des manifestants à Lamballe, a indiqué qu'un plan pour la filière porcine sera annoncé lundi 31 janvier, prévoyant notamment une aide d'urgence et une aide structurelle.
Porc : les eurodéputés appellent Bruxelles à intervenir
Pour anticiper de graves perturbations dans le secteur de la viande porcine (touché par des prix historiquement bas et des prix des intrants historiquement élevés), le président Norbert Lins (Démocrates-chrétiens) et la majorité des groupes politiques de la commission de l’Agriculture du Parlement européen appellent dans une lettre publiée le 28 janvier, le commissaire à l’Agriculture Janusz Wojciechowski, à «intervenir en apportant un soutien fort à la filière par le biais d’activités promotionnelles non discriminatoires et ad hoc, ainsi que par une intervention sur le marché au niveau de l’UE». Ils soulignent également que «les mesures nationales ciblées dans le secteur porcin au titre des programmes de développement rural et des aides d’État ou des aides nationales ne sont pas les plus appropriées pour faire face à la situation». Par ailleurs, ils préviennent que l’inaction de la Commission européenne «pourrait conduire à une concentration accrue de la production porcine dans l’UE et à la création de centres de production porcine industrielle lourde, avec tous les effets négatifs sur l’environnement, le climat et la régionalisation, en totale contradiction avec les objectifs et les ambitions affichées dans le Green Deal et la stratégie de la ferme à la table».
Négociations commerciales: Denormandie refuse de décaler la date de clôture
Au terme du troisième comité de suivi des négociations commerciales, le 27 janvier, le ministre de l’Agriculture Julien Denormandie a assuré à la presse que la date de fin des négociations, fixée au 28 février, ne sera pas décalée «comme certains auraient pu le souhaiter». Les industriels et les distributeurs n’étant pas parvenus à un accord d’ici au 1er mars s’exposeront à des «sanctions», prévient le ministre. Alors que les négociations prennent du retard dans un contexte de forte inflation des coûts de production, il explique vouloir «maintenir la pression» afin d’obliger les partenaires commerciaux à finaliser leurs contrats. Il évoque des «discussions musclées» entre les industriels et la grande distribution lors de la réunion au ministère. «On voit que la loi [Egalim 2] a eu les effets recherchés sur la répartition du rapport de force. Si la loi n’avait pas été là, la situation serait encore plus catastrophique pour le monde agricole», en conclut le ministre. Il réaffirme la «fermeté totale» du gouvernement envers ceux qui ne respecteraient pas la loi, dénonçant «des comportements inacceptables» de la part de certaines parties prenantes. Plus de 250 enquêtes ont été lancées par la DGCCRF (répression des fraudes) depuis le 1er janvier pour contrôler la conformité avec la loi des contrats proposés et signés.
Négociations commerciales: une situation «inquiétante», selon les industriels
Dans un communiqué commun du 27 janvier, l’Ania (industries alimentaires), l’Ilec (marques nationales) et la Coopération Agricole ont appelé chaque acteur des négociations commerciale à «prendre ses responsabilités» pour «continuer de de garantir à nos concitoyens une alimentation française, saine, sûre et responsable». À un mois de la clôture des négociations, la situation des industriels est «inquiétante», alertent les trois organisations. «La guerre des prix imposée par les distributeurs depuis tant d’années doit maintenant prendre fin», affirment-elles. Elles demandent à la distribution de «prendre en compte l’ensemble des hausses de coûts subies par les entreprises agroalimentaires» et de «cesser l’application de pénalités logistiques indécentes et délétères» dans un «contexte de crise». «Si les hausses demandées ne sont pas acceptées, cela remettra en cause la pérennité des entreprises, leur capacité à investir et à bien rémunérer leurs salariés et les agriculteurs», déclare le président de la Coopération, Dominique Chargé, interrogé par Agra Presse. Il informe, qu’à date, 36% des coopératives n'ont signé aucun contrat avec leurs clients de la distribution, contre 25% l’année dernière.
Conseil à l'installation : la Fnab et Impact saluent «la main tendue» de l'APCA
La Fnab (agriculteurs bio) et le réseau InPact (Civam, Fadear, Terres de liens) saluent la «main tendue» par l'APCA (chambres d'agriculture) sur le dossier de l'accompagnement de l'installation, ont-elles fait savoir à Agra presse le 28 janvier. Le président de l'APCA Sébastien Windsor avait émis le souhait, le 19 janvier, qu'une seule offre d'accompagnement, intégrant par exemple les JA ou les Grab (échelle régionale de la Fnab), soit soumise à chaque Conseil régional, alors que les Régions doivent devenir les maitres d'œuvre des politiques d'installation à partir de 2023. Dans sa réponse, la Fnab cite l’exemple de la Bretagne, où «chambres, Gab, Civam et Adear travaillent de concert», notamment dans le cadre des PAI (Points accueil installation). Fnab et InPact «demandent le déploiement de ces coopérations à l'ensemble du territoire». Dans la prochaine labellisation, il faudrait «que la chambre propose les structures qui existent dans le paysage», résume Raphaël Belanger, co-président et référent installation-transmission d'InPact, et agriculteur en Mayenne. «100 000 fermes ont disparu en 10 ans, les installations continuent de reculer. C'est donc bien sur la complémentarité des approches des différentes structures expertes de l'accompagnement qu'il faut miser», concluent la Fnab et InPact.
Œufs: Poulehouse cesse son activité, un éleveur reprend l'idée
«Poulehouse c’est fini», annonce son président et cofondateur Fabien Sauleman sur sa page LinkedIn le 28 janvier. Cette start-up française commercialisait depuis 2017 des œufs dont les poules ne sont pas envoyées à l’abattoir. «L’ultime décision est tombée cette semaine et nous ne pourrons plus continuer l’activité dès la semaine prochaine», explique M. Sauleman. Et de rappeler que son entreprise avait «reçu un coup fatal en octobre 2021 par un grand acteur de la filière». À l'époque, O.N.E. (Œufs Nord Europe, marque Cocorette) avait mis fin au partenariat qui le liait à Poulehouse. Un divorce qui menaçait de se terminer au tribunal. En quatre ans d'activité, «Poulehouse a su convaincre des dizaines de distributeurs, des milliers de magasins, des dizaines de milliers de clients d’acheter des millions d'«œufs qui ne tuent par la poule»», rappelle son président. Le fondateur rappelle que l'un de ses éleveurs-fournisseurs a décidé de reprendre le concept à son compte, commercialisé sous la marque Pouloulou.
Fin du phosmet: la filière oléoprotéagineuse réclame des alternatives
La filière oléoprotéagineuse, «sans solutions» face à la fin de l’insecticide phosmet, a pressé le 28 janvier les pouvoirs publics d’ouvrir «rapidement» la voie à des alternatives. Elle demande que «l’instruction de la dérogation pour l’utilisation dès 2022 du cyantraniliprole, seule alternative efficace connue, soit rapidement conclue», d’après un communiqué commun de la Fop (producteurs, FNSEA), Terres Inovia (institut technique) et Terres Univia (interprofession). Le ministère de l’Agriculture, favorable à une telle possibilité, est confiant sur sa mise en oeuvre dans les délais, a-t-il expliqué à Agra Presse. Une autre voie réglementaire, selon la filière, est de permettre «un apport adapté de fertilisant azoté dès l’automne afin d’obtenir des colzas robustes, plus résistants face aux bioagresseurs». Par ailleurs, une «menace» pèse sur le pois protéagineux, d’après la Fop qui craint de le voir «classé plante attractive pour les insectes pollinisateurs».
Glyphosate : la CGT défend la commission nationale de déontologie
Dans le cadre de la ré-homologation du glyphosate, «la France se grandirait en mettant en œuvre la proposition de la commission nationale de déontologie et des alertes en santé publique», estime la Fnaf-CGT dans un communiqué du 28 janvier. Comme le rappelle le syndicat, cette commission indépendante a recommandé, dans un avis daté du 10 janvier, de nommer deux panels complémentaires : un panel scientifique indépendant pour examiner les études sur la toxicité, ainsi qu’un second panel pour analyser les liens d’intérêts des évaluateurs du dossier. Alors que «les salariés de la production agricole sont parmi les plus exposés aux produits phytopharmaceutiques», «la prévention de tous risques d’exposition et la défense de leur santé doivent prévaloir sur toutes autres considérations», estime le syndicat.
Carbone : le différenciel avec le prix international reste un «frein» (ministère)
L'économie naissante du carbone en agriculture sera au cœur de deux réunions prévues début février autour de Julien Denormandie. Le lundi 1er février, le ministre de l'Agriculture conviera instituts techniques, start-up et acteurs financiers en vue d’évoquer les pistes pour «structurer le marché», indique l'entourage du ministre lors d'un échange avec la presse le 28 janvier. Une semaine plus tard, il réunira ses homologues européens lors d’un Conseil délocalisé à Strasbourg sur le même thème, afin de définir «des indications politiques» à destination de la Commission. Alors que les acheteurs sont encore timides sur les marchés volontaires français et européens, «nous savons que l’un des freins est le décalage du coût de ces crédits par rapport au niveau international», souligne le cabinet du ministre. Dans le cadre du Plan de relance, près de 700 «bons diagnostics carbone» auraient par ailleurs été réalisés depuis avril 2021 sur les 5000 prévus d’ici fin 2022, selon les chiffres du ministère à fin décembre. L’entourage de Julien Denormandie estime donc que «la mesure doit continuer pour atteindre les objectifs».
Pomme de terre: «d’une crise de la demande à une crise de l’offre» (producteurs)
Le Groupement des producteurs de pommes de terre du nord-ouest de l'UE (NEPG) a estimé le 28 janvier que le secteur passe «d'une crise de la demande (pandémie de Covid-19) à une crise de l'offre». «Les industriels veulent toujours plus de pommes de terre, mais les producteurs n'ont plus la possibilité de produire davantage (pas assez de «terres à pommes de terre», coûts de production élevés, baisse de rendement, changement climatique, etc.)», selon un communiqué. Dans le détail, le NEPG souligne des hausses de prix des intrants ces derniers mois, dans l'énergie, les engrais, les phytos, les matériaux de construction, l’agroéquipement. Idem pour les coûts du foncier, avec «des terres à pommes de terre parfois introuvables».
Antispécisme: neuf militants jugés au Mans, la FNSEA au contact du grand public
Alors que neuf militants antispécistes étaient jugés le 28 janvier au tribunal du Mans (Sarthe), plusieurs dizaines d'agriculteurs de la FNSEA ont mené le même jour une opération de sensibilisation auprès du grand public. L'audience devait durer toute la journée de vendredi; elle portait sur 27 faits d'intrusions et de dégradations dans des élevages, commis dans plusieurs départements des Pays de la Loire. Avant l'ouverture du procès, les agriculteurs ont fait face – sans heurt – à une vingtaine de militants antispécistes venus soutenir les prévenus. Plus tard dans la matinée, les adhérents de la FNSEA ont distribué des tracts intitulés «Liberté, égalité, bien manger» sur un marché du centre-ville. Une initiative accueillie avec bienveillance par les clients et commerçants. «La liberté du choix notre alimentation ne se discute pas», a martelé la présidente de la FNSEA Christiane Lambert, présente sur place. «Le plus important, c'est d'avoir le soutien de la population et de certains politiques», a-t-elle lancé à ses troupes.
Coopératives: Matthieu Pasquio devient d.g adjoint de La Coopération agricole
Matthieu Pasquio deviendra directeur général adjoint de la Coopération agricole (LCA) en avril, en remplacement de Vincent Magdelaine qui partira à la retraite en mars, apprend-on auprès de la fédération des coopératives agricole. Matthieu Pasquio est actuellement directeur général du syndicat professionnel Boissons rafraîchissantes de France (colas, sodas, limonades...). Vincent Magdelaine avait récemment assuré la direction par interim de la Coopération agricole, entre le départ de Valérie Ohannessian au printemps 2019 et l'arrivée de Florence Pradier en novembre de la même année. Il était auparavant directeur de la section Métiers du grain.
Rectificatif sur l’interdiction des raccourcisseurs en blé panifiable pour la farine Label rouge
Contrairement à ce qui est écrit dans Agrafil du 28 janvier, l’interdiction des raccourcisseurs en blé panifiable pour la farine Label rouge n’a pas été décidée au comité national IGP-Label rouge-STG de l’Inao, réuni les 25 et 26 janvier. Si les orientations du comité restent de «sortir de l’usage des régulateurs de croissance», la mesure est en suspens. «Le comité a lié cette décision à l’engagement de l’ODG (organisme de défense et de gestion) de revenir vers lui avec une demande de modification du cahier des charges afin d’exclure définitivement dans trois ans la possibilité de recours aux régulateurs de croissance pour les blés panifiables», précise l’Inao.