Agrafil du 6 août 2025

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UE/États-Unis : Bruxelles suspend ses contremesures après l'accord noué avec Trump

La Commission européenne a annoncé le 5 août suspendre ses représailles aux droits de douane de Donald Trump, en raison de l'accord commercial noué entre les États-Unis et l'UE fin juillet, rapporte l’AFP. Au cours des derniers mois, l’exécutif européen avait préparé une liste de produits américains qui seraient taxés si les États-Unis et l'UE ne parvenaient pas à un accord. Cette liste comprenait 93 Md€ de marchandises : soja, avions, voitures, etc. « La Commission a adopté aujourd'hui la procédure juridique nécessaire pour suspendre la mise en œuvre de nos contremesures européennes », a déclaré mardi 5 août un porte-parole de l'exécutif européen, Olof Gill. L’UE n'a toutefois pas exclu de réactiver ces mesures de riposte si jamais le bras de fer commercial avec l'administration Trump venait à connaître de nouveaux rebondissements. Après des mois de négociations très âpres, Bruxelles et Washington ont scellé le 27 juillet un accord commercial basé sur des droits de douane de 15 % sur les produits européens qui arrivent aux États-Unis. De son côté, l’UE s’est engagée à investir 550 Md€ aux États-Unis, à acheter 700 Md€ de produits énergétiques américains en trois ans et à améliorer l’accès au marché pour 7,5 Md€ d’exportations agricoles américaines non-sensibles (huile de soja, semences, céréales, fruits à coque, aliments transformés).

Vin/spiritueux : les exportateurs français espèrent encore échapper aux droits de douane

La filière française des vins et spiritueux espère encore échapper aux 15 % de droits de douane imposés par les États-Unis sur les produits européens, qui doivent entrer en vigueur jeudi 7 août, a déclaré le président de la FEVS (exportateurs) le 5 août. « On est encore à 48 h d'une décision et on n'a pas perdu espoir que les vins et les spiritueux puissent être exemptés », a déclaré Gabriel Picard dans une interview à France Inter. « Les discussions continuent, à l'heure qu'il est, entre la Commission européenne et les États-Unis », a-t-il précisé. Le 31 juillet, Donald Trump a signé le décret fixant le montant des droits de douane à 15 % pour l'Union européenne. Ces nouvelles taxes prendront effet le 7 août, afin de permettre aux douanes de s'organiser pour leur collecte. Le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, a affirmé lors d'une interview diffusée le 3 août, que ces nouveaux droits de douane sont « quasiment définitifs » et ne devraient pas faire l'objet de négociations dans l'immédiat. Gabriel Picard, cependant, se veut optimisme : « Ce que l'on sait, c'est que les discussions continuent, que la Commission européenne continue de discuter âprement avec ses homologues américains. Et effectivement, même si on a peu de signaux aujourd'hui, on en a quelques-uns. »

Sécheresse : des restrictions dans 73 départements, temps plus chaud et plus sec attendu

Alors qu’un nouvel épisode de chaleur a débuté dans le sud, des arrêtés de restriction d’usage de l’eau sont déjà en vigueur dans 73 départements, selon le site gouvernemental VigiEau, actualisé le 5 août. Le niveau de « crise » a été atteint dans certaines parties de 32 départements, notamment dans le sud-ouest (Aude, Pyrénées-Orientales), dans le centre (Allier, Cher, Creuse, Indre, Puy-de-Dôme), ou encore dans le Loiret, l’Yonne et les Ardennes. Des restrictions sont aussi appliquées dans les 27 départements en « alerte » et dans les 14 en « alerte renforcée ». Par ailleurs, un épisode de chaleur s'est installé à partir du 4 août sur le sud-ouest de la France et la vallée du Rhône, selon un prévisionniste de Météo-France interrogé par l’AFP. À moyen terme (tendance jusqu’en septembre), l’organisme public s’attend à un temps plus chaud que la normale (60 % de chances), mais aussi plus sec (50 %), selon une note. De son côté, dans un communiqué du 4 août, la Fnab (agriculteurs bio) estime que les restrictions d’usage de l’eau « excluent trop souvent encore les fermes en agriculture bio ». « Les bios doivent être priorisés » dans l’accès à l’eau d’irrigation, revendique le syndicat, tout en demandant que les représentants des producteurs bio soient associés aux « décisions concernant la gestion de l’eau estivale au sein des comités sécheresse ».

Bio : l’Agence bio n’aura pas de stand au Sia, mais espère quelques fonds pour la com’

Pour la première fois en 25 ans, l’Agence bio n’aura pas son propre stand au salon de l’Agriculture, apprend-t-on le 5 août. « Oui, pour la première fois, nous n’aurons pas notre stand », confirme Philippe Henry, vice-président de l'agence en tant que représentant de la Fnab (producteurs bio). L’Agence bio n’a pas encore voté son budget 2026, dans un contexte où l’incertitude plane sur son devenir. « Si on nous dit qu’il faut faire des économies, ce n’est pas là qu’on va mettre les quelques sous qui nous restent, d’autant plus qu’on n'a aucune assurance d’exister demain », explique-t-il. En mai, la ministre de l’Agriculture avait annoncé des coupures budgétaires dont une entaille de 10 millions d’euros dans la dotation du Fonds Avenir bio visant à structurer les filières (qui passe de 18 à 8 M€). Annie Genevard avait aussi annoncé l’annulation du budget communication (5 M€) pour l’année 2025. Une décision sur laquelle son ministère serait prêt à revenir en partie pour financer la deuxième vague de la campagne de communication grand public « C’est bio la France », prévue à l’automne. « On ne sait pas le montant, ni l’ordre de grandeur, mais oui, le ministère s’interroge sur le fait de remettre un peu d’argent sur la campagne de communication », confirme Philippe Henry.

Bio : dans le flou sur son avenir, l’Agence bio déplore le manque de dialogue avec l’exécutif

Le sort de l’Agence bio est suspendu à la prochaine loi de finances, selon les professionnels interrogés par Agra Presse. « On est dans le flou », lâche Loïc Guines, vice-président de l’agence pour Chambres d’agriculture de France. Une option envisagée par le gouvernement est de répartir ses missions entre FranceAgriMer (gestion du fonds Avenir bio) et l’Inao (suivi économique de la filière, communication). Une autre est de « réinternaliser » ses missions dans le ministère de l’Agriculture, comme le suggère un récent rapport du Sénat. Au-delà des déconvenues notamment budgétaires (lire ci-dessus), l’Agence bio regrette l’absence de discussion avec le gouvernement sur les contours d’une éventuelle reconfiguration, alors que ses différentes familles professionnelles ont réussi à cultiver un sens du « consensus ». « Si on travaille à la restructuration de l’Agence bio, qu’on écrive clairement quelles sont les missions, les volontés de l’État, le vrai budget à cinq ans pour avoir une communication de qualité ; quels sont les liens entre les instances qui s’occupent de l’agriculture y compris les interprofessions et l’Agence bio ; comment les familles arrivent à avoir ce lieu de consensus dans la gouvernance, est-ce qu’on valide que ce consensus est indispensable et, dans ce cas-là, comment on l’organise... À toutes ces questions-là, on n’a aucune réponse », déplore Bruno Martel, vice-président pour la Coopération agricole.

Porc : 3 centimes de baisse en huit jours au Marché du porc français

Le prix du porc charcutier au Marché du porc français (MPF) a enregistré une nouvelle baisse de 0,8 ct€/kg ce lundi 4 août après avoir perdu 2,2 centimes au cours de la session du jeudi précédent (31 juillet), portant la diminution à plus de 3 centimes en huit jours. Le prix moyen s’établit à 1,860 €/kg. Selon le rapport hebdomadaire du MPF (du 28 juillet au 3 août), la session du jeudi 31 juillet a opposé des acheteurs aux positions très divergentes – certains allant jusqu’à une baisse nette de 5 centimes – et des vendeurs en « résistance importante ». Ce lundi 4 août, « les acheteurs ont dans l'ensemble réalisé des propositions d'enchères assez recentrées autour de la valeur moyenne du jour », rapporte le MPF dans son commentaire accompagnant la cotation. Selon ce compte-rendu, « les principales cotations du nord de l’Europe demeurent stables. En revanche, la baisse se poursuit en Espagne, avec un recul de 2 centimes, suivie par le Portugal, qui cède 3 centimes ». Dans cette période de calme saisonnier, les abattages progressent légèrement sur la zone Uniporc, atteignant 345 608 porcs la semaine passée, avec un poids moyen également en légère hausse, à 95,63 kg.

Bovins/DNC : la Coordination rurale manifeste dans le Cantal contre l’abattage total

Des militants de la Coordination rurale du Cantal, du Lot et de la Corrèze ont manifesté vendredi 29 juillet à l’usine d’équarrissage Sopa, à Cros-de-Montvert (ouest du Cantal), afin de protester contre l‘abattage total des lots de bovins touchés par la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), apprend-on dans une vidéo diffusée sur X. Reprenant des allégations de la CR des Savoies, les militants avançaient aussi que des carcasses d’animaux abattus dans la zone réglementée étaient déplacées pour être incinérées dans le Cantal. Une rumeur démentie par le président de la Sopa, Jean-Pierre Château, auprès de La Montagne, ainsi que par Annie Genevard sur X. Après la manifestation, une délégation de la CR a été reçue à la préfecture d’Aurillac, selon un autre article du quotidien régional. Le syndicat ne désarme pas dans son combat contre l’abattage total, malgré un revers juridique au Conseil d’État : le 30 juillet, la plus haute juridiction administrative avait refusé de suspendre l’abattage des animaux d’un éleveur membre de la CR. Selon le bilan du ministère de l’Agriculture au 4 août, la France compte 64 foyers de DNC (+13 en une semaine), dans 35 élevages de Savoie et de Haute-Savoie. Apparue fin juin dans l’Hexagone, la DNC est classée par la réglementation européenne dans la catégorie des maladies à éradication immédiate.

Nitrates/élevage : en Espagne, la justice condamne une pollution au nom des droits humains

La Haute cour de justice de Galice, communauté du nord-ouest de l'Espagne, a condamné le 11 juillet différentes autorités pour avoir bafoué les droits humains dans une affaire de pollution aux nitrates, selon un communiqué de l’organisation écologiste ClientEarth. L’instance a reconnu que la pollution des retenues d’eau d’As Conchas affectait la vie humaine du fait d’odeurs de lisier, d’un taux de nitrates 1 000 fois supérieur au taux ordinaire et de proliférations bactériennes nuisibles à la santé. Selon l’ONG, cette décision ouvre la voie à d’autres actions en justice invoquant l’impact de pollutions du fait d’élevages industriels sur les droits de l’homme à travers d’Espagne et l’Union européennes. Les autorités condamnées sont l’agence de bassin, le gouvernement régional et cinq municipalités. Le jugement les contraint à mettre en place les solutions mettant fin aux excès de nitrates et à verser à chacun des six riverains une compensation mensuelle de 1 000 €, rétrospectivement à compter de leur premier dépôt de plainte, jusqu’à un maximum de 30 000 €. En dépit des dispositions prises depuis plusieurs années par l’État espagnol et ses régions porcines, des pollutions et nuisances olfactives continuent d’être dénoncées.

Fruits à pépins : stocks « élevés » en pommes, « quasi-nuls » en poires

Les stocks de pommes françaises restaient « élevés » à fin juin, à 99 532 t, soit 18 % de plus qu’en 2024, rapporte Agreste dans une note de conjoncture parue le 30 juillet. Ainsi, le niveau de stock est supérieur de 6 % à la moyenne 2020-2024. Les variétés dont les stocks sont les plus importants sont la Granny Smith, la Chanteclerc et la Canada. Côté valorisation, les prix à la production sont inférieurs de 8 % par rapport à l’an dernier, et « se rapprochent du niveau moyen des cinq dernières années ». Côté échanges, sur un an, les exportations augmentent de 10 % par rapport à l’an dernier, tout en se situant 1 % sous la moyenne quinquennale. Les flux les plus dynamiques sont vers les Pays-Bas (+21 %, à 24 730 t) et l’Italie (+50 %, à 8 491 t). Ils augmentent également vers l’Arabie saoudite (+102 %, à 2 694 t) et vers la Chine (+5 %, à 1 546 t). Concernant la poire, les stocks sont « quasi-nuls ». En mars, les prix à la production étaient en repli de 4 % sur un an, mais 8 % au-dessus de la moyenne quinquennale. Côté échanges, les exportations étaient en hausse de 40 % sur un an, et de 7 % par rapport à la moyenne quinquennale.

Pommes : « saison record » pour Pink Lady avec +13 % de commercialisation

L’association Pink Lady annonce « une saison record » en 2024-2025 en Europe dans un communiqué le 30 juillet. Les ventes de la fameuse pomme rose sont en hausse de 13 % sur un an, avec 227 000 tonnes commercialisées. « De très belles performances ont été réalisées sur l’ensemble des pays. C’est le cas par exemple de l’Allemagne (+10 %), Royaume-Uni (+4 %), Italie (+14 %), Espagne (+12 %) », indique l’association qui gère la filière. La saison a été marquée par deux moments forts : autour de la Saint-Valentin avec « plus de 10 000 t écoulées en une semaine », et un printemps « dynamique » avec « quatre semaines consécutives à plus de 8 000 tonnes ». Cette vitalité se traduit par un chiffre d’affaires global en hausse « de près de 10 % ». En matière de stratégie de communication, Pink Lady annonce être « la première marque de fruits et légumes en Europe sur TikTok ». Elle annonce aussi avoir entamé « un partenariat stratégique avec Disney (…) pour nourrir l’attractivité de Pink Lady dans l’univers du snacking sain ».

Tomate : des chercheurs identifient un nouveau virus à La Réunion

Dans une étude publiée dans la revue Archives of Virology, une équipe de chercheurs français décrit pour la première fois un nouveau virus affectant la tomate et identifié à La Réunion : le TYLCREV, ou « virus des feuilles jaunes en cuillère de la tomate de La Réunion ». Les échantillons analysés avaient été prélevés en février et en avril 2024 dans deux serres proches de Saint-Louis et du Tampon (sud), sur deux plants de tomates présentant des « symptômes sévères » caractéristiques d'une maladie, la TYLCD (« Tomato yellow leaf curl disease », pour « maladie des feuilles jaunes en cuillère de la tomate »). Le nouveau pathogène fait partie des Begomovirus dits « de l’Ancien monde » (originaires d’Afrique, du Moyen-Orient et de la Méditerranée). Il « présente des signes de recombinaison entre espèces » de virus : 52 % de son génome est « étroitement apparenté au TYLCV » (virus des feuilles jaunes en cuillère de la tomate), et 48 % provient très probablement de « bégomovirus découverts dans des plants de tomates à Madagascar ». En conséquence, les scientifiques appellent à « une surveillance épidémiologique et à des recherches supplémentaires afin d’évaluer la prévalence et les risques associés à ce nouveau virus à La Réunion et au-delà ».

États-Unis : Luke Lindberg confirmé sous-secrétaire de Brooke L. Rollins pour l’export

Dans un communiqué de l’USDA (ministère) du 2 août, la secrétaire à l’Agriculture Brooke L. Rollins salue le vote du Sénat le même jour (78 « pour », 17 « contre »), confirmant Luke Lindberg au poste de sous-secrétaire pour le Commerce et les affaires étrangères agricoles. Cette nomination marque « une autre étape importante dans les efforts de l’administration Trump pour mettre l’Amérique en premier et augmenter les opportunités pour le commerce agricole américain », commente la secrétaire Brooke Rollins. « Son dynamisme et sa profonde expérience nous permettront non seulement de défendre nos producteurs, mais aussi d’ouvrir de nouvelles portes au commerce mondial », salue celle qui a été p.-d.g. du think tank America First Policy Institute. Directeur de la stratégie de la Banque fédérale d’import-export pendant le premier mandat de Donald Trump, Luke Linberg remplace Alexis Taylor, devenue en février directrice des politiques mondiales de l’Interrnational Fresh Produce Association (producteurs de fruits et légumes frais).

À nos abonnés : possible ralentissement des parutions en période estivale

En raison du ralentissement de l'actualité en période estivale, l'Agrafil et les Agra Lives pourront être diffusés à un rythme légèrement moins soutenu jusqu'à la fin du mois d'août. En vous remerciant de votre compréhension.