Loup: la Convention de Berne valide le déclassement du statut de protection
La Convention de Berne, relative à la conservation de la vie sauvage et du milieu naturel en Europe, a approuvé le 3 décembre un déclassement du statut de protection du loup, qui va passer d'espèce « strictement protégée » (annexe II) à «protégée» (annexe III). Les 49 membres, réunis à Strasbourg, ont approuvé une proposition en ce sens portée par l'UE. La décision sera publiée le 6 décembre et, si moins d'un tiers des parties à la Convention s’y oppose, le changement de statut entrera en vigueur le 7 mars 2025 dans les pays qui n'ont pas formulé d'objections. Après cette date, l'UE pourra alors adapter les annexes correspondantes de la directive Habitats. «La Commission proposera une modification législative ciblée à cet effet, qui devra être adoptée par le Parlement européen et le Conseil», assure Bruxelles. «Ce changement donnera aux États membres une flexibilité supplémentaire dans la gestion de leurs populations locales de loups. Dans le même temps, comme le loup restera une espèce protégée, les mesures de conservation et de gestion des États membres devront toujours atteindre et maintenir un statut de conservation favorable», précise la Commission européenne. Ses estimations montrent que la population de loups dans l’UE a presque doublé en dix ans (11.193 en 2012 contre 20.300 en 2023). Selon les dernières données disponibles, les loups tueraient au moins 65.500 têtes de bétail chaque année dans l’UE.
Pesticides: la PPL épandage par drone laissée en suspens à l’Assemblée
L’examen de la proposition de loi visant à autoriser l'épandage par drone de pesticides a tourné court à l’Assemblée, dans la soirée du 2 décembre, alors qu’il restait six amendements à discuter en plénière. Le texte prévoit d’autoriser l’épandage par drone de produits de biocontrôle, autorisés en agriculture biologique ou «à faible risque» dans les bananeraies, sur les parcelles de vignes mères de porte-greffes conduites au sol et sur les parcelles avec des pentes supérieures ou égales à 20% -contre 30% envisagé initialement (voir amendement adopté n° 57). Il prévoit aussi d’autoriser des essais d’épandage par drone pour d’autres types de parcelles ou de cultures. En séance, les députés ont adopté les trois amendements défendus par le rapporteur Jean-Luc Fugit (Renaissance, Rhône). L’un supprime l’interdiction d’épandage par drone à moins de 250m des zones habitées (amendement n°48). Le deuxième supprime l’interdiction d’utiliser des drones dans les espaces naturels (amendement n°61). Le troisième précise le cadre des essais d’épandage par drone (amendement n°47). L’avenir du texte dépend de la reprise de son examen là où il s’est arrêté, indique-t-on à l’Assemblée nationale.
Séparation vente/conseil: second rapport d'inspection, propositions de réfome (presse)
Après un premier rapport paru publié fin mai, dans lequel il préconisait déjà une «réintroduction maîtrisée» des acteurs économiques au sein du dispositif de conseil stratégique des pesticides, le CGAAER (ministère de l'Agriculture) a produit, en juin, un second rapport sur la séparation de la vente et du conseil des pesticides, «confidentiel» selon nos confrères de Contexte, qui ont pu consulter une copie. Selon le média spécialisé, les auteurs du rapport proposent de conditionner ce retour, selon des modalités à préciser par décret, notamment en mettant en place «deux services distincts, avec une facturation séparée et coucher sur le papier les conseils fournis aux agriculteurs.» Le rapport avait été commandé au printemps par Agnès Pannier-Runacher alors ministre de l'Agriculture déléguée. La lettre de mission était d'établir les modalités de mise en place d'un nouveau conseil stratégique facultatif, «simple d’accès pour les agriculteurs», comme promis par le Premier ministre d'alors Gabriel Attal, ainsi qu'«un aménagement» de la séparation vente-conseil afin de «rendre le dispositif opérationnel et économiquement viable, tout en s’assurant de l’absence de conflit d’intérêts dans la délivrance du conseil». Alors que la proposition de loi sur les Entraves du sénateur Duplomb proposait une suppression pure et simple de ce dispositif émanant de la loi Egalim, le flou persiste encore sur les intentions précises du gouvernement.
Pesticides/impasses: vers une «pérennisation» du comité des solutions
Interrogé par Agra Presse le 3 décembre, le cabinet de la ministre de la Transition écologique Agnès Pannier-Runacher a confirmé «la pérennisation du comité des solutions», qui doit encore être actée par décret. C’est à cette «pérennisation» que faisait allusion la ministre de l’Agriculture Annie Genevard quand, en déplacement dans le Loiret le 30 novembre, elle a annoncé la création d’un «conseil d'orientation pour la protection des cultures» rapportée par l’AFP, indique l’entourage d’Agnès Pannier-Runacher. Dans l’Hémicycle de l’Assemblée nationale le 2 décembre, Annie Genevard avait réitéré son intention de «lutter contre les distorsions de concurrence au sein de l’Europe» en gravant dans le marbre l’instance créée en mars par Agnès Pannier-Runacher, alors ministre déléguée à l’Agriculture. «C’est tout l’objet des travaux du comité des solutions lancé par Agnès Pannier-Runacher (…) Je propose qu’il soit consacré dans nos textes, afin qu’il puisse assister les ministres concernés dans leurs missions de priorisation de l’instruction, par l’Anses, des demandes d’autorisation des intrants, en fonction des situations d’urgence constatées sur le terrain», a exposé la ministre aux députés.
Pesticides/«simplification»: réactions divergentes des syndicats agricoles
La ministre de l'Agriculture Annie Genevard «se trompe de chantier» en «refusant de traiter les questions du revenu et de la transition», a estimé le 2 décembre la Confédération paysanne à l'issue d'un rendez-vous au ministère consacré à la «simplification administrative». Les mesures de simplification annoncées par la ministre «ne peuvent en aucune façon répondre à la crise agricole et aux mobilisations», estime le troisième syndicat agricole dans un communiqué. Pour la Confédération paysanne, «il est indispensable de ne pas confondre des simplifications administratives utiles (plus d'humain, moins de numérique et de redites) avec un retour en arrière vers plus de pesticides et vers plus de facilitation de leur application». Les autres syndicats agricoles avaient été reçus vendredi par la ministre. Samedi, l'alliance syndicale majoritaire FNSEA-Jeunes agriculteurs a salué dans un communiqué des annonces allant «dans le bon sens» tout en estimant que «le travail sur la simplification (était) loin d'être achevé» et maintenant son appel à de nouvelles manifestions les 9 et 10 décembre. De son côté, la présidente de la Coordination rurale Véronique Le Floc'h a estimé que le compte n'y était «toujours pas» sur France Info: elle a déploré la création d'un Conseil d'orientation pour la protection des cultures alors que son syndicat réclamait le réautorisation de tous les pesticides actuellement interdits en France mais encore autorisés en Europe.
OFB: les caméras piétons réservées aux situations où «un contrôle se tend» (circulaire)
Dans leur circulaire envoyée au directeur général de l'Office français de la biodiversité (OFB) et aux préfets, les ministres de l'Agriculture et de la Transition écologique précisent en quoi consiste le déploiement du port de caméras piéton par les agents de l'Office français de la biodiversité (OFB) lors de contrôles, annoncé par Annie Genevard le 30 novembre. «Si un contrôle devait se tendre, l'agent de l'OFB (après en avoir informé la personne contrôlée) aura la possibilité de déclencher l'enregistrement du contrôle. Cette nouvelle faculté qui favorisera la désescalade, permettra d'objectiver le déroulement des contrôles et devra s'inscrire dans une promotion plus large du dialogue entre les services de l'Etat et les agriculteurs». Dans la circulaire, les ministres annoncent par ailleurs que le projet de convention entre l'OFB et Chambres d'agriculture France, que le réseau consulaire avait refusé de parapher au printemps, «doit être signée début 2025». Elle doit inclure notamment la question du «port de l'arme discret». A ce sujet, la circulaire indique d'ores et déjà, que le directeur de l'OFB «mettra en place, de manière immédiate, le port d'arme discret par les agents de l'OFB en recourant en particulier à l'utilisation d'étuis "inside"», comme annoncé par la ministre de l'Agriculture le 30 novembre.
OFB/contrôles : la mission flash doit aboutir à des mesures au premier semestre 2025
Dans leur circulaire envoyée au directeur général de l'Office français de la biodiversité (OFB) et aux préfets, les ministres de l'Agriculture et de la Transition écologique précisent les attendus de la mission flash inter-inspections qu'elles ont lancée en complément de la mission précédente sur les contrôles, afin d'améliorer les relations entre l'établissement public et les agriculteurs. Objectif: «identifier les points de friction et malentendus éventuels ainsi que les bonnes pratiques déjà en place ou projetées», en s'appuyant notamment sur le le projet de convention entre l'OFB et Chambres d'agriculture France, que le réseau consulaire n'avait pas souhaité parapher. En outre, la mission doit «clarifier le rôle du préfet par rapport à l'OFB». Les conclusions sont attendues d'ici fin 2024, en vue de premières mesures mises en oeuvre «dès le premier semestre 2025». Le premier rapport sur les contrôles administratifs, qui avait abouti à la mise en place d'un «contrôle unique», avait souligné un «écart important» entre ressenti et réalité de la pression.
«Mégabassines» : la justice examine le bien-fondé des réserves de substitution du Poitou
Des associations environnementales ont attaqué le 3 décembre, devant la cour administrative d’appel de Bordeaux, les autorisations délivrées par l'État pour construire des réserves de substitution agricoles contestées depuis plusieurs années dans le Poitou. Le rapporteur public a estimé que l'implantation de quatre des seize retenues dans « un des derniers secteurs propices à la reproduction de l'outarde » canepetière portait atteinte à la préservation de l'espèce, « en voie d'extinction ». Aussi, il a préconisé d’annuler les arrêtés préfectoraux de ces quatre réserves d’irrigation, au motif qu’ils « ne comportent pas de dérogation à l’interdiction de destruction des espèces protégées », prévue par le Code de l’Environnement. Plusieurs associations, dont la ligue de protection des oiseaux (LPO) et Nature Environnement 17, ont mené la lutte sur le terrain juridique en attaquant les autorisations délivrées au projet porté par la Coop’ de l’eau, un groupement d’environ 450 irrigants. Plus précisément, elles demandent à la cour administrative d’appel de Bordeaux d’annuler l’autorisation de construction et d’exploitation délivrée à la Coop’ de l’eau, de lui enjoindre de cesser tous les travaux sous un mois et de remettre les lieux en état dans un délai de six mois. Pour l’heure dans les Deux-Sèvres, une seule des seize retenues autorisées fonctionne, à Mauzé-sur-le-Mignon.
UE/Mercosur : les eurodéputés divisés sur l’accord entre inquiétudes et opportunités
Comme attendu, les eurodéputés sont apparus divisés sur l’accord de libre-échange UE/Mercosur lors de leur débat le 3 décembre en commission du Commerce international. «Il y a des expressions politiques divergentes, parfois même au sein d’un seul et même groupe», a indiqué la Française Marie-Pierre Vedrenne dont le groupe (les centristes de Renew) n’est pas exempt. Certains soulignent l’importance économique et géostratégique de l’accord dans un contexte international incertain tandis que de nombreuses inquiétudes ont été mentionnées en particulier pour le secteur agricole, la sécurité sanitaire ou la durabilité. Des préoccupations auxquelles la Commission européenne n’a pas répondu. «Ça devient ridicule cette obstruction du travail parlementaire», a affirmé Majdouline Sbai (Verts, France) sur le réseau social X concernant le manque de transparence de Bruxelles. Sabine Weyand, directrice générale de la DG Commerce, s’est contentée de présenter l’état d’avancement des discussions sans apporter de détails nouveaux sur les questions en suspens. Elle a cependant assuré que le nouveau commissaire en charge de ce dossier Maros Sefcovic est pleinement engagé à faire avancer les discussions et qu’il prendra contact avec ses homologues «dans les heures à venir».
UE/Mercosur : Berlin pousse pour conclure, le parlement néerlandais freine
En marge d’une réunion de l’Otan le 3 décembre à Bruxelles, la ministre allemande des Affaires étrangères Annalena Baerbock a appelé la Commission européenne à finaliser l'accord de libre-échange entre l’UE et le Mercosur lors du Sommet des pays d’Amérique du Sud prévu le 5 et 6 décembre à Montevideo (Uruguay). Cette rencontre «est probablement la dernière chance de le faire» indique-t-elle. Et d’ajouter que «la présidente de la Commission a un mandat pour le faire et devrait, à notre avis, l'utiliser». En parallèle, la Chambre des représentants des Pays-Bas a adopté le même jour une motion se prononçant contre l’accord UE-Mercosur. La Chambre appelle le gouvernement néerlandais à «informer la Commission européenne et le Conseil que les Pays-Bas ne signeront pas l’accord» et «à collaborer avec la France et d’autres opposants pour empêcher [son] approbation». Ce n’est pas la première fois que la chambre basse des Pays-Bas s’oppose au traité. En mars 2023, quelques mois avant les élections, une motion similaire avait été adoptée.
Viande rouge : l’Australie annonce la levée de restrictions chinoises pour ses exportations
Le gouvernement australien a annoncé, le 3 décembre, la levée par Pékin des dernières restrictions ouvrant la voie à la reprise des exportations de viande rouge vers la Chine. Ainsi les deux derniers établissements du Queensland ont vu leurs restrictions être supprimées, s’ajoutant aux huit abattoirs ayant connu une telle situation en 2024. En décembre 2023, les suspensions visant trois des plus grands exportateurs de viande rouge d’Australie avaient été déjà été levées. «Nous sommes proches du point où les obstacles commerciaux de la Chine, qui ont affecté 20 milliards de dollars d'exportations australiennes, ont tous été levés», a déclaré le ministre australien du Commerce et du Tourisme, Don Farrell. Et d’ajouter que «les producteurs de bœuf du Queensland, les vignerons d'Australie-Méridionale et les producteurs d'orge d'Australie-Occidentale ont tous bénéficié de la main ferme de ce gouvernement sur la barre du commerce». Après une série de conflits diplomatiques entre 2020 et 2022, le gouvernement travailliste d’Anthony Albanese s’est efforcé de rétablir les relations diplomatiques avec l’empire du Milieu qui est son plus grand partenaire commercial.
Prix du lait: davantage de primes et de volumes pour Bel et l’APBO en 2025
L’association des producteurs Bel de l’Ouest (APBO, 670 exploitations) et le groupe Bel se sont accordés pour l’année 2025 sur un prix moyen à 479€/1000 litres en 38/32 pour le lait intitulé «Mon BB Lait», soit un prix de base à 460€/1000l avec une prime pour une alimentation sans OGM et 150 jours de pâturage minimum. La main d’œuvre a été revalorisée dans la méthode de calcul du prix de base «à hauteur de +27€/1000l», souligne un communiqué. Quant au lait bio, le prix «Mon BB Lait bio» est fixé à 550€/1000l. Le partenariat porte sur 431 millions de litres de lait, soit 10Ml supplémentaires par rapport à 2024. Le communiqué annonce le lancement du «programme Mon BB Lait durable» à partir du 1er juin. Celui-ci intègre «huit leviers de réduction du carbone» en option dans le cahier des charges avec la possibilité d’accéder à une prime supplémentaire. La prime moyenne est estimée à 12€/1000l. Elle pourra aller jusqu’à 25€/1000l pour une exploitation remplissant tous les critères: couverture des sols, zéro déforestation et alimentation locale, maintien et implantation de haies, autonomie protéique (culture de protéagineux), autonomie protéique (fourrages), aliments réducteurs de méthane (lin), compléments alimentaires (Bovaer) et mesure du méthane entérique.
Influenza : l’Anses démontre une transmission du virus influenza D des bovins aux porcins
D’après une étude récemment parue dans la revue Emerging Infectious Diseases, des chercheurs de l’Anses ont isolé, pour la première fois en France, le virus de l’influenza D chez des porcins, alors qu’il est habituellement présent chez les bovins, prouvant ainsi une transmission inter-espèces. Des travaux menés après la contamination survenue en 2022 dans un élevage breton multi-espèces. Les chercheurs ont trouvé le virus dans des prélèvements effectués en octobre 2022 sur sept porcs à l’engraissement, après «l’apparition de désordres respiratoires chroniques». Après une visite de l’exploitation, les scientifiques ont suspecté que le virus provenait de bovins, car le bâtiment des porcs comprenait des entrées d’air faisant face à un bâtiment comprenant des taurillons, dont certains avaient présenté des «signes respiratoires». Les chercheurs ont aussi mis en évidence une propagation au sein du troupeau porcin: une deuxième série de prélèvements réalisée sur 30 animaux en décembre 2022 a montré que 10% des porcelets testés étaient positifs. Le virus influenza D en cause était une «souche réassortie» présentant «deux mutations uniques» capables «d’augmenter la transmission inter-espèces». Le virus influenza D fait partie de la même famille que l’influenza aviaire (de type A), responsable d’une épizootie mondiale chez les volailles et chez certains mammifères.
Œufs : une députée inquiète d'un rebond de la cage, chiffres trompeurs selon le CNPO
Dans une une question écrite à la ministre de l’Agriculture, la députée Cyrielle Chatelain (Ecologiste et Social d’Isère) s’est inquiétée de la remontée de la proportion d’œufs pondus en cage dans la production française, passée «de 23% à 27% entre fin 2022 et fin 2023. Des chiffres trompeurs en raison de l'influenza aviaire, qui masquent une baisse en valeur absolue, selon CNPO (l’interprofession de l’œuf) a répondu à la députée. « Nous lui avons envoyé les effectifs des poules en cage sur les trois dernières années, qui montrent bien qu’ils ont diminué de 2021 à 2022 puis de 2022 à 2023 », rapporte Alice Richard, directrice du CNPO. La base de données avicole montre en effet une diminution de 13% puis de 16,3% des effectifs, soit 11,71 millions poules en cages aménagées déclarées «en place» en 2023. Et Alice Richard de rappeler que «2022 et 2023 ont été des années particulières du fait de l’influenza aviaire qui a fait perdre beaucoup de pondeuses». Interrogée sur l’évolution à venir de l’effectif de poules en cage, elle estime que la demande accrue d’œufs standard en grandes surfaces due à la baisse du pouvoir d’achat a ralenti la conversion aux élevages alternatifs, mais que celle-ci se poursuivra du fait des engagements pris par les distributeurs.
Egalim 4 : les vins AOC de la Vallée du Rhône avancent leurs propositions
En attente d’«un revenu décent» pour les producteurs, Inter Rhône, l’interprofession des vins AOC de Côtes du Rhône et de la Vallée du Rhône, a présenté le 3 décembre ses propositions sur Egalim 4. «J’entends encore trop, çà et là, une forme de réticence voire d’inquiétude» sur la loi pour l’équilibre des relations commerciales, a indiqué le président Philippe Pellaton. «Ce serait une faute professionnelle de ne pas y réfléchir.» Pour rallier le plus grand nombre, Inter Rhône mise sur la subsidiarité, c’est-à-dire permettre à des régions, et même des appellations, de ne pas intégrer le nouveau dispositif. Un principe qui ressort des travaux menés sous l’égide du Cniv (comité national des interprofessions). L’interprofession régionale propose de mettre à disposition ses indicateurs de prix (entre producteur et négociant, au départ du négoce), de coût de production. Il s’agit qu’Egalim 4 prévoit une élaboration du prix tenant compte des coûts de production à hauteur de 80 % minimum. Lesquels sont évalués à 150 €/hl dans les vignobles des Côtes du Rhône et Côtes du Rhône Villages. «On ne peut pas concevoir des contrats passés en dessous de 120 €/hl», a déclaré le président du Syndicat des vignerons Damien Gilles, soulignant qu’«Egalim est très attendue par les producteurs».
Maïs: «d’importants taux de mycotoxines» dans la récolte en raison des pluies (presse)
Alors que l’automne pluvieux retarde la récolte du maïs grain, «il y aura plus de mycotoxines que l’an dernier», indique Céline Duroc, directrice de l’AGPM (producteurs de maïs, FNSEA), à La Dépêche – Le petit meunier. «Nous en constatons dans toutes les régions», note-t-elle, nos confrères ajoutant que les secteurs les plus touchés «se situeraient dans la zone Ouest-Centre: Indre-et-Loire, Eure-et-Loir, Loiret, etc.» Toutefois, «les débouchés en alimentations humaine et animale seront approvisionnés», assure la responsable de l’AGPM, grâce à une récolte importante en volume (13,9 Mt selon elle, voire «14,3 à 14,6 Mt» selon certains «analystes privés»). En revanche, ce contexte sanitaire implique «un travail d’allotement de la part des organismes stockeurs (OS) plus important», selon Mme Duroc. «La mycotoxine, qui se fixe sur l’extérieur du grain, est nettoyable», rappelle un opérateur interrogé par La Dépêche, estimant le coût entre 7 et 8 €/t, «à la charge des organismes stockeurs». Pour Céline Duroc, certains lots seront probablement «déclassés en alimentation animale», où les plafonds de mycotoxine autorisés (8000 μg/kg) sont supérieurs à l’alimentation humaine (1500 μg/kg). Avec une limite: «Des taux trop élevés peuvent être mortels pour les animaux», rappellent nos confrères.
Négoce/agroalimentaire : Cargill va réduire de 5% ses effectifs dans le monde (presse)
Le géant du négoce et de l'agroalimentaire Cargill est sur le point de réduire de quelque 5% son effectif, soit environ 8 000 salariés à travers le monde, après des résultats financiers en-deçà de ses objectifs, selon des notes internes examinées par les agences Reuters et Bloomberg. Selon Bloomberg, le bénéfice net du géant de l’agrobusiness est tombé au titre de 2023-2024 (jusqu’à fin mai) à 2,48 milliards de dollars ; c’est le plus faible depuis 2015-2016 et moins de la moitié du record de 2021-2022 à 6,7 milliards de dollars. Dans une note interne datant de la mi-2024, le nouveau P-DG Brian Sikes avait d’abord indiqué vouloir réduire de cinq à trois le nombre de business units dans le cadre de la stratégie pour 2030 du groupe. Dans la note à laquelle les médias ont eu accès cette semaine, le dirigeant a indiqué que les réductions se concentreraient sur la structure organisationnelle «en supprimant des couches, en élargissant le champ d'action et les responsabilités de nos cadres».
Tomate/transformation : en Italie, une campagne 2024 rendu difficile par la météo
Selon un communiqué de presse du 22 novembre, la filière industrielle de la tomate en Italie, Anicav, la campagne de transformation 2024 en Italie s'est terminée avec une production de 5,3 millions de tonnes, en retrait de 2,5% par rapport à 2023. Si la baisse demeure modeste, elle souligne des disparités entre les différentes zones de production : dans le Centre et au Sud du pays, 2,87 millions de tonnes ont été transformées (+10% par rapport à 2023) tandis que dans le bassin Nord la transformation finale a été de 2,4 millions de tonnes (-14% par rapport à l'année dernière), «malgré un investissement en hectares plus important au niveau national de 11% supérieur à 2023», souligne l’Anicav. La campagne est jugée «complexe» avec une sécheresse au Sud et des pluies abondantes au Nord qui ont provoqué de fréquents arrêts d'usines et prolongé la période de transformation jusqu'à début novembre. «Les problèmes liés à la gestion des ressources en eau, en particulier, ont eu un impact important sur le déroulement de la campagne et, si des mesures ne sont pas prises, sur la situation tant au Nord qu'au Sud pourrait, dans les années à venir, devenir insoutenable», prédit Marco Serafini, Président de l’Anicav.
Courgette : forte baisse des rendements, des prix soutenus en fin de saison
Selon les prévisions arrêtées au 1er novembre 2024, la production française de courgettes est estimée à 134 200 tonnes pour la campagne 2024, en baisse de 14 400 tonnes (- 10 %) par rapport à 2023, selon une note des services du ministère de l‘Agriculture (Agreste) le 29 novembre. Elle est inférieure de 21 % à la moyenne quinquennale. Les surfaces nationales implantées en courgette pour la campagne 2024 seraient en légère baisse sur un an, à 4 106 hectares, et inférieures de 2 % à la moyenne 2019-2023. La campagne a été perturbée par les aléas climatiques (vent, humidité et amplitudes de température) et sanitaires (maladies cryptogamiques, attaques de pucerons…) dans le Sud-Est, principal bassin de production national, qui ont affecté les rendements. Seule exception: «La région Languedoc-Roussillon qui connaît un pic notable de production au mois de juillet», souligne Agreste. Ces volumes en moins n’ont pas pour autant dynamisé la consommation, l'été restant marqué par une faible demande. A partir de septembre, la réduction conséquente des apports contribue cependant à une vive remontée des prix sur la fin de campagne. Ceux-ci connaissent des hausses très marquées (+83 % en octobre par rapport à la moyenne 2019-2023 sur le même mois).
Suisse: les agriculteurs manifestent pour plus d'argent et moins de bureaucratie
Un millier d'agriculteurs suisses et leurs familles ont manifesté le 3 décembre devant l'Office fédéral de l'agriculture (Ofag), sans tracteur mais au son des cloches de vaches traditionnelles, pour réclamer des prix plus justes, des réglementations plus prévisibles et une bureaucratie moins lourde. A Liebefeld, dans la banlieue de Berne, ils sont venus faire état de leurs doléances après une année 2024 difficile à cause de conditions de marché compliquées, d'un grand degré d'incertitude et de conditions météorologiques défavorables. «L'Ofag veut que nous soyons 50% plus productifs dans le futur mais il ne nous en donne pas les moyens», explique Simon Wechsler, agriculteur à Vallon, dans l'ouest du canton de Vaud. Il dénonce «toujours plus de règles, plus de contrôles, et moins de surface avec moins d'argent pour la production. Sans parler la concurrence étrangère avec des coûts de production plus faibles». Des manifestants ont apporté un cercueil dans lequel reposait un paysan de paille pour mettre en avant le nombre de suicides dans le secteur agricole. D'autres ont joué au ping-pong, la balle représentant les agriculteurs que se renvoient l'Ofag, les responsables politiques et les grandes chaînes de supermarchés du pays.
Lait : Ludovic Blin (FNPL) élu vice-président du groupe «lait» du Copa Cogeca
Le premier vice-président de la FNPL (producteurs de lait, FNSEA) Ludovic Blin a été élu, le 22 novembre, à la vice-présidence du groupe de travail «lait» au Copa Cogeca (organisations et coopératives agricoles de l’UE). L’Italien Giovanni Guarneri de l’Alleanza Cooperative Italiane a, quant à lui, été reconduit à la présidence du groupe lait. Éleveur de vaches laitières dans la Manche, Ludovic Blin est également président de Fil France (organisation internationale).
Addendum à l'agenda de la semaine agricole du 3 décembre 2024
Mercredi 4 décembre :
Audition du directeur général de l’OFB par les sénateurs de la commission du développement durable
Conférence de presse de Phyto-victimes sur le délibéré de l’affaire Emmy Marivain