Agrafil du 5 mai 2026

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Relations commerciales/loi d’urgence : le prix plancher adopté par les députés de la Coméco

Après seulement quelques heures de débat, qui a débuté par le dossier des relations commerciales, de nombreux amendements au projet de loi d’urgence agricole ont été adoptés en commission des Affaires économique de l’Assemblée nationale le 4 mai. A l'occasion de l'examen de l'article 19 qui vise à protéger le revenu des agriculteurs, les députés ont adopté le principe du prix plancher, avec un amendement porté par les députés Létard (UDI), Mathiasin (Modem) et Taupiac (PS) empêchant tout fixation de prix entre producteur et premier acheteur qui serait inférieur au coût de production. L’amendement, assorti d’un avis défavorable du rapporteur, a été travaillé avec Agri Paris Seine, Max Havelaar et le collectif Nourrir. Pour fixer les prix, outre les coûts de production habituellement pris en compte, un amendement ajoute d’autres critères comme le niveau des stocks, les prix constatés, les quantités disponibles ou les caractéristiques des produits qui influencent la formation des prix, comme dans la viticulture. Il a aussi été décidé d’inclure les coûts de la main-d’œuvre salariée et non salariée dans les indicateurs relatifs aux coûts de production. Autre changement : l’obligation d’utiliser des indicateurs de référence et l’interdiction de recourir à des indicateurs alternatifs, comme le demandaient la FNPL (producteurs laitiers, FNSEA) et la FNB (éleveurs de bovins viande, FNSEA).

Acétamipride/loi d'urgence : les députés ne débattront pas de la réautorisation en Coméco

En préambule de l'examen du projet de loi d'urgence en commission des Affaires économiques le 4 mai, le président de la commission, Stéphane Travert (EPR, macroniste), a annoncé que les amendements relatifs à l'autorisation de la mise sur le marché des pesticides, notamment de l'acétamipride, ont été jugés irrecevables. Autrement dit, ils ne seront pas examinés, au motif qu'ils n'ont pas de lien direct avec le texte initial déposé par le gouvernement, qui « s'en tient, à l'article 2, à l'importation et à la mise sur le marché de denrées alimentaires, et à l'article 11 à la mise en place de zones de non traitement » aux pesticides. La députée du Rassemblement national (RN), Hélène Laporte, a dénoncé un texte « verrouillé » par le gouvernement, et un « débat fondamental (...) empêché » par la décision du président de la Commission. Et elle s'attend à ce qu'il en soit autrement lors de l'examen au Sénat, dominé par le droite. Interrogé sur la possibilité d'insérer la réautorisation de l'acétamipride dans le projet de loi d'urgence agricole, le cabinet de la ministre de l'Agriculture avait indiqué, lors d'un point avec la presse le 7 avril, à la veille de la présentation du texte en Conseil des ministres, que les parlementaires « pourront avoir le débat s'ils le souhaitent ». Et d'ajouter : « Il y a des accroches dans le texte » – autrement ils ne devaient pas être classés irrecevables. En début d'année, le Premier ministre, Sébastien Lecornu, avait émis le souhait de ne pas insérer les dispositions de la PPL Duplomb 2 dans le texte initial de la loi d'urgence.

Loup : en commission, les députés revoient la logique de fixation du plafond de prélèvement

Lors de l’examen du projet de loi d’urgence agricole en commission du Développement durable, le 29 avril, les députés ont adopté un amendement d’Émilie Bonnivard (DR, Savoie) qui conduit à « renverser la logique de gestion du loup », selon son exposé sommaire. L’élue propose qu’un arrêté du « ministre chargé de l’Agriculture » (sans mention du ministre de l’Écologie) fixe le nombre de loups pouvant être prélevés et que ce nombre puisse « être fixé en tenant compte du nombre minimal de spécimens compatible avec un état favorable de conservation ». « Dans ce cas, il correspond à la différence entre la population lupine observée et ce nombre minimal de spécimens », précise le texte adopté avec avis favorable du gouvernement. Le système actuel repose sur un pourcentage, récemment porté à 21 %, fixé par arrêté interministériel et appliqué à la population estimée (1 082 loups selon le dernier comptage). Le seuil de « viabilité démographique », mentionné dans le Plan loup 2024-2029, se situe à « 500 adultes matures ». Toutefois, le seuil de viabilité « génétique » (permettant un brassage suffisant à plus long terme) correspond à un effectif beaucoup plus important, entre 2 500 et 5 000 loups reproducteurs

NGT : le vote du Parlement européen finalement reporté à juin

Initialement prévu le 5 mai en commission de l’Environnement du Parlement européen, le vote visant à valider définitivement l’accord conclu fin 2025 entre les États membres et le Parlement européen sur les nouvelles techniques de sélection génomique (NGT) a été reporté, au dernier moment, au 2 juin. La faute, explique le Parlement, au dépôt tardif de 37 amendements qui vont d’abord devoir être traduits. Ce report retarde également l’examen en plénière, qui se tiendra donc lors de la session du 15 au 18 juin. Seize des amendements ont été déposés par le français Christophe Clergeau au nom du groupe social-démocrate ; ils se concentrent sur la question des brevets afin de mieux protéger les agriculteurs et les petits semenciers. Sur ce point, le commissaire européen à la Santé, Oliver Varhelyi, a pourtant indiqué, lors d’un échange avec les eurodéputés de la commission de l’Environnement le 4 mai, qu’il estimait que « l’approche convenue entre les institutions était équilibrée en matière de brevets ». C’est aussi l’avis des semenciers européens et d’une trentaine d’organisations agricoles de l’UE (dont le Copa-Cogeca) qui, dans une lettre ouverte du même jour, appellent les parlementaires à adopter le compromis « sans modifications supplémentaires ».

Déforestation : Bruxelles exclut le cuir pour simplifier encore plus la réglementation

La Commission européenne a présenté, le 4 mai, comme elle s’y était engagée, une nouvelle série de simplifications du très contesté règlement pour lutter contre la déforestation. Sous pression, Bruxelles avait déjà fini par céder en octobre 2025, proposant le report de douze mois de l’entrée en vigueur du texte, au 30 décembre 2026. Le nouveau paquet de mesures comprend un document d'orientation clarifiant la mise en œuvre de la réglementation, un acte d'exécution allégeant le système d'information et surtout un projet d'acte délégué révisant le champ d’application. Ce dernier propose l’exclusion de certains produits, en particulier du cuir. Le projet propose à l’inverse l'ajout de quelques produits, tels que le café soluble et certains dérivés d'huile de palme. Ce projet est ouvert à la consultation publique jusqu'au 1er juin 2026, puis devra être validé dans la foulée par les colégislateurs. Le projet d'acte d'exécution prévoit, quant à lui, un formulaire de déclaration simplifié pour les petits exploitants, ainsi qu’une possibilité de regroupement volontaire des déclarations (par une coopérative par exemple). Enfin, la Commission européenne indique travailler avec les États membres afin d’utiliser les informations disponibles dans les bases de données nationales et de les intégrer directement au système d’information, pour encore plus réduire la charge des petits exploitants.

Gestion des risques : la prévention des crises au cœur des préoccupations des Vingt-sept

Réunis de manière informelle à Nicosie (Chypre) le 4 mai, les ministres de l’Agriculture de l’UE ont eu l’occasion d’aborder la question de la gestion des risques agricoles. D’une manière générale, le Conseil Agriculture a mis l’accent sur la nécessité de renforcer la préparation et la prévention des crises via des outils ciblés, flexibles et cohérents pouvant aller au-delà de la Pac. « L’investissement dans la prévention n’est pas une option, c’est une nécessité », a souligné la chypriote Maria Panayatou, qui présidait la réunion. Plusieurs ministres ont notamment évoqué la création d’un mécanisme européen de réassurance, ainsi que le renforcement des outils innovants de prévention et des systèmes d’alerte précoce. De son côté, le commissaire européen à l’Agriculture, Christophe Hansen, a aussi appelé à améliorer le recours aux outils de gestion des risques. « Les mesures de crise, comme notre réserve agricole actuelle par exemple, doivent compléter et non simplement remplacer les stratégies de gestion des risques, car les ressources financières, comme vous le savez, sont limitées », a-t-il prévenu. Il a précisé en outre que, dans la prochaine Pac, chaque État membre devra élaborer une stratégie spécifique en la matière. « L’existence des risques doit être prise en compte dans les décisions agricoles et être anticipée », a-t-il conclu.

Influenza aviaire : deux cas dans des élevages du Sud-Ouest, dont un premier en Occitanie

Ces derniers jours, malgré l’abaissement du niveau de risque en France, deux nouveaux foyers d’influenza aviaire ont été confirmés en élevage dans un grand quart Sud-Ouest : l’un en Dordogne et l’autre en Tarn-et-Garonne, constituant le premier cas de la saison en Occitanie. L'infection a été confirmée le 28 avril dans un élevage multi-espèces de 5 062 volailles (gallus et canards) à Nohic, entre Toulouse et Montauban. Selon la chambre d’agriculture de Haute-Garonne, les arrêtés départementaux instaurant les mesures de lutte (interdiction des mouvements d’animaux notamment) sont parus le 29 avril. Le rapport de l’Organisation mondiale de la santé animale (Omsa) fait état de « signes cliniques chez [les volailles] Gallus gallus », et attribue l’origine de l’infection à un « contact avec des animaux sauvages ». Quant au foyer en Dordogne, il se situe à Coulounieix-Chamiers, tout près de Périgueux, précise La Dordogne libre (article payant). Ces deux cas portent à 123 le nombre de foyers en élevage recensés en France depuis le 1er août 2025, début de la campagne annuelle de comptage. Pour rappel, le 27 avril, le ministère de l’Agriculture a abaissé le niveau de risque d’« élevé » à « modéré », allégeant ainsi les mesures de mise à l’abri des volailles.

Fromages : la production d’abondance en hausse de 2,5 % en 2025

La production de fromages AOP abondance a été en hausse de 2,5 % en 2025 par rapport à 2024, atteignant 3 494 t, un volume jamais atteint jusqu’à aujourd’hui. « Cette progression s’explique par une hausse de la production de lait grâce à des pâturages de bonne qualité et le choix des fromageries de fabriquer davantage d’abondance dans le cadre d’un marché porteur », explique Joël Vindret, directeur du Syndicat interprofessionnel du fromage abondance AOP (Sifa). La dermatose nodulaire contagieuse, qui a touché la zone de production de l’AOP, n’a pas eu de conséquences sur la production de lait. En revanche, les destructions de lots de fromage touchés par les bactéries E. coli STEC ont été plus nombreuses en 2025, s’élevant à « plusieurs dizaines de tonnes de fromage », selon Joël Vindret, une tendance encore observée au premier trimestre 2026. L’AOP abondance fait partie d’un groupe d’AOP fromagères du Jura et de Savoie qui mène une réflexion sur les scénarios à adopter pour enrayer la multiplication des alertes sanitaires liées aux STEC, parmi lesquelles le recours au lait pasteurisé. L’abondance est un fromage au lait cru dont le caillé est chauffé à 50°C, une température insuffisante pour éliminer cette bactérie.

Fromages : la baisse du taux de vaches abondance au sein de l’AOP est enrayée

Le taux de vaches de race abondance est très légèrement remonté au sein des exploitations de l’AOP abondance au 1er janvier 2026 par rapport au 1er janvier 2025, atteignant 47,93 % contre 47,51 %. Cette érosion désormais enrayée est une « bonne nouvelle », selon Joël Vindret, directeur du directeur du Syndicat interprofessionnel du fromage abondance AOP (Sifa). Ce taux ne cessait de baisser ces dernières années en raison d’une offre plus abondante en races montbéliardes et taurines, qui sont aussi meilleur marché que les races abondance. Or, le cahier des charges de l’AOP exige un taux minimum de 45 % qui doit être respecté globalement par l’ensemble des exploitations ayant rejoint l’AOP avant 2012 (les autres exploitations doivent respecter ce taux minimum individuellement). Pour expliquer l’inversement de cette tendance, le Sifa met en avant une politique initiée depuis plusieurs années, dont l’aide financière aux semences sexées pour obtenir davantage de femelles et l’accès pour les éleveurs de l’AOP à une bourse d’échange de vaches abondance mise en place par l’organisme de sélection. Le Sifa a mis au point un plan d’actions à échéance 2023 pour atteindre un taux de 50 % pour ces exploitations, afin d’avoir une marge de manœuvre satisfaisante.

Prairies : la pousse de l’herbe démarre en trombe, record depuis 1989 (Agreste)

« La pousse cumulée des prairies permanentes en France (hors Drom) est supérieure de 53 % à la moyenne observée sur la période de référence 1989-2018 », constate le service de statistique du ministère de l’Agriculture dans une note publiée le 29 avril. « Il s’agit du meilleur début de campagne depuis 1989 », selon ce premier bilan, arrêté au 20 avril, qui marque le lancement de la campagne de suivi des prairies pour 2026-2027. Cette pousse exceptionnelle est due « aux températures souvent supérieures à la normale et aux pluies relativement fréquentes des mois passés », explique Agreste. Résultat : « Alors qu’habituellement 20 % de la pousse annuelle est réalisée au 20 avril, cette proportion atteint déjà 31 % cette année ». Au niveau géographique, « la pousse de l’herbe des prairies permanentes est excédentaire sur l’ensemble du territoire », d’après le document. En tête, le nord-est, qui a « bénéficié de températures particulièrement clémentes » (rendement à 191 % de la moyenne en Grand Est, à 175 % en Bourgogne-Franche-Comté). À l’inverse, « l’excédent est un peu moins important dans les régions ayant souffert des inondations de l’hiver dans le quart sud-ouest et sur la façade Atlantique » (126 % en Nouvelle-Aquitaine, 135 % en Occitanie).

Engrais : aucune entreprise cliente aux achats chez le négociant Amaltis

Chez le négociant d’engrais Amaltis (200 000 t d’engrais, dont 95 000 t d’urée), « il ne se passe quasiment rien depuis un mois et demi ». La société n’a « aucune visibilité sur les importations d’urée dans un contexte où les prix sont inabordables et où les volumes manquent », concède son délégué commercial Denis Le Fèvre. « Nos clients – coopératives et négoces – ne veulent prendre aucun risque. Personne n’est aux achats : tout le monde attend une éventuelle baisse des prix. » Chez le négoce Isidore (Charente-Maritime), qui se fournit chez Amaltis pour les produits formulés, les agriculteurs sont prudents pour la campagne à venir. « Pour chaque client, nous calculons la marge brute de chaque îlot parcellaire en intégrant le prix d’achat de l’engrais, le rendement attendu et le prix de vente des céréales à date », explique Laurent Perdriau, directeur commercial. « Et pour beaucoup d’exploitations, dans notre zone intermédiaire, cela ne passe pas. Alors les agriculteurs n’achètent pas d’engrais, ils pensent même, si la situation perdure, remplacer les céréales à l’automne par de la jachère, comme cela a déjà été le cas pour le maïs ce printemps. De notre côté, aucun achat n’a encore été réalisé pour la campagne à venir auprès de nos centrales. » (Anne Gilet)

Tournesol : Cargill investit 150 M€ dans son usine de Saint-Nazaire

Dans un communiqué du 29 avril, Cargill a annoncé un investissement de 150 millions d’euros (M€) dans son usine de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) afin de pouvoir traiter davantage de tournesol. Le site – qui produit déjà de l’huile et des tourteaux de tournesol – pourra ainsi « basculer des farines actuelles pauvres en protéines à des farines de tournesol à haute et très haute teneur en protéines ». L’industriel prévoit de démarre les travaux en novembre, pour une mise en service attendue en mars 2029. « Le projet devrait permettre de créer sept emplois » sur ce site historique (1964), où Cargill emploie 75 personnes. Le géant mondial de l’agroalimentaire rappelle que la culture de tournesol « continue de progresser en France » et que « la région autour de l’usine [en] est un important fournisseur ». « Cet investissement fournira un débouché fiable aux agriculteurs locaux pour leurs graines et renforcera la collaboration avec de nombreuses coopératives. » Par ailleurs, le projet comprend une chaudière biomasse qui produira de l’énergie à partir des coques de tournesol usagées. Cargill espère ainsi « réduire sa consommation de gaz naturel de plus de 100 GWh par an » et diminuer les émissions du site de 90 % (environ -20 000 t de CO2 par an), tout en vendant les coques excédentaires.

Kiwi : le BIK reconnu comme AOPn, après une guerre de gouvernance avec l’AOP Kiwi de France

Le Bureau national interprofessionnel du kiwi (BIK) a annoncé, dans un communiqué du 30 avril, sa reconnaissance officielle en tant qu’Association d’organisations de producteurs (AOPn). « Cette évolution majeure marque la reconnaissance officielle de [notre] rôle central dans la filière kiwi française (…) », se réjouit le BIK. Afin de renforcer la production française et sa compétitivité, le BIK entend poursuivre ses missions autour notamment de la valorisation du kiwi français auprès des consommateurs et des distributeurs, tout en soutenant la recherche et l’accompagnement des producteurs. L’organisation vise également à structurer l’offre et à adapter la production aux attentes du marché. Créé à la fin des années 1970, le BIK rassemble des producteurs indépendants, des OP, des coopératives et des expéditeurs de kiwis. Il s’était constitué en association d’organisations de producteurs (AOP) le 7 juillet 2024, dans le but d’obtenir ensuite la reconnaissance en AOPn. Cette reconnaissance en AOPn avait aussi été briguée par l’AOP Kiwis de France, fondée en mars 2024 par François Lafitte, un ancien du BIK qui avait quitté l’organisation, estimant qu’elle ne représentait pas assez les intérêts des producteurs et surtout des organisations de producteurs (OP). Il ne peut toutefois y avoir qu’une seule AOPn par produit reconnue par les pouvoirs publics, selon l’interprofession des fruits et légumes frais (Interfel).

Laitue : légère progression des volumes en 2025-2026, prix bas en fin de campagne

Selon les prévisions des services du ministère de l’Agriculture (Agreste) au 1er avril 2026, publiées le 30 avril, la production française de laitues atteindrait 436,7 millions de têtes pour l’ensemble de la campagne 2025-2026. C’est un peu plus de 13 millions de têtes supplémentaires par rapport à la campagne précédente, soit une hausse globale de 3 %, grâce à de bons rendements. En termes de surfaces, Agreste note un recul de 2 % par rapport à 2024-2025, à 6 813 ha. Cette baisse serait imputable essentiellement au segment des laitues à couper, dont les surfaces reculent de 5 % sur la période (2 122 ha). La batavia continue à dominer, avec 2 981 ha implantés (-1 %). Le Sud-Est demeure la première région avec 2 540 ha et 231,4 millions de têtes, suivi par le Centre-Ouest (1 292 ha, 60 millions de têtes) et l’Ouest (1 255 ha, 57,9 millions de têtes) Après la faiblesse des cours constatée en fin d’année 2025, « les prix retrouvent un niveau supérieur à la moyenne quinquennale en début d’année 2026, avec une production provenant essentiellement du bassin Sud-Est », selon Agreste. Une demande un peu faible a cependant entrainé des prix inférieurs à 2025 (-5 % en janvier, -6 % en février et -20 % en mars), alors que la production a été affectée par des difficultés climatiques et sanitaires.

Carottes : les volumes ont été au rendez-vous pour la campagne 2025-2026

La production de carottes est estimée à 368 000 t pour la campagne 2025-2026, selon les prévisions des services du ministère de l’Agriculture (Agreste) publiées le 28 avril. Elle est en hausse de 3 % par rapport à la campagne précédente et supérieure de 9 % à la moyenne 2020-2024. Une croissance en grande partie due à la forte progression des volumes dans le Sud-Ouest (Aquitaine) qui progresse de plus de 16 % sur un an (à 147 000 t). En revanche, le bassin Ouest est en retrait (-14 %, à 84 900 t), en raison de rendements en très forte baisse en Basse Normandie(-21 %). Au niveau national, les surfaces seraient stables, à 10 732 ha (soit +1 % par rapport à la moyenne 2020-2024) ; la baisse de 3 % en Basse-Normandie est compensée par une progression en Aquitaine (+2 %), dont une hausse marquée en Gironde (+6 %) liée aux rotations culturales. « En début d’année 2026, le marché s’active, soutenu par la reprise post-fêtes et une demande plus dynamique. Le cours reste globalement stable, avec une légère hausse », note Agreste. La météo humide a cependant perturbé le travail au champ, entrainant d’importants déclassements et une disponibilité irrégulière. En mars, les cours progressent encore (prix supérieurs de 13 % à 2024-2025 et de 10 % à la moyenne quinquennale sur le même mois).

Climat : un mois d’avril parmi les moins arrosés en France depuis le début des mesures

Le mois d’avril a été marqué en France par une grande douceur et une quasi-absence de pluie, qui ont entraîné une importante sécheresse des sols, selon le bilan climatique mensuel de Météo-France publié le 4 mai. « En lien avec des conditions anticycloniques persistantes, il n’a quasiment pas plu dans le pays au cours du mois d’avril, excepté en Haute-Corse, dans le Massif central ou encore sous forme d’orages dans les Pyrénées », a indiqué l’établissement public. Le déficit de précipitations atteint près de 70 % par rapport aux normales (1991-2020) dans le pays au cours du mois passé, qui se classe au quatrième rang des mois d’avril les moins arrosés depuis le début des mesures en 1959. C’est même le mois d’avril le moins arrosé depuis le début des mesures dans quelques départements (Aisne, Hauts-de-Seine, Marne, Seine-et-Marne, Yonne, Nièvre et Var). L’humidité des sols superficiels a pour sa part « nettement diminué » et, « après avoir atteint des records humides au mois de février, les sols sont en moyenne très secs en France et correspondent à ce qu’on devrait traditionnellement observer au cours du mois de juin », observe Météo-France. « Néanmoins, des précipitations ont lieu début mai et devraient permettre aux sols de se réhumidifier, au moins temporairement », complète le bilan.

Santé : des patrons agricoles en moins bonne forme mentale que la moyenne

Le 11e Baromètre de la santé physique et mentale des dirigeants de TPE-PME, réalisé par l'Ifop pour la fondation MMA des entrepreneurs du futur et dévoilé le 4 mai, montre des exploitants agricoles en moins bon état psychologique que la moyenne. L’étude a été menée au printemps auprès de 1 000 dirigeants. Le focus 2026 est dédié aux causes et impacts des troubles psychologiques. Dans la sphère agricole, 82 % des dirigeants se disent en bonne santé et 67 % considèrent être en bon état psychologique. Sur ce dernier point, ils se situent neuf points en dessous de la moyenne (76 %). Néanmoins, 86 % d’entre eux ressentent au moins un trouble de santé : troubles anxieux (57 %, soit +14 points par rapport à la moyenne), tensions musculaires (61 %, contre 50 % en moyenne) et troubles du sommeil (55 %, contre 49% en moyenne) sont les plus ressentis par les dirigeants du secteur. L’étude souligne que deux marqueurs d’une bonne santé mentale chutent particulièrement pour les exploitants agricoles : la bonne santé de leur entreprise (53 %, soit 20 points en dessous de la moyenne) et l’équilibre entre vie professionnelle et personnelle (59 %, 14 points sous la moyenne). La majorité des agriculteurs citent par ailleurs l’incertitude économique (86 %), la charge administrative et réglementaire (82 %) et la surcharge de travail (75 %) comme difficultés rencontrées au quotidien.

Alimentation : Novo Nordisk et Eli Lilly sanctionnés pour des publicités grand public

L’Agence nationale du médicament (ANSM) a annoncé, le 4 mai, des sanctions financières en France à l’encontre des laboratoires pharmaceutiques Novo Nordisk (Danemark) et Eli Lilly (États-Unis) pour des publicités incitant le grand public à se tourner vers leurs médicaments, non remboursés par la Sécurité sociale. En tout, l’autorité sanitaire française a infligé près de deux millions d’euros (M€) d’amendes. Dans le détail, Novo Nordisk France a écopé de plus de 1,78 M€, pour des campagnes de nature à « inciter le grand public » à recourir à ses traitements anti-obésité (Saxenda et Wegovy), deux spécialités de la famille des analogues du GLP-1. Dans une moindre mesure, Eli Lilly France est sanctionnée à hauteur de 108 766 € pour une campagne autour de son médicament anti-obésité Mounjaro. L’ANSM considère que ces communications, diffusées sur divers supports, sont « susceptibles de constituer une promotion indirecte de médicaments soumis à prescription médicale obligatoire », alors que la réglementation interdit toute publicité auprès du grand public pour ces traitements non remboursés par l’Assurance maladie. Dans sa réaction à l’AFP, Novo Nordisk France « conteste fermement la position de l’ANSM » et « examine toute éventuelle voie de recours contre cette décision », tandis qu’Eli Lilly estime que sa campagne de sensibilisation « conforme au cadre applicable aux communications relatives à la santé humaine ».

La Réunion/Mayotte : toujours aussi mal intégrées au commerce régional (rapport)

Dans un rapport paru fin avril sur les territoires français de l’océan Indien, le CGAAER (ministère de l'Agriculture) constate que les filières agricoles et alimentaires de La Réunion et Mayotte ne sont pas « encore suffisamment intégrées » commercialement dans leur environnement régional, avec de « nombreux échanges encore issus de l’Europe continentale ou d’Amérique du sud avec un bilan carbone négatif ». Parmi les facteurs identifiés : « logistiques maritimes, aériennes, normes sociales, environnementales et sanitaires ». Sur le plan sanitaire, les hauts fonctionnaires reconnaissent que « l’équilibre est difficile à trouver », pour « ne pas faire une concurrence déloyale aux agriculteurs réunionnais ou mahorais et de ne pas dégrader les niveaux de protection des consommateurs, de la santé animale et de la santé végétale ». Malgré une « volonté » affichée de la Commission de l’océan Indien de constituer un « espace régional sanitaire supranational », aucune « application concrète » n'a vu le jour. Les auteurs proposent de s'appuyer plutôt sur le Conseil phytosanitaire interafricain, pour y créer un groupe de travail visant à traiter les obstacles sanitaires freinant les échanges de produits végétaux entre les territoires membres de la Commission de l’océan Indien. En parallèle, ils proposent de créer, à destination des services diplomatiques, un document comportant les « besoins à couvrir » et complété des « opportunités par pays fournisseur potentiel ».