GNR, MHE: parution des premiers décrets d'application des annonces gouvernementales
Les premiers décrets promis par le gouvernement de Gabriel Attal pour venir en aide aux agriculteurs, l'un sur le gazole et l'autre sur les indemnisations aux éleveurs touchés par la maladie hémorragique épizootique, sont parus le 4 février au Journal officiel. Le premier décret va permettre aux exploitants agricoles de demander dès ce mois de février une avance de 50% sur le remboursement partiel de l'accise sur les produits énergétiques (ex-TICPE) concernant notamment le GNR, pour l'année 2024. Auparavant ce remboursement n'intervenait que l'année suivant les dépenses. Gabriel Attal avait annoncé ce changement lors de sa première salve de réponses à la crise agricole, le 26 janvier. «Cette avance, à hauteur de 50% du remboursement agricole versé chaque année de 2024 à 2029, donnera lieu à un versement annuel à compter de février. La demande d'avance sera réalisée par l'exploitant en une seule fois en même temps que la demande de remboursement annuelle. Le montant de l'avance sera déduit du remboursement partiel octroyé l'année suivante», indique le décret en date du 2 février et qui entre en vigueur à compter de lundi. Le second décret était très attendu par les éleveurs bovins, touchés depuis plusieurs mois par la maladie hémorragique épizootique (MHE). Il va notamment permettre une augmentation du taux de prise en charge des frais vétérinaires, qui passe de 80 à 90%. Les pertes liées à la mortalité des animaux seront également indemnisées à hauteur de 90%, selon un barème de montants établi en fonction de la nature (vache laitière, mâle reproducteur ...) et de l'âge de l'animal.
Pesticides: le gouvernement supprime le conseil stratégique «dans sa forme actuelle»
Dans une note de synthèse publiée en soirée, le 1er février, Matignon ajoute, parmi les mesures de réponse aux manifestations, la «suppression du conseil stratégique (sur les pesticides, CSP) dans sa forme actuelle». Cette mesure ne figurait pas parmi les documents envoyés plus tôt dans la soirée par le ministère de l'Agriculture. Dans ce document, Matignon précise que le gouvernement s'engage «à travailler à un conseil réformé, simple et sans surcharge administrative». De source syndicale, le conseil stratégique pourrait être fusionné avec Certiphyto, qui se verrait renforcé. Fin décembre, le gouvernement avait déjà retardé le calendrier d'entrée en vigueur de l'obligation de fournir l'attestation de conseil stratégique (CSP) lors d’une demande de renouvellement du Certiphyto, qui devait entrer en vigueur en 2024. «Trois ans après l’entrée en vigueur de la réforme, le déploiement du conseil stratégique reste limité sur le terrain», constatait le ministère de l’Agriculture dans un communiqué du 29 décembre. En cause, un développement «insuffisant» de l’offre de conseil à destination des agriculteurs en matière d’utilisation des produits phytopharmaceutiques et une «faible anticipation de l’obligation».
Manifestations: fin des blocages routiers, des actions continuent contre les supermarchés
Deux jours après des annonces du Premier ministre pour satisfaire les revendications des agriculteurs, les forces de l'ordre ont évacué le 3 février les derniers blocages du syndicat classé à gauche Confédération paysanne (voir ci-dessous), qui poursuit avec d'autres la mobilisation sur le terrain des grandes surfaces. Comme en Roumanie (voir ci-dessous), les blocages routiers ont largement pris fin en France après deux semaines de barrages du nord au sud du pays, après que Gabriel Attal a annoncé de nombreuses mesures sur les pesticides, les importations, les successions ou encore les aides à l'élevage. Mais la mobilisation se poursuit dans d'autres pays européens comme l'Espagne, l'Italie ou l'Allemagne. Dès samedi matin, les forces de l'ordre ont évacué dans le calme le péage de Saint-Quentin-Fallavier (Isère), sur l'A43, qui perturbait la circulation entre Lyon et Chambéry et était l'un des derniers de la région; ainsi que le point de blocage de la centrale d'achats Leclerc à Saint-Etienne-de-Montluc (Loire-Atlantique), ont indiqué à l'AFP le syndicat et les préfectures concernées, parallèlement à la levée volontaire des barrages appelée de ses voeux depuis jeudi par le syndicat majoritaire FNSEA. A 22h30 samedi, la circulation était normale sur l'ensemble du réseau Vinci Autoroutes après le déblocage de l'A10, dernière autoroute bloquée du côté de Poitiers. De plus petites actions se poursuivent: les grandes surfaces sont d'ailleurs des cibles persistantes des agriculteurs, qui les accusent de presser les prix ou de vendre des produits étrangers. Dans un hypermarché Auchan de Villeneuve-d'Ascq (Nord), quelques dizaines de personnes sont entrées, sans violence, retirant des rayons des produits importés de l'étranger, comme du miel, ou encore des haricots verts du Maroc. Ils ont aussi pris la parole «pour défendre une alimentation saine, abordable et locale».
Manifestations: la Conf' s'indigne après l'évacuation par les forces de l'ordre de ses blocages
Après la levée volontaire de la plupart des barrages routiers d'agriculteurs en France, les forces de l'ordre ont évacué le 4 favrier les deux derniers blocages de la Confédération paysanne. Le blocage du péage de Saint-Quentin-Fallavier (Isère), sur l'A43, ainsi que celui de la centrale d'achats Leclerc à Saint-Etienne-de-Montluc (Loire-Atlantique) ont été évacués, dans le calme, ont indiqué à l'AFP le syndicat et les préfectures concernées. «On est en train de se faire évacuer par les forces de l'ordre, qui sont venues avec de gros moyens. On se fait déloger alors qu'on était tout à fait pacifiques», a déploré Jean-François Guitton, secrétaire général de la Confédération paysanne de Loire-Atlantique, en précisant «qu'il ne reste pas une trace» du passage des quelque 80 manifestants. Le site a été évacué «en raison des troubles à l'ordre public et des risques de pénuries et de pertes de produits frais», selon la préfecture de Loire-Atlantique. «Un individu s'est néanmoins rebellé et a été interpellé pour outrage et rébellion.» La Confédération paysanne s'est indignée dans un communiqué du «choix du gouvernement de traiter différemment les mobilisations et les organisations syndicales». Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin avait donné tout au long du mouvement des consignes aux policiers et gendarmes pour laisser faire les barrages et actions d'agriculteurs, à moins qu'ils essaient de se rapprocher de Rungis ou de Paris.
Manifestations: pour le Modef, le compte n'y est pas après les annonce d'Attal
À l’occasion d’une conférence de presse le 2 février, le Modef a exprimé sa très profonde déception après les annonces faites la veille par le Premier ministre: «Je pensais, peut-être naïvement, que le message envoyé par les agriculteurs avait été entendu. Mais la satisfaction n’y est pas. Notre revendication demeure: un revenu décent et des prix agricoles soutenables», a expliqué son président Pierre Thomas. Le syndicat ne considère pas que la loi Egalim soit la réponse aux problèmes de rémunération des agriculteurs: il préconise toujours la mise en place de prix agricoles fixés et garantis par l’État «afin de se libérer de la pression du marché», ainsi que l’instauration du coefficient multiplicateur. «La rémunération de l’agriculteur ne doit pas être assurée par l’État, la valeur ajoutée doit être cherchée à l’amont (fournisseurs, équipementiers) et à l’aval (IAA, distribution)», a martelé Olivier Morin, secrétaire national. Le Modef entend continuer la mobilisation: «Les nombreux échanges ces jours-ci avec les consommateurs nous confortent dans l’idée que nous voulons tous un autre modèle agricole respectueux des hommes et de l’environnement . Des retours de bâton sont à attendre dans les prochaines semaines», a prophétisé Pierre Thomas, sans plus de précisions.
Roumanie: agriculteurs et routiers cessent leur action après un accord
Des agriculteurs et transporteurs routiers roumains, qui avaient été parmi les premiers en Europe à crier leur «ras-le-bol» en bloquant des axes routiers, ont commencé à lever le camp le 3 février, suite à l'annonce d'un accord avec leur gouvernement. Les manifestants sont «satisfaits» d'avoir obtenu une place à la table des négociations, a déclaré à l'AFP l'un de leurs représentants, Danut Andrus. Il s'agissait d'une «condition» pour mettre fin au mouvement, a-t-il expliqué au nord-est de la capitale Bucarest, que les agriculteurs et les routiers quittaient progressivement pour regagner leurs régions. Depuis plus de trois semaines, ils étaient mobilisés pour des actions coup-de-poing et des opérations escargot en périphérie des grandes agglomérations roumaines. Prochainement, le gouvernement, les agriculteurs et les chauffeurs routiers vont se réunir pour trouver les meilleures solutions aux problèmes rencontrés, selon un communiqué du gouvernement. «Nous allons participer aux décisions qui seront prises au niveau national», au sein d'une commission interministérielle nouvellement créée lundi prochain à la suite d'un dernier cycle de négociations, a détaillé Danut Andrus, pour qui c'est «un succès retentissant». Le gouvernement roumain avait déjà adopté plusieurs des 76 requêtes avancées pour satisfaire les professionnels de ces secteurs, notamment des subventions pour le diesel, des aides d'État et la possibilité dans certains cas de reporter le remboursement d'emprunts.
Espagne: reçus au ministère, les agriculteurs maintiennent leurs actions
Les trois principaux syndicats agricoles espagnols ont annoncé le 2 février qu'ils poursuivaient leur mobilisation à l'issue d'une réunion avec le ministre de l'Agriculture, qui s'est engagé à «travailler» pour répondre à la crise du secteur, rapporte l'AFP. Le mouvement des agriculteurs espagnols prendra fin «dès que nous aurons des mesures concrètes» sur la politique agricole, «au service» des agriculteurs, a souligné lors d'un point presse la vice-présidente de l'Union des petits agriculteurs (UPA), Montserrat Cortiñas. Un message relayé par les deux autres syndicats majoritaires, la Coag et l'Asaja. Cette réunion avait été convoquée en urgence par le ministre Luis Planas, désireux de faire retomber la pression dans le secteur espagnol, qui a annoncé le 30 janvier rejoindre le mouvement de colère européen avec une série de manifestations «dans les prochaines semaines». À la sortie de la réunion, M. Planas s'est engagé à défendre une plus grande «simplification» administrative face à l’«accumulation des normes» fixées par la Pac. Le ministre a aussi qualifié d’«intolérables» les violences exercées en France envers des chauffeurs routiers transportant des produits espagnols.
Italie: les agriculteurs en colère annoncent leur arrivée prochaine à Rome
Les manifestations des agriculteurs italiens se sont poursuivies le 3 février, avec quelque 150 tracteurs présent à Orte, à une heure de Rome, les manifestants annonçant leur arrivée prochaine dans la capitale, a constaté un vidéaste de l'AFP. Défilant en convoi près d'un important axe autoroutier, les agriculteurs en colère exigeaient l'amélioration de leurs conditions de travail et de leurs revenus. «Nous irons à Rome, tous ensemble, toute l'Italie» des agriculteurs, a affirmé l'un des manifestants, Felice Antonio Monfeli, sans préciser la date. «L'agriculture italienne s'est réveillée, c'est un fait historique et les personnes présentes ici le démontrent. Pour la première fois de leur histoire, les agriculteurs sont unis sous le même drapeau, celui de l'Italie», a-t-il ajouté. Des manifestations improvisées se sont déroulées ces dernières semaines de la Sicile jusqu'au nord du pays. Des convois de tracteurs bloquant les routes sont désormais régulièrement signalés, même si l'ampleur du mouvement n'a pas atteint le niveau des manifestations d'agriculteurs en France, en Allemagne ou en Belgique. Leurs revendications vont des plaintes envers les réglementations de l'Union européenne à l'impact de l'inflation et du coût du carburant. Les agriculteurs exigent une audience avec le gouvernement de la cheffe du gouvernement, Giorgia Meloni.
Grèce: les agriculteurs intensifient leur mobilisation
Des agriculteurs grecs en colère se sont rassemblés le 1er février avec leurs tracteurs dans le centre de Thessalonique (nord), emboitant le pas à leurs collègues européens pour réclamer l'augmentation des aides. Environ 300 tracteurs et des dizaines de camions d'apiculteurs se sont immobilisés devant le centre municipal de Thessalonique, la deuxième ville de Grèce, où s’est tenue à partir du 1er février la principale foire agricole de Grèce, selon l'AFP. «Les deux principaux problèmes auxquels nous sommes confrontés sont l'augmentation des coûts de production et le nouveau pacte agricole européen», a expliqué à l'AFP Diamantis Diamantopoulos, président d'une association agricole de Serres, ville proche de Thessalonique. Il a également déploré le fait que, selon lui, «le budget européen pour la Grèce a été réduit de 550 M€ depuis 2013 et cela se poursuit». Ces derniers jours, des agriculteurs en Thessalie, région proche de Thessalonique, dans le centre de la Grèce, ont également protesté pour le retard pris dans le versement des indemnisations après les inondations et les feux de forêt dévastateurs l'année dernière qui ont détruit champs et récoltes. Des aides que le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis a promis d'accélérer.
Prix du lait: Lactalis propose une augmentation de 3,7% à l'Unell, qui l'aurait refusée
Le géant mondial du lait Lactalis a proposé une augmentation de 15 euros par 1.000 litres de lait à ses producteurs pour les deux premiers mois de 2024, mais ces derniers l'ont refusée, selon le groupe industriel laitier et selon Les Echos. «Dans un esprit constructif, Lactalis France révise son prix de janvier en le portant de 405 EUR/1.000 L à 420 EUR/1.000 L en 38/32 et l'augmente de 15 EUR également en février à 420 EUR. Cet effort correspond à 15 EUR de plus que la formule contractuelle Unell-Lactalis», a indiqué Lactalis dans un communiqué le 3 février. Le lait 38/32 est le standard du secteur et signifie 38 grammes de matière grasse et 32 grammes de matière protéique par litre. Toutes primes confondues, cela porte la rémunération totale aux producteurs «à 460 EUR/1.000 L sur les deux premiers mois de l'année», fait valoir l'industriel. Mais selon Lactalis, l'Unell, qui représente plus de 4.000 exploitations laitières livrant plus de 2 milliards de litres de lait à Lactalis, a rejeté cette proposition. Contacté dimanche par l'AFP, l'Unell n'était pas joignable dans l'immédiat pour commenter ces informations. Selon les Echos, l'organisation de producteurs réclame une augmentation de 5%, contre les 3,7% proposés par Lactalis en guise de compromis. «Lactalis France poursuivra le dialogue avec l'Unell sous l'égide de la médiation», a confirmé dimanche Lactalis à l'AFP.
Fruits et légumes: les maraîchers saluent la pérennisation du TO-DE, la CFDT inquiète
Les producteurs de légumes de la FNSEA se félicitent de la pérennisation du dispositif d’exonération de cotisations patronales TO-DE, annoncée par Gabriel Attal le 1er février, mais avec un bémol: «Le TO-DE est pérennisé mais uniquement pour les salariés saisonniers, indique Légumes de France, dans son bulletin de liaison. Rappelons que dans les exploitations maraîchères, plus d’un salarié sur deux en moyenne est permanent. Nous continuerons à porter la demande d’une extension à l’ensemble des contrats agricoles (saisonniers mais également permanents et groupements d’employeurs). Cette demande est vitale pour l’équilibre économique de nos entreprises.» Le TO-DE n’est cependant pas du goût de tout le monde. «Ce dispositif coûteux n’est pas destiné à toutes les exploitations et enferme l’emploi salarié agricole dans la précarité, insiste la CFDT Agri Agro dans un communiqué. Pour le million de salariés agricoles – qui assurent près de la moitié du travail en agriculture –, cette exonération totale de cotisations patronales pour les contrats courts constitue une trappe à bas salaires.» Dans une étude publiée en juin 2023, le syndicat avait souligné que le secteur agricole recevait chaque année près de 2 Md€ d’exonérations de cotisations sociales patronales (soit 10% du total des soutiens publics de l'État).
Fruits et légumes: le comité Interfel Provence-Alpes-Côte d’Azur officiellement lancé
Le 31 janvier, c’est à Marseille qu’a été officiellement lancé le comité régional d’Interfel (interprofession des fruit et légumes frais) pour la région Paca, comme annoncé à l'été 2023. Sabine Alary (productrice d’abricots et vice-présidente de l'Aneefel) en prend la présidence, avec comme vice-président Tristan Arlaud (producteur bio victime en 2020 d'une intoxication au glyphosate). Les principales missions du comité seront, entre autres, de représenter les intérêts de la filière et de relayer les actions nationales inscrites dans la stratégie d’Interfel; défendre et promouvoir les actions interprofessionnelles (amont, aval); mais aussi promouvoir la consommation et la promotion générique des démarches collectives de qualité. La région Paca représente 20% de la production française de fruits (479 000 t) et 8% de celle de légumes (493 000 t), avec une forte progression du bio (multiplication par trois des surfaces légumières et par 2,8 de celle en fruits sur dix ans). Il existe à l’heure actuelle cinq autres comités interprofessionnels régionaux (Auvergne-Rhône-Alpes, Île-de-France, Centre-Val de Loire, Hauts-de-France, Nouvelle-Aquitaine).
Bio: Stéphane Travert propose un «fonds privé» et un bilan sur les plans de filière
À l’occasion d’une journée transpartisane sur la bio à l’Assemblée nationale, le 25 janvier, l’ex-ministre de l’Agriculture et député Stéphane Travert (Renaissance, Manche) a évoqué deux idées pour aider la bio à sortir de la crise. Tout d’abord, il a proposé de créer «un fonds privé» qui pourrait financer «de la communication» ou «des actions particulières» dans les établissements scolaires et universitaires afin de soutenir la bio. «Je veux bien travailler là-dessus», a-t-il déclaré, en ajoutant qu’il s’agit d'un «mécanisme à inventer, qui soit aussi euro-compatible». De plus, il a proposé de «refaire une session EGA» après le prochain Salon de l’agriculture pour faire le point sur les avancements des filières sur leurs objectifs en matière de production biologique. «L’idée, c’est peut-être de remettre un tour de vis sur chacune des filières qui avait signé un plan de filière (en 2017, NDLR) – il y en a 35 – sur lesquels on peut repartir et refixer des objectifs», a-t-il déclaré. Il a aussi évoqué certains PAT (projets alimentaires territoriaux) comme étant «des coquilles vides», suggérant de voir «comment on peut mettre de la contrainte» pour que les objectifs initialement fixés soient atteints.
En Guyane, le manioc décimé par une maladie inconnue
Plante la plus cultivée en Guyane et base alimentaire de milliers d'habitants, le manioc est touché depuis deux ans par une maladie inconnue. Elle a été découverte dans la région du Haut-Maroni (sud), en 2022. Depuis, le pathogène s'est étendu à toute la Guyane et dans l'Etat brésilien voisin de l'Amapa avant que ne soit lancée, en juin 2023, une alerte phytosanitaire par la Fédération régionale de défense contre les organismes nuisibles (Fredon), en charge de la surveillance biologique du territoire. Dans certaines zones du Haut-Maroni, la perte de production est «de l'ordre de 60 à 90%», estime Nathan Astar, de la chambre d'agriculture de Maripasoula. Conséquence: le prix du couac, farine de manioc très consommée, a été multiplié par deux en quelques mois. "C'est pourtant le féculent de base en Guyane, l'équivalent du pain. Il coûte aujourd'hui plus cher que le poulet", se désole Antoine Chourrot, agronome de la Fredon. Jusqu'ici, les pistes explorées par la Fredon - chancre du manioc, piste entomologique - pour comprendre l'origine de la maladie n'ont rien donné. «Il reste la piste des virus, des phytoplasmes, des champignons et de toutes les bactéries que l'on n'a pas cherchés. Cela peut prendre des années», résume l'ingénieur agronome. En attendant, «trouver des boutures saines est de plus en plus difficile», regrette Jacob Jutte, animateur de l'association Panakuh, le principal groupement d'agriculteurs de l'est guyanais.
Distribution: Guillaume Darrasse quitte Teract pour la présidence d’Auchan France
L’actuel directeur général délégué de Teract Guillaume Darrasse prendra la présidence d’Auchan Retail France a annoncé le distributeur nordiste le 2 février. Cette fonction était jusqu’ici dévolue au p.-d.g. d’Auchan, Yves Claude, qui conserve ses attributions internationales. Guillaume Darrasse est également nommé directeur général délégué d'Auchan Retail. Cette réorganisation intervient notamment en vue de l’intégration de près de 100 magasins Casino et de la mise en place d’une structure d’achat commune avec Intermarché. Le 1er février, Teract (Jardiland, Gamm Vert, boulangeries Louise) avait annoncé le départ de son directeur général délégué. Le nom du successeur de Guillaume Darrasse au sein de la filiale de l’union de coopératives agricoles InVivo et de 2MX Organic (véhicule d’investissement porté par les hommes d’affaires Xavier Niel, Matthieu Pigasse et Moez-Alexandre Zouari) sera annoncé le 15 février. La direction générale de Teract reste assurée par Moez-Alexandre Zouari. L’ancien p.-d.g. de Système U Serge Papin avait été pressenti pour le poste de président d’Auchan France. Il aurait démissionné de son poste d’administrateur chez Auchan, selon le magazine LSA (article payant). L’actuel directeur général d’Auchan France Philippe Brochard quitte également l’entreprise.
Addendum à l'agenda de la semaine agricole du 5 février 2024
Mardi 6 février
Journée Bercy France export, à Paris
Mercredi 7 février
La Commission des affaires européennes de l'Assemblée présente un avis sur le changement de statut du loup