Royaume-Uni : le gouvernement annonce une mise à jour de sa politique agricole
Le secrétaire britannique à l'Environnement, à l'Alimentation et aux Affaires rurales, Stephen Barclay, a annoncé une mise à jour du plan de transition agricole du Royaume-Uni le 4 janvier, à l’occasion de la réunion annuelle de l'Oxford Farming Conference. Décrite comme «la plus grande amélioration des régimes agricoles britanniques depuis la sortie de l’UE», cette actualisation comprend des augmentations de financement notamment sous la forme d’une hausse de 10% de la valeur moyenne des accords dans le cadre des programmes Sustainable Farming Incentive et Countryside Stewardship. Elle contient également une rationalisation des processus de demande grâce à une procédure unique simplifiée. Par ailleurs, le gouvernement britannique souhaite renforcer les incitations environnementales via l’ajout de nouvelles actions pour lesquelles les agriculteurs peuvent être rémunérés ou en fournissant des primes pour les actions ayant le plus grand impact sur l'environnement. Du côté des professionnels, l’association des agriculteurs britanniques (NFU) s’est félicitée d’une large partie des annonces faites mais s’interroge sur la faisabilité de ces nouvelles options. En outre, la NFU s’inquiète de la baisse progressive des paiements directs jusqu'en 2027.
Allemagne: Berlin adoucit son projet de coupes dans les subventions au carburant
Le gouvernement allemand a fait le 4 janvier un pas vers les agriculteurs très remontés contre sa politique budgétaire en renonçant partiellement à ses projets de coupes des subventions au carburant pour ce secteur. «Contrairement à ce qui était prévu, l'avantage en matière de taxe sur les véhicules pour la sylviculture et l'agriculture est maintenu», selon un communiqué du gouvernement. En outre, la suppression de l'avantage fiscal pour le gazole agricole se fera progressivement et non d'un coup «afin de donner aux entreprises concernées davantage de temps pour s'adapter». «En 2024, le taux d'exonération sera réduit de 40%. En 2025 et 2026, une nouvelle réduction de 30% aura lieu, de sorte que les quantités consommées en 2026 ne seront plus subventionnées», précise le gouvernement dans son communiqué. Ces décisions sont le fruit d'un accord conclu le même jour entre le chancelier social-démocrate Olaf Scholz, le vice-chancelier écologiste Robert Habeck et le ministre des Finances, le libéral Christian Lindner. Malgré ce rétropédalage, les agriculteurs ne décolèrent pas. Après une grande manifestation à Berlin une semaine avant Noël, à la suite de l'annonce des projets de coupes de subventions, la Fédération des agriculteurs allemands (DBV) a promis de se mobiliser la semaine prochaine et de revenir en force le 15 janvier dans la capitale allemande.
Photovoltaïque : un décret précise la dérogation dans le calcul de l’artificialisation
Un décret, paru le 31 décembre au Journal officiel, précise les conditions fixées aux installations photovoltaïques pour ne pas les comptabiliser dans le calcul de la consommation d'espaces naturels, agricoles et forestiers. Cette dérogation est liée à la réversibilité de l'installation ; au maintien du couvert végétal correspondant à la nature du sol et des habitats naturels préexistants, ainsi qu’à la perméabilité du sol au niveau des voies d'accès ; sur les espaces à vocation agricole, au maintien d'une activité agricole ou pastorale «significative». Un arrêté, publié le même jour, précise les caractéristiques techniques des installations exemptées. Le texte prévoit notamment une hauteur des panneaux photovoltaïques de 1,10 mètre minimum au point bas ; un espacement entre deux rangées au moins égal à 2 mètres. Ces caractéristiques techniques doivent être renseignées par les porteurs de projet dans une plateforme numérique mise en place par le ministère chargé de l’énergie. Par ailleurs, le ministère de la Transition écologique a mis en consultation, du 26 décembre au 16 janvier, le décret relatif au développement de l’agrivoltaïsme.
Influenza aviaire : premier cas sur des canards vaccinés en Vendée
Un foyer d'influenza aviaire hautement pathogène a été détecté dans un élevage de canards en Vendée, le premier cette saison dans le département, et le premier sur des animaux vaccinés, a fait savoir le 4 janvier la préfecture dans un communiqué. Le foyer a été confirmé le 2 janvier dans un élevage de Notre-Dame-de-Riez, dans le nord-ouest du département. Pour prévenir le risque de diffusion du virus à d'autres élevages, le préfet de Vendée a ordonné le dépeuplement des animaux de l'élevage, et pris un arrêté définissant des zones réglementées de protection et de surveillance, respectivement mises en place dans un rayon de 3 et 10 km autour de l'établissement contaminé. Les canards de l'élevage concernés «avaient tous été vaccinés contre l'influenza aviaire hautement pathogène (IAHP) en novembre dernier, conformément à la réglementation», précise la préfecture dans son communiqué, qui note que «la vaccination ne supprime pas totalement le risque d'infection des volailles en cas d'introduction du virus dans l'élevage». La vaccination est obligatoire depuis le 1er octobre dans les élevages de plus de 250 canards, hors reproducteurs. Depuis la fin novembre, plusieurs foyers d'influenza aviaire ont été détectés dans des élevages de volailles du Nord, du Morbihan et de la Somme. Un foyer a été détecté dans le département du Nord au mois de décembre.
Bovins/MHE: le nombre de foyers se stabilise pour la première fois
Selon le dernier recensement du ministère de l'Agriculture, en date 29 décembre, 3 688 foyers de maladie hémorragique épizootique (MHE) ont été recensés en France, soit 16 de moins qu'au 14 décembre, d'après nos confrères de Réussir bovins lait. Apparue en France dans le sud-ouest en septembre, où elle a été cantonnée durant les premières semaines, la maladie s'est étendue au nord-ouest, après des cas en Vendée au mois de novembre. Les foyers se situent toujours les mêmes départements depuis le dernier recensement, dans la moitié ouest du pays. Toutefois, précise Réussir bovins lait, depuis l’apparition d’un foyer de MHE dans le Morbihan, confirmé le 6 décembre 2023, la Draaf Bretagne a indiqué que «l’ensemble de la Bretagne est en zone réglementée». Le dispositif de soutien public n'est pas encore connu. En visite dans un élevage touché par la MHE le 2 novembre, le ministre de l’Agriculture avait confirmé que l’État indemnisera les producteurs. En cas de suspicion dans un élevage, les analyses PCR et le coût du prélèvement (frais vétérinaires) pour la confirmation «seront intégralement pris en charge par l’État», avait annoncé le ministère, sans apporter de précision sur la prise en charge des PCR pour mouvements des animaux, ou des impacts économiques indirects et à plus long terme (avortements, pertes de production). «Trop de questions demeurent sans réponse», avaient estimé les associations spécialisées bovines de la FNSEA (FNB, FNPL).
Prix du lait: sans accord avec l’Unell, Lactalis reconduit le prix de décembre
Le groupe Lactalis annonce, dans un communiqué du 3 décembre, qu’en l’absence d’accord avec l’association d’organisations de producteurs Unell, il reconduit le prix du lait de décembre en janvier, soit 405€/1000l en prix de base. «Le décalage entre le prix souhaité par les producteurs et le résultat de notre formule de prix contractuelle qui tient compte de l’évolution des coûts de production, ne nous a pas permis d’arriver à un résultat satisfaisant pour chacune des parties», indique le communiqué publié à l’issue d’une réunion de négociation avec l’Unell. «Ceci dans un contexte de baisse des ventes […] et de demandes de déflation de la grande distribution», ajoute l’industriel. Il assure vouloir poursuivre les discussions dans un «esprit constructif» et que «le prix du lait payé aux éleveurs se maintiendra à un bon niveau» en 2024. En décembre, les FDSEA de plusieurs départements ont organisé des mobilisations pour dénoncer la position de Lactalis. Dans un communiqué envoyé à la mi-décembre, l’Unell expliquait qu’elle défend une hausse de 5% du prix de revient, quand l’industriel propose 1%. Ce désaccord intervient dans un contexte général de baisse du prix du lait et alors que les laiteries ont jusqu’au 15 janvier, pour les plus petites, et au 31 janvier pour les plus grandes, pour négocier leurs tarifs avec la grande distribution.
Négociations commerciales: bras de fer entre Carrefour et PepsiCo dans la dernière ligne droite
Alors que les négociations commerciales entre les industriels et les distributeurs doivent s’achever d’ici fin janvier, les enseignes accentuent la pression sur leurs fournisseurs. Carrefour a annoncé la suspension des ventes des produits PepsiCo (Lay’s, Quaker, Bénénuts) à partir du 4 janvier. Des affiches seront installées dans les rayons pour expliquer aux clients que cette décision est liée à une «hausse de prix inacceptable», a révélé le journaliste spécialisé Olivier Dauvers. Interviewé sur France Info le 4 janvier, Michel-Edouard Leclerc se déclare déterminé à aller «chercher des baisses». Il explique que les industriels demandent «des hausses de 6 à 10% en moyenne». Le porte-parole de Leclerc estime qu'un objectif de 2 à 2,5% d’augmentation globale à l’issue des négociations est «raisonnable». Le président-directeur général de Système U Dominique Schelcher déplorait, la veille sur l’antenne de France Inter, «beaucoup d'attentisme» de la part de certains industriels. Aucun rendez-vous n’aurait encore eu lieu avec Danone, par exemple. En revanche, le distributeur explique avoir trouvé un accord avec Yoplait, Entremont et Laïta sur des «hausses de prix raisonnables avec un prix du lait qui soit rémunérateur pour les producteurs». Sur un an, les prix alimentaires ont augmenté de 7,1% en décembre, selon les estimations provisoires de l’Insee.
Ministère de l'Agriculture: une indemnité de «gestion de crise» pour les fonctionnaires
Par un décret paru au Journal officiel le 4 janvier, le ministre de l'Agriculture a créé une «indemnité de gestion de crise» pour ses fonctionnaires et contractuels. Elle concernera les agents «particulièrement mobilisés dans le cadre d'une organisation nationale, régionale, zonale ou départementale de gestion de crises sanitaires, agricoles ou forestières», qu'il s'agisse d'agents des services centraux et déconcentrés du ministère de l'Agriculture, des établissements publics relevant de sa tutelle, ou de directions départementales interministérielles». Par «crise», le ministre entend «un événement exceptionnel susceptible de constituer une menace pour la santé publique vétérinaire ou phytosanitaire, ou perturbant le bon fonctionnement ou la continuité des services publics relevant du ministère». Sont particulièrement visés «les personnels exposés à des sujétions exceptionnelles pour assurer le bon fonctionnement ou la continuité des services impliqués directement ou indirectement dans une gestion de crise, consistant en un surcroît significatif de travail durant une période prolongée ou en une modification significative de leurs conditions de travail». Un arrêté publié le même jour instaure des seuils de référence pour la fixation de ces indemnités: 800, 1000 ou 1200 euros. Ces dernières années, les services du ministère ont eu à gérer des crises particulièrement nombreuses (démarrage de la Pac 2014-2021, Covid-19, guerre en Ukraine, influenza aviaire...)
Cidre: nouveau directeur général pour la branche boissons d'Agrial
Dans un communiqué paru le 2 janvier, le groupe coopératif Agrial annonce que Benjamin Dupuy, 43 ans, est nommé directeur général de la branche boissons. Diplômé de l'Esa d'Angers, il avait rejoint Agrial en 2016, où il occupait la direction générale de la business unit France depuis novembre 2022. Il remplace Marc Roubaud, qui fait valoir ses droits à la retraite.
Retrouvez l'agenda de la semaine agricole du 8 janvier 2024
Mercredi 10 janvier
Conférence de presse suivie de la cérémonie des vœux de Chambres d'agriculture France
Visioconférence du collectif Nourrir sur le PLOA