OMC: plongée dans l'inconnu après l'échec des négociations sur la pêche et l'agriculture
La réunion ministérielle de l'Organisation mondiale du commerce s'est soldée le 1er mars par un constat d'échec sur les dossiers majeurs de la pêche et de l'agriculture et un sauvetage en demi-teinte du moratoire électronique, plongeant l'organisation dans l'inconnu. «Malgré tous nos efforts, nous ne sommes pas parvenus à nous mettre d'accord sur certains textes qui revêtent une grande importance pour bon nombre de nos membres», a reconnu le ministre d'Etat émirati au Commerce extérieur, Thani al-Zeyoudi, qui a présidé cette semaine à Abou Dhabi la 13e Conférence ministérielle (CM13) de l'OMC. L'OMC est déjà déstabilisée depuis fin 2019 par la paralysie du mécanisme qui permet de régler les différends entre ses membres, bloqué par les Etats-Unis. Les pays ont réaffirmé à Abou Dhabi leur objectif de parvenir à rétablir le système cette année. Après cinq jours de discussions, les négociations sur l'agriculture et sur les subventions à la pêche favorisant la surpêche et la surcapacité ont fait chou blanc. Les négociations agricoles ont buté sur les revendications agricoles de l'Inde, acteur incontournable des négociations à chaque ministérielle. Sur la pêche les pays ne sont notamment pas parvenus à se mettre d'accord sur la période de transition accordée aux pays en développement, les pays estimant que l'Inde demandait un trop grand nombre d'années. L'Inde a en revanche accepté in extremis de ne pas apposer son veto à l'extension du moratoire douanier sur les transmissions électroniques, mais pour deux ans au maximum.
Fromages/Fruits et légumes: vers un accord politique de l’UE sur la législation Emballages
Les colégislateurs de l’UE se réuniront le 4 mars pour une réunion de négociation interinstitutionnelle autour du projet de règlement sur les emballages et les déchets d’emballages. Celle-ci pourrait être la dernière puisque l’objectif pour les institutions européennes est de parvenir à un accord politique sur le sujet. Contrairement au précédent trilogue du 5 février, le Parlement européen et le Conseil de l’UE devraient bien, cette fois-ci, aborder les sujets les plus sensibles du texte. Au niveau agroalimentaire, cela concerne principalement les dispositions relatives aux restrictions pour certains formats d’emballages dans le domaine des fruits et légumes et des fromages, ainsi que les objectifs de réutilisation et de recharge pour le secteur des boissons alcoolisées. Si ce dossier figure parmi les priorités du mandat de la présidence belge du Conseil de l’UE pour le premier semestre de l’année 2024, l’horloge tourne pour les colégislateurs avec les élections européennes de début juin et la dernière session plénière à Strasbourg prévue à la fin avril.
Elections européennes: les premières propositions Bellamy et Imart (LR)
Dans une tribune publiée le 3 mars dans le Journal du dimanche (JDD), François-Xavier Bellamy et l'agricultrice Céline Imart, respectivement tête de liste et n°2 sur la liste LR pour les élections européennes ont présenté quatre premières propositions destinées au secteur agricole. La première est d'ajouter «au principe de non-régression du droit de l’environnement, un principe de non-régression économique», précisant qu'il s'agirait de me plus voter «aucune règle» qui «implique une baisse de la production en Europe». Seconde proposition : un «grand plan de suppression des surtranspositions françaises pour nous aligner sur les standards européens», sans précision sur l'échelon politique utilisé. Troisième idée: imposer une étude d'impact et une évaluation des «politiques déjà appliquées» avant toute nouvelle «mesure» - le type de texte concerné n'est pas précisé. Enfin, les candidats de proposent, à l'instar de ce que plusieurs de leurs homologues LR à l'Assemblée proposent depuis plusieurs années, «la suppression définitive de toute subvention pour chaque mouvement qui pénètre illégalement une exploitation ou entrave le travail des agriculteurs.»
Guerre en Ukraine: Bruxelles autorise une nouvelle aide d’État roumaine
La Commission européenne a approuvé le 1er mars une aide d’État roumaine d’environ 164 M€ destinée à soutenir le secteur de la production primaire agricole dans le contexte de la guerre en Ukraine. Bruxelles précise qu’elle consistera en des montants limités d’aide (maximum 280 000 € par bénéficiaire) sous forme de prêts et de bonifications d'intérêts qui devront être accordés au plus tard le 30 juin. L’exécutif européen indique que la mesure sera ouverte aux producteurs agricoles qui risquent de perdre leur liquidité financière en raison des difficultés du marché agricole provoquées par la guerre de la Russie contre l’Ukraine. Cette décision de Bruxelles intervient alors que plusieurs aides d’État roumaines destinées à certaines productions végétales – en particulier céréales d’hiver et colza – ainsi qu’aux secteurs du porc, de la volaille, des tomates et des aulx, ont déjà été validées par la Commission européenne dans le courant du mois de février.
Saisonniers étrangers: le secteur agricole inclus dans les métiers en tension (JO)
L'arrêté incluant le secteur de production agricole dans la liste des métiers en tension pour recourir plus facilement à la main-d'oeuvre extra-européenne, a été publié le 2 mars au Journal officiel. Confronté à la colère des agriculteurs, le gouvernement avait annoncé un train de mesures et engagé avant l'ouverture du Salon de l'agriculture une consultation afin d'inclure dans cette liste les métiers agricoles peinant à recruter. Le ministère de l'Agriculture s'était engagé à publier cet arrêté «d'ici le 2 mars». Agriculteurs et éleveurs salariés, maraîchers et horticulteurs salariés ainsi que les viticulteurs et arboriculteurs salariés sont désormais considérés comme des métiers en tension sur tout le territoire. «Les entreprises du secteur agricole pourront ainsi recruter, en tant que de besoins, de la main-d'oeuvre hors Union européenne par la dispense de l'opposabilité de la situation de l'emploi», a expliqué sur X le ministre de l'Agriculture Marc Fesneau. A la veille de la fermeture du Salon de l'agriculture, les agriculteurs maintiennent la pression sur le gouvernement. Plus de 400 millions d'euros de mesures d'urgence ont été annoncés par le gouvernement, qui a promis un choc de simplification, le renforcement des lois Egalim pour protéger le revenu des agriculteurs et qui a placé l'agriculture au rang d'un «intérêt général majeur». Les syndicats agricoles ont rendez-vous avec Emmanuel Macron à la mi-mars, avant la présentation d'une loi d'orientation agricole au printemps.
LOA/eau : le projet de texte donne la maitrise d'ouvrage aux départements sur le stockage
Le ministère de l’Agriculture vient de transmettre au Conseil d’État son projet de loi d’orientation agricole, dont Agra presse s'est procuré une copie (à télécharger ici). Comme annoncé par le Premier ministre, le texte intègre des mesures de simplification. Il s’intitule désormais «Projet de loi d'orientation pour la souveraineté agricole et le renouvellement des générations en agriculture». Le principe de «souveraineté alimentaire» y est défini en préambule du code rural, en affirmant sa «contribution aux intérêts fondamentaux de la Nation». Côté simplification, plusieurs mesures sont inscrites dans la LOA : la présomption d'urgence sur les projets d’ouvrage hydraulique agricole et d’installations d’élevage relevant d'ICPE ; l'unification des corpus législatifs applicables aux haies. Également l’allègement des sanctions en cas de dommage à l’environnement, qui sera fixé par ordonnance. Le texte prévoit que les départements aient la maîtrise d’ouvrage en matière de production, transport et stockage d’eau, conformément au souhait de leur association d’élus. S’agissant d’installation et transmission, orientation et formation, les principales mesures du texte initial sont maintenues, y compris la création des groupements fonciers agricoles d’investissement (GFAI). S’ajoute un «droit à l'essai» porté par l’association Gaec & sociétés.
Haies: l’appel à projets Plantation et gestion durable doté de 94 M€
Le ministère de l’Agriculture va lancer un appel à projets (AAP) pour la plantation et la gestion durable des haies «à hauteur de 94 millions d’euros» (M€), a indiqué Baptiste Sanson, responsable stratégie de l’association Afac-Agroforesteries, à Agra Presse le 1er mars. Cet AAP s’inscrit dans le cadre du Pacte de la haie présenté le 29 septembre, et doté en tout de 110 M€ pour 2024. Dans un communiqué paru le 2 mars, le ministère de l’Agriculture a confirmé le montant de 94 M€. Un événement de «lancement des actions et de l’appel à projets du Pacte» était prévu samedi 2 mars au Salon de l’agriculture. L’enveloppe couvre un volet «investissement» pour soutenir la plantation et un volet «animation» pour accompagner la gestion durable des haies. Elle est gérée dans les territoires par les Draaf (lire ci-dessous). D’après nos informations, l’État a réparti l’enveloppe globale entre les régions qui ont chacune un objectif de linéaire de haies et arbres intraparcellaires à planter, annuellement et à horizon 2030. À titre d’exemple, la région Grand Est dispose d’un budget total de 10,3 M€ et doit financer la plantation de 782 km de linéaire en 2024, selon un document d’appel à projets régional qu'Agra Presse a pu consulter.
Haies: une instruction précise l’aide à la plantation et à la gestion durable (BO)
Une instruction technique publiée au BO le 23 février détaille les modalités de l’aide à la plantation et à la gestion durable des haies, que pourront percevoir les agriculteurs dans le cadre du Pacte de la haie (lire ci-dessus). Cette instruction précise les volets «investissement» de soutien à la plantation et «animation» à la gestion durable, qui feront l’objet de deux appels à projets (AAP) passés par les Draaf. Dans leurs AAP, les Draaf peuvent permettre les démarches individuelles, mais aussi les approches territoriales portées par «un consortium» d’acteurs du territoire. Le volet «investissement» pour la plantation de haies ou d’arbres intraparcellaires inclut, à titre expérimental, les travaux de régénération naturelle assistée (RNA). Ces travaux peuvent être financés «dans la limite de 10% du linéaire» (un plafond qui s'applique à l’ensemble des projets accompagnés par la structure d’ingénierie territoriale ou au projet d’un bénéficiaire non-accompagné). Concernant le volet «animation», il inclut l’accompagnement à la gestion durable du linéaire existant ou prochainement planté. De plus, les structures animatrices (p.ex. chambres d’agriculture, associations…) devront déposer une «stratégie d’animation globale, ambitieuse» en adéquation avec les objectifs régionaux.
Salon de l'agriculture: 603 652 visiteurs, en légère baisse, aucun coma éthylique
Le Salon de l'agriculture a accueilli 603.652 visiteurs pour sa 60e édition, marquée par la visite chahutée du chef de l'Etat en pleine crise agricole, ont annoncé le 3 mars les organisateurs de l'événement. La fréquentation est en légère baisse (-2%) par rapport à l'année dernière, où 615.204 visiteurs avaient été recensés. Le président du Salon international de l'agriculture (SIA), Jean-Luc Poulain, a évoqué auprès de l'AFP une «édition compliquée, surtout en début de salon», mais aussi une fête populaire toujours plébiscitée par le public, «venu nombreux» à la rencontre des agriculteurs. Il évalue à «environ 20%» la baisse de fréquentation les deux premiers jours, mais assure que les chiffres des entrées ont été les jours suivants meilleurs que l'an dernier, avec plus de 100.000 visiteurs le deuxième samedi. Si, en début de semaine, certains exposants se plaignaient d'un manque à gagner, ces doléances «sont éteintes aujourd'hui»: «Plus un n'en parle. Je pense qu'ils ont eux aussi fait du rattrapage dans la semaine», a rapporté M. Poulain, céréalier dans l'Oise, qui présidait l'événement pour la dernière fois. La fête a donné à moins d'excès que l'an dernier grâce notamment à de nouvelles restrictions. Résultat: "un seul stand a été fermé pour ne pas avoir respecté le règlement» et «aucun coma éthylique contre 82 l'an dernier», relève le directeur du salon Arnaud Lemoine.
Salon de l’agriculture: jets d'œufs et sifflets contre les ministres Béchu et Fesneau
Le ministre de la Transition écologique Christophe Béchu et son collègue de l'Agriculture Marc Fesneau ont été la cible de jets d'œufs et de sifflets le 1er mars après-midi au Salon de l'agriculture, les forçant à écourter un événement sur le stand de l’Ademe, a constaté un journaliste de l'AFP. Une vingtaine de personnes, dont certaines se disaient membres de la FDSEA de Seine-et-Marne, ont crié notamment «Fesneau démission» et brandi des pancartes «Revenez sur Terre». MM. Fesneau et Béchu ont été contraints de quitter le stand de l’Ademe, escortés par un important cordon de policiers en civil. Benoît, un agriculteur se disant membre de la FDSEA 77 et qui n'a pas souhaité donner son nom de famille, a revendiqué l'action au nom de la fédération départementale. «On s'aperçoit que depuis trois semaines, rien n'avance», a-t-il déclaré à l'AFP. «On veut des solutions, à l'heure actuelle il n'y en a pas sur certains problèmes, comme les betteraves par exemple où on a des produits homologués en Europe, dans certains pays d'Europe et qui ne le sont pas ici entre autres.» Cyrille Milard, président de la FDSEA 77, a dit ensuite à l'AFP ne pas avoir été informé de cette action. «Il n'y a pas eu de consigne», a-t-il assuré, tout en précisant ne «pas cautionner» le jet d’œufs.
Manifestations: action surprise de la CR à Paris, 66 interpellations, selon la préfecture
La Coordination rurale (CR) a organisé une action surprise le 1er mars au niveau des Champs-Élysées, qui a mené à 66 interpellations. Axel Masson, éleveur dans le Loir-et-Cher, a expliqué à l’AFP que les manifestants étaient une centaine rassemblés le vendredi matin, dès 4h, «dans le calme et dans le respect», devant l’Arc de triomphe. Vers 9h40, la manifestation au pied du monument a pris fin, selon une journaliste de l’AFP. Soixante-six interpellations ont eu lieu, selon la préfecture de police. Parmi elles, Patrick Legras, l’une des figures de la CR, confirme le syndicat. Dans un communiqué, la CR appelle à la «libération de leurs collègues», alors que «l'action se voulait pacifique». D’autres actions avaient eu lieu ailleurs à Paris: quatre tracteurs bloquaient la sortie du périphérique porte d’Ivry, d’autres se positionnaient au niveau de la sortie de l’A4 à Charenton, selon la police. Le syndicat avait annoncé sur X être mobilisé «pour sauver» l’agriculture française. Interrogée sur cette action, la ministre déléguée à l’Agriculture Agnès Pannier-Runacher a rappelé que «tout le monde doit respecter la loi et une manifestation qui n'est pas déclarée est donc une manifestation illégale». Mais «cela ne veut pas dire qu'il ne faut pas écouter la colère des agriculteurs», a-t-elle martelé sur Sud Radio. De son côté, la CR soutient que son action a été préalablement déclarée et validée».
Manifestations: la FNSEA s'attend à de nouvelles actions après le Salon de l'agriculture
Le syndicat majoritaire FNSEA regrette «un rendez-vous manqué» avec l'exécutif lors du Salon de l'agriculture, faute de «stratégie» claire, et prévient que les «actions sur le terrain» vont se poursuivre, ont indiqué ses dirigeants le 3 mars. «On continuera à avoir des actions sur le terrain» après le Salon de l'agriculture, qui s'achève dans quelques heures, car «sur le plan politique, les choses ne sont clairement pas terminées», a déclaré le président du syndicat, Arnaud Rousseau, sur BFM TV. Après les promesses du gouvernement, les exploitants attendent des «réalisations très concrètes» dans leur ferme, et même si la FNSEA n'appelle pas à une mobilisation nationale, «chaque département garde l'initiative de pouvoir faire un certain nombre d'actions», a-t-il expliqué. «Les braises sont brûlantes», «rien n'est fini», a souligné le responsable syndical, qui a déploré un début de Salon «plus que chaotique», un «début violent». «On considère qu'on a manqué un rendez-vous. On attendait du président de la République une stratégie et la définition d'un cap pour l'agriculture», a renchéri auprès de l'AFP Jérome Despey, premier vice-président du syndicat. S'il salue l'engagement d'Emmanuel Macron à reconnaître l'agriculture «comme un intérêt général majeur de la nation», il regrette un message politique brouillé par «des joutes verbales et des maladresses» et un manque de considération pour les «corps intermédiaires» que sont les syndicats.
FNSEA: Arnaud Rousseau cible de Complément d'enquête pour sa rémunération chez Avril
Dans un numéro de «Complément d’enquête» diffusé le 29 février, les journalistes de France 2 affirment qu’Arnaud Rousseau a perçu plus de 187 000 € en 2022 en tant que président du conseil d’administration d’Avril gestion. Interrogé lors de l’émission, celui qui est aussi président de la FNSEA depuis avril 2023 a démenti ce chiffre. «En tant que mandataire social, Arnaud Rousseau ne reçoit pas de salaire. Il reçoit une rémunération en numéraire et en nature, au titre de son mandat social», précise le groupe Avril dans une réponse écrite publiée dans le documentaire. Un deuxième message indique que cette somme «consolide plusieurs charges pour l’entreprise: sur la partie numéraire, rémunération fixe annuelle, jetons de présence pour la participation au conseil d’administration et indemnité pour la participation au Comité stratégique, ainsi que des avantages en nature (voiture et logement)». «Ça fait en net autour de 5000 euros, a précisé Arnaud Rousseau sur BFM TV, le 3 mars. Vous avez aussi compris que moi, je passe la plus grande partie de mon temps en dehors de mon exploitation, et que comme je suis parti, il faut évidemment quelqu'un qui fasse le travail à ma place, et le collaborateur a un coût chargé qui est de l'ordre de ce montant». Interrogé sur la représentativité de son exploitation par rapport à la ferme France, il a répondu: «Ma légitimité me vient de l'élection, mon rôle c'est de parler à tout le monde».
Lait: l’Unell et Lactalis trouvent un accord sur le prix du lait au premier trimestre
Dans un communiqué commun du 1er mars, l’Unell et Lactalis font part d’un accord sur le prix du lait payé aux producteurs pour le premier trimestre 2024. Le prix de base pour les mois de janvier, février et mars est fixé à 425 €/1000 l en 38-32, soit 440 €/1000 l en 41-33. L’industriel avait annoncé un prix de base à 420 €/1000 l pour les mois de janvier et février, un niveau jugé insuffisant par la principale association d’organisations de producteurs (AOP) livrant à Lactalis. «Les parties saluent chacune cet accord partagé. Après plusieurs semaines de tensions et d’incertitudes, il doit permettre d’apporter de la sérénité pour construire l’avenir», affirment l’industriel et l’AOP dans le communiqué. Cet accord sur le prix du lait pour le premier trimestre ne résout cependant pas le différend entre les deux parties. Lactalis et l’Unell indiquent poursuivre leur médiation, amorcée fin janvier, pour revoir la formule de fixation du prix du lait figurant dans leur accord-cadre. Les négociations portent sur la prise en compte des «questions liées à la valorisation des PGC (produits de grande consommation, NDLR) en France» et «l’évolution des volumes export dans un contexte de forte volatilité des prix à l’international», précise le communiqué.
Lait: en 2024, Sodiaal veut maintenir un prix «le plus proche possible de 2023»
Le président de Sodiaal Damien Lacombe assure à Agra Presse vouloir pour cette année «maintenir le prix du lait le plus élevé et le plus proche possible de 2023». Un vote en assemblée générale doit encore confirmer les résultats de 2023, souligne le président de la première coopérative laitière française. Sur l’année 2023, le prix du lait payé aux coopérateurs s’est établi en moyenne à 448 €/1000 l en 38-32, et pourrait être porté «à 485 €/1000 l en conventionnel» après ristournes. «C’est le résultat de deux années où nous avons réussi à répercuter l’inflation dans nos exploitations et nos industries vers nos clients», souligne Damien Lacombe. En 2023, la coopérative a mis fin à son prix B et revu sa formule de prix «pour plus prendre en compte les coûts de production», rappelle le président de Sodiaal. «L’année dernière, le prix du lait payé était au-dessus de notre formule de prix», explique-t-il. Au milieu de l’année 2022, la coopérative était sortie de sa formule de prix, en payant un prix plus bas. «Aujourd’hui, on retrouve de la sérénité», apprécie Damien Lacombe. Après le plan «Value», lancé en 2017 dans l’objectif de sortir des «marchés très volatils» et de renforcer ses positions dans la grande distribution française, Sodiaal travaille sur un nouveau plan stratégique qui sera dévoilé «à la fin du printemps».
Porc: lourdes amendes contre un important élevage breton pour maltraitance animale
Deux sociétés constituant l'un des plus gros élevages de porcs breton, poursuivies pour «maltraitance animale» après une plainte de l'association L214, ont été condamnées le 1er mars par le tribunal de Brest à une amende de 60 000 € chacune (dont 20 000 avec sursis), rapporte l'AFP. Des peines conformes aux réquisitions du parquet lors de l'audience début février. Les deux sociétés, la SARL Kerdoncuff et la SCEA de Trébeolin, gérées par Dominique Kerdoncuff, 57 ans, ont également l'interdiction de détenir des animaux pendant un an. Ces deux sites, adhérents d’Eureden, peuvent abriter plus de 18 000 animaux, selon l'avocat de la défense, David Le Blanc. Employant une vingtaine de salariés, ils constituent ensemble la deuxième plus importante porcherie du Finistère. Les deux sociétés devront verser 6000 € d'indemnités à L214, qui s’était portée partie civile. Ni le gérant ni son avocat, Me Le Blanc, n'ont souhaité réagir à l'issue du délibéré. En novembre 2019, L214 avait déposé plainte après avoir diffusé une vidéo montrant des bâtiments sales, des animaux enserrés dans des cages, en détresse, blessés ou morts. Un constat confirmé par les enquêtes de la gendarmerie et de la DDPP (préfecture).
Biomasse: création d’un groupement d’intérêt scientifique pour mieux «la connaître»
À l’occasion du Salon de l’agriculture le 1er mars, l’Ademe, FranceAgriMer, l’Inrae et l’IGN ont signé un protocole d’accord pour la création d’un groupement d’intérêt scientifique (GIS) en faveur de la biomasse, rapporte un communiqué de presse du ministère de l’Agriculture. «Il permettra, en mettant l’ensemble des services compétents autour de la table, de mieux connaître les capacités de mobilisation durable de la biomasse, et d’atteindre nos objectifs de souveraineté alimentaire, de décarbonation de nos économies et de préservation de la biodiversité», souligne Agnès Pannier-Runacher, ministre déléguée à l’Agriculture, présente lors de la signature de l’accord. Si le ministère s’accorde à dire que la production agricole «doit rester dédiée en priorité à l’alimentation», il précise qu’elle «joue également un rôle majeur dans la transition écologique», à travers la transition des secteurs de la construction, du textile, de la chimie biosourcée ou encore des bioénergies. Reste que «la biomasse (…) est une ressource rare et encore trop méconnue», précise Roland Lescure, ministre délégué à l’Industrie et à l’énergie. Et d’ajouter que «nous devons la répertorier, la cartographier, la connaître», et ce pour «l’exploiter de manière efficace et durable».
Enseignement: des coupes budgétaires à l’encontre du PLOA, selon l’intersyndicale
L’intersyndicale (CGT, FO, FSU, Unsa, Sud) de l’enseignement agricole public a dénoncé le 1er mars des coupes budgétaires jugées incompatibles avec le PLOA (Pacte et loi d’orientation agricole). «Marc Fesneau nous a dit qu’il faudrait augmenter les effectifs d’enseignants de 250 à 300 personnes» pour satisfaire le besoin de 30% d’apprenants supplémentaires dans les formations agricoles, a indiqué Christine Heuzé (FO). «Les signaux qu’on reçoit actuellement vont plutôt à l’inverse.» Dans le cadre de l’effort de réduction des dépenses publiques récemment annoncé par Bruno Le Maire pour 2024, le ministère de l’Agriculture voit ses crédits réduits notamment sur les postes «Enseignement technique agricole» (8,6 M€) et «Enseignement supérieur et recherche agricoles» (3,9 M€). «Le coup de lame est évalué à 200 emplois dans l’enseignement technique», a chiffré Frédéric Chassagnette (Snetap-FSU). Cela intervient «au moment où il faudrait être mieux positionné pour accueillir plus de jeunes». Une autre ambition du PLOA est de développer des espaces-tests agricoles. Il en existe une trentaine dans les établissement publics (EPLEFPA), compte le Snetap-FSU. Et de réclamer de l’argent public pour en créer d’autres, chaque espace test affichant «un déficit de 10 000 € par an».
Viande/Libre-échange: les professionnels furieux après l’adoption de l’accord UE/Chili
Réagissant à la ratification, la veille par le Parlement européen, de l’accord commercial UE/Chili, Interbev a dénoncé «un nouveau danger économique pour le secteur» dans un communiqué du 1er mars. Le texte prévoit «l’augmentation de quotas d’importation pour les viandes ovines (+4000 tonnes) et bovines (+2000 tonnes) avec des droits de douanes réduits», selon l’interprofession bétails et viande, qui dénonce «l'absence de clauses miroir». Son président Jean-François Guihard s’élève contre une «véritable trahison», rappelant que «le président de la République affirmait encore il y a quelques jours qu’il n’y aurait plus aucun accord de libre-échange sans clauses miroir». « «Avec cette décision, les institutions européennes font fi de la révolte qui gronde partout en Europe», s’émeut Patrick Bénézit, président de la FNB (éleveurs de bovins viande, FNSEA), cité dans un communiqué distinct. Quant à la FNO (éleveurs d’ovins, FNSEA), elle indique que «de nombreux eurodéputés de la majorité présidentielle» ont voté pour l’accord. Alors que les derniers accords de libre-échange (Chili et Nouvelle-Zélande) débouchent sur «20% d’augmentation des quotas d’importation pour la viande ovine», la FNO demande un mécanisme de «single pocket» (enveloppe globale) et une clause de sauvegarde dans l’ensemble des accords commerciaux.
Miel: après le plan d’action du gouvernement, Unaf et FNSEA veulent aller plus loin
Le plan d’action présenté par le gouvernement le 23 février face à la crise de l’apiculture est un «coup d’enfumage» aux yeux de l’Unaf, dénonce le syndicat dans un communiqué le 29 février. Le plan présenté par Marc Fesneau au Salon de l’agriculture comprend «des aides conjoncturelles [à hauteur de 5 M€] pour aider les apiculteurs en difficulté» face à la mévente de leur miel, mais aussi des « mesures structurelles visant à accompagner la filière apicole dans la durée». «Un coup de communication et des mesurettes qui sont loin de répondre aux enjeux actuels», cingle l’Unaf, critiquant un montant qu’elle évaluait de son côté à 30 M€. Le syndicat veut également que «les modalités soient précisées, les aides bien organisées et pas conditionnées à des démarches administratives pléthoriques». De son côté, la commission Apiculture de la FNSEA estime aussi, dans un communiqué du 23 février, que «les moyens proposés restent insuffisants pour répondre à l’ensemble des besoins». Se félicitant qu’un «grand nombre» de leurs demandes aient «été reprises», les apiculteurs de la FNSEA saluent un «pas essentiel dans la bonne direction», tout en se disant «vigilants à ce que les demandes d’aides soient faciles à remplir».
Bio: la Fnab et FNH critiques du nouveau programme Ambition bio
A la suite de la présentation du Programme ambition bio (PAB) le 28 février, la Fnab (agriculteurs bio) déplore que la nouvelle mouture du PAB «ne donne aucun objectif précis», dans un communiqué le lendemain. Elle demande également que le plan «comprenne des moyens financiers en face des objectifs affichés». «Il faudrait sans doute plusieurs centaines de millions d'euros pour atteindre les 18 % de SAU bio et les 20% restauration collective de la Loi Egalim », estime Philippe Camburet cité dans le communiqué. La Fnab se réjouit toutefois du travail annoncé sur le financement de l’indemnisation des contaminations, très attendu. Même constat du côté de la FNH qui, reconnaissant «quelques annonces à saluer», déplore surtout «l’incapacité du gouvernement à penser de véritables solutions structurelles pour l’avenir de la filière biologique». Elle regrette aussi «qu’aucune ONG n’ait été associée à la construction» du nouveau plan et «le manque de concertation de la société civile» à ce sujet.
Distribution: Layla Rahhou est la nouvelle déléguée générale de la FCD
La Fédération du commerce et de la distribution (FCD), qui réunit un grand nombre d’enseignes opérant sur le marché français (Auchan, Carrefour, Casino et Système U notamment), annonce dans un communiqué du 1er mars la nomination de Layla Rahhou en tant que déléguée générale, à partir du 15 avril. Elle succède à Jacques Creyssel, qui est nommé au poste d’administrateur délégué: il représentera la FCD au sein des «instances patronales et internationales», précise le communiqué. Layla Rahhou occupe la fonction de directrice des affaires publiques de la FCD depuis 2020. La fédération est présidée par le président-directeur général de Carrefour Alexandre Bompard. Les groupes E. Leclerc, Intermarché/Les Mousquetaires et Lidl ne sont pas adhérents.