Agrafil du 6 août 2024

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Sécheresse: 29 départements face à des restrictions d’eau, notamment pour l’agriculture

Alors que la sécheresse touche une partie de l'Hexagone, 29 départements français ont pris des arrêtés d’arrêt ou de réduction des prélèvements d’eau, rapporte la plateforme gouvernementale VigiEau le 5 août. En crise, onze départements d’Occitanie et de Nouvelle-Aquitaine*, ainsi que la Guadeloupe, sont concernés par la mise en place de mesures d’interdiction provisoires des usages de l’eau, y compris ceux à des fins agricoles (hors abreuvement des animaux et irrigation de certaines «cultures prioritaires» comme, par exemple, le maraîchage). Neuf départements (Ain, Ardèche, Ariège, Bouches-du-Rhône, Charente, Hérault, Landes, Loiret, Tarn-et-Garonne) sont en alerte renforcée. Un tel arrêté implique une réduction des prélèvements à des fins agricoles de 50% (calculée en fonction de la moyenne mensuelle des prélèvements des trois à cinq dernières années sans restriction) ou l’interdiction de prélever deux jours sur quatre. Enfin, huit départements sont «en alerte», avec tout ou partie de leur territoire visé par des réductions de prélèvements à des fins agricoles de 25% (calculée en fonction de la moyenne mensuelle des prélèvements des trois à cinq dernières années sans restriction) ou l’interdiction de prélever un jour sur quatre.
* Aude, Dordogne, Haute-Garonne, Gers, Gironde, Lot, Lot-et-Garonne, Pyrénées-Atlantiques, Hautes-Pyrénées, Pyrénées-Orientales, Tarn

Sécheresse: les USA investissent 400 M$ pour économiser 62 millions de m3 d’eau

Face à la sécheresse chronique dans l'Ouest américain, le ministère américain de l’Agriculture (USDA) a annoncé un investissement de 400 M$ (environ 365 M€) dans douze États du pays, rapporte un communiqué de presse du 1er août. L’objectif étant d’encourager le recours à des techniques d’irrigation et des pratiques agricoles économes en eau. Selon le ministère, le programme devrait permettre d’économiser 62 millions de mètres cube d’eau sur une surface couvrant environ 101 000 ha. Au sein des douze États, les dix-huit districts d’irrigation* préalablement sélectionnés pourront recevoir jusqu’à 15 M$ (environ 14 M€). Cela permettra la conclusion d’accords avec les agriculteurs acceptant de réduire leur consommation d’eau (optimisation des systèmes d’irrigation, diversification des cultures, innovation des pratiques de gestion), tout en maintenant leur niveau de production. «Avec cet investissement, l’administration Biden a répondu à notre appel», précise le sénateur du Colorado Michael Bennet dans le Hagstrom Report du 1er août. Aux côtés de quatre sénateurs, M. Bennet avait exhorté le gouvernement américain à effectuer de nouveaux investissements pour aider les agriculteurs de l’Ouest américain à faire face à la sécheresse causée par le changement climatique.
*Entités locales créées pour gérer la distribution de l'eau d'irrigation agricole

FCO 3: une dérogation accordée pour les envois de veaux laitiers depuis la zone régulée

Alors qu'une zone régulée a été mise en place dans les territoires frontaliers avec la Belgique pour prévenir l’arrivée de la FCO 3 en France, les services de l’État ont accordé une dérogation, effective à partir du 2 août, pour l’expédition des veaux laitiers depuis la zone réglementée vers les centres de rassemblement spécialisés situés en France hors de cette zone, a indiqué la DGAL (ministère) aux professionnels. Chaque semaine, 2000 veaux laitiers sont expédiés depuis les élevages concernés par la zone régulée. Les envois sont autorisés à certaines conditions: les veaux et le véhicule qui les collecte doivent être «préalablement désinsectisés» et, «à l’issue de la tournée de collecte», le transport doit être «direct et sans rupture de charge vers le centre de rassemblement». Des dépistages par PCR seront réalisés à l’arrivée dans le centre de rassemblement, contrairement à la règle générale (test PCR avant de quitter la zone régulée). Le bâtiment doit être «fermé et désinsectisé» et les animaux y resteront «au plus 24 heures» avant leur départ vers l’atelier de destination. Par ailleurs, une première livraison des vaccins commandés par l’État était prévue le 5 août, une seconde sera effectuée le 31 août. Les vétérinaires sanitaires pourront passer commande pour les éleveurs de la zone régulée à partir du 14 août. 

Versement des MAEC: la Conf’ pointe des retards, l’État presque à jour en Bretagne

«De nombreux agriculteurs qui ont contracté des MAEC attendent toujours le paiement des aides 2023», affirme la Confédération paysanne dans un communiqué du 2 août. Une situation dénoncée depuis plusieurs mois par les syndicats agricoles. En réponse aux mobilisations du début d’année, le Premier ministre Gabriel Attal s’était engagé au versement des aides Pac au 15 mars (pour les seules aides ayant fait l'objet d'une avance, apprendra-t-on après). Par la suite, le ministère de l’Agriculture avait évoqué un paiement autour du mois de juin pour les MAEC et les aides à la bio. Or, «sur les 410 millions d’euros engagés pour les MAEC 2023 (…), la moitié aura été versée tardivement, l'autre ne l'est pas encore», explique le communiqué de la Conf'. Le syndicat rappelle que la règlementation européenne fixe le 30 juin comme date limite du versement des aides aux agriculteurs par les États membres. Il dénonce le manque de «célérité» de l’État pour organiser le paiement des MAEC. Quelques jours plus tard, la préfecture de Bretagne a cependant indiqué que la quasi-totalité (98%) des aides MAEC avaient été versées dans la région, «pour un total de 30 millions d’euros», est-il précisé dans un communiqué du 5 août. Pour l’agriculture biologique, la préfecture précise que «les aides à la conversion sont payées à 93% et les aides au maintien à 99%».

Saisonniers/Landes: 12 Colombiens régularisés après avoir été victimes de faussaires

Douze travailleurs saisonniers colombiens qui avaient été victimes d’un réseau international de faux papiers «ont reçu leur carte de séjour de la préfecture des Landes», annonce l’union départementale (UD) de la CGT dans un communiqué le 2 août. Désormais en règle, il «commencent leur emploi le 1er août», selon l’antenne locale du syndicat de salariés. Ces travailleurs étaient employés pour la récolte de légumes dans le nord des Landes et avaient reçu des faux papiers espagnols, selon eux à leur insu, comme le précise France 3 Nouvelle-Aquitaine. Le réseau à l’origine de ces agissements a été démantelé le 10 juin, à l’occasion d’une descente de police qui a permis d’interpeller 12 personnes. Depuis cette date, les saisonniers victimes étaient «livrés à eux-mêmes», sans logement ni emploi, selon la CGT. «Ces travailleurs ont poussé la porte de l’UD CGT des Landes le 20 juin», rapporte le syndicat, qui «s’est mobilisé pour leur permettre de faire valoir leurs droits, de déposer plainte pour traite des êtres humains dans le cadre de la commission rogatoire et d’obtenir les papiers leur permettant de travailler légalement». Selon l’Oltim (Office de lutte contre le trafic illicite de migrants), cet «important réseau» de faussaires aurait fourni des faux papiers à 180 personnes au moins, en l'état des investigations.

Fruits et légumes: Familles rurales appelle à une «allocation alimentaire»

Malgré la baisse des prix des fruits et légumes entre juin 2023 et juin 2024, l’association de défense des consommateurs Familles rurales a appelé à un «coup de pouce» de l’État pour encourager la consommation de ces produits. D'après son observatoire 2024, «on constate un appel d’air, [le prix de] notre panier, qui est composé de dix légumes et de neuf fruits de saison, baisse de 7% cette année», a indiqué Nadia Ziane, directrice du département consommation de l’association, interrogée sur France Inter le 23 juillet. Reste que cette baisse n’est pas assortie d’un «sursaut de la consommation», déplore Mme Ziane, évoquant «un renoncement aux fruits et légumes». Ce dernier s’expliquerait notamment par le fait que la baisse des prix ne compense pas les hausses des dix dernières années, de l’ordre de 50 % supplémentaires pour les fruits et de 70% pour les légumes. «Il va falloir aider les petits budgets, leur donner un coup de pouce et mettre en place une allocation alimentaire», souligne Mme Ziane. Alors que la France «dépense 20 milliards d’euros à soigner des pathologies dont on sait qu’elles sont dues à une alimentation inadaptée», Familles rurales chiffre ladite aide entre «huit et neuf milliards d’euros par an». «Quand vous rapportez cela aux 20 milliards de dépenses publiques, ça vaut le coup d’investir dans la prévention», résume Nadia Ziane.

Artichauts/salades: Alternea et Teraneo s’allient pour produire 8,1 ha dans les PO

Alternea, metteur en marché de fruits et légumes du bassin méditerranéen, a annoncé la mise en place d’une nouvelle parcelle agricole dans la Salanque (Pyrénées-Orientales), en partenariat avec la coopérative Teraneo, d'après un post publié sur LinkedIn le 3 août. Situé dans la commune de Saint-Hippolyte, ce projet de 8,1 ha sera dédié à la production maraichère et divisé en deux exploitations. Sur la première parcelle (5,5 ha), des artichauts ont été plantés du 29 juillet au 4 août pour le compte de l’EARL Sirach, avec une récolte prévue fin février 2025. La seconde (2,6 ha), pour l’exploitation FLPO, est destinée à l'implantation de salades à feuilles dures (scarole et frisée), du 16 septembre au 6 octobre, avec une récolte prévue à partir de fin novembre. «Cette coopération représente une étape importante dans notre engagement RSE visant à soutenir et développer l’agriculture locale», précise Alternea dans son post. Pour rappel, le spécialiste de la commercialisation de fruits et légumes s’est rapproché de Teraneo en décembre 2021, avec l’objectif affiché de mettre en commun son réseau commercial et sa force de vente avec le savoir-faire des producteurs de la coopérative.

Loup: après des incidents impliquant des patous, la CR monte au créneau

D’après la presse locale, une randonneuse s’est faite attaquer le 21 juillet par plusieurs chiens de protection sur le plateau de Sornin, dans le Vercors (Isère), sans être blessée. Réfugiée dans un arbre, cette trentenaire a été secourue par hélicoptère par la CRS Alpes. Interrogé par France Bleu Isère, le berger responsable de l’alpage concerné pointe une probable «mauvaise réaction de la randonneuse». «Il y a six ou sept panneaux sur l'alpage pour expliquer la présence des chiens et le comportement à adopter face à eux, notamment le fait qu'il ne faut pas bouger», rappelle-t-il. Dix jours plus tôt, un autre incident impliquant des patous a eu lieu sur un parking public près du col de l’Izoard (Hautes-Alpes), rapporte BFM TV: deux chiens de protection ont attaqué un couple de vacanciers et leur chien de compagnie, un bichon de neuf mois tenu en laisse qui a subi des morsures. Les victimes ont porté plainte, selon la presse locale. Réagissant le 3 août, la Coordination rurale (CR) dénonce une «surpopulation» de chiens de protection, synonyme, selon elle, de «danger pour la biodiversité et pour les pratiques estivales de plein air et le tourisme». Le syndicat réclame «davantage de mesures préventives» contre le loup, ainsi que son «déclassement» au titre de la Convention de Berne.

À nos abonnés: possible ralentissement des parutions en période estivale

En raison du ralentissement de l'actualité en période estivale, l'Agrafil et les Agra Lives pourront être diffusés à un rythme moins soutenu jusqu'à la fin du mois d'août. En vous remerciant de votre compréhension.