Agrafil du 7 mai 2025

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Eau/zones humides: en commission, les députés suppriment les mesures de la PPL Duplomb

A l'occasion de l'examen de la proposition de loi Entraves par la commission du développement durable, le 6 mai, les députés ont adopté un amendement de suppression de l'article 5, qui réunit plusieurs dispositions liées à la gestion de l'eau et aux zones humides, et sur lequel la commission est saisie sur le fond. Le vote a été emporté avec la voix du député Modem Hubert Hot et l'avis favorable de la rapporteure Renaissance Sandrine Le Feur. L'article 5 crée notamment une présomption d'intérêt général majeure pour les retenues de stockage d'eau à vocation principalement agricole, ou introduit la notion de «zone humide fortement dégradée». L'idée avait été introduite au Sénat par le gouvernement, pour des milieux qui «ne sont plus en mesure, en l’état, de remplir les fonctions spécifiques essentielles caractérisant les zones humides». Ces zones dites «non fonctionnelles» seraient classées selon des conditions précisées par décret, incluant «l’état du sol et l’usage pérenne qui en est fait, tant que celui-ci n’est pas arrêté ou abandonné». Dans le texte initial, les sénateurs proposaient de revenir à une définition en vigueur selon eux depuis 2019, à savoir un double critère cumulatif de terrain hydromorphe et végétation hydrophile. Or, indiquait le gouvernement, avec une telle définition, «la simple suppression de toute végétation caractéristique ne permettrait plus de les reconnaître comme zones humides.»

OFB: en commission, les députés suppriment les mesures relatives au rôle du préfet

A l'occasion de l'examen de la proposition de loi Entraves par la commission du développement durable, le 6 mai, les députés ont adopté un amendement de suppression des dispositions relatives au rôle du préfet auprès des agents de l'OFB, qui figuraient dans l'article 6 sur lequel la commission est saisie sur le fond. Introduite par le gouvernement au Sénat, la mesure visée rend explicite, dans le Code de l’environnement, que les missions de police administrative de l’OFB sont placées sous l'autorité du préfet, tandis que les missions de police judiciaire sont sous l'autorité du procureur de la République. Il renforce aussi le rôle du préfet en précisant qu’il valide «la programmation annuelle des contrôles» de police administrative. En commission, la rapporteure Renaissance Sandrine Le Feur a défendu le gouvernement indiquant que «l'article vient sécuriser le fonctionnement de l'OFB», à la demande «du directeur et des salariés». Faux, a rétorqué le député Modem Ramos, qui estime avoir rédigé son amendement de suppression, «avec les agents». Sur le fond, Delphine Batho (EELV) estime que le texte retire aux agents la possibilité de transmettre des PV aux procureurs sans contrôle hiérarchique, ce qui ferait craindre des risques de censure de l'administration. La procédure actuelle passerait effectivement par la hiérarchie, qui aurait toutefois l'obligation de la transmettre, ont répondu plusieurs députés.

Eau: en commission, les députés interdisent les phytos d'ici 2030 autour des points sensibles

Difficile de savoir si ce vote est significatif, étant donné que la commission du développement durable n'était saisie sur le fond que sur les articles 5 et 6. Mais tout de même. A l'occasion de l'examen de la proposition de loi Entraves, le 6 mai, les députés ont adopté un amendement de la rapporteure Renaissance, Sandrine Le Feur, qui instaure une interdiction à compter de septembre 2030, de l'usage des pesticides de synthèse et engrais minéraux dans les aires d'alimentation du captage (AAC) associées à des points de prélèvement sensible. Pour rappel, un arrêté interministériel est attendu depuis fin 2023 dans le cadre de la stratégie Ecophyto, qui doit définir les seuils de qualité d’eau qui catégorisent un point de prélèvement comme « sensible ». Selon nos informations, son contenu a suscité des désaccords l’an dernier dans le monde agricole, certains souhaitant un seuil à 80% de la norme, d’autres à 100% de la norme. Dans le cadre de la présentation de la feuille de route, le ministère de la Transition écologique a annoncé, pour ce faire, la réactivation du groupe national captages (GNC) », dont les travaux s’achèveront en septembre. Par ailleurs, l'amendement vise à systématiser la délimitation des AAC au sein desquels l'autorité administrative compétente instaure un plan d'action pluriannuel, à caractère obligatoire. Les députés soulignent que 40% des captages prioritaires ne disposeraient pas d'une AAC arrêtée.

Stockage de l'eau: en commission, des amendements LFI passent contre les «méga-bassines»

Là encore, difficile de savoir si ce vote est significatif, étant donné que la commission du développement durable n'était saisie sur le fond que sur les articles 5 et 6, et que des dispositions similaires ont déjà été rejetées dans l'Hémicycle. A l'occasion de l'examen de la proposition de loi Entraves, le 6 mai, les députés ont adopté des amendements LFI et écologistes tirant à boulet rouge contre les installations de stockage d'eau. La principale mesure, soumise par LFI, est l'instauration d'un moratoire de dix ans sur l'instauration de «méga-bassines», dont la définition n'est pas précisées. Dans la même idée, un amendement écologiste conditionné l'utilisation d'infrastructures de stockage à quatre condition («schéma directeur de la biodiversité et de l’adaptation des pratiques agricoles au changement climatique» ;  baisse des volumes prélevés définis sur la base d’une étude HMUC ; «partage» de l’eau entre agriculteurs ; usage exclusif de l’eau stockée dans ces ouvrages pour l’irrigation de cultures en agriculture biologique). Un amendement LFI retire aux agences de l'eau le droit de financier les ouvrages de stockage, un autre interdit l'irrigation des cultures énergétiques dans les zones de répartition d'eau. Enfin un amendement écologiste conditionne la réalisation d'un ouvrage de stockage à une «étude hydrologique approfondie» dans les cinq années qui précèdent.

Eau: vers une « guerre de l’eau » entre l’Inde et le Pakistan autour du fleuve Chenab

Les tensions croissent entre l’Inde et le Pakistan. Islamabad accuse New Delhi, le 6 mai, de modifier le débit du fleuve Chenab. Ce cours d’eau, qui prend sa source en Inde, est l'un des trois fleuves placés sous contrôle pakistanais depuis la signature en 1960 du traité des eaux de l'Indus qui accorde à l’Inde le droit de l’utiliser pour ses barrages ou ses cultures. Toutefois, le 22 avril, au lendemain des attaques du Cachemire, l’Inde a suspendu ce traité en représailles. Depuis, « on a remarqué des changements sur le Chenab qui n'ont rien de naturel (...) le débit du fleuve, normal, a été considérablement réduit du jour au lendemain », a affirmé à l'AFP, Kazim Pirzada, ministre de l'Irrigation du Pendjab frontalier de l'Inde. Et d’ajouter que certaines terres pourraient être « particulièrement touchées » alors que cette zone est considérée comme le cœur agricole du Pakistan. Islamabad a d’ores et déjà prévenu que toucher à ses fleuves serait considéré comme « un acte de guerre ». Si l’Inde n’a pas officiellement réagi, l'ancien président de la Commission centrale indienne de l'eau, Kushvinder Vohra, a indiqué au Times of India : « Puisque le traité est en pause (...) nous pouvons procéder à des lâchers d'eau sur n'importe quel ouvrage sans condition ».

Biodiesel : Bruxelles institue des mesures compensatoires sur les importations d’Argentine

Par un règlement d’exécution publié au Journal officiel de l’UE le 6 mai et entrant en vigueur le lendemain, la Commission européenne institue des droits compensateurs définitifs sur les importations de biodiesel originaire d’Argentine. Concrètement, les taux de droit individuels applicables oscilleront entre 25% et 33,4% en fonction des entreprises. Cette décision a été prise à la suite du réexamen au titre de l’expiration des mesures demandée le 10 novembre 2023 par l’European Biodiesel Board (EBB). L’industrie européenne considérait que « l’expiration des mesures favoriserait probablement la continuation des subventions et la réapparition du préjudice », ce que Bruxelles a confirmé. L’enquête initiale de l’exécutif européen avait été lancée en 2018 à la suite de l’annulation par l’OMC des droits antidumping imposés entre 2014 et 2017 sur le biodiesel argentin accusé de bénéficier de subvention à l’exportation. Finalement, en février 2019, la Commission européenne avait accepté les engagements offerts par les exportateurs argentins et appliqué un quota d’importation de 1,2 million de tonnes de biodiesel à un « prix minimal à l’importation », plutôt que de mettre en œuvre les droits compensateurs.

Pac : l’ancien ministre de l’Agriculture irlandais, Barry Cowen, dévoile ses propositions

L’éphémère ministre de l’Agriculture irlandais et actuel eurodéputé, Barry Cowen (centriste libéral), a dévoilé, le 6 mai, son papier de position concernant la réforme de la Pac. Alors qu’un projet de rapport sur l’avenir de l’agriculture est en discussion à Strasbourg, l’Irlandais, rapporteur fictif de son groupe politique, met principalement l’accent sur la sécurité alimentaire. Pour ce faire, il réclame une « hausse significative » du budget alloué à la Pac. Selon lui, le budget devrait tenir compte de l’inflation sous peine d’ici 2034, d’avoir d’ici 2034, « un manque à gagner de 250 milliards d’euros ». Il propose, en outre, une structure en trois piliers, ajoutant un volet autonome dédié aux mesures environnementales (en couplant les éco-régimes et les mesures agroenvironnementales). Celui-ci devrait, pour lui, « récompenser les agriculteurs pour leurs efforts en matière de développement durable sans les encombrer de formalités administratives ». Il aborde également la question du renouvellement générationnel, l'un des plus grands défis auxquels l'agriculture de l'UE est confrontée. Il conclue en indiquant qu’il envisage ce document comme une base de travail pour la suite.

Pool de coréassurance : «On sera prêt pour la campagne 2026-2027» (Groupama)

Alors que la consultation publique sur la mise en place d’un groupement de coréassurance des risques climatiques s’est terminée le 11 février, les assureurs attendent l’avis de l’Autorité de la concurrence (ADLC). « Nous n’avons pas eu de retour sur la consultation publique », rapporte Pascal Viné, directeur des relations institutionnelles de Groupama, « mais nous attendons l’avis de manière sereine, d’ici l’été normalement ». De son côté, Jean-Michel Geeraert, directeur du marché de l’agriculture chez Pacifica (Crédit agricole), est plus réservé : « Je reste interrogatif, impossible de vous dire si l’ADLC validera ». Pascal Viné rappelle que le pool maintiendra bien « un jeu de la concurrence » significatif. « Aujourd’hui, explique-t-il, chaque assureur calcule sa prime technique pour couvrir le coût du risque, puis ajoute un chargement qui inclut le fonctionnement, les salaires, l’innovation, etc. Le groupement va calculer des primes techniques puis chaque assureur appliquera son propre chargement, et ainsi les assurés feront jouer la concurrence sur le prix mais aussi le hors-prix : qualité de service, réactivité de l’assureur, capacité d’être à l’écoute de l’assuré, tout ce qui relève de la culture d’entreprise. » En tout cas, le groupement sera « prêt pour la campagne 2026-2027 », même si l’avis intervenait finalement « dans l’été ». 

Commerce équitable : les ventes 2024 de produits Max Havelaar en hausse de 4,1%

Blaise Desbordes, directeur général de Max Havelaar France a dévoilé le 6 mai « des chiffres positifs » pour les ventes 2024 de produits labellisés par son ONG en France, dans « un contexte morose » puisque la consommation a décru l’an dernier en grandes surfaces. Les ventes de produits Max Havelaar ont atteint 1,38 Mrd€ en 2024, en hausse de 4,1% par rapport à 2023. Parmi les canaux de distribution, 62% des ventes se font en GMS, mais c’est en distribution spécialisée bio et en RHF qu’elles sont en plus forte hausse (+28% et +13% respectivement). Malgré l’envolée des prix mondiaux, le cacao est en croissance, +7% en valeur et +8% en volume, tandis que le café est stable en volume et progresse peu en valeur (+3%). Pour ce qui concerne les produits issus des terroirs français, encore minoritaires par rapport aux produits du Sud, Max Havelaar constate une accélération des filières laitières : 2,5 millions de litres ont été vendus en 2024, soit +400% par rapport à 2023, et « un doublement des volumes est attendu en 2025 », selon Blaise Desbordes. La coopérative Les Maîtres laitiers du Cotentin et l’association de producteurs lot-et-garonnais La Brique rose, en collaboration avec le conditionneur Yéo Frais, ont mis en place des filières pour des produits destinés à la restauration scolaire et au grand public.

Commerce équitable Nord-Nord: nouvelles filières Max Havelaar en blé, légumineuses et bœuf

Max Havelaar France veut poursuivre son développement auprès des agriculteurs français en lançant de nouvelles filières de commerce équitable concernant le blé et les légumineuses. Le 6 mai, à l’occasion du lancement de la Quinzaine du commerce équitable (10 au 25 mai), l’ONG a indiqué qu’une filière était créée avec l’union Entente des coopératives (Charente et Charente-Maritime) sur 175 ha pour le blé et 100 ha pour les lentilles et les pois chiches pour la campagne 2025/2026. Une autre filière est mise en place avec l’association de producteurs biologiques Terres du Pays d’Othe (Aube) pour les lentilles, pois chiches et haricots sur 1 280 ha. En outre, Max Havelaar France initie une expérimentation avec l’organisation de producteurs de bovins viande Elvea Île-de-France afin de mettre sur pied un cahier des charges d’ici la fin 2025. Pour chaque filière, l’objectif est d’améliorer la rémunération des producteurs avec des prix minimum garantis et d’assurer des débouchés en privilégiant la restauration collective, en particulier scolaire. À ce sujet, Elvea qui fournit déjà la Caisse des écoles de Paris 20e, pourrait approvisionner cette dernière en viande locale et labellisée Max Havelaar.

Commerce équitable : Max Havelaar lance un observatoire de la rémunération agricole

L’ONG Max Havelaar France (commerce équitable) a annoncé le 6 mai le lancement du premier «Observatoire de la rémunération agricole équitable» dont la mission est de « documenter, partager et analyser les revenus agricoles à travers des données fiables, des études inédites et des échanges entre experts, professionnels du secteur, collectivités et société civile », selon un communiqué. Dans un premier temps, une étude sera menée pour mettre sur pieds « la première référence scientifique du niveau de revenu décent adapté aux ménages agricoles ». Puis, une concertation sur le revenu d’intérêt agricole sera menée pour étudier les différences entre un revenu permettant d’être au-dessus du seuil de pauvreté, un revenu décent et un revenu suffisamment intéressant pour que les agriculteurs décident de continuer à exercer le métier, ou pour que de nouvelles générations le choisissent. L’ONG se fixe pour but d’avoir des résultats d’ici le Salon de l’Agriculture 2026. En outre, grâce à un financement du Programme national de l’alimentation (PNA) et de l’Ademe, l’ONG va déployer une douzaine diagnostics de juste rémunération pour des collectivités locales soucieuses de construire des filières équitables.

Élections MSA : les propositions de la FNSEA et des JA, qui revendiquent 5 000 candidats

Alors que les élections MSA ont débuté la veille, la FNSEA et les JA ont présenté, lors d'une conférence de presse le 6 mai, leur bilan à la tête de la caisse centrale et leurs propositions. Dans leur projet, les deux syndicats – qui revendiquent plus de 5 000 candidats, sur la quasi-totalité du territoire à l'exception de quelques zones de centre-ville – plaident pour « améliorer le service », en étendant à tout le territoire les avancées qui ont pu être obtenues dans certains territoires (appels téléphoniques, permanence physique, envois de documents...). FNSEA et JA mettent aussi en avant le rôle de la CCMSA pour les soutenir dans leurs revendications, notamment « en réalisant des calculs » à l'appui de leurs propositions. En matière sociale, la FNSEA et les JA préparent déjà les projets de lois budgétaires de l'automne : les syndicats portent notamment une réforme de l'assiette de cotisation sociale MSA, et soutiennent la proposition de loi Chassaigne 3 sur les retraites agricoles. Du côté du bilan, le syndicalisme majoritaire se félicite du calcul des retraites sur les 25 meilleures années, de la mise en place d'une aide au passage de relai dans la LOA, ou encore de l'amélioration du congé paternité.

Crise viticole : les coops auditées par le CGAAER en vue des aides à la restructuration

Un audit des caves coopératives est confié au CGAAER (ministère de l’Agriculture) en vue des 10 millions d’euros d’aides à la restructuration inscrites dans la loi de finances pour 2025, a-t-on appris le 6 mai auprès de leur syndicat. « L’idée est de faire un état des lieux du secteur », rapporte le président Joël Boueilh, à l’issue d’un entretien avec la ministre de l’Agriculture Annie Genevard. « Cet audit du CGAAER doit étayer la notification à Bruxelles des 10 M€ du plan de soutien. » Le 8 avril en conférence de presse, Joël Boueilh avait fait état d’« une centaine de coopératives viticoles, près de 20 %, dans des situations précaires ». Les Vignerons coopérateurs plaident en faveur de rapprochements. Selon eux, les 10 M€ d’aides visent à « moderniser les infrastructures des caves coopératives et à accompagner les démarches de restructuration, notamment les fusions ». Le syndicat espère voir l’enveloppe utilisée au « deuxième semestre ». Pour aller au plus vite, le ministère de l’Agriculture s’est engagé à mener en parallèle l’audit du CGAAER et les discussions avec la Commission européenne sur le plan d’aides, indique le patron des Vignerons coopérateurs.

Fruits: Comptoir Rhodanien intègre le producteur-expéditeur Fruits 2000

Pour fêter ses 30 ans, le producteur-expéditeur de la Vallée du Rhône, Comptoir Rhodanien, a réuni, le 24 avril, quelque 450 producteurs partenaires et des élus locaux lors d'une soirée, au cours de laquelle il a annoncé l’entrée du producteur-expéditeur ardéchois Fruits 2000 (SARL Desbos) dans son giron. Cette arrivée permet de renforcer le leadership de l’entreprise et de ses filiales en Vallée du Rhône (Metral Fruits, Ville Valnoix et désormais Fruits 2000) permettant un potentiel global de 12 000 t en abricots, 8 000 t en pêches-nectarines, 2 500 t en cerises, 800 t en châtaigne et 5 000 t de noix (2 500 t en production propre et 2 500 t chez Ville Valnoix). Les trente dernières années ont vu le développement et la diversification des bassins de production, tout comme les débouchés avec une intégration industrielle pour transformer une partie des fruits vers les cafés-hôtels-restaurants. L’entreprise est devenue productrice, avec désormais 450 ha de vergers (150 en Espagne et 300 en France dans le Gard et le Sud-Ardèche). Les prochaines années, Comptoir Rhodanien annonce de nouveaux investissements, surtout sur la protection physique des vergers et l’augmentation de la capacité de calibrage en cerise. (Florence Rabut)

Biocontrôle/légumes : Amoéba va tester Axpera «à grande échelle» en serre aux Pays-Bas

Aux Pays-Bas, la greentech française Amoéba (fondée en 2010, cotée sur Euronext Growth) a obtenu une autorisation pour « des essais à grande échelle en serre » de son fongicide de biocontrôle Axpera, annonce un communiqué le 6 mai. Le produit pourra être utilisé contre l’oïdium et le mildiou sur plusieurs cultures : tomate, concombre, fraise, rosier et gerbera. « Contrairement à la pratique habituelle qui impose la destruction des récoltes issues d’essais avec des produits non encore homologués », écrit Amoéba, les autorités ont accordé « une dérogation exceptionnelle », au regard du « faible risque », et autorisent ainsi « la consommation des fruits et légumes récoltés dans le cadre de ces essais ». L’expérimentation a un triple objectif : « valider l’efficacité du produit dans des conditions commerciales réelles », l’intégrer « dans des itinéraires techniques variés de culture sous serre pratiqués aux Pays-Bas » et « renforcer la visibilité et la crédibilité » de l’entreprise dans le pays. Pour rappel, fin 2024, Amoéba s’est associée avec le néerlandais Koppert et mi-avril, en France, Axpera a reçu une autorisation de mise sur le marché d’urgence pour le traitement du mildiou de la vigne, avant une autorisation permanente espérée « fin 2025/début 2026 ». 

Banane/climat : l’approvisionnement des USA et de l’UE « pourrait être menacé » (étude)

Avec les effets du changement climatique (fluctuation des rendements, demande en eau, pression des maladies…), l’approvisionnement des États-Unis et de l’UE en bananes « pourrait être menacé » en cas d’inaction, écrivent deux expertes de la Rabobank, Camilla Bonilla-Cedrez et Cindy van Rijswick, dans leur étude publiée en mars. 73 % des importations de l’UE viennent de trois pays seulement – Équateur, Colombie et Costa Rica –, tandis que 76 % des importations des USA viennent du Guatemala, de l’Équateur et du Costa Rica. La Colombie et le Panama sont « à risque » ; le Costa Rica, le Guatemala et le Mexique sont « résilients » ; l’Équateur et le Honduras devraient « bénéficier » des conditions climatiques futures. Parmi les « stratégies potentielles » pour les importateurs et détaillants figure la « diversification » géographique, mais pas seulement : « La coopération de la chaîne de valeur et le partage des risques seront cruciaux », écrivent les expertes, pour « permettre aux producteurs d’investir dans des pratiques adaptatives ». Cela inclut des « co-investissements dans des pratiques climato-intelligentes ». La diversification pourrait profiter aux autres pays d’Amérique latine et à l’Afrique (notamment la Côte-d'Ivoire, fournisseuse de la France). Cependant, pour « améliorer la position compétitive des fournisseurs africains, des investissements additionnels seront nécessaires afin d’accroître les rendements, la logistique et d’autres facteurs favorables ».

Bovins viande : les prix des broutards « fléchissent », les vaches au coût de production

Après plusieurs mois de hausse continue, les prix des broutards – en particulier les animaux lourds – ont connu un « fléchissement » en avril, en raison « d’une offre renforcée par les ventes de broutards alourdis à l’étable durant l’hiver », constate l’Institut de l’élevage dans son bulletin Tendances paru le 25 avril. Après un pic à 4,88 €/kg vif en semaine 12 (du 17 mars), le cours des charolais U de 450 kg a « reflué à 4,76 €/kg vif en semaine 16 » (du 14 avril). Un niveau « cependant supérieur de 33 % à l’année précédente », remarque l’institut technique, et toujours supérieur au coût de production moyen (4,08 €/kg vif), dépassés en début d’année. En revanche, les autres catégories de broutards (animaux plus légers) « poursuivaient leur hausse », reflet d’une offre « restreinte du fait de la forte baisse automnale des naissances ». De leur côté, les cours des vaches allaitantes, qui avaient augmenté moins vite que les broutards, ont récemment dépassé les coûts de production. En semaine 17 (du 21 avril), la vache R se vendait en moyenne à 6,17 €/kg entrée abattoir, soit exactement le niveau de l’indicateur interprofessionnel de prix de revient pour le premier semestre 2024. Une progression de 54 ct€/kg depuis le 6 janvier qui s’explique principalement par une « offre limitée ».

Pesticides : les ETA alertent sur une hausse des offres illégales de prestation d'application

Dans un communiqué du 6 mai, la FNEDT (fédération des entreprises de travaux agricoles - ETA) s'inquiète d'une progression des offres de prestation d'application de produits phytosanitaires par des entreprises/entités/personnes qui ne disposent pas de l’agrément nécessaire. Elle rappelle que la réglementation existe depuis 2012, mais n'empêcherait pas ces pratiques illicites d'augmenter. Contactée par Agra Presse, la fédération précise que « chaque semaine», plusieurs annonces de prestations sans agrément apparaissent sur un site internet national de petites annonces agricoles, «contre seulement une à deux par mois auparavant». La situation «s’aggrave depuis 2022 (...) Le phénomène se développe particulièrement en grandes cultures», estime la FNEDT. En conséquence, les ETA certifiées perdent confiance et commencent à rejeter la réglementation, prévient l'organisation. « Plusieurs centaines d'ETA agréées, soit près d’une sur trois, interrogent la commission Agricole et Environnement sur la pertinence du renouvellement de l’agrément », précise-t-elle. La FNEDT indique avoir alerté le ministère de l'Agriculture il y a un mois par courrier, resté sans réponse. L'organisation, « qui croit en la valeur de l'agrément », annonce se préparer à interpeller les préfectures, les DDT (direction départementale des territoires) et les SRAL (services régionaux de l'alimentation) via ses réseaux.

Produits laitiers : le prix du beurre industriel atteint un record à 7600 €/tonne

« La situation globale des marchés évolue actuellement de façon modérée, sauf pour le beurre industriel qui est en forte augmentation », indique le Cniel dans sa note de conjoncture laitière d’avril 2025 publiée le 6 mai. Ainsi, le beurre industriel atteint actuellement un nouveau sommet à plus de 7600 €/tonne. « La production laitière est actuellement peu dynamique dans les grands bassins exportateurs mondiaux », constate les experts du Cniel. En France, les problèmes sanitaires ont entraîné une baisse de la collecte de 2% sur les 15 premières semaines de 2025, mais elle s’est améliorée depuis le début avril. Le prix unitaire des charges dans les élevages laitiers diminue, l’indice général Ipampa Lait de vache de l’Institut de l’élevage reculant de 2% par rapport à février 2024, après une période de forte augmentation (+24% depuis 2020). Le prix standard du lait de vache conventionnel est en hausse de 8% à 468 €/1000 litres en février 2025, soit 34 € de plus qu’en février 2024 selon FranceAgriMer. Des évolutions qui ne se retrouvent pas de façon symétrique dans les magasins puisque depuis un an, les prix du beurre et du lait liquide progressent, tandis que ceux des fromages et des yaourts reculent. Le Cniel constate que « les perspectives sur les mois à venir sont difficiles à déterminer en raison de l’intensification des tensions géopolitiques et des risques sanitaires ».

Loup : Strasbourg se prononcera le 8 mai sur la révision du statut de protection

Les eurodéputés se sont prononcés le 6 mai, à l’occasion d’un vote à main levée en séance plénière du Parlement européen à Strasbourg, en faveur de l’utilisation de la procédure d’urgence concernant la révision du statut de protection du loup dans le cadre de la directive Habitats. Cette décision a pour conséquence d’accélérer les travaux parlementaires sur la question. Ils voteront donc le 8 mai sur un amendement ciblé rétrogradant le grand prédateur d’espèce de faune « strictement protégée » (annexe IV) à « protégée » (annexe V). En cas d’issue positive, le projet de règlement de la Commission européenne n'aura besoin que de l'approbation formelle du Conseil de l'UE pour entrer en vigueur, puisque ce dernier a déjà approuvé la proposition de Bruxelles le 16 avril sans l’amender. Jusqu’au dernier moment, les opposants à la révision du statut de protection ont tenté de faire entendre leur voix, à l'image de l'allemand Sebastian Everding (la Gauche, gauche radicale) qui a exhorté ses collègues à rejeter la demande. Mais, pour le groupe PPE (droite), « les agriculteurs européens ont besoin de toute urgence de ces nouvelles règles claires pour les aider […] à apaiser l'inquiétude croissante causée par l'expansion des populations de loups ».

Ourse tuée dans les Pyrénées : quatre mois de prison avec sursis pour le tireur

Le tribunal correctionnel de Foix a condamné le 6 mai à quatre mois de prison avec sursis le chasseur qui avait abattu une ourse lors d'une battue illicite, en 2021 dans les Pyrénées, pour laquelle 15 autres chasseurs ont écopé d'amendes et de retraits de permis de chasse, rapporte l’AFP. L'ensemble des prévenus se voit également contraint de verser collectivement plus de 60 000 € de dommages-intérêts aux associations environnementales qui s'étaient constituées parties civiles dans ce dossier. Le jugement concernant le tireur est conforme aux réquisitions du procureur de la République ; lors du procès le 19 mars, celui-ci avait requis la même peine contre le chasseur de 81 ans, auteur du tir mortel après avoir été blessé par Caramelles, une femelle de 150 kg, accompagnée de deux oursons. Les avocats de la défense avaient demandé la relaxe des chasseurs. À la barre du tribunal, le principal prévenu avait admis avoir ouvert le feu sur l'ourse, en état de « légitime défense ». « Elle m'a attrapé la cuisse gauche, j'ai paniqué et j'ai tiré un coup de carabine. Elle a reculé en grognant, elle m'a contourné et m'a mordu le mollet droit, je suis tombé, elle me bouffait la jambe, j'ai réarmé ma carabine et j'ai tiré. Elle est morte cinq mètres plus bas », a-t-il relaté à l'audience.

Grains/alimentation animale : avancée record des semis de soja aux États-Unis

Les travaux de semis de soja aux États-Unis sont effectués à 30 % au 4 mai, d’après le rapport hebdomadaire du département états-unien de l’agriculture (USDA) sur l’état des cultures (dénommé « crop progress »), contre 24 % l’an dernier à pareille époque, et 23 % en moyenne lors des cinq dernières années. « Il s’agit d’un niveau record pour cette période de l’année », indique par mail à Agra Presse Matt Ammermann, analyste au sein du cabinet d’analyse StoneX. Ce dernier s’attend à ce que l’USDA publie dans les prochaines semaines de bons chiffres concernant les conditions de cultures. Par ailleurs, les emblavements de maïs avancent bien, réalisés à 40 % au 4 mai, contre 35 % l’année passée à la même période, et 39 % en moyenne sur 2020-2024. Là aussi, Matt Ammermann indique que les conditions de cultures sont globalement satisfaisantes. En blé tendre, les conditions de cultures d’hiver sont bonnes à excellentes dans 51% des cas au pays de l’oncle Sam, un plus haut depuis 2020 à cette période de la campagne culturale, toujours d’après StoneX (50% l’an dernier à la même époque). Ces informations participent au contexte actuel de baisse des cours mondiaux du soja (dont la référence est le contrat à terme de Chicago) du maïs et du blé (références : Chicago et Euronext) ces derniers jours.