UE/Etats-Unis : les colégislateurs européens échouent à trouver un compromis
Réunis le 6 mai pour leur deuxième session de négociations interinstitutionnelles, le Conseil de l’UE et le Parlement européen ne sont pas parvenus à se mettre d'accord au sujet des textes mettant en musique l’accord transatlantique conclu en juillet à Turnberry (Écosse). Ceux-ci visent notamment à faciliter l’accès au marché européen de certains produits industriels et agricoles américains en échange d’un maintien à 15% des droits de douanes de Donald Trump. Si des progrès ont été réalisés sur plusieurs éléments des propositions comme sur la question du mécanisme de sauvegarde ainsi que sur la révision et l'évaluation du règlement principal, les discussions vont se poursuivre au niveau technique dans l’optique d’un nouveau trilogue le 19 mai. Les colégislateurs espèrent avancer rapidement alors que l’épée de Damoclès de nouvelles surtaxes américaines reste suspendue au-dessus de la tête de l’UE. «Nous sommes pleinement déterminés à poursuivre notre engagement constructif avec le Parlement européen afin de conclure les travaux législatifs dans les meilleurs délais», a affirmé Michael Damianos, ministre chypriote de l’Énergie, du Commerce et de l’Industrie à l’issue de la session de négociations.
Pac : la famille royale émiratie aurait touché 71 millions d'euros d'aides
Dans une enquête publiée le 7 mai, le collectif de journalistes DeSmog, en partenariat avec le quotidien espagnol El Diario et les médias roumain G4Media et britannique The Guardian, affirme que la famille royale des Émirats arabes unis a bénéficié de 71 millions d’euros d’aides de la Pac sur une période de six ans (2019-2024) et qu’elle possède 65 000 hectares de terres agricoles en Roumanie, en Espagne et en Italie. Face à ces révélations, la Commission européenne a indiqué le même jour «prendre note de l’enquête» tout en rappelant que la Pac est une politique en gestion partagée. «La Commission n'intervient pas dans les versements de subventions aux bénéficiaires finaux», a précisé Louise Bogey, porte-parole de la Commission en charge de l’Agriculture. Et d’ajouter: «Ce rôle et cette responsabilité incombent aux États membres et c'est pour cette raison que la Commission ne dispose ni des noms des bénéficiaires, ni de ceux des propriétaires des entités juridiques qui reçoivent des aides au titre de la Pac». Dans le cadre de sa proposition pour la Pac post-2027, Bruxelles entend mieux cibler les soutiens agricoles via un plafonnement et une dégressivité des aides.
Loi d'urgence : le texte adopté en Coméco, Travert rassurant sur la tenue du calendrier
A l'issue de trois jours d'examen, les députés de la commission des Affaires économiques ont adopté dans la soirée du 7 mai le projet de loi d’urgence agricole, qui doit désormais être débattu à partir du 19 mai en séance publique. Dans un communiqué le 5 mai, la FNSEA avait fait part de son inquiétude sur la capacité à faire tenir l’examen dans le temps imparti, sur quatre jours à ce stade, notamment après que la commission a accepté « à la demande des écologistes, la suppression du temps législatif programmé pour livrer ce texte à l’obstruction ». Pour la FNSEA, « tout est désormais réuni pour empêcher ce texte d’aboutir. » Pour le rapporteur Les Républicains (LR), Julien Dive, « c'est une vraie possibilité que le texte ne soit pas fini à la date du 25 mai », mais reste optimiste sur la capacité à respecter le temps imparti. Le président de la commission des Affaires économiques, Stéphane Travert, se veut rassurant : « Si besoin, nous ouvrirons la semaine suivante. Ça ira au bout », assure-t-il à Agra presse. La FNSEA a également dénoncé l'absentéisme parmi les députés de la commission des Affaires économiques. Ce sont probablement ces absences qui ont entraîné l'adoption d'un amendement instaurant des prix planchers calculés sur les coûts de production dans tout le secteur agricole, sans concertation préalable. Une mesure qui rendrait caduque la plupart des autres dispositions du texte sur les relations commerciales.
Reliquats bio : Genevard distribue 40M€ vers les Maec, le reste est encore à arbitrer
Alors qu'une réunion interministérielle est attendue le 12 mai, avec la menace d'une coupe de Bercy, la ministre de l'Agriculture a annoncé la destination d'une première partie de l'enveloppe de reliquats d'aides à la bio non consommées pour 2025, 2026 et 2027, estimée à 100 M€/an : 40 millions d'euros sont fléchés vers les Mesures agroenvironnementales (Maec), qui doivent faire la part belle aux zones intermédiaires et à l'agriculture, annonce-t-elle dans un communiqué. Les montants alloués à chaque destination ne sont pas précisés : pour les zones intermédiaires, la ministre annonce «l’abondement en urgence des moyens dédiés aux Maec dédiées» à ces régions. Pour la bio, la ministre indique que «la répartition régionale de ce complément tient également compte des besoins remontés dans certaines régions sur les MAEC, systèmes particulièrement sollicités par les agriculteurs bio et dans les zones de captage.» Lors de la redistribution des 257 M€ d'aides bio de 2023 et 2024, 33 M€ étaient revenus à des MAEC herbagères et zones intermédiaires. À l'occasion de l'assemblée générale de la FNSEA, le 2 avril, la ministre de l'Agriculture avait fait part de son souhait que la « majorité » du budget pour 2025, 2026 et 2027 aille aux aides à l'investissement, et le reste aux zones intermédiaires et à la bio. Mais selon nos informations, Bercy souhaiterait mettre la main sur ces fonds européens, pour réaliser des économies sur le budget de l'État. La manœuvre consisterait à flécher cette enveloppe Feader non consommée vers l'assurance récolte (dont le cofinancement européen est variable et peut grimper jusqu'à 65 %), pour diminuer la part de co-financement de l'État.
Bio/relations commerciales : le Synabio dénonce une pression excessive sur les industriels
Les industries agroalimentaires biologiques dressent un bilan négatif des dernières négociations commerciales terminées le 1er mars et analysées par le médiateur des relations commerciales agricoles fin avril. Selon le Synabio, qui représente ces entreprises, « avec des coûts en hausse de +3,1 % et des revalorisations tarifaires plafonnées à +1,6 %, la compression des marges des entreprises bio n'est plus tenable ». Le syndicat pointe tout particulièrement la grande distribution qui a réduit les assortiments de produits biologiques, ce qui représente un risque à moyen terme : « Appauvrir le choix, réduire l'attractivité de la catégorie et freiner durablement la consommation. » Il demande l’arrêt de cette politique. Suite à la guerre au Moyen-Orient et aux hausses du carburant, le Synabio demande la réouverture des négociations commerciales, en commençant par la tenue d'un nouveau comité de suivi. Le syndicat annonce qu’il soutient « la proposition portée par la Fédération des entreprises et entrepreneurs de France (Feef) visant à faire du tarif fournisseur une référence centrale de la négociation, non figée dans la convention et susceptible d'évoluer en cours d'année sous réserve d'un délai de prévenance. »
Bio : en restauration, un besoin de « rétablir la vérité sur les prix » (étude)
De son étude Cuisinons plus bio 2026, rendue publique le 5 mai, l’Agence Bio constate qu’une meilleure diffusion du bio en restauration nécessite de « rétablir la vérité sur les prix », leur niveau, perçu comme élevé, représentant « le frein unanime ». Recueillant les témoignages de cinq acheteurs de la restauration et de sept grossistes, cette étude fait ressortir des leviers pour abaisser les prix d’achat, pour que les sites de restauration réduisent leurs coûts, ou enfin justifier un prix plus élevé que pour les produits conventionnels. Abaisser les prix peut procéder de circuits courts, du repérage des produits de saison moins chers, de la chasse aux marges abusives, filières structurées ou encore de l’obtention de l’Etat d’un abaissement de la TVA sur le bio en restauration. A l’intention des sites de restauration, l’étude recommande d’ajuster les recettes (par exemple en réduisant une portion de viande), de tirer parti d’un meilleur rendement des denrées bio, de travailler à l’ardoise, et enfin de communiquer sur les avantages de la filière pour l’environnement et la santé. Elle revendique aussi de rendre la certification de restaurant bio plus accessible.
Bassines : sabotage dans la Vienne et les Deux-Sèvres, un collectif revendique
Des militants ont revendiqué le 8 mai le «sabotage» dans la Vienne et les Deux-Sèvres de deux bassines, ces retenues d’eau pour l’agriculture intensive qui font débat, suscitant une «ferme condamnation» de ces «agissements intolérables» par le préfet des Deux-Sèvres. Ces dégradations ne sont pas les premières du genre, mais ont été revendiquées - fait rare - dans un communiqué au nom de l’«Amicale pour le débâchage permanent du PoitouW, adressé à des médias locaux et relayé vendredi par les Soulèvements de la Terre. Le collectif signataire y assure «qu’il n’y aura pas de répit tant que les bassines sont en état de marche», ajoutant qu’il ne «cesserait jamais de les démonter». Vendredi soir, dans un communiqué, le préfet des Deux-Sèvres Simon Fetet a «condamné avec la plus grande fermeté ces atteintes à des ouvrages agricoles», qui constituent des infractions pénales. Ces dégradations sont intervenus au lendemain d’une nouvelle décision de justice concernant Julien Le Guet : cette figure du mouvement anti-bassines a été condamné mercredi par la cour d’appel de Poitiers à une peine de six mois de détention à domicile pour sa participation à des manifestations contre la mégabassine de Sainte-Soline (Deux-Sèvres) en octobre 2022.
Engrais/cadmium : les effets de la réglementation «difficiles à mesurer» (rapport)
Dans un rapport paru en février, en grande partie suivi par le gouvernement quelques semaines plus tard, le CGAAER (ministère de l'Agriculture) estime que les effets de la trajectoire qui avait été mise en consultation publique sont « difficiles à mesurer, ne serait-ce qu’en l’absence de données précises sur la teneur réelle en cadmium des engrais importés et livrés en France ». Les auteurs s'attendent toutefois à «des conséquences en termes de sécurité des approvisionnements, de niveaux de prix des engrais, de sous-fertilisation ou de pérennité des outils industriels ». Pas de risque de rupture prévue - mais le rapport a été publié avant les tensions dans le détroit d'Ormuz - mais un «risque d’augmentation des prix», davantage lié «à une concentration de l’offre qu’aux éventuels surcoûts engendrés par la décadmiation qui a priori semblent limités». Concernant le risque de sous-fertilisation, ils soulignent que «l’existence d’une limite de flux à l’hectare réduit, dans certains cas, les possibilités d’apport des quantités de phosphore nécessaires, sauf à jongler avec les différentes catégories de MFSC». Concernant les outils de transformation français, un «risque de désindustrialisation n’est pas à écarter», en accentuant «la concurrence d’importations low cadmium », notamment du Maroc. Pour les boues, une augmentation des surfaces d'épandage est à prévoir, voire des volumes envoyés à l'incinération.
Boulangerie : la filière alerte sur une possible hausse des prix dans les prochains mois
Dans un communiqué du 7 mai, la FEB (représentant essentiellement la boulangerie industrielle) alerte sur une potentielle hausse des prix des produits de BVP (boulangerie, viennoiserie, pâtisserie) à venir dans les prochains mois. La profession précise que le conflit au Moyen-Orient, qui a engendré des « hausses brutales des coûts », menace l’équilibre économique de la filière. Elle pointe particulièrement la progression des carburants, des emballages, de l’énergie et de certains intrants agricoles. « Face à cette situation, les entreprises du secteur risquent de ne plus pouvoir absorber seules ces surcoûts, avec des répercussions à prévoir sur les prix de vente dans les prochains mois », alerte l'organisation dans le communiqué. La FEB appelle « à une mobilisation rapide, coordonnée et responsable de l’ensemble des acteurs de la chaîne alimentaire ». Afin, entre autres, de garantir la continuité de l’approvisionnement, elle demande notamment à la distribution d’accepter la répercussion des hausses des coûts dans les négociations commerciales, « en évitant toute politique de blocage artificiel des prix, déconnectée des réalités économiques ».
Cerises : la saison débute avec des perspectives de récoltes à un niveau « normal »
La récolte des cerises a débuté dans les principaux bassins de production, notamment les Pyrénées orientales et le Vaucluse, avec une avance d’environ une semaine par rapport à 2025, a indiqué Alexandra Lacoste, directrice de l’AOP Cerises à Agra presse le 7 mai. Le démarrage de la récolte devrait s’intensifier la semaine prochaine avec un pic de production attendu les deux dernières semaines de juin. Dans l’ensemble, les vergers ont connu de « très belles » conditions de floraison et le potentiel de récolte est, à ce stade, qualifié de « normal ». Si les variétés précoces arrivent progressivement sur les étals, la filière reste particulièrement prudente face aux risques climatiques ; la pluie pouvant notamment dégrader une partie des fruits. « La cerise est un fruit particulièrement fragile », rappelle Mme Lacoste, qui estime qu’il est encore trop tôt pour se prononcer sur le niveau de production. En cas de dégâts, des taux de tri élevés peuvent rapidement alourdir les coûts de main-d’œuvre et compromettre la récolte. La filière reste également attentive à la pression de la drosophile suzukii, insecte originaire d’Asie particulièrement nuisible aux cerisiers. Des programmes de lutte recourant à des lâchers d’auxiliaires ou d’insectes stériles sont actuellement déployés dans le cadre d’essais.
Pomme : l’Alliance internationale Pink Lady met fin à ses activités après 25 ans
L’Alliance internationale Pink Lady (IPLA) a annoncé sa dissolution après vingt-cinq ans d’existence rapporte l’entreprise sud-africaine TopFruit dans un post LinkedIn publié le 7 mai. La décision a été confirmée à l’occasion d’un rassemblement à Paarl, en Afrique du sud, du 20 au 22 avril, réunissant la majorité des membres internationaux de l’association. Créée en 1999 et officiellement constituée en 2001, l’IPLA a réuni des producteurs, éditeurs de variété et metteurs en marché des principales zones de production de la Pink lady dans le monde : Afrique du Sud, Argentine, Australie, Chili, États-Unis, Europe, Japon, Nouvelle-Zélande et Uruguay. Selon Top Fruit, l’association a rappelé avoir joué, depuis sa création, un rôle déterminant dans le développement et la structuration de la marque Pink Lady. Elle a notamment évoqué la coordination internationale de la politique de marque, la gestion des systèmes de licences et l’harmonisation des standards entre pays. Ces responsabilités échoient désormais à l’association Apple and Pear Australia Limited (APAL), propriétaire de la marque Pink Lady, et à sa filiale commerciale, Twenty Degrees.
Maraîchage : Légumes de France veut un crédit d’impôt «Compétitivité Emploi»
A l’occasion de la cérémonie de remise du muguet du 1er Mai à l'Elysée, Benjamin Simonot-De Vos, président des maraichers de Rungis et secrétaire général adjoint de Légumes de France (FNSEA), a remis une note sur la situation du secteur au président de la République et à la ministre de l’Agriculture, rapporte le bulletin du syndicat le 7 mai. Pour Légumes de France, « l’inflation met les maraîchers en danger » : hausses des prix du GNR de 60 à 80, du 30 % du gaz naturel et de 8% pour les approvisionnements hors (emballages…) ; très forte hausse attendue des engrais azotés. A quoi s’ajoute une « flambée des prix des légumes frais en linéaire qui ne se retrouve pas dans les prix payés aux producteurs ». Le syndicat prône l’extension du TO-DE à tous les salariés et la mise en place d’un crédit d’Impôt Compétitivité Emploi en maraîchage : « Notre coût horaire, est le plus cher d’Europe. 33 % d’écart avec l’Espagne, 36 % avec l’Italie». Sont aussi avancés l’augmentation de la taille des allégations d’origine sur les emballages, le développement des stockages d’eau et une LUA intégrant la dimension européenne pour les outils de protection des cultures. Enfin, Légumes de France a chiffré le programme d’appui au développement des cultures sous abris : 167 M€ / an sur 10 ans pour augmenter de 30 % le parc d’abris froids, de serres chaudes et développer des abris climatiques.
Porc : Arterris veut produire 8 000 porcs occitans de plus dans les trois ans
Dans un communiqué du 7 mai, la coopérative Arterris expose son objectif de produire 8 000 porcs supplémentaires « sous trois ans » en favorisant les systèmes de polyculture-élevage. La coopérative occitane a déjà 40 adhérents éleveurs de porcs et commercialise ainsi 45 000 porcs annuellement. Elle invoque deux motifs à produire davantage de porcs. Sur le plan régional, il s’agit d’améliorer l’approvisionnement des distributeurs et salaisonniers. « Nous constatons une demande croissante de la part de nos clients pour des viandes issues de filières locales et de qualité », argumente dans le communiqué Maxime Guasch, président de la Maison Guasch, qui commercialise le porc Pyrénéus d’Arterris. A l’échelle de la ferme, produire du porc aide à résister à la volatilité des prix céréaliers. Cela permet de valoriser les céréales dans l’alimentation des porcs tout en bénéficiant d’un fertilisant naturel et économique, sous forme de lisier ou de fumier pour un élevage sur paille, explique la coopérative. Celle-ci propose d’accompagner un montage d’atelier adapté à toute exploitation à travers le montage du dossier de financement, l’aide à l’investissement et le suivi technique.
Ovins/caprins: la Fnec et FNO demandent un plan contre les maladies de l'Est
Après la section ovine de la Coordination rurale le 30 juin, c'est au tour de la FNO et de la Fnec (associations spécialisées ovine et caprine de la FNSEA) de mettre la pression par communiqué pour renforcer les mesures de prévention face au risque d'introduction de plusieurs maladies de catégorie A présentes dans les pays de l'Est. Dans un communiqué paru le 7 mai, les associations indiquent qu'elles demandent « depuis plusieurs semaines l'élaboration urgente d'un plan national d'anticipation et de prévention » dédié, qui doit notamment préparer une «réponse opérationnelle en cas d'apparition d'un foyer». Pour l'heure, la DGAL (ministère de l'Agriculture) aurait renvoyé les professionnels aux travaux en cours dans les Assises du sanitaire, qui doivent théoriquement s'achever avant l'été. Une réponse «jugée totalement inadaptée à l'urgence». Au moins trois maladies de catégorie A (éradication obligatoire et immédiate) sont actuellement présentes dans les pays de l’Est, dont la clavelée, très présente en Grèce (1 600 foyers depuis le 1er juillet 2025), ainsi que dans d’autres pays de la région. Une mesure a déjà été prise en France : un arrêté paru au Journal officiel le 4 avril renforce la traçabilité des mouvements d’ovins et de caprins en raison des « risques de maladies de catégorie A dans les pays de l’Est ». Les détenteurs de ces petits ruminants doivent déclarer les mouvements d’animaux dans un délai de 48 heures, au lieu de sept jours en temps normal.
Lait : la céréulide mise hors de cause dans la mort d'un des bébés présumés victimes
La piste du lait infantile contaminé a été écartée comme cause du décès de l'un des bébés présumés victimes d'intoxication, en décembre à Angers, a annoncé le 6 mai le parquet. « On écarte le lien entre le lait et le décès », a déclaré à l'AFP le procureur d'Angers, Eric Bouillard, confirmant une information du Courrier de l'Ouest. Les dernières analyses ont conclu à un décès par asphyxie et une dernière expertise toxicologique est attendue dans le dossier. L'enquête avait été ouverte en décembre pour rechercher les causes du décès d'une petite fille âgée de 27 jours, morte le 23 décembre 2025 au domicile familial. L'asphyxie serait involontaire, la maman ayant dormi cette nuit-là dans le même lit que le nourrisson, a précisé le procureur. La mère de l'enfant a été entendue en garde à vue fin avril et le parquet attend désormais « d'avoir tous les éléments avant de décider des suites », a-t-il ajouté. La mère avait contacté les enquêteurs en janvier en évoquant une boîte de lait Guigoz qu'elle avait donnée à son bébé, boîte qui appartenait aux lots rappelés. En mars, des analyses avaient détecté la présence de la toxine céréulide dans ce lait mais le lien de causalité avec sa mort n'avait pas été établi. L'affaire des laits infantiles a débuté fin 2025 avec le rappel par Nestlé de lots à cause de la présence potentielle de céréulide.
Négociations commerciales : la Feef demande à nouveau un tarif fournisseur révisable
Les PME de la Feef ont lancé le 7 mai un appel aux parlementaires à « se mobiliser lors des prochaines étapes de l’examen du texte (de la loi d’urgence agricole, NDLR) en mettant en place une négociation annuelle avec tarif révisable pour les fournisseurs réalisant moins de 350 millions d’euros de chiffre d’affaires groupe consolidé. » Cette proposition, qui n’est pas nouvelle pour la Feef, consisterait à donner à l’industriel la liberté exclusive de fixation de son tarif, et de sa révision avec une date d’application à tous les clients en même temps. S’il mettait en œuvre « une hausse inappropriée de son tarif et par suite de ses prix, les méventes de ses produits en résultant en magasins aboutiraient légitimement au déréférencement de ses gammes », précise la Feef. La négociation commerciale annuelle serait alors centrée sur le plan d’affaires, autrement dit sur les conditions commerciales consenties par le fournisseur et les engagements associés tels qu’ils sont pris par le distributeur, sans référence à un prix fixe. La Feef précise que cette façon de fonctionner, en signant un contrat-cadre, est inspirée de ce qui existe dans les relations entre constructeurs automobiles et concessionnaires. Et qu’elle ne déroge pas au droit en vigueur.