Agrafil du 12 novembre 2024

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Cognac: la Chine annonce l'imposition de mesures antidumping temporaires

La Chine a annoncé le 11 novembre l'imposition de «mesures antidumping temporaires» sur les brandys importés de l'Union européenne (UE), dont le cognac, après une annonce similaire le mois dernier, sur fond de tensions commerciales entre Pékin et Bruxelles. Il n'était pas clair dans l'immédiat lundi si ces mesures, qui seront imposées à partir de vendredi, étaient nouvelles ou la prolongation de celles déjà existantes.  La Chine impose déjà depuis le 11 octobre aux importateurs de brandys européens (les eaux-de-vie à base de vin), dont le cognac représente 95% du total, de déposer une caution auprès des douanes chinoises, dans le cadre d'une enquête anti-dumping. Cette dernière est largement perçue comme une mesure de rétorsion après le soutien appuyé de la France à l'imposition par l'UE de surtaxes douanières sur les voitures électriques importées de Chine. «Les autorités chargées de l'enquête (sur les brandys européens) ont décidé de mettre en oeuvre des mesures antidumping temporaires sous la forme d'une caution ou d'une lettre de garantie», a indiqué le 11 novembre le ministère chinois du Commerce dans un communiqué. Un texte à la formulation quasi identique avait été publié par ce ministère le 8 octobre et avait débouché sur les mesures prises trois jours plus tard. Le communiqué de lundi, présenté comme une «annonce complémentaire»', ne précise pas la date d'expiration de ces nouvelles mesures temporaires.

Vin : recul des volumes récoltés en France plus fort qu'attendu, à -23 % (ministère)

La production viticole 2024 est attendue en recul de 23 % sur un an (contre -18% en septembre), du fait de «conditions météorologiques défavorables sur l'ensemble des régions», selon une nouvelle estimation publiée le 8 novembre par le ministère de l'Agriculture. Au 1er novembre, elle est estimée à 36,9 Mhl (contre 39,3 Mhl en septembre), un volume proche des niveaux historiquement bas de 2017 et 2021, années également marquées par des aléas climatiques. Cela représente un recul de 17 % par rapport à la moyenne quinquennale. Tous les types de vins sont concernés, notamment en Bourgogne, Beaujolais et Champagne, ainsi que les vins destinés aux eaux-de-vie (en repli de 36 % après avoir bénéficié d'une récolte exceptionnelle en 2023). Ces projections ont encore été revues à la baisse, puisqu'en septembre le ministère prévoyait un repli de 18 % sur un an. L'année 2024 a été caractérisée par des précipitations depuis le printemps et jusqu'aux vendanges et des problèmes sanitaires qui ont réduit les volumes. Dans de nombreux vignobles, la floraison s'est déroulée dans des conditions fraîches et humides, entraînant la coulure (chute de fleurs et jeunes baies) ainsi que le millerandage (formation de baies trop petites), rappelle le ministère. A cela s'ajoutent des pertes dues au gel au printemps, au mildiou et à la grêle en été.

Fruits/légumes : le Conseil d’État annule le décret d’interdiction des emballages plastiques

Par une décision du 8 novembre, le Conseil d’État a annulé le décret relatif à l’interdiction des emballages plastiques des fruits et légumes frais non transformés. Pour rappel, les deux syndicats professionnels avaient saisi la plus haute juridiction administrative en 2023, considérant que le décret n’avait pas été correctement notifié à la Commission européenne. Si la France avait communiqué son projet de décret à la Commission européenne en décembre 2022, cette dernière avait demandé à la France d’attendre un an avant toute adoption. En effet, un nouveau règlement européen prévoyant des restrictions spécifiques à l’utilisation de certaines formes d’emballages inutiles était en cours de négociation - il a été finalement adopté au printemps 2024. Malgré cette demande de report obligatoire, le gouvernement avait adopté son décret le 20 juin 2023. Une adoption prématurée qui constitue, selon le Conseil d’État, un «vice substantiel», puisqu’elle empêche la Commission et les États membres de proposer l’édiction de normes communes ou harmonisées réglant la matière faisant l'objet de la mesure envisagée. «Il reviendra au gouvernement, s’il souhaite prendre un nouveau décret d’application de la loi, de notifier préalablement son projet à la Commission et de respecter les délais imposés par le droit de l’UE avant de l’adopter».

Photovoltaïque : chartes, Gufa, fonds, foncières, le partage territorial de la valeur s’organise

Sujet de crispation, le photovoltaïque fait l’objet de multiples initiatives autour du partage de la valeur, selon un dossier paru le 8 novembre dans Agra Presse. Des chartes départementales voient le jour sous l’impulsion notamment des chambres d’agriculture. «Aujourd’hui, on se fait un peu engueuler par tout le monde», a témoigné le 29 octobre le président du réseau consulaire Sébastien Windsor, lors d’un colloque de l’association France Agrivoltaïsme. Agriculteurs, syndicats, énergéticiens, collectivités reprochent aux chambres l’élaboration de doctrines qui «ne vont pas assez loin», ou au contraire «ouvrent les vannes». Ces chartes fixent des limites aux installations photovoltaïques, avec notamment des plafonds par agriculteur. Très en vogue, les fonds de partage territorial, appelés Gufa, sont obligatoires dans sept doctrines (Creuse, Haute-Garonne, Lot, Moselle, Nièvre, Saône-et-Loire, Yonne), encouragées dans dix-sept autres départements. Leur principe : ponctionner les énergéticiens au profit d’agriculteurs dépourvus de panneaux. D’autres dispositifs existent, comme l’investissement collectif dans des terres où seront installés des panneaux, via la Foncière rurale de Corrèze. Ou encore l’achat de parts de société qui monte des projets photovoltaïques, à l’instar d’Agriléa (Ain).

Machinisme agricole : finalement pas de salon au Bourget l'an prochain

Prévu pour devenir, l'an prochain, le «Salon international des équipements et des solutions agricoles» en se délocalisant au parc des expositions de Paris Le Bourget (Seine-Saint-Denis) du 23 au 25 février 2025, le Sia'Pro devait prendre le relais du salon historique du machinisme en France, le Sima, dont l'édition 2024 avait été annulée. Il ne verra finalement pas le jour. «Le projet n'ayant pas trouvé un écho favorable de complémentarité avec les représentants du machinisme agricole, il a été décidé de rapprocher le salon Siapro 2025 du Salon de l'Agriculture à Paris Expo Porte de Versailles», ont annoncé ses organisateurs (Ceneca et Comexposium) dans un communiqué paru le 8 novembre. Le Sia'Pro sera repositionné l'an prochain comme un «évènement dédié aux technologies et solutions innovantes pour l'agriculture de demain». En février, l'annulation du Sima 2024 avait été justifiée par ses organisateurs (Axema et Comexposium) par «le contexte actuel de baisse de marché et de crise agricole». Le grand rendez-vous du secteur avait aussi été victime du «désistement d’acteurs majeurs du machinisme agricole», d’après le syndicat des industriels de l’agroéquipement. Lancé en 2024, le Sia'Pro consistait en un espace de conférences réservé aux professionnels dans l'enceinte du salon international de l'agriculture. 

Investissement : la BEI adopte un paquet de 3Md€ pour l’agriculture durable

Le conseil d’administration de la banque européenne d’investissement a annoncé le 6 novembre, avoir adopté un programme de soutien à l’agriculture de 3 milliards d’euros (Md€). «C’est le plus important soutien jamais apporté par la BEI à l’agro-industrie et aux agriculteurs européens», ajoute l’institution financière basée à Luxembourg. Dans le détail, ce programme a pour objectif de «mobiliser des investissements dans des domaines clés qui favorisent l’innovation, les pratiques durables et la résilience face aux changements climatiques». Il doit permettre également «de rationaliser les financements destinés à soutenir l’agriculture durable, les outils agricoles numériques, les systèmes de gestion de l’eau et les fonds de roulement nécessaires à la résilience aux changements climatiques et à l’adaptation des cultures» et favoriser l’innovation. La BEI indique que ce programme sera avant tout destiné aux jeunes agriculteurs, aux nouveaux agriculteurs et aux «entreprises de l’agro-industrie cherchant à promouvoir la durabilité». Enfin, la réduction des émissions de gaz à effet de serre, l’accroissement de la biodiversité et l’encouragement envers des pratiques relevant de l’économie circulaire seront des critères prioritaires dans l’obtention des financements.

Installation : les députés allègent la fiscalité sur la transmission du foncier, contre le gouvernement

Lors de l’examen du projet de loi de finances (PLF) pour 2025, les députés ont allégé, le 8 novembre en séance publique, la fiscalité sur la transmission du foncier. Ils ont voté, avec l’avis favorable de la commission mais défavorable du gouvernement, des amendements républicains (DR) et macronistes (EPR) visant à aligner les règles de fiscalité appliquées en cas de transmission des terres agricoles sur celles de l’exploitation. «En exonérant de droits de succession ou de donation à hauteur de 75 % de la valeur du foncier et sans aucun plafond, à condition que celui-ci reste la propriété de l’héritier pendant 15 ans, nous pourrons ainsi préserver le modèle économique agricole français composé majoritairement d’exploitations familiales», soutient Nicolas Ray (DR) dans un amendement adopté. Les députés ont par ailleurs voté, contre l’avis du gouvernement, un amendement du rapporteur Charles de Courson (Liot) qui vise à étendre l’exonération partielle de droits de mutation à titre gratuit lors de la transmission de biens ruraux donnés à bail à long terme. Cela en rendant le dispositif «applicable à toutes les transmissions et non seulement à celles effectuées pour les baux conclus avec un jeune agriculteur».

Installation : un rapport interministériel propose d’accompagner les cédants

Dans un rapport sur les «freins fiscaux et non fiscaux au renouvellement des générations» (télécharger), le CGAAER (ministère de l’Agriculture) et l’IGF (Finances) proposent de créer, au sein des PAI (points accueil installation), un parcours spécifique d’accompagnement des cédants à la transmission. Il s’agit de «mettre en place dans tous les départements une campagne de communication et de sensibilisation et un parcours cédants avec un réseau de partenaires proches d’eux : banques, notaires, MSA, centre de gestion», selon le document publié le 8 novembre. Un dispositif qui inclut «la possibilité d’un accompagnement (autodiagnostic de transmission et offre de prestations à la carte)». Par ailleurs, la mission CGAAER et IGF recommande «afin d’inciter les bailleurs à conclure des baux avec des jeunes, agriculteurs, (de) créer un crédit d’impôt à la souscription d’un contrat d’assurance visant à garantir le paiement du fermage». Saluant ces deux propositions, mais aussi l’ensemble des onze du rapport, la FNSEA et JA regrettent néanmoins «l’absence d’un vraie mesure phare qui créerait le déclic chez tous les cédants à la fois pour intégrer un dispositif d’accompagnement à la transmission mais aussi pour transmettre son exploitation à un jeune plutôt qu’à l’agrandissement», selon un communiqué commun.

Fiscalité : les députés proposent d'élargir la DEP et d'augmenter l’exonération de TFNB

Lors de l’examen du projet de loi de finances (PLF) pour 2025, les députés ont élargi, le 8 novembre en séance publique, le dispositif fiscal de la Déduction pour épargne de précaution (DEP). Ils ont adopté, avec l’avis favorable de la commission mais défavorable du gouvernement, des amendements républicains (DR), macronistes (EPR) et Horizons étendant son champ d’application aux aléas économiques, au même titre que les aléas climatiques ou sanitaires. Avec l’avis de sagesse du gouvernement, les députés ont aussi voté un amendement DR permettant la réintégration des sommes déduites sans qu’il soit besoin d’établir un lien entre les dépenses réalisées et le risque constaté. Une hausse progressive de l’exonération de Taxe sur le foncier non bâti (TFNB) a par ailleurs été adoptée dans le même article du PLF. Contre l’avis du gouvernement, les députés ont voté un amendement du rapporteur Charles de Courson (Liot) portant le taux d’exonération à 30 % au 1er janvier 2025, 40 % au 1er janvier 2026 et 50 % au 1er janvier 2027.

Bien-être animal: le futur commissaire à l'Agriculture pourrait récupérer le dossier

Insatisfaits par la qualité de l'audition du commissaire désigné à la Santé et au Bien-être animal Olivér Várhelyi, les eurodéputés lui ont adressé au cinq questions additionnelles auxquelles il devait répondre avant la fin de journée du 8 novembre. Mais les eurodéputés réfléchiraient également à réduire la portée de son portefeuille. Le dossier du bien-être animal notamment pourrait ainsi revenir entre les mains du commissaire à l’Agriculture, Christophe Hansen. Les questions (en anglais) posées à Olivér Várhelyi portent notamment sur l’utilisation d’antibiotiques en élevage, l’étiquetage alimentaire (notamment nutritionnel) et le bien-être animal. Sur ce dernier point, il lui est demandé comment il compte concrètement tenir l’engagement pris lors de son audition de garantir une approche équilibrée, économiquement viable pour les agriculteurs et qui ne porte pas atteinte à leur compétitivité. Ses réponses seront analysées le 11 novembre par les coordinateurs politiques des commissions de l’Environnement et de l’Agriculture qui doivent dans la foulée, soit valider sa candidature, soit le convoquer pour une nouvelle audition. 

Influenza: passage en risque élevé dans l'ensemble de l'Hexagone (JO)

Comme attendu par les professionnels, le ministère de l'Agriculture a publié, le 8 novembre au Journal officiel, un arrêté faisant passer au niveau de risque «élevé» pour l'influenza aviaire sur l'ensemble du territoire métropolitain. Le ministère avait expliqué plus tôt dans la semaine aux professionnels que la décision était fondée sur la dynamique forte et persistante de circulation du virus dans l'avifaune sauvage en Europe dans les couloirs de migration traversant la France, alors que les vols d'oiseaux s'intensifient au-dessus de l’Hexagone. Dans un communiqué paru le 8 novembre, le Modef et la Confédération paysanne ont dénoncé une «décision incompréhensible». Pour les deux syndicats, elle découle «de l'apparition récente de grippe aviaire dans des élevages… qui étaient majoritairement déjà claustrés et pour certains vaccinés». Et de souligner que «seule une poignée de départements affiche des cas de grippe aviaire en élevage et qu’une expérimentation sur la biosécurité dans les élevages plein air est en cours». 

Bovins: les députés adoptent une taxe sur les importations, contre l'avis du gouvernement

Les députés de la gauche et du Rassemblement national ont adopté le 8 novembre lors de l'examen du budget une taxe sur les importations de bovins, contre l'avis du gouvernement, faisant des débats dans l'hémicycle une tribune contre l'accord de libre-échange entre l'UE et le Mercosur. Pour le groupe La France insoumise, qui a déposé cet amendement, cette taxe vise à «protéger les agriculteurs» et à «garantir la sécurité des consommateurs» face à la «concurrence déloyale» et les «risques sanitaires» que font courir, selon eux, les accords de libre-échange en amplifiant l'importation de bovins sur le territoire français. Elle vise «à ne pas mettre» les agriculteurs «en concurrence à l'international», a défendu au cours des débats la députée LFI Manon Meunier. L'amendement a été adopté très largement (121 voix pour, 17 contre) grâce à l'addition des voix de la gauche et du RN, contre celles d'un camp gouvernemental divisé et peu mobilisé.

Loups : des agriculteurs attachent un cadavre de génisse à une sous-préfecture du Doubs

Plusieurs dizaines d'agriculteurs ont exposé un cadavre de génisse tuée par une attaque de loups devant la sous-préfecture de Pontarlier (Doubs), pour protester contre le refus des services de l'Etat de réaliser des tirs de défense, ont annoncé la FDSEA et les Jeunes agriculteurs du Doubs. «Les attaques de loups s'enchaînent» mais «les éleveurs font face depuis des semaines au refus systématique des services de l'état de délivrer des autorisations de tirs de défense en dehors de 17 communes» consistant en une zone expérimentale, regrette la Fédération départementale des syndicats d'exploitants agricoles (FDSEA) du Doubs. Sollicitée par l'AFP, la préfecture du département n'a pas répondu dans l'immédiat. Mais Florent Dornier, président de la FDSEA du Doubs, a indiqué avoir été reçu par le directeur adjoint de la Direction départementale des territoires (DDT). «Il a bien pris note de l'ensemble des revendications», a-t-il déclaré, mais n'a pas donné de réponse concrète aux éleveurs. Ces derniers ont aussi fustigé les attaques en justice d'associations de protection de la nature contre les tirs. «Chaque génisse qui sera prédatée à partir d'aujourd'hui et qui ne bénéficiera pas d'un tir de défense simple finira devant la sous-préfecture», a conclu M. Dornier. 

Déforestation: les fabricants d'aliment français veulent un report du réglement en l'état

Les fabricants français d’aliments composés veulent travailler avec les autorités françaises et européennes à la mise en œuvre du règlement européen sur la déforestation importée, ressort-il de la convention sectorielle de La Coopération agricole (LCA) du 7 novembre. Ces industriels consommateurs de soja importé souhaitent que les parlementaires européens votent en l’état la proposition de recul d’un d’an de ce règlement instituant la «localisation à la parcelle». Afin de «mettre en œuvre ce règlement complexe dans les meilleures conditions possibles», la filière offre son «étroite collaboration» sur trois volets, a déclaré le président de la section Nutrition animale de La coopération agricole David Saelens: «L’élaboration de lignes directrices par produit afin de mieux prendre en compte les chaînes d’approvisionnement spécifiques à chacun ; la définition de modalités pratiques simples, pragmatiques, le moins coûteuses possible et pour un maximum d’opérationnalité ; l’harmonisation des contrôles au travers de l’Union pour garantir la libre circulation des biens». Les fabricants craignent que l’échéance du 30 décembre ne soit dépassée si un trilogue devait s’engager à l’issue du vote le 14 novembre.

Soja non déforestant: un surcoût de 30% si le règlement s’était appliqué en 2025 (fabricants)

Si le règlement sur la déforestation importée s’était appliqué dès 2025 - sa mise en oeuvre devrait être reportée d'un an -, le soja conforme à ce texte coûterait jusqu’à 30% plus cher que les soja dits non-déforestants actuels, selon les fabricants français d’aliments. «Les modalités [de détermination] sont différentes, a expliqué Valérie Bris, directrice de La Coopération agricole (LCA) Nutrition animale, en marge d'une convention sectorielle, ce 7 novembre. D’après ses estimations, un chargement de «soja ségrégué», dans lequel chaque lot est localisé à la parcelle et acheminé séparément, conformément au règlement européen, coûterait 20 à 30% plus cher. Les fabricants français se fournissent auprès de pays à faible risque de déforestation comme les Etats-Unis, l’Europe ainsi que l’Inde ou Nigeria. S’ils se fournissent en Amérique latine - origine à risque de déforestation- , ils appliquent le schéma de garantie de la Fefac (fédération européenne des fabricants d’aliments), «qui ne s’appuie pas sur la localisation à la parcelle», précise-t-elle. L’application du principe de «Mass balance», selon lequel une partie seulement d’un chargement est tracé depuis la parcelle, réduirait considérablement le surcoût, selon les fabricants.

UE-Mercosur: Genevard convaincue que l'accord «ne sera pas signé» au G20

La ministre française de l'Agriculture s'est dite le 10 novembre convaincue que l'accord de libre-échange négocié entre l'Union européenne et les pays du Mercosur, auquel s'oppose Paris, ne serait «pas signé» à Rio de Janeiro où se tiendra le G20 les 18 et 19 novembre. La présidente de la Commission européenne "Ursula von der Leyen connaît parfaitement la position de la France sur le Mercosur, de même que d'autres pays, et c'est la raison pour laquelle cet accord ne sera pas signé à Rio dans quelques jours», a déclaré Annie Genevard sur la chaîne de télévision française France 3. La ministre a rappelé l'opposition de la France à la signature de cet accord en l'état: «La France dit non et la France n'est pas seule dans ce refus du Mercosur. Ce qu'il faut obtenir, c'est de quoi exercer notre veto au niveau européen» en ralliant «un maximum de pays» de l'UE, a-t-elle expliqué. «C'est un mauvais accord» qui «va faire déferler sur notre pays une quantité de productions qui vont venir concurrencer directement nos producteurs: 99.000 tonnes de boeuf, 180.000 tonnes de sucre, autant de (viande de) volailles. En plus, cela se fait au prix de la déforestation et de normes environnementales», a-t-elle dit.

Climat/Cop29 : les questions agricoles ne seront pas abordées avec «insistance»

A l'occasion de la COP29 à Bakou (Azerbaïdjan), qui se tiendra du 11 au 22 novembre, les questions d’agriculture durable ne seront pas abordées de manière «très insistante», même si elles constituent «un vrai sujet», a indiqué l’entourage de Mme Pannier-Runacher, le 7 novembre lors d'un pointe avec la presse. Une journée y sera toutefois dédiée. L’enjeu principal de la COP29 sera de réviser à la hausse le montant de l’aide climatique annuelle des pays développés aux pays en développement, au-delà des 100 milliards de dollars actuels. La France et l'UE souhaitent «définir un montant de finances publiques ambitieux, atteignable» et «élargir la base des contributeurs publics», a indiqué l’entourage de la ministre, sans toutefois donner des chiffres précis. «C’est la dernière pièce du puzzle et il y aura beaucoup d'autres éléments sur lesquels se mettre d'accord : la structure de cet objectif collectif quantifié, la qualité des financements, la temporalité... », a précisé l’ambassadeur pour le climat par intérim français, Kevin Magron. L’idée étant de travailler à atteindre les objectifs de l’Accord de Paris, notamment en limitant l’augmentation de la température moyenne mondiale à 1,5°C.

Engrais / fiscalité verte de l'UE : un surcoût attendu à 270 €/t d’ammoniaque (fabricant)

La décarbonation des engrais pourrait être un frein à leur compétitivité, estime Pavel Hanus, directeur commercial d’Agrofert. Intervenant lors des rencontres de l’Afcome, le 8 novembre, il a rappelé que si nombre de firmes européennes avaient intégré des objectifs de décarbonation dans leurs stratégies, cette transition vers des procédés moins polluants, comme la production d’ammoniaque vert, exige des investissements massifs qui augmenteront les coûts de production. La suppression progressive des quotas d’émission gratuits, à partir de 2026, obligera les producteurs européens à payer pour le carbone émis et le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières augmentera le tarif des engrais importés. «Résultat des courses, les engrais coûteront plus cher en Europe, qu’ils soient importés ou produits sur le territoire», estime Pavel Hanus. La hausse de leur coût dépendra du tarif du carbone, mais d’après le directeur commercial d’Agrofert, les estimations seraient de 270 euros supplémentaires par tonne d’ammoniaque. «Les producteurs européens vont perdre toute compétitivité sur le marché mondial, estime-t-il. Nous devons repenser la distribution du risque sur toute la chaîne de valeur.» (Elena Blum)

Engrais azotés: l'observatoire européen veut établir un bilan des stocks

Créé en 2023 par la Commission européenne en réponse à la crise que traversait l’industrie, l’observatoire européen des engrais, a «pour projet d’établir un bilan d’approvisionnement des stocks d’engrais azotés en Europe», a déclaré sa responsable Monica Marucci, lors des rencontres de l'Afcome le 8 novembre. Le projet s’appuie pour le moment sur une compilation de données Eurostat. «Nous ne disposons pas de données officielles des Etats membres, confie Monica Marucci. Chacun fait une estimation et nous avançons encore à tâtons.» L’outil pourrait permettre de réaliser des prévisions à long terme de l’état des stocks. L’observatoire réunit treize membres et cinq observateurs :  Coceral, Ecofi, Afaia, Cefic, Copa cogeca, Ebic, Eureau, Apep, Areflh, ECN, European fertiliser blenders association, Fertilizers europe. Depuis sa création, l’observatoire a tenu six réunions sur divers thèmes, allant des biostimulants végétaux au marché de la potasse, en passant par le gaz naturel ou les engrais organiques. A sa création, l'objectif de l'observatoire était d'améliorer la collecte et l’analyse des données, les rendre disponibles au public et aux parties prenantes et alerter les institutions en cas de tensions. (Elena Blum)

Biosolutions : BASF France souhaite assouplir la manière de les évaluer

En conférence de presse le 7 novembre, la division agro du chimiste BASF France a annoncé «poursuivre ses efforts» pour faire grandir son portefeuille de biosolutions, après avoir investi près de 13% de son budget R&D France dans ce domaine en 2023. Le groupe prévoit d’ailleurs le lancement de six biosolutions d’ici 2030, espérant ainsi devenir «l’un des leaders» de ce marché. Pour ce faire, il souhaite s’appuyer sur une évaluation «proche des conditions des agriculteurs» à travers des «itinéraires agroécologiques» et la mise en place de partenariats publics et privés. «Nous discutons avec les autorités pour assouplir la manière de tester les biosolutions au sein d’itinéraires techniques, et non pas via un test comparatif entre deux produits», précise Yves Magadur, directeur marketing chez BASF. En outre, il s’agit «d’accélérer la disponibilité de ces nouvelles innovations sur le marché français, quand certaines sont déjà présentes dans d’autres pays européens». Pour rappel, l’entreprise s’est associée à Elicit Plant, pionnier dans le domaine des biosolutions agricoles, via un partenariat mis en place au cours de la campagne 2024-2025. L’objectif étant d’accélérer le développement de ses biostimulants EliSun-a et EliGrain-a, respectivement destinés, en France, aux marchés du tournesol et des céréales à paille.

Fertilisants/biogaz: création de l'entité Véolia Agriculture France chez le géant français du déchet

Le géant français des déchets Véolia a créé réuni, il y a quelques mois, au sein d’une même entité, Véolia Agriculture France, ses filiales, notamment celles dédiées à la fertilisation : Sede Environnement, Angibaud, Huon et Sani, qui a acquis en mai les activités engrais de Deleplanque. Véolia produit chaque année plus d’un million de tonnes de fertilisants organiques, issus d’effluents d’élevage, de la collecte d’ordures ménagères ou de composts. Le groupe a pour objectif de multiplier ces volumes par trois. «Veolia Agriculture France ne s'interdit pas non plus de réaliser des acquisitions de sociétés pertinentes pour le développement de ses activités de fertilisation organique», confie une source en interne. Autre piste stratégique pour le développement des activités agricoles de Veolia, la méthanisation. Le groupe français approvisionne en biodéchets un agriculteur exploitant un méthaniseur sur quatre. Un procédé qui génère 3,5 millions de m3 de biogaz par an. Objectif : multiplier par dix cette production. Enfin, Véolia compte développer l’irrigation en doublant le volume d’eau recyclée pour l’irrigation, aujourd’hui à 3,3 millions de m3. (Elena Blum)

Grains: les estimations de production américaine de maïs et soja abaissées (USDA)

Le ministère américain de l'Agriculture (USDA) a revu en baisse vendredi ses estimations de production de maïs et de soja aux Etats-Unis, à cause d'une baisse des rendements, alors que la récolte américaine arrive à sa fin. L'USDA prévoit désormais une récolte de 384,6 millions de tonnes de grain jaune pour la campagne américaine 2024-25, soit 1,54 million de moins qu'annoncé lors de sa précédente projection publiée en octobre, selon le rapport mensuel WASDE (World agricultural supply and demand estimates). «La progression de la récolte américaine de maïs a permis d'ajuster les rendements à la baisse (...) et cela entraîne un repli de la production», a commenté Gautier Le Molgat, PDG d'Argus Media France. «Cela prend un peu tout le monde par surprise (...) on voit finalement que (les rendements) n'étaient peut-être pas si bons que ça», a souligné Damien Vercambre, courtier du cabinet Inter-Courtages. Dans le même temps, les estimations de production mondiale de maïs ont été revues en hausse (+2,21 millions de tonnes), notamment grâce à «l'Ouganda, le Malawi, la Biélorussie, le Mozambique, le Kenya et le Cameroun», selon l'USDA. Au niveau mondial, cette remontée de la production est toutefois compensée par une augmentation de la consommation estimée. Le soja américain connaît également un coup de rabot de 3,28 millions de tonnes qui vient tirer la production mondiale vers le bas. 

Forêt: pas de suppression de postes à l'ONF en 2025, annonce Annie Genevard

La ministre de l'Agriculture et de la forêt Annie Genevard a annoncé le 8 novembre qu'il n'y aurait finalement pas de suppressions de postes en 2025 à l'Office national des forêts (ONF), comme initialement prévu dans le projet de budget. «La protection, la gestion et la régénération des forêts est une de mes priorités. C'est pourquoi le nombre d'agents de l'Office national des forêts ne diminuera pas cette année, comme initialement prévu dans le projet de loi de finances pour 2025», a-t-elle déclaré sur le réseau social X. Ce tweet est accompagné d'une photo de la ministre avec le président de l'ONF Jean-Yves Caullet, qu'elle a reçu vendredi matin rue de Varenne. «C'est une bonne nouvelle», a réagi M. Caullet auprès de l'AFP. «Le message pour l'établissement est clair: le gouvernement a bien compris qu'il fallait maintenir ses moyens pour permettre l'accomplissement de ses missions», a-t-il ajouté. Le projet de budget 2025 prévoyait la suppression de 95 postes en équivalent temps plein à l'ONF, gestionnaire des forêts publiques françaises dont les effectifs ont déjà fondu ces dernières années, passant de 12.500 à 8.000 entre 2000 et 2022.

Santé : la mauvaise alimentation engendre 70% des couts sanitaires cachés, selon la FAO

Dans son rapport annuel publié le 8 novembre, l’organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) estime que les coûts cachés générés chaque année au sein des systèmes agroalimentaires à l’échelle mondiale s’élèvent à quelque 12 000 milliards de dollars. Et d’ajouter que 70% de ce montant (8 100 Md$) sont le fait d’une mauvaise alimentation et liés à des maladies non transmissibles, à l’instar des maladies cardiaques, des accidents vasculaires cérébraux et du diabète. Pour l’organisation basée à Rome, cela représente « une menace alarmante » et engendre « des coûts largement supérieurs à ceux causés par la dégradation de l’environnement et les inégalités sociales ». Pour répondre à ces défis, les auteurs recommandent une transformation des systèmes agroalimentaires mondiaux afin qu’ils deviennent « plus durables, plus résilients, plus inclusifs et plus efficaces ». « Cela suppose de sortir du cadre des indicateurs économiques traditionnels tels que le PIB, en s’appuyant sur la comptabilisation du coût complet pour prendre la mesure des coûts cachés », estime la FAO, mais également harmoniser les politiques de la santé, de l’agriculture et de l’environnement.

Alimentation: les mauvaises habitudes ont un coût sanitaire caché de 8000 Mrd$ (FAO)

Alimentation trop transformée, trop pauvre en fruits, trop riche en sel... les mauvaises habitudes alimentaires ont un coût sanitaire caché de plus de 8.000 milliards de dollars par an, estime la FA0, qui appelle à «agir urgemment» pour transformer les systèmes agroalimentaires dans le monde. Ces 8.100 milliards sont liés aux pertes de productivité dues aux maladies provoquées par notre alimentation (diabète, cancers, maladies cardiovasculaires...), selon le rapport annuel de la FAO. Ce coût largement invisible vient s'ajouter aux coûts sanitaires déjà connus et bien identifiés, notamment les dépenses médicales. De quoi doubler la facture sanitaire réelle de notre alimentation. Cet impact sur la santé représente au niveau mondial 70% de tous les coûts cachés de la production alimentaire, qui a aussi des coûts environnementaux, sociaux etc. Responsables pour moitié de ce coût sanitaire: une alimentation pauvre en céréales complètes (au profit de produits raffinés, un phénomène généralisé sauf dans certains pays africains ou en Inde), des régimes pauvres en fruits (ce qui concerne tout le globe), et des régimes riches en sel. Viennent ensuite les régimes riches en viande transformée (saucisses, charcuteries etc), en viande rouge, pauvres en légumes... Selon les pays, cette charge cachée représente jusqu'à 10% du PIB. Le calcul n'inclut pas les phénomènes de sous-nutrition, eux aussi coûteux, souligne la FAO.