Agrafil du 8 décembre 2025

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Déforestation : les négociateurs des Vingt-sept et du Parlement valident le report

Les représentants du Parlement européen et du Conseil de l’UE ont trouvé un accord, le 4 décembre, sur la simplification du règlement pour lutter contre la déforestation, ouvrant la voie à une validation de son report avant la fin 2025. Les deux institutions doivent encore formellement adopter cet accord dans les prochains jours. Le Parlement et le Conseil avaient une position très proche sur ce dossier, à savoir reporter d’un an (jusqu’au 30 décembre 2026) l’entrée en vigueur de la législation, contrairement à la révision ciblée proposée par la Commission en octobre. Principale évolution : l’ajout d’une clause de revoyure au 30 avril 2026, à l’occasion de laquelle l’exécutif sera appelé à simplifier le dispositif avant même sa mise en œuvre. Strasbourg comme le Conseil s'étaient déjà prononcés en faveur de cette disposition. Alors que Bruxelles envisageait des simplifications exemptant une grande partie des petits opérateurs, le Parlement et les Vingt-sept ont préféré reporter la date d’entrée en vigueur pour toutes les entreprises et ajouter « une période supplémentaire de six mois pour les micro et petits opérateurs ». Par ailleurs, invoquant un « risque limité », l’accord exclut le secteur du livre et des produits imprimés de la réglementation, ce qui constitue la première modification du périmètre du règlement.

Engrais/MACF : Hansen espère abaisser le surcout autour de 40 à 50 €/t (syndicat)

À l'occasion du congrès de l'association spécialisée Légumes de France, à Arras le 5 décembre, le président de la FNSEA a rendu compte de son entretien, en début de semaine, avec le commissaire européen à l'Agriculture, portant notamment sur l'effet du MACF (ajustement carbone aux frontières) sur les importations d'engrais, qui doit être mis en œuvre au 1er janvier. « Nous n'en sommes pas à neutraliser l'effet du MACF », a regretté Arnaud Rousseau, en référence aux récentes promesses d'Emmanuel Macron. Christophe Hansen lui aurait confié qu'il espérait atténuer le surcoût du MACF, à un niveau de 40 à 50 €/t, en mettant en place des mesures compensatoires. L'idée de trouver une majorité d'États membres favorables à la suppression de cette taxe sur les engrais ne serait pas crédible aux yeux de la Commission, tout comme celle d'une baisse des taxes sur les engrais russes. La piste explorée serait celle d'une baisse des taxes sur les importations d'engrais en provenance du continent américain. Selon les calculs de l'AGPB (producteurs de blé, FNSEA), cette taxe représenterait un surplus de 120 €/t pour les solutions azotée (soit une augmentation d'un tiers) et de 144 €/t pour l'urée (idem). Mais les règles de calcul précises ne sont pas encore connues, et ne pourraient l'être qu'au printemps, assure Arnaud Rousseau, dont le syndicat pousse aussi, à ce titre, pour un report de la mise en œuvre de la réglementation. Une position sur laquelle le commissaire ne s'est pas encore exprimé.

Luzerne déshydratée : la Chine ouvre son marché aux luzernes françaises (ministre)

«Je veux dire à nos viticulteurs que nous avons obtenu la reconnaissance de 70 indications géographiques des vins de Bourgogne par la Chine, tout comme une ouverture du marché chinois à la luzerne déshydratée», a déclaré le 7 décembre la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, dans une interview au quotidien économique Les Echos. A l'été 2024, la luzerne déshydratée avait fait l'objet d'une déclaration conjointe franco-chinoise, qui affirmait que les deux pays discutaient de « l'ouverture du marché à la luzerne déshydratée ». En juillet 2024, une équipe des douanes chinoises avait visité la filière française, en Champagne-Ardenne, région qui représente 80 % de la production nationale de luzerne déshydratée.« Cela fait près de six ans qu'on travaille pour obtenir l'autorisation de mise sur le marché chinois. Ce serait un débouché majeur pour nous », expliquait alors à l'AFP Eric Masset, le président de Luzerne de France qui représente toutes les coopératives de déshydratation de fourrage. Sur les 830 000 tonnes de luzerne déshydratée produites en 2023 - en hausse de 10 % sur un an -, la moitié est consommée en France, 45 % est exporté vers l'Union européenne et la Suisse et 5 % gagne la Corée du Sud, le Japon ou l'Arabie saoudite. Durement touchée par la sécheresse dans ses régions céréalières du nord, la Chine est à la recherche de « granulés pour son cheptel bovin laitier », relève Eric Masset.

Vin/spiriteux : Pékin va reconnaître 70 IGP de Bourgogne, pas de mieux pour Cognac

«Je veux dire à nos viticulteurs que nous avons obtenu la reconnaissance de 70 indications géographiques des vins de Bourgogne par la Chine», a déclaré le 7 décembre la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, dans une interview au quotidien économique Les Echos. Sur le plan diplomatique, ces annonces ont été faites le 5 décembre dans une déclaration conjointe franco-chinoise rendue publique par la présidence française à l’issue de la visite d’Etat d’Emmanuel Macron en Chine du 3 au 5 décembre. Pékin, qui a reconnu toutes les appellations bordelaises AOP et IGP depuis 2016, avait annoncé en 2024 -lors de la visite du président Xi Jinping en France- la reconnaissance de deux AOP bourguignonnes Gevrey-Chambertin et Mâcon, précise le site de l’Institut national des appellations contrôlées (INAO). Ce processus permet de lutter contre les usages abusifs et les contrefaçons, et ainsi de faciliter l’exportation. «Sur le cognac et l’armagnac, nous avons fermement réitéré notre position: les producteurs français ne procèdent à aucune pratique de dumping, ces mesures sont donc sans fondement. Dans l’immédiat, les 17 exportateurs de Cognac exclus de l’accord de prix de juillet 2025 et qui se retrouvent sortis du marché chinois, doivent pouvoir être réintégrés à cet accord», a estimé Mme Genevard.

Alcool : l’Assemblée nationale rétablit la taxe premix dans sa première version

En seconde lecture du projet de loi de financement de la Sécurité sociale, les députés ont adopté, le 5 décembre, l’amendement de Frédéric Valletoux (Horizons), président de la commission des affaires sociales et Thibaut Bazin (Droite républicaine), rapporteur général du texte, rétablissant l’article 11bis sur la taxation des boissons prémix, dans sa version issue de la première délibération. Plus tôt dans la semaine, les députés avaient voté la version issue du Sénat qui élargissait potentiellement la liste à d’autres boissons alcoolisées, dont certaines traditionnelles. Devant ce vote, Frédéric Valletoux  avait demandé une seconde délibération. En effet, le président et le rapporteur général ne soutenaient pas la modification sénatoriale (contre l’avis de la commission et du Gouvernement) car elle introduirait des effets de bord, notamment pour l’économie ultramarine. « Elle s’éloignait du souhait des députés de viser un champ clair, les produits de type Vody mélangeant alcool et molécules excitantes comme la caféine ou la taurine. L’exception prévue revenait à frapper des productions françaises et européennes traditionnelles, souvent fabriquées par de petites entreprises (certains amers, rhums arrangés, des apéritifs à base de gentiane, eaux de vie, spiritueux à base de plantes...) et n’ayant rien à voir avec le fléau des Vody. » a-t-il été expliqué.

PPA en Espagne: Madrid enquête sur une possible fuite accidentelle de laboratoire

Le ministère espagnol de l’Agriculture a indiqué le 5 novembre dans un communiqué «ouvrir une enquête complémentaire sur l’origine du virus» de la Peste porcine africaine (PPA), découvert fin novembre en Catalogne, une première en Espagne depuis 1994. Il a annoncé étudier l’hypothèse d’une fuite d’un centre de recherche après avoir reçu le rapport du laboratoire de référence de l’UE avec le séquençage du génome du virus du foyer actuel. Le groupe génétique identifié dans le foyer ne correspondait pas, selon le ministère, à celui qui circule actuellement dans la dizaine de pays européens touchés par la peste porcine africaine, mais à la souche «Georgia 2007», fréquemment utilisée dans les infections expérimentales en laboratoire. Une inspection de cinq laboratoires a été ordonnée, ont annoncé le 6 décembre les autorités locales. «Nous avons ordonné (...) une inspection de toutes les installations, de tous ces centres (de recherche), situés dans la zone à risque de 20 kilomètres, qui travaillent à partir du virus de la peste porcine africaine», a déclaré Salvador Illa, président du gouvernement régional de Catalogne (nord-est), lors d’une conférence de presse. «Cela ne concerne que peu de centres, pas plus de cinq», a-t-il précisé, au lendemain de l’annonce de la première enquête sur un laboratoire comme possible origine du foyer. 

Porc: deux établissements français agréés pour exporter des abats en Chine

Interrogée par nos confrères des Echos le 7 décembre sur les nouvelles taxes chinoises pesant sur le porc européen, la ministre de l'Agriculture Annie Genevard souligne que les discussions franco-chinoises ont pu aboutir à «un agrément entre deux établissements pour l’exportation d’abats porcins», sans les préciser. Après l’annonce par l’UE de sa volonté d’imposer des droits de douane supplémentaires sur les véhicules électriques fabriqués en Chine, Pékin avait diligenté en juin 2024 une enquête antidumping pour vérifier que les prix des morceaux de porc vendus en Chine par l’Union européenne (UE) ne sont pas artificiellement bradés. En attendant les résultats de l’enquête, les taxes douanières ont été fortement relevées. Côté français, les professionnels affirment que l’exportation d’abats (pieds, oreilles) de porc est basée sur un bon prix, puisque ces pièces sont très appréciées des Chinois alors que les consommateurs français les boudent. Après plusieurs années fastes, la filière porcine française retient son souffle, non seulement à cause de la Chine, mais aussi de l'Espagne, où ont été détectés récemment plusieurs cas de peste porcine africaine (PPA). Une partie des marchés d'exportation de l'Espagne, principal producteur européen, se sont fermés, faisant porter un risque de report vers le marché européen.

Lait : protocole renouvelé avec la Chine pour faciliter l'exportation de lait infantile

Dans entretien accordé le 7 décembre à nos confrères des Echos à l'issue de sa visite en Chine avec le président Macron, la ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, a annoncé avoir «renouvelé le protocole pour faciliter l’exportation en Chine de lait infantile», qui est l’un des «marchés majeurs» pour les producteurs laitiers français. La filière laitière faisait partie de la délégation française, inquiète d'une baisse progressive de ces exportations vers la Chine. Le ministère chinois du Commerce a annoncé le 18 août la prolongation, de six mois, de son enquête antidumping sur certains produits laitiers importés d’Europe, indique Reuters le même jour. Annoncée le 21 août 2024, dans un contexte de tensions entre Bruxelles et Pékin autour des voitures électriques chinoises, cette enquête était prévue pour un an, avec une éventuelle prolongation de six mois ; les autorités chinoises ont finalement choisi cette option, faisant durer le suspense jusqu’au 21 février. L'enquête porte notamment sur le fromage frais et le lait caillé, le fromage bleu, ainsi que certains laits et crèmes, pour lesquels Pékin étudie l’impact de subventions de la Pac.

Bovins/DNC : Cnopsav mardi, les manifs de la Conf’ et de la CR font tache d’huile

Selon le média Ici (ex-France Bleu), la ministre de l'Agriculture réunira le Parlement du sanitaire (Cnopsav) ce mardi 9 décembre tandis que e nouveaux départements se sont mobilisés ou ont prévu de le faire, à l’appel de la Confédération paysanne et de la Coordination rurale, afin de dénoncer le recours à l’abattage total des troupeaux pour lutter contre la dermatose nodulaire contagieuse (DNC). Selon un message de la Conf’ envoyé à la presse le 5 décembre en début d’après-midi, des actions sont prévues lundi 8 décembre (Maine-et-Loire, Côte-d’Or, Savoie), mardi 9 (Loire-Atlantique, Hérault), ainsi que samedi 13 (Tarn). Le calendrier « s'étoffe heure après heure », précise le syndicat. Des manifestations ont déjà eu lieu dans de nombreux départements mercredi 3 décembre (Creuse, Dordogne, Nièvre), jeudi 4 (Pyrénées-Atlantiques, Ain, Yonne, Aveyron, Haute-Vienne), vendredi 5 (Saône-et-Loire) et samedi 6 (Cantal). Des actions parfois menées conjointement avec la Coordination rurale. Dans les Pyrénées-Atlantiques, une mobilisation de la CR a ainsi rassemblé « plusieurs centaines de paysans et plus de 120 tracteurs », dont « des non-syndiqués, des JA, des membres de la FDSEA », affirme le syndicat sur X. Les militants affichent leur solidarité avec les éleveurs du Gaec Pouilley-Français (Doubs), où 82 bovins vaccinés ont été abattus le 2 décembre malgré une forte mobilisation, dispersée par les forces de l'ordre.

DNC : trois autres bovins infectés dans le troupeau abattu dans le Doubs (presse)

La préfecture du Doubs a indiqué le 4 décembre qu'une contamination à la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) avait été constatée sur trois autres bovins du troupeau qui avait été abattu le 2 décembre malgré une forte mobilisation, rapporte l’AFP. La maladie avait été confirmée le 29 novembre dans un élevage de 82 bovins, tous vaccinés, à Pouilley-Français. À la suite de l'abattage du troupeau, les services de l'État ont repéré « quatre autres bovins » qui présentaient des signes potentiels de la maladie, et des analyses « ont confirmé que trois d'entre eux étaient infectés par la DNC », ajoute la préfecture. Ces résultats révèlent « une infection ancienne de l'élevage et prouvent que le virus de la DNC était déjà présent chez les bovins de cet élevage au moins trois semaines avant le 28 novembre », soit 15 jours environ après leur vaccination. Les bêtes ont ainsi été contaminées « avant l'acquisition de la protection vaccinale », conclut la préfecture. Dans un message posté sur X, la ministre de l’Agriculture Annie Genevard rappelle qu’il est possible qu’un animal vacciné soit infecté par la DNC avant la mise en place totale de l’immunité (21 jours). Les premiers symptômes peuvent apparaître après « une trentaine de jours », ajoute-t-elle.

Agriculture bio «régénérative» : WWF lance un outil de financement de la transition

Le WWF France a annoncé, le 5 novembre, le lancement d’un nouvel instrument de financement pour la transition agroécologique, selon un communiqué repéré par nos confrères d’Actu Environnement (lire l’article). Baptisé « crédits du vivant », l’outil combine « trois leviers complémentaires », explique l’ONG : « La rigueur d'un crédit carbone certifié (équivalent à une tonne de CO₂ séquestrée et certifiée), la valeur écologique d'un certificat biodiversité (…), et un soutien économique direct aux agriculteurs pour les exploitants engagés dans la conversion vers l'agriculture biologique régénérative. » Le dispositif repose sur un réseau de fermes partenaires accompagnées par la société Milpa, qui cultivent 4 000 ha en agriculture biologique de conservation des sols. Le crédit carbone est certifié par le certificateur international Verra, tandis que la mesure de la biodiversité est effectuée par la fondation scientifique du WWF au travers notamment d’un « indicateur bourdon inédit ». Les agriculteurs reçoivent un soutien financier pour se convertir et se maintenir en bio, pendant six ans au minimum. L’ONG s’est donné comme objectif de certifier 32 000 t de CO2 par an à l’horizon 2034, pour atteindre un cumul de 47 Mt d’ici 2050. 

Installation : les députés sanctuarisent le dispositif Acre pour la sphère agricole

Au cours de la seconde lecture à l’Assemblée nationale du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2026, les députés ont adopté, le 5 décembre, un amendement de Dominique Potier (Socialistes et apparentés, Meurthe-et-Moselle), visant à sanctuariser l’accès du monde agricole à l’aide à la création ou à la reprise d’entreprise (Acre). Le PLFSS prévoit de limiter l’accès à cette disposition aux catégories considérées comme étant les plus éloignées de l’emploi à compter du 1er janvier 2026 et la baisse du taux maximal d’exonération (article 9). « La réduction du champ et l'ampleur de l'exonération, sans mesure de l’impact sur les installations en agriculture, risque d’aller à « contre-courant » des objectifs poursuivis par les pouvoirs publics en matière de renouvellement des générations en agriculture. La situation particulière de la sphère agricole doit être prise en compte, laquelle fait face à un double défi, d’une part celui du vieillissement de la population agricole et d’autre part celui du déficit d’attractivité des métiers agricoles», est-il expliqué dans l’exposé des motifs. Selon les projections de la Cour des comptes, la diminution prévue du nombre d’exploitations à horizon 2035 est de 1,9 % par an, soit une exploitation sur quatre aujourd’hui en activité.

Saisonniers : la Commission européenne va se pencher sur la sous-traitance

La Fédération européenne des syndicats de salariés de l'alimentation, de l'agriculture et du tourisme (Effat) salue, dans un communiqué de presse le 5 décembre, la place importation de la sous-traitance dans la Feuille de route de la Commission européenne intitulée « Pour des emplois de qualité à l'épreuve du temps dans une UE compétitive », publiée le 4 décembre. L’actualité récente en France a souligné les dysfonctionnements de l’usage de la sous traitance pour les vendanges et les récoltes. La première phase de consultation des partenaires sociaux sur la future loi sur les emplois de qualité se déroulera jusqu'au 29 janvier 2026. « Nous saluons la décision d'inclure la sous-traitance parmi les priorités de la prochaine consultation des partenaires sociaux en vue d'éventuelles initiatives législatives. L'Effat profitera de cette consultation pour souligner une fois de plus l'urgence d'une directive européenne limitant la sous-traitance, garantissant l'égalité de traitement au travail, interdisant la sous-traitance des activités essentielles et réglementant les intermédiaires de main-d'œuvre en luttant contre les pratiques des employeurs de travailleurs indépendants », est-il expliqué.

Boues d'épuration : un pas de plus vers l’entrée en vigueur du «socle commun»

Le Conseil national d’évaluation des normes (CNEN) a rendu, le 27 novembre, un avis favorable à un projet d’arrêté qui modifie les prescriptions techniques applicables aux boues issues du traitement des eaux usées. Ce projet d’arrêté est pris « en cohérence » avec la réglementation nationale du socle commun, dont la parution est attendue début 2026, et réclamée par la profession. « Les EPCI responsables de la mise en marché de fertilisants fabriqués à partir de déchets ménagers et assimilés, et de boues d’épuration, devront se conformer à ces nouveaux critères », indique le relevé d’avis. Ces mesures permettront « d’accroître les surfaces d’épandage d’environ 3 780ha » pour « un coût total de 3,3 à 27,7 millions d’euros ». Malgré un vote favorable à l’unanimité, le collège d’élus a déploré « l’absence de concertation récente » sur le projet d’arrêté, notamment sur des points techniques (fixation d’une teneur en zinc basse, analyses de dioxines). Prévue par la loi Agec, le socle commun vise à encadrer l’innocuité et l’efficacité des matières fertilisantes et supports de culture pour préserver la qualité des sols et limiter les transferts de contaminants. Constituée de deux décrets et deux arrêtés, cette règlementation française a été notifiée le 1er septembre à la Commission européenne. 

Cantines/local : collectivités dispensées de déclaration détaillée des achats 2025 (JO)

Dans un arrêté paru au Journal officiel du 3 décembre, le gouvernement vient faciliter pour la restauration collective les déclarations d’achats réalisés en 2025 en produits durables et de qualité. Ceci devrait aider à faire augmenter le nombre d’établissements déclarant leurs achats, selon Marie-Cécile Rollin, directrice générale de Restau’Co (restauration collective autogérée). Inspiré par le Conseil national de l'évaluation des normes, le texte permet à tout type d’établissement, quelle-que soit sa taille, d'enregistrer en 2026 ses achats de 2025 en mode « saisie simplifiée  sur le site de télédéclarations « ma cantine ». La déclaration détaillée, qui devait s’étendre à toutes les collectivités, reste possible mais non obligatoire, explique Marie-Cécile Rollin. L’objectif étant de « s’assurer que le nombre de déclarants continue à augmenter avant de complexifier la déclaration ». En 2025, seuls 40% des établissements ont déclaré leurs achats (de 2024) soumis aux objectifs de « taux Egalim » (50 % de produits durables et de qualité dont 20% de bio), selon les premiers chiffres présentés par le ministère de l’Agriculture au CNRC (conseil national de la restauration collective) le 26 novembre. 

Climat: la France devant le Conseil d'État pour manquement à sa «part juste» d'effort

L'association environnementale Notre affaire à tous a annoncé, le 4 décembre, poursuivre l'État français, qu’elle accuse de ne pas réaliser sa « part juste » de l’effort mondial de lutte contre le réchauffement climatique. Elle demande que le gouvernement se fixe des objectifs plus ambitieux et se dote de moyens pour les atteindre. La procédure, lancée auprès du Conseil d’État en janvier, pourrait aboutir fin 2026, a indiqué Jérémie Suissa, délégué général de l’association, en conférence de presse. L’association estime que la « part juste » de la France dans l’effort mondial ne doit pas se limiter au poids démographique du pays (quelque 0,8 % de la population mondiale) mais intégrer sa responsabilité historique, c’est-à-dire les émissions de CO2 qui lui ont permis de se développer dans le passé, ainsi que sa capacité à agir supérieure à celle des pays plus pauvres. Notre affaire à tous ne chiffre pas cette « part juste » mais estime, étant données les études disponibles, que la France est « très en deçà de sa contribution équitable ». Entre 1850 et 2021, le pays a par exemple émis 2,3 % des émissions mondiales cumulées de CO2, selon The Global Carbon Project. Par ailleurs, l’association environnementale estime que l’Hexagone « continue de prendre du retard », rappelant que le rythme de baisse des émissions de gaz à effet de serre s’est nettement ralenti, à 1,8 % en 2024 et possiblement à 0,8 % en 2025, selon le Citepa (pollution climatique). 

Climat : face au déni, le chef du Giec appelle à être « très clair » sur le rôle de l'homme

Face à la montée du déni climatique, le président du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) a tenu à appeler « de manière très claire » l’origine humaine du réchauffement, dans un entretien accordé à l’AFP. La France accueille du 1er au 5 décembre près de 600 experts du Giec pour entamer les travaux de son prochain rapport, qui doit paraître en 2028 ou 2029, dans un contexte d’éclatement du consensus international sur le changement climatique. À la tribune de l’ONU, à New York en septembre, le président américain Donald Trump avait qualifié la lutte contre le changement climatique de « plus grande arnaque jamais menée contre le monde ». Le dernier rapport en date du Giec, paru en mars 2023, montrait que la planète était en route pour franchir au début des années 2030 la limite de 1,5°C de réchauffement par rapport à l’ère dite pré-industrielle. Depuis, des scientifiques ont estimé que ce plafond risquait fort d’être enfoncé avant 2030. « Si l’on veut ramener le réchauffement mondial à 1,5°C, les décisions à prendre sont très claires. Nous avons besoin de réductions significatives des émissions liées à l’énergie et à l’utilisation des terres. Nous devons aussi commencer à réfléchir à retirer le CO2 de l’atmosphère à grande échelle. Et il manque beaucoup de connaissance sur ce sujet », a prévenu Jim Skea. 

Incendie dans l'Aude : sept millions d'euros pour les agriculteurs touchés

Les 161 exploitations agricoles touchées par l’incendie géant venu ravager début août les Corbières, dans l’Aude, vont se voir répartir un fonds d’urgence doté de sept millions d’euros, a annoncé le 5 décembre la préfecture du département. A ces sept millions d’euros s’ajoutent «un dégrèvement total de taxe foncière sur les propriétés non bâties» pour un montant d’1,1 million d’euros, ainsi que la «prise en charge partielle des cotisations MSA» à hauteur d’un million d’euros, est-il précisé dans le communiqué. En déplacement dans le village viticole de Saint-Laurent-de-la-Cabrerisse le 14 août, la ministre de l’Agriculture Annie Genevard avait annoncé un fonds d’urgence de huit millions d’euros pour les agriculteurs sinistrés. Elle avait également promis une exonération des taxes foncières ainsi qu’une "avance de jusqu’à 10.000 euros" par producteur. Près 4,4 millions d’euros d’aides ont déjà été versés fin octobre à 163 agriculteurs «ayant subi des pertes de récoltes, essentiellement en viticulture», a ajouté la préfecture, dans son communiqué de vendredi. Une deuxième vague d’aide, dotée de 2,6 millions d’euros, a été débloquée «à destination des exploitants qui ont subi des pertes de fonds, de bâtiments d’exploitation et de matériels agricoles», ainsi que pour ceux dont les récoltes viticoles n’ont pas été commercialisables en raison du goût de fumée laissé au raisin par l’incendie.

Coopérative: l'investissement grève le résultat de Maïsadour, malgré un meilleur EBE

En amont de son assemblée générale, Maïsadour a présenté, dans un conférence de presse le 5 décembre, un résultat négatif, en dépit de d’augmentation de l’EBE (excédent brut d’exploitation) de 5% à 63,7 millions d’euros (pour un CA en hausse de 1,7% à 1,4 milliards d'euros). Le résultat s'explique par des investissements de 25 millions d’euros en 2024-2025, selon le DG Christophe Bonno, qui en a détaillé la répartition. La nutrition animale, l’accouvage et les productions végétales ont notamment bénéficié de 8 millions d’euros d'investissement, au profit de la performance, des économies d’énergie et de l’informatique, a souligné Jean-Louis Zwick, directeur du pôle Agriculture. Dans la nutrition animale, l’usine de Haut-Mauco (Landes) a bénéficié à lui seul de 3 millions d’euros. Le pôle Semences a été doté de 5 millions d’euros et le site d’abattage de canards de Gibret (Landes) de 2,5 millions d’euros. Vincent Robin, directeur du pôle Gastronomie, a précisé que cet abattoir a été agrandi et modernisé. Maïsadour avait en effet annoncé en mai 2025 qu’il devenait l’unique abattoir de canards gras du groupe, sa capacité doublant à cet effet. Vincent Robin a précisé que le site de transformation de volailles du Gers de Saramon (Gers) a été l’objet d’une révision complète de son système de froid.

Coopératives : le groupe COC bientôt piloté par un nouveau tandem

Dans un contexte agricole difficile, marqué par une collecte 2024 historiquement basse, à 441 000 t (contre 580 000 t en 2023), le groupe COC, basé dans la Vienne, a tenu son assemblée générale le 5 décembre. Il y a présenté un résultat net de 3,1 M€, pour un chiffre d’affaires de 333 M€, en recul de 14 %. La coopérative aussi enregistre un bilan à la baisse : 191 M€ de CA (-21 %), pour un résultat net de 0,89 M€. « Le groupe a su maintenir son agilité opérationnelle et sa capacité de performance, grâce notamment à ses activités de diversification », confie Emmanuel Massicot, le président, qui a annoncé la fin de son mandat, conjointement à l’arrivée du nouveau directeur général en février 2026, estimant « nécessaire de laisser la place à un nouveau tandem ». Ainsi, le pôle industriel, porté par l’unité de trituration (240 800 t transformées), poursuit sa trajectoire. Autres faits marquants de l’exercice 2024-2025 : la forte progression du biocarburant coc100 (« dont le volume mensuel moyen est passé de 1 400 à plus de 2 000 m3, grâce à l’intérêt grandissant des transporteurs et des collectivités ») ; la mise en service d’un nouveau silo dédié au bio (d’une capacité de 5 000 t de stockage) ; la finalisation de l’acquisition des Ets Renaud (49 M€ de CA) implantés dans l’Indre ; et la montée au capital dans la start-up Cyclair (robot désherbeur autonome). (Anne Gilet)

Endives : début de campagne compliqué, prix en baisse

Les mois d’automne n’ont pas été propices à la commercialisation des endives rapportent la dernière note des services du ministère de l’Agriculture (Agreste) et la note de conjoncture de FranceAgriMer en décembre. « En octobre, le marché de l’endive évolue dans un contexte contrasté » souligne cette dernière, « le début du mois est plutôt actif avec une demande correcte  puis une nette dégradation mi-octobre avec des invendus et une offre en progression ». Agreste confirme cette tendance avec des prix bas sur le début de campagne, en-dessous de la moyenne quinquennale. Les volumes s’écoulent à l’aide d’une bonne dynamique de promotions. La crise conjoncturelle est déclenchée à la fin du mois. Sur novembre, la situation s’améliore avec de meilleurs cours, - ce qui permet à l’endive de sortir de crise le 1er novembre, « même si le marché reste fragile et les prix inférieurs aux campagnes précédentes ». Selon Agreste, la production de racines pour cette campagne est estimée en légère baisse sur un an (-2 %), à 216 400 tonnes, et inférieure de 3 % à la production moyenne 2020-2024. Les surfaces pour la campagne 2025 sont estimées à 8 472 hectares, en baisse de 4 % par rapport à la campagne précédente.

Ail bio : alerte de l'interprofession face aux déréférencements de certaines enseignes

Dans une lettre ouverte le 3 décembre, l’Association nationale interprofessionnelle (Aniail) souligne que certaines enseignes ont la décision de réduire, voire d’arrêter, le référencement de l’ail bio français, et salue les distributeurs qui font « le choix de maintenir cet engagement d’autant que la consommation des produits bio repart ». « Un arrêt brutal dans certains linéaires entraîne des déséquilibres économiques majeurs pour les exploitations agricoles engagées dans cette filière exigeante, avec des conséquences durables sur la viabilité de nos fermes et la motivation des producteurs à maintenir une agriculture biologique de proximité », est-il expliqué. Pour l’Aniail, référencer ce type de produit ne relève pas d’une démarche marketing mais de la mise en avant de diversité dans les rayons : « L’ail bio français, aujourd’hui fragilisé, fait pourtant partie intégrante de cette diversité ». Contacté par Agra Presse, le syndicat indique que pour le bio, les rendements cette année sont plus soutenus que pour la récolte précédente  : autours de 4.5 à 5t/ha, contre 3.4 à 4t en 2024. Sur les plantations de l’automne, Aniail remarque un maintien des surfaces en bio, après l’érosion observée en 2023 : environ 580 hectares plantés pour la récolte 2026. 

Agrumes : la clémentine corse fête ses cent ans

La clémentine corse, qui fête ses 100 ans, a su trouver sa niche haut de gamme sur le marché français. Issue d’une hybridation mandarine-orange douce en Algérie au début du 20ème siècle par le frère Clément, un religieux français qui lui a donné son nom, la clémentine « a été plantée en Corse en 1925 », explique à l’AFP Jean-Paul Mancel, président de l’Association pour la promotion et la défense de la clémentine de Corse (Aprodec). Depuis 2007, la quasi-unique clémentine française (quelques tonnes sont produites dans les Alpes-Maritimes) se distingue par son indication géographique protégée (IGP), qui garantit les respect d’un cahier des charges très strict : taux de sucre, niveau d’acidité, calibre, couleur naturelle « sans activateur de coloration » avec jusqu’à 1/5e de peau verte, absence de pépin et teneur en jus de 42 % minimum. Selon M. Mancel, ce label de qualité est essentiel pour sa promotion, car si la clémentine corse pèse 90 millions d’euros, avec 48 600 tonnes récoltées en 2024 dont 36 000 vendues sous IGP, elle fait figure de poids plumes face aux géants du secteur. La Chine a produit 25 millions de tonnes (Mt) en 2021, devant l’Espagne (2 Mt), la Turquie (1,8 Mt) et le Maroc (1,2 Mt), selon les chiffres de l’organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).

Crédit agricole : l’éleveur savoyard Éric Vial élu président de la FNCA

Le bureau fédéral de la FNCA (Fédération nationale du Crédit agricole) a élu Éric Vial comme président, apprend-on dans un communiqué le 4 décembre. Il était vice-président de la FNCA depuis 2024 (organe « politique » du Crédit agricole, où siègent les fédérations locales) et administrateur de Crédit Agricole SA (entité cotée) depuis 2022. Éleveur laitier en Savoie, M. Vial « a été élu président du Crédit agricole des Savoie en 2018 », rappelle la fédération. Né en 1968, il a notamment été « président fondateur de la Coopérative des éleveurs de Savoie » (services aux éleveurs). À la tête de la FNCA, M. Vial succède à Dominique Lefèbvre, qui avait annoncé en septembre qu’il ne solliciterait pas un nouveau mandat. En tant que président de la FNCA, Éric Vial devient aussi président de la SAS Rue La Boétie, holding actionnaire majoritaire de Crédit agricole SA.

Environnement : Jean-François Julliard quitte Greenpeace pour FNE

France Nature Environnement (FNE) annonce l’arrivée de Jean-François Julliard en tant que directeur général à partir du 1er janvier, dans un communiqué le 4 décembre. Directeur général de Greenpeace France depuis 2012, il prend la suite à FNE de Bénédicte Hermelin qui prend sa retraite, après une transition entamée il y a presque un an. « FNE incarne l’alliance entre l’engagement local et les enjeux globaux. Son réseau de juristes, son ancrage territorial et sa capacité à mobiliser les citoyennes et citoyens en font un acteur incontournable pour défendre le vivant et le climat. Je suis honoré de rejoindre cette équipe » déclare Jean-François Julliard, cité dans le communiqué. Par sa taille, FNE est la première fédération française de protection de la nature et de l’environnement avec 6 329 associations affiliées. 

Pommes/poires : Thierry Moisy élu à la présidence de l’ANPP

En assemblée générale le 4 décembre, l’Association nationale pommes poires a élu Thierry Moisy à sa présidence. Pomiculteur et élu à Saint Paterne Racan (Indre-et-Loire), M. Moisy produit notamment les variétés de pommes et de poires Chantecler, Choupette, Golden, Gala, Pink Lady, Zingy ou encore Conférence sur environ dix hectares en plus de grandes cultures. Il est également président de l’organisation de producteurs (OP) Renaissance depuis deux ans. « Le défi prioritaire des années à venir sera la durabilité économique des exploitations et la défense des moyens de production. Mais nous devons également soutenir la consommation et faire connaître aux consommateurs toutes les valeurs que nous portons, notamment à travers le label vergers écoresponsables », souligne M. Moisy. Il succède à Daniel Sauvaitre, resté seize ans à la tête de l’ANPP. En plus de rester membre du bureau de l’ANPP, M. Sauvaitre est depuis quelques mois président de l’interprofession des fruits et légumes frais (Interfel).