Étiquetage du miel: Strasbourg valide sa position, début des trilogues en janvier
Réunis en session plénière le 12 décembre, les eurodéputés ont adopté (avec 522 voix «pour», 13 «contre» et 65 abstentions) leur rapport sur la révision des directives «Petit-déjeuner», dont fait partie l’étiquetage du miel. Cette adoption donne mandat au Parlement européen en vue des négociations interinstitutionnelles avec le Conseil de l’UE, qui devraient démarrer formellement en janvier. La Belgique, qui prendra la présidence du Conseil de l’UE début 2024, fait de la conclusion de ces trilogues une de ses priorités au cours des six prochains mois. Concrètement, le Parlement européen propose une obligation d’indication du pays de récolte du miel sur l’étiquette dans le même champ visuel que l’indication du produit. En cas de mélange, les eurodéputés souhaitent que les pays d'origine soient indiqués sur l'étiquette par ordre décroissant en fonction de la proportion qu'ils représentent dans le produit final. Le texte voté prévoit également la mise en place d’un système de traçabilité tout au long de la chaîne d’approvisionnement afin de pouvoir retracer l’origine du miel. Parmi les amendements adoptés en séance plénière, Strasbourg souhaite que l'UE se dote d’un laboratoire de référence pour le miel afin d'améliorer les contrôles et de détecter les falsifications grâce à des tests systématiques.
Céréales d’hiver : net recul des surfaces emblavées, surtout en blé dur (Agreste)
Estimées à 6,4 millions d’hectares (Mha), les surfaces de céréales d’hiver diminueraient de 5,1 % par rapport à 2023, et de 3,5 % par rapport à la moyenne 2019-2023, rapporte le service statistique du ministère de l’Agriculture (Agreste) dans une note de conjoncture parue le 12 décembre. Toutes les céréales d’hiver sont concernées par cette baisse, et plus particulièrement le blé dur. Côté blé tendre d’hiver, les surfaces enregistreraient une baisse de 5,1 % par rapport à 2023, et de 4,7 % par rapport à la moyenne 2019-2023, pour s’établir à 4,49 Mha. Selon le service statistique, cette diminution des surfaces affecte la plupart des régions, avec néanmoins des baisses de plus de 20 % en Pays-de-la-Loire et Midi-Pyrénées en un an. Les surfaces de blé dur, estimées à 205 000 ha, diminueraient de 10,5 % par rapport à 2023, et de 15,7 % par rapport à la moyenne 2019-2023. Des chiffres à prendre avec précaution: «les pluies abondantes, observées depuis la mi-octobre sur l’ensemble du territoire, empêchent les interventions dans les champs et pourraient conduire à des reports de semis au printemps». Enfin, les surfaces cultivées en orge d’hiver connaissent une baisse de 4 % par rapport à 2022, celles de triticale de 5,7 % par rapport à 2023 et celles d’avoine d’hiver de 4 % par rapport à 2023.
Blé : dans l'Ouest, la Cavac annonce un potentiel de récolte amputé de moitié
Lors d’une conférence presse préalable à son assemblée générale le 11 décembre, la coopérative vendéenne a fait part de vives inquiétudes quant aux implantations de blé 2024. Selon Jacques Bourgeais, son directeur «seulement 60 à 70 % des semis avaient été réalisés» à cette date. C’est le bocage vendéen qui serait particulièrement touché alors que les semis en plaine seraient achevés à 90%. Il signale également qu’une partie de ces semis ont été réalisés dans de mauvaises conditions faisant craindre un potentiel de récolte amputé de moitié. Dans ce cadre, il prévoit dès à présent des problèmes à venir pour fournir les volumes de blé CRC sur lesquels la Cavac est engagée. «Les éleveurs vont tenter de semer jusqu’au 15 janvier pour la paille, mais l’espoir est réduit car nous avons pris beaucoup d’eau», analyse de son côté Jérôme Cailleau, le président de la coopérative. L’orge pourrait également être une alternative au printemps pour la paille. Le président de la Cavac souligne que les exploitants ne pourront reporter toutes le surfaces en maïs du fait de la charge de travail engendré. Le blé dur et le tournesol pourraient également profiter de la situation.
Céréales: bond de la rentabilité des coopératives Vivescia et Axéréal
Les groupes coopératifs agricoles Vivescia et Axéréal ont annoncé, chacun de leur côté, un chiffre d'affaires annuel et une rentabilité en forte hausse pour leur exercice décalé 2022-23, notamment porté par l'augmentation des cours mondiaux des céréales. Géant du malt et des farines, Vivescia a annoncé le 12 décembre un chiffre d'affaires annuel (clos fin juin 2023) de 4,6 milliards d'euros, «en progression de 20% portée pour l'essentiel par des effets prix». Vivescia collecte 3,3 millions de tonnes de céréales chaque année et se targue de fournir le malt d'une bière sur dix dans le monde. «Malgré une conjoncture marquée par une inflation intense et une consommation morose», sa performance économique, mesurée par l'Ebitda, a progressé de 18% à 195 millions d'euros, «au-dessus des prévisions budgétaires», tandis que la dette nette recule. De son côté, Axéréal, basé dans le Loiret, a annoncé vendredi un chiffre d'affaires annuel de 5 milliards d'euros (+17%). Cette progression est en partie «portée par l'augmentation du cours des céréales», qui ont flambé en 2022 après l'invasion russe de l'Ukraine. Son excédent brut d'exploitation, l'indicateur de rentabilité mis en avant, a bondi de 35% à 281 millions d'euros.
Installation : le Conseil d'Etat confirme que le préfet peut contrevenir au schéma des structures
Dans une décision rendue le 12 décembre, le Conseil d’Etat s'est positionné en défaveur d’un candidat à l’installation en bio que le préfet n'avait pas jugé prioritaire face à un autre projet en conventionnel. L’affaire oppose Karim Arab au Gaec de la Ruais, concurrents pour la reprise de terres dans les Côtes d’Armor. Tous deux ont obtenu successivement du préfet de Bretagne une autorisation d’exploiter. Le 21 janvier 2022, la cour d’appel de Nantes avait tranché en faveur du candidat en bio, Karim Arab. Cet arrêt est annulé par le Conseil d’Etat. La juridiction suprême explique, dans sa décision le 12 décembre, que le préfet fait «en principe application de l’ordre de priorité fixé par le schéma» directeur régional des exploitations agricoles (Sdrea), lorsqu’il est saisi de demandes d’autorisation concurrentes. En Bretagne, l’installation en bio passe ainsi avant le conventionnel. Mais, le préfet peut toutefois aller à l’inverse «si l’intérêt général ou des circonstances particulières, en rapport avec les objectifs du schéma directeur, le justifient», ajoute le Conseil d’Etat. Ces motifs particuliers ne sont pas précisés dans le jugement.
Directives Nitrates: vers un durcissement dans les bassins versants à algues vertes bretons
Bientôt finalisé, le programme d’action régionale de lutte contre les nitrates agricoles (PAR 7) de la Bretagne prévoit un cadre plus strict pour les agriculteurs dans les bassins versants à algues vertes. D’après le projet d’arrêté qu’Agra Presse a pu consulter, le rôle des préfets est renforcé en cas de dépassement du seuil d’alerte pour les reliquats azotés: l’Etat devra prescrire un ensemble de mesures à l’exploitant, qui aura trois ans pour se mettre en conformité. L’obligation de contrôle technique des ouvrages de stockage (fosses, fumières) est reportée à 2025, après publication d’un cahier des charges. Le solde de la balance globale azotée (BGA) est limité à 20 unités (kg) d’azote par hectare, au lieu de 50 kg/ha dans les zones d’actions renforcées. En cas de dépassement de cette BGA, l’apport total d’azote (dont minéral) est limité à 140 ou 160 kg/ha/an pendant au moins deux ans (contre 170 kg d’azote organique par ha/an dans les zones vulnérables aux nitrates). Enfin, les élevages soumis à déclaration ICPE (installations classées pour l’environnement) devront télédéclarer chaque année leurs plans de fumure et leurs cahiers de fertilisations (CEP).
Ours: dénonçant un manque d’«ambition», la FNO menace de quitter le Groupe ours
La FNO (éleveurs d’ovins, FNSEA) ne participera pas au prochain Groupe national ours si elle ne constate pas «d’évolutions notables et rapides» dans la politique de gestion du prédateur, a menacé son représentant Franck Watts le 12 décembre dans un entretien à Agra Presse. Selon lui, cette instance est «quasiment à l’arrêt en 2023», et «son ambition n’est pas du tout à la hauteur des attentes des éleveurs». En particulier, les six groupes de travail lancés en 2022* sont «en stand-by», car «le préfet n’a pas provisionné les crédits pour leur animation». Par ailleurs, déplore la FNO, 2023 restera comme «une année quasi blanche pour l’effarouchement», les arrêtés départementaux en la matière ayant presque tous été suspendus par le tribunal administratif de Toulouse. «Seule l’estive de Taus-Espugues, dans le Couserans (Ariège, NDLR) a pu bénéficier d’interventions de l’OFB de niveau 2» (tirs non létaux). Rencontré le 7 décembre, le préfet coordinateur sur l’ours Thierry Hégay «nous a assuré que ses services travaillent sur le renforcement juridique des textes», indique M. Watts. «Devant l’échec complet du triptyque “clôture-chiens-bergers”, nous attendons la généralisation de l’effarouchement comme le seul espoir pour essayer de gérer la population d’ours et de l’éduquer à avoir des activités humaines.»
* Travail nocturne des bergers, évaluation des moyens de protection, protocole «ours en difficulté», télécommunications, sécurité, conservation des ours.
Viande : la Chine autorise une reprise des importations en provenance d'Australie
La Chine a levé le 12 décembre les suspensions visant trois des plus grands exportateurs de viande rouge d'Australie, à la grande satisfaction de Canberra, alors que les deux partenaires commerciaux tentent de rétablir des relations tendues. Des abattoirs australiens liés aux géants brésiliens de la transformation de la viande JBS et Minerva Foods devraient bénéficier de cette mesure, a appris l'AFP. Malgré cette avancée, le Conseil australien de l'industrie de la viande a relevé que plusieurs autres usines de transformation de viande restaient sous le coup des interdictions et a plaidé pour la levée de toutes les suspensions par la Chine. «Huit établissements d’exportation de viande restent suspendus », confirme le ministère australien de l’Agriculture dans un communiqué. Le secteur de l'élevage a estimé les pertes causées par la suspension des exportations de viande rouge vers la Chine depuis mi-2020 à des centaines de millions de dollars. Plusieurs produits d'exportation clés d'Australie avaient été interdits par la Chine quand les deux pays ont connu une série de conflits diplomatiques entre 2020 et 2022. Mais les relations entre les deux pays se sont réchauffées récemment, et la Chine a levé les droits de douane sur l'orge australienne, son interdiction d'importation de bois et repris ses achats de charbon.
Maec: la Conf' occupe la Draaf de Bretagne pour demander davantage de budget
Depuis le 12 décembre vers midi, «plus de 150» agriculteurs de la Confédération paysanne occupent la direction régionale de l’agriculture (Draaf) à Rennes «pour exiger que l’État honore ses engagements» pour le financement des mesures agro-environnementales et climatiques (Maec), rapporte le syndicat dans un communiqué. «Nous attendons toujours des réponses concrètes du ministre de l’agriculture», s'impatiente la Conf', qui regrette les récents arbitrages concernant la redevance pour pollutions diffuses (RPD). Le 5 décembre, la Première ministre a annoncé à la FNSEA et aux JA qu'elle acceptait leur demande de revenir sur la hausse prévue de la RPD en 2024 (+37 M€), qui finance les agences de l'eau. Or suite à une première manifestation de la Confédération paysanne et du réseau des Civam le 14 novembre à Paris, le ministre de l'Agriculture «nous avait été présenté la piste d’un abondement de ce budget par les Agences de l’eau», s'inquiète le syndicat minoritaire. Interrogé à l’Assemblée, le 31 octobre, Marc Fesneau a évoqué «deux pistes» pour renflouer les Maec. «La première, c’est de bien vérifier que conformément aux engagements qui ont été pris, les agences de l’eau mobilisent les crédits supplémentaires qui étaient prévus au niveau national, c’est-à-dire 70 millions d’euros (M€, NDLR) par an ». De plus, il avait promis d’examiner les «reliquats» de la Pac 2023 (aides non sollicitées) qui ne seront connus «qu’en fin d’année». En pleine crise du bio, il est pressenti que les aides à la conversion en bio feront partie de ces enveloppes sous-utilisées.
Maec / GNR: le Modef appelle à manifester le 14 décembre
Le Modef appelle à un rassemblement jeudi 14 décembre à 14h30 devant l’Assemblée nationale pour contester le projet de loi de finances (PLF) pour 2024, appelé à être examiné ce jour, annonce-t-il dans un communiqué. «Ce budget est un détournement de fonds au détriment de l’agriculture familiale et l’agriculture biologique. Le budget est important, mais il n’y a pas de stratégie pour atteindre la souveraineté alimentaire de ce pays», indique le syndicat. Le Modef dénonce aussi «la réduction progressive de l’avantage fiscal du GNR (gazole non routier) entre 2024 et 2030», la baisse «de 35%» des crédits de paiement pour les Maec (mesures agro-environnementales et climatiques), ou encore celle de l’aide complémentaire au revenu pour les jeunes agriculteurs. Début septembre, le ministère de l'Economie et des finances a trouvé un accord avec la FNSEA sur la trajectoire de relèvement de la fiscalité du GNR dans le secteur agricole. Une hausse linéaire de 2,85 €/MWh/an du montant de la TICPE a été «proposée à la FNSEA, qui a été acceptée», annonçait Bercy. La trajectoire conduirait à une fiscalité de «23,81 €/MWh en 2030», contre un tarif normal de 60,75 €/MWh.
Assurance récolte : le Maroc augmente son niveau de couverture des cultures
Le gouvernement marocain entend couvrir près de 1,3 millions hectares de cultures agricoles dans le cadre de son programme relatif à l’assurance multirisque climatique pour 2023/2024, rapporte l’agence Ecofin. Ceci représente une progression de 84 000 hectares par rapport à la période précédente et une couverture de 14,8% de la surface agricole utile du pays estimée à 8,7 millions d’hectares. Cette hausse anticipée du niveau de couverture des assurances entend ainsi répondre à la récurrence et la multiplication des phénomènes climatiques extrêmes qui frappe le pays depuis quelques années. Plusieurs risques seraient couverts: sécheresse, froid et gel, vents forts, tempêtes de sable et eaux stagnantes. Dans le détail, la couverture assurantielle concernerait 1,25 million d’hectares de céréales (blé dur, blé tendre, orge, maïs), de légumineuses (pois chiche, lentille, fève, haricot) et d’oléagineuses (tournesol et colza). Soit 50 000 hectares de plus par rapport à 2022/2023. En ce qui concerne les productions fruitières, 46 200 hectares seraient couverts (+ 34 000 hectares) : agrumes, olivier, figuiers, grenadiers, rosacées (petit fruit rouges, cerises, abricots…).
Travail saisonnier : l'Italie augmente son «quota» de travailleurs extracommunautaires
L'Italie a ouvert ses portes, ce 12 décembre, à 82 550 travailleurs saisonniers non communautaires dont près de la moitié pour le secteur agricole, rapporte Corriere Ortofruticolo . «Non seulement nous passons de 42 000 à 82 000 emplois saisonniers entre 2022 et 2023 mais surtout, les quotas réservés à l’agriculture passent de 22 000 à 40 000 travailleurs cette année, assurant à nos entreprises de pouvoir disposer de travailleurs réguliers et de ne pas subir la concurrence déloyale de ceux qui exploitent les personnes», s’est félicité Ettore Prandini, président de la Coldiretti (syndicat majoritaire). Ces arrivées entrent dans le cadre d’un décret du Premier Ministre italien qui prévoit un quota progressif d’entrées pour atteindre 90 000 travailleurs extracommunautaires en 2025. Les travailleurs étrangers sont une composante importante et «bien intégrée» selon la Coldiretti, dans la production agricole transalpine : récolte des fraises dans la région de Vérone, des pommes dans le Trentin, des fruits en Émilie-Romagne, des raisins dans le Piémont jusqu'aux fermes laitières en Lombardie. Les travailleurs saisonniers étrangers ont représenté 32% du total des journées de travail nécessaires au secteur en 2022.
Noix: les propositions du CGAAER pour améliorer l'organisation de la filière
Dans un rapport paru le 11 décembre sur l’accompagnement à la structuration de la filière noix française, qui traverse une forte crise, le CGAAER (ministère de l'Agriculture) préconise la création d’une organisation nationale de producteurs «capable de les représenter au niveau national» puis d’une structure équivalente à une interprofession «capable de générer un budget conséquent soit dans le cadre d’Interfel, soit dans celui d’une AOPn». Les auteurs décrivent une filière «dominée par l’opportunisme commercial, morcelée entre les deux bassins (Ndlr : Sud-ouest et Sud-est) et tiraillée entre les intérêts divergents des opérateurs et les désaccords entre personnes» où les OP sont faiblement majoritaires. Le CGAAER reconnaît néanmoins que des réflexions récentes vont dans le bon sens, comme la création d’une association nationale de nuciculteurs en Isère. Pour élaborer cette nouvelle stratégie, il suggère la création d’une conférence nationale sur la noix française et la mise en œuvre rapide de projets concrets (réponse à l’appel à projet France 2030, faisabilité d’une marque «Noix de France», communication générique avec Interfel). Parallèlement, les efforts de recherche devaient être fléchés vers l’obtention variétale et la transformation industrielle de la coque en cerneaux.
Lait/décarbonation: Sodiaal ouvre une aide à l’investissement pour 100 micro-méthaniseurs
La coopérative laitière Sodiaal veut déployer des micro-méthaniseurs dans 100 exploitations «d’ici quatre à cinq ans» en partenariat avec l’entreprise Biolectric (conception, fabrication, installation), indique un communiqué du 12 décembre. Cette solution de valorisation des effluents d’élevage doit contribuer à la décarbonation des activités de la coopérative, qui s’est fixé l’objectif de réduire de 20% l’empreinte carbone de son lait. «Cette action bénéficie de l’appui technique et financier de Nestlé, partenaire de la coopérative via sa filiale Euroserum», précise le communiqué. «Elle permet à l’éleveur de bénéficier d’une aide à l’investissement de 50 000 €» versée par Sodiaal. «L’installation d’un micro-méthaniseur dans un élevage laitier réduit de 15% en moyenne les émissions de GES de l’exploitation, selon les études de l’Institut de l’élevage (Idele)», indique le communiqué. Créée en 2011, l’entreprise Biolectric revendique le statut de «leader du marché de la micro-méthanisation en France et en Europe avec plus de 300 installations en fonctionnement».
Engrais décarbonés : les Amis de la Terre France dénoncent une «illusion»
Dans un rapport publié le 6 décembre, l’association environnementale Les Amis de la Terre France alerte sur «la dépendance» du système agricole aux engrais de synthèse. Elle dénonce notamment «l’illusion» que représentent, selon elle, les engrais décarbonés, pour lesquels les techniques utilisées sont «incertaines, inefficaces, coûteuses et ne remettent pas en cause la dépendance au gaz fossile». Pour rappel, les engrais azotés minéraux actuels sont dans la grande majorité fabriqués à partir d’énergies fossiles. En tout, ils représentent près d’un quart des émissions de gaz à effet de serre (GAS) du secteur agricole, souligne une étude du Citepa (centre d’étude de la pollution atmosphérique). D’autres formes d’hydrogène industriel existent, parmi lesquelles l’hydrogène dit «bleu», fabriqué à partir de gaz naturel avec l'intégration d’un procédé de captation et stockage du carbone (CCS). Pour l’association, un tel procédé n’est pas «une solution fiable», puisque «80 % des projets de CCS déjà développés dans le monde auraient été utilisés pour extraire davantage de pétrole». En outre, présenter l’hydrogène «bleu» comme une solution «passe sous silence les émissions issues de l’épandage d’engrais au sol, qui représentent les deux tiers» des émissions mondiales liées aux engrais, souligne le rapport.
Opium: la Birmanie devient premier producteur mondial, dêtronant l'Afghanistan
La Birmanie est devenue le premier producteur d'opium au monde en 2023, dépassant l'Afghanistan où les talibans ont interdit sa culture, selon un rapport des Nations Unies publié le 12 décembre. Environ 1.080 tonnes d'opium, essentiel à la fabrication de l'héroïne, ont été produites en 2023 en Birmanie contre 790 en 2022, selon le dernier rapport de l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC). En Afghanistan, la chute de la production d'opium a été de 95%, s'établissant à environ 330 tonnes, après l'interdiction de la culture du pavot par les talibans en avril de l'année dernière, selon l'ONUDC. Le «triangle d'or», région frontalière entre la Birmanie, le Laos et la Thaïlande, est depuis longtemps un foyer de production et de trafic de drogues, en particulier de méthamphétamine et d'opium. L'ONUDC estime que l'"économie des opiacés" en Birmanie rapporte entre 1 et 2,4 milliards de dollars, soit l'équivalent de 1,7% à 4,1% du PIB du pays.
Œufs: Loïc Thomas élu président du Snipo (industriels)
Producteur et conditionneur d’œufs en Haute-Garonne, Loïc Thomas a été élu président du Snipo (centres d’emballage et fabricants d’ovoproduits), annonce le syndicat le 12 décembre dans un communiqué. Originaire de Bretagne, M. Thomas était jusque-là vice-président du Snipo et président de la commission Œufs coquille. D’après le communiqué, «il a créé, avec sa sœur et ses parents, le site de conditionnement La Fourcade en 1987». Une entreprise membre du groupement L’Œuf de nos villages et qui collecte les œufs d’une «soixantaine d'éleveurs du Sud-ouest». Rappelant les «fortes évolutions réglementaires» concernant la filière des œufs, Loïc Thomas compte «renforcer [la] présence [du Snipo] auprès de nos administrations nationales et européennes». Il succède à Loïc Coulombel; après sept ans à la tête du Snipo, ce dernier «prend la vice-présidence de la fédération européenne du secteur», l’EEPTA.