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David Annic (La WoodTech) : « Créer un fonds d’investissement dédié aux start-up de la filière bois-forêt est essentiel »

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David Annic, dircteur de La WoodTech Crédits : © La WoodTech

Les start-up de la filière bois forêt se dotent d’une feuille de route, mise au point par le pôle de compétitivité Xylofutur et La WooTech, qui rassemble les jeunes entreprises innovantes de ce secteur. Regroupant quelques dizaines de société pour l’instant, La WoodTech dirigée par David Annic, a identifié bien plus de sociétés qui pourraient rejoindre cette initiative. Il dresse la liste des défis à relever pour que ces sociétés prennent leur envol, à l’image d’autres écosystèmes qui ont su se structurer et se développer rapidement. Parmi ces mesures, la création d’un fonds d’investissement dédié aux jeunes sociétés innovantes de la filière bois-forêt, mais aussi plusieurs événements pour attirer l’attention sur ces start-up encore méconnues.

Le pôle de compétitivité Xylofutur et La WoodTech viennent de dévoiler la feuille de route pour une French WoodTech qui établit un diagnostic et préconise 5 axes de développement pour la filière. Quels sont, selon vous, les plus importants ?

Parmi les nombreuses actions proposées dans le cadre de la feuille de route, je pense que la création d’un fonds d’investissement dédié aux start-up de la filière bois-forêt est essentielle. Les start-up voulant lever moins de 500 K€ y arrivent, notamment avec le concours du financement public, et celles cherchant plus de 1,5 M€ aussi, car elles peuvent faire appel à des fonds d’investissement plus importants. Mais pour celles qui cherchent entre 500 K€ et 1,5 M€, c’est encore compliqué. Les investisseurs ne se dirigent pas naturellement vers notre filière car elle est méconnue. Et cela d’autant plus que les déploiements de nouvelles solutions sont plutôt longs dans la forêt de par sa granularité particulière. Pourtant, la filière possède un grand potentiel en termes de RSE et d’environnement, mais aussi d'industrie, qui sont des points forts pour des investisseurs qui veulent prendre en compte ces critères.

Il y a donc un enjeu important en ce qui concerne la communication autour des start-up de la WoodTech.

C’est un autre axe important, en effet. C’est pourquoi nous lançons l’idée d’un Futur Wood 10, qui permettrait de mettre en avant les 10 start-up qui présentent un gros potentiel de croissance. Ce serait donc une vitrine pour la filière, permettant d’attirer l’attention d'une variété de profils entrants sur le marché du travail plus diverse, et plus largement de toutes les parties prenantes pour l’innovation dans la filière bois.

Nous lançons également cette année Le Woodtech Start-up Challenge dont la finale est prévue en décembre 2024 à Paris, et qui va permettre aux start-up de concourir dans trois catégories : Sylviculture et Transformation, Construction & Villes Durables, et Nouvelles Utilisations du Bois comme la chimie et l’énergie, les solutions numériques ou le recyclage hors bâtiment.

Enfin, nous sommes en train de construire une plateforme d’open innovation avec Impulse Partners pour laquelle nous cherchons des partenaires qui souhaitent avoir des relations privilégiées avec les start-up, qui pourraient être de grands comptes de la construction, de la fabrication de matériaux ou de la distribution, mais aussi des PME/ETI de filière que nous espérons voir collaborer plus régulièrement avec les start-up. 

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Comment se présente aujourd’hui l’écosystème des start-up de la WoodTech en France ?

La WoodTech compte 24 adhérents et nous comptons sur 4 à 5 nouveaux adhérents d’ici la fin de cet été. Nous avons accompagné 33 start-up depuis 2021 et nous avons identifié au total 130 start-up travaillant dans le filière bois et forêt. On veut toutes les fédérer au sein de La WoodTech pour compter une grande variété d’acteurs et devenir un point d’entrée pour tous ceux qui veulent être en contact avec les start-up innovantes de notre filière.

En 2023, les 33 start-up identifiées de la woodtech ont levé 38 M€. Elargi à l'ensemble des start-up identifiées, on pourrait miser sur environ 130 M€ de levées en fonds privés, et peut-être 200 à 240 M€ avec du soutien public.

Quelles sont les conditions pour que les différentes actions proposées dans le cadre de la feuille de route puissent se concrétiser ?

Il faut que toutes les entités de la filière bois et forêt, les organisations professionnelles comme les établissements de formation ou encore les structures privées, se mobilisent et se saisissent des actions proposées, qui sont nombreuses et variées. La WoodTech peut porter plusieurs projets, mais il faut que nous ayons des moyens pour les mettre en place, et cette feuille de route est avant tout un projet collectif. On espère que d'autres s'en saisiront et agiront plutôt en qualité de coordinateur. Au niveau de La WoodTech, le coût d'un service répondant à toutes les sollicitations serait de 150 à 200 K€ par an, mais on en est encore loin et les financeurs ne sont pas toujours au rendez-vous. Par exemple, pour le WoodTech Start-up Challenge, nous avons sollicité beaucoup d'acteurs privés de notre filière, mais les financements viennent finalement d’acteurs extérieurs.